I. Nerf olfactif
Nous avons décrit l’origine delà première paire dans l’homme, page 457; dans les mammifères, page 449; dans les oiseaux, page 452; dans les reptiles, page 454; et dans les poissons, page 461 de ce volume.
Nous avons décrit toute la portion de ce nerf, située entre son origine et son entrée dans les narines par un ou plusieurs trous du crâne, dans tout l’art. 1“ de la X» leçon.
(i) [ Ces lignes sont formées par le passage des nerfs qui se rendent à un organe particulier dont nous parlerons â la fin de cette section. ]
QUINZIÈME LEÇON, — ORGANE DE L’ODORAT
Il nous reste à traiter de son passage au travers du crâne, et de sa distribution dans l’intérieur des narines.
A. Dans les mammifères.
1° Lame criblée.
Les mammifères seuls ont une lame criblée de l’ethmoïde ( encore faut-il en excepter les dauphins , quin’ont ni nerf olfactif ni trous pour son passage ). Tous les autres animaux n’ont qu’un simple trou, ou un simple canal.
La position et la concavité de la lame criblée ont été décrites, leçon YM', art. II, § 4. Il nous reste à parler de sa grandeur, de sa figure et de ses trous.
Elle est, dans l’homme, en forme de rectangle allongé ; on y compte environ quarante trous simples. Dans les singes , elle est beaucoup plus étroite à proportion, et ses trous sont moins nombreux.
Dans les autres mammifères, la lame criblée a la forme d’un cœur ou d’un ovale ; elle est placée au fondd’une fosse, qu’un étranglement plus ou moins marqué sépare du reste du crâne ; et elle est percée d’une grande quantité de trous de différentes grandeurs, rassemblés en groupes, qui laissent entre eux des espaces vides figurés comme des branchages, plus grands et plus petits, en sorte que l’ensemble de la lame présente l’aspect d’une belle dentelle.
Le nombre et la ligure de ces groupes de trous ne sont pas assujettis à des lois constantes ; mais, à en juger par les animaux dont nous connaissons la force de l’odorat, cette force est assez en proportion avec le nombre des trous.
Ils sont grands et nombreux dans V éléphant, Vhippopotame , le cochon , et encore plus dans la biche. Les carnassiers en ont plus que tous les autres. Le cochon, le mouton , le fourmilier, ont à chaque côté de la crête une rangée de trous plus grands que les autres; on en voit aussi, mais moins marqués, dans quelques autres espèces. Les rongeurs paraissent avoir assez généralement moins de trous que les autres ordres. Le chameau a la lame plus petite, et les espaces non percés y sont plus larges que dans les autres ruminants. Les édentés l’ont tous grande et munie de beaucoup de trous.
2° Le nerf olfactif.
Soit qu’il soit détaché de l’hémisphère, comme dans l’homme et les singes ; soit que la pie-mère s’unisse tellement à la caroncule mamillaire qu’il semble faire corps avec elle, comme cela a lieu dans les autres quadrupèdes, il se dilate par son extrémité pour couvrir toute la lame criblée, et pour pénétrer au travers par autant de filets qu’elle a de trous.
Ces filets se distribuent à la partie de la membrane
pituilaire qui recouvre les anfractuosités elles cornets de l’os elhraoïde et la cloison intermédiaire des narines ; ils sont d’une si grande mollesse qu’il est difficile de les suivre. On en voit cependant quelques branches principales se répandre sur la cloison ; il y en a surtout deux très-belles dans le mouton (I). Plusieurs auteurs croient que ce nerf ne se propage point sur les cornets inférieurs. Sans avoir fait des recherches particulières sur cette question, la complication de ces cornets dans les animaux dont l’odorat est le plus fort, nous empêche d’adopter cette opinion.
[Il n’est pas facile de bien reconnaître le mode de terminaison des nerfs olfactifs ; on les regarde le plus généralement comme se perdant dans les houppes papillaires de la membrane pituitaire. ]
B. Dans les oiseaux.
Le nerf olfactif des oiseaux ne se détache de l’hémisphère qu’à l’extrémité antérieure de celui-ci, extrémité qu’on a aussi comparée à la caroncule mamillaire des quadrupèdes. Le nerf traverse un canal dont la longueur et la grosseur varient selon les espèces, mais qui ne se divise point en plusieurs. Arrivé à la racine du nez, le nerf se divise comme un pinceau en une multitude de fibrilles qui se répandent dans la membrane pituitaire delà cloison et des cornets supérieurs. Scarpa croit qu’ils ne vont point au delà, et il peuse que les cornets moyens et inférieurs ne reçoivent de nerfs que de la cinquième paire, et ne sont poiut des organes de l’odorat. II ne leur attribue d’autre usage que de rompre l’air que ces animaux respirent eu plus grande quantité que les autres, et d’empêcher sa masse de nuire par sou choc aux cornets supérieurs.
Il assure que ses expériences sur des oiseaux vivants lui ont fait voir que l’odorat est plus fort dans les espèces où les cornets supérieurs et les nerfs olfactifs eux-mêmes sont plus grands. Voici l’ordre qu’il leur attribue, en commençant par ceux qui ont ce sens plus délicat : les oiseaux de rivage, les palmipèdes, les oiseaux de proie, les pics, les passereaux, les gallinacés.