‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 46 sur 367 · C. Dans les oiseaux · texte numérisé non relu

C. Dans les oiseaux

La partie dorsale de l’épine des oiseaux étant peumobile, scs muscles sont peu développés; ceux delà queue sont aussi de peu d’étendue; mais

ceux du cou prennent une complication proportionnée au nombre età la variété des mouvements que cette partie de l’épine doit exécuter.

Il faut se souvenir que le cou des oiseaux est, par les disoositions de ses articulations et de ses ligaments, ployé comme un S, la partie inférieure concave en arrière et la supérieure concave en avant : de sorte que le même muscle qui, par ses languettes supérieures, redresse la partie qui porte la tête, courbe la partie voisine du thorax, et réciproquement. Ce n’est que par l’action combinée des différentes languettes des muscles antagonistes qu’il peut se rapprocher de la ligne droite, ou se ployer encore davantage et tout-àfait en Z.

Malgré la multiplicité et la délicatesse de leurs languettes cervicales, et le petit nombre des dorsales et des costales, les muscles de l’épine des oiseaux ne laissent pas que d’admettre une comparaison assez sensible avec une partie de ceux des quadrupèdes.

Tout contre les os se trouve, dans la région dorsale, un véritable multifidus spinœ, et dans la région cervicale de chaque côté, une suite d’/nfer- Iransversaires qui se portent directement d’un de ces bourrelets qui remplacent les apophyses transverses au bourrelet suivant; leur nombre égale celui des intervalles de vertèbres ; ils se laissent souvent diviser en trois ou quatre ventres plus ou moins parallèles entre eux.

Le long antérieur du cou naît dans l’intérieur delà poitrine, de ces crêtes verticales qu’y portent les corps des vertèbres; il monte tout le long du devant du cou, continuant d’attacher inférieuremenlses fibres à toutes les vertèbres du cou, dont souvent les inférieures lui présentent aussi des crêtes, donnant obliquement à chacune d’elles une languette tendineuse montante; ces langueLtes s’insèrent au tubercule inférieur de l’apophyse transverse et à l’os styloïdé qui la termine quand il y en a. Ce muscle se réunit surla ligne moyenne à celui du côté opposé, en formant le canal dans lequel passe l’artère vertébrale.

On comprend que les deux longs du cou portent le cou en avant et redressent à cet effet sa partie inférieure, et que les iutcr-lransvcrsaires le courbent sur le côté.

Dans la région dorsale, il y a un sacro-lombaire, mais qui n’insère ses languettes montantes qu’à deux ou trois côtes, n’allant pas jusqu’à la première; plusintéricuremcnt, un long dorsal qui insère aussi les siennes à quelques côtes, et va, lui, jusqu’à la première; plus en dedans encore, un grand transversaire qui, venant d’aussi loin en arrière que le long dorsal et le sacro-lombaire, s’étend sur presque toute la hauteur du cou; mais sa partie cervicale est divisée en faisceaux de languettes fines, distribuées de sorte qu’à chaque

ARTICLE QUATRIÈME. — MUSCLES QUI MEUVENT LE TRONC, ETC

tubercule des apophyses articulaires inférieures s insèrent des languettes qui ont pris leur ori- RÎne au moins de deux, souvent de trois, des apophyses articulaires supérieures des verlebres placées au dessous; d’où il résulte aussi que chaque vertèbre donne rattache inférieure à deux ou trois de ces languettes qui vont s’insérer plus haut à des vertèbres différentes.

Lorsque tous ces petits rubans musculaires sont disséqués et écartés, ils présentent un lacis très singulier.

Un long muscle, composé de même d’une multitude de rubans, naît par des languettes tendineuses sur les apophyses épineuses des quatre ou cinq premières vertèbres du dos et des deux ou trois dernières du cou; il monte tout le long de a nuque, en dedans de celui que nous venons de regarder comme composant le grand transversaire, et donne des languettes d’insertion à un certain nombre de vertèbres de la partie du cou quiest concave en arrière. Ces languettes se fixent aux mêmes points que celles du grand transversaire, c’est-à-dire aux apophyses arliculaires inferieures des vertèbres. Son avant-dernière languette passant sur plusieurs vertèbres, sans s’y insérer, monte jusqu’à celle où recommence 1 inflexion du cou en avant; sa dernière, qui est très longue et tendineuse dans son milieu, et forme ainsi un muscle digastrique, va s’insérer à 1 occiput et représente à quelques égards le digastrique de la tête. Quant au reste du muscle, on doit remarquer que par ses tendons d’origine il a de l’analogie avec l 'épineux du dos ou avec le splénius; par scs languettes d’insertion, il en aurait davantage avec le splénius du cou, mais le splénius est tou jours plus en dehors que le grand transversaire et le complexus, cl le muscle dont il s’agit est plus en dedans : on pourrait l’appeler demi-épineux du cou, puisqu’il n’a que ses tendons inférieurs attachés aux apophyses épineuses : mais on en donnerait une idée fausse, car sa direction du dedans au dehors en montant est l’inverse de celle du demi-épineux des mammifères; pour ne rien préjuger je l’appelle le long postérieur du cou. Plus en dedans encore, il y a de nouveau une succession de languettes, disposées par faisceaux comme celles du grand transversaire, c’est-à-dire que deux ou trois, partant de deux ou trois vertèbres inférieures, mais de leurs apophyses épineuses ou des tubercules qui en tiennent lieu, se réunissent pour s insérer à une verlèbre supérieure, et ainsi de £l|ite. Leur insertion se lait aux mêmes points que les languettes du muscle précédent, c’est-àdire aux apophyses arliculaires inférieures. L’avant-dernière languette de ce dernier, est accompagnée, surtout au point où elle s’insère, de quatle’ cinq °u davantage de celles dont nous par-

lons maintenant; j’appellerai ces faisceaux les accessoires du long postérieur du cou. Cet appareil musculaire a pour ohjctde tirer les vertèbres vers l’arrière; ainsi son action redresse la partie supérieure du cou , qui se courbe naturellement en avant; mais elle courbe davantage la partie moyenne qui se fléchit en arrière. On ne peut donc considérer ni les faisceaux inferieurs du grand transversaire, ni les languettes inférieures du long postérieur du cou, comme étant absolument des extenseurs du cou ; c’est pourquoi j’ai préféré le nom de long postérieur du cou à celui de long extenseur, que quelques auteurs donnent à ce grand et. principal muscle de la nuque.

Ces muscles antérieurs, latéraux et postérieurs du cou se retrouvent dans tous les oiseaux, mais avec des variétés qui dépendent de la longueur de ce cou, et du nombre et des proportions des vertèbres qui le composent dans chaque espèce. Ainsi, dans l’autruche, qui a dix-huit vertèbres cervicales, le long postérieur du cou nait par quatre languettes tendineuses sur les apophyses épineuses des deux dernières vertèbres dorsales et des deux dernières cervicales; ces languettes donnent autant de faisceaux charnus aux quatre vertèbres inférieures du cou, et se subdivisent ensuite de manière à lournir dix longs rubans terminés par autant de filets Lendineux qui s'insèrent aux apophyses articulaires inférieures des dix vertèbres supérieures; le dernier qui est le digastrique va à 1 occiput. Avant son insertion, chacun de ces filets reçoit des rubans charnus venant des apophyses épineuses de quelques-unes des vertèbres intérieures à cette où il s’iusère et tout le long de la partie du cou inférieure à la dixième verlèbre; le grand transversaire a pour chaque apophyse articulaire inférieure deux languetLes, une venue de la vertèbre immédiatement au-dessous, etl’autre de la suivante; les inler-transversaires et le long antérieur du cou y sont comme d’ordinaire.

Dans le casoar, le long postérieur du cou est plus simple : né d’une grande partie du dos il donne des languettes charnues à toutes les vertèbres jusqu’à la sixième; sa dixième languette va s’insérer à l’axis par un long tendon qui reçoit des faisceaux accessoires des cinq ou six vertèbres suivantes; la onzième est le d igastrique. Les faisceaux du grand transversaire sont peu divisés.

C’est là le type le plus commun, sauf les nombres de languettes, ,1e le retrouve dans le nandou ou autruche d’Amérique, dans l 'outarde, qui ont chacune dix languettes au long postérieur, sans compter le digastrique; dans l 'aigle, la buse, le perroquet, la corneille, où je n’en trouve que six ou sept. Les faisceaux accessoires varient aussi pour le nombre des rubans propres à chacun; mais cela est de peu d’importance.

Dans le héron et peut-être dans tout le grand

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC

genre ardea, il y a quelque chose d’un peu différent : les vertèbres cervicales y sont au nombre de seize; le long postérieur du cou , né sur les apophyses épineuses de la seizième cervicale et de la première dorsale, donne des languettes charnues aux apophyses articulaires desvertèbres depuis la quinzième en moulant jusqu'à la neuvième, auxquelles se joignent des languettes accessoires au nombre de deux ou trois pour chaque apophyse; puis il se prolonge jusque sur une demipoulie que lui offre la base postérieure de la cinquième vertèbre, celle qui commence la flexion du cou en avant, et se change là en un long cordon tendineux qui va se fixer à la deuxième vertèbre; il reçoit en chemin des languettes des septième, huitième et neuvième vertèbres; le digastrique de la tête y manque entièrement.

Le long antérieur du cou a aussi dans ces oiseaux cela de particulier, qu'oulrescs tendons obliques qui se détachent pour 1rs apophyses récurrentes de chaque vertèbre, il en a qui, naissant dès le bas, se prolongent sous toute la longueur du cou. Tous ces longs et grêles cordons, soit musculaires, soit charnus, soûl assujettis contre les os, d’abord par une toile aponévrolique et charnue qui les enveloppe tous, et qui est une continuation du trapèze, ensuite par des gaines celluleuses propres à chacun, enfin, dans certaines espèces, par des brides ligamenteuses analogues à celles où passent les tendons de nos fléchisseurs et de nos extenseurs des doigls. Le héron , par exemple, a une telle bride à l’arrière de sa septième vertèbre cervicale.

La queue des oiseaux a des muscles courts, mais très marqués et très faciles à disséquer : les uns sont destinés à la relever ou à l’abaisser; d’autres la portent sur les côtés. [Nous décrirons ces muscles d’après un oiseau de proie, Vépervier, parce que, chez les oiseaux de haut vol, ils soutplus complets que pariout ailleurs.

Ceux qui relèvent la queue sont :

1° Les inter- épineux (sacro-coccygicns); ils tiennent à la partie postérieure et supérieure de l’os des iles et au sacrum, et se portent aux apophyses épineuses des six premières vertèbres caudales. Lorsque l’un d’eux agit séparément il doit porter la queue de côté : il parait que ce muscle est confondu dans certaines espèces avec le suivant.

2° Les sacro -coccygiens ( sacro- sus -cambial ) viennent du même point de l’os des îles et de la base des apophyses épineuses des cinq premières caudales, et s’insèrent par des languettes tendineuses à la base des capsules des pennes moyennes.

Ceux qui sont destinés à l’abaissement sont :

5° Les sacro-coccygiens inférieurs ou abaisseurs de la queue. Ils sont placés daus l’intérieur du bassin, et viennent de l’échancrure postérieure de l’os des iles et des apophyses transverses des

premières caudales ; ils s’insèrent par des languettes tendineuses aux apophyses épineuses des dernières vertèbres et surtout à la losange saillante de la dernière et à la base des capsules des pennes moyennes.

4° Les ilco-coccygiens viennent du bord postérieur îles iléons et des ischions et se portent aux apophyses épineuses des vertèbres caudales; lorsque l’un des deux agit seul il porte la queue sur lecôté.

5° Les pubo-coccygiens s’étendent du bord postérieur des pubis à la capsule de la penne externe. Tout en abaissant la queue ils doivent contribuer à son épanouissement.

0° Les ischio-coccygiens viennent du bord postérieur des os ischions et se portent au tubercule inférieur de la dernière caudale.

Les muscles qui portent la queue sur les côtés sont :

7° Les intor-transcersiens, qui naissent des apophyses transverses des cinq premières vertèbres et se terminent par des languettes tendineuses à la capsule de la penne externe; lorsqu’un de ces muscles agit seul, il porte la queue de eôié, et lorsqu’ils agissent ensemble ils épanouissent la queue eu écartant les pennes et lui font faire ce mouvement que l’on appelle la roue dans les paons, les dindons et les faisans.

8° Les fémoro-caudiens ou cruro-coccygiens viennent des fémurs, sur lesquels ils s’attachent postérieurement vers leur tiers supérieur, et ils vont s’insérer à côié du tubercule inférieur de la dernière caudale. C’est à ce muscle que l’on doit attribuer cet abaissement forcé de la queue lorsque l’oiseau court.

Outre ces huit paires de muscles, on en trouve une petite qui s’attache à l’angle postérieur de l’iléon et de l’ischion et qui se porte, en embrassant les quatre dernières paires comme dans une ceinture, à la pointe du pubis. 11 est probablement destiné à faire écarter ces pointes dans le moment du passage de l’œuf; au reste, il est si faible qu’il doit avoir peu d’action.

Voilà les muscles de la queue de l’épervier : le bassin des oiseaux offrant de nombreuses variétés, pour la longueur plus ou moius grande des ischions et des pubis et pour leur écartement, les fonctions que nous avons attribuées aux muscles qui abaissent la queue ou la portent sur les côtés, peuvent être remplies par d’autres; c’est ainsi que le pubo-coccygion , au lieu d’être un abaisseur de la queue comme ici, est quelquelois celui qui écarte les pennes. ]

D. Dans les reptiles.

Les muscles diffèrent autant dans les reptiles que l’épine elle-même. On conçoit aisément qu’ils ne pouvaient être les mêmes dans les tortues, les

ARTICLE QUATRIÈME. — MUSCLES QUI MEUVENT LE TRONC , ETC

serpents et les grenouilles, et néanmoins ils conservent dans les plus éloignés quelques traces d’analogie.

Hans les tortues, le cou est composé de vertèbres longues et très mobiles, faisant une courbe concave en dessus, par la disposition des verièbres dont les postérieures descendent verticalement, tandis que les antérieures se portent horizontalement en avant, et le dos n’est qu’un grand bouclier immobile formé de la soudure des côtes entre elles et avec les parties annulaires des vertèbres. Il ne peut donc y avoir de muscles pour le dos; ceux du cou sont au contraire lort distincts; mais l’attache qu’ils sont obligés de prendre en dessous du dos et des côtes, au lien de celles qu’ils ont ordinairement en dessus, les rend assez difficiles à rapporter à ceux des autres animaux, et toutefois on parvient encore à établir divers rapports entre eux et ceux des oiseaux. Ainsi, il y a dans la partie horizontale, contre les os, des inler-transoersaires, comme dans les oiseaux, divises en deux ordres de faisceaux, les dorsaux (plus droits), les ventraux (plus obliques) Ml y a de plus, dans cet le même partie horizontale, le grand transversaire composé, comme dans les oiseaux, pour chaque vertèbre, dedeux languettes insérées à l’apophyse transverse, et venant des apophyses transverses de deux vertèbres situées plus en arrière. Le long antérieur ou inférieur du cou part de la première vertèbre dorsale, suit toute la face ventrale des vertèbres dans sa courbure en recevant des fibres et leur donnant des tendons à toutes.

Un autre muscle fort semblable pour la distribution au long postérieur du cou des oiseaux, mais un peu différent pour l’insertion, nait de la carapace, en avant de la dernière verièbre du cou, et donne des faisceaux charnus à quatre ou cinq des vertèbres qui précèdent celle-là, mois il les insère aux crêtes qui tiennent lieu d’apophyses épineuses; aussi n’a-t-il point d’accessoire comme dans les oiseaux. Ce qui lui donne cependant un dernier trait de ressemblance, c’est que son dernier et très long faisceau va aussi à la tête, où il s’insère à la face supérieure du crâne par dessus le

splénius; cependant il n’est pas digastrique comme

celui des oiseaux La tortue a aussi un petit complexus qui ne vient que des apophyses transverses de deux ou trois verièbres antérieures et va à la tète en dehors du splénius et du faisceau dont nous venons de parler. Ce splénius qu’elle a de plus que les oiseaux, vient, dans les tortues de

Ce sont les transversaires obliques et les inter-transversaires de Bojanus.

AT. Bojanus nomme le grand muscle, épineux du sa languette à la tête , splénius de la tète.

Ces deux muscles sont le retrahens capitis et colli de Bojanus.

terre et d’eau douce, des crêtes dorsales des quatrième, cinquième et sixième vertèbres en dedans du long postérieur du cou, et se porte à la tête, où il couvre, en se divisant en deux, la face supérieure de l’occiput (c’est le digastrique de la nuque de Bojanus). Dans la tortue de mer, ses divisions sont beaucoup plus séparées; l’interne ne vient que des premières vertèbres, l’externe vient de dessous le bord anterieur de la carapace; elle donne un faisceau à l’allas, c’est le splénius du cou.

Jusque-là et même pour les petits muscles de la tète, les analogies sontassez satisfaisantes; mais il ne pouvait pas en êire de même pour les longs muscles venant de la partie dorsale ou lombaire de l’épine ; aussi ceux qui les remplacent sont-ils dans une position toute contraire. Le principal est, dans les tortues de terre et d’eau douce, une lame mince al tachée, en dedans delà carapace, aux côtes des cinquième et sixième verièbres dorsales, et se portant, avec son semblable, obliquement en avant et dans l’intervalle des deux poumons, sur les côtés de la partie antérieure ou horizontale du cou, où il s’insère par des languettes aux apophyses transverses des troisième, quatrième et cinquième vertèbres cervicales; il se termine par une dernière et longue languette qui s’insère en dessous de la tète au basilaire; il lire le cou et la tête en arrière et. de côté. Un peu plus eu avant et sous l’articulation de la quatrième et de la cinquième vertèbre dorsale, s’attache un muscle semblable, que Ion pourrait meme regarder comme partie du précédent et qui va s’insérer au côté de la sixième vertèbre cervicale; il tire puissamment le cou et la tête en arrière

A mon avis, le premier de ces deux muscles répond aux fondions du sacro-lombaire et du transversaire grêle, et le second à celles du long dorsal , mais avec les nombreuses différences que réclamait la disposition si différente du squelette. Bans la tortue de mer, ils sont réduits tous les deux à une seule languette allant de la troisième dorsale an basilaire et faisant fonction du long droit antérieur de la tète.

II y en a un troisième plus singulier encore, qui se glisse le long de l'épine, recevant des fibres de toutes les vertèbres, et traverse les intervalles que les têtes des côtes laissent entre elles et la carapace, et se termine en avant à la face antérieure de la huitième vertèbre cervicale, qu’il porte en avant, etavec ellela partie postérieure etverticale du cou ****. Sa position rappelle un peu l'épineux

**** C’est celui-là que M. Bojanus appelle le long du dos ; jeue sais pourquoi M. Meokel , cherchant toujours à me critiquer , prétend que je ne l’ai point connu; il est bien indiqué au lias de la page 79. Mais lui-même a tort de prétendre que c’est un muscle du dos, puisque , de son aveu , il ne meut que le cou.

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC

du dos; mais son insertion est très différente. Une expansion charnue à fibres transverses attachées de part et d’autre aux côtés des vertèbres, enveloppe tout le côté et la partie inférieure du cou, y compris la trachée et l'oesophage, se continuant en avant avec le mylo-hyoïdicn, et se rejoignant en arrière aux bords intérieurs du plastron. C’est un pcaucier semblable à celui qui enveloppe le cou des oiseaux.

Dans les autres reptiles, les muscles de l’épine sont placés comme à l’ordinaire en dessus du dos; mais les trois principaux diffèrent par le plus ou moins de distinction de leurs faisceaux et de leurs filets tendineux, selon le plus ou moins de mobilité de l’épine à laquelle ils s'attachent. A mesure que l’épine devient plus fixe, ils se rapprochent de ceux des poissons; et au lieu de languettes montant ou descendant, ils tendent à se composer de couches transversales séparées par des lames tendineuses; ce rapprochement avec les poissons est déjà très sensible dans lecrocodi'/e.

Son sacro-lombaire naît par un tendon étroit à la partie antérieure de l’os des fies; il devient très large et assez épais sur les côtes, et s’y partage en tranches transverses comme le grand muscle latéral des poissons ; les tranches séparées par autant de lames tendineuses, dont chacune s’insère à la côte correspondante, et les fibres charnues allant d’une côte à l’autre. Il continue sur le cou derrière le tracliélo-omoïdien jusqu’à ces longues côtes cervicales qui tiennent à l’axis et à l’atlas; dans tout son trajet cervical il cache tin gros muscle, aussi divisé en tranches, qui commence à la base de la première côte pectorale, est couché sur les apophyses transverses et les petites côtes cervicales, et se termine au côLé de l'atlas. Je ne puis y voir qu’un énorme développement des inter-transversaires cervicaux, à moins que l’on ne veuille y voir plutôt l’aualoguc du transversaire grêle ou cervical descendant. Un peu en dedans et eu partie au-dessus du précédent, mais toujours en dehors du long dorsal, est un muscle qui vient de l'apophyse transverse tic la deuxième ou delà troisième côte thoracique, marche le long des vertèbres cervicales entre leurs apophyses transverses et les articulaires, s’y unit par des fibres et s’y termine par un tendon qui va à l’angle externe de la crête occipitale (à l’apophyse masloïde) en dehors de celui du grand complexus; par son insertion il répondrait au petit complexus, mais par sa position il répondrait plutôt au transversaire grêle.

Le long dorsal marche comme à l’ordinaire audessus du sacro-lombaire : il prend naissance sur les deux apophyses transverses du sacrum ; il est dans le dos beaucoup plus étroit que le sacro-lombaire, mais est de même divise en tranches ; ses intersections tendineuses sont convexes en arrière. Il sc continue sur le cou entre le précédent et le

complexus, donnant des fibres aux apophyses articulaires des vertèbres et allant jusqu’au côté de l’axis sans que l’on y puisse distinguer un grand transversaire.

L’épineux du dos règne entre le long dorsal et les apophyses épineuses des vertèbres du dos; en arrière il se continue sur la queue comme nous l’allons voir; eu avant il se continue sur le cou jusque vers son milieu, en dehors du complexus et en dedans du long dorsal, avec lequel il se confond plus en avant; scs fibres charnues et tendineuses forment un tissu très entremêlé; les tendons de sa face supérieure s’insèrent en marchant obliquement en avant à toutes les vertèbres des lombe3 et du dos.

Le complexus, ou du moins le seul muscle qui me paraisse y pouvoir répondre, nait des côtés des apophyses épineuses de deux des vertèbres du cou, l’atlas excepté, marche en dedans de la portion cervicale de l’épineux, et s’insère par un fort tendon au côté de la face supérieure de l’occiput, sous l’apophyse mastoïde.

Sur toute la nuque règne un long et fort muscle qui naît en partie sur l’épineux du dos, en partie sur les apophyses épineuses des premières vertèbres dorsales, et sc termine à l’occiput par un tendon large sous le milieu de sa crête. 11 a aussi des intersections tendineuses : c’est le seul analogue de splénius qui existe ici.

L’énorme queue du crocodile a trois paires de muscles, dont deux en suivent toute la longueur et sont divisées en tranches, comme celles du dos, par des lames aponévroliques; celle du dessus remplit et au-delà la concavité formée par les apophyses épineuses et les transverses ; celle du dessous, la concavité semblable entre les transverses et les os en V. La première est dans la partie plus voisine des apophyses épineuses une continuation manifeste de l’épineux du dos. Sa partie plus extérieure, qui ne peut toutefois sur la queue se séparer de l’autre, prend naissance par une prolongation poinlue qui s’avance entre l’épineux et le long du dos jusques au-dessus de la troisième ou de la quatrième côte. Ses lames aponévroliques forment des angles diriges en avant et des ares dont la concavité est dirigée en arrière. Ce muscle répond aux inter-épineux et au sacro-coccygien supérieur des quadrupèdes.

La seconde paire a une première attache par un fort, tendon au bord supérieur postérieur de l’os des îles, à sa jonction avec l’apophyse Irausverse de la première vertèbre sacrée, une seconde inférieure à l’os pubis près de sa symphyse avec son semblable. 11 se continue, de plus, en avant par une lame charnue qui lui est intimement unie jusque sous les côtes abdominales, aux parties antérieures desquelles il s’attache par autant de faisceaux charnus, dont les plus extérieurs vont aux côtes les

ARTICLE QUATRIÈME. — MUSCLES

plus antérieures. Ses lames aponévrotiques forment des angles très aigus dirigés en arrière, et des arcs dont la convexité est en avant. Ce muscle répond a Vischio-coccygîen des quadrupèdes, mais est beaucoup plus compliqué.

La troisième paire n’a point d’analogue dans les mammifères, mais elle se retrouve dans plusieurs sauriens, et nous l’avons déjà vue dans les oiseaux quoiqu’aulrement constituée* : c’est un fômoropéronéo-coccygien; il est épais, conique, enveloppé dans une cavité de l’ischio-coceygien sur plus du tiers de la longueur de la queue et s’y insère aux côtés des os en V, le dernier dans cette partie ne s’insérant en dessous qu’à leurs extrémités. Mais ce que cette troisième paire a de plus singulier, c’est son origine par un tendon court et fort, mais qm a de profondes racines rlans son intérieur, au petit trochanter en avant du petit muscle analogue au carié du fémur, et de ce tendon même part une corde tendineuse, forte, qui descend parallèlement au fémur, se termine par une dilatation sur l’articulation du fémur avec le péroné, y donne attache au gastro-cnémien, et fournit un tendon au soléaire.

Par ces connexions extraordinaires, il s’établit un rapport entre les mouvements de la queue et ceux des trois parties de l’extrémité postérieure, sans doute utile dans la natalion.

[Outre ces trois grands muscles de l’épine, on trouve un üchio-coccytjien supérieur ou transversal, qui naît de l’ischion et se porte presque à ta ligne moyenne inférieure du corps de la première et de la seconde vertèbre caudale, embrassant comme par une ceinture le fémoro-coceygien.

Dans les autres sauriens, les muscles de l’épine du dos offrent peu de différence; ils sont seulement plus ou moins distincts, selon le plus ou moins de mobilité de celle épine; mais ceux de la queue nous offrent quelque chose de particulier dans le caméléon. Ici le fèinoro-coccygien est moins prolongé sur la queue, et ne donne point d’atlaclie au péroné. Les deux porlions de Vischio-coccygien sont séparées, et forment deux muscles : un supérieur qui peut cire considéré comme un sacrococcygien inférieur, qui est ici latéral et. portant la queue sur le côté; un inférieur qui est le véritable ischio-coccygien, mais qui abaisse la queue, et qui ne s’étend que jusque sur les sept ou huit premières caudales. Ce muscle est remplacé par un autre qui naît de scs dernières fibres, et de deux ou trois faisceaux quisc détachent plus antérieurement du sacro-coccygien latéral, ainsi que de toute la partie inférieure de son aponévrose, et va se fixer pairies tendons longs à la ligne moyenne ou aux apophyses épineuses inférieures de toutes les autres

Meckel la suppose analogue aupyriforme, mais le pyiiforme sa du sacrum un grand trochanter.

Page 1