‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 60 sur 367 · ARTICLE TROISIÈME. — DES MUSCLES DE L’EPAULE · texte numérisé non relu

ARTICLE TROISIÈME. — DES MUSCLES DE L’EPAULE

il abaisse mi peu l’os hyoïde et doit servir à scs mouvements plus qu’à ceux de l’omoplate.

7° Le sous-clavier (eosto-clavien) est situe sous la clavicule, et n’a d’étendue que l’intervalle com pris entre cet os et la première côte, espace dans lequel il est. situé obliquement. Il c'‘" ICU'C

sur la poitrine dans les mouvements violents de l’épaule.

8» Le sterno-cléido-mastoïdien, dont nous aurions pu parler en traitant des mouvements de la tête, car il afîit sur elle dans l’homme plus que sur l’épaule, descend de l’apophyse masloïde en dehors des autres muscles du cou, obliquement vers l’extrémité claviculaire et le haut du sternum; toute sa moitié intérieure est sensiblement divisée en deux rubans, un pour chaque os, mais ceux-ci se confondent dans le haut; il incline la tête d’un côté, et la fait tourner du côlé opposé : la tête étant ferme, il soulève un peu la clavicule.

On trouve chez ces animaux les mêmes muscles que dans l’homme, mais avec des variations dans les proportions et même dans les attaches, déterminées par les proportions et les formes du squelette, ainsi que par la nature des mouvements propres à chaque espèce ; l’on y trouve en outre un muscle qui leur est propre.

Le grand dentelé est plus étendu dans les mammifères que dans l’homme; car, \'orang-outa7ig excepté, il s'y attache par des digitations nonseulement aux côlcs, mais encore aux apophyses transverses des vertèbres du cou. Cela était nécessaire aux animaux qui marchent sur les quatre pieds, pour empêcher plus efficacement l’omoplate d’être repoussée vers l’épine : en effet, ce muscle forme, avec son correspondant, une espèce de sangle qui soutient le thorax. Comme il a la même étendue dans les singes, c’est une des preuves que ces animaux sont destinés à marcher à quatre pieds; leur grand dentelé dorme même des digitations à toutes les vertèbres cervicales, tandis que dans plusieurs autres mammifères il n’en donne qu’à une partie. Dans le dauphin, qui ne marche point, le grand dentelé ne se fixe point aux vertèbres du cou, et dans le kanguroo, dont le membre antérieur est très faible, il ne va que jusqu’à la septième côte et à la troisième cervicale; tandis que généralement il s’étend comme dans 1 homme jusqu’à la neuvième côte.

Ee petit pectoral manque dans les carnivores, dans quelques rongeurs et dans les édentés. Le cheval et le cochon ont un muscle qui le remplace :

Eretld naissance sur les côtes par des digita- 10"s’ dans l 'éléphant il existe aussi sur la pre- . ,,e co*e, puis g va se rei|dre au bord antérieur de 1 omoplaic ; mais il s’unit en passant aux fibres

du grand pectoral pour s’attacher en partie à l’humérus. Dans le dauphin il est remplacé par un muscle qui n’a qu’une digitation insérée sur le sternum vers l'extrémité antérieure : elle se fixe au-dessus de la cavité humérale de l’omoplate. Ce muscle, dans les autres mammifères, ne va que jusqu’à l’humérus et se confond avec le grand pectoral , dont il ne fait plus qu’une division. Dans quelques rongeurs, le lapin, le rat-taupe, V agouti, ou trouve un muscle mince, naissant sur l’aponévrose du sus-épineux, et s’insérant à l’os claviculaire, qu’on pourrait regarder comme l’analogue du petit pectoral.

Le releveur de l’omoplate est rarement distinct du grand dentelé, dont il n’est à proprement parler que le faisceau antérieur. II se trouve dans les sarigues, les kangurooS, V ornilhorinqne , les cochons. Quelquefois son insertion passe au bord supérieur externe de l’omoplate; alors il pourrait être regardé comme un rhomboïde du cou : c’est ce qu’on voit dans le phalanger, dans la marmotte et dans l'éléphant.

[ Le muscle propre aux mammifères peut s’appeler acromio - trachélien (acromio- basilaire de Vicq-d’Azyr). Il avait été confondu, dans la première édition de cet ouvrage, avec le précédent; mais comme ils existent conjointement dans quelques espèces, dans les cochons par exemple, oïl doit le regarder comme un muscle distinct ; son action n’est d’ailleurs pas la même que celle du précédent. Comme il se porte de l’acromion à l’apophyse transverse de l’allas et quelquefois des deux vertèbres suivantes, il esL horizontal et doit porter l’omoplate directement en avant. On le trouve dans tous les mammifères, l’homme excepté, ce qui semblerait prouver qu’il est une des conditions de la station quadrupède.] Dans les carnivores, les rongeurs et quelques ruminants, le trapèze étant partagé, il passe entre ses deux portions. Dans le chat, il a deux attaches supérieures : l’une à l’apophyse transverse de l’axis, et l’autre à l’apophyse basilaire de l’occipilal.

Dans le chien et dans l'ours, il ne s'attache qu’à la première vertèbre du cou. Dans le lapin, il n’a d’attache qu’à l’apophyse basilaire seulement. Dans le cheval il en a aux cinq premières vertèbres.

[ Dans les chameaux, sans doute à cause de la courbure du cou, il s’insère tout près de l’omoplate, à la cinquième ou sixième cervicale. ]

Dans ic dauphin, il s’attache à f’apophyse transverse de la première vertèbre, mais son tendon s’épanouit sur toute la face externe de l’omoplate.

[ Rien ne prouve mieux que ce muscle, combien il est difficile de créer une bonne nomenclature en anatomie comparée; nous venons de voir qu'ii se fixe quelquefois à la lête, et d’autres fois aux dernières cervicales; son insertion au membre varie

QUATRIÈME LEÇON. — DU MEMBRE PECTORAL

également. Dans le tapir elle se fait sur l’aponévrose du deltoïde, dans le cheval elle a lieu à la parlie moyenne de l’Iiumérus par deux tendons aponévroliqucs qui laissent passer enlre eux le brachial interne.]

Le trapèze , qui est à peu près dans les singes comme dans l'homme, prend une nouvelle forme dans les mammifères sans clavicules, ou dans ceux qui n’en ont que d’imparfaites. Sa portion claviculaire se joint par un rapbé à la même portion du deltoïde qu’elle rencont re; il en est de même du cléido- mastoïdien (qui est fort distinct du sternomastoidien). Il résulte de cet ensemble un seul muscle, qui agit immédiatement sur l’humérus. On pourrait l’appeler maslo-humérien. C’est celui que les hippolomisl.es appellent muscle commun de la tète, de l’encolure et du bras. Cette portion claviculaire du trapèze est très distincte de la portion scapulaire : elle en est même séparée dans plusieurs animaux par Vacromio -trachèlien, qui passe enlre clics ; elle est plus ou moins étendue, selon les espèces.

Ainsi, dans le chien et dans le chat, scs fibres viennent en partie du ligament cervical. Dans le lapin, il n'en vient que de l’occiput. Dans Vours, celte portion antérieure du trapèze se divise encore en deux muscles. Les fibres qui viennent de l’occipital forment un tendon qui va s’attacher au sternum, au même point que le sterno-mastoïdien.

Dans le mouton , il ne liait de l’apophyse masloïde qu’un tendon qui se partage bientôt eu deux faisceaux musculaires, dont l’un va au sternum, et l’autre, qui est l’analogue du cléido-mastoïdien , va se confondre dans la portion du trapèze correspondant à la claviculaire, à peu près vis-à-vis le milieu de la longueur du cou, et forme avec elle et avec la portion claviculaire du deltoïde un seul muscle qui va jusqu’à l’humérus, comme dans les espèces précédentes.

Dans le cheval, il n’y a que cette portion du trapèze, que l’on nomme ascendante dans l’homme, cl qui s’insère à la partie postérieure de l'épine de l’omoplate. Il y a aussi un sterno-mastoïdien; mais au lieu du releveur, du cléido-mastoïdien et des portions claviculaires du trapèze et du deltoïde, on ne trouve qu’un seul muscle attaché à l’apophyse mastoïdeet aux apophyses transverscs de quelques vertèbres cervicales supérieures, qui passe au-devant de la tète de l’humérus : ce muscle descend le long de la face interne du bras pour s’y insérer inférieurement.

Le dauphin n’a point de portion claviculaire du muscle Irapèze. Ce muscle est lui-même très-mince, couvre toute l’omoplate et s’insère vers son cou. Le sterno-mastoïdien est très épais, très ventru, et il y a à sou côté externe un muscle à peu près pareil qui va de l’apophyse mastoide s’insérer sous la tête de l’humérus.

[ Dans les marsupiaux, les rongeurs à clavicule complète, les monotrèmes, on retrouve à peu près la même disposition que dans l’homme et dans les singes; c’est-à-dire que le trapèze et le cléidomastoïdien s’arrêtent à la clavicule.

Les libres musculaires de la portion descendante ou dorsale du trapèze de l’homme se séparent dans les mammifères et forment presque un second muscle, plus ou moins étendu. Très faible chez les ruminants, elle est beaucoup plus forte dans les pachydermes et les onguiculés; c’est dans Vornithorinque qu’elle est le plus développée. Dans les chauves-souris, la portion postérieure existe seule.

Le cléido-mastoïdien, confondu, comme nous venons de le dire, avec le trapèze et le deltoïde dans tous les mammifères non-claviculés, fait toujours un muscle à part dans tous ceux qui portent une clavicule pai faite; il ne s unit point, comme dans l’homme, avec le sterno-masloïdien. ]

Le rhomboïde s’étend, dans les singes, jusqu’à l’occiput. Ses libres occipitales, qui y sont quelquefois séparées des autres, Je sont toujours dans les carnivores, et elles y forment un muscle particulier que l’on a appelé occipilo-scapulaire ou grand releveur de l’omoplate, et que je nomme simplement rhomboïde de la tête.

[ Dans quelques rougeurs, le surmulot, l'écureuil, le paca, celle portion cervicale du rhomboïde se transforme eu portion traebélienne, puisqu'elle s’attache à l’apophyse transverse de l’axis. On pourrait la prendre pour le releveur de l’omoplate, si dans le caslor elle n’était intimement unie avec le rhomboïde.

Dans \' éléphant, le bord supérieur de l’oraoplale étant très oblique, le rhomboïde est petit, faible; il ne s’étend pas plus loin que l’angle antérieur de l’omoplate.

Dans les marsupiaux et dans Vornithorinque, le rhomboïde va jusqu’à la lète, mais la portion occipitale n’est point séparée de la cervicale.]

Dans le cheval, celte portion antérieure du rhomboïde ne s’attache qu’au ligament cervical. C’est le releveur propre de l’omoplate des hippotomistes.

[ Dans les ruminants, ce muscle ne va non plus qu’au ligament cervical; il ne va même plus au cou dans le chameau, où il est encore plus faible que dans l’éléphant.]

Le rhomboïde du dauphin a l’étendue du bord supérieur de l’omoplate, et comme ce bord est très long il s’ensuit que le muscle a une largeur assez considérable.

Le coraco-liyoïdien ne présente aucune particularité dans le singe. 11 n’existe pas dans les animaux qui n’out pas de clavicule, ni d’apophyse coracoïde, pas même dans le chien.

Le sous-clavier n’a rien de remarquable dans

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