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Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]

Cette seconde édition des Leçons ci Anatomie comparée est le dernier ouvrage dont M. Cuvier ait été occupé, et il y travaillait avec ardeur lorsque la mort l’a surpris.

Cependant il ne considérait cet ouvrage que comme 1 esquisse d un monument plus étendu; comme l’analogue, pour ses travaux anatomiques, de ce qu’avait été, pour ses travaux de classification, son Tableau élémentaire des animaux ; et comme il avait fait succéder à celui-ci son grand ouvrage du Règne animal, il comptait faire succéder à celles-là ce qu’il a si souvent appelé sa Grande Anatomie comparée. Aussi depuis plus de trente années n’avait- il cessé d’accumuler dans son cabinet et dans ses portefeuilles, les matériaux de cette immense entreprise. Mais beaucoup de travaux préliminaires non achevés, l’époque encore éloignée où ses projets devaient se réaliser, l’impossibilité de réimprimer, telle qu’elle était, la première édition de l’Anatomie comparée; et cependant le besoin de satisfaire à l’empressement du public pour cet ouvrage , l’avaient déterminé à utiliser dès à présent, dans une seconde édition, le résultat de tant d’efforts.

Un dernier motif rendait aussi cette publication nécessaire : elle devait mettre fin à beaucoup de critiques au moins mal fondées. U semblait, pour plusieurs personnes, que ce livre, publié à la fin du dernier siècle, alors que son auteur n’avait que des collections incomplètes, exprimât sa seule et dernière pensée. On lui en reprochait les inexactitudes et les lacunes, comme si tous ses travaux depuis lors n’avaient pas eu eux- mêmes pour objet de rectifier les unes ou de combler les autres; comme si des préparations de toute espèce, exposées au public, n’étaient pas comme une édition corrigée de son œuvre.

Il y a plus, et il est bon de le dire, ceux-là mêmes qui lui ont reproché le plus vivement les imperfections de la première édition, c’est à Paris, dans les préparations de M. Cuvier, sous ses auspices, pour ainsi dire, qu ils ont recueilli les élémens de leurs critiques; c’est avec ses propres armes quils l’ont attaqué. Sans doute, dans le domaine de la science, la publicité de la presse est le titre le plus sûr à la propriété, et M. Cuvier ne prétendait point disputer aux auteurs la nouveauté de leurs publications ;

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