‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 332 sur 367 · C. Dans les oiseaux · texte numérisé non relu

C. Dans les oiseaux

Les narines externes des oiseaux ne sont jamais munies de cartilages mobiles ni de muscles ; mais l’ouverture en est seulement rétrécie par des productions plus ou moins considérables de la peau qui revêt le bec. Les formes et la position de cette ouverture ont été remarquées par les naturalistes ; elle est latérale dans le plus grand nombre des oiseaux. Quelques-uns l’ont à la base, ou même sur la base du bec ; dans ce dernier cas sont les toucans et les calaos; elle est tantôt plus large, tantôt plus étroite. Dans les hérons , par exemple, c'est une fente où une épingle pourrait à peine pénétrer; dans les hirondelles ctè mer, les deux narines correspondent à une ouverture du septum, en sorte que Tou voit par elles au travers du bec. Les gallinacés ont les narines en partie recouvertes par une plaque charnue. Les corbeaux les ont bouchées par un faisceau de plumes roides et dirigées en avant. [ Les pétrels ont leurs narines réunies en un tube corné, couché sur le dos de la mandibule supérieure ; dans les fous, il n’y a plus du tout d’ouverture, en sorte qu’ils sont obligés de respirer par la bouche, ] etc.

D. Dans les reptiles.

Les narines extérieures des reptiles ne sont ordinairement garnies que de quelques couches charnues qui peuvent en dilater ou en rétrécir l’entrée : c’est ce qu’on remarque dans la plupart des lézards , qui ne diffèrent entre eux que par la position de leurs narines extérieures. Les crocodiles sont ceux qui les ont le plus rapprochées, [ Elles y sont tout à fait supérieures, et ouvertes par deux petites fentes en croissant que ferment des valvules ou bourrelets charnus. Dans les gavials , les bourrelets se prolongent chez les mâles en une protubérance qui forme à la fois sur leurs narines extérieures une espèce d’opercule et deux sortes de bourses ] ; les tupinambis , les stellions et les caméléons sont ceux qui les ont le plus écartées et le plus latérales : les salamandres les ont extrêmement petites. On y voit une petite tubulure dans les grenouilles , où le jeu en est très-sensible, parce qu’il est fort important pour la respiration, comme nous le verrons par la suite. Les tortues ont aussi deux très-petites narines rapprochées ; elles sont portées au bout d’une courte trompe cartilagineuse dans la chelyde matam ata et dans les triorfyx.

Les serpents ont des narines latérales petites, et

susceptibles seulement d’une très-légère extension. Le serpent à sonnettes a, au-dessous et en arrière de chaque narine, un trou borgne assez profond, et dont l’usage est inconnu, qui lui donne l’air d’avoir quatre narines.

E. Dans les poissons.

Dans les poissons, l’entrée de la fosse qui forme chaque narine est plus étroite que cette fosse même; la membrane qui l’entonre est susceptible de se redresser, au gré de l’animal, en un tube court dans beaucoup de poissons osseux, et notamment dans les carpes; mais lorsque le poisson est tiré de l’eau, ce tube s'affaisse. [Quelquefois le tube se continue par un de ses côtés en un tentacule plus ou moins long, comme dans la lofe et dans plusieurs silures.

Le plus grand nombre des poissons osseux ont deux ouvertures à chaque narine, l’une en avant, l’autre en arrière, quelquefois assez éloignées l’une de l’autre, mais quelquefois aussi séparées seulement par une traverse membraneuse: ce qui leur donne l’air d’avoir quatre narines. Il est probable que l’une de ces ouvertures sert d’entrée à l’eau, et l’autre de sortie, de sorte que celle-ci traverse les narines des poissons, comme l’air, les narines des animaux aériens. ] Les deux trous de chaque côté sont tantôt égaux, tantôt inégaux; ils varient à l’infini en grandeur et en positions : mais ces différences extérieures ont été décrites par les ichthyologistes.

Dans les poissons chondroptérygiens, les narines communiquent par un sillon avec les angles de la bouche ; il y a ordinairement un lobe de la peau qui recouvre une partie de leur ouverture ; les fibres qui les élargissent tiennent aux os des mâchoires; celles qui les rétrécissent paraissent être en sphincter. 11 est difficile de voir bien distinctement les unes et les autres. [Dans la lamproie , les deux narines sont rapprochées sur le sommet de la tête et s’ouvrent par un petit orifice commun.]

ARTICLE VIII

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