‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 297 sur 367 · II. Des muscles · texte numérisé non relu

II. Des muscles

L’homme et les mammifères ont quatre muscles à leurs osselets : trois au marteau et un à l'élrier.

(i) Quelques auteurs pensent qu’il y a deux os cartilagineux.

(a) [A la partie postérieure et inférieure du sac de l’oreille de Vesturgeon , M. Breschet (pue. cil .) a trouvé une petite concrétion osseuse, tenant d une part à la paroi cartilagineuse interne du crâne, et de l’autre au sac, et il l’a considérée comme un rudiment de l’étrier; pour nous, nous n'avons trouvé à cet endroit qu’une bride ligamenteuse qui retient le sac, et nous sommes

L’enclume n’eu a aucun. Elle est attachée par sa tète à la face postérieure de eeile du maricau, et par l’extrémité de son apophyse supérieure à l’os des tempes dans le fond de la caisse en haut et en arrière. Elle participe à tous les mouvements du marteau, qui lui font faire une bascule, sur sa jambe fixe.

Ceux du marteau sont :

1 . L 'interne, qui vient de la partie carlilagineuse de la trompe, marche dans un demi-canal pratiqué dans le rocher sur la partie osseuse de la trompe ; peu après son entrée dans la caisse, il rencontre une éminence située en avant de la fenêtre ovale, et nommée bec-de-cttiller. il contourne son tendon sur une traverse de cette éminence, et le dirigeant en dehors, l’insère an manche du marteau,' à sa face interne, et sous son apophyse grêle. Il lire le marteau entier en dedans, et tend la membranedu tympan ; et par le mouvement que le marteau communique à l'enclume, la jambesupérieure de celle-ci restant fixée, l’autre doit décrire un arc de dehors en dedans, et pousser l’étrier dans la fenêtre ovale.

2. V externe marche parallèlement au précédent, mais plus en dehors. [ Il naît de la grande aile du sphénoïde ; son tendon passe dans la scissure de Glaser] et s’insère à l’apophyse grêle du marteàu, qui est elle-même logée dans un petit canal, pratiqué au-dessus du bord supérieur du cadre du tympan. Ce muscle est si faible qu’on a peine à s’assurer de sa vraie nature. 11 doit tirer le marteau en avant, tendre la moitié postérieure du tympan et donner à l’enclume un mouvement de bascule qui abaisse un peu sa tête, porte l’extrémité de son apophyse inférieure en arrière, et ébranle l’étrier sur la fenêtre ovale.

3. Le laxateur vient de la voûte du méat externe, près le tympan, passe par l’échancrure du cadre de celui-ci, et s’insère à la petite saillie oblique du col du marteau. Il doit tirer cet os en dehors, et par conséquent relâcher le tympan ; et par suite du mouvement communiqué à l’enclume, il doit retirer un peu l’étrier de la fenêtre ovale (3).

Le muscle de l'étrier est placé dans un creux d’une éminence située en arrière de la fenêtre ovale près du bord postérieur de la caisse, et qu’on a nommée éminence pyramidale ; son tendon en sort pour se porter directement à la branche pos-

porté à penser que c’est par accident que cette bride était ossifiée dans l’individu préparé par M. Breschet. Au surplus, en supposant même que cet osselet fôt constant, on ne pourrait pas le regarder comme un étrier, puisqu’un étrier est un os extérieur au crâne et non un os intérieur.]

(3) M. de Blaiuville ( Principes d’anatomie comparée, iu-8“, iSau, Paris) n’admet que deux muscles du marteau, et M. Breschet qu’un seul.

TREIZIÈME LEÇON. - ORGANE DE L’OUIE

térieure de l’étrier, qu’il tire en arrière, en soulevant un peu sa partie antérieure.

Nous n’avons pas suivi ces muscles dans beaucoup de mammifères ; mais nous en avons vu la plupart, et surtout celui de l’étrier et l’interne du marteau, dans plusieurs espèces où ils ont présenté peu de variétés.

Il nous a paru que le dauphin n’avait point de muscle du marteau; mais il en a bien certainement un pour l’étrier, qui s’attache très-haut, et non au milieu d'une des branches, comme dans l’homme.

La pression de l’étrier sur la fenêtre ovale doit avoir un double effet : le premier, d’ébranler tout l’intérieur du labyrinthe; le second, de comprimer la substance gélatineuse qui le remplit, et de la faire se reporter par le limaçon sur la membrane de la fenêtre ronde, qui doit se trouver par là beaucoup plus tendue.

C’est surtout ce second effet que doit produire sa pression lorsqu’elle est fixe, et causée par l’action des muscles; c’est sans doute lorsque nous voulons écouter avec beaucoup d’attention que nous les contractons.

Quant au simple ébranlement, ou à la simple secousse, elle peut aussi résulter de l’ébranlement occasionné au tympan par les vibrations de l’air. C’est probablement une des causes immédiates de l’ouïe.

Les animaux qui n’ont point de muscles à leurs osselets n’en reçoivent que cette première espèce de pression. Il serait intéressant de rechercher s’ils sont maîtres d’écouler avec plus ou moins d’attentjon.

Les oiseaux ont un petit muscle situé en arrière de l’oreille sur l’occiput ; il pénètre dans la caisse par un trou, et va s’insérer à l’hypotbénuse du petit triangle rectangle que forment sur le tympan trois des branches de l’osselet. L’effet de ce muscle est de tendre le tympan en faisant saillir davantage en dehors la pointe du cône que cette membrane forme. Deux filets, qui paraissent tendineux, s’opposent à ce que ce mouvement ne devienne trop fort. Un d’eux, qui est très-long, s’attache à l’apophyse antérieure du cartilage attaché au tympan, et va se fixer dans la cellule située audessus de la trompe d’Eustache. L’autre monte et se fixe sur le pilier qui sépare l’entrée de cette cellule de celle qui est située au-dessus du labyrinthe (1).

Nous ne connaissons pas suffisamment les muscles des osselets des reptiles, et les descriptions de Comparetti ne nous ont point paru assez claires pour pouvoir suppléer à nos propres observations.

,,11 nous paraît que les serpents, les caméléons

( i ) Selon MM. deBluinville etBreschet, la partie cartilagineuse à laquelle s’insère ce muscle représente le

et les salamandres en sont entièrement privés, et qu’ils sont au moins très-peu visibles dans les tortues.

ARTICLE VII

DU MÉAT AUDITIF EXTERNE, DE LA CONQUE DE L’OREILLF, ET DF, SES MUSCLES.

Les reptiles n’ont aucun méat auditif externe : le crocodile est le seul qui en ait quelque apparence, parce que la peau forme au-dessus de son tympan une espèce de lèvre ou de couvercle qui le cache entièrement., à moins d’être soulevé. C’est là sans doute cé qu’Hérodote regardait comme l’oreille externe du crocodile, à laquelle il dit que les Égyptiens attachaient des pendants.

Le méat externe des oiseaux est très-court; il n’a ordinairement pour orifice qu’un simple trou à fleur de tête, entouré de plumes d’une structure particulière. Elles sont fines, élastiques; leurs barbes sont simples, minces, élastiques, écartées les unes des autres, et laissant passer l’air entre elles. Ces plumes sont couchées avec beaucoup de régularité sur le trou qu’elles recouvrent. Il y a des oiseaux dans lesquels elles s’allongent et prennent diverses formes : tels sont l’outarde, V oiseaumouche, nommé huppe col ; l’oiseau de paradis, nommé sifilet, etc.

Dans les hibous et les chouettes, l’orifice extérieur de l'oreille est placé au fond d’une grande cavité, creusée autour de chaque côté de la tète, revêtue en dedans d’une peau nue, dont les replis forment des cloisons qui la divisent presque comme la conque de l’homme, à laquelle cette cavité ressemblerait, si elle était libre et saillante au dehors.

Les plumes effilées qui la recouvrent forment les cercles qui donnent à la physionomie de ces oiseaux son caractère singulier. V effraye a au bord antérieur de celte cavité un opercule membraneux de forme carrée. [Une peau plissée, ou une sorte d'opercule semblable, qui en s’abaissant peut fermer plus ou moins complètement le méat externe, existe aussi, mais à un degré moindre, dans les grands échassiers et dans les grands palmipèdes,]

Nous allons à présent examiner l’oreille externe dans l’homme et les mammifères.

1° Le méat externe osseux.

Le méat auditif externe est osseux dans sa partie inférieure, ou celle qui est la plus voisine du tympan ; sur cette partie osseuse s’attache, par des

marteau, et l’on trouve à cet os un second muscle à l’état rudimentaire.

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