‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 2 sur 174 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

mais ne pouvait-il pas exiger de ceux dont il facilitait les travaux, plus de justice et d’impartialité?

Une édition nouvelle des Leçons tV Anatomie comparée était donc devenue indispensable, et il sera toujours à regretter que M. Cuvier n’en ait pas revu toutes les parties comme il a revu la première.

Il en a assez écrit cependant, pour faire voir qu’il n’avait rien perdu de sa confiance dans la vérité de ses doctrines, dans la puissance des principes qui l’ont dirigé et soutenu au milieu de ses grands travaux scientifiques.

S’il a combattu et repoussé la plupart des systèmes qui se sont fait jour dans ces dernières années, sans nier toutefois l’utilité et la nouveauté des faits dont leurs auteurs les ont accompagnés, on verra qu’il s’est toujours appuyé pour cela, ou sur un nombre de faits plus grand, ou sur une appréciation plus rigoureuse des faits connus, et, par-dessus tout, sur les principes d’une haute et sévère philosophie.

Enfin, le plan général et les détails de cet ouvrage répondront d’euxmêmes à un reproche qui a été plus récemment adressé à son auteur, et qui étonnera peut-être les personnes familiarisées avec les travaux de M. Cuvier, et qui en ont apprécié la nature et le but. On a dit qu’il n’avait cherché dans l’étude des êtres que leurs différences , et que la science aujourd’hui, changeant de portée et s’élevant plus haut, avait surtout égard aux ressemblances. Or, l’un des buts principaux de l’Anatomie comparée en général, et celui de cet ouvrage en particulier, a toujours été de rechercher aussi loin que possible, et d’établir les analogies des organes au milieu des transformations que la nature leur fait subir; et c’est précisément à cette recherche des analogies et des ressemblances que M. Cuvier a dû quelques-unes de ses plus heureuses déterminations *.

Si ensuite le besoin des analogies n’a pas tellement préoccupé M. Cuvier qu’il lui ait fallu les retrouver partout, s’il s’est arrêté lorsque l’évidence lui manquait, c’est qu’il aurait cru, autrement, faire violence à la nature, et si, après avoir admis et décrit les ressemblances , il a admis et décrit les différences , il n’a fait qu’obéir à une nécessité logique à laquelle on ne peut se soustraire dans aucune science. L’Anatomie comparée, à ses yeux, ne pouvait avoir pour but l’une de ces choses plutôt que l’autre : elle les embrassait également toutes deux; et le spectacle de la nature ne lui a pas paru moins grand, l’œuvre de la création moins

* On peut meme dire qu’il a poussé beaucoup plus loin que d’autres cette recherche des analogies; car dans l’Anatomie comparée de Meckel, par exemple, et dans Bojanus, les muscles sont fréquemment décrits et nommés uniquement d’après leurs fonctions; de sorte que le même muscle, ayant souvent, selon la forme des os et la nature de l’animal, des fonctions différentes, change de nom d’un animal à l’autre, et ne se trouve point ramené à un type commun.

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