C. Dans les oiseaux
Le bas de l'humérus des oiseaux est à peu près comme dans l’homme. Il y a de même entre les condyles deux apophyses articulaires dont l’externe n’est pas en portion de sphère, mais, au contraire, comme une roue; de sorte que le radius peut bien se fléchir et s’étendre dessus, mais non y tourner sur son centre. Celle qui répond à la poulie est toute couvexc et arrondie. Le cubitus s’étend et se fléchit dessus par une cavité qu’il a, et il porte aussi sur l’apophyse externe par une autre cavité moindre. L’oléerâne est très court.
Le radius, plus grêle que le cubitus, lui demeure parallèle. Sa tète inférieure est plus petite que celle du cubitus; elle se termine par une facette triangulaire.
La tête inférieure du cubitus se termine en portion de poulie, sur laquelle le deuxième os du carpe exécute ses mouvements pour l’adduction et l’abduction de la main.
Le manchot s’éloigne un peu de cette disposition. Les os de l’aile de cet oiseau sont étendus sur un même plan en forme de nageoire. Le radius et le cubitus sont entièrement aplatis et s’articulent par arthrodie à deux tubercules placés l’un au-dessus de l’autre, au bas du tranchant an-
térieur de l’humérus. En sorte que l’aile du manchot esta celle des autres oiseaux, ce que le membre thoracique des cétacés est à celui des autres mammifères.
[Le rapport de longueur de l’avant-bras et du bras des oiseaux est en rapport avec la puissance du vol.
Dans les hirondelles et les martinets , les os qui composent l’avant-bras ont une longueur double de celle de l’humérus; dans les gobe-mouches, les calaos , les colibris, ils ont un tiers en sus; dans les pies-grièches , les aras , le bec-en-ciseaux, les sternes, les pigeons, un quart; dans le moineau, la cigogne, le pélican, un cinquième; dans V aigle et beaucoup d’autres oiseaux de proie, un sixième; dans les gallinacés, les anas, ils sont égaux à l’humérus d’ailleurs très court. On les trouve également égaux dans l'albatros; mais ici l’humérus est lui-même démesurément long, car il l’est plus que le tronc et la queue plis ensemble; enfin, dans les colijmbus, l’avant-bras devient d’un sixième plus court que le bras; dans le pingouin, d’un tiers; dans 1 ccasoar, de moitié; et dans l’aittruchc, des deux tiers.]
Les deux os de l’avant-bras des tortues sont toujours dans un état forcé de pronation. Dans les chélonées, le radius, qui est beaucoup plus long que le cubitus, auquel il est uni par une substance cartilagineuse, est inférieur et s’avance jusque sous le poignet.
Ces deux os se ressemblent beaucoup par leur extrémité humérale, formée d’une seule facette concave, reçue sur une poulie correspondante de l’os du bras. Leur articulation est telle, qu’ils peuvent se mouvoir ensemble latéralement et un peu de haut eu bas pour l’action de nager.
[Dans les tortues terrestres et les émydos, les os de l’avant-bras sont aplalis latéralement et placés tous deux sur le plan de leur aplatissement, en sorte que le radius est interne et le cubitus externe; il ne peut point y avoir de mouvement de rotation, car les extrémités de ces deux os s’articulent par suture, et se soudent même quelquefois; mais l’articulation humérale se fait par un ginglyme non serré, l’olécrâne étant pou saillant.]
L’humérus du crocodile se termine par deux tubérosités arrondies. Sur l’externe tourne la tête lin peu cave du radius. Entre deux s’appuie la tête ronde convexe du cubitus, sans olécrane ni cavité sigmoïde. Elle est la plus grande; c’est le contraire pour celle d’en bas.
C’est à peu près la même disposition clans le caméléon; mais les os y sont plus aiongés et la tète inférieure du radius est plus petite que celle clu cubitus.
QUATRIEME LEÇON. — DU MEMBRE PECTORAL
[Dans les autres sauriens les extrémités sont beaucoup plus rapprochées de celles des mammifères. Leur humérus a deux poulies complètes; une externe pour l’articula tion du radius, une moyenne pour le cubitus, et de plus une demi-poulie interne. Dans le monitor i lu Nil , par exemple, la lace antérieure du bas de l’Inimérus ressemble tout à fait à celle de certains rondeurs. Son bord externe est meme percé pour le passage des vaisseaux, comme l’interne dans plusieurs mammifères. Le cubitus a une facette sigmoïde et un olécrane qui forme épiphyse dans le jeune âge. La disposition du radius cl du cubitus est telle qu’ils sc croisent. Le premier est externe près de l’humérus, et interne près du poiguet. Le cubitus porte la moitié des os du carpe.]
Dans la grenouille, l’os unique de l’avant-bras s’articule par une tete concave sur une grosse tubérosité ronde du bas de l’humérus entre scs deux condyles. On voit, vers le bas élargi de cet os, un sillon de chaque côté, seul vestige d’une distinction en deux os.
Les deux os de l’avant-bras des salamandres sont situés l’un au-dessus de l’autre. Le cubitus, qui est inférieur et qui est un peu plus long que le radius, n’a point d’olécrâne, mais il y a une espèce de rotule dans le tendon de scs muscles extenseurs. L’extrémité cubitale de l’os du bras est très élargie; la facette articulaire qui la termine est convexe, et permet au radius et au cubitus détourner ensemble en tous sens.
ARTICLE Vil.
BES MUSCLES DE l’aVANT-BRAS.
L’avant-bras peut se mouvoir sur le bras par un seul mouvement de flexion et d’extension, et tourner sur lui-même dans les mouvements de pronation et de supination. De là quatre sortes de muscles, fléchisseurs, extenseurs, supinateurs et pronateurs,