‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 92 sur 367 · DES OS DD DASSIN · texte numérisé non relu

DES OS DD DASSIN

Le bassin de l’homme est construit de manière que sa partie postérieure, qui est fixement attachée aux côtés de l’os sacrum, est plus élevée, et que la partie antérieure est plus basse.

Cette partie supérieure et postérieure est faite comme de deux ailes de forme presque demi-circulaire, dont la face antérieure et concave regarde un peu en dedans, et dont la face postérieure convexe se prolonge du côté de l’épine pour fournir la portion qui s’attache à l’os sacrum.

Le bas de chacune de ces deux ailes se rétrécit en une espèce de col, et se prolonge un peu inférieurement jusqu’à une grande cavité hémisphérique, nommée la cavité cohjloïde, qui sert à loger la tête du fémur. Du bord antérieur de celte cavité, part une branche qui se dirige en avant et en dedans jusqu’à ce qu’elle rencontre la branche correspondante de l’autre côté pour achever la portion antérieure de la ceinture. Du bord inférieur de cette même cavité, part une autre branche qui se dirige en bas, de manière à laisser entre elle et le sacrum, une grande échancrure, nommée échancrure ischialiquc. Après être descendue un peu plus bas que le coceix, cette branche remonte en avant et en dedans jusqu’à ce qu’elle se réunisse à la première, à l’endroit où celle-ci touche sa correspondante de l’autrecôté; en sorte qu’il reste de chaque côte, dans cette partie antérieure de la ceinture formée par le bassin, un intervalle vide, entouré d’un cercle osseux, et nommé trou ovalaire ou sous-pubien.

Le plan de chaque moitié de celte portion antérieure regarde obliquement en bas et de côté. La suture qui sépare en avant ces deux moitiés se nomme symphyse du pubis. Les deux os qui, joints à l’os sacrum, forment le bassin, portent le nom d’os coxaux, d'os des hanches , ou d’os innominés.

Dans la jeunesse, ces os sont divisés en trois Parties, qui contribuent toutes les trois à la formation de la cavité colyloïde, et on les a regardes comme des os particuliers, auxquels on a donné des noms différents. Savoir : 1° l’iléon ou l’os des Jles, qui est cette portion supérieure en forme ‘l’aile, dont le bord supérieur et demi-circulaire se nomme la crête de l’os des îles, et dont l’angle que produit sa jonction avec la courbe rentrante qui va former le col, se nomme l’épine; 2“ le pubis, qui forme la barre transverse antérieure, et la portion qui descend le long de la symphyse; et

3» 1 ’ ischion, qui entoure le trou ovalaire en arrière et en dessous. Sa portion la plus inférieure se nomme la tubérosité de l’ischion ; c’est sur elle que nous nous asseyons. Le bord de cette dernière portion qui regarde l’os sacrum, a, à la hauteur de la cavité colyloïde, un petit crochet dirigé en arrière. On l’appelle l’épine ischiatique.

Le bord supérieur du pubis, après avoir fourni l’éminence iléo-pectinée, se continue sur le bas de la face interna de l’iléon, en une ligne saillante qui règne jusqu’à l’endroit où celui-ci se joint au sacrum, et qui, conjoinlement avec la saillie que fait l’os sacrum lui-même par son angle avec le reste de l’épine, divise le bassin en deux parties: le grand bassin, qui est supérieur, et le petit, qui est inférieur.

Celle saillie rentrante se nomme le détroit antérieur du bassin. Elle forme une espèce d’ellipse, dont le plan fait avec le sacrum un angle très marqué, et une autre avec la partie lombaire de l’épine. Son axe d’avant en arrière est un peu moindre que le transverse.

La cavilé colyloïde est creusée en demi-sphère. Son bord a une échancrure vis-à-vis le trou ovalaire ou sous-pubien qui répond à Taxe de l’os de la cuisse lorsque l’homme est debout. La direction de cette cavité est de côlé, en bas, et très peu en avant. Le bord de cette cavité articulaire est garni d’un ligament très fort qui augmente beaucoup son élenduc dans l’état frais.

Tous les os qui forment le bassin sont maintenus entre eux par des ligaments très forts, dont quelques-uns même concourent à former sa cavité. Ceux qui unissent la portion iléale de l’os des hanches au sacrum, viennent de l’apophyse transverse de la dernière vertèbre lombaire, ou de la base et des apophyses de l’os sacrum. Les trousseaux qu’ils forment sont plus ou moins longs et étendus. Ils vont se fixer à la partie postérieure de la crête de l’iléon.

La portion ischiale est aussi fixée par deux forts ligaments qui complètent la cavité du petit bassin en arrière. L’un vient de la tubérosité, et se porte au bord latéral du sacrum ; l’autre liait aussi de l’iscliion, mais particulièrement sur son épine, et se porte transversalement sur les bords du sacrum et du coceix, en unissant ses fibres à celles du précédent.

Le pubis d’un côlé est uni à celui de l’autre côté par un cartilage intermédiaire, qui forme ce que nous avons nommé la symphyse. CeLte articulation est recouverte d’un fort ligament qui la rend immobile.

Enfin, les os de la queue ou du coceix sont fortement attachés à l’os sacrum par des capsules articulaires et des ligaments quiles revêtent entièrement. On les a distingués eD antérieurs, latéraux et postérieurs.

B. Dans les mammifères.

Nous avons vu que clans les mammifères, en général, le sacrum se continue presque clans la même ligne que l’épine. On peut encore remarquer que si on les plaçait de manière que leur épine fût verticale, les plans des deux moitiés antérieures du Dassin regarderaient en avant et en dehors, et non en bas comme dans l’homme. Ils regarderaient même en haut dans les animaux à sabot, c’est-à-dire que ces plans étant prolongés, rencontreraient la prolongation de l’épine, au-dessus dans les animaux à sabot, et qu'ils lui demeureraient parallèles dans la plupart des animaux digités. Cette remarque est importante à cause de la position du fémur.

Dans les mammifères, l’échancrure de la cavité cotyloïde répond comme dans l’homme au trou sous-pubien ; mais la différence de position du plan de ce trou fait qu’il faut que l’os de la cuisse soit perpendiculaire à l’épine, ou fasse avec elle un angle aigu en avant, afin que son axe réponde à cette échancrure. C’est en effet là la position du fémur lorsque ces animaux sont tranquilles sur leurs quatre pattes. L’angle que fait le fémur avec la colonne vertébrale dans les carnivores est presque droit; il est aigu dans les animaux à sabot. La direction de celte cavité dans les mammifères est aussi conforme à cette position du fémur; elle est telle que lorsque l’épine est horizontale, elle regarde en dehors et en bas : cependant, dans les animaux qui nagent beaucoup, comme la loutre et le castor, elle regarde directement de côté, et même un peu vers le haut.

[Une autre remarque, c’est que la crête qui forme le détroit antérieur du bassin est plus saillante; que le grand bassin diminue au point d’être souvent presque réduit à rien, et quelquefois, comme dans les tatous et les fourmiliers, où les ischions sont plus distants que les iléons, c’est le petit bassin qui a le plus grand diamètre.]

Les os iléons des singes sont plus étroits que ceux de l’homme, plats, regardant en avant : leur cou est plus alongé : il en résulte que le plan est presque en ligue droite avec l’épine, et que son diamètre d’avant en arrière est plus long que le transverse. Le bassin fournit par-là au tronc une base beaucoup moindre, car cette base doit être estimée d’après une coupe perpendiculaire du tronc ou du cylindre auquel elle appartient.

Les orangs et les gibbons ont les iléons beaucoup plus larges que les autres singes; mais leur direction est la même.

Les espèces qui ont des callosités aux fesses, ont les tubérosités ischiales très grosses.

[ Les sajous ont déjà les iléons très rétrécis. Mais les bassins les plus singuliers de la famille des quadrumanes, sont ceux des loris; les iléons

de ces animaux sont longs et presque cylindriques, les ischions, au contraire, extrêmement courts : les pubis très longs n’éprouvent aucune courbure et forment par leur réunion un angle aigu, de telle sorte que le détroit est triangulaire. Le trou ovalaire est très grand. ]

On observe, parmi les insectivores, deux anomalies remarquables : l’une dans la taupe, dont les os coxaux sont, presque cylindriques et si serrés contre l'épine dans toute leur longueur, que le détroit antérieur est d’une petitesse extraordinaire et ne peut servir au passage des viscères du bas-ventre. La portion ischiale de cet os est aussi trèsprolongée en arrière; l’autre dans les chauves-souris qui ont souvent les deux tubérosités de l’ischion soudées ensemble et avec l’extrémité du sacrum.

[Ou trouve encore dans les chauves-souris, cette autre particularité, que l’éminence iléo-pectinée est une forte épine qui se prolonge dans certaines espèces (le fer de lance) considérablement en avant. C’est à la pointe de cette apophyse que s’attache le tendon du petit psoas.

Dans un squelette de roussette d’ Edwards que possède le cabinet, on remarque que le pubis et les ischions , au lieu de se rapprocher et de se réunir sur la ligne médiane, descendent verticalement, en sorte que le détroit n’est point fermé inférieurement. Le bassin des galéopithèques est fort semblable à celui des loris. La taupe, les musaraignes et. mieux encore la chrysoclilore offrent la même particularité, relativement à la nonfermeture du bassin. Dans ce dernier animal, les extrémités des os des îles sont très rapprochées, taudis que celles des ischions sont très écartées; les pubis se dirigent tout à fait en arrière et parallèlement aux ischions, comme dans les oiseaux. ]

Dans les carnivores, les os des îles ne regardent pas en avant par leur face abdominale, mais celleci estdirigée du côté del’épine. Leur portion supérieure n’est guère plus large que leur col. C’est leur face externe qui est concave. Leur crête a si peu d’élendue que leur figure est presque celle d’un 1er de hache.

Dans l'ours et surtout dans V hyène, elle est plus élargie, et l’épine se détourne en dehors, mois la position totale reste la même. La branche de l’ischion qui va en arrière, se continue avec le col de l'iléon en une ligne droite, qui fait avec l’épine un angle d’environ trente degrés. Comme le diamètre d’avant en arrière du détroit antérieur est moins long que dans les singes, ses proportions particulières se rapprochent de celles de l’homme; mais la base qu’il fournit au tronc n’en est que plus petite.

Le bassin des phoques ne diffère de celui des carnassiers et surtout des loutres, que parce qu’il est étroit et fort alongé, que les pubis, ainsi que ceux des loutres, se portent beaucoup eu arrière,

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