‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 141 sur 174 · C. Station sur quatre pieds · texte numérisé non relu

C. Station sur quatre pieds

Nous avons vu ci-dessus quelles sont les causes qui empêchent les quadrupèdes [et particulièrement les mammifères] de se tenir debout. Ces causes deviennent d’autant plus fortes que les animaux sont plus parfaitement quadrupèdes, c’està-dire qu’ils peuvent moins quitter la station sur quatre pieds; et elles sont accompagnées de moyens particuliers propres à favoriser cette dernière sorte de station.

La station sur quatre pieds fournit à l’animal une base très-considérable sur laquelle il est soutenu : mais à cause de la pesanteur du cou et de la tête, le centre de gravité est plus voisin des jambes de devant que de celles de derrière; en sorte que l’extrémité antérieure, qui n’a point de support à donner au corps dans l’homme, en soutient presque toute la charge ici. Elle a reçu en conséquence des extenseurs beaucoup plus puissants, surtout ceux du coude, comme nous l’avons vu en les décrivant. L’omoplate est fortement abaissée, et par conséquent le tronc soutenu entre les épaules par un muscle grand dentelé plus étendu que dans l’homme; en un mot, tout ce que l’extrémiLé postérieure parait avoir perdu en force musculaire semble être passé à l’antérieure.

La tête se trouvant hors de la verticale et projetée en avant sur un cou souvent très-long, il a fallu beaucoup plus de moyens pour la soutenir. Ils consistent dans l’épaisseur des muscles cervicaux et l’étendue de leurs attaches, et dans la force du ligament cervical. Ces deux circonstances d’organisation ne se trouvent pas dans l’homme, dont la tête se soutient par sa propre position. L’une et l’autre existent dans un degré d’autant plus fort que la tête est plus lourde ou qu’elle sup-

* f'ojr. p. igo.

*" [Ce n’est pas, à proprement parler, le ligament cervical qui s’ossifie; mais on trouve derrière la tète un os

porte des cornes plus grandes; mais lorsqu’elle doit soulever encore des fardeaux étrangers, comme dans la taupo, les muscles se renforcent étonnamment, et le ligament cervical s ossifie

Le corps pèse entre les quatre jambes et tend à courber l’épine vers le bas par son poids. Ce sont les muscles du bas-ventre, et surtout les muscles droits, qui empêchent cette cotlrbure, par leur tendance à eu produire une contraire et à faire voûter l’épine. Les extenseurs de l’cpine ne servent point à cela ; car leur action seconderait au contraire celle du poids du tronc. Ces muscles de l’abdomen contribuent surtout avec force à voûter la colonne vertébrale dans les espèces revêtues d’écailles ou d’épines, et qui ont l’habitude de se rouler en boule lorsqu’elles aperçoivent du dan-' ger, comme le hérisson, les tatous, les pangolins. Ces muscles sont plus forts dans ces espèces que dans lotîtes les autres. Le pangolin à longue queue ou phatagin a deux productions tendineuses et même presque ossifiées, qui s'étendent depuis le cartilage xyphoïde jusque près du bassin.

Les jambes des mammifères se fléchissent en avant et en arrière, dans des plans à peu près parallèles à l’épine, et peu éloignés du plan moyen du corps dans lequel agit la pesanteur. Les quadrupèdes ovipares, au contraire, ont leurs cuisses dirigées en dehors, et les inflexions de leurs pattes se font dans des plans perpendiculaires à l’épine : par là, le poids du corps agit par un levier beaucoup plus long pour empêcher le redressement du genou. Aussi ces animaux gardent-ils toujours les genoux pliés, et leur ventre traîne à terre entre leurs jambes. C’est de là que leur est venu le nom de reptiles.

D. Station sur un plus grand nombre de pieds.

[La station de beaucoup d’animaux articulés, sur six, huit, dix, ou même un plus grand nombre de pieds, fournit à leur corps une base plus considérable qu’aux précédents. ^

Les six pattes des insectes sont à la vérité insérées en avant du centre de gravité, mais leurs pattes postérieures se dirigent toujours fortement en arrière pour ctendre leur base. De plus, ils ont les tarses armés de crochets qui servent à fixer les pieds et les empêchent de glisser.

Dans les arachnides, les huit pattes sont disposées en rayons autour du thorax, et oflrent au corps, par leur prolongement excessif, une base très-étendue.

11 en est de même de la plupart des crustacés décapodes, dont la station est plus facile encore

particulier, situé cutrc le trapèze et le splcnius, et qui donne attache à leurs libres, y oyez p. iî(4']

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