‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 39 sur 367 · DE LA CAVITÉ DU TRONC · texte numérisé non relu

DE LA CAVITÉ DU TRONC

Dans les pics , le sternum, un peu rétréci en avant, a en arrière quatre grandes échancrures dont les internes sont les plus longues; en avant le bord antérieur de sa crête est assez saillant pour se confondre avec l’épistcrnal, dont la fourche se trouve ainsi dirigée en arrière et. sans pédicule. On a fait grand état d’un disque cartilagineux, demi-circulaire, qui demeure toujours au bord postérieur de ce sternu m en I rc les deux échancrures, et on l’a considéré comme donnant une paire de pièces de plus; mais il n’y a jamais de noyau osseux, et au fond ce n’est que l’analogue des portions cartilagineuses qui se trouvent plus ou moins long-temps dans tous les oiseaux.

Le toucan a la crête avancée du pic, mais sans fourche, en sorte qu’il ne lui parait point d’épisternal; en arrière il a quatre échancrures dont les externes un peu plus longues.

Le couroucou a aussi quatre échancrures, a un sternum très élargi en arrière; son épisternal petit et comprimé se bifurque un peu du côté interne.

Le coucou n’a que deux échancrures, son épisternal a deux pointes, mais l’une derrière l’autre, c’est-à-dire l’une en avant, l’autre en arrière de l’articulation des coracoïdiens. Je trouve dans un coua quatre échancrures et une seule pointe épisternale; il on est de même dans les ‘maUivhas.

L'a»! n’a aussi que deux échancrures médiocres; son épisternal est petit et tronqué.

Le sternum de touraco , remarquablement petit, a quatre cchancrm-es presque égales; un épisternal comprime comme celui des gallinacés, mais sa crête sternale se porte aussi avant que dans Jes autres oiseaux.

Le sternum des perroquets n’a qu’un trou ovale en arrière près de l’angle, qui s’oblitère dans plusieurs avec l’âge; la crête prolonge son bord antérieur, eu dessus, c’est-à-dire vers l’intérieur, et il y est tronqué ; il n’y a poiut d’autre épisternal.

Dans les gallinacés ordinaires, les cinq pièces qui composent originairement le sternum, finissent par y laisser deux échancrures extxêmcment profondes de chaque côté, qui prennent plus des trois quarts de sa surface; l’externe enlre les deux branches delà pièce en fourche; l’interne entre la branche interne de la pièce impaire ou de la quille : celle quille, loin de s’avancer jusque entre les coracoïdiens, n’est indiquée en avant, que par deux arêtes qui se réunissent en crête en se rapprochant vers le tiers antérieur.

Dans les coqs, les fuisans, les paons, les cryptovy.r, les tétras , perdrix, cailles, c’est l’échancrure interne qui se porte le plus avant.

Dans les pintades, les dindons, elles sont a peu près égales.

Dans les hoccos, l’interne avance moins que l’externe, leur crête est moins reculée. Tous ces

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC

oiseaux ont une grande apophyse épisternale, comprimée, mais non fourchue : la branche interne de leur sternum est élargie au bout en fer de hache.

Les mégapodes *, les pigeons, les gangas , ont quatre échancrures dont l’interne est beaucoup moins profonde et moins avancée que l’externe; dans les pigeons elle se réduit quelquefois à un trou. Le mégapode et le pigeon couronné, ont la branche osseuse exlernc extrêmement dilatée en 1er de hache. La crcle de ces trois genres est très saillante; rectiligne en avant, dans le ganga, et courbe concave dans les deux autres genres. L’épisternal des mégapodes est comprimé; celui du ganga et des pigeons a deux pointes l’une devant l’autre; lu postérieure tronquée ou même un peu échancrée. Le genre le plus singulier de cette famille, c’est le tinamou, dont le sternum a deux échancrures qui prennent, les cinq sixièmes de sa longueur et le divisent en trois lanières étroites dont la mitoyenne porte la crête. Celle-ci est assez. saillante, réel digne en avant; le bord antérieur du sternum est échancré, et en dessus de l’échancrure a une apophyse épisternale assez grande, ronde et tronquée.

En combinant ces formes de sternum avec ce que nous dirons au chapitre suivant de celles de la fourchette, on voit comment elles se dégradent parmi les oiseaux terrestres depuis les forts voiliers, soit grands, soit petits, jusqu’à ceux qui ne volent presque point; et nous verrons aussi comment les diverses dispositions sont en accord constant avec la longueur et la force de l’aile.

Les contrastes à cet égard ne sont pas moins remarquables parmi les échassiers et les oiseaux nageurs. Ils sont surtout excessifs dans les premiers : il y en a d’abord dont, l’aile est si petite qu’ils ne peuvent quitter la terre, les autruches, touyous et casoars; leur sternum n’est qu’un large bouclier bombé, sans aucune quille; il commence constamment par deux points d’ossification aux angles laléraux qui s’étendent jusqu’à se toucher, et alors se confondent. Nous verrons que leur fourchette n’est pas moins singulière. Le sternum de l 'autruche est aussi large que long, et chacun de ses angles postérieurs se prolonge en une production étroite et obtuse; celui du casoar delà Nouvelle-Hollande est presque circulaire; celui du casoar commun est arrondi en arrière et deux fois aussi long que large. Cette ossification par deux points, aussi manifeste dans l’autruche, paraît commune à toutes les familles qui vont suivre, aussi bien qu’aux oiseaux de proie.

* D’après mes nouvelles observations, le mégapode, que dans mon règne animal je place parmi les échassiers , doit plutôt être rapproché des gangas ou attagens.

Lessternums d’échassiers les plus vigoureux, les plus opposés aux précédents, sont ceux des grues, hérons et cigognes. Ils sont très grands; leur crête est 1res saillante; leur bord postérieur, entierdans les grues, n’a qu’un feston rentrant dans les hérons, les bihoreaux et les cigognes. Ces derniers, y compris les bec-ouverts, les jabirus, algalas, etc., ont le sternum fort large; il est plus étroit dans les hérons, encore plus dans les grues et surtout dans l'agami; plusieurs espèces de grues ont en outre cela de remarquable, que leur trachée-artère pénètre dans l’épaisseur de la quille et s’y replie diversement selon les espèces, comme nous le dirons plus au long lorsque nous traiterons des organes de la voix. Dans presque tout le grand genre ardca de Linnæus, la fourchette vient articuler sa pointe à celle de la quille du sternum, souvent même elle s’y soude entièrement : c’est ce qu’on voit dans la grue et la demoiselle do Numidie; la grue couronnée, ou oiseau royal, fait exception : sa fourchette reste libre du cillé du sternum.

Les outardes, les pluviers, les vanneaux, les huîtriers, les spatules, les «iis, les courlis, les barges, les maubàches, les sanderlings, les phalaropcs, les tournepterres , les chevaliers , les échasses , les avocettcs , ont quatre échancrures au bord postérieur de leur sternum, l’interne est d’ordinaire plus courte, et quelquefois fort petite; elle disparaît avec l'âge dans les cedicnèmes, et n’existe point dans les bécasses et les combattants. Ces sternums sont de largeur médiocre; mais leurs quilles sont assez saillantes. Leur épisternal n’est qu’une petite lame comprimée.

Dans les foulques, les poules sultanes, les râles, les jacanas, le sternum est fort étroit, et c’est ce qui donne à leur corps cette forme comprimée qui les distingue. Il n’a que deux échancrures, mais fort larges et fort profondes, ce qui se rapporte à leur vol faible.

Les palmipèdes ne différant, pas moins par le vol que les échassiers, semblaient devoir offrir d’aussi grandes différences à leurs sternums; il n’en est pas tout-à-fait ainsi, parce que dans la plupart il a ce caractère général de se porter beaucoup en arrière; non point à cause de leur vol, mais probablement pour protéger leur abdomen pendant leur continuelle uatalion. C’est ainsi qu’il est très long et assez large dans le genre entier des cygnes, des oies et des canards, où il a en arrière deux échancrures souvent fermées et changées ainsi en trous.

Parmi ces espèces du grand genre anas deLinnxus, on doit remarquer le cygne chanteur, qui loge, comme les grues, un repli de sa trachée-artère dans l’épaisseur de la quille de son sternum, mais avec cette différence que la trachée ne passe point, pour entrer dans cette quille ni pour en

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