ARTICLE PREMIER. — DES OS DU BASSIN
et que la symphyse n’est plus une ligne, mais un point.
Dans les pédimanes, ou animaux A bourse, comme le sarigue, la mannose, le kanguroo, etc., le bassin est aussi très remarquable, non-seulement en ce que les trous ovalaires sont très grands et le détroit d’un petit diamètre; mais surtout par la présence d’un os articulé et mobile sur le pubis. Cet os donne attache à des muscles particuliers qui soutiennent mie bourse dans laquelle sont les mamelles : nous les ferons connaître à 1 article de la génération. On a nommé ees os marsupiaux; ils sont de forme alongée, un peu aplatie.
[Dans 1 es kanguroo» on retrouve l’apophyse iléo-pectinée que nous avons remarquée chez les chauves-souris : là symphyse du pubis est très longuc.
Dans les phascolomcs , la tubérosité ischiatique se soude avec les dernières vertèbres sacrées.
On a observé que dans quelques carnassiers la cavité cotyloïde a, dans le jeune âge, un petit os qui se forme au point de jonction des trois os du bassin. Les naturalistes qui pensent que le nombre des os est toujours le même, ont cherché à établir que cet os était l’analogue du marsupial, quoique les connexions fussent tout à fait ici en défaut. Poursuivant plus loin leur idée, ces mêmes naturalistes ont dit que les os marsupiaux euxmèmes n’étaient que les analogues de l’os de la verge de quelques carnassiers, parce qu’il n’y en a point dans celle de l’animal chez lequel on avait trouvé d’abord ce petit os cotyloïdicn : ils annonçaient par conséquent que les animaux qui ont un os de la verge, n’ont point d’os marsupiaux, ni d'os cotyloïdiens, et réciproquement. Malheureusement pour la théorie, cet os s’est trouvé dans les carnassiers qui en portent un à leur verge, et dans les marsupiaux eux-mêmes. Ainsi tombent toutes les conséquences que l’on a voulu tirer de ce fait. ]
Dans les rongeurs, la forme générale et la position du bassin est à peu près la même que dans les carnassiers; les os des lies regardent plus ou moins en avant, ou plutôt en dessous, selon les espèces ; la ligne saillante de leur face abdominale se continue parallèlement à l’épine, jusqu’à leur crête, qui est très étroite. Celle saillie donne quelquefois à ces os une forme prismatique, dont leur tranchant véritable ne serait qu’une arête. Leur épine se recourbe en dehors.
C’est aussi là la forme des iléons dans les tatous, les pangolins et les fourmiliers , tandis que les paresseux les ont très larges, regardant en avant, avec un pubis circulaire très grand, ce qui leur donne un détroit fort largo et peu oblique. Ces quatre genres ayant la tubérosité de l’ischion rapprochée, ou même soudée au sacrum, il ny a qu’un trou au lieu d’une échancrure ischiatique.
[L 'oryctêropo a l’apophyse du psoas, et de plus
une épine ischiatique; l’aile de l’iléon est plus grande que dans les carnassiers et les rongeurs, mais ccs deux faces internes regardent l’épine vertébrale.
Un des bassins les plus remarquables parmi les rongeurs est celui du chinchilla, à cause de sa longueur, de la délicatesse de tous ses os et de l’énorme grandeur du trou ovalaire.
Le bassin des ornithorinques se fait remarquer par plusieurs caractères : la tubérosité ischiatique est plutôt une apophyse qu’une tubérosité. Le pubis porte un très grand os marsupial et présente en outre, comme celui des sauriens, un angle interne et un externe. La cavité cotyloïde de Técliidné, non plus que celle des ovipares, n’a point d’échancrures pour le passage des vaisseaux, mais sou fond est largement ouvert, comme dans les oiseaux. Ainsi ce mélange des formes des vivipares et des ovipares se retrouve dans le bassin des monolrèmes, comme dans leur épaule. ]
Le bassin du cochon ne diffère guère de celui des carnassiers que parce que ses ischions se prolongent davantage en arrière, et que l’échancrure ischiatique entame davantage l’os des îles.
Dans le tapir, cl surtout dans les ruminants, l’échancrure s’élargissant encore davantage, le col de l’iléon s’alongcant et son épine se prolongeant en dehors, cet os prend la figure d’un T ou d’un marteau, articulé par une branche au sacrum, et dont le col ferait le manche. La face abdominale regarde obliquement du côté de l’épine du dos. Son col forme avec l’ischion un angle très ouvert. Ou voit saillir son épine au-dessous de la peau, ainsique la tubérosité de l’ischion. La ligue qui passe par ces deux points, forme avec l’épine un angle très prononcé. La cavité cotyloïde est à peu près au milieu de cette ligne.
La figure de cet os est à peu près la même dans le cheval , mais il a les ailes très larges et le col plus court que dans les tapirs. La cavité cotyloïde répond à peu près au tiers postérieur de la ligne ci-dessus indiquée.
V éléphant et le rhinocéros ont la partie antérieure très large en toutsens; la crête en est arrondie, la face abdominale concave. L’aile qui est du côté du sacrum est plus grande que l’autre dans V éléphant; elles sont à peu près égales dans le rhinocéros, et le col y est proportionnellement plus long. Ccs énormes bassins donnent au ventre de ces deux animaux leur monstrueuse capacité. Le plan du détroit antérieur est presque perpendiculaire à l’épine.
Dans les ruminants fortement râblés, comme le bœuf, la partie antérieure est très large. Le buffle Ta même plus large que l’os n’est long, et presque perpendiculaire au col. Dans les espèces moindres, elle devient de plus eu plus étroite, et oblique en dehors et en avant. Les chameaux, les giraffes et
les lamas Pont arrondie. C’est la lace externe de l’os qui est concave dans ces animaux. Le détroit antérieur forme, avec l'épine du dos, un grand angle; ce qui donne bien plus d’ampleur au ventre.
[ Dans les cerfs, chèvres, moutons , antilopes , on trouve au-dessus de la cavité cotyloïde un enfoncement qui sert, à l'insertion du muscle droit antérieur de la cuisse. Dans les chevrotains, l’ischion, par l’intermédiaire d’un ligament ossifié, se soude au sacrum, et l’aponévrose générale des muscles fessiers s'ossifie et présente un vaste bouclier osseux qui s’étend de l’épine de l’iléon jusqu’à la tubérosité isehiatique.
Parmi les cétacés, les dauphins n’ont pour bassin que deux petits os oblongs suspendus dans les chairs aux deux côtés de l’anus; dans certaines haleines, à ces deux os placés verticalement qu’on peut regarder comme des iléons, s’en articule un troisième en forme de croissant, dont la convexité est externe, qui est un pubis ou un ischion, car il n’est pas à croire, comme quelques auteurs le pensent, que ces vestiges soient des jambes. L’exemple de quelques serpents nous montre queles membres disparaissent avant l’épaule et le bassin. Le lamantin et le dugong ont probablement des os plus caractérisés et s’écartant moins que ceux des dauphins et des baleines, de la forme du bassin des autres mammifères. ]