‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 293 sur 367 · BU TYMPAN, BT BE SON CABRE OSSEUX · texte numérisé non relu

BU TYMPAN, BT BE SON CABRE OSSEUX

Le tympan est la membrane qui ferme l’ouverture extérieure de la caisse, et qui reçoit immédiatement les vibrations de l’air, pour en transmettre l’effet dans l’oreille interne.

1° Substance du tympan .

Les animaux sans caisse, comme les poissons, tes salamandres, n’ont pas de tympan. Cette membrane manque aussi à plusieurs reptiles qui ont une caisse, et en particulier au caméléon. La peau passe sur l’ouverture extérieure de leur oreille sans éprouver de changement dans son épaisseur, ni dans sa nature, et on ne peut s’assurer que par la dissection de l’existence de cet organe. En enlevant la peau et quelques portions de muscles, on trouve cependant, dans quelques espèces, et notamment dans l’orvet, une sorte de tympan membraneux.

Dans la' tortue, la vaste ouverture extérieure de la caisse est fermée par une plaque cartilagineuse très-épaisse, recouverte elle-même par une peau écailleuse toute semblable à celle du reste de la tête.

Dans les grenouilles et les crapauds, le tympan est à fleur de tête, et la peau qui le recouvre devenant plus fine le fait reconnaître par une tache ovale, plus lisse que le reste de la tête, et ordinairement d’une couleur particulière.

Dans les lézards ordinaires, le tympan est aussi à fleur de tête, mais très-mince, lisse, transparent, la peau devenant aussi lisse et aussi fine à cet endroit que sur la cornée de l’œil.

Dans le crocodile, il est de même nature, mais plus enfoncé dans la letc, et recouvert par deux lèvres charnues qui tiennent lieu d’oreille externe.

Tous les animaux à sang chaud, oiseaux et mammifères, ont, ainsi que l’homme, le tympan •since, transparent, scc, élastique, plus ou moins enfoncé dans la tête, et précédé d’un canal qui l’est lui-même dans une partie de ces animaux patla conque ou l’oreille externe.

Malgré sa finesse, le tympan se divise toujours en trois lames au moins : une qui lui est propre; une interne, qui est la continuation de la membrane interne de la caisse, qui l’est elle-même de celle de la bouche; et une externe, qui l’est de la peau.

2° Surface et direction du tympan.

Le tympan de V homme et de tous les mamm ifères est une surface conique, dont la pointe est dirigée en dedans, et la concavité en dehors. Ce cône est très-évasé, et sa pointe ne répond pas au milieu de sa base. La taupe et les musaraignes font exception à cette règle, leur tympan est plan.

Dans tous les oiseaux , c’est le contraire des mammifères : sa partie saillante est dirigée en dehors.

Dans les lézards , sa pointe, moins saillante que dans les oiseaux, est aussi dirigée en dehors. Il est à peu près plan dans les grenouilles et les tortues.

Le tympan est de niveau avec la partie voisine de la tête, et par conséquent à peu près vertical dans tous les animaux qui l’ont à fleur de tête; mais, dans ceux qui l’ont enfoncé, son inclinaison, et par rapporta la tête elle-mcme, et par rapport au méat auditif externe, varie considérablement. Nous allons la considérer ici par rapport à la tête, en supposant la tête droite et le plan du palais horizontal.

Le tympan regarde obliquement en haut et de côté dans le crocodile ; obliquement en bas, en arrière et de côté dans la plupart des oiseaux ; et meme d’autant plus en bas, que l’oiseau entend mieux les sons faibles ; ainsi la chouette l’a trèsoblique. II se rapproche davantage de la verticale dans l’oie et le perroquet.

Dans les mammifères, le tympan est aussi d’autant plus oblique au canal externe, et regarde d’autant plus vers le bas, que l’animal entend mieux. La taupe, dont l’ouïe est très-fine, malgré le défaut de conque, a son tympan presque parallèle à la base du crâne, et servant de plaucher à la caisse. Il eu est de même des musaraignes. La raison de cette disposition est sans doute que cette obliquité donne plus d’étendue au tympan; en effet, c’est une autre règle tirée de l’observation, que plus le tympan est grand, plus l’oreille (toutes choses égales d’ailleurs ) entend distinctement les sons faibles.

Le tympan est presque aussi oblique que dans la taupe, dans les loutres, les belettes, le blaireau ; il est aussi très-oblique dans le pangolin.

Il est presque vertical, et regarde en avant, dans l'homme, les singes, les chiens, les chats, les civettes, les coatis.

Il est presque vertical, et regarde directement de côté dans les lièvres, les cabiais, les marmottes et la plupart des ruminants.

5° Cadre du tympan.

Le tympan est attaché à un cercle osseux que Ton nomme son cadre. Ce cadre, qui termine ‘c

TREIZIÈME LEÇON. - ORGANE DE L’ODIE

méat auditif externe du côté de la caisse, en est la cle du tympan un espace assez considérable, oc-

portion qui s’ossifie la première ; il est à peu près rond, et ne fait en dedans qu’une légère saillie, en avant de laquelle est un sillon dans V homme. Dans un grand nombre de mammifères, il forme, en devant de la caisse, une saillie qui représente une lame étroite, contournée eu cercle ou en ellipse, dont un des bords serait attaché à la paroi externe de la caisse, et dont l’autre serait libre. Ce bord libre est plus ou moins aigu, et plus ou moins évasé, selon les espèces; il est souvent soutenu par des arêtes saillantes qui viennent de différents endroits de la caisse se joindre perpendiculairement à la lame qui forme ce bord. Nous en avons déjà parlé plus haut.

Ce cadre saillant n’est pas entièrement complet. Il lui manque presque toujours vers le haut un segment qui fait une portion plus ou moins grande de sa circonférence, selon les espèces. Le cochon d'Inde, le paca, le phoque et le fourmilier sont les seuls dans lesquels je l’aie vu complet : encore dans ce dernier fait-il si peu de saillie, qu’on distingue mal où il finit.

11 lui manque presque tout son quart supérieur dans le chat, le chien, le lapin, le rat. La portion manquante est un peu moins grande à proportion dans les ruminants et les solipèdes : l 'éléphant manque de toute la moitié supérieure.

La figure de ce cadre est pour l’ordinaire un ovale dont le grand axe descend obliquement en avant, et dont l’arc antérieur est moins convexe que le postérieur. Cet ovale est plus oblong dans les carnassiers que dans les herbivores. 11 approche de la figure circulaire, et a ses côtés presque égaux dans le cochon d’Inde, le paca; le lapine st après eux celui qui l’a le plus régulier.

L'homme et le fourmilier l’ont presque circulaire; il l’est absolument dans la taupe , les scalopes et les musaraignes.

Dans les cétacés, il n’y a point de cadre du tympan proprement dit; mais la caisse a trois apophyses qui en échancrent l’ouverture très-irrégulièrement, et lui donnent une figure à trois lobes inégaux.

[Dans les makis et les indris, le cadre du tympan est entièrement distinct de la caisse. C est un cercle osseux, suspendu au milieu de la caisse, adhérent par ses deux extrémités seulement au bord externe du méat osseux, et placé dans un plan incliné de bas en haut et de dehors en dedans. 11 existe entre ce méat cl le bord inférieur du ccr-

(i) M. Savart, dans ses Recherches sur les usages de la membrane du tympan et de l’oreille externe (Journal de physiologie de M. Magendie, t. IV), est arrivé à ce résultat, que, par quelque procédé que l’air soit ébranlé, il communique à des membranes minces, comme l’est celle du tympan, le mouvement qu’il a reçu, et que,

cupé par un bourrelet fibreux appartenant au méat auditif externe cartilagineux.]

Dans les oiseaux, le cadre du tympan n’est pas aussi marqué que dans les quadrupèdes, et ne fait pas de saillie en dedans de la caisse. Il y a des espèces, comme l'effraie, où il est complet ; d’autres souvent très-voisines, comme le grand-duc, où il est interrompu à sa partie antérieure, et où la membrane s’attache à l’os carré de l’articulation du bec inférieur, dont une apophyse fait toujours, comme nous l’avons dil, partie de la paroi antérieure de la caisse.

La figure du cadre des oiseaux est aussi un ovale oblique, dont le grand axe descend obliquement en avant; mais elle est ordinairement plus approchante de là figure ronde que dans les quadrupèdes.

Le grand axe se porte moins en avant dans plusieurs passereaux, mais toutes ces différences sont peu importantes.

Dans les reptiles, le cadre du tympan ne se marque par aucun bord saillant : c’est en arrière qu’il est interrompu. Son grand axe est vertical dans la tortue et les lézards ordinaires, et son arc antérieur y est plus convexe. Dans le crocodile, c’est un ovale régulier, dont le grand axe se dirige obliquement en arrière (1).

ARTICLE VI

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