‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 67 sur 367 · DES MUSCLES DU BRAS · texte numérisé non relu

DES MUSCLES DU BRAS

A. Dans l’homme.

L’humérus de l’homme est mis en mouvement par des muscles qui s’attachent au tronc, et par d’autres qui sont fixés à l’épaule.

Les premiers sont :

Le grand pectoral ( sterno-humérien ); il s’attache au sternum, à la portion sternale de la clavicule et aux sept premières côtes. Il couvre le devant delà poitrine, et s’insère à celte portion de la ligne âpre de l’humérus qui fait le rebord extérieur de la gouttière bicipitale. Il porte l’os du bras en avant et en dedans, dans quelque position qu’il soit ; il le fait aussi tourner un peu sur son axe.

Le grand dorsal (lombo-humérien) s’étend depuis l’os sacrum, la crête de l’os des iles, les épines des vertèbres lombaires, les sept dernières du dos, et enfin les quatre dernières côtes vertébrales, jusqu’à la partie postérieure cl inférieure de la grosse tubérosité de l’humérus, où il insère son tendon grêle et large. Ce muscle enveloppe le tronc par derrière ; il porte l’humérus en arrière et un peu en bas.

Les seconds sont :

1° Ceux qui s’attachent aux faces de l’omoplate.

Le sur épineux ( sus-scapulo-lrochilérien ); il est situé dans la fosse sus-épineuse. Son tendon passe au-dessus de l’articulation, et se fixe à la grosse tubérosité de l’os du bras, qu’il relève.

Le sous-épineux (sous-scapulo-trochitérien), qui occupe la losse sous-épineuse : son tendon s’insère à la face antérieure de la tète de l’humérus, qu’il tourne en dehors sur son axe.

Le sous-scapulaire ( scapulo-trochinien ), qui est attaché sur toute la face costale de l’omoplate, cl qui insère son tendon sur la petite tubérosité de l’os du bras, qu’il fait tourner eu dedans sur son axe, cl qu’il rapproche contre le corps.

2» Ceux qui s’attachent aux éminences de l’omoplate.

Le deltoïde (sous-acromio-htmtérien)\ ce muscle est fixé à tout le bord inférieur de la clavicule, vers sa moitié scapulaire, à l’acromion et à une portion de l’épine de l’omoplate. Il est composé de plusieurs portions ventrues penniformes et radiées, qui se réunissent en un tendon commun qui s’insère à la ligne âpre intérieure de l’humérus, vers son tiers scapulaire, en dehors du tendon du grand pectoral. C’est le plus puissant releveur du bras.

Le petit rond paraît être une portion du muscle

QUATRIÈME LEÇON. — DU MEMBRE PECTORAL

sous-épineux : il vient du tranchant inférieur de l’omoplate, et se fixe à la face externe de la tête de l’humérus.

Le grand rond (scupulo-humêrien) ; il vient de l’angle inférieur ou costal de l’omoplate, et se porte un peu au-dessous de la tête de l’humérus, à la face interne; il produit, comme le précédent, la même action que le sous-épineux.

Le coraco-brachial Icoraco-humélien) s’étend de l'apophyse coracoïde, où il prend naissance par un tendon commun avec la tête coracoiilienne du hiceps, jusqu’au milieu de l’humérus, daus la direction duquel il se porte le long de la face interne. Ce muscle relève le bras sur l’épaule, et dans quelqucscirconstanccs, peut mouvoir l’omoplate sur le bras.

B. Dans les mammifères .

Tous les muscles du bras existent dans la plupart des mammifères, avec quelques modifications cependant.

Ainsi, le grand pectoral est généralement plus charnu et composé de faisceaux plus distincts.

Dans les singes, sa portion claviculaire va à la ligne âpre en descendant plus bas. Les fibres de la portion sternale s’y rendent aussi dans trois directions. Il y a de plus deux portions costales : une antérieure plus grande, qui va à la grande tubérosité; une postérieure plus petite, qui se porte au roi de l’os sous la tête, de sorte que ce muscle parait composé de quatre ou cinq autres.

Dans les mammifères qui n'ont point de clavicules parfaites, même dans le dauphin, il y a une première portion sternale qui va perpendiculairement à la ligne âpre, et qui forme avec la portion correspondante de l’autre côté, ce que l’on a appelé le muscle commun aux deux bras; c’est lui qui produit l’entre-croisement des jambes de devant.

Dans les carnivores, en général, ce muscle commun se subdivise encore en plusieurs portions, dont une partie se rend vers le bas de l’humérus en se portant très obliquement en arrière. Ce muscle commun existe aussi dans les ruminants. Le mouton a de plus un autre muscle commun tout différent, qui s’étend delà région sternale au cubitus, et achève ainsi d’enfermer le bras dans le tronc. 11 paraît devoir se rapporterplutôt au pannicule charnu qu'au grand pectoral. Dans le cheval, c’est ce dernier muscle commun qui porte, chez les hippotomistes, le nom de muscle commun aux deux bras , et qui produit ce croisement des deux avant-bras, que les écuyers nomment chevalier.

Une seconde portion du grand pectoral, plus profonde et beaucoup plus considérable que le muscle commun, se porte de toute la longueur du sternum, obliquement vers la tête de l’humérus.

Elle est quelquefois elle-même divisée en plusieurs faisceaux.

Le grand dorsal des mammifères diffère peu de celui de l’homme ; mais ces animaux ont un muscle déplus, car iepannicule charnu, ( cutano-hu mérien) produit un tendon très remarquable qui s’insère à l’humérus tout près du grand dorsal. Celui-ci unit le sien à celui du grand rond, et donne attache à l’une des portions de l’extenseur du coude.

Dans le dauphin, il y a un petit muscle dont la direction et les usages paraissent les mêmes que ceux du grand dorsal, mais qui prend ses attaches aux côtes par îles digitations. 11 est tout à fait recouvert par la portion dorsale du pannicule charnu.

Les muscles sur-épineux , sous-épineux , sousscapulaire, grand et petit ronds, ne diffèrent de ceux de l'homme que par leur proportion que détermine la figure de l’omoplate.

Le sur-épineux est généralement plus grand que le sous-épineux, ce qui est le contraire de l’homme.

Dans le dauphin, ces deux muscles sont à peu près égaux et petits, mais le sous-scapulaire est tx’ès grand.

Nous avons déjà vu comment, dans les animaux à clavicules imparfaites, la portion claviculaire du deltoïde s’unit à celle du trapèze. Il ne nous reste donc plus à traiter que de sa portion scapulaire.

Cette portion scapulaire paraît elle-même divisée en deux ; celle qui vient de l’acromion, et celle qui provient de l’épine et plus souvent de toute la portion sous- épineuse de l’omoplate. Elles s’unissent, s’entre-croisent, et forment un tendon commun qui se fixe à la ligue âpre de l’humérus.

Dans le mouton, la portion acromiale est très peLite, et dans le cheval il n’y en a plus du tout. Aussi son delloïde, qui a la même direction que le sous-épineux, porte-t-il le nom de long abducteur du bras.

Le coraco-brachial existe, même dans ceux qui n’ont point d’apophyse coracoïde, et s’attache là à une petite éminence du bord supérieur de l’omoplate. Son tendon est commun avec celui de la portion du biceps qui naît de l’apophysecoracoïde, dans ceux où le biceps a deux têtes. Dans les dauphins il est très court.

Les singes ont le coraco-brachial divisé en deux portions, dont l’inférieure règne tout le long de la face postérieure et interne de l’humérus.

Dans l’ours, la portion inférieure est grêle et va s’insérer au condyle externe. Elle donne, de son milieu, une languette qui va se joindre au biceps et qui en représente la tête coracoïdienne.

Dans les chiens, les chais, les lapins, le cheval, le biceps n’a qu’une tête, et le coraco-brachial

ARTICLE CINQUIÈME

une seule portion qui n’a rien de commun avec le biceps.

Dans la taupe, le grand pectoral est d’une épaisseur extraordinaire et presque aussi paml que dans les oiseaux. Il est formé de six portions qui toutes s’attachent à la face antérieure de la port ion carrée de l’humérus. Quatre de ces portions viennent du sternum pour s’attacher aux différents angles et bords de celte face. La cinquième vient de la clavicule et couvre cette face tout entière : enfin, la sixième va transversalement d unbrasà l’autre.

Le grand dorsal est considérable. Il est divisé en deux portions et s’iusère à la face postérieure de la portion carrée de l’humérus. Le grand rond , qui s’insère au même endroit que lui, est d’une grosseur énorme. C’est au moyen de ces trois muscles que 1 animal creuse et pousse la terre en arrière. Les autres muscles de l’humérus de la taupe ne présentent d’autres différences que celles qui sont déterminées par la figure singulière des os.

Le muscle analogue au grand pectoral est formé de trois portions, ou plutôt de trois muscles bien distincts, dans les chances-souris .

L’un, situé au lieu ordinaire, s’étend de la ligne saillante du sternum à la tète de l’humérus, qu’il recouvre, et il s’iusère à la grande tubérosité antérieure.

Le second vient de toute la longueur de la clavicule et de la partie antérieure de l’épine du sternum, et s’insère derrière la grosse tubérosité audessus du précédent, dont il aide l’action dans les mouvements de l'aile.

Le troisième est recouvert en partie par le premier. Il s’attache aux dernières côtes près de leurs cartilages sternaux. Ses fibres remontent presque verticalement sous l’aisselle, pour s’insérer à la crête de l’os du bras, qui est ici très longue.

Le grand dorsal n’est qu’une bandelette charnue qui vient des tubercules épineux des deux dernières vertèbres dorsales. 11 a quelques connexions avec le trapèze. 11 s’insère à l’humérus en unissant son tendon à celui du grand rond dans le creux de l’aisselle.

Les muscles sur et sous-épineux, ainsi que le sous-scapulaire, n’offrent aucune particularité qui soit digne de remarque.

Le deltoïde ne s’attache point du tout à la clavicule, à moins qu’on ne regarde la seconde portion du grand pectoral comme en faisant partie; il est étendu sur toute la face externe de l’omoplate, où il forme deux portions, dont l’une est inférieure et plus mince que l’autre. Leur tendon réuni passe au-dessus de l'articulation et s’insère à la crête de l’humérus.

Il n’y a point de muscle petit rond. Le grand rond n’offre rien de particulier; il unit son tendon à celui du granddorsal.

Il n y a point de coraco-bracliinl.

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