DES PAUPIÈRES
vision, en diminuant la trop grande affluence des rayons lumineux.
A. Dans l'homme.
L’homme n’a que deux paupières, dont la commissure est transversale. Leur épaisseur est remplie pardes muscles et une cellulosilé serrée, dont quelques-uns ont fait un ligament. La face qui touche l’œil est très-fine et très-abondante en vaisseaux. La face externe est semblable au reste de la peau. Le bord de chacune est renforcé par un cartilage, nommé tarse, qui va d’un angle de la commissure à l’autre, est arrondi, et forme avec son opposé un petit canal du côté de l’œil, par lequel les larmes s’écoulent du côté du nez. Ces bords des paupières sont encore garnis d’une rangée de poils connus sous le nom de cils.
Les paupières de l’homme n’ont que deux muscles : un orbiculaire qui les ferme, et un releveur qui relève la supérieure. L’inférieure s’abaisse par su propre élasticité. Le muscle orbiculaire entoure les paupières de fibres concentriques et circulaires qui ont leur attache fixe dans l’angle interne ou nasal, où il y a même quelques autres fibres dont la direction est transverse. Le muscle releveur de la paupière supérieure vient du fond de l’orbite, au-dessus du muscle droit de l’œil, et se dilate dans l'épaisseur de cette paupière.
Dans l’angle interne des paupières est un petit repli en forme de croissant, qui n’est sensible que lorsque l’œil se tourne du côté du nez : c’est un vestige de la troisième paupière qui est développée dans d’autres animaux.
B. Dans les mammifères.
Les singes ne diffèrent point de l’homme, à l’égard des paupières.
Dans les autres quadrupèdes, la troisième paupière devient de plus en plus considérable, quoiqu’elle n’ait dans aucun de muscle propre, et qu’elle ne puisse couvrir entièrement l’œil. Elle est ordinairement semi lunaire : c’est ainsi qu’on l’observe dans les ruminants, les édentés, les pachydermes.
Le rhinocéros l’a épaisse et charnue. Dans le lièvre, son bord libre est convexe; il en est de même dans les rats, les agoutis, etc.
Dans presque toutes les espèces, on y remarque une rangée de pores qui laisse sans doute passer quelque humeur onctueuse. Souvent une partie de son épaisseur est occupée par une lame cartilagineuse : cette plaque a été nommée onglée par les hippolomistes. Le lièvre l’a triangulaire et fort grande.
On voit dans quelques mammifères, outre les muscles ordinaires des deux paupières, deux cou-
DOUZIÈME LEÇON. — ORGANE DE LA VUE
ches de fibres qui viennent du pannicule charnu, et qui servent, l’une à abaisser la paupière inférieure, l’autre à relever la supérieure.
Les cétacés ont leurs paupières si épaissies par la graisse huileuse qui est entre les deux lames, qu’elles sont presque immobiles. Elles n’ont point de cils; il n’y a aucun vestige de la troisième paupière.