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AKTICLE QUATRIÈME. — DU SAUT

maux, parce que, lorsque les forces sont proportionnelles aux masses, elles leur impriment des vitesses égales, et les espaces parcourus dépendant uniquement des vitesses, ils doivent être à peu près les mêmes pour les petits animaux que poulies grands.

La direction du saut dépend de la position du centre de gravité par rapport au membre dont il reçoit l’impulsion : c’est pourquoi l'homme et les oiseaux sont les seuls qui puissent sauter verticalement, parce qu’ils sont, les seuls où le tronc soit verticalement au-dessus du membre qui produit le saut; cependant ils peuvent aussi sauter en avant, en donnant plus de force à la rotation de la cuisse qu’à celle de la jambe, ou même en arrière, en faisant le contraire.

Les quadrupèdes et les insectes ne peuvent sauter qu’en avant. Les araignées, qui ont de chaque côté plusieurs longues pattes, sautent de côté comme en avant.

La course est une suite de sauts bas faits alternativement sur chaque jambe. Elle ne diffère de la marche que parce que le corps est élancé à chaque pas, et que le pied postérieur est élevé avant que l’antérieur soit posé. Elle est plus rapide que la marche même à grands pas, parce que la vitesse acquise se conserve et s’augmente à chaque élan, par la nouvelle vitesse qui vient s’y ajouter : aussi ne peut-on s’arrêter subitement en courant, tandis qu’en marchant on peuL s’arrêter à chaque pas. C’est cette vitesse acquise par la course qui favorise les sauts en avant, en ajoutant à celle que le saut lui-même peut donner dans ce sens, mais elle nuirait à un saut vertical ; elle l’empêcherait même entièrement. Le coureur penche son corps en avant, afin que son centre de gravité soit dans la position nécessaire pour être poussé dans ce sens par la jambe postérieure; il est obligé aussi de porter l’autre jambe rapidement en avant pour empêcher la chute. Le moindre obstacle qui arrête cette jambe, et l’empêche d’arriver assez tôt pour soutenir le corps, fait tomber le coureur : les retards de ce genre étant beaucoup plus dangereux dans la course que dans la marche, à cause de la plus grande vitesse, les chutes y sont plus fréquentes.

L’homme ne varie sa manière de courir qu’en iaisant ses pas plus ou moins longs, ou plus ou moins rapides; mais les quadrupèdes les varient encore par l’ordre selon lequel ils élèvent chacun de leurs pieds ou le ramènent à terre.

Le trot est une course dans laquelle les pieds opposés en diagonales partent à la fois, et tombent à la fois, chaque paire alternativement, de manière cependant qu’il y a un instant très-court où ils sont tous les quatre eu l’air. Cela produit une allure égale, dont les pas se font entendre en deux temps.

Le galop est une course dans laquelle l’animal soulève, à chaque pas, son train de devant, et l’élance par le déploiement de celui de derrière. Lorsque les deux pieds de devant tombent à la fois, et ensuite les deux pieds de derrière aussi à la fois, c’est le galop forcé, qui est l’espèce de course la plus rapide que le cheval puisse exécuter, et la seule qu’aient les chiens, les lièvres, etc. Dans cette sorte de course, les pas du cheval se font entendre en deux temps. Le galop ordinaire est lorsque les deux pieds de devant sont inégalement avancés et tombent l’un après l’autre. On le divise en galop à trois et quatre temps, parce que les pieds de derrière peuvent aussi ne retomber que l’un après l’autre. Au rcsle tous ces objets ont été suffisamment développés par les écuyers et les liippolomistes.

[ Le plus souvent dans le galop les pieds de derrière viennent se placer très -près de la trace ou même tout à fait dans la trace des pieds de devant. Il n’en est pas ainsi pour la girafe; son corps est si court, par rapport à la hauteur de ses jambes, que son galop serait extrêmement raccourci, si elle n’avait un moyen de l’allonger; elle écarte dans cette sorte de course ses pieds de derrière et les porte fort en avant de ceux de devant, de sorte qu’il arrive un moment où les jambes de cet animal sont croisées en X.

Les phoques offrent, lorsqu’ils sont à terre, l’exemple d’une progression difficile à qualifier. Ce n’est point une marche , puisque leurs membres sont alors presque passifs, c’est plutôt une suite de bonds opérés par l’extrémité postérieure du tronc. L’animal, couché sur le ventre, élève sa tète et sa poitrine par l’action des muscles du dos; puis il fait, à l’aide des muscles des lombes, du bassin et de la cuisse, un effort violent qui le lance quelque peu en avant , et comme il répète ce mouvement avec promptitude, il parvient à fuir encore avec assez de vitesse *. ]

Il y a plusieurs genres d’animaux qui sautent au moyen d’organes différents des pieds, mais toujours par un déploiement subit de plusieurs articulations successives.

Les serpents sautent en ployant leur corps en plusieurs oudulations qu’ils détendent toutes à la fois, ou successivement, selon qu’ils veulent se donner plus ou moins de vitesse. Ils peuvent être aidés par les écailles de leur ventre, qui se redressent, et ensuite se reportent contre le corps; mais il n’y a que quelques genres qui puissent employer ce moyen.

Certains poissons sautent aussi au-dessus des cataractes, en ployant leur corps fortement et en le débandant ensuite.

* \ y> Duvernoy, Itecli. sur les organes du mouv. du phoque commun , Mém. du mus., t. IX, p. i8i.]

SEPTIÈME LEÇON. — DES MOUVEMENTS

Les écrevisses à longue queue, surtout les salicoques , sautent en déployant leur queue qu’elles avaient recourbée sous le corps.

La larve de mouche, appelée vulgairement ver du fromage, se contourne en cercle, se contracte le plus qu’elle peut; puis se débandant subitement, elle est lancée à une dislance assez considérable.

Les poclures ont une queue formée de deux articulations , qu’elles reploient sous leur abdomen, et qui leur fait faire des sauts très-considérables en se détendant.

Dans le tau pin, le corselet présente une particularité de conformation qui produit le saut, quand cet animal est renversé sur le dos. Ce sont d’abord deux pointes postérieures et latérales qui s’opposent au trop grand renversement du corselet sur la poitrine, et ensuite en dessous une pointe unique, recourbée, que l’animal fait entrer avec ressort dans une fossette de la poitrine.

ARTICLE V

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