DE LA STATION
La station est cet état dans lequel un animal se tient sur ses jambes dressées et fermes.
Si un homme ou un animal, cjui se tient debout, venait à mourir subitement, ou cessait, par quelque autre cause , de faire les efforts nécessaires pour le maintien de sa station, toutes les articulations de ses jambes céderaient sous le poids de son corps et se fléchiraient. La station est donc produite uniquement par l’action soutenue des muscles extenseurs de toutes les articulations; les fléchisseurs n’y entrent pour rien, et c’est là une des causes pour lesquelles une station constante est plus fatigante que la marche qui durerait le même temps, mais dans laquelle les extenseurs cesseraientaltcrnativement d’agir, pour céder aux fléchisseurs.
Il y a cependant des animaux dans lesquels certaines articulations sont maintenues dans l’état d’extension par leur propre forme, et par les ligaments qui s’y attachent. [Tels sont les oiseaux : leur péroné a sa tète très-élargie d’avant en ar-
rière, et son bord supérieur est une ligne à peu près droite, montant obliquement en arrière. Le fémur appuie sur cette ligne droite par une ligne saillante, sculptée sur son condyle externe, convexe au milieu, et dontles deux bouts sont un peu concaves, et un ligament élastique , vertical, tient ces deux os appliqués l’un contre l’autre. Ce ligament est tiraillé quand la jambe n’est ni complètement étendue, ni complètement fléchie, parce qu’alors le fémur touche le péroné par l’arête saillante de son condyle; tandis que, dans ces deux états, le péroné rentre dans l’une des concavités placées aux deux bouts de l’arête, et y est maintenu par la contraction du ligament. On voit donc que leur articulation du genou est munie d’une espèce de ressort analogue à celui de la charnière d’un couteau *, avec’ deux points fixes, où les os restent dans leur situation respective par l’action simple des ligaments, à moins d’un effort de la part de l’oiseau pour les déplacer.]
C’est pour- cela que certains oiseaux ( la cigogne) peuvent passer des jours et des nuits sur uu seul pied sans se fatiguer.
Mais les choses ne sont point ainsi dans l’homme et dans les quadrupèdes ; leurs muscles seuls les retiennent. Au reste, il ne faut point se représenter l’extension qu’ils produisent comme une immobilité parfaite; elle consiste plutôt dans une suite de vacillations, c’est-à-dire de flexions et d’extensions alternatives très-petites.
Les animaux peuvent se tenir debout sur deux pieds, ou sur quatre, ou sur davantage.
Ceux qui se tiennent sur deux pieds peuvent avoir alors le corps verLical, ou plus ou moins approchant de l’horizontale.
A. Slation sur deux pieds, à corps vertical.
Pour qu’un corps puisse se tenir dans une po-
* [M. Duméril l’a décrite et figurée. Bulletin des sciences par la Société philomatique. Germinal an 7. y. aussi Cuvier, Ossem. foss., t. III, p. 3 1 3. ]