‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 44 sur 367 · ARTICLE TROISIÈME. — DE LA CAVITÉ DD TRONC · texte numérisé non relu

ARTICLE TROISIÈME. — DE LA CAVITÉ DD TRONC

leurs côtes ne va au sternum, elles sont toutes simplement vertébrales.

bue disposition remarquable est celle des viarl/rês! des anolis et des caméléons, où après cinq à six côtes qui vont au sternum, toutes les autres s unissent en dessous par leurs filets cartilagineux, de manière à cercler entièrement l’abdomen.

Une autre plus remarquable encore est celle que nous présentent, les dragons : leurs cinq ou six premières fausses côtes, prolongées en ligne droite, sont deux à trois lois plus longues que les vraies côtes et soutiennent une membrane qui forme un parachute, au moyen duquel l’animal saute de branche en branche. Un genre de vipères, les -«ja, aies côtes antérieures plus lar«-es et plus longues que les autres; elles ont la faculté de se redresser et de se porter en avant.

^Les grenouilles et autres batraciens sans queue n ont de cote d’aucune sorte, quoique plusieurs aient un sternum très prononcé.

Au contraire, les salamandres et autres batraciens à queue, ont des côtes, mais courtes, et n’enceignant pas à beaucoup près le tronc. Elles s’attachent aux apophyses transverses des vertèbres par deux petits tubercules. Les salamandres, les tritons, le ménobranchus et le ménopoma, en ont à toutes leurs vertèbres (l’atlas excepté) jusqu’audelà du bassin, qui lui-même est suspendu à l’une <Ies dernières paires qui est la plus forte de toutes. On en compte ainsi 17, 18 ou 19 paires. Les protees, les amphiuma et les sirènes n’en ont pas tant. J’en trouve 8 dans les sirènes, C ou 7 dans les autres.

Les tortues, que nous avons à'dessein réservées pour la fin de cet article, ont leur carapace, c’està-dire leur bouclier supérieur, formée par les dilatations de huit côtes ou bandes osseuses, qui se joignent par des sutures dentées les unes avec les autres, et avec les plaques vertébrales qui forment entre elles une série longitudinale dont nous avons déjà parlé. Inférieurement, il naît de chaque côte un pédicule qui est sa tête et qui va s’articuler à la jonction de deux vertèbres. Il y a en outre une première paire, laquelle n’a que ce pé- ‘ icule et tient d’une part à la jonction de la dernicre vertèbre cervicale avec la première dorsale, de l’autre s'appuie en dessous contre la côte de la deuxième paire ou de la première dilatée; la huitième paire dilatée donne attache ou même articulation à la tête des os des iles, qui de plus s articule, par son bord interne, avec les apophyses transverses de deux ou de trois vertèbres sacrées, ou si l’on veut, avec de petites côtes qui tiennent à ces vertèbres. Le contour de la carapace est formé par des pièces osseuses engrenées ensemble au nombre de onze de chaque côté, ce qui, avec les deux extrêmes de la série longitudinale, forme un total de vingt-quatre.

Dans les tortues terrestres, les émides, les chélides adultes, les côtes s’engrènent avec les pièces latérales, sans laisser de vide; mais dans le très jeune âge, le bout externe de la côte est rétréci, et il y a entre elles des intervalles remplis seulement de cartilage. Dans les tortues de mer, ces vides ne se remplissent jamais entièrement. Dans les trionyx, les onze pièces latérales sont toutes reportées dans la moitié postérieure du bord île la carapace, et ne répondent qu’aux quatre dernières paires des côtes.

On a considéré ces pièces comme analogues aux portions sternales des côtes : il faut avouer au moins qu’elles ne leur répondent pas pour le nombre, et que, dans les trionyx surtout, elles ne leur correspondent point pour la position. C’est à la troisième ou à la quatrième que commence leur engrenage avec les deux pièces moyennes du sternum; il finit à la huitième : mais dans les tortues de mer celte union n’a pas lieu.

E. Dans les poissons.

Les poissons n’ont pas de poitrine proprement dite; toute la cavité du tronc est occupéechez eux par les viscères de l’abdomen. Cette cavité varie beaucoup en figure et en étendue; elle est comprimée par les côtés, aplatie horizontalement, ou à peu près arrondie. Son étendue fait une partie plus ou moins considérable de la longueur du corps, selon les espèces. En général, les poissons de T ordre des abdominaux ont cette cavité plus longue, mais cette îèglo n est pas du tout constante. La cavité est bornée en arrière par l’apophyse inférieure de la première vertèbre caudale, qui a souvent un volume très considérable, et presque toujours une forme particulière. Ainsi, dans les pleuronecles, elle est grosse, arrondie en avant, et se termine en lias par une forte épine, etc.

La cavité abdominale est enfermée latéralement par les côtes, lorsqu’elles existent. Les raies, les squales, les syngnathes, les lélrodons, les diodons, les cycloptères , les baudroies , les fstulaires, etc., n’en ont pas. l'esturgeon, le batiste, Vanguille, 1 ’«ranoscope, les pleuronecles, l' anarchique, les zées, n’en ont que de fort courtes. Les trigles , la Ioncuire, les colles, ont leurs côtes à peu près horizontales; elles embrassent presque toute la hauteur de leur cavité dans les perches, les carpes, les brochets, les chôtodous, etc. Enfin, elles s’unissent à des pièces que l’on peut considérer comme un sternum dans le zens v orner, les harengs ou dupées, le salmone rhomboïde, etc. L'hippocampe ou petit cheval marin, a des espèces de fausses côtes produites par les tubercules osseux de sa peau, qui entourent son corps commodes ceintures.

Le nombre des côtes et leur grosseur varient aussi beaucoup. Les silures, les Carpes, les chéto-

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES LU TRONC

dons, les ont plus grosses à proportion. Dans le genre des harenys, au contraire, elles sont fines comme les cheveux. Beaucoup de poissons les ont fourchues; d’autres les ont doubles, c’est-à-dire que deux côtes partent de la même vertèbre de chaque côté.

ARTICLE IV

DES MUSCLES QUI MEUVENT LES DIVERSES PARTIES DU TRONC , ET DE CEUX QUI MEUVENT I.A TETE SUR LE TRONC.

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