SEPTIÈME LEÇON
Plusieurs quadrumanes, les sarigues, les plialangers, les fourmiliers , et quelques rongeurs, ont, pour ainsi dire , un cinquième membre, qui les aide à grimper. C’est leur queue, au moyen de laquelle ils peuvent se suspendre et saisir les corps aussi fortement qu’avec une main. Les muscles qui produisent ce mouvement ne diffèrent de ceux des autres queues que par une force plus grande.
Le genre des chats grimpe en enfonçant ses griffes aigues, tranchantes et crochues dans les corps. Nous avons déjà vu comment ces ongles sont retenus en arrière et entre lesdoigls, la pointe tournée vers le ciel, par le moyen de deux ligaments élastiques, indépendants de la volonté de l’animal. Lorsqu’il veut s’en servir, il fait agir le fléchisseur profond des doigts, qui fait tourner la dernière phalange sur la pénultième, et dirige la pointe de l’ongle en dessous. C’est aussi par ce moyen que les chats saisissent les objets mobiles, et qu’ils déchirent leur proie.
Les paresseux ont une disposition contraire dans les ligaments. Leurs ongles sont naturellement reployés sous les doigts, et l’animal est obligé de les étendre par le moyen des muscles extenseurs, lorsqu’il veut s’en servir. Au reste, ces doigts sont fort peu commodes à cet animal, n’étant composés que de deux phalanges, dont une très-courte, et l’autre entièrement revêtue par l’ongle , et les os métacarpiens étant soudés ensemble et immobiles.
Les oiseaux grimpeurs se retiennent aussi par le moyen de leurs ongles aux inégalités de l’écorce; ce sont principalement les ongles de derrière qui servent à les soutenir et à empêcher les culbutes. Quelques genres, comme les grimpereaux et les sittelles, n’ont qu’un seul doigt dirigé en arrière, mais il est très-fort : la plupart en ont deux, pour être mieux soutenus. Le genre des pics et celui des grimpereaux ont encore un autre arc-boutant qui est leur queue, dont les pennes sont très-roides, et se fixent avec force contre les surfaces sur lesquelles ces oiseaux grimpent.
Les oiseaux ne peuvent exercer la préhension que par le moyen de leurs pieds; et comme ils en ont besoin pour se soutenir, il n’y a qu’un petit nombre de genres qui les emploient à cet usage, excepté toutefois en volant, parce qu’alors leurs pieds sont libres; et quelques espèces en nageant d’un seul pied, comme les pélicans et les cormorans.
Les espèces qui se servent le plus souvent d’un de leurs pieds pour porter à la bouche, pendant qu’elles sont debout sur l’autre, sonL les perroquets et les chouettes ; d’une part, à cause de la disposition commode de leurs doigts, et de l’autre , à cause de la pesanteur de leur tête, qui leur causerait des chutes fréquentes, s’ils voulaient toujours la porter en avant pour becqueter.