ORGANE DE L’ODORAT
Les cétacés qui ne peuvent respirer que l’air, et qui ne peuvent point le recevoir par la bouche, qui est plus ou moins plongée dans l’eau, n’auraient pu non plus le recevoir par les narines, si elles eussent été percées au bout du museau : c’est pour cela qu’elles s'ouvrent sur le sommet de la tète, que ces animaux peuvent aisément élever au-dessus de la surface de l’eau ; elles sont donc l’unique voie de leur respiration ; elles servent, de plus, à les débarrasser de l’eau qu’ils seraient obligés d’avaler chaque fois qu’ils ouvrent la bouche, s’ils ne trouvaient moyen de la faire jaillir au travers de leurs narines par un mécanisme que nous décrirons bientôt.
C’est sans doute parce qu’une membrane pituitaire ordinaire aurait été blessée par ce passage continuel et violent de l’eau salée (ainsi que nous pouvons en juger par la douleur que nous éprouvons lorsque nous laissons entrer quelques gouttes de boisson dans nos narines) que celles des cétacés sont tapissées d’une peau mince, sèche, sans cryptes, ni follicules muqueux, et qui ne parait point propre à exercer le sens de l’odorat-. 11 n’y a aucun sinus dans les os environnants, ni aucune lame saillante dans l’intérieur; l’os cthmoide n’est même percé d’aucun trou, et n’a pas besoin de l’être, puisque le nerf olfactif n’existe point. Cependant il n’est pas certain que ces animaux n’aient aucun odorat. S’il existe chez eux, il doit résider dans la cavité que nous allons décrire.
Nous avons vu, page 578, que la trompe d’Eustache remonte vers le haut des narines. La partie de ce canal voisine de l’oreille a à sa face interne un trou assez large, qui donne dans un grand espace vide, situé profondément entre l’oreille, l’œil et le crâne, maintenu par une cellulosilé trèsferme, et se prolongeant en différents sinus également membraneux qui se collent contre les os. Ce sac et ces sinus sont revêtus en dedans d’une membrane noirâtre, muqueuse et très-tendre. Il communique avec les sinus frontaux par un canal qui remonte au-devant de l’orbite : ces sinus n’ont point de communication immédiate avec les narines proprement dites. On ne trouve dans ce sac, ainsi que dans les narines, que des nerfs provenant de la cinquième paire. 11 parait, d’après les expressions de Hunter, qu’il avait reconnu quelque chose de semblable dans deux espèces de baleine; mais il n’avait pas cru voir d’organe de l’odorat dans le dauphin et le marsouin , dont nous avons pris la description ci-des6tis (1).
grande et que leur os etbmoïde est percé d’un certain nombre de trous. Dans les lamantins, il n’y a point de fosse ethmoïdale; mais la lame criblée est percée de trous assez nombreux. Dans le dugong, on voit à cette lame deux enfoncements, qui se terminent par quelques