ARTICLE PREMIER. — PROPORTIONS DU CRANE ET DE LA FACE
Hyène, à la surface externe. . . . 40..
— à la surface interne 25
Lionne, à la surface interne. ... 20
Léopard, à la surface interne. . . 28
(On ne peut mener de tangente à sa surface externe, à cause de la convexité du nez ).
Phoque commun. ...... 52
Sarigue, à la surface externe. . . 21
— à la surface interne 12
Kanguroo géant 25
Lièvre 50
Marmotte 25
Porc - épie 2o
(Les trois derniers , ainsi que les suivants, sont mesurés par la surface interne, parce qu’on ne peut mener de tangente à l’externe. )
Aye-aye 4-t
Unau 50
Pangolin 59
Babi-roussa 29
Cheval 23
Bélier 50
Dauphin 25
Échidné ,.20
Ornithorhinque 14
Dans l’homme, la hauteur de la face, sans la mâchoire inférieure , est à peu près égale à celle du front.
Sa largeur aux pommettes est à sahauLeur comme 5 à 2.
Le diamètre antéro-postérieur du crâne est au plus grand diamètre transverse derrière les tempes, comme 5 à 4.
La profondeur de la face sur la base du crâne est à peu près égale à sa hauteur.
[Ces rapports de situation entre le crâne et la face ne peuvent être établis avec précision que dans l’homme, à cause de l’allongement en sens inverse de ces deux parties de la tète dans les autres animaux; de sorte que la face devient antérieure et le crâne postérieur. Nous parlerons plus bas de l’inégalité des deux diamètres du crâne, à l’occasion d’une des coupes de cette cavité.]
Mais on peut découvrir des rapports plus importants que ceux de l’angle facial, en considérant le crâne et la face dans une coupe verticale et longitudinale de la tète. Relativement à leur proportion respective, le crâne occupe dans celte coupe une aire tantôt, plus grande, tantôt moindre, tantôt à peu près égale à celle qu’occupe la face.
Dans l’Européen, l’aire de la coupe du crâne est à peu près quadruple de celle de la face, en n’y comprenant point la mâchoire inférieure.
Dans le nègre, le crâne restant le même, l’aire de la coupe de la face augmente d’environ un cinquième : elle n’augmente que d un dixième dans le calmouque.
La proportion est encore un peu moindre dans Yorang-outang [jeune, dans le chimpansé et dans le saïmiri, dont l’aire de la coupe du crâne est à peu près triple de celle de la face.] Dans les sapajous, l’aire de la face est presque moitié, et dans les makis les deux tiers de celle du crâne : elle lui est presque égale dans les gibbons, les guenons , les macaques, les mandrills , et dans la plupart des carnivores, excepté les phoques et les variétés de chiens à museau court, comme le doguin, qui ont la face un peu moindre à proportion du crâne; excepté encore les vraies chauves-souris, dont la proportion du crâne est assez grande, l’aire de sa coupe étant double de celle de la lace. Dans le galéopilheque, l’aire de la coupe du crâne n’est pas beaucoup plus grande que la face. Dans le hérisson, la cavité cl u crâne tient presque autant d’aire que la face. Les rongeurs, les pachydermes, les ruminants et les solipèdes, ont tous l’aire de la coupe de la face plus grande que celle du crâne : parmi les rongeurs, le lièvre et la marmotte l’ont d’un tiers plus grande; mais elle est d’un tiers plus petite dans Yaye-aije; elle est plus que double dans le porc-épic ; elle est presque double dans les ruminants, à peu près triple dans Yhippopotanie, presque quadruple dans le cheval. Dans les cochons, l’aire de la coupe de la cavité cérébrale n’est que la moitiéde celledu crâne, tel qu’il parait à l’extérieur, tant il est augmenté par les grands sinus qui régnent jusqu’à l’occiput, et tout le crâne ensemble égale à peine la face pour l’aire. A la vérité, il est plus haut, mais il est aussi beaucoup plus court.
Dans Yunau également de grands sinus occupent toute la paroi supérieure du crâne, et ne laissent pas juger du volume du cerveau à l’extérieur. Il n’y a rien de semblable dans Yaï.
Le morse et Y éléphant ont une grande face, à cause de la hauteur de leurs alvéoles; mais elle ne peut être considérée ici comme augmentant l’étendue des organes des sens.
Les cétacés ont un crâne très-bombé et une face très-plate, ce qui diminue l’aire proportionnelle de celle-ci : d’ailleurs, cette face n’est, point occupée par le nez dans toute son étendue, et ne peut être considérée ici sous ce rapport. Son aire peut être dans le dauphin d’environ un tiers plus grande que celle du crâne; [mais dans le marsouin elle est moindre, et ce n’est sans doute pas exagérer que d’évaluer l’aire de la face des baleines et du cachalot à quinze ou vingt fois celle du crâne. Dans le lamantin , l’aire de la coupe du crâne est à peu près moitié de celle de la face.] Pour cc qui concerne leur figure, la coupe du
crâne de l’homme, si l’on en continuait In courbe en dessous, depuis le trou occipital jusqu’à la racine du nez, formerait un ovale un peu plus étroit en avant, et dont le grand axe serait à peu près parallèle au plancher des narines, ou du moins très-peu incliné en arrière, et se rapporterait au petit, comme 5 : 4. Mais cette courbure est remplacée dans l’espace que je viens d’indiquer, et (jui forme la limite du crâne et de la face, par une ligne irrégulière qui forme un angle saillant au dedans de cet ovale. La coupe de la face est un triangle dont le plus grand côté est celui qui touche au crâne, et le "moindre celui qui répond au dehors. L’angle que celui-ci fait avec le troisième côté ou le palais est précisément l’angle facial.
Dans les singes, le grand axe s’allonge un peu par rapport au petit; la ligne de séparation du crâne et de la face devient plus droile, cl. le côté antérieur et l’inférieur du triangle de la face s’allongent au point que le côté qui touche le crâne devient le plus petit des trois dans les cynocéphales et les mandrills , et reste tel dans les autres quadrupèdes.
L’ovale du crâne est plus étroit par devant dans les carnassiei's et les rongeurs ; il l’est par derrière dans les ruminants et le cheval. On voit à sa voûte un fort angle rentrant dans ceux qui ont une séparation osseuse cnlre le cerveau et le cervelet.
Son grand axe s’incline en avant dans les carnassiers, relativementau plancher des narines, et en arrière dans tous les herbivores. La forme et la direction sont dans le morse comme dans les carnassiers.
[Dansles sarigues , le bord supérieur de la coupe est tout à fait parallèle h la base du crâne qui forme une cavité deux fois plus longue que haute; dans les péramèles et les dasyures, ce bord supérieur est plus bombé.
Dans Yaye-aye , la cavité du crâne paraît formée, dans cette coupe, par deux arcs de cercle concentriques qui lui donnent partout une hauteur à peu près égale. Ces deux arcs aboutissent, en avant, aux sinus frontaux et au crible ethmoïdal ; en arrière, à l’épine et au trou occipital. La longueur de la cavité est le double de sa hauteur. Dans les autres rongeurs, qui n’ont pas le crâne si bombé que l’aye-aye, la coupe longitudinale, tout en variant suivant les genres, est en général plus en triangle, le sommet en avant, la base en arrière.
La coupe de la lèle de l’éléphant est bien remarquable par l’énorme intervalle qui sépare les deux lames du crâne en avant de la crête occipitale, et qui égale la cavilé cérébrale en épaisseur, et par la forme de la cavité cérébrale, très-convexe en avant, en sorLe que la lame cribleuse s’y trouve placée en dessous comme dans l’homme;
mais la partie postérieure est autant et plus plate que dans aucun quadrupède, et le trou occipital est dirigé en arrière comme à l’ordinaire.
La coupe longitudinale du crâne du lamantin est singulièrement haute, surtout en avant, en comparaison de sa longueur.]
La coupe du crâne du dauphin vulgaire est bien remarquable, en ce que sa hauteur surpasse sa longueur. Elle est presque triangulaire, mais à 1 côtés convexes et à angles arrondis. Un des côtés esL antérieur, un postérieur, dans lequel est percé le trou occipital ; et le troisième, qui forme la base du crâne et qui correspond à la ligne de jonction du crâne et de la face des autres animaux, se trouve cependant tout entier en arrière de la face, et est môme parallèle à la voûte du palais. Ces trois côtés sont presque égaux.
On peut aussi considérer la coupe verticale transversale du crâne, c’est-à-dire celle qui se fait par un plan perpendiculaire à son grand axe,
[et par le milieu des fosses moyennes.]
Elle forme dans l’homme une portion très-considérable d’un cercle dont il ne manque qu’un segment yers le bas, qui fait un peu moins du tiers de la circonférence. Le crâne du nègre est un peu plus plat sur les côtés que celui de l’Européen, parce que ses fosses temporales sont plus grandes et plus enfoncées; cela lui rétrécit le visage par le haut, mais il s’élargit par en bas à cause de la proéminence des pommettes.
[Dans l’orang-outang, c’est un ovale dont il ne manque qu’un petit segment vers le bas, et dont le grand diamètre, qui est transverse, surpasse le vertical d’environ 1/10; tandis que dans le chimpansé, la différence de ces deux diamètres est de 1/4. Dans la plupart des autres singes, cette coupe produit un demi-ovale, dont la base est plus grande que la hauteur.
Chez le gibbon syndactyle, la hauteur du demiovale a les 5/7 de la largeur; chez le macaque, les 5/4; chez le mandrill, les 4/5; chez l’alouatte, les 5/7. Dans le sajou, celle coupe forme un cercle presque parfait; il ne manque en bas qu’un segment du sixième de la circonférence.]
Dansles carnassiers, cette coupe produit une demi-ellipse, arrondie vers le haut, et dont la base est à peu près égale à la hauteur. [Elle la surpasse cependant dans quelques-uns : ainsi, dans le blaireau, la hauteur est à la base : : 3 : 4; dans le raton, : : 5 : 7 ; dans la loutre et dans le phoque , : : 2 : 3.
Dans les rongeurs, les édentés, et l’éléphant, c’est un ovale échancré en bas, à la région de la selle, et dont la largeur surpasse la hauteur. La différence est, dans l’écureuil , le castor, l’unau, d’un tiers; dans le tamandua et le pangolin, de près de moitié; dans le lapin, d’un cinquième; dans l’aï, d’un sixième, et dans l’éléphant, de moitié.]