Orthoptères et hémiptères
Les nerfs des larves d’insectes orthoptères et hémiptères ne présentent point de différence sensible avec ce qu’on observe dans leurs insectes parfaits : nous ne les ferons donc connaître qu’en décrivant ceux-ci.
y. Hyménoptères.
Dans la larve d’une mouche à scie (tenthredo, Lin.), dont la tête est grosse, large et munie d’yeux, le cerveau est très - large et court ; il semble formé de quatre bulbes presque sphériques et
d’égale grosseur. Les deux extérieurs servent de base aux nerfs optiques, qui sont grêles et qui se renflent peu à leur autre extrémité.
Le premier ganglion est produit par deux trèspetits nerfs qui viennent de la partie inférieure du cerveau, et qui, après avoir embrassé l’œsophage, se réunissent sur le premier anneau du corps; il fournit aux muscles des pattes, et se termine en arrière par deux autres nerfs qui, à une ligne de distance, produisent un second ganglion, et ainsi de suite. Le cordon nerveux est ainsi formé de onze ganglions sans compter le cerveau. Plus les ganglions s’éloignent de la tête, plus ils diminuent de grosseur : ils sont tous à peu près de forme arrondie.
S. Névroptères.
Dans la larve An fourmi-lion (myrmeleon formicarium ), le système nerveux a quelques rapports avec celui des larves des diptères, que nous décrirons par la suite.
11 y a un cerveau situé dans la tête; il produit les nerfs analogues à ceux que nous avons déjà fait connaître pour les autres insectes.
La moelle nerveuse estcomposée d’abord de deux ganglions, composés eux-mêmes de deux lobes rapprochés. Ces deux premiers ganglions sont séparés des autres et contenus dans la partie qui correspond aux pattes ou dans le thorax.
Le reste de la moelle épinière se trouve renfermé dans l’abdomen : c’est une suite de huit ganglions extrêmement rapprochés, formés chacun de deux lobes : le premier est de près du double plus gros que les sept autres. Celte série de ganglions ressemble, à l’œil, à l’extrémité de laquelle du serpent à sonnettes. Le dernier estarrondi et nondidyme; les autres sont plus larges que longs. Tous ces ganglions fournissent des nerfs aux muscles. Il est probable que celte disposition et ce rapprochement des ganglions sont dus a ux changements qui doivent arriver à l’insecte au momentde sa métamorphose, parce qu’alors son abdomen occupe six fois plus d'espace que dans l’état de larve.
En effet, dans les névroptères. dont la larve est à peu près aussi allongée que l’insecte parfait, les ganglions sont séparés comme à l’ordinaire.
La larve de l'éphémère en a onze, sans compter le cerveau, qui donne deux gros nerfs optiques. Trois ganglions sont dans le thorax et sept dans l’abdomen. Les six premiers de tous donnent plus de nerfs que les cinq derniers.
Les larves de demoiselles ont un petit cerveau bilobé qui produit des nerfs optiques plus ou moins grands selon les espèces. Le genre des aësnes est celui qui les a le plus grands. Le reste du système consiste en une suite de ganglions de grandeurs inégales. Dans les aësnes.le corselet en
ONZIÈME LEÇON. — SYST. NERV. DES ANIMAUX SANS VERTEBRES
contient six, dont les deux derniers sont les plus gros de tons. Il y en a sept petits et égaux entre eux dans l’abdomen.
e. Lépidoptères.
Le système nerveux des chenilles consiste en une suite de treize ganglions principaux qui fournissent des filets à toutes les autres parties du corps .
Le premier de ces treize ganglions est situé dans la cavité de la tète. Il est couché au-dessus de l’œsophage et tient lieu de cerveau. Il parait formé en dessus par la réunion de deux tubercules arrondis; en dessous, il est concave et correspond à la convexité de l’œsophage.
Ce ganglion communique avec lercste du cordon nerveux par deux gros filets qui embrassent l’œsophage, et qui vont s’unir en dessous à la partie antérieure et latérale du ganglion suivant; il produit en outre huit paires de nerfs.
La première s’unit en partie à d’autres filets, en produit quelques-uns pour l’œsophage, et forme au-dessous de la lèvre supérieure plusieurs ganglions très-remarquables. Le plus gros et le plus postérieur , que L) onet a nommé premier ganglion frontal , se prolonge en arrière en un gros nerf récurrent qui suit toute la longueur du corps du côté du dos. Ce nerf récurrent donne des filets à l’œsophage et à ses muscles. Il pénètre dans le vaisseau dorsal, et en ressort ensuite pour glisser le long de l’œsophage jusqu’à l’estomac. Ce nerf produit, de distance en distance, des filets très-solides qui maintiennent l’œsophage attaché à la peau du dos.
Outre le nerf récurrent dont nous venons de parler, il sort du ganglion frontal postérieur plusieurs filets pour les muscles de l’œsophage, et deux pour le second ganglion frontal , duquel partent encore plusieurs fila monts pour l’œsophage, et surtout un très-remarquable, qui, par son renflement presque subit, constitue le troisième ganglion frontal qui fournil encore plusieurs filets à l’œsophage.
La seconde paire de nerfs du cerveau parait principalement destinée à l’antenne, quoiqu’elle fournisse à plusieurs autres parties voisines.
La troisième paire se termine spécialement dans l’antenne et dans les muscles qui la meuvent.
La quatrième paire est propre à l’œil de chaque côté ; elle suit la bronche qui s’y rend, et se partage en six branches qui pénètrent dans chacun des six yeux qui, par leur réunion, forment celui de la chenille.
La cinquième se porte un peu en arrière, où elle se partage on d. ux branches: l’une , postérieure, pour les muscles adducteurs de la mâchoire ; l’autre , antérieure , qui se perd dans les membranes qui recouvrent les écailles du front.
La sixième et la septième paire se réunissent pour former un ganglion, duquel parlent beaucoup de filets pour l’œsophage et ses muscles.
Enfin, la dernière paire du cerveau se perd entièrementsur une bronche.
Mais, outre ces nerfs produits par le premier ganglion nerveux, il en naît plusieurs autres que noos ne ferons qu’indiquer. D’abord on voit qu’il produit beaucoup defilaments pour le canal dorsal ; ensuite un filet assez long qui se termine sur les bronches, entre le second et le troisième ganglion ; enfin, un anneau nerveux qui embrasse l'oesophage en dessous, comme une sangle, en lui donnant beaucoup de filets.
Le second ganglion est intimement uni avec le troisième, et n’en est distingué que par un étranglement. i.es nerfs qui proviennent de la partie antérieure paraissent produits par le premier ganglion, comme ceux qui sont produits parla partie postérieure semblent naître du troisième.
Outre les deux filets qui font le collier autour de l’œsophage, et qui unissent le premier ganglion avec le second, celui-ci a quatre paires de nerfs très-distincts.
La plus antérieure se dirige en devant jusqu’à la bouche ; mais dans son trajet, elle se partage en deux branches : l’une, qui se termine dans la langue et dans les parties voisines ; l’autre, qui se porte sur les parties latérales, où elle se subdivise pour donner des filets à la mandibule, à la mâchoire, à la lèvre supérieure, en communiquant avec le premier ganglion et avec le second du front,
La seconde paire se porte à la mâchoire; mais il s’en détache beaucoup de filets pour les muscles et les parties voisines.
La troisième paire est destinée à la filière et à ses muscles. Elle fournit dans son trajet beaucoup de filets aux vaisseaux soyeux et aux muscles de la tête.
La quatrième paire nait près de l’étranglement qui indique la réunion des deux ganglions entre la tête et le premier anneau. Elle se perd en partie dans la peau du col et dans les muscles qui s’insèrent à la tête.
Le troisième ganglion, qui, comme nous l’avons indiqué, est uni au second, ne produit que trois paires de nerfs, dont l’une, la postérieure, n’est que la continuation du cordon nerveux des deux autres paires; l’antérieure se perd entièrement dans les muscles et dans la peau. La paire intermédiaire se distribue aussi à cette partie ; mais elle donne principalement aux muscles qui meuvent les articulations delà jambe.
Nous avons déjà dit que chacun des ganglions communique avec celui qui précède ou qui suit par deux filets qui sont distincts dès leur origine, ou qui sont la bifurcation d’un tronc unique. Du mi-
ARTICLE DEUXIÈME. — CERVEAU ET NERFS DES ANIMAUX ARTICULES
jieu de cette bifurcation, depuis le troisième ganglion jusqu’au onzième, il naît un autre petit nerf, que Lyonet a nommé bride épinière. Ce nerf impair est situé dans la ligne moyenne ; il se partage bientôt en deux branches qui suivent les divisions des bronches, et pénètrent avec quelques-unes d’elles dans le vaisseau longitudinal.
Le quatrième et le cinquième ganglion produisent un même nombre de nerfs dont la distribution est aussi à peu près semblable. Leur paire antérieure fournit aux muscles et à la peau des anneaux auxquels elle correspond. L’intermédiaire donne aux muscles de la jambe plus particulièrement.
Le sixième ganglion, qui correspond au quatrième anneau du corps, donne aussi deux paires de nerfs qui se distribuent aux muscles et à la peau.
Les cinq ganglions suivants se distribuent à peu près de la même manière.
Le douzième ganglion et le treizième, qui est la terminaison du cordon nerveux, sont très-rapprochés l’un de l’autre, quoique distincts. La distribution des nerfs que produit le premier n’offre rien de remarquable; mais ceux que fournit le second sont très-allonges, parce qu’ils sont destinés aux derniers anneaux, dans la peau et les muscles desquels la première paire se perd en partie. La seconde paire ne se subdivise que lorsqu’elle est parvenue dans le dernier anneau ; elle produit là un plexus dont beaucoup de filets se portent sur le gros intestin. Le tronc parait se terminer sur les parois du rectum vers sa terminaison.
fi. Diptères.
Les nerfs de la larve du stratyomys ont quelques rapports avec ceux de la larve de l’oryctes nasicorne.
Le cerveau est formé de deux lobes rapprochés presque sphériques ; il est situé au-dessus de l’œsophage, à la hauteur du second anneau du corps. De sa partie antérieure sortent beaucoup de petits filets nerveux qui se distribuent aux parois de la bouche, aux mandibules et à toutes les parlies voisines. Ces nerfs sonttrès-dislincts, surloutceux qui s’écartent davantage de la ligne moyenne.
De la partie postérieure de ces deux lobes qui forment le cerveau, naissent deux très-gros cordons qui embrassent l’œsophage, et qui sont l’origine de la moelle nerveuse.
Ce cordon nerveux est très-court, et d’un diamètre de près de moitié moindre que celui du cerveau; il est formé de onze ganglions très rapprochés, qui produisent chacun une paire de nerfs.
Ces nerfs se portent directement en arrière. C’est à tort que Swammerdam a représenté ce cordon contourne en queue de scorpion, et ne produisant
des nerfs que du côté gauche seulement. Il est vrai que ceux qui naissent du côté droit sont parallèles au cordon, tandis que ceux du côté gauche s’en écartent davantage. Les ganglions ainsi rapprochés sont au nombre de onze, et dans une direction droite. Les nerfs qu’ils produisent sont très-allongés; ils se perdent dans les muscles.
Les nerfs du ver du fromage ( muant» put ris, Lin. ) sont fort curieux quant à la manière dont ils se distribuent.
Le cerveau est placé immédiatement au dessus de l’origine de l’œsophage, derrière la lête. Il est très-gros en proportion du resle du corps; il est arrondi en arrière et échaneré en devant, comme s’il était formé de deux lobes.
De la partie antérieure sort une paire de nerfs qui se porte en avant pour se distribuer aux parties de la bouche, et aux parois mêmes de celte cavité. 11 est à remarquer que ces nerfs éprouvent un renflement très-sensible avant de se distribuer aux parties.
De l'origine de la moelle nerveuse sortent deux paires de nerfs qui se reportent en avant, et qui se distribuent principalement aux viscères et à quelques-uns des muscles des anneaux antérieurs.
La troisième paire de nerfs que produit celte moelle est la plus remarquable ; elle provient de la partie qui correspond à peu près au troisième ganglion. Nous disons à peu près, parce que, dans ces insectes, les ganglions sont tellement rapprochés les uns des autres, que la moelle ne semble en faire qu’un seul, à la surface duquel on aperçoit seulement douze rides transversales qui indiquent le nombre des ganglions. Cetle troisième paire s’étend presque transversalement. A quelque distance de sa séparation, elle se renfle en un ganglion, et puis se partage en plusieurs filets : ce sont ces ganglions que Swammerdam présume être destinés aux muscles des ailes, quand elles existeront dans l’insecte.
De chacun des autres étranglements part une autre paire de nerfs destinés aux muscles du corps. Ces nerfs ne présentent au reste rien de particulier.
E. Insectes parfaits.
a. Coléoptères.
1° Dans le cerf-volant ( lucanus cervus), on trouve, comme dans sa larve, un cerveau composé de deux lobes sphériques rapprochés, situé au-dessus de l’oesophage. De sa partie antérieure naissent deux petits nerfs qui se. terminent dans les palpes et autres parties de la bouche, [cl deux filets qui sont les racines du nerf récurrent, ou du moins du petit ganglion qui le produit; de ce ganglion sortent en avant des nerfs pour les parois de la bouche, et
ONZIÈME LEÇON. — SYST. NERV. DES ANIMAUX SANS VERTÈBRES
en arrière le nerf impair qui, après avoir formé larve ; mais deux de ces ganglions se sont rapproun second ganglion au moment où l’œsophage va chés dans l'insecte, pour se loger dans le méiapasser dans le protliorax, et avoir reçu là des filets thorax, tandis que dans la larve ils étaient assez de deux ganglions latéraux, parcourt à peu près écartés.]
la moitié de la longueur de l’œsophage; là il se 2° I ,'oryclère monocéros (scarabœits nasicorms , divise en deux branches qui se rendent au gésier, Lin. ) diffère sous l’état parfait de ce que nous auquel elles donnent quelques filets en formant avons observé dans sa larve par rapport aux nerfs, chacune un petit ganglion, et vont se perdre sur Les nerfs optiques, qui sont ici fort distincts et l’estomac. Les ganglions latéraux viennent d’un assez gros, se rendent à l’œil, dans lequel on les ou deux gros nerfs qui naissent de la partie pos- voit pénétrer par une infinité de filets quand on térieure du cerveau. Ces ganglions donnent quel- fait une coupe horizontale de cet organe, ques rameaux à l’œsophage, puis envoient chacun, Le cordon nerveux offre une variation bien sencomme nous venons de le dire, un filet de comnm- siblc. Dans la larve, il n’y avait qu’un seul gannication an second ganglion du nerf récurrent.] glion; ici il y en a plusieurs de très-distincts.
Sur les parties latérales du cerveau se voient Le premier est situé au-dessus du condyle; il deux ganglions presque aussi gros que chacun des provient des deux filets postérieurs du cerveau, et lobes ; ils ont la forme d’une poire, et sont appuyés donne aux muscles qui meuvent la tète sur le corpar leur base sur le cerveau ; ils se prolongent selet. De sa partie postérieure partent deux filets presque transversalement en un gros nerf destiné qui se portent dans la poitrine, s’y réunissent vers en grande partie pour l’œil. Parvenu à cet organe, la partie moyenne et forment un ganglion trianle nerf se renfle de nouveau en un bulbe, duquel gulairc. De ses bords latéraux naissent trois paires parlent une infinité de petits nerfs que nous dé- de nerfs qui se distribuent dans les muscles. De crirons en traitant de l’œil. Avant qu’il y arrive, son angle postérieur partent deux nerfs parallèles il paraît s’en détacher d’abord un filet grêle qui qui se portent dans la poitrine pour former un entre dans la grande mandibule; puis, plus exlé- troisième et un quatrième ganglion très-rapprorieurement, un autre filet un peu plus gros, qui chés l’un de l’autre, et qui paraissent divisés en pénètre dans la cavité de l’antenne, [mais ce n’est deux lobules qu’indique un sillon longitudinal, là qu’une apparence. Ces filets de la mandibule et C’est, de ces deux ganglions que partent tous les de l’antenne ne viennent pas du nerf optique, mais autres nerfs du corps par irradiation, absolument de deux protubérances inférieures des lobes céré- de la même manière que dans la larve, braux qui donnent en arrière les cordons du col- 5» et 4» Le système nerveux est entièrement lier, en sorte que le cerveau pourrait être considéré semblable dans les dytisques et dans les ccnabes. comme composé de quatre ganglions superposés Le cerveau est formé de deux gros hémisphères deux à deux. séparés entre eux par un sillon longitudinal. De la
Les cordons du collier sont longs et grêles. Le partie antérieure sortent les nerfs de la bouche, et premier ganglion sous-œsophagien, situé au point des parties latérales ceux des yeux et des antennes, d’union de la tète avec le thorax, immédiatement Ceux des yeux sont courts et diffèrent beaucoup au-dessus du condyle articulaire, est allongé, ovale, de ceux des lucanes : ils sont de forme pyramidale, et fournit les nerfs des mandibules et de la tête; Leur base correspond à l’œil, et leur sommet au le deuxième ganglion, de figure carrée, très for- cerveau. Nous n’avons pas vu de nerfs récurtement cehancré en arrière, est situé au milieu du rents.
prolhorax • il fournit 1rs nerfs de la première paire Les deux filets qui produisent le cordon nerveux de pattes; le troisième est le plus gros; il est logé parlent du cerveau, non en arrière, mais en desdans le mésolhorax, et il donne des nerfs à la sous à côté des nerfs optiques. Ils sont très-courts, deuxième paire de pattes et aux ailes. Immédiate- parce qu’ils se portent directement au-dessous de ment après lui vient le quatrième ganglion, un l’œsophage. Us donnent quelques filets aux muspeu moins grand; puis un cinquième, allongé, clés et a l’œsophage.
qui n’est séparé du précédent que par un léger Le premier ganglion qu ils forment est situé étranglement. Ces deux derniers sont logés dans sous une espèce de pont de matière cornée (l’entole métalhorax. Le quatrième fournit les nerfs de eéphale), situé dans la partie moyenne de la tête, la troisième paire de pattes; le cinquième en donne et qui donne attache aux muscles des mâchoires; à l’abdomen. Enfin, dans l’abdomen, on trouve il est de forme allongée et quadrangulaire ; il occinq ganglions dont les quatre premiers sont allon- cupe à peu près tout 1 espace qui correspond au gés et également espacés. Le dernier, plus arrondi, condyle, au-dessus duquel il est situé, pins gros et plus rapproché du quatrième, donne 11 se termine en arrière par deux filets qui martrois paires de nerfs ; les quatre autres une paire chent parallèlement, et qui viennent former un seulement. Ainsi dans l’insecte parfait on trouve second ganglion dans la partie moyenne du cordix ganglions à la chaîne ventrale, comme dans la selet. Celui-ci fournit des nerfs aux muscles des
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pattes antérieures : on les voit entrer dans la cavité des hanches.
Le troisième ganglion est comme bilobé, ou formé de deux bulbes ovalaires, dont l’union se distingue par un sillon longitudinal. Ce ganglion est situé longitudinalement au-dessus du bord antérieur inférieur de la poitrine; il fournit aux muscles des pattes intermédiaires.
Le quatrième ganglion est très-près du précédent; il est de forme arrondie, et fournit aux muscles des pattes postérieures et des ailes.
Le cinquième et le sixième ganglion sont à trèspeu d’intervalle l’un de l’autre; ils sont de forme arrondie; ils fournissent aux muscles qui meuvent l’abdomen sur la poitrine.
Le reste de la moelle épinière est une suite de cinq ganglions, tellement rapprochés les uns des autres qu’ils semblent n’en former qu’un seul à la simple vue ; mais à la loupe on les reconnaît trèsdistinctement : on aperçoit même les deux filets que chacun d’eux produit pour former le suivant.
Le cinquième ganglion présente un sillon transversal qui semble indiquer la réunion de deux. Celle tin de la moelle épinière est comme flouante dans la cavité abdominale, mais au dessous des intestins.
5° Dans le grand hidrophile [hidrophïlus pic eus, Lin.), le cerveau est composé de deux bulbes sphériques accolés. Des parties latérales partent les nerfs optiques qui se prolongent jusqu’aux yeux sans changer de diamètre, mais qui se terminent là par un bulbe triangulaire qui produit extérieurement une infinité de filets.
De la partie antérieure du cerveau on voit sortir quelques filets destinés aux parties de la bouche ; on y remarque aussi un petit ganglion sphérique qui paraît appartenir au nerf récurrent qui suit l’œsophage.
Inférieurement naissent deux filets qui doivent produire le cordon médullaire. Ils embrassent 1 œsophoge dans leur écartement, et se réunissent immédiatement au-dessous, et encoi e dans la cavité de la tête, pour former un petit ganglion duquel partent les nerfs qui sont destinés aux muscles des mandibules et des palpes.
Deux cordons nerveux proviennent de la partie postérieure de ce premier ganglion; ils se glissent, presque aussitôt après leur naissance, sous un arc corné qui est produit par la face interne de la ganache (l'entocéphale) : on les voit reparaître par derrière et se porter clans le corselet.
Us produisent un second ganglion positivement dans sa partie moyenne; il est de figure quadt angulaire. Aux angles antérieur et postérieur sont les nerfs de la moelle, et par leslatcraux sout produits ceux destinés aux muscles des pattes antérieures.
L’intervalle compris entre le second et le troisième ganglion de la moelle, non compris le cer-
NERFS DES ANIMAUX ARTICULÉS. 52b
veau, est très-grand. Ce troisième ganglion correspond à l’insertion des pattes intermédiaires. Il est gros et de forme arrondie; il fournit des nerfs aux ailes et à la paire de pattes intermédiaires. En arrière, il produit deux cordons qui, à une demiligne au plus de distance, se renflent et forment un quatrième ganglion presque aussi gros que le précédent, qui fournit de sa partie inférieure beaucoup de filets nerveux pour les gros muscles des pattes postérieures qui sont spécialement destinées à nager. Deux autres cordons tresmourts, produits par la partie postérieure de ce ganglion, se renflent eu un cinquième, moitié moindre, duquel part un cordon unique. Celui-ci se glisse dans une espèce de gouttière longitudinale pratiquée au-dessus de l’appendice corné (l’enlolhorax) qui donne attache aux muscles des hanches et que nous avons décrit précédemment.
A la partie postérieure et évasée de cet appendice paraît un sixième ganglion; puis, à quelque distance, et positivement au-dessus de l’union de l’abdomen avec la poitrine, un septième. De ces deux ganglions il ne part qu'une seule paire de nerfs qui sont destinés aux muscles.
11 n’y a que deux ganglions dans l’abdomen : l’un correspond à la partie moyenne du second anneau; l’autre, qui est le dernier et le neuvième, est situé au-dessus de l’union de ce second segment avec le troisième. L’avant-dernier ganglion est en tout semblable aux deux précédents ; mais le neuvième est de moitié plus gros et produit eu arrière quatre paires de nerfs, qui se portent et vont se distribuer de l’un et de l’autre côté dans les parties de la génération.
6° [Dans le hanneton , le cerveau est très-grand. Le nerf optique, aussi très-gros, semble en être une continuation latérale, et n’en est séparé que par un léger étranglement. Les nerfs des antennes, en sortant du cerveau, forment un renflement ganglionnaire.
La première paire de ganglions de la chaîne ventrale est réunie en une seule masse triangulaire d’où parlent trois paires de nerfs pour les mandibules.
La seconde paire est logée dans le prothorax ; elle est de même forme que la précédente, et elle fournit les nerfs de la première paire de pattes.
La troisième est très rapprochée de la seconde; elle forme une masse ovale percée à son milieu d’une petite ouverture qui annonce qu’elle est le résultat de la réunion de deux paires de ganglions, celle du mésolhorax et celle du métalhorax. Elle fournit les nerfs des ailes, ceux des seconde et troisième paires de pattes et ceux du premier arceau de l’abdomen. A la suite de ce ganglion, en existe un autre qui n’en est séparé que par un léger étranglement; il est logé dans le métalhorax et donne : 1» de ses côtés, cinq paires de nerfs qui se portent dans les différents
ONZIÈME LEÇON. — SYST. NERV
segments abdominaux ; et 2° de sa partie postérieure , deux très fortes branches placées à côté l’une de l’autre, qui se dirigent en arrière sans produire de ganglion et se distribuent aux trois derniers segments et aux organes de la génération (1).]
/3. Orthoptères.
Dans la blatte d9 Amérique ( hlatta Americana ), le cerveau est composé de deux lobes séparés par uneéchrancrure très distincte en devant. Les nerfs optiques naissent sur les côtés, et sa partie antérieure donne quelques filets aux parois de la bouche et aux instruments de la manducation.
Les cordons nerveux qui produisent la moelle viennent de sa face inférieure ; ils se portent directement en dessous en embrassant étroitement l’œsophage; ils se portent ensuite parallèlement, mais- très distincts l’un de l’autre, vers le corselet. Quand ils sont arrivés à sa partie moyenne, ils forment un ganglion très-gros, duquel partent trois paires de nerfs latéraux et une postérieure. Des latéraux, les premiers remontent obliquement vers la tête pour fournir aux* muscles qui la meuvent sur le thorax et qui agissent sur les antennes et sur les parties de la bouche. Les autres donnent aux muscles de la première paire de pattes.
Les nerfs postérieurs se portent parallèlement en arrière. Au milieu de la poitrine ils produisent un ganglion plus considérable encore que le second. Celui-là fournit latéralement, les nerfs des pattes intermédiaires et postérieures, ainsi qu’aux muscles des ailes; il produit aussi en arrière deux cordons qui, par leur réunion sur la jonction de l’abdomen avec la poitrine, forment un quatrième ganglion qui est couché sur une avance de substance cornée (l’enlothorax) qui donne attache aux muscles des hanches.
Après ce quatrième ganglion il n’y a plus qu’un seul nerf qui, d’espace en espace, produit quelques petits renflements : on en compte cinq. Chacun d'eux produit une paire de nerfs pour les muscles des anneaux de l’abdomen. Le cinquième est le plus gros ; il produit eu outre deux nerfs qui se ramifient dans la partie voisine de l’anus.
Dans la sauterelle à sabre ( locusta viridissima, Lin.), le cerveau est formé de deux lobes qui ont la forme de poires; ils sont accolés par leur base, et se prolongent par leur sommet en un nerf optique qui va se rendre dans l’œil de l’un et de l’autre côté.
De la partie antérieure partent encore deux nerfs, de forme pyramidale, dont la base pose sur
(i) Voy. Straus-Durckheim, Consid. yen. sur Vanat comp. des anim. art., auxquelles on a joint l'anat, descript. du hanneton. Paris, in-4°, 1828.
DES ANIMAUX SANS VERTÈBRES
le cerveau. De la pointe naissent quelques filets qui se perdent dans la mandibule, la mâchoire et sa galette, ainsi que dans la lèvre supérieure.
Entre ces deux nerfs antérieurs, on voit un petit ganglion qui provient de la réunion de deux filets de la face inférieure du cerveau ; c’est le nerf récurrent, qui suit le canal intestinal.
En arrière, et un peu au-dessous, naissent les deux cordons qui sont l’origine de la mpelle nerveuse ; ils embrassent l’œsophage, au-dessous duquel ils se portent directement et forment un ganglion.
Ce premier ganglion est protégé et recouvert d’une espece de pont de substance cornée (l’eniocépbale), de couleur rongea Ire ; il fournit aux muscles de la tète, dans laquelle il est encore renfermé, ainsi qu’à ceux delà bouche. En arrière, il produit deux longs cordons nerveux qui pénètrent dans le corselet.
Environ vers la partie moyenne du thorax, et au-devant de l’appendice qui donne attache aux muscles des hanches de la paire des pattes antérieures, ces deux cordons s’unissent et forment un gros ganglion, composé de deux lobes et irrégulièrement quadrangulaire, dont les côtés prodnisenl plusieurs filets pour les muscles des pattes de devant.
De la partie postérieure de ce second ganglion de la moelle naissent deux filets qui pénètrent dans la poitrine. Entre ces deux filets passent des appendices solides des hanches qui donnent insertion aux muscles. Ces filets forment un troisième ganglion qui correspond h l'intervalle moyen compris entre les pattes intermédiaires. Ce ganglion donne aux muscles des ailes et des pattes.
Le quatrième ganglion est aussi contenu dans la poitrine, situé au-devant et entre la paire de pattes postérieures ; il est produit par deux cordons nerveux du ganglion précédent, et donne en arrière deuxautres cordons si rapprochés qu’ils paraissent à la vue simple n’en former qu’un seul. Ce nerf est reçu et cache dans une espèce de gouttière longitudinale , pratiquée au-dessus de la pièce triangulaire qui donne attache aux muscles des pattes.
Les autres ganglions, qui sont tous situés dans l’abdomen, sont au nombre de six. Ils sont tous, à l’exception du dernier, de même grosseur et de même forme, à égale distance, et produits par deux cordonssemblables, très-rapprochés entre eux. Ils donnent chacun deux paires de nerfs pour les muscles des anneaux dn ventre.
Le dernier ganglion de la moelle, ou le dixième, est de moitié plus gros que les cinq précédents ; il est situé au-dessous des parlies de la génération, auxquelles il se distribue par quatre paires de filets.
Dans la courlillière { acheta qryllo-talpa), le cer-
ARTICLE DEUXIÈME. — CERVEAU ET
veau est aussi formé de deux lobes arrondis et surtout très-distincts en arrière.
On en voit sortir visiblement le nerf des palpes, des antennes, des yeux lisses et des yeux proprement dits.
En général, les nerfs de la moelle épinière sont semblables à ceux de la blatte. Les deux premiers ganglions sont produits par deux nerfs : le premier, qui est dans le corselet, fournit aux muscles de la tête, de la poitrine et des pattes antérieures; le second, qui est plus gros et dans la poitrine, donne à ceux des ailes et des pattes inlermédiaireset postérieures. 11 fournit encore deux nerfs en arrière qui
produisent le premier ganglion abdominal; mais dès
lors le cordon est unique, aplati comme un ruban, sur la longueur duquel on 11e compte que quatre ganglions, situés à des distances différentes les unes des antres. Chacun d’eux produit deux paires de nerfs qui se portent en arriére pour se distribuer dans les muscles : le premier correspond à la partie moyenne du premier anneau du ventre; le second, au troisième; le troisième, au cinquième; enfin, le dernier, au neuvième.
Ce dernier ganglion est le plus remarquable de tous ; il est ovale, et de toute sa circonférence partent des nerfs qui vont se distribuer dans les parties voisines. Deux, plus gros que les autres, se portent en divergeant en arrière, et représentent ainsi une bifurcation delà moelle épinière. Les nerfs qui en résultent sont destinés aux organes de la génération.
y. Hémiptères.
Dans le scorpion aquatique à corps ovale ( nepa cinerea, Lin.), le système nerveux consiste essentiellement en trois ganglions.
Le cerveau est formé de deux lobes rapprochés. Ces lobes sont pyriformes ; iis se touchent par leur base; leur sommet est obliquement dirige en avant vers les yeux, dans lesquels ils se terminent, en servant ainsi de nerfs optiques par leur extrémité antérieure. De la partie moyenne et antérieure de ces lobes il part aussi quelques filets pour les parties de la bouche.
En arrière, le cerveau produit deux cordons qui embrassent l’œsophage en passant au-dessous. Ils se réunissent à l’origine de la poitrine en un ganglion tétragone, dont chacun des angles produit ou reçoit plusieurs nerfs : l’antérieur reçoit les deux cordons qui viennent du cerveau; le postérieur, les deux qui sont la suite de la moelle épinière.
Les latéraux produisent chacun un faisceau de quatre nerfs qui sont destinés aux muscles de la poitrine et de la paire de pattes antérieures. On voit l’un d’eux entrer dans la cavité de la hanche.
Les deux nerfs produits par l’angle postérieur du second ganglion se portent parallèlement en