‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 326 sur 367 · DE DA MEMBRANE PITUITAIRE · texte numérisé non relu

DE DA MEMBRANE PITUITAIRE

C’est une continuation de la peau extérieure, qui s’unit dans l’arrière-bouche avec celle qui, après avoir revêtu les lèvres et tout l’intérieur de la bouche, tapisse l’oesophage et le reste des intestins.

Elle prend le nom de membrane pituitaire dans tout l’intérieur du nez, sur son septum, ses parois, ses lames, et même dans ses sinus; elle s’attache au périoste de toutes ces parties par une cellulosité serrée, et est elle-même recouverte partout par l’épiderme.

Dans les sinus, elle est extrêmement midee et semblable à une membrane ordinaire; à peine y voit-on des vaisseaux : mais, dans le reste du nez, elle est en même temps plus épaisse et plus molle, surtout à la partie inférieure et postérieure du septum. Sa substance est pulpeuse ou fongueuse. On y aperçoit un tissu spongieux, moins serré, par petites taches qui représentent les mailles d’un rets. Sa superficie est colorée d'un beau rouge : ee n’est qu’en y regardant de très-près qu’on voit que cette couleur résulte des ramifications innombrables de petits vaisseaux sanguins ; on les distingue mieux près de leurs troncs, surtout à la partie postérieure du septum, ou lorsque l’inflammation ou l’injection les a gonflés.

La surface de cette membrane a une grande quantité de petits pores, d’où suinte perpétuellement une humeur muqueuse. On croit que ce sont les orifices d’autant de petits follicules cachés dans son épaisseur : on a même vu dans quelques endroits plusieurs de ces follicules avoir des canaux excréteurs communs : c’cst ce que Sténon a découvert dans les narines de la brebis. Ruish, et après lui Haller, en ont vu plusieurs donner dans

un sinus commun, et cela surtout vers la partie antérieure du septum.

On observe dans plusieurs mammifères, comme la vache et la brebis, des lignes blanches, parallèles entre elles, qui traversent de grandes étendues. J’en ai vu de transversalement obliques sur le septum, et de longitudinales sur les cornets inférieurs du mouton (1).

Une humeur visqueuse suinte continuellement de toutes les parties de la membrane pituitaire ; dans les inflammations produites par les rhumes, elle commence par devenir plus abondante et plus fluide, et finit par être épaisse, jaune et de mauvaise odeur. Les sinus produisent une humeur plus limpide, qui semble destinée à éclaircir l’autre.

Excepté les cétacés, dont nous parlerons ailleurs, les mammifères montrent peu de différences dans la texture de leur membrane pituitaire.

Dans les oiseaux, elle est, selon Scarpa, trèsmince sur le cornet supérieur, plus épaisse et veloutée sur le moyen. Les vaisseaux forment à sa surface un très-beau réseau, et une multitude de pores y produisent une abondante mucosité, surtout sur le cornet moyen.

Dans les reptiles, elle est garnie partout d’un rets de vaisseaux noirâtres. On les retrouve dans quelques poissons, et notamment dans le brochet ; mais dans la plupart des espèces, ils sont rougeâtres. Entre eux se voient de petites papilles qui séparent un mucilage épais, et qui nous a paru être plus abondant dans les poissons, et surtout dans les raies et les squales, que dans les autres classes.

ARTICLE VI

DES NERFS QUI SE DISTRIBUENT DANS l’iNTÙRIEUR DES NARINES.

Ces nerfs viennent de la première et de la cinquième paire.

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