TABLEAU DU NOMBRE DES VERTÈBRES DANS LES REPTILES
ESPÈCES
VERTÈBRES
VERTÈBRES
VERTÈBRES
VERTÈBRES
VERTÈBRES
TOTAL
du COU.
du dos.
deslombes.
du sacrum.
delaqueue.
Tortue franche
Trionyx du Gange
Ciiélide matainata. ....
Tortue des Indes
Crocodile à deux arêtes. . .
Crocodile du Gan^e,
Caïman à museau de brochet. .
Mollit or de Java. .
Lézard vrrt ocellé
Stellion du Levant
Agame à pierreries
Leiolepis fjultatus
Lyriocépbale
Iguane ardoisé
ARTICLE DEUXIÈ3IE. — DES OS DE L’ÉPINE
ESPÈCES
Marbré de la Guyane Anolis prineipalis Gecko à bandes. - Caméléon d’Égypte Scinque ocellé.
Bipcs lineatus.
Bimane canelé.
Sheltopusiclï. .
Ophisaure ventral Orvet. . . .
Acontias. . . ,
Amphisbène enfumé Typhlops nasutus Ruban. . . .
Boa devin. . .
Erixturc. . .
Pithon améthiste.
Couleuvre à collier.
Serpent à sonnettes.
Trigonocéphale jaui Vipère commune.
Serpent à lunettes.
Pelamysbicolor. . Cécilie
Batraciens anoures Salamandre tcrrestr Mcnopoma.
Amphiuma means.
Axolott
Menobranchus.
Proteus anguinus.
Sirène lacerline. .
VERTÈBRES
du cou.
VERTEBRES
du dos.
7ERTÈBRES
lesïombes.
VERTÈBRES
lu sacrum.
VERTÈBRES
ielaqueue.
TOTAL
Sfi
CG
fi
E. Dans Us poissons.
Les vertèbres des poissons osseux ont des corps tantôt cylindriques, tantôt anguleux, tantôt comprimés, et. dont les proportions de longueur, de largeur et de hauteur varient beaucoup; elles ne s’articulent que par leurs corps seulement. Leur partie annulaire a bien des apophyses qui répondent aux ariiculaircs, mais elles se bornent tout au plus à se toucher ou à empiéter légèrement l’une sur l'autre sans avoir de facettes pour s’articuler entre elles; quelquefois même il y a de ees apophyses à un bout de la vertèbre et pas à l’autre, en sorte qu’elles ne trouveraient pas où s’articuler.
Une vertèbre de poisson est très facile à reconnaître par la configuration du corps, qui présente, comme dans quelques batraciens, en devant et en arrière, des cavités coniques qui, étant réunies avec de semblables enfoncements du corps
de la vertèbre voisine, forment, dans toute la longueur de la colonne vertébrale, des cavités de la forme de deux cônes qui se joindraient par leur base. Ces cavités renferment une substance fibreuse souvent abreuvée d’une humeur muqueuse. C’est sur cette parlie molle qui remplit les doubles cônes inter-vertébraux, que s’exécutent les mouvements de chacune des vertèbres.
Dans le plus grand nombre des poissons, il y a, au milieu de chaque vertèbre, un trou par lequel les deux pointes de cônes voisins communiquent, et tous ensemble forment ainsi une sorte de chapelet; dans plusieurs chondroptérygiens, ces trous s’élargissent et n’étranglent plus la substance molle entre chaque double cône; cette substance prend ainsi, dans tout ou partie de l’épine, l’apparence d’une corde que les corps des vertèbres entourent comme des anneaux. Cela se voit dans une partie de l'épine de l’esturgeon, du polyodon, de la chimère, et dans toute celle de la lamproie,
TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC
où les corps des vertèbres sont réduits à des anneaux d’une pellicule cartilagineuse très mince.
Il faut remarquer aussi que dans ceux des chondroptérygieus où les vertèbres sont le mieux développées, il y a des parties de l’épine où plusieurs vertèbres sont soudées ensemble, ou du moins l’espace où elles devraient être, n’est occupé que par un tube d’une seule pièce, percé de chaque côté de plusieurs trous pour autant de paires de nerfs.
Les poissons n’ont pas de cou ni de vraies vertèbres cervicales, seulement dans quelques-uns, les cyprins et les silures, par exemple, les premières vertèbres ont leurs côtes détournées de l’usage ordinaire. On peut diviser ces vertèbres en deux classes : les caudales, qui ont une partie annulaire et une apophyse épineuse en dessus et en dessous, et les abdominales, qui en ont. en dessus seulement. La partie annulaire de la première vertèbre demeure souvent distincte du corps, les autres s’y soudent de très bonne heure dans les poissons osseux, quoique dans plusieurs eu les prenant jeunes on puisse les détacher, et qu’elles s’y divisent en deux parties comme dans les mammifères : cclasc voitentre autres aisément dans le jeune brochet. Dans les chondroptirygiens , cette partie est faible, peu adhérente, et quelquefois elle parait composée do plusieurs pièces, disposées alternativement., en sorte que les crêtes ou pointes qui représentent les apophyses épineuses sont, distinctes des demi-anneaux latéraux, et semblent intermédiaires entre deux vertèbres : c’est ce que l’on voit dans la raie, dans l 'ange, et surtout dans l 'esturgeon. Les vertèbres abdominales ont ordinairement aux côtés des apophyses transverses auxquelles les côtes sont attachées. Dans quelques poissons, comme les cyprins, les brochets, les elupes, ces apophyses demeurent séparées par des sutures.
A l’arrière de l’abdomen les apophyses transverses des vertèbres des poissons, ou du moins les portions inférieures de ces apophyses divisées s’inclinent vers le bas et une traverse les unit, commençant ainsi la série des anneaux inférieurs de la queue; ce qui n’empêche pas que les premières vertèbres caudales lie conservent encore les portions supérieures de ces apophyses qui portent encore des côtes.
Les apophyses épineuses, tant supérieures qu’inférieures, sont très longues dans les poissons comprimés latéralement, comme les pleitronecles, les chélodons, etc. C’est dans la partie annulaire supérieure qu’est creusé le canal dans lequel passe la moelle épinière palans l’inférieure, à la queue, en est un autre pour les vaisseaux sanguins. Les anneaux inférieurs ont, comtneles supérieurs, des espèces d’apophyses articulaires qui même sont quelquefois grandes et branchues, et forment
ainsi autour du canal destiné aux vaisseaux, une sorte de réseau. On observe surtout cette particularité dans certaines espèces du genre des thons.
Les vertèbres qui approchent du bout de la queue raccourcissent graduellement leurs apophyses, leur canal se rétrécit ou s’obstrue; mais lorsqu’il y a une nageoire caudale, les dernières apophyses épineuses grandissent, s’aplatissent, se soudent ensemble et avec les derniers osselets inter-épineux, et forment ainsi une plaque triangulaire et verticale, au bord postérieur de laquelle s’articulent les rayons de la nageoire : dans les poissons à queue alongéc et pointue, comme l’anguille, cette disposition n’a pas lieu. Il y a des poissons, comme la murène, où quelques-unes des vertèbres abdominales ont une pointe en dessous de leurs corps; mais seulement destinée à des attaches de muscles et sans partie annulaire; dans beaucoup de poissons la vertèbre à laquelle sc termine l’abdomen et où commence la queue, et même celle que la suit, ont de grandes apophyses inférieures, auxquelles vient se joindre un grand os inter-épineux, quelquefois résultant de la coalition de plusieurs, qui descend jusque derrière l’anus.
D’autres fois, ces apophyses transverses sont larges, concaves, et forment une espèce de bassin; c’est ainsi, et non pas par un bassin analogue à celui des mammifères, que se limite en arrière l’abdomen des poissons.
La plupart des poissons ont à leur tronc, dans l’ensemble de leurs nageoires verticales et des os qui les supportent, un appareil qui n’a d’analogue dans aucune vertèbre des autres espèces; à la vérité, on a imaginé qu'il pourrait résulter d’une division verticale de l’apophyse épineuse des autres vertèbres, dont les deux parties montées l’une sur l'autre formeraient, l’une le rayon, l’autre l’os inter-épineux qui le porte, tandis que les deux demi-anneaux restés en place se seraient alougés pour former l’apophyse épineuse qui existe aussi dans les poissons, et qui y est même très souvent, beaucoup plus grande que dans les autres animaux. On n’a pas besoin de dire que cette ascension d’une moitié d'os sur l’autre serait sans exemple dans la nature. Il y a des arguments plus sensibles; jamais le nombre des os en question et de leurs rayons n’est en rapporL avec ceux des vertèbres ; souvent ils sont beaucoup plus nombreux et répartis sans régularité; bien loin que ce soient, deux pièces simples, comme seraient les deux moitiés d’un seul os, le rayon, lors même qu’il serait épineux, se laisse diviser lui-même longitudinalement en deux, et en outre lorsqu’il est mou et branchn son tronc et ses branches se divisent transversalement en une multitude de petites rouelles; enfin l’os qui le supporte et que
ARTICLE DEUXIÈME. — DES OS DE L’ÉPINE
l’on appelle inter-épineux, a lui-même deux pallies; une tête à laquelle le rayon s’articule, et une pointe ordinairement à quatre arcles, qui s enfonce dans les chairs entre les deux longs musc es du dos; c’est à cette pointe que s’attachent es muscles propres qui vont s’insérer au îaj on et qui le meuvent.
Le rayon, soit épineux, soit, mou, s ai ticu c par un gynglyme lâche sur la tête Je 1 os intcr-éptneux : à cet effet, la hase Ju rayon se J, vise en deux petites brai.el.es qui se recourbent pour insérer leurs extrémités dans deux fossettes aux côtés du tubercule qui termine celle tête. Quelquefois la tète est percée d’ui. Irou et fournil ainsi un anneau en dedans duquel les deux branches se réunissent en formant un second anneau, en sorte que la jonction sc fait comme celle de deux chaînons d’une chaîne; c’est ce qui a lieu surtout pour le grand rayon épineux de la dorsale des silures. Le nombre de rayons, soit épineux, soit mous, le nombre, les lormes, les proportions des nageoires qu’ils soutiennent ont été indiqués avec taiiL de soin par les ichthyologistes, qu’il est inutile de nous en occuper ici.
[Une particularité remarquable se trouve dans le létrapture ; 1rs apophyses épineuses sont extrêmement longues et minces, et forment une crête tout-à-fait comparable à celle des vertèbres lombaires des ruminants; et la partie postérieure de cette apophyse est embrassée par les longues apophyses articulaires antérieures; les postérieures n’existent qu’en rudiment. Les vertèbres de la queue présentent les mêmes caractères, en sorte qu’il y a ici une apophyse articulaire inférieure ainsi qu’une supérieure. Vespadon présente quelque chose de semblable, mais ses apophyses épineuses sont plutôt en (orme de lames de sabre, et les apophyses articulaires postérieures sont plus prononcées; d’ailleurs les apophyses transverses de ce dernier poisson sont divisées en antérieures et postérieures par une profonde échancrure.
Les apophyses transverses de quelques espèces du genre gade offrent aussi quelque chose d’insolile : elles sont prolongées, demi-cylindriques; leur face inférieure concave est destinée à loger les appendices de la vessie aérienne.
Les congres et les murènes présentent aussi une apophyse transverse aloiigée, mais elle n est point concave et sa forme est triangulaire; sa base nait de toute la longueur de la vertèbre et elle se termine en pointe.
Parmi les poissonsles plus remarquables sous le rapport de la conformation de leurs vertèbres
aussi bien que de leur tête, nous devons citer les bouches en flûte. Dans les fistulaires, les quatre premières vertèbres présentent une longueur égale à celle des vingt-cinq suivantes, et sont soudées entre elles, par des sutures semblables à celles des os du crâne. Le tout forme un long tubo percé de trous pour le passage des nerfs, et qui porte trois crctes continues, une verticale et deux horizontales; ces crêtes représentent l’apophyse épineuse et les apophyses Iransvorses. Les apophyses transverscs des vertèbres suivante» sont très longues, aplaties à leur extrémité en forme de fer de hache et ne portent point de cote ; elles diminuent progressivement de longueur et de largeur, mais à l’endroit des nageoires verticales, situées comme l’on sait, liés en arrière et vis-à-vis l’une de l’autre, elles s’élargissent de nouveau, et au lieu de s’incliner et de sc rapprocher pour for. mer l’arc inférieur des vertèbres caudales, c’est une production de leur base qui le constitue. Et comme s’il fallait absolument que la partie supérieure des vertèbres caudales des poissons ressemblât à la partie inférieure, les neuf vertèbres qui offrent ainsi une apophyse transverse cl un arc inférieur portent de chaque côté une deuxième apophyse transverse qui naît a la base de 1 apophyse épineuse. Celte apophyse traiisverse supérieure se voit dans les salmones et les dupes , pour toutes ou presque toutes leurs vertèbres dorsales; elle égale même quelquefois les côtes en longueur, comme dans le mègalope.
Dans le cent risque le corps des quatre premières vertèbres est renflé à chacune de ses extrémités; de surte que vue inférieurement, la colonne vertébrale présente des étranglements et des boursouflements successifs. Les apophyses transverses sont très longues et très larges et les apophyses épineuses, excessivement hautes et dirigées en arrière, portent la nageoire dorsale à l’extrémité du corps. Dans ['amphisile, les cinq premières vertèbres externes alongées, présentent également des renflements et des rétrécissements, mais moins prononcés, et les apophyses épineuses sont tellement renversées en arrière, que la nageoire dorsale se trouve portée tout-à-fait sur la queue, qui ellemême est très courLe. C’est d’ailleurs un des poissons qui porte le plus petit nombre de vertèbres, quinze à seize en tout. Les apophyses transverscs semblent manquer ; mais peut-être la cuirasse qui recouvre le corps de ces poissons, et que l’on a prise jusqu’à présent pour un composé d’ccailles, est-elle formée par ces apophyses comme la carapace des tortues l’est par les côtes et les apophyses épineuses des vertèbres.]
TROISIÈME LEÇON'. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC