‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 49 sur 367 · C. Dans les oiseaux · texte numérisé non relu

C. Dans les oiseaux

Les oiseaux n’ont point de splènius *.

Le seul de leurs muscles que l’on pourrait appeler le digastrique du cou est, comme nous l’avons vu, la languette supérieure de celui que nous avons nommé long postérieur du cou; elle est, en effet, tendineuse dans son milieu, et s’insère à l’arcade occipitale. Elle parait manquer dans certains oiseaux à très long cou, comme le héron.

Le grand complexus ne lient qu’aux apophyses articulaires et aux faces latérales de quelques vertèbres cervicales, comme à la troisième ou à la quatrième, ou bien à la seconde et à la troisième.

Le petit complexus vient des crêles antérieures des trois vertèbres qui suivent la seconde, ou bien de la seconde, de la troisième et de la quatrième. Il s’attache à l’occipital en dehors du précédent. Ces trois paires démuselés en occupent toute l’arcade.

[Le grand droit postérieur s’étend de l’apophyse épineuse de l'axis, et quelquefois même de la troisième et de la quatrième vertèbre, à l’arcade occipitale.

L’arc de l’atlas des oiseaux étant très petit, le petit droit postérieur est réduit à nu faisceau très faible, qui peut quelquefois à peine se distinguer du muscle précédent.

Le droit antérieur vient des apophyses épineuses inférieures des quatre premières vertèbres ; il s’attache par des libres tendineuses à la partie latérale de l’apophyse basilaire.

Le grand droit latéral est un muscle fort qui vient des apophyses articulaires de l’axis et des deux vertèbres suivantes, et qui se porte à l’apopliyse basilaire sous le précédent.

Le petit droit latéral 7 à demi caché sous le précédent, et descendant par son bord antérieur une vertèbre plus bas, se rend à l’anneau inférieur de l’atlas; il n’agit ainsi qu’indireclement sur la tète. Le petit complexus et les droits latéraux sont des rotateurs de la tète.]

D. Dans les reptiles.

Les muscles de la tête des tortues ne peuvent recevoir les mêmes dénominations que ceux des mammifères et des oiseaux , parce que le test donne attache au plus grand nombre. Nous nous contenterons donc de les indiquer par leurs attaches.

Ainsi, le cou étant vu par derrière, on remarque : 1° au bord antérieur de la carapace, vers

* On ne conçoit pas comment Tiedemann a pu prétendre que le muscle que je nomme dans les oiseaux grand complexus, est leur splènius; cela est tout à faitincompatible avec ses attaches.

ARTICLE QUATRIÈME. — MUSCLES QUI MEUVENT LE TRONC, ETC

1 angle de la lunule, un muscle large qui se porte ■aux parties latérales et postérieures de la tête, où s insère* il porte la tête en arrière.

Au-cIessjOus et du milieu de la lunule antctérieure de la carapace, prend naissance un aulre ^«scle mince, arrondi, qui en s’éloignant de celui de l’autre côté, décrit une figure de Y et va s insérer au côlé externe du précédent. Il a le meme usage.

°° L’analogue du splénius delà tête provient des apophyses épineuses des troisième, quatrième et cinquième vertèbres du cou, par des languettes distinctes, et s’insère sur l’arcade occipitale. C’est le releveur de la tête.

4° L’analogue du grand droit antirieur s’attache aux tubercules inférieurs des quatre vertèbres cervicales qui suivent la première, et s’insère par «ne portion toute charnue et plus grosse dans la iosse basilaire au-dessous du condyle.

■J" Le trachêlo-mastoïdien vient des tubercules inférieurs de la seconde et de la troisième vertèbre cervicale, par deux tendons minces et aponévroliques. Il s’insère par une portion plus épaisse et toute charnue à l’éminence qui correspond à

dehUêhT maSl0Ule‘ C’est un fléchisseur latéral

6“ Enfin, à la partie supérieure de l’épine cervicale est un muscle court, qui, du bord inférieur du trou que forment les fosses temporales, va suiles apophyses épineuses des première, seconde, et troisième vertèbres cervicales.

Le cou vu en devant, 011 remarque :

L’analogue du sterno -mastoïdien qui s’attache sur les fortes fponévroses qui recouvrent l’os du bras, ver-, son articulation avec l’omoplate. Son tiers inférieur seul est visible lorsqu’on a enlevé la peau, les deux autres étant recouverts par un muscle à fibres transverses, qui tient lieu du mylohyoïdien et du peaucier. 11 s’insère sous l’apophyse qui correspond à la mastoule. Il doit tirer la tête en dedans, et relever un peu l’épaule.

Le long antérieur de la tête s’attache à l’épine inférieure de la troisième vertèbre du dos, et. s’insère, par un tendon grêle, à l’apophyse basilaire de l’occipital.

Nous avons déjà vu plus haut que dans les crocodiles on trouve un muscle que l’on peut consiclércr comme le contplexus .

Entre les deux eomplexus est une paire de muscles, longs, comprimés, minces, venant de la crête de toutes les apophyses épineuses, et s’insérant à a flfïne moyenne de l’occiput ; c’est un long droit postérieur de ta tête; sa dernière languette, qui vient de l’allas, représente si l’on veut le petit droit postérieur. A ses côtés est un grand droit postérieur venant de l’axis ; plus latéralement, il y jeUn '^d-ique supérieur, qui est fort grand, et vient esculés des deux premières vertèbres cervicales,

et monte pour s’insérer du côté de l’occiput en dehors du eomplexus.

Sur toute la nuque règne un long et fort muscle, qui naît en partie sur l’épineux du dos, en partie sur les apophyses épineuses des premières vertèbres dorsales, et sc termine à l’occiput par un tendon large sous le milieu de sa crête. Il y a aussi des intersections tendineuses - c’est le seul analogue du splénius qui existe ici. '

[Dans les serpents, on ne trouve qu’un muscle propre à la tête. L’épineux du dos et le long dorsal se continuent jusqu’à la crête occipitale; le sacro-lombaire va se fixer au basilaire, à côté du long du cou. Comme il quitte, à cet effet, le bord inférieur du long dorsal , il reste à cet endroit, entre ces deux muscles, un espace triangulaire qui est occupé par le muscle dont nous parlons qui se rend des apophyses articulaires des cinq ou six premières vertèbres à l’apophyse masloïdc, et qui 11e peut être considéré que comme un eomplexus. L’épineux transversaire se continue jusqu’à l’occipital, et remplace les muscles droits.]

Les grenouilles ont très peu de muscles de la tête, le plus grand nombre de ceux qui s’y attachent étant des moteursde l’extrémité antérieure, ou des muscles propres à la colonne vertébrale.

L’analogue de l’ oblique supérieur vient de la première apophyse transverse de l’épine, et s’insère à la partie supérieure de l’occiput. Sa direction est oblique de dehors en dedans.

L’analogue du petit droit antérieur est attaché sur l’apophyse transverse de la première vertèbre, et s’insère à la base du crâne, au-dessous du grand trou occipital.

Voilà les deux seuls muscles propres à la tête. Ils sont les mêmes dans la salamandre terrestre.

E. Dans les poissons.

Les poissons osseux n’ont point de muscles particuliers pour mouvoirleur tête. Les muscles latéraux du corps qui s’y insèrent lui impriment des mouvements peu sensibles; mais les raies ont trois muscles propres destinés à cet usage, que nous croyons devoir faire connaîtrcici : l’un sert à mouvoir la tête sur le tronc, et les autres à relever et à abaisser l’extrémité du museau. Le premier vient de la lace inférieure de l’apophyse transversc de la grande vertèbre cervicale, et. s’insère à l’os basilaire; c’est un droit inférieur de la tâte.

Des deux muscles du museau, le supérieur vient de la portion antérieure de la ceinture, qui soutient les ailes ou nageoires par une portion charnue courte, dont le tendon grêle eteylindrique est reçu dans une gaine muqueuse qui se glisse audessus des branchies, et se porlc à la base du museau, où il s’insère et qu’il relève.

L’inférieur est situé au-dessous du corps et dans

la cavité tics branchies, où il s’attache sur les premiers cartilages de la colonne vertébrale. Il se porte obliquement en dehors et puis en dedans, de manière à décrire une courbe dont la convexité est extérieure. Il s’insère presque tout charnu à la base du bec, qu’il fléchit ou courbe du côté du ventre.

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