ARTICLE SEPTIÈME. — DES OS DU COUDE-PIED
suie articulaire du genou. Le grêle interne est confondu par son attache ischialeavec les adducteurs de la cuisse, mais il s’en sépare, et s’attache assez loin de la tête du tibia.
Dans les tortues do mer, les muscles sont moins épais que dans les tortues terrestres. La position avancée du pubis donne au droit antérieur une grande force pour l’extension de la cuisse et de la jambe, car il s’insère presque «à angle droit sur le genou. Le biceps et le demi-membraneux, viennent seulement de la région coccygienne.
Dans les crocodiles, on trouve deux muscles qui s’attachent tous deux au bassin, l’un à la face externe et l’autre au bord antérieur de l’iléon, et qui vont implanter, en les croisuut, leurs tendons sur le crural. Le premier se portant à la face interne de la cuisse doit être regardé comme l’analogue du couturier; le second comme le droit antérieur. Le tendon d’un troisième muscle qui vient également de l’iléon, passe sur le genou comme le long fléchisseur des oiseaux; c’est un démembrement du muscle précédent ou du couturier. Le muscle du l'aseia lata est très large, mais le biceps, le demi nerveux et le ! demi-membraneux sont petits et viennent de la partie postérieure de l’iléon. Le grêle interne et le i demi-nerveux ont chacun un accessoire coccygien. Dans les sauriens, le droit antérieur et le couturier reprennent leur position ordinaire; ceux qui n’avaient point varié, comme les vastes, le cru- ; ral, le demi-nerveux et le demi-tendineux ont, à i plus forte x'aison, conservé la leur.
Il faut considérer dans les sauriens, les croco- ! diles, et les tortues, le fémoro-coccygien comme un fléchisseur de la jambe, car il fournit un tendon qui descend parallèlement au fémur et qui s’insère à la face postérieure de la tète du tibia.] La grenouille a les cuisses arrondies comme l’homme, elles muscles de la jambe très prononcés.
Le triceps fémoral n’est formé que de deux portions bien distinctes. Le vaste externe et le crural ne forment manifestement qu’une seule portion.
Il n’y a point de droit antérieur.
Le biceps de la jambe n’a qu’un seule ventre. Il vient de la partie postérieure inférieure de l’iléon, et descend à la face externe de l’os unique de la jambe.
Le demi-membraneux est comme dans l’homme; mais le demi-nerveux est formé de deux ventres,
■ dont l’un s’attache à la symphyse du pubis, et l’autre h celle de l’ischion.
Le couturier est situé directement au-devant de la cuisse, sans se contourner. Il unit son bord à celui du muscle du fascia lata.
Le grêle interne n’ofTre aucune différence.
Il n’y a point de poplité distinct.
[Dans les salamandres on trouve à peu près les mêmes muscles; mais le grêle interne et le demi-
rterveux couvrent la moitié supérieure delà jtimbe.]
ARTICLE VII
DES OS DU COUDE-riED OU DU TARSE, ET DE CEUX DU MÉTATARSE.
A. Dans l’homme.
Entre les deux malléoles, et sous la face articulaire du tibia, est contenue la portion en poulie, ou demi-cylindrique de l 'astragale, premier os du coude-pied, ou du tarse.
11 se meut librement en ginglyme, en faisant faire au pied un mouvement de bascule: mais comme l’articulation est lâche, il a encore un mouvement borné sur les côtés.
Outre sa portion articulaire, l’astragale a deux productions courtes et grosses ; une qui descend en avant et qui se porte un peu en dedans, l’autre en arrière, et en dehors. La première reçoit l’os scaphoïde sur son bord digital, et appuie, par une facette de sa face inférieure, sur une apophyse particulière du calcanéum; l’autre porte sur le corps même du calcanéum.
Ce second os du tarse a, outre l’apophyse de sa face interne sur laquelle appuie la production antérieure de l’astragale, une production en avant, qui se dirige un peu en dehors et est parallèle au côté de celle de l’astragale, et plus bas, sans le dépasser, l’autre se porte en arrière, et s’y termine par une grosse tubérosité cqui saillit en bas et forme le talon.
La production anlérieure du calcanéum porte l’os cuboïde, qui soutient les deux os métatarsiens des deux derniers doigts. Ceux des trois premiers portent sur les trois os cunéiformes, qui sont placés au-devant de l’os scaphoïde.
Plusieurs ligaments affermissent l’articulation des os de la jambe avec ceux du coude-pied. Les uns viennent de la malléole externe ou de l’extrémité tarsienne du péroné, et se portent à l’astragale et au calcanéum. Un autre nait sur la malléole interne ou tibiale, et se porte à l’astragale et au pourtour de l’os naviculaire; sa figure est triangulaire. Enfin, une capsule articulaire unit la cavité articulaire du tibia au pourtour de la facette ou de la poulie de l’astragale.
Les os métatarsiens sont parallèles et de longueur presque égale, et maintenus par des ligaments analogues à ceux du métacarpe.
[A leurs bases ou à leurs extrémités postérieures, ccs os sont unis entre eux et avec les os du tarse, par des facettes qui leur permettent un léger mouvement. Le corps des métatarsiens est plus mince que les extrémités, celui du pouce a près de trois fois le diamètre de celui du second doigt; ceux des second, deuxième et troisième doigts sont comprimés latéralement et très min-
ces avant le renflement de leur tête. Le cinquième est le plus gros après le premier, et il porte à sa lace externe une tubérosité saillante en dehors.]
B. Dans les mammifères.
Les mammifères dipçités ont presque tous les os du tarse fort semblables à ceux do l'homme. Voici les principales différences.
Dans les singes :
La facette de l’astragale qui regarde le péroné est presque verticale: celle qui regarde la malléole tibiale est au contraire fort oblique, et la production antérieure de cet os est plus dirigée en dedans. Il en résulte que le pied appuie plus fiur le bord externe que sur la plante.
Le calcanéum n’a pas celte grosse tubérosité du talon. Son extrémité postérieure est au contraire recourbée vers le haut (excepté dans les orangs qui l’ont comme l’homme.) Sa face inférieure est élargie aux dépens de sa face externe, ce qui favorise, dans ces animaux, la station sur le bord externe du pied.
Le premier cunéiforme est plus court que dans l'homme, et a un sillon marqué pour les muscles propres au pouce.
L’os métatarsien du pouce est de moitié plus court que les autres, et. s’en écarte librement.
Le tarsier et le galago ont la grande apophyse du calcanéum et le scaphoïde excessivement alongés, ce qui rend toute leur extrémité postérieure disproportionnée, et ce qui pourrait faire regarder le pied d’un de ces animaux comme une main avec son avant-bras.
[Le cuboïde est aussi très long, et la facette pollicienne du grand cunéiforme est, ainsi que dans les loris , tout à fait interne, ce qui fait que le pouce est extrêmement écarté.]
Les chauves-souris ordinaires ont un os styloïde considérablement alongé, qui s’articule avec la tubérosité du calcanéum et qui esL caché dans l’épaisseur des membranes de l’aile qu’il soutient; mais dans la roussette , la tubérosité du calcanéum se reporte au-dessous du pied; elle est recourbée comme celle de l’os cunéiforme du carpe de l’homme.
Dans les carnivores, la face supérieure de l’astragale est creusée en poulie; la saillie moyenne de la face inférieure du tibia est plus forte, et le ginglyme plus prononcé que dans l’homme. Les mouvements latéraux y sont plus obscurs.
Le premier cunéiforme est moins grand à proportion des autres.
Le talon est plus prolongé; il se termine tout droit dans ceux qui ne marchent que sur les doigts. 11 a un léger tubercule dans ceux qui marchent
sur la plante entière. La face postérieure se creuse en sillon pour le passage du tendon du long fléchisseur du pouce.
Ceux qui n’ont que quatre doigts ont le premier cunéiforme plus petit.
[Les phoques se fout remarquer, et parce que la tubérosité du calcanéum ne dépasse point l’astragale en arrière, et parce que la facette de l’astragale qui regarde le péroné est aussi grande que la tibiale, et que celle-ci n’est point creusée eu poulie.]
Les pédimanes, dont le péroné égale en grosseur le tibia par en bas, ont l’astragale fort petit, articulé à peu près également entre deux; leur calcanéum est court : le premier cunéiforme fort grand, et de forme semi-lunaire.
Le sarigue a un petit os surnuméraire sur le bord du premier cunéiforme.
[ Dans les phalangers les os du métatarse, à l’exception de ceux de l’index et du médian, sont gros et courts.
Dans les kanguroos la tubérosité du calcanéum est très alongée et cet os porte une facette pour l’articulation du péroné. Le cuboïde, très développé comme les deux doigts qu’il porte, a sa facette calcanienne brisée à angle droit; le scaphoïde et les cunéiformes sont petits. Le pouce manque; l’os métatarsien du deuxième et du troisième doigt, sont réduits à deux os styloïdes qui portent cependant chacun trois phalanges. Les deux métatarsiens externes, mais surtout celui du quatrième doigt, sont très forts et très alongés.
Le tarse des insectivores et des rongeurs chez lesquels le péroné est soudé au tibia, semble s’articuler seulement avec ce dernier os; mais eu examinant de jeunes individus de ces animaux, on voit que l’apophyse externe de sa tète inférieure appartient au péroné.]
Les rongeurs ont le calcanéum très alongé en arrière.
Parmi ceux d’entre eux qui ont cinq doigts parfaits, on remarque ce qui suit :
Dans le castor, l’os scaphoïde se divise en deux parties; une placée au-devant de l’astragale, et portant le deuxième et le troisième cunéiforme, et une en dedans de l’astragale, portant le cunéiforme cl il pouce, et un os surnuméraire aplati, posé le long du bord interne du tarse. C’est la même disposition dans le rat-taupe, les capromys, la marmotte, les écureuils, les porcs-épics; mais dans ces quatre derniers genres, l’os surnuméraire est plus petit.
Les rats et le paca ont le scaphoïde divisé ; mais l’os surnuméraire n’existe pas dans ces animaux.
Dans tous, le scaphoïde forme un tubercule sous la plante : celui du paca est alongé.
Parmi ceux qui n’ont que quatre doigts, la gerboise du Cap ou l'hélamys, qui a le pied très