DE LA REPTATION
ment rapide et continu , qui ne se compose plus alors que d’ondes légères et multipliées.
La première de ces marches doit servir principalement à gravir les rochers, et la seconde à se mouvoir sur le sol , cnlre les liges de plantes , et à grimper aux arbres. On conçoit qu’en combinant ces deux sortes de mouvements, le serpent puisse accélérer sa marche ; et c’est surtout alors qu’on observe chez lui cette progression ondoyante, sinueuse, dont l’image s’exprime par le mot serpenter, que l’on applique par comparaison au cours d’un ruisseau , au tracé d’une allée, etc. On conçoit également qu’en détendant subitement tout ou partie des arcs qu’il a formés, il puisse s’élancer sur sa proie ou fuir un ennemi.
Ceux des serpents qui, comme les orvets, n’ont point de plaques ventrales, rampent généralement avec moins de vitesse, parce qu’ils ne peuvent pas se cramponner sur le sol avec autant de force que les autres.
C’est la première manière de ramper qu’emploient de préférence les vers de terre ou les lombrics , et en général toutes les annélides et les larves sans pieds. Leur corps, composé d’anneaux extensibles el rétractiles , avance toujours en deux temps. La moitié postérieure étant appuyée sur le sol, et quelquefois même cramponnée, comme chez les lombrics, au moyen des soies latérales dont chacun de leurs articles est pourvu, la moitié antérieure s’étend, se porte en avant, et se cramponne à son tour pour faire avancer la partie postérieure.
Quoique les chenilles soient pourvues de pieds, leur progression se fait également par le mouvement du corps et non par celui des pieds, qui sont courts et ne servent que de crampons; c’est par
rence qui existe entre la vitesse des chocs qui frappent l’air de haut en bas, et de ceux qui le frappent de bas en haut. Selon la théorie qu’a exposée M. Strauss, le mouvement qui élève l’aile aussi bien que celui qui l’abaisse profiterait au vol. Cela viendrait de ce que les ailes, plus flexibles à leur partie postérieure, là où les nervures sont moins fortes, se courbent en dessus quand l’insecte ajiaisse l’aile, et eu dessous quand il la soulève; et la résistance de l’air, dans ces deux cas, agissant obliquement, aurait pour résultat une impulsion oblique en avant et en haut.
Cette théorie s’appliquerait aussi à certains oiseaux qui ne reploient pas l’aile, en supposant que leurs pennes, élastiques, et attachées au bord externe de l’aile, se prêtassent, comme la partie postérieure de l’aile des insectes, à ces inflexions en dessus et en dessous.
M. Cliabrier a aussi exposé une théorie, qui lui est propre, sur le vol des oiseaux et des insectes, dans son Essai sur le vol des insectes, etc., 4°. i8a3, et Mémoire sur les mouvements progressi/s de l'homme et des animaux. 1828.]
conséquent encore par une sorte de reptation, mais à ondes verticales. La première paire de pattes étant fixée, la seconde est. portée auprès d’elle par la contraction des muscles inter-annulaires 5 puis la troisième, la quatrième, et successivement jusqu’à la dernière. Muis l’insecte n’attend pas que celte dernière soit avancée pour recommencer à la partie antérieure la même série d’actions. Aussitôt que les deux ou trois premières paires de pattes sont fixées , il avance de nouveau la tête et la première paire de pattes , et recommence une nouvelle onde qui suit la première à peu de distance, et qui parcourt comme celle-ci, et comine le feront toutes les suivantes, toute la longueur du corps. Ce mode de progression n’est , pour ainsi dire, qu’exagéré dans les chenilles nommées arpenteuscs ou géomètres ; leur marche se compose d’une onde unique. N’ayant point de pieds à la partie moyenne de l’abdomen , elles rapprochent leurs pattes postérieures des antérieures, en courbant leur corps en arc ou en boucle; puis, elles se cramponnent sur les pattes postérieures, redressent et roidissent leur corps, et portent ainsi leur tête en avant. Celte faculté de sex-oiilir, fixées par leurs pattes de derrière aux rameaux des branches des végétaux sur lesquelles elles vivent , est si grande, qu’on les prend souvent pour une tige dépouillée de ses feuilles.
Les annélides à ventouses, telles que les sangsues, ne rampent pas à proprement parler, lorsqu’elles ne font pas usage de leur faculté de nager. Leur marche est analogue à celle des chenilles arpenteuses, puisque leurs ventouses étant rapprochées et leur corps ployé en anse, elles détachent une de leurs ventouses et la portent en avant ; puis, après l’avoir fixée, elles détachent l’autre à son tour, qu’elles portent de nouveau et fixent près de la première.
Les mollusques gastéropodes rampentsur cet organe en forme de disque qu’on appelle leur pied, et dont la surface inférieure est toujours lubréfiée par une humeur gluante qui facilite le glissement de l’animal, glissement produit par les contractions, les inflexions, les prolongements ou relâchements des diverses parties de cet organe.
Plusieurs gastéropodes nus, les êolides par exemple, nagent aussi au moyen de ce pied; mais on pourrait tout aussi bien dire qu’ils rampent au milieu des eaux, car c’est un mouvement ondulatoire du pied, tout à fait semblable 5 celui des précédents, qui semble les faire plutôt glisser dans l’eau que nager.]
Du reste, en décrivant les muscles et les autres organes du mouvement des animaux sans vertèbres, nous en avons assez expliqué l’emploi pour que nous n’ayons pas besoin d’y revenir ici.
HUITIÈME LHÇC1T.
DE LA TÊTE, CONSIDÉRÉE COMME RÉCEPTACLE DES PRINCIPAUX ORGANES DES SENS.
En traitant des organes du mouvement, nous n’avons parlé de la tête que relativement à sa masse, aux mouvements dont elle est susceptible, et aux muscles qui agissent sur elle. Si nous nous en tenions là, nous n’en aurions qu’une connaissance très-incomplète. L’histoire de ses os fait la principale partie de l’ostéologie comparée, parce qu’ils sont les plus variables et les plus compliqués de tout le squelette : d’ailleurs, ilssont importants à connaître à cause du grand nombre de parties essentielles auxquelles ils servent de soutien ou d’enveloppe. Le cerveau, les principaux nerfs, les organes de la vue, de l’ouïe, de l’odorat et du goût, ceux de la manducation et de la déglutition, une partie de ceux de la respiration et de la voix, sont renfermés dans la tête, ou du moins sont attachés à quelqu’un de ses os, ou en traversent les
trous et les canaux. C’est donc ici que nous devons la décrire, à la fin du traité des organes des mouvements, afin de compléter l’ostéologie,et au commencement de celui des organes des sensations , pour que nous connaissions d’avance le lieu assigné à chacun d’eux.
ARTICLE PREMIER