‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 64 sur 367 · DE L’OS DU BRAS · texte numérisé non relu

DE L’OS DU BRAS

que l’homme. Sa partie supérieure y est en prisme triangulaire, tant ses crêtes sont aiguës. La grande tubérosité s’y élève davantage au-dessus de la tête.

Le pongo et les autres orangs l’ont comme l’homme, seulement un peu plus court ou plus long.

[Dans les chauves-souris , l’humérus est à peu près aussi long que le tronc : sa face antérieure devient externe, sa tubérosité interne, antérieure. La crête delloïdienne forte, a un peu plus du cinquième de la longueur de l’os; la tubérosité interne est plus saillante que l’externe; les condylcs sont peu prononcés. Mais ce qu’il y a de remarquable, c’est que l’articulation supérieure comme l’inférieure sont calculées de manière à ne produire qu’un seul mouvement, celui de ginglyme. La tète inférieure a une poulie entière au milieu, et deux demi-poulies sur les côtés. La tête supérieure présente une poulie en demi-cercle, et la cavité glénoide de l’omoplate est étroite et longue.

I. es carnassiers ont l’humérus arqué : sa tête sort beaucoup de l’axe et son diamètre antéro-postérieur est plus grand que l’autre. La grandetubérosité est fort large, aplatie et élevée au-dessus de la tête; à la partie antérieure et supérieure existe une crête élevée pour l’insertion du muscle deltoïde.

L’arliculation inférieure ressemble encore par sa poulie à celle de l’homme, mais elle se lait remarquer par la hauteur et la saillie de la crête du eondyle externe dans les ours, les blaireaux, les maries, les mangoustes, les chuts, et par un grand trou percé de part eu part au-dessus de la poulie articulaire, dans leschions et les hyènes ; au-dessus du eondyle interne, la ligue âpre est aussi percée d’un trou pour le passade clc l’artère cubitale : ce trou sc remarque déjà dans les sapajous, mais il manque dans les ours , les chions et les hyènes ; et il existe dans les blaireaux, les coatis , les ratons , les putois, les maries , les loutres, les mangoustes , les civettes et les chats.

Les phoques ont l’humérus très court, mais les crêtes en sont très saillantes.

[ Les rongeurs à clavicules ont un humérus assez semblable à celui des carnassiers par leur articulation; mais ceux qui n’ont point de clavicules ressemblent davantage sous ce rapport aux herbivores, dont l’articulation est en ginglyme serré. L’humérus du castor est très élargi à son extrémité cubitale; sa crête delloïdienne lorme vers le bas une pointe saillante, quisc trouve également dans les rats , les rats dfeau, l 'ondatra, les rats-taupes, et dans plusieurs autres genres. ]

L’humérus de certains rongeurs, les lièvres , les porcs-épics , le cabiai , le paca , Yagouti , est aussi perce de part eu part au-dessus de sa poulie.

[Dans les paresseux l’humérus offre uncarac-

QUATRIÈME LEÇON. — DU MEMBRE PECTORAL

1ère particulier; il est (rès alongé; sa tête supérieure se distingue à peine du corps de l’os, ses tubérosités sont peu saillantes, mais sa partie inférieure est élargie.

Dans les fourmiliers, la largeur de l’extrémité inférieure de l’humérus produite par la saillie du condyle interne est remarquablement grande. Ce condyle est, comme dans plusieurs carnassiers, percé pour le passage des vaisseaux. L’os est d’ailleurs court; la crètedeltoïdiennc est très saillante, et occupe près de moitié de la longueur.

Dans les monolrèmes , dont les uns sont destinés à nager, les autres à fouir, on trouve un humérus qui rappelle un peu celui de la taupe. La crête deltoïdienne, extrêmement élevée, est très longue et se continue avec le condyle interne. A la partie postérieure de l’os se trouve également une crête presque aussi haute que la crête deltoïdienne, de sorte que l’os paraît être aplati latéralement : le condyle externe est également très saillant, et la poulie articulaire, qui est ici tout à (ait globuleuse, se trouve loin d’être placée au milieu de l’os; elle estau tiers externe. L’apophyse interne est percée pour le passage des vaisseaux, et son développement est si grand, que la largeur entière de l’os d’une apophyse It l’autre, égale les deux tiers de sa longueur.

L’humérus de \' éléphant est facile h reconnaître parla longueur de sa crête condyloïdienne externe, qui remonte à plus du tiers de sa hauteur, en se terminant subitement; et par celle plus grande encore de la crêlc deltoïdienne, qui descend plus bas que le milieu de l’os. La tubérosité externe est aussi épaisse que la tête de l’os.

L 'hippopotame a cette grande tubérosité très saillante en avant, très élevée et se divisant eu deux lobes inégaux : la fosse pour l'olécrane est très profonde. ]

La grande tubérosité du cochon, celles du tapir et du rhinocéros se partagent en deux. La ligne âpre de ce dernier se termine en bas par une tubérosité très saillante.

On la retrouve, quoique moindre, dans le choral, dontla petite tubérosité est aussi creusée en canal.

Les ruminants , en général, ont la grande tubérosité très élevée, et la ligne âpre saillante. Dans le chameau, la petite tubérosité est plus élevée que l’autre, et creusée en canal. A la tête inférieure, on remarque trois saillies qui répondent à autant de cavités du radius. Les condyles sont saillants en arrière, et la tosse olécranienne très profonde.

Dans les coincés, 1 os du bras est extrêmement court, arrondi vert le haut, avec une légère tubérosité extérieurement.

Le plus singulier de tous les humérus des mammifères est celui de la taupe. Il ne s’articule pas seulement avec l’omoplate par une petite tête, mais

encore avec une facette de la clavicule, par une autre que l’on peut regarder comme appartenant à la grande tubérosité. Entre celle-ci et la tête de l’os est une fosse profonde. La crête de la petite tubérosité est si large, qoe cette partie de l'humérus représente un carré placé verlicalement, de manière que la ligne âpre est supérieure. Le reste du corps de l’os qui est très court se courbe vers le haut, de façon que la partie qui s’articule avec l’avant-bras regarde le ciel. Il résulte de cette disposition, que le coude est en l’air, au-dessus de l’épaule, et que la paume de la main regarde en dehors, ce qui était nécessaire pour le genre de vie de cet animal.

[L’humérus de la chrysochlore du Cap n’est guère moins remarquable; il est un peu plus long que celu. de la taupe; son articulation radiale est tout à fait en demi-sphère, et son condyle interne est tellement prolongé et incliné en bas, que l’humérus entier est en arc dont la convexité est tournée en dehors. Ce condyle s’articule en outre avec un os du carpe, le pisiforme, qui est aussi long que le radius, de sorte que l’avant-bras est ici composé de trois os. C’est le premier exemple que nous ayons de l’humérus articulé avec les os du carpe sans intermédiaire; nous verrons plus tard que dans les poissons c’est la règle générale. ]

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