‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 335 sur 367 · SECTION 1>*. - ARTICLE NEUVIÈME. — DE L’ORGANE DE JACOBSON · texte numérisé non relu

SECTION 1>*. - ARTICLE NEUVIÈME. — DE L’ORGANE DE JACOBSON

Voici maintenant le mécanisme par lequel les cétatés font jaillir ces jets d’eau qui les fontreconnaitre de loiu à la mer, et qui ont valu à plusieurs de leurs espèces le nom de souffleurs.

Si on suit l’œsophage eu remontant, on trouve qu’arrivé à la hauteur du larynx, il semble se partager en deux conduits, dont l'un se continue dans la bouche et l’autre remonte dans le nez. Ce dernier est entouré de glandes et de libres charnues qui forment plusieurs muscles. Les uns sont longitudinaux, s’attachent au pourtour de l’orilice postérieur des narines osseuses, et descendent le long de ce conduit jusqu’au pharynx, et à scs côtés ; les autres sont annulaires et semblent uue continuation du muscle propre du pharynx ; comme le larynx s’élève dans ce conduit en manière d’obélisque ou de pyramide, ces fibres annulaires peuvent le serrer dans leurs contractions.

Tonte celte partie est pourvue de follicules muqueux qui versent leur liqueur par des trous trèsvisibles. Une fois arrivée au vomer, la membrane interne du conduit, qui devient celle des narines osseuses, prend ce tissu uni et sec que nous avons décrit plus haut. Les deux narines osseuses, à leur orifice supérieur ou externe, sont fermées d’une valvule charnue, en forme de deux demi-cercles, attachée au bord antérieur de cet orifice, qu’elle ferme au moyen d’un muscle très-fort, couché sur les os intermaxillaires. Pour l’ouvrir, il faut un effort étranger de bas en haut. Lorsque cette valvule est fermée, elle intercepte toute communication entre les narines et les cavités placées au-dessus.

Ces cavités sont deux grandes poebes membraneuses, formées d’une peau noirâtre et muqueuse, très-ridées lorsqu’elles sont vides, mais qui, étant gonflées, prennent une forme ovale, et ont dans le marsouin chacune la capacité d’un verre à boire. Ces deux poches sont couchées sous la peau en avant des narines; clics donnent toutes deux dans une cavité intermédiaire placée immédiatement sur les narines, et qui communique au dehors par uue fente étroite en forme d’arc. Des fibres charnues très-fortes forment une expansion qui recouvre tout le dessus de cet appareil ; elles viennent en rayonnant de tout le pourtour du crâne se réunir sur les deux bourses, et peuvent les comprimer violemment.

Supposons maintenant que le cétacé ait pris dans sa bouche de l’eau qu’il veut faire jaillir; il meut sa langue et ses mâchoires comme s’il voulait l’avaler; et fermant son pharynx, il la force de

trous. Dans les cétacés herbivores ainsi que dans les baleines, l’ethinoide et le vomer sont beaucoup plus larges que dans les dauphins et les marsouins, en sorte que les narines sout beaucoup plus écartées l’une de l’autre. C’est entre les deux cauaux.qu’elles forment que se montre la face antérieure de l’ethmoide. Il est probable

remonter dans le conduit et dans les narines où son mouvement est accéléré par les fibres annulaires, au point de soulever la valvule et d’aller distendre les deux poches placées au dessus. Une fois dans les poches, l’eau peut y rester jusqu’à ce que 1 animal veuille produire un jet. Pour cet effet, il ferme la valvule afin d’empêcher cette eau de redescendre dans les narines, et il comprime avec force les poches par les expansions musculaires qui les recouvrent; contrainte alors de sortir par l’ouverture très-étroite en forme de croissant elle s’élève à une hauteur correspondante à la force de la pression.

On dit que les baleines la portent à plus de quarante pieds.

ARTICLE IX

d'un organe accessoire de l’odorat dans les mam- MIFÈRES, OD DE l'organe DE JACOBSON.

[ Il faut placer ici la description d’un organe particulier aux mam mifères, qui parait avoir quelque rapport avec l’olfaction, et que l’on appelle organe de Jaçobson, du nom de l’anatomiste qui l’a découvert.

Cet organe consiste en une poche de substance glanduleuse, enveloppée dans une gaine cartilagineuse longue et étroite, et couchée sur le plancher de la narine, de chaque côlé et loutprèsde l’arête sur laquelle s’appuie la cloison cartilagineuse du nez, dans uue gouttière creusée sur l’apophyse palatine de 1 os intermaxillaire et de i’os maxillaire supérieurs.

La gaine est percée à son extrémité postérieure pour le passage des nerfs et des vaisseaux, et en avant pour celui du conduit excréteur. Ce conduit donne obliquement dans le côté du canal incisif ou stéuonien qui passe au travers du trou incisif, et établit ainsi une communication libre entre la cavité dit nez et celle de la bouche.

L’intérieur de l’enveloppe cartilagineuse de l’organe est tapissé par deux- membranes, dont l’interne, lisse et percéêtdc petites ouvertures obliqttes, est continue avec la membrane muqueuse de la bouche et des narines; t’exlerne est un tissu aponévrotique très-fort. Entre deux se trouve une sorte de parenchyme rougeâtre, d’une consistance assez molle, de nature glanduleuse et sécrétoire,

que dans ces animaux l’appareil olfactif se trouve appliqué contre eette face antérieure de l’ethmoïde et supporté pat le vomer. L’air y pénètre lors de l’inspiration, et l’eau ne peut pas s’y introduire lorsqu’ils la font jaillir de leur bouche.

QUINZIÈME LEÇON. — ORGANE DE L’ODORAT

selon tome apparence, et dont les pores dont nous venons de parler sont probablement les orifices excréteurs.

Cet organe reçoit des nerfs qui naissent de la caroncule olfactive, et passent par des trous de la lame cribleuse, mais qui, arrivés sur le vomer, se comportent autrement que le reste des nerfs olfactifs. Beaucoup plus gros et plus longs, ils restent, dans tout leur trajet, visibles au travers de la membrane pituitaire, à laquelle ils ne donnent point de filets; ils descendent obliquement en avant, jusque sur la partie postérieure de l’organe, et après s’être divisés en plusieurs filets, ils en percent la gaine pour se distribuer au parenchyme et à la meAnbrate interne. Ces nerfs, au nombre de deux ou trois rameaux distincts, ou d’un seul tronc qui se divise, naissent, comme nous l’avons dit, d’une partie jaunâtre qui forme tache sur le bord interne de la caroncule olfactive, et ils passent par des trous particuliers de la lame cribleuse. Les autres nerfs de l’organe viennent d’une branche du naso-palaiin, qui perce sa gaine, et se répand dans son intérieur avec les vaisseaux. Ces appareils nerveux ont une grandeur relative remarquable, en ce qu'ils surpassent de beaucoup les vaisseaux, d’ailleurs très-abondants.

L’homme parait dépourvu de cet organe, du moins on n’y eu aperçoit qu’un léger vestige. Les cétacés en sont, à ce qu’il parait, entièrement privés; mais il existe dans tous les autres mammifères : il est plus développé dans les herbivores que dans les carnivores,, il est plus parfait dans les rongeurs que dans les ruminants. Dans les singes, il devient si petit, qu’il nous prépare à le voir manquer tout à fait dans l'homme. Dans le cheval, il est très développé ; mais les conduits sténoniens sont bouchés du côté du palais comme ceux de l’homme, et, par conséquent, l’organe de Jacobson ne s’ouvre que dans les narines.

M. Jacobson paraissait disposé à croire que l’humeur sécrétée par cet organe est destinée à humecter, à lubrifier les nasaux dans les animaux qui les ont toujours humides, ou au moins la partie voisine des fosses nasales, dans ceux où les nasaux sont secs h l’intérieur, et à disposer ces parties à l’exercice de quelques fonctions sensitives; mais, lorsque l’on considère que cet organe a son plus grand développement dans les animaux herbivores, qui, au milieu des plantes nombreuses d’un pâturage, ne se méprennent jamais sur celles qui leur sont nuisibles, et n’y touchent point, on est conduit à penser que cet organe pourrait bien servir à ces animaux à distinguer les substances qui sont vénéneuses pour eux (1).]

(i) C’est l’opinion cmise par M. Cuvier dans son rapport fait a V Institut i sur un rnérn. intitulé : Description anatomique d’un organe observé dans les mammifères s

ARTICLE X

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