ARTICLE SEPTIÈME. — DES OS DU COUDE-PIED
alongé, a le tubercule inférieur du scaphoïde nloiifjé et fort saillant. Sur le bord interne du tarse sont des os plats alongés, qui sont des rudiments de pouce.
[Dans les gerboises proprement dites, le métatarsien interne et l’externe sont extrêmement petits, et les trois autres sont soudés en un seul os, qui porte trois têtes inférieures pour l’articulation des phalanges.]
Dans le lapin et le lièvre, animaux qui ressemblent h la gerboise par le tubercule du scaphoïde, les rudiments du pouce se soudent de bonne heure avec le métatarsien du second doigt.
Dans le cabiai, le cochon d’Inde , le inara et l’agouli, qui n’ont que trois doigts, il y a cette partie interne du scaphoïde, qui porte un seul os servant de premier cunéiforme et de rudiment de pouce en dehors; sur le cuboïde est un petit os servant de rudiment de petit doigt.
Parmi les édentés, le tarse du paresseux à trois doigts est très remarquable par son articulation et par sa forme. Il n’est composé que de quaire os : l’astragale, le calcanéum eL les deux cunéiformes. L’astragale s’articule avec le péroné, le calcanéum et le grand cunéiforme. Son articulation avec le péroné a lieu au moyen d’une fossette conique dont est creusée sa face supérieure, et dans laquelle est reçue l’extrémité de l’os dont la figure correspond en relief à celle en creux de l’astragale. Sur la partie latérale interne, il y a une facette articulaire convexe, qui roule sur la portion externe de l’extrémité tarsienne du tibia. Il résulte de ce mode d’articulation, que le pied du paresseux ne peut s’élever et s’abaisser, mais seulement décrire les mouvements latéraux d’adduction et d’abduction, au moyen desquels il acquiert la faculté d’embrasser le tronc des arbres et d’y grimper, mais qui rendent l’action de marcher extrêmement pénible.
La facette articulaire du calcanéum est un simple tubercule reçu dans une fossette de l’astragale, ce qui aide encore les mouvements dont nous venons de parler. Sa tubérosité ou le talon, est très alongée et forme plus des deux tiers de cet os.
Les deux cunéiformes ne présentent aucune particularité. L’interne s’articule avec l’astragale; l’externe avec le calcanéum.
[Dans les monotrèmes, les os du tarse se rapprochent un peu de ceux des reptiles; l’astragale est beaucoup plus grand que le calcanéum. Celuici a sa tubérosité dirigée extérieurement : outre le scaphoïde et le cuboïde, il y a trois os cunéiformes et deux os surnuméraires, l’un en dessous et 1 autre sur l’astragale. C’est celui-ci qui porte 1 éperon venimeux du mâle de ces animaux. ]
L éléphant a le tarse et le métatarse très courts. Du reste, ces parties n’ontrien de particulier, si cc n est que le cuboïde s’avance en dedans jusqu’au-
devant du scaphoïde, et que la facette tibiale de l’astragale n’est point creusée en poulie, tandis que dans les autres pachydermes elle l’est fortement, et qu’au côté externe de la facette scaphoïdicnnc s’en trouve une autre qui fait avec elle un angle plus ou moins aigu pour une partie plus ou moins grande du cuboïde. C’est dans le cochon que cet te seconde facette est la plus grande, et dans le cheval et le daman qu’elle est la plus petite.
L’astragale de ce dernier animal a sa partie tibiale déjetée en dehors plus que dans aucun autre.
Dans le cochon, il y a sur le scaphoïde les trois cunéiformes ordinaires, et un dessous le premier qui paraît un rudimentde pouce.
Le tapir et le rhinocéros n’ont que deux cunéiformes. Il faut remarquer que tous les animaux dont on a parlé jusqu’ici, excepté les gerboises, ont autant d’os métatarsiens que de doigts.
Les ruminants ont le cuboïde et le scaphoïde soudés, excepté dans le chameau où ils sont distincts. Il y a au côté externe de la poulie de l’astragale un os qui parait représenter la tète inférieure du péroné. Il s’articule sur le haut du calcanéum.
Il n’y a que deux cunéiformes, le moyen et le petit étant réunis en un seul; ils sont soudés dans la girafTe. Les deux os métatarsiens, extrêmement alongés, se soudent toujours en un canon, comme ceux du métacarpe.
[Ce que nous avons vu dans les kanguroos nous autorise à penser que les deux doigts qui restent dans les ruminants sont le troisième et le quatrième : ainsi la règle serait que les mammifères perdent d’abord le pouce, puis le petit doigt, puis le deuxième, enfin lorsqu’il n’y en a plus qu’un parfait, comme dansle cheval, ce seraiteelui du milieu.]
Dans les solipèdes, il y a deux cunéiformes et le scaphoïde est distinct du cuboïde. L’osselet péronien manque, ainsi que la facette du calcanéum qui le reçoit.
L’os du métatarse est aussi unique, et est appelé le canon de derrière. A chacun de ses côtés est un petit stylet osseux, vestige des deuxième et troisième doigts.