ARTICLE TROISIÈME. — DE LA CAVITÉ DU TRONC
et ne forment qu’un large bouclier inflexible : celles des poissons y demeurent aussi étrangères, niais par une autre raison 5 c’est qu’elles n’enceignent que la cavité abdominale, et que les organés de la respiration sont placés aux côtés de 1 arrière-bouche.
A. Dans l* homme .
Les côtes sont au nombre de douze de chaque côté, sept dites vraies, et cinq dites fausses. Ce sont des os longs, un peu aplatis, qui sont courbés dans leur longueur, et dont la concavité regarde l’intérieur de la poitrine. L’une de leurs extrémités se termine par deux petites facettes articulaires, séparées entre elles par une ligne saillante. Elle est reçue sur les parties latérales du corps de deux vertèbres. Cette extrémité vertébrale de la cùle se rétrécit ensuite un peu; puis elle présente a sa lace postérieure une nouvelle facette articulaire qui répond à l’apophyse transverse de la vertèbre la plus inférieure des deux, avec lesquelles la côte s’articule. La côte continue de se porter ainsi en arrière dans la même direction : mais bientôt elle présente une espèce de déviation su- Lite pour se porter en devant. Le point où se fait ce changement diffère dans chaque côte. Dans les supérieures il est plus près de la vertèbre, mais inférieurement il en est très éloigne. On nomme ce point, qui donne attache à quelques tendons, 1 angle de la côte. L’extrémité sternale a une petite fossette dans laquelle est reçue la portion cartilagineuse qui l'unit au sternum, et que quelques-uns nomment côte sternale. Il n’y a que sept côtes qui se rendent directement au sternum par leur cartilage.On les a nommées vraies côtes ou sterno-vertébrales. Les cinq autres ont des prolongements cartilagineux, par l’extrémité antérieure desquels elles s’unissent chacune au cartilage de lu côle immédiatement précédente. On les appelle fausses côtes, ou simplement vertébrales.
Les côtes de l’homme sont comme tordues sur leur axe, de sorte que, lorsqu’on les pose sur un plan horizontal, l’une de leurs extrémités est toujours soulevée.
Les côtes n’ont qu’un mouvement borné d’élévaLion et d’abaissement; la première, qui est la plus courte, est aussi la moins mobile. Leurs arliculations sont affermies par un grand nombre de ligaments. Les facettes articulaires de l’extrémité
vertébrale ont des capsules qui les maintiennen sur le corps des vertèbres et sur leurs apophyse: transverses. L’espace compris entre ces deux la celles est aussi maintenu fixe à l’aide de deui ligaments dont l’un se porte à l’apophyse transverse de la vertèbre supérieure, du côté interne et 1 autre à l’apophyse articulaire inférieure d< celte même vertèbre, mais du côté externe. L’ex
Irémilé sternale est aussi entourée d’une petite capsule, qui la joint à son cartilage de prolongement. Il y a en outre, dans chacun des espaces intercostaux, une toile ligamenteuse qui unit le bord inférieur d’une côte avec le bord supérieur de celle qui la suit.
La dernière côte vertébrale a un petit ligament particulier, qui la fixe inférieurement aux apophyses transverses de la première et de la seconde vertèbre lombaire.
B. Dans les mammifères.
Le nombre et la forme des côtes varient aussi beaucoup selon les familles. Dans les quadrumanes, elles sont toujours au nombre de douze à quinze paires. Dans les carnassiers vermiformes, il y en a quelquefois jusqu’à dix-sept, ordinairement très étroites. Elles diffèrent peu en nombre dans les autres familles. Dans les herbivores, elles sont larges et épaisses. Le cheval en a dix-huit, le rhinocéros dix-neuf, et ['éléphant vingt. Celui des animaux qui en a le plus est l'unau , qui en a vingt-trois de chaque côté.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur le nombre de ces os ; on peut le voir sur le tableau que nous avons donné du nombre des vertèbres, puisque celles que l’on nomme dorsales portent toutes des côtes. Très souvent la première et même la seconde côte sont plus larges que les suivantes : l’exemple le plus marqué que l’on puisse en citer sc trouve dans la chrysochlore et les tatous. Le fourmilier à deux doigts a les côtes si larges, qu’elles sont placées les unes au-dessus des autres, comme les tuiles d’un toit. Cette disposition rend solides les parois de la poitrine de cet animal.
[ Les côtes du tamanoir sont très larges aussi, et à partir de la sixième jusqu’à la treizième, elles subissent un rétrécissement vers leur tiers inférieur; les côles sternales sont aussi ossifiées que les côtes vertébrales.
On sait que les côtes des bœufs sont en général aplaties; mais il y a encore entre eux bien des diffél'cnccs. Dans les bullles elles sont plus larges, surtout à leur partie moyenne, que dans les bœufs proprement dits, mais dans le bison et l'aurochs, elles sont étroites et même presque grêles.
Ou trouve, comme le remarque M. Meckel, à la partie moyenne du bord antérieur de la première côte du cochon d’Inde, une pelile épine qui se retrouve, mais d’une manière moins prononcée, sur celles de quelques autres mammifères adultes; ainsi dans les chevaux, les rhinocéros, les tapirs, etc.,il y a une proéminence qui sert à l’attache du scalène.
La convexité des côles est variable dans les différentes familles. La première côte de l’homme
TROISIEME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC
est plus convexe que les suivantes; aussi la cavité de sa poitrine est, proportion gardée, la plus vaste. Les singes offrent encore la même structure, mais à un moindre degré; dans la plupart des autres mammifères, il n’en est pas ainsi. Ce sont les premières côtes qui ont le moins de convexité, et dans quelques-uns, les pachydermes et les ruminants, la première et la seconde sont presque droites; il en résulte alors que la cavité de la poitrine a la forme d’un cône alongé et comprimé latéralement vers son sommet. Dans les cétacés elles reprennent une grande courbure.
Souvent les côtes sont marquées de diverses aspérités, qui sont des empreintes de muscles; c’est ainsi que dans un squelette d’éléphant adulte, on peut suivre de l’œil les attaches du grand oblique et du grand dentelé. Nous pensons même qu’en général le squelette bien étudié sous ce rapport rendrait pour ainsi dire inutile la dissection des muscles; on les retrouverait tous par l’inspection des os. ]