‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 330 sur 367 · Dans les mammifères · texte numérisé non relu

Dans les mammifères

Les cartilages du nez et leurs muscles varient singulièrement dans les mammifères, connue la plupart des autres parties extérieures.

Les cartilages du nez des singes ne diffèrent de ceux de l’homme que par leur extrême petitesse : ils ne paraissent avoir d’autres muscles qu’une expansion de fibres longitudinales qui couvre uniformément toute la face, et qui semble être une continuation du panicule charnu. C’est ainsi, du moins, que nous les avons trouvés dans les cynocéphales et dans les singes de l’ancien continent.

Dans les carnassiers dont le museau ne se prolonge point au delà de la bouche, comme le chien, les cartilages sont encore semblables à ceux de l’homme; le carlilagedu septum produit deux ailes qui prolongent les os du nez, et les bords des narines sont garnis de deux cartilages ployés; il n’y a de muscles bien prononcés que le releveur commun de l’aile du nez et de la lèvre inférieure, qui recouvre toute la joue presque comme l’expansion que lions avons décrite dans le singe; et Vabaisseur de l'aile du nez, qui est assez petit.

Dans les carnassiers à museau saillant et mobile, comme les ours, et surtout les coatis et les taupes, les cartilages forment un tuyau complet qui est articulé sur les narines osseuses.

Dans l'ours, le septum cartilagineux se dédouble par dessous comme par dessus ; les ailes supérieures se courbent vers le bas, les inférieures vers le haut, et elles se rencontrent sur les côtés pour s’unir par une ccllulosité et compléter la cloison extérieure de chaque narine. Le bord de chaque aile continue ensuite à se recourber eu dedans, et s’y roule en un cornet qui fait suite au cornet osseux inférieur, et qui est recouvert comme celuici d’un prolongement de la membrane pituitaire.

Ce tuyau cartilagineux se meut en tous sens sur le bout du museau osseux. C’est surtout dans la taupe que ses muscles sont remarquables. Il y en a quatre de chaque côté, tous attachés au-dessus de l’oreille, et marchant en avant entre le crotaphite et le masseter. Us se terminent par autant de tendons qui sont placés autour du tuyau nasal comme des cordes autour d’un mât. Le plus profond de ces muscles produit le tendon supérieur qui s’unit avec son correspondant, et une large aponévrose qui couvre tout le dessus du nez. Les deux suivants se rendent sur le côté du nez, l’un un peu plus haut, l’autre un peu plus bas ; le quatrième, qui est le plus extérieur, va s’unir avec son correspondant, sous le nez, comme le premier le fait dessus : ces tendons s'insèrent à la plaque fongueuse qui termine le boutoir, en recouvrant l’extrémité des cartilages; un petit muscle vient aussi du bord alvéolaire de l’os incisif et abaisse le museau ; le bout du septum est ossifié. [ Dans le condylure (sorese cristatus) la plaque qui termine le boutoir est divisée en plusieurs pointes mobiles qui représentent une sorte d’étoile quand elles s’écartent en rayonnant.]

Le boutoir du cochon est semblable en grand à celui de la taupe; les cartilages en sont seulement beaucoup plus courts à proportion ; leur extrémité est aussi ossifiée du côté du septum. Il y a aussi quatre muscles, mais moins longs, et autrement disposés. Le supérieur vient de l’os lacrymal, eu avant de l’œil. Son tendon se porte sur le boutoir, mais ne s’approche pas assez de son correspondant pour s’y unir; deux autres situés sous le précédent, qui viennent de l’os maxillaire, en avant de l’arcade, sont en partie réunis ; mais leurs tendons se rendent séparément, l'un au côté, l’autre vers le bas du boutoir. Un quatrième, très-petit, va obliquement de l’os nasal vers l’insertion du précédent en passant sous les tendons des premiers.

Le boutoir et ses muscles longitudinaux sont enveloppés, dans le cochon, comme dans la taupe, par des libres annulaires qui sont une continuation de l’orbiculaire des lèvres. [ On trouve dans le phacochœro deux noyaux osseux qui remplissent l’intervalle entre les extrémités des os propres du nez et celles des interinaxillaires et qui soutiennent le boutoir. ]

Dans les solipèdes et les ruminants, dont les narines osseuses sont très-ouvertes, regardent obliquement en haut, et sont formées par une grande échancrure de chaque côté de la pointe des os propres du nez, la partie molle des narines est en grande partie membraneuse, et porte le nom de naseaux ; le bord de leur ouverture seulement renferme un cartilage dans le cheval. Ce cartilage, nommé semi-lunaire par les hippolomistes, est analogue à l’inférieur de l’homme ; il est aussi formé de deux branches : l’une, presque parallèle

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