‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 48 sur 367 · II. Muscles de la tête · texte numérisé non relu

II. Muscles de la tête

A. Dans V homme.

Les muscles qui meuvent la tête de l’homme, en agissant immédiatement sur elle, viennent, les uns des vertèbres, les autres de l’épaule; quelques-uns peuvent remuer aussi la tête en agissant sur Je larynx ou sur l’os hyoïde, qui eux-mêmes tiennent à la tête ou au moins à la mâchoire par d’autres muscles; mais nous ne traiterons point ici de ces muscles d’une action médiaLe, dont nous renvoyons l’histoire aux articles des deux organes auxquels ils s’attachent particulièrement. C’est aussi à l’histoire des muscles de l’épaule que nous renvoyons ceux qui, venant de celle partie et se rendant à la tête, le trapèze et le s terno- mastoïdien, sont aussi bien des muscles de l’une que de l’autre.

Il ne s’agira donc ici que de compléter l’histoire des muscles de l’épine, en décrivant les muscles qui parlent des diverses vertèbres pour se rendre à la tête.

Les plus profonds viennent de l’atlas, les intermédiaires de l’axis, les plus voisins de la surface des autres vertèbres cervicales.

Ceux qui viennent de l’atlas sont :

1 ° Le petit droit postérieur ( atloïdo-oecipiticn ), qui de l’apophyse épineuse de la première verlèbre se termine au milieu du bord postérieur du trou occipital. Il meut la tête sur l’allas et porte 1 occiput directement en arrière.

Le petit droit anterieur ( trachélo-sous-occipi- Jmn), qui s’attache à la portion antérieure de l’alas s 'nsere à l’apophyse basilaire. 11 produit le mouvement contraire du précédent et ramène la face en devant et en bas.

5° Le petit droit latéral (alloïdo-mastoïdien), dont l'attache la plus fixe est sur l’apophyse transverse de l’atlas, et l’insertion à la base interne de l’apophyse iriasloide du même côté. Il fléchit un peu la tête de célé en la portant vers l’épaule.

4° Le petit oblique, ou oblique supérieur (alloïdoposl-musloïdien ) , qui va de la même apophyse, en monlant en dedans, vers le bord postérieur du grand trou, du côté de l’apophyse nmstoide. Ce muscle produit une petite rotaliou de la télé sur l’atlas, en même temps qu’il la fléchit en arrière.

Deux muscles seulement viennent de la seconde verlèbre :

L’un, appelé le grand droit postérieur (axoïdooecipitien), s’attache à l’apophyse épineuse de l’axis, et s’insère à l’occipital en recouvrant le petit droit postérieur, aux lisages duquel il participe, opérant cependant un mouvement en arrière beaucoup plus marqué.

L’autre a été nommé le grand oblique ou oblique inférieur ( axoïde-al Ion lien ). Il va de la même apophyse épineuse, en se portant en dehors vers l’apophyse trausverse de l’allas, où il s’insère, de sorte que c’est plutôt un muscle de l’épine que de la tête. 11 fait tourner l’atlas sur l’axis, ce qui produit le mouvement latéral de la première vertèbre que suit la tête.

Il y a cinq muscles de la tête qui viennent des aulres vertèbres cervicales :

1° Le grand complexité ( trachélo -occipitien ) tient par des digitations aux apophyses transverses des quatre dernières vertèbres cervicales et des trois premières dorsales. 11 se porte sur 1e derrière du cou, et va s’insérer à l’occiput au-dessus de tous les précédents. Ce muscle est manifestement un extenseur ou fléchisseur puissant de la tète en arrière ; il est intimement uni par sou bord postérieur avec un aulre appelé le digastrique.

2° Le digastrique du cou (dorso-occipilien), qui vient également, par des digitations des apophyses transverses des cinq vertèbres du dos, depuis la deuxième jusqu’à la sixième, et de l’apophyse épineuse de la première, s’jlisèrc à l’occiput sur le précédent : il a le même usage. Sou milieu est étroit et tendineux, ce qui lui a lait donner le nom de digastrique.

5° Le petit complexité ( trachélo -mastoïdien ) , placé en dehors du grand complexus, vient par des digitations des apophyses transverses des six dernières cervicales et des trois premières dorsales, et se porte, en montant le loug du cou, à l’apophyse mastoïde. 11 reçoit près de son insertion une longue digitation du muscle appelé le long dorsal. 11 fléchit la tête en arrière en la faisant tourner un peu sur son axe, lorsqu’il agit sans celui du côté opposé; lorsqu’ils se contractent ensemble, ils maintiennent la tête droite : leur action est opposée à celle du stcrno-masloïdisn.

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC

Ces trois muscles sont recouverts par :

4° Le splènius de la fêle (cervico-mastoïdien), qui vient des apophyses épineuses des deux premières vertèbres dorsales et des cinq dernières cervicales, et s’insère à l'arcade occipitale près de l’apophyse masloïde : son usage diffère peu de celui du petit complexes. Il a une portion externe qui vient de la troisième et de la quatrième vertèbre dorsale et qui se porte aux apophyses transversesdes deux premières cervicales; son emploi est réservé au cou : on l’a appelée splènius du cou (dorso-lrachélien).

5° Enfin, 1 egrand droit anterieur (trachélo-sousoceipitien), qui est étendu sur toute la longueur des vertèbres cervicales en devant, depuis la sixième jusqu'à la deuxième, et s’insère' au basilaire. C’est un fléchisseur de la tète en avant.

B. Dans les mammifères.

Les petits muscles de la tête existent dans les mammifères comme dans l'homme, cl y ont les mêmes attaches; seulement ils sont d’autant plus grands que les deux premières vertèbres le sont elles-mêmes. Ainsi, excepté dans les singes et les célacéSj le grand oblique et le grand droit postérieur sont généralement fort considérables.

En général, le digastrique du cou n’est point divisé en deux ventres par un tendon intermédiaire. Dans les carnivores , il a des inscriptions tendineuses, transversales, et il est couché sur le grand complexes, dont il est fort distinct, en sorte que ces animaux semblent avoir trois complcxus, d’autant plus que les vrais complexus offrent souvent aussi des inscriptions tendineuses; mais dans le cheval et dans quelques ruminants, le digastrique est entièrement uni au grand complexus par le haut.

Le splènius s’attache au ligament cprvical dans tous les animaux qui ont ce ligament très élevé au-dessus des vertèbres. Il y est toujours plus considérable que dans l’homme. Ce muscle n’a point de portion qui s’attache aux apophyses transverses cervicales dans les carnivores; celles de ses libres qui vont à l’apophyse mastoïde s’y insèrent par un tendon grêle qui leur est commun avec le petit complexus, lequel ne reçoit de languettes que de la troisième vertèbre cervicale et des deux premières dorsales. Quant an splènius, il fournit communément trois languettes aux apophyses transverses des trois verlcbros cervicales qui suivent l’atlas; quelquefois même, celte portion se sépare et forme un splènius du cou. Le tendon de la première languette lui est commun avec celui du grand transversaire du cou. Si le splénius existe dans le chameau, il est si faible qu’il échappe souvent à la dissection.

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