ARTICLE ‘PREMIER. — PROPORTIONS DU CRANE ET DE LA FACE
Dans le cochon, c’est un ovale dont la hauteur surpasse la largeur, et. dont les côtés sont échangés par de forts angles rentrant s vers les rochers.
Dans le cheval et le tapir, c’est un ovale plus large que haut, et dont la moitié inférieure a h peu près la même courbure que la supérieure. [Il en est de même dans les ruminants.
Dans le marsouin et les rorquals, c’est un demiovale dont la largeur est à peu près double de la hauteur; mais dans le dauphin vulgaire, la largeur ne surpasse la hauteur que d’un quart.
La coupe longitudinale et transversale du crâne, par un plan parallèle à celui de la base et vers le milieu de sa hauteur, donne dans l’homme un ovale un peu renflé sur les côtés et aplati aux extrémités, dont la largeur est à peu près les 4/5 de la longueur. Dans le chimpanséet dans le sajou, elle est comme dans l’homme. Dans le jeune orangoutang, elle a la forme d’un cœur dont la pointe, située en avant, serait arrondie, et dont la longueur ne surpasserait la largeur que d’un dixième. Dans les gibbons et les macaques, cette coupe donne un ovale un peu pointu en avant; dans le mandrill , cet ovale est plus étroit encore vers le front; et dans plusieurs carnassiers, le blaireau (par exemple), celte coupe ressemble à celle d’une poire dont la longueur serait presque double de la largeur.
Dans les chiens, la longueur est moindre proportionnellement. Dans les sarigues, la coupe forme un triangle isocèle dont la base, située en arrière, n’a guère que la moitié de la hauteur; mais dans les kanguroos, elle est plus semblable à celle des carnassiers ordinaires. Dans le phoque, au contraire, la partie la plus large est tout à fait en avant. Sa forme est celle d’un cœur aussi large que long, et dont la partie antérieure serait augmentée d’un court segment produit par la fosse cribleuse. Dans les rongeurs et les édentés, c’est une ellipse allongée dont le petit axe n’a , chez le lapin, le tamandua et le tamanoir, que les deux fiers du grand ; mais il faut remarquer que la partie de cette ellipse, comprise entre les rochers, forme une ligne sinueuse. Dans l’écureuil et le castor, le grand axe surpasse le petit d’un quart; il en est de même dans l’aï, l’unau et le tatoumulet; mais dans le pangolin à courte queue, le grand axe de l’ellipse n’est que d’un huitième plus long que le petit.
Dans l’éléphant d’Afrique, la boîte cérébrale étant aussi large de droite à gauche qu’elle est • longue, cette coupe donnerait un cercle parfait sans les sinuosités que produit la région des rochers.
Dans le cheval, si l’on fait abstraction de l’arête de la tente, c’est un ovale échancré en avant et un peu pointu en arrière, dont le grand diamètre a un quart de plus que le petit.
Dans le bœuf, les proportions des diamètres sont les mêmes ; mais l’échancrure de la partie antérieure est plus grande, et il y a en outre, sur les côtés, un élargissement prononcé.
Dans les cétacés, la position du grand et du petit diamètre est inverse; c’est le transversal qui est le plus long; il surpasse le longitudinal de 2/9 dans le dauphin, de 2/11 dans le marsouin, et de 2/5 dans le rorqual.
Dans l’échidné, cette coupe serait circulaire, si elle n’était un peu élargie à la région temporale ; mais dans l’ornilhorhinque , c’est un ovoïde dont la partie la plus large, située en arrière, est égale à la longueur.]
Ces remarques sont d’autant plus intéressantes, que, dans tous les mammifères, le cerveau se moule dans la cavité du crâne qu’il remplit exactement; en sorte que la connaissance de la partie osseuse donne au moins celle de la forme extérieure du cerveau.
B. Dans les oiseaux.
La coupe longitudinale et verticale du crâne des oiseaux représente généralement un ovale plus étroit en avant, donL le côté qui répond à la face est moins convexe que celui qui est supérieur et postérieur, et dont le grand axe est dirigé en haut et en avant. Les chouettes seules ont une coupe ovale, dont le grand axe est presque vertical, et qui se rétrécit à peu près également en haut et en bas.
La face des oiseaux étant formée principalement par leur bec, c’est la grandeur et surtout la longueur de celui-ci qui détermine leur physionomie; mais comme le nez n’en occupe souvent qu’une très-petite partie, et que la langue est souvent si petite qu’elle ne remplit pas à beaucoup près toute la bouche, on ne peut pas tirer de la proportion du crâne des oiseaux à leur face les mêmes inductions que ces parties fournissent dans les mammifères.
[La coupe transversale, par un plan parallèle â la base du crâne et au milieu de sa hauteur, présente généralement un ovale dont le grand diamètre est transverse, et auquel serait ajouté en arrière un segment plus ou moins large, produit par la section du canal qui loge la protubérance du cervelet. Le grand diamètre de l’ovale surpasse le petit, en n’y comprenant pas ce segment, de moitié dans l’aigle, le grand-duc, lecallao rhinocéros; d’un tiers dans la pie, la poule domestique et les goélands; d’un quart dans le casoar de la Nouvelle-Hollande et dans la cigogne à sac; d’un cinquième dans l’autruche et dans le cygne; enfin, d’un sixième dans le perroquet.
La coupe verticale et transversale produit gé-
nérnlement un ovale dont la hauteur est environ moitié de la largeur.]
G. Dans les reptiles et les poissons.
Le cerveau des reptiles et celui des poissons n’occupant qu’une petite partie de la cavité de leur crâne, la forme et la grandeur de cette cavité n’est point un indicateur important. La tortue l’a grande , étroite de droite à gauche, élevée en avant, surbaissée en arrière. Les parois latérales sont presque verticales; son fond est parallèle au palais. La forme extérieure de la tête et son volume apparent sont dus à des os accessoires entre lesquels et le crâne est un grand espace occupé par des muscles et des glandes.
Cette petitesse de la cavité du crâne, relativement au volume extérieur de la tête, est encore plus extraordinaire dans le crocodile où celLe cavité admet à peine le pouce dans un individu de quatre mètres de longueur, et où l’aire de la coupe du crâne ne fait pas la vingtième partie de celle de toute la tête. La figure de cette coupe est oblongue, un peu plus large par devant, descendant en arrière. Il y a un enfoncement considérable pour la glande pituitaire. Elle n’est pas plus large que haute, et les parties latérales de la tête ne recouvrent, comme dans la tortue, que les fosses temporales.
[Dans les sauriens, cette coupe produit généralement une figure rectangulaire rétrécie en arrière à la région occipitale, et terminéeen pointe plus ou moins allongée en avant.
Dans les serpents, ce n’est plus qu’un triangle très-allongé avec un petit prolongement étroit au milieu de sa base à la région occipitale.]
Le crâne des grenouilles et des salamandres est presque prismatique.
Celui des poissons est généralement fort petit en comparaison du reste de la tête; mais ses formes varient beaucoup, et ne se rapportent ni à celles du cerveau, ni à celles des parties environnantes; elles approchent le plus souvent de l’ovale, [mais sont quelquefois tout à fait rectangulaires. ]
ARTICLE II
OSTÉOLOGIE DE LA TETE DE l’hOMME ET DES MAMMIFÈRES.
§ I. Forme générale do la tète osseuse.
A. Dans l’homme.
La tête osseuse de l’homme présente de toute part de belles formes ovales.
En avant sont creusées deux grandes cavités coniques, dites orbites, et contenant les yeux ; entre elles deux s’ouvre une autre cavité, dite nasale, divisée en deux par une cloison, et se rendant horizontalement jusque dans une fosse appelée Y arrière -bouche. De chaque côté, derrière l’orhite. la crâne est comprimé ou creusé d’une fosse dite temporale ; de l’angle de l’orbite et de la joue part une espèce d’anse osseuse nommée arcade zygo- , maligne, et qui va rejoindre le crâne derrière la fosse temporale; entre cette arcade, la partie latérale de la mâchoire, la fosse temporale et l’arrière-bouche, est une fosse profonde dite sphénoïdale.
La région au-dessus des orbites se nomme le front. Celle du sommet de la tête le rertex. Celle de derrière la tête Yocciput ; les parties enfoncées derrière les orbites se nomment les tempes. La partie saillante sous l’angle externe de l’orbite la pommette. Celle qui est au-dessous de chaque orbite la joue.
Le crâne, considéré à part, est une boîte ovale, plus longue que large, plus large et plus haute en arrière qu’en avant. Sa partie antérieure, ou le front, approche de la verticale et est bombée supérieurement.
La partie supérieure, ou le vertex, forme une voûte. Les parties latérales, ou les tempes, sont un peu aplaties pour former des fosses temporales peu profondes.
La partie postérieure, ou l’occiput, est trèsbombée dans le milieu de sa hauteur.
Le trou occipital a son plan presque horizontal, et est placé vers le tiers postérieur de la longueur.
La lame cribleuse qui communique de l’intérieur du crâne vers le nez est entre les deux orbites et presque horizontale ; d’où il résulte que la base propre du crâne s’étendant de cette lame au grand trou occipital ne fait pas le tiers de la longueur totale de l’ovale.
La face de l’homme est petite proportionnellement.
La mâchoire supérieure a pour contour une parabole, et sa face inférieure est concave en dessous pour former le palais; son pourtour est saillant etoccupé par les dents. La face élevée sur cette base s’élargit sur les côtés, à moitié hauteur, pour former les pommettes, d’où part vers le haut le bord externe de l’orbite, et en arrière l’arcade zygomatique. Le bord interne de l’orbite, qui est en même temps le bord externe du nez, part du devant de cette même face, qui se trouve ainsi percée d’avant en arrière par le double canal des narines.
Sous ccttc mâchoire supérieure est l’inférieure, a peu près de même contour.
Considérée par le côté supérieur, la tête présente
ARTICLE DEUXIÈME
TÈTE DES MAMMIFÈRES
une voûte Arrondie plus longue que large, plus large en arrière qu’en avant, et d’une convexité à peu près égale, sauf deux saillies vers l’arrière un peu plus bombées que le reste. On voit des deux côtés , vers le devant, les arcades zygomatiques légèrement saillantes , et en avant l’on aperçoit la saillie des os du nez et de la mâchoire supérieure.
Considérée par le côté antérieur, la tète parait divisée en trois parties : les mâchoires, la partie supérieure de la face et le front, belle voûte légèrement entamée de chaque côté vers le bas par les fosses temporales , échancrée à son bord inférieur par les arcades sourcilières ou bords supérieurs des orbites.
Entre les orbites sont les os du nez qui recouvrent le haut de l’ouverture nasale antérieure; le reste de cette même ouverture descend plus bas que les orbites, et échancre ainsi fortement le haut de la mâchoire supérieure. On voit de chaque côté les saillies des pommettes qui vont former les arcades zygomatiques, et entre elles descend le bord dentaire de la mâchoire supérieure.
La cloison verticale et les cornets du nez s’aperçoivent au travers de son ouverture.
Considérée de profil, la tète humaine présente la belle courbure de son crâne ’; sa face descendant presque verticalement sous la partie montante et antérieure de la base du crâne; la saillie des os du nez; le bord presque horizontal de la mâchoire inférieure se prolongeant de chaque côté derrière les dents en une double aile osseuse; la pommette et l’arcade zygomatique unissant de chaque côté la face à la partie postérieure du crâne; l’articulation de la mâchoire inférieure sous l’extrémité postérieure de l’arcade; derrière celte articulation le trou auditif; derrière ce trou une éminence saillante vers le bas, nommée apophyse masloïde ; enfin la saillie de l’occiput.
Considérée en arrière, la tête présente une courbe faisant plus d’un demi-cercle, terminée de chaque côté vers le bas par la saillie de l’apophyse mastoïde; et entre les deux apophyses , le grand trou occipital vu par son plan , et les deux condylcs placés à scs côtés, et servant à l’articulation sur la première vertèbre.
Considérée en dessous, la tête présente au total un ovale plus régulier que par les autres côtés; en avant saille la parabole du palais, sur le bord postérieur de laquelle s’ouvrenl les fosses nasales,
[ - dans Blumenbach ( cran . divers, gent. decad .
pi. ai et 5i ) les admirables profils de deux tètes de racecaucasiqiie, (jn’il donne comme des types de beauté.]
[ C est celle qui a vécu à Paris sous le nom de Vénus liottcntote.]
[ Nous ne parlons ici que des caractères ostéologiques de la tête, et nous n’avons pas à rechercher si les
et dont les bords latéraux se prolongent en deux ailes osseuses dites apophyses plârygoides. On voit bien la profondeur des fosses temporales cernées en dehors par les arcades zygomatiques. Les deux tiers postérieurs de la base du crâne occupent le reste de cette surface, et ont dans leur milieu le trou occipital. On voit aussi par leur face inférieure les condylcs occipitaux, les apophyses mastoïdes et styloïdes, les cavités glénoïdes pour l’articulation de la mâchoire inférieure , et une foule d’autres détails sur lesquels nous reviendrons.
Les premiers objets de comparaison avec la tête caucasique doivent être les têtes îles races humaines qui s’écarLcnt plus ou moins de celle-là.
[ On sait en effet que l’espèce humaine présente certaines conformations héréditaires qui constituent ce qu’on appelle des races; et que trois d’entre clics surtout sont éminemment distinctes, la Hanche ou caucasique, qui a servi de type à la description précédente , la jaune ou mongolique , et la nègre ou cikiopique.
Les hommes de la race mongolique , à part la saillie de leurs pommettes, ne s’éloignent pas sensiblement, pour les caractères anatomiques de leur tête osseuse, de ceux de la race caucasique.
Mais dans la race éthiopique les différences deviennent très-grandes; le crâne diminue, et la face augmente : les tempes sont plates , le front comprimé; la mâchoire supérieure fait en avant une forte saillie , de sorte que la ligne du visage , de presque verticale qu’elle était, devient trèsoblique, et les os du nez y forment une voûte trèspeu relevée. Tous ces caractères se retrouvent au plus haut degré dans une tête de femme de la variété boschismarme ” : elle a surtout les os du nez plats, triangulaires, d’une petitesse remarquable; les apophyses montantes des maxillaires ne fout point d’arête ni de saillie autour et au-dessus des ouvertures nasales; de sorte que les os du nez, ces apophyses nasales du maxillaire, et la tubérosité de la pommette, sont dans un seul et même plan oblique avec l’ouverture extérieure des narines'.
On ne trouve pas dans l’étude des tètes des Américains et des Malais de caractère à la fois précis et constant qui permette d’en faire des races particulières, et ils 11e se laissent pas non plus aisément rapportera l’une des trois grandes races’*’. Néanmoins, peut-être qu’un examen attentif des crânes fournirait plus de caractères distiuctifs
caractères tirés de l’eusemble du corps , c’est-à-dire de la forme des traits, de la nature des cheveux, de la couleur de la peau, etc., permettraient d’établir nu plus grand nombre de races. C’est ce qu’ont tenté plusieurs auteurs, et tout récemment M. Pritchard dans un ouvrage intitulé : Researches into the physical history of rnan « hind, i vol. iu-8°. London, 1 836. ]
qu'on n’en n encore découvert, si le petit nombre des tètes d’origine certaine dans les cabinets , et l’extrême difficulté d’obtenir et de reconnaître des têtes de race pure, n’apportaient un trèsgrand obstacle aux recherches de cette nature. Ainsi , il nous a semblé remarquer quelque chose de particulier dans la forme de la partie postérieure du crâne des habitants de Van-Diemen.
Si l’on regarde leur têle parla face postérieure, on lui trouve une forme plutôt pentagonale qu’arrondie. La ligne de la base du crâne en forme un des côtés; les deux autres, perpendiculaires au précédent, sont formés par la terminaison en arrière des fosses temporales qui sont hautes et plates, et les deux côtés supérieurs résultent de la réunion à angle sur la suture sagittale des deux pariétaux.
On a trouvé, dans des pays différents, des têtes humaines dont la forme à la fois constante et trèsbizarre semblerait indiquer une race tout à fait à part. En effet, le front fuit en arrière, immédiatement au-dessus des orbites; le frontal, au lieu de présenter une voûte arrondie, est plat; les tempes sont moins larges et plus hautes ; la partie la plus élevée du crâne n’est plusle sommet du front, ce sont les bosses pariétales qui sont reportées en arrière, de façon que la face occipitale est fortement inclinée; en un mot, le crâne ressemble à une sorte de long cône obliquement appuyé sur la lace ; mais cette disposition n’est point naturelle, elle est le résultat des usages de certains peuples, qui, au moment de la naissance, soumettent le crâne des nouveau-nés à une compression qui lui donne cette forme étrange. Cet usage , qui subsiste de nos jours chez les Caraïbes, parait avoir été répandu chez d’anciènnes peuplades américaines. M. Pentland a rapporté du Pérou au Muséum un grand nombre de têtes trouvées dans d’anciens tombeaux, et qui toutes offrent les mêmes caractères et la même déformation. Bien plus, avant la découverte de ces crânes singuliers, le Muséum avait reçu d’Allemagne un crâne absolument semblable , tiré d’un très-ancien tombeau.
Dans ces têtes , la circonférence au-dessus des orbites est de 16 pouces G lignes, tandis que celle d’une tête caucasique est de 19 pouces et demi. La plus grande hauteur du crâne, du trou occipital aux bosses pariétales, est de 5 pouces 8 lignes; la même hauteur dans la tête caucasique est de 4 pouces 8 lignes.
Quelque différents que soient les crânes des en-
* [F. Bluiueubach. O. C. pl. 28 , 29 et 3o.]
»* V. sur le crâne de cette espèce. Camper, Diss. sur l’ orang-outang , œuvr. trad. franc., t. I , p. iîi, et pl. I, figures 3 et 5. Cette figure, copiée plusieurs lois, est d’après un individu qui n’avait encore que deux inâchclières do lait. Celle que donne Joscplii, /lnat. des
funls de ce qu’ils seront dans l’adulte, les caractères distinctifs se montrent déjà de la manière la plus évidente dans les crânes d’enfants des trois races *.]
B. Dans les mammifères.
a. Quadrumanes.
I)e Loules les têtes d’animaux , celle de l'orangoutang **, dans son jeune âge, est la seule qui approche un peu de celle de l’homme , par la grandeur proportionnelle du crâne, la hauteur du front, et la convexité du vertex, annonces du développement des hémisphères du cerveau ; mais on a exagéré beaucoup l’étendue de ce développement, parce qu’on ne l’a décrit jusqu’à présent que d’après de très-jeunes individus, dont la face n’avait pas atteint sa proportion naturelle; et même dans cet état ses différences sont déjà trèssensibles, et bien plus fortes que celles que nous avons observées dans le nègre.
Je ne puis la décrire moi-même que d’après un individu de la Cochinchiue, qui n’avait pas encore changé de dents.
Dès le premier examen du profil, on voit que les orbites remontent beaucoup plus haut sur le front; que la face est beaucoup plus élevée , les sourcils et le front plus reculés, le museau beaucoup plus saillant, la mâchoire inférieure plus élevée, ses branches plus hautes et plus larges, la région pariétale beaucoup moindre, et que le trou occipital se relève de manière à faire un angle de plus de 50° avec l’horizontal. La face occipitale présente une obliquité correspondante.
De face, les différences se montrent encore mieux; le front plus court, plus serré, et toutefois bien voûté et bien arrondi ; les orbites plus hauts que larges, extrêmement rapprochés, ce qui laisse peu de place pour le haut du nez, leur plafond descendant plus rapidement en arrière , la pommette plus basse par rapport à l’orbite, ainsi que l’os planum et le lacrymal, les narines ne remontant pas jusque entre les orbites; mais percées au milieu de la hauteur de la mâchoire supérieure.
Par la base, on est frappé de la proportion beaucoup moindre de la région occipitale, de la longueur bien plus considérable de la face palatine; le sphénoïde est placé plus en arrière, le trou occipital est d’un tiers plus long, à proportion de la largeur, que dans l’homme.
mamm. 1 supp., pl. IV, fig. 2 , est du même individu, [ F. aussi Pander et d’Alton., Die skclele der ■vierhander, Bonn., 1824. Pl. VIII, a, b. — Owen, Mon. on the osteology oj (lie chimpanzee and orang utan, Zool. trans., vol. t , p. 343.]
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
Je dois à M. Wallich, directeur du jardin île la compagnie des Indes, à Calcutta, une télé d’orang-outang de l’Inde au delà du Gange, assez différente de mon orang-outang de la Cochinchine, quoique de fort peu plus avancé en âge. Son crâne est plus petit à proportion; ses jugaux ont de chaque côté, prés de leur suture avec le frontal, une grosse proéminence : ses sutures inter-maxillaires sont effacées, même sous le palais, Lien qu’il n’ait pas changé de dents; l’aile temporale de son sphénoïde n'atteint pas jusqu’au pariétal ; la suture transversc du palais n’est pas droite, mais fait une pointe en avant.
Cette tête m’a conduit à reconnaître que le grand pongo de Wurmb n’est probablement que l’adulte d’un orang-outang *. Sa tête diffère, en effet, de celles des orangs qui ont été examinées jusqu’à ce jour, à peu près comme les têtes de guenons adultes diffèrent des jeunes.
11 a les dents de l’homme et des guenons , sans cinquième tubercule à la dernière. Son museau est en arc obliquement concave comme celui des orangs, le crâne s’élève de même au-dessus de la face, et sa base au-dessus du niveau du palais. Tous les trous, les fentes, etc., sont disposés comme dans les orangs ; il se trouve donc en définitif que les seules différences considérables consistent en ce que le crâne est plus petit à proportion, et porte une crête produite par le rapprochement des fosses temporales, et en ce que les branches de la mâchoire inférieure sont plus développées et plus élevées, différences toutes de nature à être produites par l’âge **. ,
Cet animal appartient plutôt au deuxième orang dont j’ai parlé qu’au premier, à cause de la forme des bords des orbites.
Le chimpansé du Congo, dont on n’a pu décrire non plus qu’un individu extrêmement jeune , a beaucoup de rapport avec le jeune orang-outang pour la face; son museau est cependant plus court. Les arcades sourcilières des orbites forment une crête saillante derrière laquelle le front se
‘[Cette opinion, que M. Cuvier exprimait eucore avec doute à l’époque où il rédigeait cette partie de sou ostéologie, a été depuis confirmée complètement. V. notamment le mémoire de M. Ovren , et les planches qui l’accompagnent.]
** P • les figures de la tête dessinées par Camper, dans Fischer Naturhistorische fragmente, I, planches III et IV.
*** y. pour la tête osseuse du chimpansé, Tyson, Anal, of a pjrgmie, fig. 5, copié Joseph!, pl. II; Daubenton, Ilisl. nat. de Bnffon, t. XIV, ln-4°, p. 77 et suiv., et Mèm. de l’ Acad, des sc. pour 1764, p. 568 et pl. XVI; Fischer, Naturhist. fragm, I, pl. I, fig. r. [Owen, Transact. ofthe zool. soc. of London, t. I, p. 343.] [Dans celte leçon, il n’est question de l’arcade
jette promptement en arrière; mais l’occiput est plus bombé que dans l’orang-outang , eL le trou occipital moins allongé, ses proportions étant les mêmes que celles de l’homme ***,
La tête du chimpansé adulte diffère beaucoup de celle île l’orang, par la situation du crâne en arrière et par l’absence des fortes crêtes frontale et sagittale que présente ce dernier; sa face supérieure est lisse, convexe. Le rebord sourcilier, trèssaillant, se continue au-dessus du nez, et sépare complètement la face du crâne; vue en devant, la face est presque limitée en haut par le rebord des orbites, et ne laisse voir qu’une très-petite partie du front; sur les côtés, on ne voit rien du crâne en arrière, à cause de la largeur des orbites et des pommettes; le profil suit une ligne si oblique, par la forte saillie du museau, que l’on pourrait presque dire qu’il 11’y a plus de face antérieure de la tête; l’arcade zygomatique **** n’est plus comme dans l’homme dans la première moitié de la tète, mais bien dans son tiers moyen ’’****.]
Selon Daubenton, la tête du grand gibbon noir serait plus voisine qu’aucune autre de celle du chimpansé; l’occiput était plus étendu ; le frontal plus aplati; le bourrelet sourcilier moins saillant et interrompu au-dessus du nez; les orbites plus larges que hauts, et presque aussi séparés que dans l’homme; ses naseaux moins longs que dans le chimpansé laissaient remonter l’ouverture des narines jusque entre les orbites, le museau était moins saillant ******.
Je n’ai qu’une tête de gibbon cendré, qui n’a pas encore sa dernière mâchclièré. Cette description lui convient assez ; elle ressemble aussi beaucoup aux têtes de guenons à tête ronde; sa principale différence est que le museau saille moins que dans les guenons, et que l’intervalle des orbites est plus large et les os du nez aussi distincts et aussi forts à proportion que dans l’homme.
[Les gibbons adultes, tels que le wouwou, Vonho, conservent les mêmes caractères, seulement les orbites deviennent remarquablement saillants en
zygomatique que dans ses rapports avec l’ensemble de la tête; elle sera plus spécialement décrite dans la XVl° leçon, pour la part qu’elle prend à la manducation.]
***** [M. Oweu, dans le mémoire que nous avons déjà cité, donne les détails anatomiques les plus étendus sur la tête et le squelette de l’orang et du chimpansé à différents âges; et il est porté à considérer le chimpansé comme plus près de l’homme que l’orangoutang. Mais de son travail même il nous semble résulter cette conclusion que ces animaux sont, l’un et l’autre, très-voisins de l'homme, mais par des caractères différents, de sorte qu’il est fort difficile de dire lequel des deux l’emporte sur l’autre.]
****** F. Daub. XIV, io3 et pl. VI.
devant et en dehors ; ils le sont moins dans le gibbon syndaclylc. Le rebord sourcilier est interrompu au-dessus du nez : en dehors il s’en détache une ligne rugueuse, qui circonscrit la fosse temporale. La partie postérieure du crâne est arrondie, et les crêtes temporales s’écartent en arrière.
Les tôles des autres singes de l’ancien continent s’éloignent de plus en plus de l’homme à mesure que leur vertex s’aplatit davantage, eL que leur museau augmente en saillie et en grosseur, mais l’essentiel des divisions, des connexions, des fosses et des trous reste le même.
On doit d’abord considérer les guenons, dont la cinquième molaire d’en bas n’a que quatre tubercules; leur museau est court; leur profil est presque rectiligne; tant qu’elles n’ont pas poussé la dernière molaire , leur front est encore un peu bombé au-dessus des sourcils ; ensuite il s’aplatit de plus en plus et se met de niveau avec l’arcade sourcilière; l’inclinaison du trou occipital est à peu près la même que dans les orangs ; l’arête occipitale est saillante et-devient aiguë avec l’âge, mais il n’y a point d’apophyses mastoïdes, même dans les plus vieux individus.
Viennent ensuite les macaques et magots *, qui ont cinq tubercules à la cinquième mâchclière d’en bas, mais dont le museau ne saille pas à proportion plus que dans les guenons et n’égale point le crâne en longueur; cependant leur profil se distingue par sa concavité à la racine du nez, et dans la plupart l’arcade sourcilière forme avec l’âge un bourrelet saillant. [La face occipitale, bien limitée par ses arêtes, est triangulaire, et inclinée en arrière.]
Les cynocéphales ou papions ont encore, avec les dents des macaques, les caractères des guenons; mais leur museau égale ou surpasse leur crâne en longueur, à cause du développement de leurs maxillaires supérieurs : dans les adultes, il le surpasse quelquefois de moitié; [leur crâne est moins élargi derrière les tempes.]
Dans les mandrills , on observe les caractères
des papions, et de plus l’occiput s’y relève dans l’<ulullc,pour prolonger la crête du vertex et la fosse temporale. Toutefois, leur trou occipital n’est pas beaucoup plus relevé que dans les précédents ; [il est petit en proportion de l’étendue de la face occipitale.
Dans les mandrills très -vieux l’énorme développement des -deux mâchoires, les rendements du maxillaire supérieur, la saillie des arêtes du crâne et du rebord des orbites, donnent à cette tête une forme frappante et tout à fait étrange ]
Ces quatre sous-genres forment une série qui marche par dégradations régulières, mais à côté des guenons et des macaques se placent quelques espèces orientales qui usent leurs dents presque comme des rongeurs ou des ruminants, et où la dernière molaire a un cinquième tubercule, à la vérité très-petit, quoique leur museau soit encore plus aplati qu’à la plupart des guenons. [Ce sont les semnopithèques. La forme générale de leur tête les rapproche des gibbons ; mais les orbites y sont moins saillants en dehors : le rebord sourcilier se continue au-dessus du nez, mais sans faire de saillie ; les deux crêtes temporales marchentparallèleiÿcnl jusqu’au point où elles s’unissent à l’occipitale. Dans le doue, le nasique , le cimepaye , la fosse basilaire est très-profonde vers l’ouverture postérieure des narines, qui sont elles-mêmes trèsgrandes. Le croo seul dans ce genre a les crêtes temporales réunies , et la fosse basilaire plate comme celle des genres précédents. ]
Le premier sous -genre des singes du nouveau continent, ou les sapajous, a la tète, prise en général, très-semblable à celle des guenons à tête ronde ; [mais les proportions des os et quelquesunes de leurs conncxionssont différentes ’** *.] Leur jugal remonte beaucoup plus haut , à côté de l’orbite : le canal audiLif externe n’existe pas, ou se réduit au large cadre du tympan; leur caisse est déjà un peu renflée en vésicule.
Les atcles ou coaïta **** présententlescaraclères
* V. pour le bonnet chinois , Fischer, Anatomie des makis, pl. 17. Il doune, Naturh . fragm., I, pl. II, fig. 4, une tête de magot fort âgé, à en juger parla crête sagittale, où les os du nez sont grands et distincts. Je n’en connais point de telle : cette tête est assez exacte pour le reste. C’est un jeune magot que paraît représenter Joseph!, Ostéol. des mamm., pl. III, fig. 2. Spix, Cephalogenesis , pl. IX, fig. 6, donne une tète qu’il croit de macaque; mais l’espèce est au moins douteuse. — [Tête de l’aigrette ( simia aygula), Pander et d’Alton, ouv. clt, pl. VIII,/]
** y pour le mandrill presque adulte les figures des-
sinées par M. Sœmmcring, dans V Anal, des mamm. de
Josephi, t. I suppl., pl. I, et II. Voyez aussi Spix, Cephalogenesis, pl. VI, fig. 7. Fischer, Naturhist. fragm.;
pl. I, fig. 3, donne une tête qu’il croit d’un jeune cynocéphale, mais qui est au moins très-incorrectement dessinée: Cheselden donne celle d’uu très-vieux; Oslèograpliie, pl. vis-à-vis du premier chapitre. — [ Vny. aussi Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. VIII, c, d, e.j
*** Josephi a donné une tête de sajou, Ostéol. des mamm., pl. III, fig. 3, et mieux ib. sup. III, fig. 1 et 2. Il y en a une aussi, Spix, Cephalogenesis , pl. I, fig. 2, et la coupe verticale, ib., pl. II, fig. 2. [Tète du sajou cornu, Pander et d’Alton, ouv. cit. pl. VIII, A.]
**** La figure de coaïta, Fischer, Natur. fragm., pl. I, fig. 2, est imparfaite, et d’après un individu malade; c’est je crois la même qui a servi à M. Spix, Cephal., pl. VI, fig. 3. [Têtes du coaïta h 'ventre blanc, et de Valouatte rousse, Pander et d’Alton, ouv. c., pl. V, a, A.)
ARTICLE DEUXIÈME
généraux des sapajous, niais leur crâne se relève un peu plus au-dessus du niveau de leur palais, parce que les branches de la mâchoire inférieure commencent à prendre ce développement qui devient extrême dans les alouattes.
L’ascension oblique du crâne, cl l’agrandissement en hauteur et en largeur des branches de la mâchoire inférieure, sont plus considérables encore dans les alouattes ¥ que dans le pongo; d’où il résulte que l’arcade zygomatique, loin d’être parallèle au palais, comme dans les autres singes, descend fortement d’arrière en avant , et que le méat auditifest placé plus haut que l’orbite. [Les deux crêtes temporales sont parallèles sur le haut du crâne.]
Déjà dans les alouattes on aperçoit quelque proclivité dans les incisives inférieures plus grande qu’aux autres singes. Les sakis ont les inférieures et les supérieures obliquement dirigées en avant et faisant ensemble un angle aigu ( de 70° environ). Leur tête a des formes qui se rapprochent tantôt de celle des atèles, tantôt de celle des alouattes.
Les saïmtVùs diffèrent des sapajouspar l’ensemble général de leur tête, dont la partie pariétale est beaucoup plus allongée, ce qui fait que leur occiput proémine bien davantage ¥¥. [La force occipitale est presque tout à fait dirigée en bas, et semble faire suite à la face inférieure du crâne; de sorte quele trou occipital parait situé en dessous et non en arrière du crâne, -et sur un plan horizontal. Par la même raison, le jugal est contenu dans la moitié antérieure delà tête.]
Les ouistitis ont le même crâne à peu près que les sapajous; seulement il saille un peu plus en arrière, mais moins à proportion que celui des saïmiris. Le trou occipital est oblique. Ils se distinguent principalement par leur face, moins haute verticalement., singulièrement courte, par leur front très-fuyant en arrière ¥¥¥, et par l’obliquité de leurs orbites.
[Jusqu’ici les têtes que nous avons eu à décrire ont conservé dans leur forme générale de grandes analogies avec celle de l’homme. Leurs orbites ouverts en avant, fermés par des parois osseuses,
* F . pour une figure de tête d’alouatte, Cuvier, Magaz. Encyclop., Fischer, Pialurhist. fragm., pl. II, fig. 5. Spix, Cephalog., pl. VI, fig. 8.
¥¥ Figure de tète de saïmiri, Spix, Cephal., pl. VI, fig. 4-
**¥ Joseplii a donné une tète d’ouistiti, Ostéol. des marnm. suppl., pl. III, fig. 3 et 4- F. aussi Spix, Cephal., pl. VI, fig. 5. [Panderct d’Alton, ouv. cit., pl. V,c.]
*¥,¥ Buffon a donné par une erreur presque inexplicable, Suppl, t. VII, pl. XXXVII, la tête de l’hyrax ou daman, comme étant celle du loris paresseux. [Tête du loris paresseux, Pander et d’Alton, O. C., pl. VII, h.]
TÈTE DES MAMMIFÈRES
permettaient d’y voir, malgré l'aplatissement du front et la proéminence des mâchoires, une face antérieure commedans l’homme. Mais à partir des lémuriens, la direction de plus en plusoblique des orbites, l’absence de leur paroi externe, qui laisse apercevoir le crâne en arrière, l’allongement en sens inverse du crâne et de la face, donnent à la forme générale de la tête, dégagée de la mâchoire inférieure, celle d’un cône plus ou moins allongé, dont la base répond à l’occiput. Le crâne .et la face s’unissent en dessus suivant une ligne tantôt droite, tantôt sinueuse, tantôt uniformément courbe.
Le loris paresseux ¥¥¥¥a le museau tronqué audessus des incisives, [très-court, et surmonté par deux grands anneaux orbitaires encore sensiblement dirigés en avant, et fort rapprochés l’un de l’autre au-dessus des os du nez; le crâne est arrondi en arrière ; la base du crâne plate. Dans le loris grêle ¥¥¥¥¥, les orbites se rapprochent l’un de l’autre au point de n’être séparés sur la ligne médiane que par une lame extrêmement mince. Dans une espèce voisine de i'indri, Vavalii , le museau est gros et très-court , les orbites très-grands, mais très-obliques , et séparés par un large espace. ] Les crêtes temporales se marquent très-bien avec l’âge, mais ne se rapprochent pas beaucoup. Elles se rejoignent dans le grand galago.
Dans les galagos ¥¥¥¥¥¥, en même temps que leur museau s’élargit il s’allonge; [leurs orbites deviennent plus obliques, et s’écartent l’un de l’autre ,] ce qui conduit à la forme des makis proprement dits * **¥*¥*¥*. Ceux-ci forment le type intermédiaire entre les singes et les autres animaux, et commencent sous plus d’un rapport à nous faire apercevoir les formes des animaux carnassiers. Leur large museau s’allonge en continuant la ligne du front, et tellement, que si le chanfrein se prolongeait il ferait avec le palais un angle de 12 à 15°. La convexité du crâne s’élève peu au-dessus de l’intervalle des orbites. Ainsi la face, sans être plus longue que dans les cynocéphales , a une plus grande capacité cubique.
[Dans le tarsier, la disproportion entre le museau et les anneaux des orbites est prodigieuse ; le
¥¥V¥¥ Foy. pour le loris grêle et le ceylonieu, que je crois ne différer que par l’âge, Fischer, Anal, des makis, pl. VIII et XI. — Wiedmann, Arck. zool., t. III, pl. I, fig. i, 2, 3. — Spix, Ceplialog., pl. VI, fig. u.
¥¥¥¥¥¥ Foy. pour le galago, Geoffr. Ma g. encycl., iyyfi, t. r, p. 20. — Fischer, ouv. cit., pl. I, fig. i.
¥¥¥¥¥¥¥ F. pour les makis proprement dits, Josephi, Ostéol. des mamnt. suppl. pl. IV, fig. 3, tête dessinée par Camper. Fischer, Anal, des makis, pl. XIV. Spix, Cephalog. pl. VI, fig q. [Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. VII, a.]'
premier est court et étroit; les autres sont trèsouverts, dirigés obliquement en dehors et rapprochés. L’arcade zygomatique est très-petite ¥. ]
b. Carnassiors.
[Les chauves-souris proprement dites ont le crâne arrondi sur ses côtés, et présentant, vu en dessus, la forme d’un ovale effilé en avant, où le rapprochement des fosses temporales. produit une sorte d’étranglement de la tête, au point de réunion de la face et du crâne. Cet étranglement est extrême dans le fer-à-clieval} et dans le rhinopomo microphylle ; il est surmonté par la crête sagittale qui est très-saillante dans les molosses, les noclilions, le vampire, où elle va se joindre à des crêtes occipitales aussi très-marquées, et qui est moindre dans la nodule et quelques autres. Il y a des espèces où la crête sagittale est plus marquée en avant qu’en arrière. Les arcades zygomatiques sont faibles et en S, et plus ou moins saillantes en dehors. ]
Les formes du museau diffèrent prodigieusement. Il est conique et assez allongé dans le vampire; mais les autres phylloslomcs l’ont plus gros et plus court. Les chauves-souris les plus communes, sans fausses molaires, V esp. noctula, serotinus, etc., l’ont très-gros, très-court, déprimé et fortement échancré par l’ouverture nasale. Les vcspertilions à fausses molaires l’ont un peu plus long, et le chanfrein un peu concave en dessus. Dans le noctilion, les molosses, les nyctinomcs, il est gros, court et arrondi.
Les rhinolopkes l’ont, fortement échancré par l’ouverture nasale, et gonflé et élargi au-dessus de cette ouverture.
Dans les rhinopomes , il y a un renflement de chaque côté, un peu au-dessus de l’ouverture
* Koy. Fischer, Lettre à la classe des sciences de l’Institut sur une nouvelle espèce de tarsier, et ici. Anat. des makis, pages 35 et suiv., viguette du titre, et pl. III, IV, V et VI. — Spix, Cephalog., pl. Vf, fig. 12.
** V. pour la tête du phyllostome vampire, Geoffr. Ann . mus. XV, ix , 5 et 6; — celle du phyll. fer-clelance, id. ih. Cg. 7, 8, 9 (il y manque les dernières molaires); — celle du glossophage (E'esp. soricinus, Pall.), VM.Spicil Jase. III. pl. iv, Cg. 1 et 2; — celle d’un mégaderme, Geoff. t. XV. X, Cg. 1 et 2; — celle d’un molosse,
Pall. Spic.J'asc., III, pl. iv, Cg. 11; — celle d’un nyctinome, Geoff. Egypt. mamm., pl. iv, Cg. 3; — celle d’un nyctàre, id.ib. Cg. 1; — celle d’un rhinolop/ic, id.ib.fi g. 2; — celle d’un lap/iien, id. ib. Cg. 4; — celle d’un rhinopo/ne, id. ib. Cg. 6 (sous le nom de laphicn fdet ); — celle d’un vcspertilion pipistrelle, id. ib. Cg. 5.
\Proy. pour les têtes de plusieurs espèces de molosses et de nyctinomes,Tcmminck. Monog. de mammal., t. I, pl. XXIII. Foy. aussi le Mémoire de M. Fréd. Cuvier,
nasale. Dans les taphiens, les tnéyadermes et les nydàres, le dessus du museau est déprimé; il est même concave dans les nydàres, et ses bords sont élargis en une crête qui passe sur l’orbite et va se joindre à la crête temporale pour former avec elle un disque qui supporte ces cavernes singulièics qui caractérisent la face de ces animaux, [Les rebords de ce disque sont surtout fort saillants dans le nydère de la lliébaïde * **\]
Les roussettes ont la tête très-différente des chauves-souris ordinaires. Sa forme générale [principalement dans les roussettes proprement dites] approche assez de celle du chien ou du renard, si ce n’est que les intervalles des orbites sont plus étroits et plus déprimés, ce qui lient à une lame cribleuse moins large, et à moins de convexité dans la partie antérieure des hémisphères et dans les sinus frontaux. [L’étranglement du crâne en arrière des apophyses post-orbitaircs y est trèsmarqué; mais il ne l’est pas dans la kiodote ***, qui a le museau étroit et allongé. Un autre genre de roussettes, les cynoptàres, ont au contraire le museau court, et gros.] La face est aussi longue que le crâne, mais moins haute, et elle est presque aussi large dans les roussettes proprement dites. [ Dans les cynoptàres, elle est moins longue que le crâne, et clic l’est plus au contraire dans la kiodote.] L’arcade zygomatique est en en, comme dans le commun des carnassiers.
La région occipitale va en s’abaissant. La crête occipitale est à peu de distance du grand trou, et ne forme point de grande saillie par sa réunion avec la sagittale, qui se marque cependant et est fort étroite, mais peu saillante dans les adultes. Le trou occipital se dirige dans le même sens que le plancher du crâne, auquel son plan est presque vertical. La face occipitale est petite et plus large que haute ****,
Nouv. Ann. du mus., t. I, p. 1, pl. I. Il reconnaît dans les vespertilions trois types principaux, les sérotinoïdes, les noctuloïdes, les muriiioïdes, fondés sur des différences dans les têtes, égales, dit-il, à celles qui distinguent la tête des chiens de celle des chats.]
*** Genre macroglosse. Fréd. Cuv. Des Dents des mamm., etc., p. 4o-
»»»« pr p0ur une tète de roussette, Fischer, Anat. des makis, pl. xviu, Cg. 1. Les dents y sont mal rendues. — Wiedemann, Arch. zool. et zoo/., t. III. 2e cah., pl. 1, Cg. t, 2, 3. — Spix, Cephalog., pl. vi, Cg. 14. — Pour une tête de cephalote, Pall., Spicil. fase., III, pl. ir, Cg. 1, 2, 3. — Geoff. Ann. mus., t. XV, pl. iv. [Autres Cg. de têtes de roussettes. Trmminck, otiv. cit., pl. XV, Cg. 1, 6, xi, 1 3. — Pander et d’Alton. Die skelete der chiropteren und insectivoren. Boun., x83t, pl. U,e,f et pl. VII, a, b, c. — Tète du macroglosse kiodote. Teminiuck, pl. XV, Cg. 26, 29, 3o. — de cynoptàres, id., ib.,
Cg. 17-24]
ARTICLE DEUXIÈME
TÊTE DES MAMMIFÈRES
Le galéopithèquo * a des caractères de tête tout particuliers. Son museau est large et déprimé. Ses frontaux donnent des arcades sourcilières parfaitement latérales qui complètent vers le haut le cadre circulaire d’un grand orbite. La fosse temporale est bien marquée par des crêtes, [et elle ne se rapproche pas de celle du côté opposé en avant vers la suture frontale, comme nous l’avons vu jusqu’ici, mais au contraire en arrière, vers la suture occipitale. La crête occipitale est moins haute que le vertex. La face occipitale est large et anfractueuse, à cause de la saillie de l’épine occipitale, de celle des condylcs, et de deux grosses apophyses du temporal, fort rapprochées de ces condyles.
Les formes de la tète varient beaucoup dans les insectivores.]
Les caractères généraux delà tête du hérisson ** sont ceux des carnassiers; [vue en dessus, elle paraît plutôt cylindrique que conique, avec des arcades zygomatiques plus saillantes que la partie postérieure du crâne.] Le museau est plus court, et un peu moins gros que le crâne. Celui-ci est peu comprimé en avant ; sa crête sagittale peu marquée; l’occipitale médiocrement saillante; la tempe peu enfoncée; l’arcade monte un peu obliquement pour rejoindre le temporal.
C’est par le canal des arrière -narines que les tenrecs ressemblent le plus aux hérissons; du reste, tout semble différer au premier coup d’œil. Leur tête est en cône très-allongé; leurs crêtes sagittale et occipitale sont extrêmement saillantes. [La face occipitale est en triangle, et à la face latérale de la tête on ne trouve pas d’arcade zygomatique ***.
Les claclobales ont la tête ovoïde, arrondie en arrière, sans crêtes saillantes, le museau étroit, beaucoup plus petit que le crâne; les arcades zygomatiques médiocrement saillantes, et le cercle des orbites fermé en arrière.
La musaraigne musquée a une forme générale de tête fort voisine de celle du lenrec ; même allongement, même saillie proportionnelle de la
* V . pour une tête de galéopithèque , Fischer, Anat. des makis , pi. XVIII, Cg. 2 (les dents y sont mal rendues). Pall.memb, de l’Acad. de Pétersbourg, Ann. 1780, part. I. — Wiedemaun, Arch. zool. et zool. , t. III, pi. I, lig. 4, 5 et 6. Spix, Cephalogencsis , pi. VI, Cg. l3. [Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. I.]
** On a des Cgures du squelette entier du hérisson dans Volclier coiter, j>I. II, Cg. 1, copié Ge. Blas. Anat. an. XXXV, Cg. 8, et dans Daubenton, VIII. La tête en particulier, Spix, Cephalogenesis, pl. VU, Cg. 4. [Squelette et tête de V erinaccus auiilus. Pander et d'Alton, ouv. cit., pl. III, a, h. — Tête de Vérin, europœus, id. il/., pl. IÎI, e.)
**¥ Description ctCgnre du squelette du tcnroc. Mec-
crête occipilalc, même absence d’arcade zygomatique ; mais le crâne proprement dit est remarquablement déprimé, et la crêle sagittale est moins marquée. La musaraigne d’eau parait avoir une tête beaucoup plus arrondie en arrière, sans crêtes Le desman lui ressemble.
Mais la chrysochlore ”*** aune tête qui indique au premier abord les habitudes de cet animal fouisseur. Elle a exactement la forme d’un petit cône, court et très-pointu en avant, large en arrière, où la base de ce cône est parfaitement circonscrile par une arête qui se détache de la racine de l’arcade zygomatique, et va transversalement s’unir à celle du côté opposé sur le vertex. Sur les côtés de la tête, les arcades zygomatiques complètent le cône en se rendant obliquement et en ligne droite du maxillaire au temporal, et la mâchoire inférieure le complète en dessous par sa symphyse, ses branches dentaires et ses apophyses postérieures, qui sont toutes inclinées en dedans en biseau; la portion du crâne qui se trouve en arrière de la crête transversale, et qui forme la base du cône, est bombée.
La taupe d’Europe ******? les condylures et les scalopes ont également la tête conique, plus large en arrière que les arcades zygomatiques, mais le cône est moins régulier; le museau est beaucoup plus allongé, la ligne du front moins relevée, pas de crête transversale sur le vertex. Dans ces trois genres, le crâne est plus ou moins arrondi de toute part, sans crêtes saillantes. L’arcade zygomatique, d’une ténuité très-grande, monte obliquement, pour rejoindre le crâne, fort au-dessus du trou auditif.
La troisième famille des carnassiers, les carnivores, ont pour caractères généraux des mâchoires fortes, une face quelquefois très-courte, des arcades zygomatiques fortes et écartées, et un crâne relevé de crêtes qui prennent fréquemment avec l’âge un très-grand développement.]
Dans le chien *****''*, ]e museau représente un demi-cône, dont le sommet sci ait tronqué obiiquementpar l’ouverture des narines. La face supérieure
kel, Beylrage zur vergl. anat. I, p. 34 et suiv., et pl. IV, Cg. r. La tète y est très-incompléteraeut rendue. Du tendrac, Meckcl, ibid., Cg. 2. La tête du tenrec est mieux dans Spix, Cephalog., pl. VII, Cg. 2. \Ir. aussi, l>our le squelette et la tête, Pander et d’Alton, ouv. cit. pl. V, a, b, c.]
** * [Fig. de têtes de musaraignes, Duvernoy. Mérn. de la Soc. d’h. nat. de Strasbourg, t. Il, pl. a.
***** Squelette et tète de la chrysochlore, Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. V, a, b.
****** Squelette et tète do la taupe, Pander et d’Alton , O. C., pl. IV, a, b, c.
******* (je ci,;en t Guvicr, Osscm. foss., t. IV, pl. XVI, Cg. 19-22.]
se prolonge en s’élevant et en se bombant pour former le front, qui est large entre les orbites, et s’élargit encore plus pour former l’apophyse postorbitairc. Au-dessous de l’orbite, la face latérale du museau produit l’arcade zygomatique arquée en dessus et en dehors, et. qui produit aussi une apophyse post-orbitaire.
Le crâne est presque en portion de cylindre, plus comprimé derrière, et, sous les apophyses post-orbitaires du front, plus bombé sur les côtés en arrière. La crête qui limite la fosse temporale part de l’apophyse post-orbitaire du frontal, fait avec sa correspondante un angle aigu, qui se continue en une crête sagittale jusqu’au point de rencontre avec la crête occipitale.
[Le renard tricolor fait exception à cette disposition. Les deux crêtes, nées de l’apophyse postorbitaire, se réunissent à quelques lignes seulement de la crête occipitale, et ne forment ainsi qu’une crête sagittale fort courte, après avoir circonscrit sur le crâne une longue parabole, un peu comprimée à son milieu.]
La crête occipitale forme dans le chien un angle aigu vers le haut, et se termine de chaque côté en arrière du trou auriculaire : la face qu’elle limite est inclinée ou retombante en arrière.
En dessous , le crâne montre en avant des deux caisses les deux facettes glénoïdes fort étendues en travers, ce qui écarte beaucoup les arcades zygomatiques. La région basilaire est fort plane.
Dans le chien naissant, les mâchoires sont renflées à cause des germes de dénis qu’elles contiennent. Les bosses frontales sont peu marquées, parce que les sinus qui les doivent remplir ne sont pas développés. L’apophyse post-orbitaire du frontal n’est point marquée, et il n’y a nulle crête temporale, ni occipitale, ni sagittale, en sorte que tout le crâne est arrondi.
Ces crêtes commencent à se marquer et à se rapprocher de plus en plus, à mesure que l’animal fait usage de ses muscles crotaphites ; elles se marquent et s’aiguisent d’autant plus que le chien est plus fort, et qu’il est livré h un régime plus carnassier. Les petits chiens d’appartement conservent souvent toujours la rondeur de leur crâne. Les vieux mâtins, les vieux dogues, prennent au contraire une épine occipitale très-aiguë.
Dans Yours (1) [le crâne est moins comprimé en dessous des apophyses post-orbitaires du frontal.] L’arcade zygomatique est plus droite, plus large, la portion dujugal derrière l’apophyse post-orbitaire plus considérable, les crêtes temporales se rapprochent moins vite, et forment une suture
sagittale plus courte; et toute la région basilaire est large et plus plate.
Le raton se rapproche du chien pour la direction de l’orbite et la forme de l’arcade, et de l’ours pour la proportion moindre de la face. Le coati (2) a la tête plus étroite et plus allongée, surtout de la partie du museau.
[Dans ces deux genres et dans les lenturongs, la courbe du crâne et de la face est plus uniformément arquée;] les apophyses post-orbitaires du frontal sont moins saillantes; le crâne s’élargit beaucoup plus en arrière; les crêtes occipitale et sagittale sont moins relevées, et ne forment pas une grande épine; [la tête, vue par sa partie postérieure, n’est point limitée par les crêtes occipitales ; elle décrit, dans ce sens, une belle courbe formée par les pariétaux. Dans les deux derniers genres, les arcades zygomatiques sont moins écartées en dehors.]
Le kinkajou a le museau extrêmement court, et formant avec le crâne une ligne uniformément courbe, dont la partie la plus élevée répond à la suture fronto-pariélale. L’apophyse post-orbitaire du frontal est à un peu plus du tiers en avant de la longueur totale de la tête; les crêtes temporales ne s’unissent pas entre ellês, et sont peu marquées. L’occipitale l’est davantage ; l’arcade zygomatique est relevée comme dans le chien.
Les blaireaux , les grisons , les maries , ont des têtes semblables entre elles, et qui tiennent à celles de l’ours et du raton plus qu’à aucune autre par la brièveté du museau et les détails des connexions. [Le blaireau, dont la tête est arrondie dans le jeune âge, prend, quand il devient vieux, une crête sagittale mince et remarquablement haute, qui règne tout le long du crâne, et s’unit aux occipitales qui sont médiocres. Le grisou a une crête sagittale moindre en avant, mais fort approchante de celle de l’hyène par la grande pointe qu’elle forme à sa rencontre avec la crête occipitale. ]
La brièveté du museau se marque surtout dans les putois et les belettes, où l’apophyse post-orbitaire est au tiers antérieur de la tête.
Les loutres ont aussi le museau très -court, et la partie antérieure du crâne, entre et derrière les orbites, plus serrée qu’aux précédents. Leur crâne est plus déprimé, sa base plus large et plus plate.
[ L’ensemble de la tête du protèle se rapproche de l’ours , si ce n’est que ses caisses forment en arrière de l’arcade une saillie plus considérable, que dans aucun dès genres précédents. ]
Los rapports les plus marqués des civettes et
(r)[Tètcs de différentes espèces d’ours, Cuv., Oss.Joss., d'Alton, Die skclete der raubthierc, ltonn. 1S22, pi. III. .1. IV, pl. XX, XXI, XXII. — Tête d’ours Idane, Pander et (•>) Tète de coati. Pander et d’Alton, O. C. pi. \ L]
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
sibeths sont avec les chiens (1). Leurs différences tiennent surtout à plus d’allongement de la partie du crâne. Le front est beaucoup moins bombé que dans le chien, et par conséquent la courbe du profil d’une venue; [ sa partie la plus élevée est assez voisine de la crête occipitale. ]
Les mangoustes et les genettes ont les plus grands rapports avec les civettes, et sc rapprochent cependant un peu des martes par la brièveté du museau.
[ Le paradoxtire qui, dans sa forme générale, est fort voisin des précédents, a cependant la partie postérieure du crâne moins relevée.
Dans tous, le crâne est fort comprimé en arrière des apophyses post-orbitaires. ]
La tête des chats (2) diffère essentiellement de celle des chiens par la brièveté et la grosseur du museau ; [ elle a dans son profil une grande ressemblance avec celle du kinkajou; mais l’orbite est presque fermé, et l’apophyse post- orbitaire du frontal est portée plus en arrière , et environ à la moitié de la longueur de la tête ; de sorte que le crâne y est moins allongé.] Les arcades zygomatiques saillent plus en dehors que dans les genres précédents; les dernières molaires sont plus écartées; [ les crêtes occipitales deviennent très-saillantes. Nous avons une tête de tigre de Sumatra, fort différente de celle du tigre du Bengale , par l’aplatissement de la région des sinus frontaux, ce qui donne au crâne un profil beaucoup moins bombé; mais elle diffère surtout par l’excessive saillie des arcades zygomatiques en arrière, qui élargit tellement la tête en ce point, que dans celte espèce la largeur de la tête a les huit neuvièmes de sa longueur, tandis que dans l’espèce ordinaire la largeur n’est que les cinq septièmes de la longueur. Seul, parmi les chats, le guépard a une tête qui s’écarte un peu du plan commun au genre, par l’étendue et la saillie des sinus frontaux, qui forment au-dessus des orbites une surface large , rhomboïdale, bombée, relevée au-dessus du crâne, et dont on retrouve quelque chose dans le chien. Au-dessous des apophyses post-orbitaires du frontal le crâne est très -comprimé; celte apophyse elle -même est située en arrière de la première moitié de la tête. ]
L'hyène (3) a quelque chose du chien et du chat. Son épine occipitale, formée par la rencontre de la crête sagittale et de l’occipitale, est plus grande que dans aucun animal; de là sa ligne de proGl va toujours en descendant, en se bombant un peu
(t) [Tête de civette. Pauder et d’Alton, ouv. cit.,pl. IV.
(a) Têtes de diverses espèces do chats. Cuvier, Ussem. foss., t. IV, pi. XXIII et XXXIV.
(3) Tête de hyène tachetée. Cuvier, Oss.foss., t 4, pl. XXVI11. — de hyène rayée, Pander et d'Alton, O. C., pl. IL]
entre les apophyses post-orbitaires du frontal, qui sont très-saillantes, et en descendant encore un peu plus rapidement au museau, qui est moins long qu’au chien et plus qu’au chat ; la plus grande partie de cette épine, qui est comprimée, appartient à l’occipital. [Les côtés du crâne sont moins bombés qu’au chien. Les arcades zygomatiques saillent beaucoup en dehors et en haut.
Les têtes de phoques ont toutes pour caractère commun la distinction bien marquée du crâne et de la face : cela résulte dans le plus grand nombre des phoques de ce que l’espace inter-orbitaire est très-comprimé : dans les otaries, cette compression de la tête a lieu un peu en arrière des orbites. Le phoque commun ( genre calocephale , F. Cuv. ) a le museau court , le crâne un peu aplati , large, beaucoup plus grand que la face , arrondi sur les côtés; les crêtes temporales sont peu marquées, l’occipitale est insensible , l’espace inter-orbitaire très-étroit. Le phoque à capuchon ( genre slemmatope, id.), \ephoque à trompe (genre macrorhine , id. ), et le phoque à ventre blanc (genre pelage, id. ), ont de l’analogie avec le précédent , mais l’écartement des arcades zygomatiques est bien plus considérable; l’espace inter-orbitaire est plus allongé, et les deux bortls en sont plus parallèles; il en résulte un crâne moins grand en proportion de la face, surtout dans les adultes; la crête occipitale fait un angle arrondi en avant et est médiocre. Le phoca leptonyx ( genre sténo rynque , id.) a la tête remarquablement allongée, le dessus du nez moins relevé, la proportion du crâne et de la face beaucoup moins inégale , l’espace inter-orbitaire long, et plus étroit près du crâne qu’en avant ; une crête occipitale forte, mais presquepas de crétcsagittale : le dessus de la tête est sensiblement parallèle à sa base, excepté en arrière où le crâne se relève un peu.
Les otaries ont, comme le leptonyx, la tète plus rétrécie en avant du crâne qu’entre les orbites. Mais elles ont le museau plus court, et l’espace inter-orbitaire proprement dit est plus élargi , parce que le frontal donne en cet endroit une apophyse post-orbitaire qui s’étend un peu en voûte au-dessus de l’orbite. L’écartement des arcades est médiocre, et les crêtes fort variables suivant les espèces. Nous avous une tête d 'otarie à crinière très-adulte, où les crêtes sagittale et occipitale font au-dessus du crâne une saillie de près de deux pouces : les dernières sc réunissent à angle aigu, poursc continuer avec la sagittale (•!).]
(4) V • pour les têtes des divers genres de phoques, Cuvier, Ossjbss., t. V, prera. partie, pl. XVII et XVIII. — Fréd. Cuvier, Mém, du mus. d’hist. nat., t. XI
pl. 12, i3, 14 et i5 Pander et d’Alton, Die skclete
der robben and lamantine , Bonu. 1826, pl. III, d, e, pl. VII, a, b , c, c, k, /.]
Le caractère de la tête du mono est principalement déterminé par l’énorme renflement de ses os maxillaires, nécessité par la prodigieuse grosseur de ses canines, d’où résulte un museau renflé et arrondi, plus gros que la tête elle-même, et composé d’os d’une épaisseur disproportionnée. Considérée de profil, et en supposant le palais horizontal, celte tête a le museau, au-dessus des naseaux, plus relevé que le reste. La région inter-orbitaire est horizontale et légèrement concave; la région occipitale est presque verticale; il n’y a point de crête sagittale (I).
c. Marsupiaux.
Les sarigues (2), quand on considère leur tête en masse, présentent les caractères les plus marqués des carnassiers ordinaires. Le museau est conique, sans saillie sensible aux sinus frontaux : autant et plus long que le crâne ; celui-ci comprimé en arrière des orbites , hérissé de crêtes sagittale et occipitale très-saillantes ; [la première décrivant, du front h l’occiput, une courbe régulière;] les arcades sont fort courbées en dehors et en haut; mais quand on examine leur tête en détail, il s’y trouve, comme nous le verrons, plusieurs différences, surtout dans les trous de la base du crâne et dans la région des arrière-narines , qui les rapprochent des insectivores.
[Le thylacine (3), qu’il faut mettre parmi les carnivores, si l’on considère ses dents, qui se rapproche des dasyures par les connexions de ses os, a une tête qui, pour sa forme générale, se rapproche également beaucoup de celle du chien et des sarigues : elle est en tout fort allongée; le front est large et rhomboïdal, séparé du crâne sur les côtés par une dépression plus profonde que dans le chien, se continuant avec lui en haut par une crête sagittale médiocre, et qui s’unit, à de fortes crêtes occipitales. Le crâne ne forme que le quart de la longueur totale de la tête ; le museau est singulièrement allongé, avec les joues plus évidées qu’aux sarigues, et une légère dépression en avant du front, comme au chien; l’arcade estforte et recourbée en haut; elle arrive en arrière jusque fort près de la face occipitale.
L e dasyure oursin (4), uonmoins carnivore que le
(1) [Squelette et tète de morse. Cuvier, Oss.foss., t. V, deuxième partie, pi. XXXIII. — Pauder et d’Alton, ouv. cit., pi. I et IL]
(2) Fig. de la tète des sarigues, Daubeutou ap. Buffon, t. X, pi. LT, fig. r, d’après le crabier, — pi. LVII, fig. 2, d’après le cayopollin, — Cuvier et Gcoff., Mo g. encycl., t. III, p. 468, pl. r, fig- t. — Spix, Cephalôg. pi. VII, fig. i. [Pander et d’Alton, Die skelete der bcutcl /lucre, Bonn. 1828, pl. IV.ctyi.a, è.]
(3) [Tète du thylacine (incomplète), Temminck, Mo-
thylacine par la nature de ses dents, appartient également aux marsupiaux par les détails et les connexions des os de la tête. Sa tète, au total un peu déprimée, courte et large , est remarquable par la largeur du museau, qui est en cône court, par la petitesse proportionnelle du crâne, par la lorce de ses arcades, qui sont plutôt droites que recourbées, mais très-saillantes en dehors, et qui, île plus, naissant au-dessus de la dernière molaire, vont se terminer sur les côtés de la face occipitale, de façon à être reportées tout à fait dans la moitié postérieure de la tête. Les crêtes sagittale et occipitale sont médiocres; la face occipitale est triangulaire, et du double plus large que haute.
Les péramàles (5) ont la tête plus uniformément allongée que les genres précédents, ce qui tient surtout à la grande longueur du museau, qui est parfaitement conique ; ce museau, le front et le crâne, sont sur une même ligne droite ; la crête occipitale fait un angle en avant; l’espace inlerorbilaire est grand ; les arcades zygomatiques , courtes, grêles, et rejetées cntièrcraentdansla moitié postérieure de la tête. ]
Dans les dasy ures ordinaires { G), la tête est moins allongée à proportion de sa grosseur que dans les sarigues. [Les crêtes occipitale et sagittale sont peu marquées, la dernière surtout. Le crâne est plus bombé en avant et sur les côtés ]; la partie du bas des orbites et de l’arrière des narines est plus raccourcie.
Dans les phalangers (7), la tête est également plus courte et plus grosse que dans le sarigue, et a le museau plus court à proportion du tout ; [l’espace inter-orbitaire est plus rétréci et un peu creusé à son milieu], la tête est surtout plus déprimée en arrière, où les parois du crâne sont celluleuses et très-épaisses dessus et derrière chaque oreille. En avant, les bases des arcades sont plus écartées, afin de laisser une plus grande largeur aux orbites. [Il en résulte que les arcades sont parallèles, et que la tête est à peu près aussi large en avant, à l’origine des arcades, qu’en arrière, à leur terminaison. Ces arcades occupent sur le côté de la tête les deux tiers de sa longueur.]
Lephalanger volant diffère peu du phalanger ordinaire, [mais les arcades s’écartent moins carrément à leur origine; elles remontent beaucoup en
nogr. de mamm., tome I, planche VII, fig. r, 2, 3.
(4) Tête du dasyure oursin. Temminck, O. C. pl. VIII.
(5) Fig. de tètes de péramèles, peram. nasuta, Geoff. Ann. mus., IV, pl. XLIV, fig. A. Peram. obesula, ib., pi. XLV; fig. B.
(6) Tètes de dasyures , Dasyure de maugé , Temmiuck, O. C., pl. VII, fig. 5,6, 7.]
(7) Fig- de tète de phalanger. Cuvier et Geoffr. Magaz., encycl., t. III, p. 4 68, pl. t, fig. 3. [Temminck, O. C. pl. I, II et III.]
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
arrière. Les deux crêtes sourcilières ne se réunissent pas en une crête sagittale. La fossette frontale est plus marquée encore qu’au précédent. ]
Dans le kanguroo-rat ou potoroo( 1 ) le museau csl très-conique ; les crêtes pariétales s’écartent et s’effacent, en sorte que le dessus du crâne s’élargit et s’arrondit, surtout dans la partie entre les orbites, mais les arcades zygomatiques se rapprochent, ce qui fait qu’au total la tête est moins large, à proportion de sa longueur, que dans les phalangers. [Ces arcades sont aussi moins relevées en arrière; elles le sont au contraire beaucoup dans les kanguroos .]
La tète du kanguroo géant frappe d’abord par la longueur du museau , et surtout de l’espace entre les incisives et les mâclielières. Ses apophyses postorbitaires du frontal et ses crêtes sont peu marquées ; les temporales se rapprochent seulement vers la crête occipitale , en sorte qu’il n’y en a point de sagittale. Les arcades s’écartent bien moins en dehors que dans les sarigues, et la tempe y est moins enfoncée ; en sorte que l’espace pour le crotaphite y est beaucoup moindre (2).
[ Il y a au cabinet le fût d’une tête de koala, rapportée de la Nouvelle-Hollande par MM. Quoy et Gaymard ; les arcades y manquent, mais on y voit que la ligne supérieure du crâne et du museau est exactement droite et horizontale; que la face l’emporte de beaucoup en volume sur le crâne : que celui-ci n’est pas bombé en avant; que le museau , très-court, est en même temps très-large à son origine , et pointu à sa terminaison ; l’espace inter-orbitaire est fort grand, aplati , la crête sagittale est longue, mais peu saillante, de même que la crête occipitale. ]
La tête du phascolome (3) est une des plus singulières delà famille des marsupiaux; le dessus en est aplati et élargi, de sorte que les crêtes temporales distantes l’une de l’autre et parallèles, se continuant sur les orbites, font du crâne une sorLe de parallélipipède. Dans cette arête est une légère proéminence représentant l’apophyse post-orbitaire du fronLal; le museau est court, carré , et déprimé en dessus comme le crâne; la crête occipitale forme un demi-cercle ; les arcades sont é vidées en avant pour former l’orbite, et écartées en arrière.
d. Rongexirs.
[ L’ordre si nombreux dçs rongeurs présente dans les formes de la tète de grandes variétés; ce qu’on remarque à peu près chez tous, c’est la longueur et l’étroitesse de leur museau en dessous, et
(i) [Fig. de tète de kanguroo-rat. Pander et d’Alton, ouvr. cité, pl. III, a, b.~\
(fl) Fig. de têtes de kanguroos. Cuvier et Gcoff. Magaz. encycl. , t. III, p. 468, pl. Il, Cg. i. — Fischer, Anal.
l’espèce de voûte que forme entre les molaires et les incisives le grand développement des intermaxillaires; deux longues incisives courbes , souvent colorées et sillonnées à leur face antérieure, sortent du bout des inter-maxillaifes; les arcades dentaires se trouvent en tout ou en partie en arrière de la racine antérieure de l’arcade zygomatique ; enfin, leur facette glénoïde est creusée en portion de cylindre dirigé d’arrière en avant , et de manière à faciliter dans ce sens le mouvement de la mâchoire inférieure. Un des caractères les plus saillants des têtes de rongeurs, et qui à beaucoup d’égards permet de rapprocher d’une manière assez naturelle les nombreux genres de cette famille, est la disposition de leur trou sousorbitaire. A part un certain nombre qui ont le trou sous-orbitaire petit, tels que les aye-aye, les lièvres , les lagomys , les marmottes , les écureuils, les castors et les oryctàres , les autres présentent dans celte partie deux formes principales.
Dans les uns, le trou sous-orbitaire remonte verticalement le long de la joue, bordé en dehors par une lame mince du maxillaire , et s’élargit dans le haut près de la racine de l’arcadc; le trou sous-orbitaire prend alors une forme qu’on peut comparer assez exactement à une i ; les genres dont nous possédons les têtes, et qui ont ainsi le trou sous-orbitaire en virgule, sont les ondatra, les campagnols , les otomys, les rats, les gerbilles et nierions , les hamsters , les lérols.
Enfin , d’autres ont au-devant de l’orbite un anneau quelquefois très-grand, qui tantôt reste tout à fait distinct du trou sous-orbitaire, tantôt ne s’en distingue que par un canal demi -ouvert, tantôt, et c’cst le plus grand nombre, ne fait qu’un avec le trou sous-orbitaire; ce sont les genres lemming, spalax , alactaga, gerboise, helamys, échy- 11118, capromys , hystrix, et tous leurs sous-genres, myopolame , agouti , paca, cobaye, cabiai , kerodon , lagostomc et chinchilla. ]
L 'aye-aye a des caractères si particuliers qu’on a mis en doute si c’est un vrai rongeur; cependant cela n’est pas douteux, quant à ses dents; [ et si la voûte des inter-maxillaires derrière les incisives est moins grande qu’aux autres rougeurs, elle existe cependant, de sorte qu’on peut dire qu’il s’unit aux rongeurs par une partie de sa tête, et se rapproche des quadrumanes par l’autre.] En effet, sa tête est ronde , large , bombée de toute part. Son museau est court, l’intervalle de ses orbites large, leur cercle fermé en arrière, leur direction un peu en avant; la fosse temporale est très-étendue, et l’occiput se rapproche de l’horizontale , au
des makis, pl. XVIll. — Spix, Cephalog. Vit, Cg. 7, [Pander et d’Altou, ouv. cit., pl. I, II et VII, a, û.]
(3) Figure de tête de phascolome. Cuvier, Règne animal, pl. II, Cg. 4, 5, 6.
lieu d’être coupé verticalement ; l’arcade en arrière de l’orbite est à peu près horizontale.
Les lièvres (1) ont la tète allongée, une crête sur-orbitaire très-marquée, séparée en avantet en arrièredu corps de l’os frontal par une échancrure. L’occiput est fort singulier. La crête occipitale, arrivée près de l’inter-pariétal, se recourbe en arrière pour former une proéminence carrée qui répond au milieu de l’occipital supérieur. Leur profil présente une courbe presque uniforme; un très-grand orbite bien cerné en occupe à peu près le milieu; l’arcade est située très-bas; elle est presque droite, et les os, à la joue et dans la région sphénoïdale et occipitale, sont percés d’une multitude de trous ou de mailles qui leur donnent l’aspect d’une dentelle.
Dans les lagomys, le crâne est plus prolongé et plus déprimé , surtout en arrière. Il n’y a pas de crête sur-orbitaire; l’espace inter-orbitaire s’y trouve fort étroit, et les orbites dirigés vers le haut; la base de l’arcade donne une apophyse dirigée vers le bas, et le jugal se prolonge en arrière en une très-longue pointe.
La marmotte a la tête déprimée, large entre les yeux, la coupe longitudinale du profil surbaissée en courbe à peu près uniforme; l’orbite est à peu près aumilieudela longueurdelatêle; lemuseau esteylindrique : les arcades zygomatiques assez étroit es s’écartent beaucoup en dehors; mais au lieu de se courber vers le haut , elles le font plutôt vers le bas. L’occiput est tronqué verticalement; les crêtes temporales se réunissent assez en arrière.
Le souslic diffère de la marmotte seulement en ce qu’il a la tête un peu moins large et plus bombée entre les orbites (2).
Les écureuils ont leur tête faite sur le modèle de la marmotte, seulement le frontal est encore plus large et un peu plus convexe; [les pariétaux sont plus bombés sur le côté], les arcades moins écartées en arrière.
Le taguan ( pteromys petaurista) a la région d’entre les orbites creuse et large comme les marmottes ; son nez est plus gros , plus court , et plus
bombé en dessus qu’à l’écureuil. [La face occipitale est un peu inclinée en avant (5).]
La tête du castor (4) a le profil en dessus enligne droite; ses larges arcades sont relevées au point de se trouver presque de niveau avec le crâne, et de rendre l’ouverture de l’orbite presque horizontale; l’intervalle entre les deux orbites se trouve par là bien plus étroit qu’aux marmottes et aux écureuils; [de plus, les crêtes frontales s’unissent de bonne heure pour produire une crête sagittale longue, mais peu relevée]. La crête occipitale est touLà fait à l’arrière du crâne, et la faee occipitale est verticale et peu élevée. [En arrière de l’arcade zygomatique, on voitsur le côté du crâne line anse profonde produite par la saillie que forme en haut et en dehors le long tube du conduitauditif.]
Les orijctùrcs ou rats taupes du Cap (5) , ressemblent singulièrement au castor par la plupart des caractères de leur tête. La région de la tempe n’a point cette crête transverse du castor qu’on retrouvera dans l’ondatra; il y a, au contraire, une crête longitudinale. Leur museau esL allongé, renflé par les côtés. [Les arcades sont dirigées plus en dehors et plus horizontales; la compression , le resserrement de la tête entre les orbites est plus prolongé, et la crête occipitale forme, d’un trou auditif à l’autre, une courbe régulière, à concavité antérieure. ]
L 'ondatra (6) et les rats d'eau ou campagnols ordinaires se ressemblent beaucoup entre eux et ont de grands rapports avec le castor parla structure de leur tête; leur espace inter-orbitaire est encore plus comprimé, mais leur crâne est plus plat et plus élargi, surtout de la partie des temporaux. [On n’y voit point de crête sagittale, et le conduit auditif n’y forme pas le long tube saillant qu’on observe dans le castor.]
. Les rats (7) proprement dits ont la tête plus oblongue, le crâne moins large à la région des tempes, moins comprimé entre les yeux qu’aux rats d’eau. Dans le surmulot, le rat, les crêtes temporales relevées en arête mousse commencent à la base du nez, s’écartent l’une de l’autre à la base du fron-
(1) [Squelette et tête de lièvre. Pauder et d’Alton, Die skelete der naget/ùere. Bonu., 1823 première partie, pl. III et VII, y:
(2) Fig. de tête de marmotte. Pander et d’Alton, ouv. cit. pl. VIII, l. — Fréd. Cuvier, Mém. mus., t. IX, pl. 14. — Tète du souslik, Fréd. Cuvier, ibid., pl. 1 5.
(3) Têtes d'écureuils et de pteromys. Fréd. Cuvier, Mém. du mus., t. X, pl. 10, fig. 1, 2, 3, 4, 5, 6. — Pander et d’Alton, ouv. cit., première partie, pl. VIII, h, et deuxième partie, pl. VIII.
(4) Tète de castor. Cuvier, Oss. foss., t. V, première partie, pl. III. — Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. VIII, g.
(5) Il ne faut comprendre sous ce nom générique
que le mus maritimus, Gm., et la petite taupe du cap de Buffon, dont M. Fréd. Cuv. a retrouvé l’espèce; mais cette dernière est tout à fait distincte du mus capensis, lequel n’a que trois molaires et est d’un autre genre, le genre géorique. C’est donc à tort que ces deux noms sont rapprochés comme synonymes, Règne animal, t. I, p. 21 r. F. le Mémoire de M. Cuvier, Ann. des se. nat., tome I, i83/t, p. ig3. — Tête et squelette du bathyer gus maritimus, Pander et d’Alton, deuxième partie,
pl. Ht.
(G) Tète de l’ondatra. Pauder et d’Alton, ouv. cit., deuxième partie, pl. VIII, a, b.
(7) Tête du mus rattus. Pauder et d’Alton, ouv. cit. , deuxième partie, pl. V, a, b.}
ARTICLE DEUXIÈME
tal, et marchent ensuite presque parallèles jusqu’à la crcte occipitale; mais elles disparaissent dans les petites espèces, comme la souris et le mulot, qui ont de plus le crâne plus large proportionnellement. [I.’arcade est très-inclinéc de haut en bas et d’avant en arrière.]
La tête des hamsters (1), un peu plus courte que celle des rats, se rapproche par là de celle des rats d’eau; leurs crêtes temporales sont moins relevées qu'aux premiers et plus rapprochées.
Les gerbilles ressemblent aux rats pour la forme delà tête, [mais elles ont le crâne plus arrondi; on n’y voit pour ainsi dire pas de crêtes sagittale et occipitale; il y a de véritables crêtes sourcilières, très -écartées en arrière. La ligne du profil est aussi un peu moins droite (2)].
Les (oi/s et (éroAs portent à peu près les caractère des petites espèces de rats, [mais le museau, en dessus, n’offre pas, en avant des orbites, la forte échancrure arrondie qu’on voit chez les derniers (ô).]
Les liydromys ressemblent presque en tout aux loirs pour la tête.
[ Le lemming zocor a le museau cylindrique, l’espace inter-obitaire à peu près de la largeur du museau, le crâne arrondi et bombé sur les côtés en avant, et relié au museau par une arcade grêle et en arc de cercle; mais ce qui distingue celte tête de toutes les précédentes, c’est la disposition de sa face occipitale, qui est fort analogue à ce que nous avons vu dans la chrysochlore , c’est-àdire grande, inclinée en avant, et limitée par deux arêtes vives qui naissent de la racine de l’arcade zygomatique; l’une, supérieure, remonte directement pour s’unir à l’épine occipitale et à celle du côté opposé , et sépare la fosse orbilotemporale de la face occipitale; l’autre, inférieure, élargit celle face sur les côtés, en recouvrant d’une expansion osseuse l’espace entre l’apophyse zygomatique du temporal et le conduit auditif, derrière la facette glénoïdè (4).]
L e spalax ou rat taupe cV Orient s’éloigne de tous les autres rongeurs [et se rapproche du précédent] par l’énormité de sa face occipitale, qui ne demeure pas même verticale, mais s’incline en avant, de manière que l’épine occipitale réponde audessus des apophyses ptérygoïdes. [Il semble, à
(i) [Squelette et tête de hamster. Pander et d’Alton, O. C.,pl. YII et VIII, o.
(a) Tête et squelette du meriones libyens, même ouvr., pi. IX, c, d.
(3) Tête du myoxus glis , même ouvr., pi. VIII, i, /.'.]
(4) Tête et squelette de l 'hypudeus lemmus, même ouvr., pi. IX, a, l.
(5) M. Gray en a fait le genre rhizomys, qui comprend deux especes, le Rh. sumatrensis , et le Rh. sinensis. Tndian zoology. — M. Temminck en a fait de
TÊTE DES MAMMIFÈRES
voir la tête de profil, qu’une partie du crâne en a été enlevée.] Celte face a également en arrière, entre la facette glénoïdè et le méat auditif, un élargissement latéral en forme de voûte. [Elle est limitée par une arête plus aigue encore qu’au précédent, et la face occipitale est plus plate ; le crâne est beaucoup plus resserré entre lesorbites, et y est plus étroit que le museau. L’arcade est grêle.
Dans le lemming et dans le spalax, le bord supérieur des narines est plus saillant que les incisives.
On a nommé spalax do Sumatra ( mus Sumatrensis) un animal dont la tête indique un genre fort différent (5). Les incisives y sont plus saillantes que le bord des narines , et surtout elle n’a pas la région postérieure du crâne et la face occipitale disposée comme dans le zemni , mais se rapprochant plutôt de celles du castor et de l’oryctère. On y voit, en effet, des arcades fortes et très-ouvertes, des fosses temporales s’étendant sur le dessus du crâne et séparées par une crête sagittale; une face occipitale, presque verticale, plus large que haute, cernée par une crête occipitale aiguë, qui demeure fort éloignée du bord antérieur de la racine de l’arcade , et le conduit auditif sous la forme d’un tube osseux remonte comme dans le castor entre la crête occipitale et l’apophyse zygomatique.]
L'alactaga (6) et le pœphagomysréamssent à une forme de tête presque semblable à celle des petites espèces de rats un trou sous-orbitaire si énorme, qu’il égale presque l’orbite et fait de la partie du maxillaire qui sert de base à l’arcade une sorte d’anneau. [Cependant, dans le premier la tête est proportionnellement beaucoup moins longue que dans le second, et le crâne y est plus arrondi.
Les gerboises proprement dites ont une forme de tête particulière ; le museau est droit , aussi large à sa base qu’à sa pointe; il a une petite fossette en avant du front : le crâne est notablement grand et très-large entre les orbites ; son sommet est bombé, et sa face occipitale débordée en arrière et sur les côtés par l’énorme renflement vésiculeux du rocher. L’arcade zygomatique est grêle et dirigée en bas, et l’arc osseux
sou côté le genre nycloclcpte. A Tonogr. de mamm., pl. XXXII. L’un et l’autre auteur ont donné de cette tète des figures lithographiées médiocres.
(6) M. Fréd. Cuvier a soumis à une nouvelle étude le petit groupe de rongeurs réunis sous le nom de gerboises ( Règne anim., t. I, p. 209), et il sépare des gerboises proprement dites le mus jaculus , dont il fait le type du genre alactaga. Voy. Ann. des scicnc. nat. , t. VI, p. i52. i836.]
vertical qui sépare l’orbite du trou sous-orbitaire est plus élargi qu’aux précédents (1).
Dans les hélamys (2) ou gerboises du Cap } on trouve presque la même grandeur du trou sousorbitaire, à peu près même composition de l’anneau; mais le frontal s’élargit sur les orbites plus qu’aux échymis et aux écureuils , ce qui rend le dessus du crû ne plat et carré. [Les parties vésiculeuses de l’oreille en arrière et sur les côtés du crûnc sont encore très-saillantes , quoique moins qu’à la gerboise. L’arcade zygomatique est trèslarge en avant, et mince en arrière.]
Les échymis se rapprochent par leur tète oblongue des rats proprement dits; leurs caractères les plus distinctifs tiennent au grand élargissement de leur trou sous-orbitaire, qui est cependant bien moindre que dans les gerboises et autrement composé, et à ce que leur frontal se dilate de chaque côté en continuation de la crête temporale pour fournir un plafond à l’orbite. [L’arcade est droite et de largeur à peu près égale partout.
Le capromys diffère du précédent surtout en ce que le frontal donne une petite apophyse postorbitaire, et que l’arcade zygomatique est plus courte et bien plus large verticalement. Dans ces deux genres l’arc du trou sous-orbitaire s’unit au museau suivant une ligne courbe, tandis que dans la gerboise, et surtout dans l’hélamys, il s’y unit à angle droit. ]
Le porc-épic (5) se caractérise principalement par la convexité générale de son profd et par son gros museau convexe, dépendant surtout de la grandeur extraordinaire des os du nez. Il manque de la crête latérale si marquée dans les échymis; mais il leur ressemble beaucoup par les connexions des os; [seulement le trou sous-orbitaire situé plus bas sur le côté du museau est moins grand proportionnellement. Dans l’espèce d’Italie, la région du nez et du front esL si énormément bombée, que cette partie de la tête est près de deux fois plus haute que la partie postérieure. Dans ung espèce de Sumatra, le proGl , bien qu’uniformément convexe, est bien moins relevé à la partie moyenne, et ressemble davantage par cela même au capromys. ]
Dans le coendou, il y a un très-grand renflement des frontaux et de la base des os du nez| mais ceux-ci sont courts et aplatis à leur partie antérieure. [ Le museau est d’une extrême brièveté, et
(1) [Squelette et tête du dipus bipes. Pander et d’Alton, ouvr. cit., deuxième partie, pl. VIL
(2) Tète d’/i èlainys, même ouvr., pl. VU, c, b.
(3) Têtes des divers genres de porcs-èpic. Fréd. Cuvier, Mém. du mus. t. IX, pl. ao bis et 20 ter. — Pander et d’Alton, ouvr. cit., première partie, pl. I et VIII, d. deuxième partie, pl. VI.
le trou sous-orbitaire remonte plus haut que dans les précédents. ]
Vurson diffère beaucoup des autres porcs-épic par un museau court, un nez aplati en dessus, un front aplati entre deux crêtes orbitaires qui, se continuant et se rapprochant, forment une crête sagittale qui va s’unir à une crête occipitale trèsmarquée. [ L’écartement de la partie postérieure de l’arcade zygomatique le rapproche de la marmotte et du castor. L’arc osseux du trou sousorbitaire s’unit au museau presque à angle droit. ] •
Le cottia ressemble, pour la forme générale de sa tête, à l’urson [et plus encore à la viseache]; son museau est plus long qu’à 1’ul-son. Le triangle, intercepté entre les fosses temporales, est presque en entier dans les pariétaux, [et sa pointe, seul vestige de crête sagittale , touche à la crête occipitale. ] L’arcade sourcilière s’étend jusque sur le temporal, et a sur la suture temporofrontale un enfoncement qui y forme comme deux apophyses post-orbitaires. [ L’arcade zygomatique a son bord inférieur droit; son bord supérieure est, au contraire , profondément échancré en arrière. ]
L'agouti (4) a de grands rapports avec les porcsépic proprement dits, [surtout celui de Sumatra.] Sa tète est plus oblongue de la partie du crâne et de celle du museau : celui-ci est moins bombé, proportionnellement plus long; la crête occipitale est moins saillante; l’arcade zygomatique plus courbée vers le bas. •*
Dans le paca (5), la tête est oblongue comme dans l’agouti; mais l’énorme élargissement et renflement de ses arcades, surtout de leur partie maxillaire, change sa physionomie.
Les cochons d’Inde (0), ou cobaies , tiennent de l’agouti et du paca. La crête au-dessus des orbites, l’apophyse post-orbitaire s’y marquent de même. [ Cependant l’espace inter -orbitaire, formé par le frontal, est moins carré, plus rétréci à sa partie moyenne; le museau est moins en fuseau.]
Le cabiai( 7) a le dessus de son crâne plus plane que le cochon d’Inde; les côtés en sont plus rectilignes. [Les crêtes temporales 11e se réunissent pas, et se continuent chacune de leur côté avec les parties latérales de la crête occipitale. Celle-ci, qui est, en effet, fort aigue sur les côtés, et qui se continue en une longue apophyse, est à peine marquée à son sommet.
Nous avons une petite espèce de kerodon du
(4) Squelette et tète d'agouti. Pander et d’Alton, ouvr. cit., deuxième partie, pl. II.
(5) Squelette et tète de paca. Pander et d’Alton, ouvr. cit., pl. V et VIII, e.
(6) Tète de cochon d'Inde, même ouvr., pl. VIII, m, n.
^7) Tète de cabiai, même ouvr., pl. VIII, a, à.]
ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES
Brésil qui ressemble assez nu cochon d'Inde pour pophyse zygomatique du temporal. Dans l'aï à la forme du crâne, mais le museau est plus étroit ■ collier, la région inter-oculaire est moins large cl et plus allongé. Un autre herodon de Patagonie sc plus plate (2).
rapproche de l’agouti et du lièvre ; il a la tête La tète des talons est en général un long cône oblongue, le museau effilé, les arcades sourcilières dont la pointe ou le museau s’eflile presque en relevées comme dans le lièvre, mais non séparées cylindre; le cône s’élargit au-devant des orbites
du frontal parune profonde échancrure; il a aussi, comme ce dernier, la partie postérieure du crâne fortement abaissée, mais les os ne sont pas criblés. Les arcades ne saillent, point en dehors.
La tête du lagoslome viscachc a, comme nous l’avons dit, des rapports de forme avec celle du couia; elle est déprimée. Le museau et le front sont aplatis ; l’espace inter-orbitaire est à peu près carré ; la crête sourcilière se termine par une sorte d’apophyse posl-orbilaire; la partie du crâne, en arrière des arcades, est é, paiement quadrilatère; les fosses temporales occupent les côtés et presque le dessus du crâne, et la crête occipitale forme avec la sagittale deux angles droits. La face occipitale, plate et verticale, est beaucoup plus large que haute. Le bord inférieur de l’arcade' est droit, et montant obliquement d’avant en arrière. Ce bord est, comme dans le couia, épais, et mousse dans presque toute sa longueur.
Le chinchilla diffère de la viscache par la hauteur de la tête en arrière, par une plus grande étroitesse de l’espace inter-orbitaire, l’absence de la crête sourcilière, et surtout parce que toute la région latérale et postérieure du crâne est occupée par les énormes renflements vésieideux de la caisse et du rocher, qui remplissent les fosses temporales et débordent en arrière la face occipitale. C’est, à un degré plus considérable, l’analogue de ce que nous avons vu dans la gerboise (1).]
e. Edentés.
Les paresseux ont le crâne arrondi et bombé. [Leur profil forme une convexité régulière. Le front, dans l'unau, est plus large que le crâne. Les crêtes temporales, mousses , sc rapprochent sans sc confondre et s’unissent 5 la crête occipitale. Elles demcurenl plus écartées dans l’ai';] Le museau est excessivement court, plus peut-être qu’à aucun autre quadrupède, excepté les singes. Un très-grand jugal, produisant cn-dessous une apophyse descendante, n’atteint pas jusqu’à l’a-
(r) [Fig- de tête de chinchilla. Era. Rousseau, Ann. clés sc. nat., t. XXVI, pl. i3.
(a) Fig. de tête de l 'aï, Cuvier, Ossements fossiles, t. V, première partie , planche V, — de l'unau, ib. ici.,
pi.vr.
(3) Fig. de têtes de tatous. Cuvier, ouv. cit., t. V, première partie, pl. X et XI, — du tatou a neuf bandes. Pander et d Alton. Vie skelcte der zahnloscn thiere. Bonn. i825, pl. VIL
pour donner les arcades, et se rétrécit ensuite [plus ou moins selon les espèces.] L'occiput est coupé à peu près verticalement. La crête occipitale est mousse et peu saillante, l’écartement des arcades médiocre; elles ont leur courbure dirigée vers le bas.
Dans le tatou géant , les crêtes orbitaire et temporale sont à peu près milles; l’occiput est moins haut que large , et a sa crête marquée de trois fortes tubérosités (5) .
La tête de l 'onjetérope (A), prise en masse, ressemble beaucoup à celle du tatou géant , mais son museau est un peu plus long à proportion, ses os du nez beaucoup plus larges, et ses apophyses post-orbitaires du frontal marquées et pointues; ce qui n’a lieu dans aucun tatou.
La tête des pangolins , vue en dessus, est un cône [presque parfait, sans échancrure pour les orbites ou pour les tempes], et plus ou moins allongé; arrondi de toute part à sa base et sur ses côtés; le profil est en ligne droite, et les arcades, incomplètes, droites, sont presque au niveau de son palais (5) .
L e fourmilier tamandüa (6) a la tête encore plus allongée que les pangolins; [mais la fosse à la fois orbitaire et temporale échancre fortement les côtés du cône;] elle occupe plus du quart de la longueur totale, et est creusée de chaque côté un peu après le milieu. [Le museau est plus cylindrique qu’au pangolin, et par conséquent plus distinct de l’élargissement de la tète en avant des orbites.]
La différence la plus frappante entre le tamandua elle grand fourmilier ou tamanoir (7), c’est que celui-ci a le museau deux fois aussi long que le crâne, et que dans le premier il est moindre que le crâne. [Il en résulte pour le tamanoir une tête d’une forme étrange, et dont nous n’avons pas encore vu d’exemple. En effet, ce museau, démesurément long, étroit, el en demi-cylindre, s’élargit peu à peu pours’unirau crâne, et celui-ci s’agrandissant aussi par degrés d’avant en arrière, il en
(4) Squelette et tête de 1 ' oryctérope. Cuvier, ouv. cit., pl. XII.
(5) Squelette et tête du pangolin à courte queue. Cuvier, ouvr. cit., pl. VIII. — Pander et d’Alton, ouvr. cit., pl. VIII, a, b, c.
(6) Squelette du tamandüa. Pander et d’Alton, ouvr. cit., pl. V.
(7} Squelette et tête du tamanoir. Cuvier, ouvr. cit., pl. IX. — Pander et d’Alton, ouvr. cit., pl. VI, a, l>, c, d.\
résulte une forme de massue, légèrement échancréc par la fosse orbilo-tcmporale. ]
Le fourmilier didactylo diffère des deux autres par la courbe de son profil plus marquée, par son crâne beaucoup plus large, et par son museau plus court et plus pointu que dans le lamandua.
f. Pachydermes.
La tête de l 'éléphant est plus élevée verticalement, et à proportion de sa longueur horizontale, qu’aucune autre tète, en n’exccplant pas même celle de l’homme. Sa forme, tout h fait extraordinaire et anomale, est due à l’élévation et à la direction presque verticale des alvéoles des défenses, et à l’élévalion qui en résulte pour les os inter-maxillaires ; à l’élévation correspondante des maxillaires; à la brièveté des osdunez nécessaire à la mobilité de la trompe; et principalement h l’énorme renûcmenl produit à la partie supérieure temporale et postérieure du crâne, par les grandes cellules ou les innombrables sinus frontaux qui occupent dans ces parties l’épaisseur des os.
La face antérieure de la tête s’étend en réalité et en s’inclinant très -peu en arrière, depuis les bords inter maxillaires jusqu’à la crête occipitale; l’ouverture extérieure des narines, au lieu d’être au bout du museau, se trouve au milieu de cette face. La crête occipitale s’élève au sommet de la tête, et le trou occipital est au milieu de la face postérieure , laquelle est presque verticale. L’occiput est très-bombé sur les côtés, et a dans son milieu un double enfoncement très -profond, au milieu duquel se montre une crête longitudinale presque semblable au crisla-galli de l’elhmoïde de quelques animaux. C’est où s’attache le ligament cervical qui est énorme. L’arcade est presque droite et horizontale, [ et elle naît, comme aux rongeurs, en avant des dents molaires (1). ]
La tète de l'hippopotame (2) se fait remarquer par un museau presque cylindrique renflé du double de sa largeur dans sa partie antérieure pour fournir aux alvéoles des canines et des incisives, en sorte que le renflement est profondément échancré de chaque côté entre le maxillaire et l’inter-' maxillaire ; par des orbites très- saillants vers le dehors, au moyen d’une longue voûte demi-cylindrique que le frontal donne à chacun; et par des apophyses post-orbil aires du frontal et du jugal très-rapprochécs. [ La face occipitale est rendue concave par la saillie de la crête; dans la tête,
(1) \Foy. pour les têtes d 'éléphants. Cuvier, Oss.foss., t. T , p. 204, pi. I, II, IV et XII. — Pander et d’Alton, Die skclele der pachydermata. Bonn., i8ar , pi. I et II.
(2) Squelette et tête d'hippopotame. Cuvier, ouv. cit., t. T, p. 3o2, pl. I et II. — Pander et d’Allou, ouv. cit., pi. Vct VI.'J
vue de côté, la ligne du palais paraît tout h fait parallèle à celle du dessus du crâne; une forte crête occipitale se continue en avant en une crête sagittale assez courte. L’arcade zygomatique, reportée par la longueur du museau, à l’arrière de la tête ], est forte, à peu près droite, et se dirige un peu obliquement vers le bas et le dehors, ensuite tic quoi elle rentre sur une grande facette glénoïde.
Une tête de cochon proprement dit (3) est presque une pyramide quadrangulaire , dont la face palatine serait à peu près perpendiculaire sur la base qui serait l’occiput; [ le museau est droit, sa face supérieure plate; le crâne, élargi sur le front, se rétrécil en arrière, et se termine par une crête occipitale saillante et carrée; il en résulte une face occipitale qui présente trois plans différents : deux inférieurs et latéraux, dirigés en arrière et en dehors, et un moyen et supérieur, concave et dirigé en arrière. Les arcades, placées dans la moitié postérieure de la tête, sont médiocrement écartées. ]
Les variétés de cochons diffèrent surtout par le plus ou moins de prolongement de la tète. Le sanglier a la face plus longue et le crâne moins élevé. Le cochon domestique d’Europe a le crâne un peu plus élevé et la face encore assez longue. Le cochon de Siam a la face plus courte, le crâne plus bombé dans la région frontale, et plus grande à proportion.
Le sanglier à masque d’Afrique diffère du sanglier d’Europe , parce que ses arcades s’écartent davantage en dehors en prenant une direction plus horizontale, et surtout par les proéminences de sa surface.
Le babiroussa, comparé avec un cochon de Siam de même taille, a le crâne plus long dans sa proportion avec le museau , l’orbite plus avancé, les fosses temporales plus rapprochées sur le crâne, l’arcade zygomatique plus longue et montant moins subitement en arrière.
Les pécaris ont plus de rapport avec le babiroussa qu’avec le cochon de Siam, mais le museau est plus court, [ et transversalement convexe; la crête occipitale est moins large, moins carrée, et les trois plans de sa face occipitale sont moins distincts.
Les phacochœrcs ont une forme de tête toute différente des précédents.] Leur caractère particulier consiste dans le reculement des yeux et la petitesse relative des fosses temporales, suite né-
(3) Tète do cochon, Cuvier, Oss. Joss., t. II, p. 124, pl. I. — Têtes de babiroussa, de pécari, de phacochœre. Pander et d’Alton, ouv. cite, pl. XII, f, g, a, b, c. — Tête de sanglier à masque et de phacochœrcs, Frcd. Cuvier, Mèm. du Mus., t. VIII, pl. 22 et 23.]
ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES
cessaire de ce reculcment; dans l’énorme développement des bases de ses arcades , dans la largeur de cette partie, ainsi que l’intervalle des orbites. [ Ceux-ci sont recouverts par une longue voûte que leur fournit le frontal comme dans l’hippopotame. L’arcade, extrêmement courte, forme, par l’élargissement des lames osseuses qui la consti-
Î| tuent, plutôt une sorte de canal oblique que l’anse I d’une grande ouverture, comme dans le plus grand nombre des animaux ; la crête occipitale est fortement saillante en arrière, et la face occipitale est partagée par des arêtes en trois concavités distinctes. Le museau est fort rétréci en arrière des alvéoles des canines. ]
Le profil des rhinocéros (I) est bien caractérisé par sa concavité au-dessus des yeux, par ses os du nez d’une épaisseur énorme, très -élevés , et laissant entre eux et les maxillaires une échancrure profonde.
Dans Vunicornc des Indes, ce qui frappe le plus, c’est la saillie pyramidale de son crâne; l’occipital en fait la face postérieure ; les fosses temporales en font les faces des côtés, la continuation obliquement ascendante du front la face antérieure ; au lieu de pointe, le sommet est une ligne transversale.
Dans Yunicorno de Java, cette pyramide est moins élevée, de même que dans le bicorne de Sumatra ; mais dans le bicorne du Cap, la crête occipitale se dirige obliquement en arrière au lieu d’êlre verticale. A la face supérieure du crâne, les deux crêtes temporales ne se réunissent pas, elles vont chacune séparément joindre la crête occipitale. Le contour horizontal des os du nez est arrondi dans le bicorne du Cap, pointu dans l’unicorne des Indes, [plus pointu encore dans celui de Java et dans le bicorne de Sumatra ]. L’espace entre les apophyses post-orbitaires est bombé dans le bicorne du Cap, [ légèrement relevé dans celui ‘de Sumatra], et transversalement concave dans les deux unicornes.
Dans le profil, les os incisifs qui, dans les unicornes des Indes et de Java et dans le bicorne de Java, avancent autant que ceux du nez, se réduisent chacun à une petite pièce oblongue dans le bicorne du Cap.
La face postérieure du crâne, demi-elliptique et plus haute que large dans l’unicorne des Indes, est quadrangulaire et un peu plus large que haute dans le bicorne du Cap. [L’unicorne de Java a cette face occipitale droite, comme dans celui des
( i) [Squelettes et têtes de rhinocéros. Cuvier, Oss.Joss. , t. Il, première partie, p. 94, et t. III, pi. LXXVIII et LXXIX. — Pander et d’Alton, ouv. cit., pi. IX.
(2) Tête et squelette de daman, Cuvier, Ossements fossiles, t.‘ II, première partie, p. 142, pi. I et II.
(3) Squelettes et têtes des tapirs d’Amérique et des
Indes; mais plus large que haute comme dans le bicorne du Cap; tandis que le bicorne de Sumatra l’a, au contraire, comme l’unicorne des Indes, plus haute que large, et, de plus, très-verticale. L’arcade est forte et remonte en arrière, plus ou moins, selon les espèces.] Elles font dans les deux unicornes, en s’écartant en arrière, un angle saillant; ce qui, joint à la différence des os du nez, fait que le contour général de ceux-ci, vus en dessus, est triangulaire, et celui du bicorne du Cap oblong.
Le daman (2) offre une tête ramassée, à museau court, aplatie en dessus dans l’adulte. Cet aplatissement, la crête presque rectiligne qui en résulte au-dessus de l’orbite, la position des yeux plus avant que le milieu, la distinguent de celle des autres pachydermes. Il n’y a pas de crête sagittale unique, ni d’épine occipitale. [La face occipitale est verticale, plus large que haute. Les deux arcades zygomatiques sont droites, à peu près parallèles, médiocrement écartées du crâne, et, ce qui éloigne beaucoup le daman des rongeurs auxquels on l’a longtemps réuni, l’arcade naît fort près des dernières molaires.
Les tapirs , ceux d’Amérique comme celui des Indes (5), ont pour caractère principal et commun la disposition toute particulière de leur ouverture nasale et des os qui y contribuent.] La base du nez se relève jusqu’au-dessus des orbites; et les naseaux, loin de couvrir tout le dessus de la cavité des narines, sont courts, pointus, et suspendus comme un auvent au-dessus d’une partie seulement de cette ouverture qui se trouve ainsi extrêmement longue, horizontale et bordée en grande parLie par les maxillaires auxquels les naseaux ne s’articulent que par une partie recourbée de leur base extérieure. [Les rhinocéros ont bien l’ouverture nasale recouverte en auvent par les os du nez et formée eu parLie par les maxillaires : mais celte ouverture y occupe l’extrémité du museau et y est située en avant des orbites, tandis que dans les tapirs elle remonte au-dessus.]
Le tapir d’Amérique a le crâne comprimé et relevé en une crête sagittale [très-haute, et qui décrit, en se continuant en avant avec les crêtes temporales et en arrière avec les occipitales, une courbe fort étendue.
Le tapir des Andes ou tapir pinchaquc, découvert par M. Roulin (4), a le crâne bien moins haut que le précédent, parce que, chez lui, les arêtes temporales se rapprochent et se confondent, sans
Indes. Cuvier, ouvr. cit., t. II, première partie, p. iG4> pi. I, II, IV et V. — Tapir d’Amérique, Pander et d’Alton, ouvr. cit., pi. X et XII, h.
(4) Fig. de tête du tapir pinchaquc, Roulin, Mcra. des sav. étrang., t. AT, p. 640, pl. 2.]
se relever en une crête sagittale haute et arrondie. Le sommet du crâne 11e dépasse pas la hauteur des os du nez.
Dans le tapir dos Indes, le front est plus bombé que dans le précédent, et les arcles temporales 11c se rapprochent pas en une crête unique. Il a aussi plus do hauteur proportionnelle de la tête; mais il ressemble plus à celui-ci qu’au premier tapir d’Amérique, dont il n’a ni le front étroit, ni la haute crête sagittale.
Les trois espèces ont sur les côtés des os du nez une gouttière qui loge les muscles île la trompe, et qui est allongée et profonde dans le tapir d’Amérique, plus large dans celui clés Agiles, et plus superficielle dans celui de Sumatra. La face occipitale est en ogive allongé clans le premier, en ovale arrondi clans le second, presque quadrilatère clans le troisième. L’arcade, qui fait une assez forte saillie en dehors, est courbée vers le bas et se relève beaucoup en arrière; et on voit, derrière sa racine postérieure, une profonde échancrure qu’interceptent entre elles les deux longues apophyses que donne en ce poinL le temporal.]
La tête du clcuval est facile à reconnaître en masse par l’élargissement qu’elle a entre les yeux, par son profil légèrement convexe , par sa face plus longue du double que le crâne, par sa mâchoire inférieure plus haute verticalement que le crâne lui-même. Les crêtes temporales, partant des apophyses post-orbitaires, se rencontrent sur le milieu des pariétaux, y forment une courte arête sagittale, et s’écartent ensuite pour se rendre à la crête occipitale, qui est tronquée en dessus comme clans la plupart des pachydermes, [et dépasse la face occipitale. Les inter-maxillaires se prolongent fort au delà des os du nez, qui recouvrent aussi de leur pointe l’ouverture desiosses nasales. L’arcade est très-courte, à peu près droite et dans le tiers postérieur de la tête (I). ]
g. Ruminants .
[Les têtes de ruminants ont pour caractères communs une forme allongée, où les molaires occupent environ le tiers moyen de la lace inférieure, et où le museau se prolonge, en s’aplatissant, fort au delà de la pointe des os du nez; dans aucun, même clans le chameau qui a des incisives latérales, on ne voit d’incisives à l'extrémité aplatie des inter-maxillaires]. Ils ont tous des inter-maxillaires dont l’apophyse montante csL longue et étroite; de grands trous incisifs, des narines externes coupées très-obliquement, l’orbite entière-
(1) [Tête de cheval. Cuvier, Oss.foss., t. II, première partie, p. 108, pl. I.
(2) Squelette et tête de girafe, Pandcr et d’Alton, die skclelc dur wiederkaüen Bonn. 1823, pl. I et II, a, b.
ment cerné par la réunion des apophyses postorbitaires du frontal et du jugal, des pariétaux promptement soudés entre eux et avec l’intcr-pariétal. [Enfin, un grand nombre ont la région lrontale surmontée de productions osseuses de nature variée, et qui, selon la direction ou 4a forme qu’elles prennent, donnent à leur tête des apparences fort diverses.
Les chameaux et les lamas ont la région d’entre les orbites très-large, les tempes très-enfoncées, se réunissant dans les premiers pour former une crête sagittale qui va se joindre à une crête occipitale fortement inclinée en arrière. Le museau est fort comprimé dès son origine; les arcades sont droites, écartées du crâne.
La girafe (2) ale museau prôlongé au-devant des molaires en un long prisme triangulaire ; la région frontale très-large et très-haute, relevée sur la ligne médiane en une sorte de pyramide, et terminée plus en arrière par deux longues éminences osseuses; derrière celles-ci le crâne se rétrécit et s’incline en arrière, limité de chaque côté par les crêtes temporales qui ne se rapprochent pas. Dans la tête, vue en dessus, le développement de la région frontale ne laisse rien apercevoir des arcades qui sont petites, grêles et presque droites, et de plus fort relevées au-dessus de l’arcade dentaire.
Les chevrotains ont la lête en ovale presque parfait, le crâne aussi large que le front, qui n’a aucune proéminence ; les crêtes temporales s’unissent en une crête sagittale très-courte ; la face occipitale est triangulaire, le chanfrein droit, le museau un peu comprimé en arrière des canines , l’arcade peu saillante.
Les cerfs (5) ont tous, avec les caractères généraux des ruminants , un espace membraneux sur les côtés de la joue, entre le frontal, le nasal, le lacrymal et le maxillaire. La région entre les orbites esL plate ou déprimée , suivant les espèces ; puis le front se relève et devient bombé. La portion la plus reculée du front est surmontée , dans les mâles et quelquefois aussi dans la femelle, de deux noyaux osseux qui donnent à la tête, selon leur origine et leur direction, une physionomie variée; ainsi , dans le cerf commun, ils sont écartés et se dirigent en dehors et en arrière ; dans le chevreuil, ils sont droits, rapprochés et dirigés en haut; dans le mUntjac , ils ont non-seulement une longueur excessive, mais ils sont inclinés fort obliquement en arrière, et se prolongent, par une arête mousse sur le dessus du crâne, jusqu’aux os du nez. La plupart ont sur la joue, au-devant
(3) Tête de diverses espèces de cerfs. Cuvier, onv. cit. , t. IV, pl. V. — Pander et d’ Alton, ouv.cit., pl. V, a, d, e,Ji\
ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES
de l’orbite, un enfoncement plus ou moins profond, tantôt creusé dans le lacrymal seul, mais auquel parfois le jugnl elle maxillaire contribuent aussi. L’arcade est petite, grêle, presque droite, et moins saillante que le rebord de l’orbite.
A part leurs noyaux osseux, qui sont communément longs, eflilés, souvent à doublent à triple courbure, les antilopes (1) ressemblent généralement aux cerfs; mais ils ont le museau plus comprimé latéralement. Le tchicarra a de plus, outre les longs noyaux osseux de la partie postérieure des frontaux, deux autres noyaux, situés sur la partie antérieure de ces os, entre les orbites. Le chamois a le chanfrein concave, ainsi que les boucs. Au reste il y a une grande variété de lormes dans la tête de tous ces ruminants.]
Le profil du mouton (2) est convexe, principalement au-dessus des orbites ; [la face est haute, de façon que le crâne semble s’unir à elle suivant un angle dont le sommet répond à la ligne saillante d’entre les orbites. La l’ace est aussi beaucoup plus large qu’aux gazelles. ] D’ailleurs les sinus et les formes générales de la tête varient beaucoup, selon les raçes et selon les espèces. [Les noyaux osseux partant de l’arrière- front sont souvent très-grands et en spirale.
La tête des boeufs est en général remarquable par la largeur et l’aplatissement de sa face supérieure ; la région frontale s’étend jusqu’à la face postérieure du crâne, et donne là, de chacun de ses angles , le noyau osseux des cornes qui ainsi , au lieu de nailre vers le milieu du crâne, comme dans les précédents, semblent continuer latéralement la crête occipitale, et se portent directement en dehors. L’arcade est courte, médiocrement forte, horizontale , et ne saille pas plus que l’orbite; elle est reportée dans ceux-ci, comme dans les genres précédents, dans le tiers postérieur de la tête (3). ]
h. Cétacés .
Pour , d’une tête de ruminant , arriver à former une tète de lamantin, il faudrait faire x-emonter les apophyses nasales des inter-maxillaires, réduire presque à rien les os du nez, ouvrir ainsi de grandes narines extérieures dans un plan presque horizontal, faire descendre les orbites aux côtés de cette ouverture, agrandir énormément lesjugaux derrière l’orbite, et encore plus l’apo-
(1) [Tètes de diverses espèces d 'antilopes, Pander et d’Alton, ouvr. cit., pi. VIII, c,f, g, h, t.
(2) Tête de mouton. Cuvier, Oss.foss., t. IV, pi. I, % i-4-
(3) Têtes de diverses espèces de bœufs. Cuvier, Oss. foss.,t. IV, pi. X, XI et XII. — Têtes des B. cafer et
B. javanicus, Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. VIII, b, s.
physe zygomatique du temporal, etc. Les creles temporales sont parallèles presque jusqu à 1 occipital, et bordent le dessus du crâne, qui est plat; [la face occipitale est plus large que haute : les deux arcades zygomatiques sont à peu près parallèles l’une à l’autre, et surtout d’une épaisseur et d’une hauteur énormes; elles couvrenL une bonne partie de la face latérale, et se relèvent lortement en arrière, de façon que leur bord supérieur est sur le même plan horizontal que la crête temporale. Le museau est étroit, peu élevé, dépourvu de dents en avant; les deux séries de molaires sont situées dans le tiers moyen de la ligne horizontale inférieure du crâne. Les os de la tête, quoique les sutures soient encore marquées, sont d’une densité remarquable, ainsi que tous ceux du squelette, et donnent à la tête une pesanteur considérable (4).
La tête du dugong a de grands rapports avec celle du lamantin : les connexions des os, leur coupe générale, sont à peu près les mêmes, mais l’apparence en est fort différente : les os intermaxillaires sont allongés et renflés pour loger les défenses, et recourbés vers le bas de même que la symphyse de la mâchoire inférieure. Cette inflexion est telle, que le bord inférieur de l’intermaxillaire devient vertical, et forme avec le palais un angle droit ; en même temps cet os remonte presque sur le même plan que le sommet du crâne , et reporte plus en arrière l’ouverture des narines. Il y a une sorte de mamelon ou de tubérosité sur le milieu de la î-égion frontale, et le sommet du crâne n’est séparé de la face occipitale, qui est légèrement inclinée, que par une crête très-peu saillante. L’occiput est plus étroit, et sa crête est moins marquée qu’au lamantin. L’arcade zygomatique est plus longue et moins haute, mais également très-oblique, de bas en haut et d’avant en arrière. La série des molaires , d’ailleurs fort courte, est, ainsi que dans le lamantin, reportée en arrière de la racine antérieure de l’arcade; la pesanteur de la tête est plus grande encore peutêtre que celle du lamantin , et contraste avec celle des têtes de- dauphins, qui sont remarquables, au contraire , par leur légèreté. Ces différences s’expliquent peut-être par celle de leur genre de vie (5). ]
La tète des cétacés proprement dits, ou sou (leurs , s’explique en se représentant un crâné élevé et large à proportion de sa longueur , des narines
(4) Squelette et tètes de lamantin, Cuvier, Oss. foss., t. V, première partie , pl. XIX, lig. i-5.
(5) Squelette et tête de dugong, Cuvier, ouv. cit., pl. XIX, lig. 6 et 7, et pl. XX. — Pander et d’Alton, Die skclcte der robben und lamantine. Boun. 1826, pl. V» a, b, c, d.]
dirigées presque verticalement, îles orbites encore plus abaissés relativement aux narines que dans le lamantin, enûn un long museau formé par l’extrême prolongement île la partie labiale des os inter-maxillaires, aux côtés desquels se prolongent les os maxillaires , en même temps qu’ils remontent sur le devant du frontal qu'ils couvrent jusqu’au niveau des os du nez , lesquels, vu la direction verticale des narines, forment à peu près le sommet de la tête. Telle est au moins l’idée qu’on peut se faire de la tête d’un dauphin.
Dans les dauphins, le crâne est très-élevé, trèscourt, très-bombé en arrière. La crête occipitale entoure le haut de la tête et descend de chaque côté sur le milieu des crêtes temporales qui se portent beaucoup plus en arrière qu’elle. La lace occipitale est bombée et très-grande.
[Dans le delphinorhynque{\), l’ouverture des fosses nasales est surmontée par deux tubercules saillants, principalement formés par les intermaxillaii'es qui montent jusqu’au sommet de la tète et se recourbent en avant. Dans le dauphin du Gange, la face occipitale est beaucoup moindre qu’aux précédents, et la crête occipitale ne s’avance que par une languette assez étroite jusqu’à l’ouverture des fosses nasales : mais ce qui la distingue principalement , c’est l’espèce de capuchon que forment en avant du crâne les deux maxillaires qui montent seuls de chaque côté, sous la forme de deux larges lames osseuses, pour s’unir à angle sur la ligue médiane. Nous verrons dans d’autres cétacés des dispositions non moins nouvelles des os maxillaires. ]
Il est à remarquer que l’on 11e trouve jamais de symétrie complète dans les têtes de dauphins; les deux narines , les deux os du nez et les parties adjacentes 11e m’ont jamais semblé égales comme dans les autres mammifères. Ce qui nous conduit à l’extrême inégalité de ces parties que nous observerons dans les cachalots.
Le marsouin est, de toutes les espèces, celle où il y a encore le plus de symétrie.
Les espèces de dauphins diffèrent les unes des autres par la longueur et la largeur relatives du museau. [Celui-ci est étroit et mince dans le dauphin du Gange, et au contraire presque aussi large que le crâne dans Força.] Elles diffèrent aussi par le nombre dus dents, et par les diverses convexités ou concavités de leurs parties (2).
(1) \F. pour la tête du microptère, Fréd. Cuvier, Cétacés, pl. VII.
(2) F. pour les caractères des tètes des diverses es pèces de dauphins, Cuvier, Ossern.foss., t. V, Ir0 partie, 4°, pl.XXI et XXII. — Têtes de marsouin et de béluga, Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. VII, a, h, e.
(3) Squelette et tête d’un jeune narval. Pander et
Le narval (ô) présente dans la structure de son crâne les caractères des dauphins : mais au lieu d’une multitude de petites dents le long des bords des maxillaires , il n’en a qu’une de chaque côté, dirigée en avant, et implantée dans un alvéole commun au maxillaire et à l’inler-maxillaire. Ces dents observent rarement la symétrie; presque toujours l’une des deux reste renfermée dans son alvéole, tandis que l’autre acquiert dix ou douze pieds de long ; cependant il arrive aussi quelquefois qu’elles sortent l’une et l’autre. C’est à la tête du béluga ( delpli. leucas ) que celle du narval ressemble le’plus par l’uniformilé de sa convexité, par la direction presque rectiligne des bords de son museau , et par deux sillons profonds qui dessinent une demi-ellipse et une longue pointe sur les inter-maxillaires au-dessous des narines.
La structure de la tête de l 'hgperoodon le rapproche à quelques égards du dauphin du Gange, et conduit à celle des cachalots. Cette, tête, qui sort tout à fait des formes propres au genre des dauphins, est surmontée de trois grandes crêtes; la crête occipitale en arrière , et les deux crêtes maxillaires sur les côtés , qui sont séparées de la première par une large et profonde échancrure transversale. Elles le sont l’une de l’autre par toute la largeur de la tête , car elles ne se rapprochent point en dessus et ne forment point de voûte comme dans le dauphin du Gange, mais simplementdes espèces de murslatéraux (4). L’occiputest plus haut que large.
Aux cachalots commencent les cétacés où la tête est tout à fait hors de proportion avec le corps , et où la face elle-même acquiert des dimensions énormes , tandis que le crâne demeure très-petit.
C’est au dauphin que le cachalot se rapporte le mieux pour l’ostéologie de sa tête. Que l’on suppose le crâne d’un dauphin beaucoup rapetissé à proportion , les bords de son museau très-élargis et relevés dé manière à en rendre la face supérieure concave; la partie des maxillaires qui passe sur les frontaux très-étendue, très-relevée par ses bords, formant ainsi-une très-grande concavité au fond de laquelle sont percées les narines osseuses externes , l’occipital s'élevant de même derrière les maxillaires pour les doubler, et former avec eux une enceinte élevée, qui n’est à vrai dire qu’un extrême développement de la crête occipitale du dauphin , dans la base de laquelle les
d’Alton, ouv. cit., pl. VI, a. — Tète d’un adulte, pl. VI, b,e,d. — Cuvier, Ossern.foss., t. V, première partie, pl. XXII , 7.
(4) F. la tète de l’hyperoodon, Cuvier, Ossements fossiles, t. V, lre partie. 4°i ph XXIV, fig. 19, ao et ai. — Pander et d'Alton, Die skelele der cetaccen. Bonn., 1827, pl. V et VI.]
ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES
J pariétaux sont presque entièrement cachés, et l’on tj aura une Icte île cachalot (l ).
[ Si l’on peut retrouver une tète île dauphin j dans celle du cachalot, à plus forte raison la re- | trouvera-t-on facilement dans la tête des rorquals ] et des baleines. Les premiers ont le museau long j et droit ; sa face inférieure est fortement carénée, ] le crâne petit, la tête s’élargit beaucoup en arrière, 1 et l’orbite faisant également une très-forte saillie I en dehors , il en résulte , au point de réunion de J la face et du crâne de chaque côté, une large surface horizontale qui n’est, pour ainsi dire, que l’exagération de ce qu’on voit déjà dans quelques dauphins , et notamment dans le delphinorhynque : entre ces deux surfaces , il y a deux crêtes temporales très-saillantes en dehors, commençant aux côtés du nez, et entre lesquelles le crâne descend lentement vers le trou occipital, qui est à l’extrémité de ce plan. On reconnaît ainsi que la crête occipitale est tout près de la base des os du nez , traversant d’une crête temporale à l’autre (2).]
Pour se former l’idée de la tête d’une baleine proprement dite, il faut se figurer le museau du rorqual rétréci, allongé, comprimé latéralement, et arqué d’avant en arrière à peu près en quart de cercle, [ en même temps le plafond de l’orbite et la région temporale est plus inclinée en dehors, ce qui reporte plus bas la facette glénoïde, et augmente beaucoup l’intervalle entre les deux mâchoires.] C’est dans le vide que laisse cette courbure de la mâchoire supérieure que sont logés les fanons, qui adhèrent par leur extrémité supérieure et large aux côtés de lacarène que le museau forme en dessous, et descendent obliquement en dehors par leur extrémilé inférieure et pointue vers la mâchoire inférieure (5).
i. Monotrèmes.
On ne peut rapporter la tête des monotrèmes à aucun des autres ordres de mammifères; cependant c’est une vraie tête de mammifère , et non pas d’ovipare d’aucune classe.
Les échidnés (4) sont moins extraordinaires que l’ornithorinque ; on pourrait dire que leur tête res-
(1) [Figure de tête de cachalot, Cuvier, Ossements fossiles, t. 5, ire partie, pl. XXIV, et édit. 8°, pl. 225, fig. i-5.
(2) Tète de rorqual , Cuvier, Oss.foss., t. V, première partie, pl. XXVI. — Pander et d’Alton, ouv. cit.,pl. II, a, l, c.
(3) Têtes de baleines. Cuvier, ouvr. clt., pl. XXV. — Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. IV, a, b, c.
(4) Depuis l’impression de cette partie du texte de l’anatomie comparée dans les Recherches sur les ossements fossiles, en 1823, le cabinet d’anatomie a acquis
semble à la moitié d’une poire; le crâne est bombé et arrondi de toute part, il s’amincit en avant pour donner naissance à un museau grêle, allongé et pointu ; le dessous est plane, les arcades sont grêles, rectilignes et dans le même plan que tout le dessous de la tête (5).
Le crâne de l’ornilhorinque est arrondi, plus large que haut, sans crête sagittale ni occipitale ; il se rétrécit et s’aplatit entre les orbites : ensuite le museau s’aplatit et s’élargit encore ; il donne de chaque côté un petit crochet au-dessus du trou sous-orbitaire, puis il se bifurque, et ses deux branches aplaties, et s’écartant un peu, finissent chacune par un crochet rentrant; les arcades sont rectilignes et hautes verticalement (6).
§ 2. Des fosses extérieures de la tête osseuse.
A. Dans l’homme.
Après l’examen général de la masse de la tête, nous allons faire une revue des fosses qu’elle présente extérieurement.
Les fosses nasales se rendent horizontalement de devant en arrière, conservant à peu près la même largeur ; leur plancher est horizontal sur le palais. Leur plafond descend un peu d’avant en arrière ; il est formé parla hnne cribleuse du crâne; une lame verticale en grande partie osseuse, dite vomer, les sépare l’une de l’autre. Une cloison mince et verticale, appelée osplanum, en sépare le haut de l’orbite du même côté; dans le bas elles communiquent avec la cavité interne de la mâchoire supérieure, tYile antre d’hijgmore, eten arrière avec une autrecavité de la base du crâne, nommée sinus sphénoïdal. ■'Tout en avant, leur plafond est percé d’un trou de chaque côté qui donne dans une cavité du front appelée sinus frontal. Le haut de la fosse nasale est rempli par des lames compliquées qui adhèrent à la cloison orbitale, et qu’on nomme anfractuosités et cornets supérieurs de l’ethmoïde : le bas de chaque côté porte une autre lame contournée, dite le cornet inférieur.
L 'orbite communique avec la cavité nasale de son côté par le canal lacrymal percé verticalement à son angle interne. Son plafond le sépare du
une tête de jeune échidné, ce qui nous permettra d’en faire connaître plus complètement les os; mais nous n’avons pas eu le même avantage pour l’ornithorinque.
(5) Squelette et tête de l 'échidné, Cuvier, Oss. foss., t. V, première partie, pl. XIII. — Pander et d’Alton, Die skelete der zahnlosen thiere. Bonn. 1825, pl. III et IV, a, b, c, d.
(6) Squelette et tête de Yornithorinque. Cuvier, ouv. cit.; pl. XIV. — Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. I et II, a, c. Les sutures sont marquées sur cette dernière tête, qui est tirée du cabinet de Berlin.]
crâne; son plancher, île la cavité du maxillaire supérieur; une cloison latérale le sépare de la fosse temporale; il communique avec le crâne par un trou et par une fente percés dans son fond, et avec la fosse sphénoïdale par une fonte percée entre son plancher et sa cloison latérale extérieure.
La fosse temporale est un large enfoncement placé derrière le bord externe de l’orbite, et plus profond en avant qu’en arrière; elle communique largement ou se continue plutôt avec la fosse sphénoïdale { I), espace siluéentre l’arcade zygomatique, l’os maxillaire, les ailes ptérygoïdes et l’articulation de la mâchoire inférieure.
La fosse palatine est cette grande parabole concave située entre les dents.
Les deux ailes qui prolongent ses angles interceptent de chaque côté un e fosse ptérygoïde ; entre ces ailes s’ouvrent postérieurement les fosses nasales (2).
L’espace entre la saillie du palais, celle des condyles occipitaux, celle des apophyses masloïdes, et les racines postérieures des arcades zygomatiques, est enfoncé et présente plusieurs trous et éminences importants à connaître autant que difficiles à décrire (ô).
La racine des arcades offre une facette transverse, et derrière une fosse servant l’une et l’autre à l’articulation de la mâchoire inférieure (4).
Entre le trou extérieur de l’oreille etlecondyle, mais plus près du premier, saille l’apophyse styloïde; plus près du condyle est la fosse jugulaire par où descend la principale veine du crâne, et un peu en avant et en dehors l’orifice du canal carotidien par où monte la principale artère.
Le premier est, en partie, el le deuxième en totalité, creusé dans une portion raboteuse dite le rocher, qui contient le labyrinthe intérieur de l’oreille; à sa pointe, qui aboutit presque au-dessus des fosses ptérygoïdes, est dans le crâne sec une solution irrégulière de continuité, dite le trou déchipé antérieur.
(t) [La dénomination de cette fosse, qui n’est qu’un prolongement de la fosse temporale, et dont il sera plus spécialement question dans la XVIe leçon, pour les insertions qu’elle donne aux muscles de la manducation; sa dénomination, disons-nous, n’est pas suffisamment arrêtée. Ici M. Cuvier l’appelle fosse sphénoïdale, dans d’autres endroits fosse spliéno-temporale ; dans la première édition elle est désignée sous le simple nom de fosse ptérygoïdienne, et c’est celle que M. Duvernoy décrit dans la XVIe leçon de cette édition sous le nom de fosse ptérygoïdienne externe, réservant celui de fosse ptérygoïdienne interne, pour la fosse ptérygoïde proprement dite.
(2) Cette ouverture postérieure des fosses nasales semble constituer dans un grand nombre d'animaux une
La partie solide située entre les deux rochers les fosses nasales et le grand trou occipital, se nomme basilaire. Elle se trouve dans la ligne de gravité du crâne.
Lorsqu’on détache du crâne les os de la mâchoire supérieure, du nez, des pommettes et du palais on ne voit plus sous la base du crâne, dans celte partie, que les saillies qui servent à l’attacher à la face; savoir: les angles internes des orbites, entre lesquels sont les lames de l’ethmoïde; les angles externes; la partielle l’arcade zygomatique qui est formée par l’os des tempes; les ailes ptérygoïdes qui se joignent aux angles du palais.
a. Quadrumanes.
[Les fosses de la tète dcl’ orang-outang sont assez voisines de celles de l’homme. Cependant l’ouverture des narines ne remonte guère qu’au niveau des trous sous-orbitaires; et les orbites sont presque tout à fait arrondis, ou un peu plus hauts que larges; la fosse palatine est plus longue.]
Dans le chimpansê , l’ouverture îles narines remonte un peu phis que dans l'orang-outang , et jusqu’au niveau du bas des orbites; ceux-ci, un peu moins rapprochés, ressemblent davantage à ceux de l’homme par leur coupe rhomboïdale, et toutefois ils sont encore un peu plus hauts que larges, et plus grands proportionnellement à la face.
[Les gibbons ont les orbites plus arrondis, l’ouverture des narines remontant jusqu’à leur tiers inférieur; le jugal, au lieu d’être creusé en arrière, dans sa portion orbitaire, en une gouttière qui se confond avec la fosse temporale,’ est au contraire bombé pour produire la forte saillie de l’orbite, de sorte que la fosse temporale est rejetée en arrière. La fosse basilaire est plate. ]
Dans les guenons , les masaques , les cynocéphales , les semnopithèques, [surtout lorsqu’ils sont adul-
fosse particulière , que nous appellerons, pour la facilité de nos descriptions, fosse des arrière-narines on méso-ptérygoïde , parce qu’elle est comprise entre les ailes ptérygoïdes.
(3) C’est cette surface que nous désignerons par la suite, pour éviter toute circonlocution, par le nom de Jbssc ou surface basilaire, quoique dans beau coup de cas, et pour cette partie de la tète comme pour bien d’autres, les noms employés pour la tète de l’homme cessentd'être rigoureusement exacts, appliqués aux animaux.
(4) Dans cette partie de l’ostéologie de la tête nous ne parlons guère de la facette glénoïde que pour indiquer sa position relative. Quant à scs formes et à scs rapports avec le condyle de la mâchoire inférieure, il en est plus spécialement question dans la XVIe leçon.]
ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFERES
tes], les orbites sont plus larges que hauts (I). Le frontal forme entre l’ethmoïde et le sphénoïde une partie de la lame verticale qui sépare les orbites, et qui se trouve ainsi très-mince, et même quelquefois en partie membraneuse. [L’ouverture des narines est allongée, oblique, ne remontant pas entre les orbites dans les espèces dont le museau est saillant, remontant un peu entre ces cavités dans celles qui ont. le museau court.] Leur fosse temporale se marque avec l’Age, et dans plusieurs espèces l’adulte l’a rapprochée vers le haut de celle de l’autre côté, de manière à laisser une crête étroite et saillante sur le vertex, crête que l’on retrouve généralement dans les carnassiers adultes. [Dans ces différents genres, la forme de cette fosse, derrière l’orbite, se rapproche davantage de celle de l’homme.]
Dans les sapajous, les atèles, les aloualtes, les sakis , la fosse nasale est plus courte et plus large qu’aux guenons. [Dans certaines espèces, les fosses ptérygoïdes sont très -rétrécies.] Dans les aloualtes et les atèles, l’intervalle des orbites est large. [Ces cavités sont dans tous ces genres à peu près aussi hautes que larges. Les aloualtes ont en outre la fosse palatine recourbée en haut pour contribuer à loger le tambour du corps de l’hyoïde, et les fosses ptérygoïdes sont réduites à un étroit sillon.]
Les orbites des saïmiris ne sont pas entièrement séparés par une cloison osseuse ; mais il reste un grand espace membraneux sous le frontal, entre l’os elhmoïde et les petites ailes du sphénoïde. [Ils sont fort grands proportionnellement à la face : la fosse temporale est très-petite.]
Dans les lémuriens, une large communication est ouverte entre l’orbite et la fosse temporale, au lieu de la fente et du trou sphéno-maxillaire, communication qui vient de ce que le jugal n’a point cette aile qui, dans tous les animaux précédents, s’articule avec une crête de la grande aile du sphénoïde.
Le loris grêle a les orbites autant dirigés en avant que les sapajous, mais plus inclinés d’avant en arrière, plus grands et plus rapprochés l’un de l’autre. Néanmoins il n’y a pas d’espace vide derrière l’ethmoïde, et même cet os est assez grand ; mais comme il est placé très-bas, le haut des deux orbites est séparé par une lame formée de l’adossement immédiat des deux frontaux.
Le loris paresseux, les galagos, ont les orbites moins grands, moins rapprochés ; leur intervalle, et par conséquent l’ethmoïde, plus large; les fosses temporales rapprochées l’une de l’autre, sur le vertex, avec l’âge. [La fosse ptérygoïde est
(i) J’ai cependant un semnopitlièque , le tcliincou (si/nia maura, Linn.) , dont l’orbite est plus haut que large.
médiocre, à cause de la petitesse de l’apophyse interne.. Dans Vavahi, celte fosse est au contraire remarquablement profonde.]
Dans les makis proprement dits, la largeur du nez et de la lame* criblcuse écarte tellement les orbites que ceux-ci se dirigent en partie de côté, et que leurs plans forment entre eux un angle droit. L’intervalle des deux yeux, quelquefois un peu concave, est principalement rempli dans le haut par les sinus frontaux. Les ouvertures postérieures des narines, non séparées par une cloison osseuse, ont une largeur proportionnée à l’écartement des orbites ; le bord postérieur du palais est plus échancré que dans les singes et dans les genres précédents. [Les fosses ptérygoïdes sont étroites. Les fosses temporales restent toujours fort écartées l’une de l’autre sur le crâne. La fosse sphénoïdale, confondue en une seule avec la fosse temporale et l’orbite, est séparée de la basilaire par l’union de l’apophyse ptérygoïde externe avec la caisse. La fosse basilaire elle-même, un peu concave, est remarquable par l’absence presque totale des trous ou des fentes qui, dans l’homme, découpent cette fosse si profondément.]
Les tarsiers ont leurs orbites plus grands encore à proportion; ceux-ci sont cependant moins rapprochés en dessus que dans le loris grêle, mais la cloison qui les sépare devient plus mince vers le bas et presque membraneuse. [La fosse temporale est très-petite, et sa communication avec les orbites est beaucoup moins ouverte que dans les genres précédents : ils forment sous ce rapport le passage entre les singes et les autres animaux. L’orbite se trouve en eflet fermé, en haut et en dehors, par le frontal, qui y forme moins une apophyse qu’une lame post-orbitaire, pour s’unir au jugal un peu élargi en ce point, et en bas et en arrière par une lame mince et large du maxillaire. La communication avec la fosse temporale se trouve ainsi réduite à une grande échancrure, irrégulièrement arrondie. Les fosses temporales ne rétrécissent pas le crâne en arrière des orbites, et restent fort écartées.
L’ouverture postérieure des fosses nasales est double, comme dans les loris et les galagos, étroite comme l’antérieure, par conséquent les apophyses ptérygoïdes d’un côté fort rapprochées de celles de l’autre, mais divergeant aussilôt pour s’aller unir aux caisses. La fossé basilaire est presque tout entière occupée par les caisses. ]
b. Carnassiers.
Dans les carnassiers, l’ouverture antérieure de la fosse nasale se rapproche davantage du bout du museau que dans les quadrumanes. Sa forme est à peu près ronde ou plus large vers le haut.
Dans les chauves- souris proprement dites l’or-
bile n’a point d’apophyse supérieure, il n’est point limité en arrière. Dans quelques-unes , comme le noctilinn , quelques phyllostomes , etc. , la région basilaire entre les deux rochers est creusée de deux fossettes pour les muscles antérieurs de la tête. Le bord postérieur du palais se prolonge plus ou moins, selon les espèces; danscelles qui sucent , comme les phyllostomes , le palais se continue plus en arrière que les molaires, et même dans le vampire et les glossophages il forme une sorte de tube en arrière, comme dans tous les animaux qui font grand usage de l’action de sucer. Dans les espèces ordinaires, molosses , noctilions , vespertilions, il ne se porte pas autant en arrière, quoiqu’il dépasse toujours un peu les molaires. Dans les mégadermes , il se termine à peu près vis-à-vis la deuxième molaire ; mais dans les rliinolophes, les rhinopomes, les vyctères , iléchançre le palais jusque vis-à-vis la pénultième ou l’antépénultième molaire. [ Enfin dans le rhinolophe fer-à-cheval, la fosse palatine est tellement échancrée en avant et en arrière qu’elle est réduite à une petite lame transversale. On n’aperçoit pas de fosse ptérygoïde de chaque côté , mais entre les apophyses de ce nom il y a sur la ligne médiane une fosse plus ou moins allongée , d’où résulte l’échancrure si variable du palais, et qui se continue avec l’ouverture postérieure des fosses nasales. C’est ce que nous appelons la fosse mésoptérygoïde.
Dans les roussettes, l’orbite n’est point cerné en arrière ni en dessous. Cependant, dans les roussettes proprement dites , le cercle de l’orbite est presque entièrement complété par le rapprochement des apophyses post-orbitaires du jugal et du fronlal : il ne reste entre elles qu’un espace cartilagineux de deux ou trois lignes. La fosse palatine se prolonge de plus du quart de sa longueur au delà de la dernière molaire. Il y a deux petites fosses ptérygoïdes peu profondes; la fosse basilaire est plate , allongée. ]
Dans le galéopithèque , le cadre de l’orbite est interrompu vers la tempe d’à peu près lecinquième de sa circonférence. Toutefois, il y a une apophyse post-orbitaire, tant au frontal qu’au temporal, mais ne se touchant point. La fosse temporale n’atteint pas la crête occipitale, encore moins la fosse du côté opposé. Les fosses nasales sont trèsdéprimées en arrière. Le bord postérieur du palais est échancré en cœur jusque vis-à-vis la pénultième molaire. [Il y a une fosse ptérygoïde étroite.
Parmi les insectivores, le cladobate est le seul qui ait le cercle de l’orbite complètement fermé en arrière par la réunion des apophyses post-orbitaircs du jugal et du frontal. De plus, ces deux cavités s’enfoncent profondément en dedans et en arrière, et sont bien distinctes de la. fosse temporale. Dans
tous les autres genres, l’orbite et la fosse temporale sont confondus, sans qu’il y ait de rudiment d’apophyse à.ççs deux os. Dans le tenrec et les musaraignes, ces deux fosses sont ouvertes en dehors, par l'absence du jugal et la brièveté des apophyses zygomatiques.
Les fosses nasales s’ouvrent presque verticalement dans les desmans , les taupes et les scalopes, et se continuent en arrière en une fosse méso-ptérygoïde plus ou moins allongée.
La fosse palatine se continue au moinsjusqu’aux dernières molaires, et est limitée en arrière dans les hérissons, la taupe, les scalopes, par un rebord transversal saillant, qui la sépare de la fosse mésoptérygoïde.
Celle-ci, dans le hérisson et dans le tenrec, forme un demi-canal inégal et profond jusqu’à l’os basilaire , où elle aboutit à une cavité arrondie surmontée sur les côtés par deux larges apophyses que produit en cet endroit le sphénoïde postérieur.
Il y a de chaque côté , dans le hérisson , le tenrec, le cladobate, le desman , une fosse ptérygoïdienne ; elle est grande dans le hérisson ; elle manque dans la chrysochlore et dans le condylure. Dans la taupe, et surtout dans le scalope, il y a, au lieu de cette fosse, un renflement allongé et vésiculeux.
La fosse temporale de la chrysochlore offre une disposition remarquable. Son fond est presque entièrement rempli, en avant de la crête transversale et en dedans de la partie la plus élargie de l’arcade zygomatique, par une vésicule saillante demi-sphérique, qui communique avec la caisse.
Dans le chien, les narines s’ouvrent obliquement au bout du museau. L’orbite, dirigé forten dehors, a ses limites marquées en arrière par les apophyses post-orbitaires du frontal et du jugal, qui restent séparées par un espace qui varie du quart au septième de son contour. Il communique largement en arrière avec la tempe] ; la fosse temporale couvre tout le côté du crâne. En dessous, la fosse palatine est un long triangle isocèle plus large entre les anté-pénullièmes molaires, et dont le bord postérieur est précisément entre les dernières. Les crêtes ptérygoïdes, simples et hautes, interceptent un intervalle moitié plus étroit que le palais et des deux tiers plus court, [c’est la fosse méso -ptérygoïde ; et il n’y a pas de fosses ptérygoïdiennes. ]
Dans l’ours, l’orbite est plus vertical, reculant moins du haut. [La fosse palatine est assez régulièrement ovale; elle se rétrécit et se prolonge au delà des dernières molaires. La fosse méso-ptérygoïde est profonde et n’ayant guère que le quart de la longueur du palais.
Dans le raton, les benturongs, les coatis, le cercle de l’orbite est plus largement ouvert en arrière .
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
la fosse palatine se rétrécit après les dernières molaires et se prolonge plus qu’à Tours , dans le coati, surtout. La fosse méso-ptcrjq^Mde y est peu profonde et courte. Il n’y a pas de fosse ptérygoïde.
Dans le kinkajou comme dans les chats, la brièveté du museau rend l’ouverture des narines moins oblique. Le premier a les orbites peu limités en arrière, à cause du peu de saillie de l’apophyse post-orbitaire du frontal et de l’absence de celle dujugal.La fosse palatine forme un carré allongé.
Dans les chats , le grand écartement des arcades rend le plan des orbites moins tourné en dehors; l’orbite lui-même est presque complètement fermé en arrière par le rapprochement des deux apophyses post-orbitaires; nous avons même une espèce (le felis Javanensis, Hors. ) où le cercle de l’orbite est complètement fermé. Mais le guépard se rapproche plus du chien par la grande ouverture de son orbite en arrière. La fosse palatine forme un triangle à base très-large, et se continuant un peu en se rétrécissant au delà de la dernière molaire. Il y a une fosse méso-ptérygoïde étroite et allongée.
L’orbite de la hyène est plus fermé que dans le chien, moins que dans le chat. Les fosses de la base du crâne sont sensiblement comme dans le chien.
Les mangoustes ont, dans certaines espèces, le cercle de l’orbite fermé eu arrière par la jonction des deux apophyses post-orbitaires, et elles ont aussi une petite fosse ptérygoïde. Quant aux détails du reste de leurs fosses, ils sont très-semblables à ceux de l’hyène; et l’on peut en dire autant, sauf des variations dans le prolongement du palais, des civettes, des getiettes , des blaireaux , des grisons , des martes, des loutres et des paradoxures; seulement ces derniers ont des fosses ptérygoïdes triangulaires et assez grandes. Il y a quelques genres et quelques espèces où les apophyses post-orbitaires sont peu marquées, tantôt celle du frontal, et tantôt celle du jugal.
Le protèle a le palais ovale et non triangulaire comme les précédents, et la surface basilaire étroite et surmontée de chaque côté par la saillie des deux énormes caisses.]
Dans le phoque commun [ et dans tous les phoques à oreilles], l’orbite est très -grand, et le frontal ne le cerne point en arrière par une apophyse post-orbitairc; il nese distingue de la tempe que par la convexité de celle-ci. [ Mais, dans les otaries, il y a une apophyse post-orbitaire du frontal, élargie et médiocrement saillante. L’ouverture des narines est oblique et au bouL tlu museau, excepté dans le phoca cristata et dans le phoque à trompe, où les osdu nez sont très-courts, et l’ouverture îles narines verticale, tout près du bord de l’orbite, cl fort en arrière des incisives.
La fosse palatine varie beaucoup. Dans le phoque commun, elle se prolonge un peu au delà desmolaires el est échancrée à angle rentrant; dans le phoca cristata et le phoque à trompe, elle se prolonge davantage , et se termine dans le premier par un bord presque droit, par une échancrure ovale dans le second. La fosse méso -ptérygoïde n’est bien marquée que dans le dernier, où elle se continue avec la surface basilaire. Celle-ci, dans les deux premiers genres, est bombée à l’union du basilaire au sphénoïde. On ne voit dans aucun de fosse ptérygoïde.
Le phoca loptonyx a la fosse palatine terminée comme celle du phoque commun; mais la fosse méso-ptérygoïde est extrêmement allongée et profonde ; la surface basilaire est un peu relevée en arrière.
Les otaries ont la fosse palatine très-allongée, quelquefois très-profonde, s’étendant fort au delà des molaires en un tube pour les arrière-narines,' et surmontée par de hautes crêtes ptérygoïdes , qui se rapprochent en arrière. Le bord postérieur du palais est droit; il n’y a , par conséquent , que peu ou point de fosse méso-ptérygoïde, et la surface basilaire offre sur ses côtés des enfoncements assez marqués pour des insertions musculaires. ]
Dans le morse , l’énormité des alvéoles nécessaires pour loger les canines relève le devant de la mâchoire supérieure , et les narines osseuses se trouvent regarder le ciel et non terminer le museau. L’espace entre les apophyses ptérygoïdes est large et légèrement concave.
c. Marsupiaux.
[Dans les sarigues, l’ouverture des narines, placée au bout du museau , est recouverte par la saillie des os du nez. L’orbite, dont les limites sont indiquées par des apophyses post-orbitaires peu saillantes du frontal et du jugal, est petit. La fosse temporale est considérable. La fosse palatine, en triangle allongé , se prolonge un peu au delà des molaires, et se termine par un bord relevé comme dans les insectivores. Il y a près de cette arête deux longs espaces membraneux comme dans le hérisson, et un ou plusieurs trous également fermés par des membranes. La fosse mésoptérygoïde est courte, peu profonde et triangulaire. 11 n’y a, pour toute fosse ptérygoïde , qu’un étroit sillon. La surface basilaire est large et plate.
Le thylacino diffère principalement des précédents en ce que son palais se termine à la hauteur de la dernière molaire , et qu’il n’offre pas de rebord saillant. ] La partie postérieure du palais montre un très-grand espace carré , commun aux maxillaires et aux palatins, et entièrement membraneux. [ La fosse méso-ptérygoïde est ovale et
profonde. La fosse ptérygoïde n’existe pas; elle est représentée par une gouttière qui termine les ailes ptérygoïdes , et qui se prolonge fort en arrière le long du corps du sphénoïde jusque entre la caisse et le basilaire, où elle se creuse davantage. En avant des condyles, le basilaire offre deux dépressions pour des insertions musculaires.
Le dasyure oursin a, comme le précédent, un grand espace carré membraneux au palais. Les orbites sont petits, bien cernés par des apophyses post-orbitaires du frontal et du jugal; les fosses temporales sont profondes, la fosse méso-ptérygoïde est assez semblable à celle du thylacine.
Dans les -péramèles les narines sonL échancrées à angle aigu sur le côté, et la saillie des os du nez se bombe un peu au-dessus d’elles; les limites de l’orbite sont moins marquées, et la fosse temporale fort petite, en raison de la brièveté de l’arcade zygomatique. Les fosses de la base du crâne sont semblables à celles des sarigues.]
Dans le dasyure les orbites sont distingués en arrière par les apophyses post-orbitaires du frontal et du jugal. Celle-ci est beaucoup plus près de sa suture avec le temporal que dans la sarigue. La fosse palatine est comme dans ce dernier, mais le palais y est très-mince, les deux espaces membraneux très-petits. La base du crâne est un peu formée eu gouttière par le prolongement, sous forme de crête peu saillante, des ailes ptérygoïdes.
[Dans le phalanger , il n’y a que l’apophyse post-orbitaire du jugal, et près de la suture temporale , comme au précédent; la fosse palatine se prolonge, ainsi que dans les genres suivants, fort au delà de la naissance de l’arcade zygomatique, et il y a dans le palais les mêmes espaces membraneux communs aux maxillaires et aux palatins.
Dans les phalangers volatils , les arêtes sourcilières se relèvent de telle sorte qu’il y a une fosse frontale.
Le poloroo diffère des précédents en ce que sa fosse palatine n’est point partout limitée par des dents, et qu’il y a un espace libre enlre la canine et la première molaire, et surtout en ce qu’il a une large fosse ptérygoïde, ovale et peu profonde.
Dans les kanguroos le palais, libre sur le côté entre les incisives et les molaires, où il est trèsrétréci, est remarquablement allongé; il occupe à peu près les trois quarts de la base du crâne]. Les espaces membraneux des genres précédents manquent au palais du kanguroo commun adulte, mais on les trouve dans les jeunes, et dans le kanguroo élégant il y en a un très-large et commun aux deux côtés. [Dans ce genre la fosse méso-ptérygoïde est courte, mais très-profonde; il y a aussi de chaque côté une grande fosse plérygoïde verticale bien plus développée que dans le phalanger et le potoroo. La région sphénoïdale de la surface basilaire est bombée.
Ce que nous avons de la tête du koala nous montre que la fosse palatine est très -étroite et enfoncée en avant ; qu’elle s’élargit et devient bombée entre les molaires ; qu’elle est percée en arrière de deux ouvertures carrées, grandes, et tout entières dans les palatins, et que tout le reste de la base du crâne forme une longue gouttière, profonde, limitée par les ailes ptérygoïdes qui touchent à des caisses remarquablement saillantes. Il n’y a point du tout de fosse ptérygoïde.
Dans le phascolome la place de l’orbite est marquée par une sorte de plancher que lui forme la partie antérieure du jugal. La fosse palatine est fort étroite , surtout entre les premières molaires; disposition que nous trouverons plus exagérée encore chez certains rongeurs. Il y a deux ouvertures irrégulières en arrière , et tout entières dans les palatins. La fosse méso-ptérygoïde est médiocre ; la fosse ptérygoïde est rejetée sur le côté, dirigée obliquement en dedans et en arrière, et n’est bien limitée que dans son fond. ]
d. Rongeurs.
Dans les rongeurs, l’ouverture antérieure de la fosse nasale tronque verticalement le bout du museau; sa forme est celle d’un cœur dont la partie large est en haut.
Dans Vaye-aye, le cercle des orbites est fermé en arrière comme dans les makis, les mangoustes et certains chats, et leur direction-est un peu en avant.
La fosse temporale est très-étendue. [La palatine est petite et finit avec l’arcade dentaire. La méso-ptérygoïde est profonde, et se continue, en s’évasant, avec la basilaire. Il y a des fosses ptérygoïdes étroites, et dont la paroi externe s’unit à la caisse. Au milieu de la face basilaire sont deux tubercules saillants qui touchent à la caisse, et plus avant, en dedans des fosses ptérygoïdes, deux petites fossettes.
Les lièvres s’isolent par leurs fosses comme par les autres parties de leur tête, et du genre qui précède et de ceux qui suivent. Le milieu de la face latérale de la tète est occupé par un trèsgrand orbite, dont le cercle, sans être entièrement fermé, est cependant presque complet par les saillies des apophyses orbitaires du frontal, et par leur voisinage de l’apophyse zygomatique du temporal. Le léger sillon qu’on voit au-dessus de celle-ci et qui se confond avec l’orbite est à peu près tout ce qui reste de la fosse temporale. La fosse palatine, percée par deux immenses trous incisifs, est réduite à une sorte de bande osseuse qui sépare ces trous de la fosse méso-ptérygoïde, laquelle est droite et profonde; elle commence à l’anté-pénullièmc molaire et est loin de s’étendre
ARTICLE DEUXIÈME. - TÊTE DES MAMMIFÈRES
jusqu’aux caisses. Il y a de chaque côté une fosse ptérygoïde assez grande, triangulaire. La iosse basilaire est limitée, près des condyles, par les caisses, et plus en avant par la convexité même des parois du crâne; car la lacctte glénoïde, extrêmement étroite d’arrière en avant, se trouve reportée très-haut sur les côtés de la tête.]
Dans la marmotta, l’orbite est borné en arrière par une apophyse post-orbitaire du frontal trèsmarquée et fort pointue. [L'apophyse post-orbitaire de l’arcade est réduite à une légère proéminence, un peu plus sensible dans la marmotte du Canada que dans celle des Alpes. Les tempes sont peu enfoncées, mais elles communiquent largement avec les orbites et s’étendent sur les côtés du crâne. La fosse palatine est allongée, partout de largeur égale, et ne se termine qu’après la dernière molaire. La fosse ptérygoïde est bordée en dehors plutôt par une arête que par une lame apophysaire. La fosse méso-ptérygoïde est profonde et de même longueur que la fosse basilaire : celle-ci présente contrôles caisses deux tubercules ou deux lames apophysaires.
Dans les écureuils, et surtout dans le ptéromys , le jugal donne une pointe post-orbitaire plus marquée. Les fosses temporales ne s’étendent pas sur le crâne : la fosse ptérygoïde est triangulaire; la méso-ptérygoïde est plus large, et dans quelques espèces des Indes la fosse palatine s’échancre un peu en arrière entre les dernières molaires. Dans d’autres, elle se prolonge au delà.
Dans le castor, l’apophyse post- orbitaire du frontal est obtuse et à peine saillante; celle du jugal est grande et également obtuse. Dans les adultes, les fosses temporales se rapprochent presque vis-à-vis de ces apophyses, au point de former une crête sagittale qui occupe la moitié de la longueur de la tête; mais dans les jeunes, ces deux fosses ne se louchent point. [La fosse palatine proprement dite, c’est-à-dire limitée par les arcades dentaires, ne forme pas, comme dans les précédents, un même plan avec la partie qui se trouve entre les incisives et les molaires. Celle-ci s'ê relève fortement en voûte. L’autre est plus étroite en avant qu’en arrière; et son bord postérieur, situé plus loin que la dernière dent, se prolonge en pointe à son milieu. La fosse méso-ptérygoïde est profonde, et communique par un grand anneau osseux avec les fosses sphénoïdale et ptérygoïde ; celles-ci sont verticales et grandes. La surface basilaire est creusée d’une grande cavité arrondie.
Les oryctères diffèrent du castor, surtout par leur fosse palatine, qui n’existe pour ainsi dire pas entre les arcades dentaires, tant celles-ci sont rapprochées, mais qui se prolonge en arrière en une petite surface quadrilatère. La fosse tnésoptérygoïde est très-courte. On ne voit pas de
fosses ptérygoïdes , et la surface basilaire est carénée. ]
Dans Y ondatra et dans les campagnols proprement dits, les orbites, fort rapprochés l’un de l’autre, ont en arrière une apophyse post-orbitaire qui est fournie par le temporal. La fosse palatine est presque aussi large en avant qu’en arrière, et ne s’étend que jusqu’à la moitié de la dernière molaire, où commence une fosse mésoptérygoïde beaucoup plus étroite. Les fosses ptérygoïdes placées en dehors de celle-ci sont beaucoup plus larges qu’elle ; elles sont profondes; et dans le rat d’eau, on voit à leur fond plusieurs trous qui les font communiquer avec la cavité du crâne. Les caisses sont saillantes sur les côtés de la fosse basilaire.
Les rats différent des précédents, principalement en ce que le palais se prolonge en arrière des dents, et que la fosse méso-ptérygoïde y est plus grande que les fosses ptérygoïdes, lesquelles sont plus ou moins, enfoncées selon les espèces.
Dans les gerhilles , l’orbite est plus grand , mais il n’y a pour ainsi dire pas de fosse temporale. La partie intradentaire de la fosse palatine est sur le même plan que celle qui est plus en avant. Cette partie offre deux fentes parallèles qui régnent dans toute sa longueur; et du bord postérieur du palais partent en rayonnant trois fosses, la mésoptérygoïdienne qui est petite et triangulaire, et les deux fosses ptérygoïdes qui sont plus larges et plus arrondies que la précédente; elfes sont toutes fort voisines des caisses qui, se rapprochant sur la ligne médiane , rétrécissent beaucoup en avant la fosse basilaire.
Les hamsters ont les fosses extérieures de leur tète disposées d’une manière fort semblable à celle des rats; seulement le développement plus grand des caisses rétrécit davantage en avant la fosse basilaire.
Le lêrot a la fosse palatine large entre les molaires ; la fosse méso-ptérygoïde allongée cl plus grande que les fosses ptérygoïdes, qui sont percées à leur fond de plusieurs trous. La fosse basilaire est étroite , bornée de chaque côté par deux énormes caisses.
Dans le lemming zocor et le spalax , les dispositions des fosses sont à peu près les mêmes; seulement , dans le premier, il y a plutôt un large trou de communication avec le crâne de chaque côté qu’une véritable fosse ptérygoïde, et, dans le second , celte fosse est profonde , et percée à son fond d’un trou unique de communication avec le crâne; mais la forme de la fosse temporale en arrière, cernée comme elle l’est par une vive arête des os du crâne, leur est toute particulière.
Dans le rliizomys de Sumatra , la fosse temporale ne ressemble en rien à celle des précédents,
et se rapproche de celle de l’oryclère par son extension sur les côtés du crâne. Le palais est plan et partout d’égale largeur; la fosse méso-ptérygoïdc est grande, à parois plus hautes et moins allongée qu’au précédent; et elle a de chaque côté une fosse ptérygoïde très-profonde, mais qui ne communique point avec le crâne.
Les gerboises et l 'alactaga ont la fosse palatine plane, percée de deux fentes, et prolongée au delà de la dernière molaire. De son bord postérieur partent à angle obtus trois fosses d’égale grandeur : ce sont la fosse méso-plérygoïdc cL les deux ptérygoïdes: Dans la gerboise , la première est séparée de la fosse basilaire par un bourrelet vésiculeux, transversal, que produisent les deux caisses en se touchant par leur pointe sur la ligne médiane.
Dans le pœphagoinys , la fosse palatine est carénée, et son bord postérieur est échancré en pointe jusqu’à la pénultième molaire. Il en résulte une fosse méso-ptérygoïde plus grande que dans les précédents , et beaucoup plus en avant des fosses ptérygoïdes. La partie antérieure du palais est , comme dans le castor, relevée en voûte.
Dans Vhélamys, l’orbite forme un cercle presque parfait, échancré en arrière, pour former la trèspetite facette qui représente la fosse temporale. Sa fosse palatine est singulière. Entre les deux premières molaires , elle se creuse d’un profond sillon, à l’extrémité duquel sontles trous incisifs; en arrière , elle est échancrée jusqu’à la pénultième molaire , de sorte que sa partie plane est fort étroite. La fosse méso-ptérygoïde est courte , et communique avec l’orbite par deux grandes ouvertures. Les deux fosses ptérygoïdes sont larges, peu profondes, dirigées en arrière, et forment un plan vertical qui termine de chaque côté l’arcade dentaire; car il n’y a pas d’aile ptérygoïde. Un grand trou déchiré les sépare des caisses, lesquelles restent au niveau de la surface basilaire.
Véchymis a la fosse palatine longue et étroite. En avant de la première molaire naissent deux crêtes saillantes qui environnent les trous incisifs. La fosse méso-ptérygoïde pénètre à angle aigu jusqu’à moitié de la dernière dent ; et ici commence , pour les fosses ptérygoïdes, une disposition particulière dont nous allons retrouver l’analogue dans tous les genres suivants. Bien que très-profondes , elles manquent plus ou moins de paroi externe, et l’on ne voit à leur ouverture qu’un anneau osseux formé par la réunion de deux branches du palatin avec deux branches du sphénoïde ; de là elles s’enfoncent obliquement de bas en haut et d’arrière en avant, et se confondent avec la cavité de l’orbite. Elles semblent aussi communiquer avec le crâne par la fente sphénoorbitaire qui s’ouvre au-dessus d’elles.
Le capromys dilfôre du précédent par un orbite
pluspetil, par une petite apophyse posl-orbilaire et par sa fosse palatine qui n’est pas échancrée en arrière. Les fosses ptérygoïdes offrent la même disposition ; mais leur anneau d’ouverture est tormé par des lames plus larges.
Les porcs-épics ont la fosse palatine non échancréecomme le précédent, mais aussi large en avant qu en arrière, et un peu carénée. La fosse mésoplérygoide cstlarge et profonde, elles fosses ptéry- , goïdes ont leur ouverture étroite et allongée. Les caisses saillent peu sur les côtés de la fosse basilaire.
L'urson et le coendou s’écartent des précédents parla grande concavité de leur fosse palatine en avant des molaires, par l’écliancrure de son bord postérieur et par la grande saillie de leurs caisses. Dans l'urson ; l’ouverture des fosses ptérygoïdes est large et arrondie; elle est plus étroite dans le coendou.
Le cotiia diffère de l’urson par une fosse mésoptérygoide plus reculée et beaucoup plus petite, et par une fosse ptérygoïde moins étendue.
Dans l 'agouti, l’orbite est recouvert par une crête du frontal, qui donne en arrière une petite apophyse post-orbitaire à laquelle le temporal contribue. [ La fosse méso-ptérygoïde s’avance jusqu’à la pénultième molaire, et l’anneau de la fosse ptérygoïde est fort mince en dehors. La basilaire est plate. Le paca diffère peu de l’agouti.
Le cochon d’Inde a. la fosse palatine triangulaire, et fort échancrée par la fosse méso-ptérygoïde, qui est aussi triangulaire et petite. Les fosses ptéry- ‘J goïdes sont ovales, et diffèrent un peu des précédentes en ce que leur paroi externe est beaucoup plus large, et comprend dans son épaisseur le trou sphéno-orbitaire; maisla fosse ptérygoïde n’en est pas moins ouverte au fond de l’orbite, au-dessous du trou optique.
Le cabiai a la fosse méso-ptérygoïde très-petite relativement à la palatine, et est remarquable par ses grandes fosses ptérygoïdes, qui s’enfoncent, comme deux doigts de gant, derrière l’orbite, sur les côtés du corps du sphénoïde. Ici la fosse est circonscrite de telle sorte qu’elle ne peut être méconnue, et toutefois elle ne laisse pas que de conserver de la ressemblance avec celle des genresprécédents, car sa paroi externe, quoique bien moins ouverte, l’est cependant un peu, et communique avec l’orbite au-dessous du trou optique et au dedans du sphéno-orbitaire, comme dans le cochon d’Inde. La fosse basilaire est aussi remarquable : sa partie moyenne est en carène très-saillante, et descendant beaucoup plus bas que les caisses; elle est limitée en arrière par les deux immenses apophyses para-mastoïdes (I), et elle laisse voir, sur
(i) [ Nous appelons ainsi une apophyse qui, dans un très-grand nombre d’animaux, tient lieu de l’apophyse
ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES
sos côtés, h la base de l'arcade, deux sillons longitudinaux parallèles, séparés par une crête du temporal; le plus externe sert à l’articulation de la mâchoire, c’est la facette glénoïdc; l’autre est destiné à des insertions musculaires.
Dans le kerodon de Patagonie, la fosse palatine, triangulaire, est réduite à peu de chose, parla fosse méso-ptérygoïde qui l’échancre jusqu’au milieu de la pénultième molaire : l’anneau de la fosse ptérygoïde est en ovale très-allongé. Celle-ci s’enfonce très-profondément et s’ouvre dans l’orbite, au-dessous et en avant du trou optique, par une ouverture à bords irréguliers ; et comme elle communique aussi par sa paroi interne avec la fosse méso-ptérygoïde, il y a dans le squelette une large communication entre les deux côtés de la tète. La fosse basilaire est bordée par les saillies des caisses.
L’orbite dans la viscache est dirigé beaucoup plus obliquement en haut que dans le précédent, mais les fosses de la base de la tête y sont assez semblables ; seulement il y a une petite apophyse pointue au fond de l’échancrure postérieure du palais, et la large union de la caisse avec l’os ptérygoïdien forme des fosses méso-ptérygoïde et basilaire une seule fosse continue.
La principale différence des fosses du chinchilla d’avec celles de la viscache, c’est que la fosse basilaire est réduite presque à un étroit sillon par le prodigieux développement des caisses.]
e. Edentés.
[Dans l’aï et dans l'unau , les fosses nasales s’ouvrent verticalement au bout du museau. L’orbite, peu profond, limité en bas par une courbure du jugal, et en haut, dans l'unau, par une forte apophyse post-orbitaire du frontal, n’est presque pfls distinct de la fosse temporale, et ces deux fosses réunies occupent, notamment dans l’aï, la presque totalité du côté de la tète. La fosse palatine est étroite, plus large en avant, où elle est un peu creuse, qu’en arrière, où elle est bombée. Elle ne s’étend guère au delà de la dernière molaire, et il lui succède une longue fosse méso-ptérygoïde plus large que la palatine, et qui, dans l’ai, est rendue profonde par l’élévation des ailes ptérygoïdes. Dans l'unau , elle est limitée de chaque côté par le renflement vésiculeux des os ptérygoïdiens. Cette fosse se continue sans interruption avec la surface basilaire. Il n’y a pas de fosses ptérygoïdes.
Dans les tatous en général les fosses nasales
s’ouvrent obliquement en bas, les os du nez se prolongeant en pointe en dessus plus que les intermaxillaires en dessous]; l’enfoncement de la tempe est peu marqué, et monte à peine jusqu’au pariétal; les orbites sont petits; [ils ont une apophyse post-orbitaire inférieure, qui tantôt appartient au temporal, tantôt est, comme dans le cabassou et le tatou géant, formée à la fois par le temporal et le jugal. Dans l'encouberl il en existe à peine. La fosse palatine est plate, allongée, très-peu enfoncée, et sc continue dans la plupart bien au delà de la dernière dent, et jusqu’à la fosse basilaire, la fosse méso-ptérygoïde n’existant pas, ou plutôt se trouvant ici transformée en tube par le prolongement de l’union des palatins. Dans le cabassou, elle se termine par une apophyse aiguë que donne l’os ptérygoïdien. Cependant, dans l'encotibcrt , la fosse palatine finit avec les molaires, et il y a une petite fosse méso-ptérygoïde triangulaire. Il y en a aussi une fort courte et carrée dans le tatou géant. Il n’y a pas de fosses ptérygoïdes.
Les rapports de l’ouverture inférieure de l’orbite avec la fosse palatine et l’arcade dentaire sont variés. Ainsi, dans le tatou à sept bandes , l’orbite ne s’ouvre qu’en arrière de l’arcade dentaire ; dans le tatou géant, il commence à la dernière molaire; dans le cabassou, au contraire, il s’avance sur le côté de l’arcade dentaire jusqu’à l’anté-pénultième molaire ; dans l'encouberl, l’orbite s’avance jusqu’au même point, mais il serre l’arcade de beaucoup plus près.
L 'oryclérope a l’ouverture nasale-dirigée à l’opposé de celle des tatous, c’est-à-dire un peu obliquement en haut ; il a aussi l’orbite beaucoup plus profond et la tempe mieux marquée, quoique d’ailleurs petite. Il y a une apophyse post-orbitaire au frontal, et point au jugal ni au temporal. La fosse palatine est droite et plate; en avant, elle offre sur la ligne médiane une sorte de canal, plus profond en avant, et qui s’efface et se confond avec le palais au niveau de la seconde dent. Le palais ne se prolonge que peu en arrière de la dernière molaire, et se termine par un rebord saillant comme dans quelques insectivores. Il y a une fosse méso-ptérygoïde assez longue , plus étroite que le palais, et dont le fond se continue avec la surface basilaire, laquelle n’est limitée sur ses côtés par aucune saillie ni apophyse, soit des caisses, soit du temporal ou de l’occipital.
Les pangolins ont, comme l’oryctérope, l’ouverture nasale dirigée, dans la tête osseuse, obliquement en haut.] Les orbites sont petits, ronds, à peu près à moitié de la longueur delà tète, vers
mastoidc de 1 homme, mais qui naît de l’occipital et non La nécessité de la distinguer de celle-ci, quoique donnant du tempoi.d. Voy. t. II, i partie, dix-huitiemc leçon, attache aux mêmes muscles, et sa position constante derou M. Dus ernoy indique la cause des différences de de- rière cette apophyse, nous font adopter de préférence la vcloppement qu’elle présente avec l’apophyse inastoïde. dénomination d’apophyse para-masloïde.]
le bas de ses côtés, par conséquent trcs-éloignés l’un de l’autre. [Il n’y a, pour ainsi dire, pas de tempe. La fosse palatine, limitée par deux arêtes mousses, sans dents, est étroite, un peu creuse, et se prolonge en arrière jusqu’au niveau de l’apophyse zygomatique du temporal. La fosse mésoplérygoïdc est allongée.
Les fourmiliers ont l’ouverture nasale à peu près verticale, et les fosses orbitaire et temporale confondues en une seule , médiocrement grande et profonde; mais ce qui les distingue par-dessus tout, c’est leur fosse palatine, qui, dans le tamanoir et le tamandua, occupe toute la longueur de la tête, depuis le bout du museau jusque près du trou occipilul ; le tube des arrière-narines se continuant jusque-là par la réunion, non-seulement des palatins dans toute leur étendue, mais des deux os ptérygoïdiens. Le palais est d’ailleurs à peu près plat, il n’est limité en dehors que vers le milieu de sa longueur par une arête aiguë qui correspond à l’apophyse jugale du maxillaire. Nous ne retrouverons quelque chose d’analogue que dans les crocodiles. Dans le tamandua principalement, la fosse palatine offre de chaque côté, près de sa terminaison en arrière, deux vésicules arrondies et médiocrement saillantes.
Dans le fourmilier didaclyle , la fosse palatine est un peu en carène, et surtout elle ne se continue pas jusqu’au trou occipital; elle n’occupe que la moitié de la longueur de la tête, le reste de la base du crâne est creusé d’un sillon profond qui forme une longue fosse méso-plérygoïde, et qui probablement est fermé dans l’état frais par un cartilage ou une membrane, de manière à compléter un tube des arrière-narines aussi long que dans les deux précédents.]
f. Pachydermes.
Les fosses nasales de l’éléphant s’ouvrent à peu près à égale distance entre le sommet de la tête et le bord alvéolaire. Leur ouverture extérieure est grande, beaucoup plus large que haute , représentant deux ovales joints ensemble, et couverte en dessus par deux os du nez aussi larges que longs ; la tempe est énorme en comparaison de l'orbite, mais elle ne se rapproche pas de la tempe correspondante. L’apophyse post- orbitaire du frontal est courte et obtuse ; celle du jugal est aussi courte et obtuse, et reste fort éloignée de celle du frontal. [ Une longue crête en forme de lame , formée par le frontal et par le sphénoïde , parcourt obliquement le fond de l’orbite , et vient se continuer avec l’aile ptérygoïde du sphénoïde, qui semble envelopper comme d’un étui la partie postérieure du maxillaire. Il y a, comme dans les rongeurs, un espace libre et une sorte
de voûte entre les incisives et les molaires. La fosse palatine elle-même est courte et étroite, et son bord postérieur est échancré pour l’ouverture postérieure des fosses nasalesqui forme une fosse mésoplérygoïde très -courte et très-étroite. En arrière de celle-ci, il n’y a point de fosse basilaire, toute celle partie du crâne, au lieu d’être horizontale , se trouvant dans un plan vertical , et faisant en quelque sorte partie , avec les ailes plérygoïdcs, delà face postérieure du crâne.
Dans Vhyppopolame , l’ouverture extérieure des narines est très-large, verticale au bout du museau , et bornée au dehors par les deux grands renflements des inter-maxillaires. L’orbite bien saillant, se relevant de chaque côté au-dessus du front, est situé au tiers postérieur de la tête , et son cadre est fermé presque entièrement par l’angle de la voûte qui le recouvre et une longue apophyse post-orbitaire du jugal ; il y a même des individus où ces apophyses s’unissent et complètent le cercle de l’orbite. Une crête saillante du frontal sépare l’orbite de la tempe. Celle-ci est très-enfoncée, plus haute que large : elle occupe tout le côté du crâne. La fosse palatine, élargie à la partie antérieure, devient plus étroite entre les molaires ; elle est longue, et ne dépasse guère la dernière molaire. La fosse des arrièrenarines, ou méso-ptérygoïde, est courte, assez large et profonde ; la fosse basilaire est également peu étendue.]
Les os du nez du cochon forment une avance pointue sur l’ouverture des fosses nasales. U y a entre leur pointe et la partie correspondante des os inter-maxillaires deux petits os particuliers qui servent à renforcer le boutoir. On les a nommés os du boutoir.
Dans le cochon proprement dit, l’orbite est rond , et bien marqué par une avance du frontal et les deux apophyses post-orbitaires. Celle du frontal surtouL est bien marquée. Entre les deux est à peu près un sixième du cercle non fermé. La tempe est bien marquée par une crête pariétale qui va à l’occipitale sans toucher sa congénère.
[Dans le baliroussa , ces deux fosses se rapprochent beaucoup, et dans le pécari leurs deux crêtes se réunissent. Le palais est plat et très-allongé, et s’étend peu au delà de la dernière molaire. Dans le pécari, sa partie postérieure remonte un peu en se recourbant. La fosse méso-ptérygoïde est courte et profonde; évasée dès sa naissance dans les cochons proprement dits , mais plus anguleuse dans le pécari ; son fond , dans le babiroussa mâle, est creusé de deux enfoncements profonds, allongéj, séparés par une lame verticale mince, et qui communiquent par un ou plusieurs trous avec les nombreux sinus des os du crâne. Ces deux enfoncements n’existent pas dans la femelle. La fosse basilaire est fort rétrécie par l'énorme saillie
ARTICLE DEUXIÈME
que font de chaque côte les apophyses para-mastoïdicnries et les caisses.
Les phacochœres ont les orbites recouverts d’une crête sourcilière en forme de voûte , et dirigés en dehors et en arrière. La fosse temporale est étroite, fortement oblique, et reste éloignée de celle du côté opposé. Le palais, large entre les canines , se rétrécit entre les molaires, et se relève en se continuant un peu au delà des dents. La fosse méso-ptérygoïde est remarquable, commecelle du babiroussa, par deux longues cavités ovales très-profondes, séparées par une lame mince, et qui sont creusées dans le corps du sphénoïde, et jusque sous le corps du basilaire. La fosse basilaire elle-même, située dans un plan bien supérieur à celui du palais, offre quelquefois sur le bord du basilaire une petite apophyse, et, plus en dehors, des caisses trèscomprimées et terminées en pointe. Il y a des fosses ptérygoïdes hautes, mais peu profondes, surtout à leur base.
L’ouverture des fosses nasales , dans les rhinocéros, devient énorme, et la grande échancrure qui la constitue occupe dans le squelette une grande partie de la face. Les os du nez avancent sur elle jusqu’au delà de son extrémité antérieure. L’orbite et la tempe communiquent largement ensemble.] Il y a à l’arcade zygomatique une très-légère proéminence post-orbitaire à laquelle le jugal , le temporal et le maxillaire concourent presque également. [Les fosses temporales, trèsétendues, se rapprochent plus dans les deux unicomes , et surtout dans celui des Indes, que dans les deux bicornes. La fosse palatine est concave, allongée , se terminant en avant avec la seconde molaire dans le licorne du Cap, se prolongeant dans les autres jusqu’aux incisives , avec un espace libre sur les bords , entre celles-ci et les molaires. La fosse méso-ptérygoïde est longue, elle échancre fortement le palais, et pénètre jusqu’à la pénultième molaireet même jusqu’à l’antépénultième dans l 'unicorne de Java. Il n’y a pas proprement de fosse ptérygoïde, seulement le bord postérieur de l’aile est un peu élargi. La fosse basilaire offre une tubérosité au point d’union du basilaire avec le corps du sphénoïde.] Le long du milieu de cette partie basilaire est une arête saillante qui s’élargit et s’aplatit vers le bord inférieur du trou occipital.
[Dans le daman , l’orbite est presque fermé en arrière par le rapprochement des apophyses postorbitaires; une forte crête sourcilière le recouvre. La fosse temporale s’étend obliquement sur le côté du crâne. Le palais est plat et allongé; la légère courbe des arcades dentaires lui donne, dans les adultes, une forme un peu ovale. La fosse méso-plérygoïdc l’échancre en arrière jusqu’à la pénultième molaire ; cette fosse est un peu évasée à sa terminaison, plus étroite à son fond. 11 y a
TÊTE DES MAMMIFÈRES
des fosses ptérygoïdes , larges et plates, dirigées un peu en dehors; dans la fosSc basilaire, le corps de l’os basilaire est plus saillant que les caisses. ]
Dans les tapirs l’ouverture des narines s’étend en longueur, et remonte jusque au-dessus des orbites. Les os du nez avancent sur elle jusqu’au tiers de sa longueur seulement. L’orbite est descendu plus bas que le milieu de la tête, fort large, avec des apophyses post-orbitaircs peu marquées. [ La tempe est grande. En avant, le palais se relève un peu ; il s’élargit en arrière : il finit à la hauteur de la pénultième molaire, et la fosse méso-ptérygoïde est percée à son fond par les arrière-narines : la région basilaire offre sur la ligne médiane une sorte de tige qu’y forment les corps du basilaire et du sphénoïde , et de chaque côté deux enfoncements profonds communiquent avec le crâne par les grands trous déchirés. La paroi externe de cet enfoncement est formée par les apophyses mastoïde et para -mastoïde réunies. ]
Dans le cheval, l’apophyse post -orbitaire du frontal clôt le cadre de l’orbite en arrière, en s’unissant à l’apophyse zygomatique du temporal. [ La forme de l’ouverture des fosses nasales a quelque analogie avec celle des tapirs; mais elle est très en avant des orbites, et, comme dans la plupart des animaux, exclusivement formée par les os du nez et les inter-maxillaires. La tempe est allongée : le palais plus creux en avant qu’en arrière, où il est profondément échancré. La fosse mésoptérygoïdeest longue. Les côtés de la région basilaire sont bien plus enfoncés (la tête étant vue par sa base) que le corps de l’os; mais cet enfoncement n’est pas enceint, comme dans le tapir, par une sorte de paroi osseuse; l’apophyse para-mastoïdienne seule y fait une longue saillie.]
g. Ruminants .
Dans les ruminants, l’ouverture du nez est trèsgrande, inclinée en arrière; les os du nez ne forment qu’une courte avance dentelée ou pointue. L’orbite est cerné en arrière par la réunion des apophyses post-orbitaires du frontal et du jugal.
[Les chameaux et les lamas ont l’ouverture nasale étroite et bien limitée de chaque côté par les bords relevés des inter-maxillaires. La tempe est grande ; la fosse palatine, étroite en avant, s’élargit entre les molaires, et son bord postérieur diffère dans les deux genres. Dans les chameaux , le palais présente de chaque côté, entre l’aile ptérygoïde et les molaires, une échancrure qui entame le palais plus que la fosse méso-ptérygoïde , laquelle est étroite, cl ne s’avance que jusqu’à moitié de la dernière molaire. Dans les lamas, au contraire, la fosse méso-ptérygoïde, qui n’a guère que
HUITIÈME I.EÇON. — OSTEOLOGIE I)E F, A TÈTE.
le tiers île la largeur «lu palais, s’avance jusqu’à la pénultième, et les échancrures latérales sont très-petites. 11 n’a pas de fosses plérygoïdcs ; seulement les deux ailes de ce nom sont terminées chacune à leur angle par deux apophyses crochues légèrement écartées. La surface basilaire est limitée en dehors par doux grosses tubérosités irrégulières comprimées, résultant de l’union de la caisse et de l’apophyse para-mastoïde.
La girafe a l’ouverture nasale large, plane, et presque sans rebords. Les apophyses post-orbitaircs sont larges et forment une paroi qui sépare presque entièrement l’orbite de la tempe. Celle-ci est enfoncée au-dessous des bosses frontales qui supportent les cornes. La fosse palatine n’existe, à proprement parler, qu’entre les rangées des molaires ; en avant de celles-ci, les bords inférieurs des joues se rapprochent en dessous et se touchent, en formant une crête aiguë, qui se bifurque bientôt, et vient s’éteindre de chaque côté au bord externe du trou incisif, reproduisant par son écartement une nouvelle portion du palais. Au bord postérieur, celui-ci est, comme dans le lama, plus entamé par la fosse méso-plérygoïde que par les échancrures latérales. Cette fosse est étroite et trèscourte, de façon que le rebord de l’aile ptérygoïde est fort éloigné de la caisse. Il n’y a pas de fosse ptérygoïde. La partie moyenne de la fosse basilaire, formée par le basilaire et le sphénoïde, est étroite, saillante, et descend beaucoup plus bas que la facette glénoïde. C’est à peine si elle est dépassée par le rocher qui se termine en pointe rugueuse en avant, et par l’apophyse para-mastoïde, qui est élargie à sa base.
Dans les chevrotains, l’ouverture nasale est plus large et moins oblique; l’orbite grand , est la tempe allongée; le palais est entamé en arrière par deux profondes échancrures latérales, et se continue en une sorte de tube, en sorte que la fosse mésoptérygoïde est presque réduite à rien, et de plus très-rapprochée des caisses. La fosse basilaire est rendue étroite par le rapprochement de deux caisses bombées et en olive.
Dans les cerfs , l’ouverture des fosses nasales , l’orbite, les tempes, n’offrent rien qui diffère beaucoup des précédents; au palais, deux lignes courbes qui naissent au-devant de la première molaire, et se rapprochent pour se confondre ensuite avec le bord externe des trous incisifs, rétrécissent le palais en cette région; dans le muntjac , il y a presque une interruption complète, comme dans la girafe. Le palais se continue un peu en tube au delà des échancrures lalérales. La fosse méso-ptérygoïde n’offre, dans le plus grand nombre des espèces, qu’une simple arête dans son fond, mais dans le renne elle est partagée en deux dans toute sa hauteur par le vomer, qui s’étend en arrière aussi loin que les ailes plérygoïdcs. Il
n’y a pas de fosses ptérygoïdes. Dans la fosse basilaire, le corps du basilaire, les caisses, la facette glénoïde, ne sont pas sur des plans fort différents les uns des autres.
Les antilopes diffèrent principalement des cerfs, en ce que, dans la fosse basilaire, les caisses sont bombées et dépassent le basilaire, et que les apophyses para-mastoïdes ne sont guère plus saillantes que les caisses.
Dans le mouton, les échancrures latérales du palais et la fosse méso-ptérygoïde commencent sur une même ligne transversale, vers le milieu de la dcrnièfc molaire. La fosse est étroite et profonde; son fond s’unit obliquement avec le basilaire, qui est descendu sur un plan bien inférieur à celui de la facette glénoïde. Cet os est peu débordé par les caisses, mais beaucoup par l’apophyse para-mastoïde.
Dans les bœufs, les fosses temporales, dont on ne voit rien à la face supérieure du crâne, occupent horizontalement ses faces latérales; elles sont remarquables par leur grande profondeur, qui résulte de l’espèce de crête dont les recouvre le frontal en haut, et de la saillie de la crête occipitale qui les ferme en arrière. Le palais, plat entre les molaires, esLun peu creusé au-devant de cellesci. La fosse méso-ptérygoïde est étroite et remarquablement profonde; la fosse ou surface basilaire est aussi fort remarquable : sur la ligne médiane sont deux grosses tubérosités pyramidales séparées seulement par un sillon, plus- en dehors deux rochers , terminés sur les côtés du basilaire en lames minces et saillantes , et qui ensuite se recourbent en dehors pour former une grande paroi verticale derrière la facette glénoïde.]
h. Cétacés.
Dansle lamantin iV Amérique l’ouverture des narines osseuses est très-grande, et forme un long canal horizontal qui s’étend fort au delà des orbites ; mais dans le vivant cette ouverture, complétée par des cartilages, est comme à l’ordinaire au bout du museau. [Cette ouverture est plus large et en losange dans le lamantin du Sénégal. Les orbites sont très-avancés et très-saillants; et leur perde est, dans ce dernier, entièrement cerné en arrière. La fosse temporale est grande etprofondc; la palatine, creusée en canal enavant, est fort étroite entre les molaires; elle est échancrée par la pointe très-aiguë de la fosse méso-ptérygoïde qui est profonde, mais dont le plafond se trouve , ainsi que la surface basilaire , sur un plan de beaucoup inférieur à celui des facettes glénoïdes. ]
Dans le dugong, l’énorme développement des os inter-maxillaires reporte l’ouverture de scs narines osseuses beaucoup plus haut que dans le lamantin.
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
Elle sc trouve uinsi h la partie supérieure de la tète, au milieu de sa longueur, et dirigée vers- le ciel. Sa forme est un large ovale. Une très-grande solution de continuité se voit dans le fond de l’orbite et de la tempe, et établit dans le squelette une vaste communication entre ces deux losses et celle des narines. Elle est interceptée entre le maxillaire , le frontal , le sphénoïde antérieur et le palatin. [ Le cercle de l’orbite est ouvert en arrière dans le tiers de son contour, et fuit communiquer cette cavité avec une vaste fosse temporale. Le palais suit les contours des maxillaires; il est large et vertical en avant; au moment où il se recourbe et devient horizontal, il se rétrécit en un canal profond et étroit, et se termine vers le milieu de la dernière molaire. La fosse méso-ptérygoïde est plus profonde que dans le lamantin , dont le dugong se rapproche d’ailleurs pour le reste de la base du crâne. La grosse aile ptérygoïde offre en arrière une légère dépression verticale qui représente la fosse ptérvgoïde; celle-ci est moins marquée encore dausle lamantin.
Quand on arrive aux cétacés souffleurs , les formes de la télé sont tellement nouvelles , qu’on doit s’attendre à rencontrer de grands changements, soit dans la forme, soit dans la position de ses fosses , et à ne leur plus trouver qu’une ressemblance éloignée avec celles que nous avons décrites jusqu’ici. Ainsi , le double canal des narines, plus ou moins directement vertical, a son ouverture externe dirigée vers le ciel, ou même en arrière, et située immédiatement en avant du crâne, dans- le tiers et quelquefois dans le cinquième postérieur de la tête, selon la longueur du museau. Cette ouverture est plus large que longue, et entourée de six os; la face postérieure de leur canal est formée par l’elhmoïde; le reste de leur contour intérieur appartient aux maxillaires; leur cloison est formée par le vomer. L’orbite, entièrement recouvert en dessus par un large plafond, n’est limité en dessous que par un filet grêle; la fosse temporale, qui est cernée en bas, comme dans le cheval, par la réunion de l’apophyse postorbitaire du frontal avec l’apophyse zygomatique du temporal, est assez petite clans le plus grand nombre et la base du crâne surtout est singulièrement modifiée. Le palais, ou plutôt la face inférieure du museau, est le plus souvent plane ou carénée; puis, en s’approchant du crâne proprement dit, elle se confond sur ses côtés avec deux larges surfaces que forment cncetendroit Icgrand élargissement du crâne et des portions sus-orbitaires du maxillaire et du frontal; tandis qu’au contraire, sur la ligne médiane, le rapprochement des deux ailes plérygoïdes produit une forte saillie, et une sorte d’entonnoir, dirigé en arrière, pour l’ouverture inférieure des fosses nasales ; en même temps le bord de cct entonnoir se confond avec
des crêtes aiguës , qui , nées de 1 occipital , transforment la fosse basilaire en un canal profond et uni , qui se continue avec les narines. Tout cet appareil des narines postérieures sépare l’une de l'autre ces deux surlaccs , ou ces deux espèces de fosses latérales dont nous parlions plus haut, et qui présentent : en arrière , l’os de l’oreille enchâssé dans de hautes crêtes de l’occipital ; un peu en dehors, la facette glénoïde dirigée eu dedans et en avant , et presque verticale; le filet grêle du jugal, qui indique la place de l’orbite ; puis enfin des enfoncements et des saillies irrégulières.
Cependant, il y a encore, suivant les genres, de notables variations dans ces dispositions générales.
Ainsi, notre description s’applique surlout aux têtes de beaucoup de dauphins, tels que le marsouin, le de l pli. dubius, le delphinorliynque , et même le dauphin commun. Mais, dans ce dernier, c’est par un profond sillon dont ses deux côtés sont creusés que le palais communique avec les fosses latérales. Dans le dauphin du Gange il n’y a point de palais du tout, et les fosses latérales elles-mêmes n’existent pour ainsi dire pas, à cause du grand développement de l’apophyse zygomatique du temporal qui a agrandi proportionnellement l’ouverture de la fosse temporale. Il en résulte aussi que l’orbite est excessivement petit. Dans la plupart des dauphins et dans le marsouin, le rebord de l’ouverture postérieure des narines est comme dédoublé et donne naissance de chaque côté à une fosse de forme et de profondeur très-variées, et qui représente la fosse ptérygoïde.
Dans le delphinorliynque, la place de cette fosse est bien marquée , mais sa paroi externe manque tout entière : c’est aussi l’espèce où l’entonnoir des arrière-narines est le plus développé, et où les crêtes de la surface basilaire sont les plus élevées. ]
Dans l'hyperoodon , le palais est uu peu en carène, ce qui pourrait indiquer un rapprochement avec les baleines. Il n’a point les sillons latéraux du dauphin vulgaire.
Dans le cachalot, les narines sont percées au pied de l’espèce de muraille qui surmonle lecrâne, à la racine du vomer, et entre les parties redresséeset raontanlesdes inter-maxillaires. Leur direction est oblique de bas en haut et d’arrière en avant; elles sont excessivement inégales, et celle du côté droit n’a pas le quart do l’ampleur de celle du côté gauche. La fosse temporale est assez profonde, de forme arrondie, mais n’est point distinguée par une crête du reste de l’occiput. [On retrouve à la base du crâne à peu près la disposition des dauphins, excepté que le palais est, comme nous l’avons dit, en forme de toit renversé; l’entonnoir des arrière-narines a d’ailleurs un rebord simple. ]
Diins les rorquals et les baleines , l’ouverture extérieure <les narines csL très-large, en forme d’un ovale allongé, et, au contraire des autres cétacés, conserve dans tout le genre des baleines une forme symétrique. Le cadre de l’orbile est clos de toute part; son plafond est fort grand et concave en dessus. [ Les grandes variations de la forme et de la cambrure du museau changent d’ailleurs assez peu les dispositions principales de la base du crâne. Seulement les fosses latérales sont peut-être moins profondes; et l’inclinaison plus grande du temporal et du plafond de l’orbite fait que la facette glénoïdc est dans un plan inférieur à l’ouverture postérieure des fosses nasales. Celle-ci s’avance beaucoup plus près des condylcs occipitaux dans les baleines que dans les rorquals. ]
i. Mono trames.
Dans Véchidnô , les orbites, à peine marqués sur le crâne par un léger enfoncement, sont cependant bien cernés en arrière par la forme de lame que prend l’apophyse zygomatique du temporal (1), lame qui couvre la tempe et cache presque toute la placé du muscle crotaphyte. [L’ouverture postérieure des narines, portée en arrière très-près de la surface basilaire, est unique, et son plancher échancré en pointe entre les palatins.]
Dans Vornithorhynque , les orbites sont petits et dirigés vers le haut. Le bord supérieur de l’arcade donne une apophyse post-orbitaire marquée, [ mais il n’y en a point au frontal; en sorLe que l’orbite communique largement avec la fosse temporale, qui n’est point couverte en dessus et s’étend jusque vers la région postérieure du crâne]. Tout le palais est plane et se continue, en se rétrécissant subitement derrière les molaires, jusqu’aux trous ovales. La cloison des narines reste osseuse jusque-là.
§ ô. Des fosses intérieures de la Icte osseuse.
A. Dans l’homme.
Nous passons maintenant à l’examen des fosses intérieures de la tête.
Lorsqu’on enlève la calotte du crâne, on voit sur sa base intérieure ou sur son plancher les fosses qui y sont creusées et qui répondent aux parties saillantes de la base du cerveau (2).
La fosse postérieure, cérébelleuse , ou occipitale
(r) [Ce pourrait bien être le jugal, comme nous le dirons plus bas.
(2) Tout ce qui concerne la forme et les proportions du reste de la boîte crânienne appartient à l’article 1er
inférieure, esl en arrière , la plus grande et la plug profonde; elle est occupée eu grande partie par le cervelet.
Dans sa partie la plus profonde est percé le grand trou occipital.
En avant de ce trou est une légère excavation montant obliquement en avant, se terminant là en une arête saillante qui a de chaque côté un petit crochet nommé apophyse clinoïde postérieure.
De chaque côté, derrière cette apophyse, part une arête saillante qui se dirige obliquement en arrière, et qui achève d’enceindre par devant la grande fosse cérébelleuse, dontlecontour est cerné en arrière par une ligne saillante qui part comme les branches d’une croix d’une tubérosilé interne de la région occipitale, d’où part également une autre ligne saillante qui descend jusqu’au bord du grand trou occipital, et divise ainsi la grande fosse cérébelleuse en deux, selon sa longueur.
La fosse antérieure est celle dont le niveau est le plus élevé; elle est située au-dessus des orbites et du nez, s’unit par devant sans aucune distinction marquée à la voûte supérieure du crâne ; elle est séparée en arrière de chaque fosse moyenne par une vive arête concave en arrière; ces deux arêtes se portent en arrière et en dedans, et se terminent presque vis-à-vis des apophyses clinoïdes postérieures, chacune par un crochet appelé apophyse clinoïde antérieure. Entre ces deux crochets est une arête moins vive qui achève de cerner la fosse antérieure en arrière. Lemilieude cette fosse est plus enfoncé, criblé des* trous qui transmettent le nerf olfactif dans le nez ; sur son milieu est une arête tranchante et verticale, dite crête de coq.
Les fosses moyennes du crâne occupent l’espace de chaque côté entre la fosse antérieure et la postérieure ; leur niveau est intermédiaire entre celui des deux autres ; elles se réunissent en se rapprochant. Entre elles, au milieu, est un espace relevé situé entre les quatre apophyses clinoïdes , et nommé la selle lurciquc ou sphénoïdale.
B. Dans les mammifères.
a. Quadrumanes.
Les trois grandes divisions de la base du crâne existent dans les mammifères ; mais elles varient pour les proportions, pour les formes et pour la saillie des éminences qui leur servent de bornes.
Dans Vorang, la fosse cérébelleuse a moins d’é-
de cette leçou. 11 aurait été sans doute naturel de réunir ces deux parties d’uu mémo sujet, mais l'obligatiou de nous conformer, autant que possible, à la Irc édit., et d’en conserver le texte, nous a obligés à ce partage.)
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
tendue que dans l’homme, précisément parce que l’occiput se relève davantage. Les parties latérales de la fosse frontale ou antérieure sont plus bombées, et la lame criblée plus enfoncée, plus petite, percée de moins de trous ; [la crête de coq est réduite à une ligne un peu saillante]. La crête qui sépare la fosse antérieure des moyennes est presque effacée.
Dans le chim pansé , on observe les mêmes dispositions pour les fosses frontale et cribleuse.
[Dans les gibbons , la fosse cribleuse, percée comme une dentelle, est également petite, mais moins enfoncée, parce que les plafonds des orbites sont moins rapprochés.]
Dans tous les singes, [à partir des gibbons,] il y a, au-dessus et en dehors du conduit auditif interne, un enfoncement plus large que lui, et non percé dans son fond , qui sert à loger une protubérance du cervelet. [Nous l’appelons enfoncement cérébelleux .]
Dans les guenons, les macaques, les cynocéphales, les semnopithèques, la fosse cribleuse est toujours très-petite et très-enfoncée entre les deux saillies du plafond des orbites, et le frontal se rejoint derrière cette fosse et en avant du sphénoïde. La crête, qui sépare la fosse antérieure des moyennes, est très-obtuse. [Les cynocéphales paraissent être ceux où l’enfoncement aveugle, pour une protubérance du cervelet, est le moins profond.]
Dans les alouatles, la fosse postérieure, les intermédiaires et la selle sphénoïdale ne forment qu’un seul plan sur lequel s’élèvent les deux rochers et les quatre apophyses clinoïdes. Au lieu de fosse antérieure, il y a une espèce de paroi oblique dont le milieu est enfoncé, et conduit à une très-petite Jame criblée.
[Dans les autres singes d’Amérique, où la mâchoire inférieure est moins élevée en arrière, les dispositions sont les mêmes que dans les guenons.
Dans le saïmiri, les fosses moyennes sont petites, et la postérieure très-grande, à cause de la direction des pariétaux en arrière. La proportion entre ces fosses est plus égale dans les ouistitis, où l’occiput se relève. ]
Dans les makis proprement dits, le plancher de la cavité cérébrale est plus horizontal et plus uni que dans aucun singe, la selle s’élevant à peine au-dessus; [celle-ci est fort plate. Les apophyses clinoïdes postérieures forment un petit tubercule aplati, au-devant duquel est un enfoncement arrondi. Le trou rond est précédé par un sillon trèsmarqué. Au-dessus du trou ovale, l’arête du rocher offre une apophyse verticale, dont la base est percée d’un trou.] La lame cribleuse, fort grande, se relève plus que dans les singes.
[Le loris paresseux n’a point d’apophyses clinoïdes antérieures; les postérieures consistent seulement en deux petits tubercules qui s’unis-
sent à la pointe des rochers, et qui laissent entre eux un large espace par lequel la selle, qui est plate, sc continue avec la gouttière basilaire. Le trou rond est fort en arrière, près du rocher, et en dehors du trou ovale. L’arête du rocher n’a point d’apophyse, mais un tubercule également percé d’un trou à sa base. L’enfoncement aveugle, pour un lobe du cervelet, est profond.]
b. Carnassiers.
L’égalité de niveau de toutes les parties de la base du crâne se retrouve dans tous les carnassiers, dans lesquels la fosse antérieure n’est souvent point distinguée des fosses intermédiaires, mais forme seulement un canal court et large , terminé en avant par une grande lame criblée.
On conçoitaisément que dans tous ces animaux, à mesure que la fosse cérébelleuse s’aplatit et que le trou occipital se porte en arrière et en haut, la fosse basilaire s’allonge; la limite postérieure de la fosse cérébelleuse remonte en même temps, et finit par former une ceinture qui coupe verticalement le crâne et qui se trouve située au-devant du cervelet. Dans beaucoup de carnassiers, elle est formée par une lame saillante, large et mince, qui se continue sur les rochers, et qui semble faire une chambre particulière pour le cervelet. [Nous allons exposer avec plus de détails ce qui appartient à chaque genre.]
Le plancher du crâne est très-uni dans les chauves-souris .proprement dites; la fosse cribleuse esl assez grande et presque perpendiculaire sur le plancher, La selle n’y fait point de saillie, mais les rochers y montrent fortement la spii'ale de leur limaçon.
Dans les roussettes, le plancher est très-plat, la selle longue et presque pas saillante, si ce n’est un peu en arrière. Ce plancher descend en arrière par rapport au palais.
Dans le galéopithùque , la fosse cribleuse est assez grande, la selle tout unie, le rocher médiocrement saillant intérieurement. La crête de la tente peu marquée. [Elle l’est plus cependant que dans les animaux précédents.]
Dans le hérisson, le crible ethmoïdal est trèsgrand, couché obliquement en avant; [il forme entièrement par sa courbure la fosse cérébrale antérieure, séparée des moyennes par un rebord assez marqué.] Le reste du plancher de la cavité cérébrale est peu inégal ; la partie répondant à la selle peu saillante, allongée; les crêtes des rochers peu marquées. [L’enfoncement cérébelleux du rocher est assez petit.
Dans le tenrcc , le crible est aussi très-grand , plus incliné en avant en raison de l’allongement du museau; les sinus sphénoïdaux font derrière le crible un gros rendement, en arrière duque-l
est la région île la selle, petite cl peu saillante.
Dans la taupo, toute la base du crâne est remarquablement plate. Les seules parties saillantes sont les parois de l’enfoncement cérébelleux qui est fort grand, ouvert verticalement au-dessus du rocher, et communiquant à l’extérieur du crâne par un petit trou qu’environne dans scs deux tiers une fente demi-circulaire, et qui semble une sorte de prolongement du trou condyloïdien.
L’intérieur du crâne de la chrysochlore n’est pas moins remarquable que l’ensemble de sa tête. Sa forme générale est celle d’un prisme triangulaire, arrondi vers ses bords, et placé, la pointe en bas, en arrière de la face. La base du crâne se trouve donc très-relevée en avant; le trou occipital, qui la termine, s’ouvre beaucoup moins directement en arrière que dans les genres précédents. La partie supérieure de cette base est occupée par le crible cthmoïdal, et ses parties latérales par une sorte de bourrelet en forme de cornet ou d’entonnoir, dont la partie évasée correspond en haut au tubercule vésiculeux de la tempe, et la partie rétrécie vient s’implanter dans le rocher entre le trou auditif et l’enfoncement cérébelleux.]
Dans le chien, en général, le plancher est uni, la selle presque point élevée; son rebord postérieur est étroit, l’antérieur peu saillant. Il n’y a pas de sinus sphénoïdal. La tente du cervelet est osseuse et sa partie moyenne très-saillante en dedans. La crête du rocher est aiguë; le sinus en est profond. [L’enfoncement cérébelleux y est peu considérable.] La grande lame cribleuse est presque verticale. La direction du trou occipital est à peu près en ligne directe.
[On observe les mêmes choses dans l 'ours, dans le coati et dans tous les genres de carnivores. La plus grande différence consiste dans l’enfoncement cérébelleux, qui est, comme dans le chien, peu profond, et quelquefois même peu distinct, dans le zibetli , dans l’ours, dans les mouffettes, dans le coati, dans le chat ; et qui est, au contraire, trèsprofond dans le blaireau, dans la belette , dans la fouine, dans le paradoxurc .] Il faut remarquer que dans l’ours les fosses moyennes sont séparées de l’antérieure par une arête saillante attachée au côté du crâne, et qui appartient en partie à l’os frontal et en partie à l’os pariétal. [Presque tous les carnivores ont une tenle osseuse, qui tantôt se continue par en bas avec le rebord du sillon du trou sphéno-orbitaire, comme dans l’ours, le paradoxure, le zibeth, le chat; tantôt se termine à la pointe du rocher, comme dans le blaireau , le grisou, le kinkajou; et tantôt s’unit, comme dans le ratcl et peut-être le coati, aux apophyses clinoïdes postérieures. Le cabinet a une mouffette du Chili et un midaüs qui n’ont point de tente osseuse. ]
Dans le phoque commun , la cavité est grande large et haute; son fond est très-aplati. Il n’y a point de fosse antérieure proprement dite, et le devant du crâne s’élève perpendiculairement comme une muraille et porte la lame criblée à sa partie supérieure. Le crible cthmoïdal est médiocre , peu abondant en trous, élevé, et non enfoncé dans un canal comme aux chiens ; la crête ensia galli y est très- distincte. Les apophyses clinoïdes antérieures sont à peine relevées, et la région optique est fort plate; mais les postérieures le sont beaucoup. La région de la selle est de niveau avec les régions latérales. Les rochers en dedans n’ont point de crête aiguë; mais le creux de leur partie supérieure, ou l’enfoncement cérébelleux , est très-profond et plus large au fond qu’à l’entrée ; il reste longtemps un espace non ossifié à la région basilaire au-devant du trou occipital. [La partie supérieure de la tenle du cervelet est osseuse.
Les otaries ont le crible ethmoïdal plus enfoncé. On n’y voit point d’enfoncement cérébelleux, et la tente osseuse se complète sur les côtés eu s’étendant jusqu’au rebord du rocher.]
La fosse supérieure est un peu plus marquée dans le morse. La région de la selle est très-plate, et les apophyses clinoïdes peu saillantes. La fosse cribleuse est profonde, percée de peu de trous, et divisée par une crête crista galli très-saillante. La tente du cervelet est très-étendue et très-saillante , mais peu épaisse.
c. Marsupiaux .
[Dans les sarigues et dans les péramèles la fosse elhmoïdale est grande, profonde, percée de beaucoup de trous. Il y a un profond sillon pour le trou rond , et le trou carotidien s’ouvre en dedans delui sur les côtés de la selle ; le rocher fait trèspeu de saillie à l’intérieur du crâne; l’enfoncement cérébelleux est profond , mais plus large à son ouverture qu’à son fond : il n’y a pas de lente osseuse.
Dans le phalanger'ûj a une petite arête osseuse qui forme la tente.
Dans V hypsiprymnus ou potoroo cette tenle n’existe pas; l’enfoncement cérébelleux du rocher vient aboutir à une fente demi-circulaire, sur le côté du crâne , derrière la naissance de l’arcade zygomatique, comme nous l’avons déjà vu dans la taupe.
Dans 1 ckanguroo la fosse antérieure scprolonge en avant en une grande fossette ethmoïdalc : les fosses moyennes sont profondes, et la postérieure est large dans le bas ; les fossettes pour loger les lobes latéraux et le lobe moyen du cervelet sont profondément marquées dans l’occipital. La région de la selle offre une disposition remarquable. Les
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
niles orbitaires sc réunissent au-dessus du sphénoïde, mais sans adhérer b son corps; d’où il résulte une sorte de voûte qui, de droite h gauche, fait communiquer entre eux les deux orbites, et en arrière sc continue sans interruption avec la selle. Il en résulte encore que les trous optiques ne font, pour ainsi dire, plus qu’un avec cette large ouverture; ils ne sont d’ailleurs séparés du trou spliéno-orbitaire que par une lamelle osseuse très-mince et très-étroite; les deux côtés de la selle sont surmontés par une crête aiguë dont la base est traversée par le canal du trou rond , et en dedans de l’ouverture de ce canal sont deux autres ouvertures ovales dirigées en sens inverse des précédentes , séparées par une lamelle osseuse qui représente les apophyses clinoïdcs postérieures, et qui sont la terminaison du canal carotidien. Le trou ovale est beaucoup plus en arrière. Cet. écartement du corps du sphénoïde d’avec ses ailes, cette sorte de voûte qui fait communiquer le fond des deux orbites , dont on aperçoit quelque chose dans le sarigue, qui n’existe nullement dans le thylacine, mais qui se retrouve avec plus ou moins de développement dans les dasy lires , les phalangers et le potoroo , s’observe encore dans le koala et 1 e phascolome , mais seulement sous la forme d’une fente plus apparente qu’au sarigue. ]
d. Rongeurs.
Dans les rongeurs la base du crâne est fort unie, il n’y a presque point de distinction entre la fosse antérieure et lesmoyennes. L’arête des rochers est peu aiguë; les apophyses clinoïdes n’existent que dans un petit nombre d’espèces.
Dans l 'aye-aye [le crible ethmoïdal est trèsgrand, enfoncé, et dirigé obliquement en avant et en bas.] Il y a de grands sinus frontaux et sphénoïdaux; le sphénoïdal est commun aux deux sphénoïdes; la région de la selle est élevée, mais sans apophyses clinoïdes; les crêtes des rochers sont médiocres, et il n’y a point de tente osseuse. [L’enfoncement cérébelleux du rocher est très-grand et très-profond. La fosse antérieure est large; les moyennes sont moins grandes, mais plus profondes.
Dans les lièvres le crible ethmoïdal est au fond d’un long canal qui s’évase à son union avec la cavité du crâne : c’est au-dessus des fosses moyennes que celle-ci est le plus large. Les trous optiques sont réunis en un seul, et au-dessous d’eux est une selle enfoncée et bornée en avant et en arrière par des apophyses clinoïdes très-saillantes. La crête du rocher forme sur les côtés une petite tente osseuse, et l’enfoncement cérébelleux est profond.]
Dans la marmotte [le canal du crible est égale-
ment profond], le fond de la cavité cérébrale est assez uni, la selle peu élevée ; point d’apophyses clinoïdes antérieures. [Mais les rochers s’allongent en deuxpoinles qui viennent se toucher au-dessus du corps du sphénoïde, et tiennent lieu d’apophyses clinoïdes postérieures. Ils sont creusés d’un grand enfoncement cérébelleux.] 11 y a une légère crête sur chaque rocher ne sc continuant pas en une tente de cervelet.
[ Il y a peu de différences dans les écureuils, si ce n’est qu’on îi’y voit pas cette disposition des deux pointes des rochers. ]
Dans le castor la base du crâne est très-unie, il n’y a point de selle, ni d’apophyses clinoïdes; les trous optiques sont rapprochés et fort petits; les trous sphéno-orbitaire , ovale et rond, n’en font qu’un à l’intérieur. L’enfoncement pour la glande pituitaire est peu sensible. Les crêtes des rochers saillent peu ; mais le creux pour un appendice latéral du cervelet est très-concave.
[ Voryclère a les trous optiques très-petits , et plus en arrière on voit deux très -longs sillons séparés seulement par une lame mince , et qui s’ouvrent en avant au fond de l’orbite, et en arrière sur les côtés de la base du crâne, mais en dehors de l’aile plérygoïde. Le trou ovale est distinct sur le côté. La fosse pituitaire est au bout de ces deux sillons, et par conséquent très-loin des trous optiques. L’enfoncement cérébelleux est très-superficiel.
Dans l 'ondatra, les rats , le hamster, les deux sillons existent de même , mais leur communication latérale avec la base du crâne perce la base de l’aile plérygoïde, et pénètre dans la fosse méso-ptérygoïde, de sorte qu’une partie du corps des deux sphénoïdes s’étend , sous forme de tige osseuse, entre les trous optiques et la fosse pituitaire. L’enfoncement cérébelleux se creuse davantage.
On ne voit rien de semblable dans la gerhille , chez laquelle la distance du trou optique à la pointe du rocher est fort courte. La crête du rocher s’élève et forme une tente osseuse très-saillante sur les côtés, où elle se roule un peu sur elle-même en forme de cornet. L’enfoncement cérébelleux est médiocre.
Le lérot n’a pas cette tente osseuse ni le long sillon des rats; mais cependant le trou sphénoorbitaire d’un côté communique avec celui du côté opposé, au-dessous du corps du sphénoïde, comme dans ces derniers.
Il parait y avoir une lente osseuse dans la gerboise, et non dans l 'alaclaga, ni dans le pœphngomys. Dans ce dernier la base du crâne ne communique pas avec la fosse méso-ptérygoïde.
Dans Vhélamys la particularité la plus notable est un trou sur la ligne médiane , en arrière de la losse pituitaire, et qui est le confluent de plusieurs
trous ou canaux; l’un qui perce directement le corps du sphénoïde et s’ouvre à la hase du crâne; deux autres qui vont s’ouvrir à la hase de la fosse ptérygoïde ; et deux autres qui s’ouvrent au fond de l’orbite, au-dessous du trou sphéno-orbitaire. Le basilaire est en outre percé de plusieurs petits trous.
Dans le porc-épic d’Italie la fosse pituitaire forme une petite cavité bordée de toute part par l’union des apophyses clinoïdes antérieures avec les postérieures. On ne voit rien de semblable dans le coendou. Il n’y a pas de lente osseuse; et dans ces deux genres, ainsi que dans \'urson} il n’y a pour tout enfoncement cérébelleux qu’une légère dépression du rocher.
Le coûta a la région de la selle plate, l’enfoncement cérébelleux plus marqué. Celui-ci est profond dans l'agouti, qui a aussi les fosses moyennes plus profondes que la postérieure et surtout que l’antérieure, laquelle est presque réduite au canal du lobe olfactif et à la surface où se croisent les nerfs optiques.
Dans le paca, au contraire , la fosse antérieure est plus large, plus plate, et moins élevée au-dessus des fosses moyennes. Il n’y a pas d’enfoncement cérébelleux, et la région de la selle est peu élevée. La cavité du crâne est déprimée, et presque du double plus large que haute.
La cavité du crâne du cochon d’Inde est aussi déprimée ; l’enfoncement cérébelleux y existe. On le trouve aussi dansleÆëror/o«d(t Brésil; dans celui de Patagonie, le rocher donne une crête saillante.
Autant que nous pouvons le voir, l’enfoncement cérébelleux existe dans la viscache et dans 1 echinchilla, et le rocher fait dans l’intérieur du crâne une assez forte saillie. ]
e. Edentés.
Il y a peu de différences de niveau entre les fosses du crâne des édentés. Leur lame criblée est située dans un enfoncement que distingue une arête verticale.
Dans T unau, il y a à l’intérieur peu d’inégalités. La région de la selle est fort aplatie; le rocher peu saillant ; [ on n’y voit pas d’enfoncement cérébelleux,] et il n’y a point de tente osseuse; mais le crible elhmoïdal, qui est fort concave et peu compliqué, est divisé par une crête de coq considérable.
Dans les tatous en général, la région de la selle est peu élevée; le crible elhmoïdal est énorme, et l’apophyse crisla-galli très-saillante. La crête du rocher est assez aiguë, et se prolonge en une tente osseuse très-médiocre, presque effacée même dans le tatou géant, si cc n’est à sa partie supérieure, où elle forme un tubercule triangulaire.
Dans l'oryctéropc, le crible elhmoïdal est grand,
plus large que haut, et très-enfoncé; la région de la selle est peu élevée. [La tente osseuse est beau, coup plus marquée qu’au tatou sur les côtés, tandis que le tubercule qui la termine en haut n’existe pas.]
Dans les pangolins, la selle est médiocrement élevée; le crible ethmoïdien est très-grand, et divisé par une crête de coq très-grande et trèsosseuse, séparé même du reste du crâne par un anneau osseux saillant : sur chaque rocher s’élève une demi-tente verticale, frès-osscusc, appartenant au pariétal, et ne laissant entre elle et sa congénère qu’une arcade en forme d’ogive, de la hauteur du crâne, mais n’ayant que le tiers de sa largeur. [Il n’y a dans ceux-ci, pas plus que dans les précédents, d’enfoncement cérébelleux.]
Dans le tamandua, à l’intérieur la selle et ses appartenances sont fort plates : le crible ethmoïdal est grand, couché presque horizontalement; le milieu en est saillant, sans former d’apophyse crista-galli ; il n’y a aucune tente osseuse. L’enfoncement cérébelleux, au-dessus du rocher, est très-profond. [On peut dire la même chose du fourmilier didactyle, mais dans le tamanoir nous ne retrouvons plus cet enfoncement cérébelleux.]
f. Pachydermes.
Les fosses sont très-distinctes dans Yélépliant. Les moyennes sont les plus enfoncées; leur séparation se fait par des saillies mousses. La lame criblée de l’ethmoïde occupe presque tout le fond de la fosse antérieure, parce que le nez se trouve sousle. crâne, comme dans l’homme; et non devant, comme dans les carnassiers, les rongeurs; elle a une crête de coq mince et saillante, etc. La selle sphénoïdale n’est pas très-élevée; les apophyses clinoïdes sont courtes, surtout les postérieures. Il n’y a point de tente osseuse. [Pour l’enfoncement cérébelleux du rocher, il n’y en a pas dans l’éléphant d’Afrique.]
Dans l'hippopotame , les fosses et là selle sont toutes de niveau, et il n’y a même de distinction entre elles qu’une lame saillante qui correspond aux apophyses clinoïdes postérieures. Il n’y a point de tente osseuse. Les rochers, dontla figure est très-irrégulière , saillent dans l’intérieur du crâne, mais n’y établissent pas de cloisons régulières. La région ethmoïdale est enfoncée en avant avec une forte crête de coq.
Dans les cochons , à l’intérieur on voit que les sinus frontaux et sphénoïdaux sont très-étendus et rétrécissent beaucoup la cavité cérébrale. Dans les cochons proprement dits , la selle monte presque verticalement pour aller soutenir les nerfs optiques. [ Il y a de petites apophyses clinoïdes antérieures, et les postérieures forment une forte lame quadrilatère, verticale, et supportée par une petite
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éminence du corps il u sphénoïde.] La lente osseuse ne règne que sur les côtés; elle ne fait que passer sur le rocher. La fossette ethmoïdale est très-enfoncée, de grandeur médiocre, divisée par une crête de coq très-saillante , et criblée de trous nombreux.
[Dans le lahiroussa, la selle est moins verticale, et par conséquent la ligne delà base du crâne plus uniformément oblique. Les apophyses clinoïdes postérieures sont hautes, mais beaucoup moins larges. Il n’y a pas d’enfoncement cérébelleux.
Dans le pécari, il n’y a pas d’apophyses clinoïdes, et la selle se continue librement avec la gouttière basilaire, fians celui-ci, comme dans les précédents, cette région de la selle est plus enfoncée que les fosses moyennes.
Les phacocliœrcs ont la région de la selle aussi verticale que le sanglier, des apophyses clinoïdes postérieures, un rocher fort peu saillant à l’intérieur, une lente osseuse qui ne règne que sur les côtés, et une fosse ethmoïdale plus petite.]
Dans les rhinocéros , les fosses antérieure et moyennes ne sont point distinguées l’une de l’autre. La fosse postérieure est plus profonde que les autres, et elle est séparée des moyennes par une arête saillante et aiguë qui n’est point attachée au rocher, mais qui est située en avant d’eux. L’endroit qui répond à la selle sphénoïdale est beaucoup plus enfoncé que les fosses moyennes , au lieu d’être relevé comme dans l’homme. La partie qui correspond aux apophyses clinoïdes postérieures n’est point attachée, comme dans les autres animaux, à la base du crâne ; mais elle s’étend , comme un pont, de l’une des fosses moyennes à l’autre, tandis que la selle sphénoïdale qui est, comme nous venons de le dire, beaucoup plus basse que ces fosses, communique sous ce pont avec l’apophyse basilaire de l’occipital. La lame criblée est très-large, très-enfoncée, et subdivisée en deux parties par une crête très-épaisse.
[ Dans le daman, la cavité cérébrale est grande, la région ethmoïdale enfoncée, la région de la selle est un peu creusée, les fosses moyennes sont distinctes des antérieures; il n’y a pas de tente osseuse, mais il parait y avoir un petit enfoncement cérébelleux.]
Dans les tapirs, la selle est plate, [ à peu près de niveau avec les fosses moyennes;] la région cribleuse, large, est assez enfoncée, [quoique moins que dans les cochons et les rhinocéros.] La crête de coq est très-prononcée ; il n’y a point de tente osseuse, et le rocher fait même très-peu de saillie.
Dans le cheval, la région de la selle est plane, sans apophyses clinoïdes, et un peu plus enfoncée que les fosses moyennes. La région cribleuse est assez enfoncée et médiocrement étendue. Le rocher
a une crête aiguë, qui se continue par les côtés avec une tente osseuse forte qui appartient principalement à l’inter-pariétal.
g. Ruminants.
Dans les ruminants , les fosses moyennes sont à peine distinguées d’avec la fosse antérieure. La selle sphénoïdale est fort large, et beaucoup plus basse que les fosses moyennes entre lesquelles elle est située. Elle se continue sur le même niveau avec la fosse postérieure , dont elle n’est distinguée que par une lame qui correspond aux apophyses clinoïdes postérieures.
Dans les lamas et les chameaux proprement dits, le plancher de la cavité cérébrale est beaucoup plus uni qu’aux cerfs et aux moulons : les apophyses clinoïdes postérieures ne forment ensemble qu’une petite lame ; la région qui porte les nerfs optiques est presque de niveau avec celle de la glande pituitaire. [Il y a une tente osseuse médiocre, et une crête de coq très-épaisse.
Dans la girafe , la base du crâne parait également assez unie; mais à sa paroi supérieure, les deux lames des os sont séparées par de grands sinus. Ceux-ci n’existent pas dans les chevrotains, où de plus les rochers semblent faire, dans la cavité cérébrale , une saillie plus grande que chez les précédents, mais la tente osseuse des lamas n’existe ni dans la girafe ni dans le chevrotain.
Les cerfs présentent aussi un plancher de la cavité cérébrale unie, un rocher peu saillant à l’intérieur. ]
Mais dans le mouton le plancher delà cavité cérébrale est fort inégal. La selle est très-enfoncée; la région qui porte les nerfs optiques est très-relevée. Les apophyses clinoïdes postérieures forment une lame très-saillante ; il n’y a pas de vraie tente osseuse, mais seulement une légère crête; la région cribleuse est très-enfoncée et munie d’une grande crête de coq. 11 est à remarquer que l’elhmoïde se soude très-promptement au sphénoïde antérieur par la base du crista-galli, en sorte qu’ils ne fout qu’un os, lorsque les deux sphénoïdes sont encore très-séparés.
[Dans les bœufs, le crible est également trèscnloucé, la selle située très-bas, mais se confondant insensiblement avec les fosses moyennes; le rocher saille dans la cavité cérébrale comme un gros tubercule, el la paroi supérieure de cette cavité est partout creusée de grands sinus, qui font que la lame intérieure de celte paroi affecte une direction fort différente il e la lame externe. Celle-ci s’unit à angle droit avec la paroi occipitale, tandis que la lame interne décrit, du trou occipital au crible de l’ethmoïde , une courbe dont la concavité regarde en bas et en arrière. Il en résulte que le point où les sinus sont les plus grands est
situé à la partie la plus reculée du crâne, à la base des cornes dans l’angle de réunion des faces supérieure et postérieure.]
h. Cétacés,
Dans le lamantin , les lames cribleuscs sont au bas de la face antérieure du crâne, petites, peu abondantes en trous, presque pas enfoncées. L’apophyse crista-galli , sous la forme d’une arête très-vive , se prolonge bien plus bas et plus en arrière que le crible. Il n’y a point de selle ; toute la base est unie ; [la fosse antérieure est notablement haute et grande; les fosses moyennes sont à peine enfoncées. La faux est osseuse en arrière.]
Dans le dugong , la fosse cribleuse se réduit à deux enfoncements simples, très-écartés l’un de l’autre, et qui se terminent en avant par deux ou trois petits trous. [La crête de coq forme une grosse saillie prismatique qui les sépare. La fosse antérieure est moins grande que dans le lamantin. ] Il n’y a point de selle et point de tente osseuse.
[Dans les dauphins , le sillon transversal pour les nerfs optiques, la selle, qui est peu marquée et au niveau du précédent; l’enfoncement pour la protubérance annulaire, sont très-rapprochés l’un de l’autre et occupent le centre du plancher. La fosse antérieure est grande, évasée et fort élevée; elle se confond presque insensiblement avec les fosses moyennes.] La fosse cérébelleuse est la plus creuse. Il y a souvent une tente osseuse très-saillante à son milieu; la faux est toujours osseuse en arrière. Il n’y a point de crête de coq, et à peine aperçoit-on quelques petits trous à la lame cribleuse. [Sur les côtés de la selle, vient s’ouvrir le canal carotidien en dedans du trou ovale. La fossette basilaire est plus élevée que le fond des fosses cérébelleuses, mais plus basse que le trou occipital, dont elle est fort éloignée; ce qui indique que la moelle allongée est à la fois très-longue et obligée de remonter pour sortir du crâne.
La cavité du crâne des rorquals ressemble à celle du dauphin par son élévation en avant, par sa grande largeur transversale; mais au lieu de se continuer sans interruption avec le plancher, la paroi antérieure est percée d’un long canal plus large que haut, qui est une véritable fosse cribleuse, et qui aboutit au crible de l’elhmoïde où l’on voit un assez grand nombre de trous. Le diamètre transverse du crâne est très-grand au ni-
veau des fosses moyennes , lesquelles n’étant pas séparées de la fosse cérébelleuse par une arête vi vc , comme dans le dauphin , et s’unissant avec celle-ci, forment au-dessus du rocher une sorte de grande anfractuosité. La région de la selle est large, plate, un peu déprimée, plus élevée que le fond des fosses moyennes, qui est occupé par le rocher, mais plus basse que le plancher de la fosse cribleuse, et surtout que le trou occipital, qui se relève beaucoup comme dans le dauphin.]
i. Monolrèmcs,
Dans Vêchidnê , il n’y a point de sinus frontaux, [clla forme extérieure du crâne donne exactement celle de la cavité ; les os extrêmement minces, ayant partout une épaisseur égale. ] La région de la selle est médiocrement élevée, et le dessus de cette colline prend la forme d’un canal longitudinal. Les rochers sont aplatis; mais la région du crible ethmoïdal est horizontale et élevée comme un théâtre au-dessus des fosses moyennes. Le crible ethmoïdal est très-considérable, et, d’après sa positionnes anfractuosités ethmoïdales , qui en naissent dans la cavité nasale, ont une direction verticale.il n’y a ni crête de coq, ni tente osseuse.
Dans Vornithorhynque , [la forme extérieure du crâne donne également bien celle de la cavité;] dans celle-ci, les inégalités sont peu marquées. La selle, peu élevée, est creusée dans son milieu d’un canal longitudinal et terminée en arrière par une lame clinoïde très-relevée. Ce que cet intérieur a de plus curieux, c’est la fossette ethmoïdale qui est petite, enfoncée, et n’a qu’un seul trou un peu grand de chaque côté pour le nerf olfactif et peutêtre un autre très-petit. De chaque côté sont des espaces purement membraneux pour la séparer du canal du nerf sur-orbitaire. Les trois canaux semicirculaires saillent fort en dedans et interceptent un creux très-marqué, [et qui parait bien l’analogue de l’enfoncement cérébelleux que nous avons rencontré dans beaucoup d’animaux.] La tente osseuse est à peine sensible; mais, ce qui est fort remarquable, il y a une grande faux longitudinale osseuse.
§ 4. Des os du crâne et de leurs connexions.
A. Dans l’homme (1).
Le crâne et la face se divisent dans l’adulte par
(i) Digression. Si Galien a décrit les os de la tête En les rapportant tous et eu les comparant avec la nad’ après l’homme, ou d’après le singe P tare, on aurait trouvé que plusieurs des choses avancées
Lors de la renaissance de l’anatomie dans le seizième par Galien ne peuvent avoir été vues que sur l’homme; siècle, il s’éleva de grandes disputes sur cette question, que d’autres sont nécessairement prises du singe; que Vésale attaqua Galien, Eustache le défendit avec Papiou ; quelques-unes, enfin, sont d’une fausseté absolue, et ne chacun employait des passages différents. peuvent avoir été vues ni sur l’une ni sur l’autre espèce.
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
îles sutures en un certain nombre d’os dont quelques-uns se fondent ensemble à certaines époques, et qui , dans l’enfant et dans le fœtus , sont en i partie subdivisés eux-mêmes en os plus nombreux. Oncompte ordinairement iiuit de ces os dans le !■( crâne.
IUs s’appuient tous sur l’un d’eux, qui se trouve situé dans le milieu de la base où if supporte l’effort de tous les autres; c’est pourquoi on l’a appel èsp/iénoïde ou cunéiforme. Sa partie moyenne, épaisse, se nomme le corps, et il a deux paires de parties latérales en forme de lames appelées ailes; les antérieures, plus petites , qui répondent audessus du fond de l’orbite; les postérieures, plus grandes, séparées des premières par la grande fente dite sphénoïdale . Son bord antérieur sejoint
On serait arrivé ainsi ià reconnaître ce que Galien annonce lui-même : c’est qu’il a vu des os humains dans quelques occasions rares et sans pouvoir les étudier à loisir, et qu’il prenait d’ordinaire des os de singe pour sujet de ses descriptions; l’on aurait aperçu en même temps ce qu’il ne dit point : c’est que les os mêmes de singe qu'il employait n’étaient pas dans le meilleur état de conservation.
11 paraît, d’après ses termes,(Oe admin. anat., lib. r, cap. 2), que les médecins d’Alexandrie avaient seuls osé s’élever au-dessus du préjugé vulgaire, au point de manier et de démontrer à leurs élèves des os humains naturels, chose si extraordinaire, que Galien recommande aux étudiants de se rendre dans cette ville, ne fùt-ce que pour cette seule raison ; et ceux qui ne le pourraient pas, ajoute-t-il, devront faire comme j’ai fait moi-même, jeter un coup d’œil sur les sépulcres ou les tombes que des accidents font ouvrir. «J’ai vu un jour un corps, qu’un fleuve avait enlevé et rejeté sur le rivage, dépouillé de ses chairs. Une autre fois, j’ai rencontré celui d’un voleur qu’un voyageur avait tué, que les gens du voisinage avaient laissé sans sépulture, et que les vautours avaient décharné. «
On conçoit que de cette manière il put bien observer les caractères les plus apparents des os de l’homme; mais qu’il dut recourir à d’autres ressources pour en étudier les détails.
Pour cet effet et même pour se préparer à profiter des occasions que le hasard pourrait présenter, il recommande d’examiner les singes les plus semblables à l’homme.
On a demandé quelle espèce de singe Galien avait disséquée ?
Dans ses administrations anatomiques, il engage à choisir ceux qui, n’ayant ni le museau proéminent, ni les canines allongées, marchent plus aisément debout, et ressemblent davantage à l’espèce humaine. 11 les oppose aux cynocéphales, dont les caractères sont contraires à ceux-là.
Au livre sixième du mêmoouvrage, cliap. t, il annonce que les singes à face ronde et à courtes canines ont aussi le pouce des mains plus long et les doigts des pieds plus courts que les autres; les muscles des tempes
nu frontal par une suture dite sphénoïdale qui appartient aux petites et aux grandes ailes, et règne sur le plafond îles orbites. Le milieu de ce même bord antérieur, qui appartient au corps, s’unit au bord postérieur de l’ethmoïde. En arrière, le corps du sphénoïde se soude de Irès-bonne heure avec le corps ou la partie épaisse de l’occipital. Le bord postérieur des grandes ailes s’unit au rocher; leur bord latéral, à la partie écailleuse du temporal par une suture située dans la fosse temporale; leur pointe seulement louche au pariétal par un petit espace.
[11 n’est pas très-rare, cependant, de trouver des crânes de nègres où le temporal s’unit au frontal, et sépare l’angle du pariétal du sommet de l’aile temporale du sphénoïde.]
plus faibles, ceux qui vont à la jambe moius larges; le coccyx très-petit; les poils doux et courts.
Il ajoute ensuite qu’il en est d’antres qui ressemblent aux cynocéphales par le museau, qui ont un coccyx long, et même qui ressemblent à ces cynocéphales par la queue; que ceux-là ont de grandes canines, des mâchoires longues, un pouce très-court, les muscles qui vont à la jambe larges.
Ce n’est qu’au défaut de singes que l’on doit prendre des cynocéphales, des satyres, ou des lynx.
Nous ne connaissons dans les pays fréquentés des anciens que le magot qui réponde à ces descriptions; et je me suis assuré, par une comparaison exacte de ses muscles avec la myologie de Galien, que c’est en effet d’après le magot que ce grand anatomiste a étudié cette partie de la science.
Pierre Camper avait cru apercevoir, dans ce que Galien dit des ventricules de la glotte, quelque trait qui ne pouvait se rapporter qu’à l’orang-outang; mais je montrerai ailleurs qu’il n’est pas même question de singe en cet endroit, et que Galien n’y parle de ces ventricules que d’une manière générale. D’ailleurs, les muscles de l’orang-outang, qui diffèrent beaucoup de ceux du magot, ne répondent nullement aux descriptions de Galien, comme nous le verrons aussi ailleurs.
Mais Galien admet deux espèces de singes, et, d’après ses expressions, Buffon avait supposé l’existence d’un singe plus voisin de l’homme que le magot, qu’il appelait pithèque. Les voyageurs ont cherché eu vain cet être imaginaire. Les animaux qu’ils ont apportés sous le nom de pithèques se sont toujours trouvés des magots dout les dents n’étaient pas encore développées.
11 est vrai que les jeunes magots diffèrent assez des vieux par l’air du visage et par la douceur de leurs mœurs, pour qu’on ait pu les croire d’espèces différentes ^ et nous sommes assez disposés à penser que Galien a donné dans cette erreur. Toujours faut-il convenir qu’il a exagéré ce qu’il dit de leur ressemblance avec l’homme, car leur pouce n’est pas plus long, ni leurs doigts des pieds plus courts à proportion que ceux des adultes.
Au reste, ces caractères se trouveraient encore moins dans l’orang-outang que dans les jeunes magots; ainsi, ils ne serviraient en rien à soutenir l’opinion de Camper.
La face anterieure îles grandes ailes a une arélo qui sc joint à une lame du jugal pour former la cloison postérieure de l’orbite; ainsi ces grandes ailes répondent en partie h l’orbite, en partie à la face temporale.
En avant du sphénoïde est. le frontal; il forme le plafond desdeux orbites et toute la convexité du front. Entre les orbites, il a un vide qui est rempli par l’etbmoïdc, lequel sépare les orbites l’un de l’autre et forme le plafond de la cavité du nez ; l’apophyse orbitaire du frontal du côté du nez s’unit au lacrymal, au maxillaire supérieur et au nasal ; son apophyse externe à l’os de la pommette, qui se continue ensuite avec une crête de la grande aile du sphénoïde pour compléter la cloison externe de l’orbite.
Prenant maintenant une tête humaine et des têtes île divers singes, lisons l’ostéologie de la tête dans Galien.
Nous y trouvons d’abord une description des sutures coronale, sagittale, lambdoïde et écailleuse ; une description détaillée de l’os sphénoïde, et une énumération des os du crâne qui conviennent également aux singes et aux hommes.
L’auteur passe ensuite à la description du temporal, et la mention expresse qu’il y fait de l’apophyse styloïde et de l’apophyse masldide est évidemment humaine. Sa description du jugal n’a rien de caractéristique ; mais dans sa manière embarrassée de décrire les os de la face, il y a une erreur manifeste qui ne convientui à l’homme, ni au singe, ni à aucun mammifère.
Après avoir décrit la suture jugo-maxillaire en arrière et en avant, il la continue jusqu’à un endroit du bord inférieur de l’orbite, où elle se partagerait en trois branches : l'une irait le long du grand angle vers l’entredeux des sourcils (c’est la suture qui sépare en avant l’os lacrymal de l’apophyse nasale du maxillaire); l’autre continuerait celle-là sous la concavité de l’orbite jusqu’à la suture sphéno-frontale, et aurait sous elle le grand trou lacrymal (c’est celle qui sépare dans l’orbite le frontal du lacrymal et de l’ethmoïde); la troisième, placée sous les deux autres, se rendrait par le bas de l'orbite à cette même suture sphéno-frontale ( c'est celle qui sépare dans l’orbite le lacrymal et l’ethmoïde du maxillaire).
Il est manifeste que Terreur de Galien consiste à avoir continué la suture jugo-maxillaire le long du bord inférieur de l’orbite jusqu'à l’os lacrymal, et à avoir fait ainsi de la face orbitaire du maxillaire un os distinct. Aussi ajoute-t-il que la mâchoire supérieure est jointe au crâne par trois os de chaque côté : le jugal, celui qui est dans l’orbite et qui transmet les nerfs qui se rendent à la mâchoire inférieure, et celui qui occupe l’angle interne ou le lacrymal. Ou voit même qu’il ne parle point du tout de l’os planum ou de la face orbitaire de Tetbmoïde.
Galien passe eusuitoaux os de la mâchoire supérieure, et en décrivant le maxillaire et le palatin d’une manière qui convient également bien à l’homme et au singe, il
Une grande su lure demi circula ire, dite/ron/ole, va d’une de ces apophyses orbitaires externes à l’autre en passant sur le crâne, et sépare le fron- I al, dont elleforme le contour latéral ctsupérieur, d’abord de la grande aile du sphénoïde, et ensuite des deux pariétaux.
A l’arrière du corps du sphénoïde tient le corps de T occipital ou son apophyse basilaire, qui même se soude de si bonne heure avec lui que plusieurs anatomistes ne fonl qu’un seul os occipito-sphénoïde.
L’occipital s’élargit en arrière, entoure le grand trou occipital, produisant à chacun de scs côtés un condyle articulaire ; il remonte en s’élargissant encore, pour se terminer en pointe derrière le crâne dont il occupe toute la face postérieure (1).
fait une mention détaillée de la suture incisive, décrit l’os inter-maxillaire comme un os séparé, et y revient ilenx fois encore dans l’article suivantaprès avoir décrit les os du nez.
Il est impossible d’admettre qu’en ce point Galien ait consulté des têtes humaines, puisque même, dans le fœtus, il n’y a jamais dans l’homme qu’une petite fissure près du trou incisif, et que la suture entre la canine et les incisives est un caractère des animaux. Il est même facile de voir que Galien Ta décrite d’après un magot ou un autre singe d'Afrique, et non pas d’après l’orangoutang; car il la fait descendre de l'entre-deux des sourcils, ce qui suppose qu’elle atteignait le haut des os propres du nez. Or, dans l’orang-outang, elle se termine au-dessus de ces os, au bord de l’ouverture antérieure des narines.
Après ce caractère évidemment animal, Galien en présente un autre qui n’est pas moins évidemment humain, en disant qu’il y a deux os propres du nez. L’orang-outang, le magot, le chimpansé, la plupart des singes de l’ancien continent, n’eu ont qu’un seul à l’état adulte.
Les autres quadrupèdes, tels que les chiens et autres carnassiers, ont ces os doubles comme nous, et leur os ethmoïde est, de plus, tellement caché par le frontal, qu’on ne le voit point dans l’orbite.
Ces deux circonstances, conformes à deux des erreurs de Galien, me font croire que quelquefois il manquait même de singes, et se voyait réduit à consulter des animaux plus communs.
(i) [En dehors du condyle, entre celui-ci et l’apophyse mastoïde, eu arrière de l’apophyse styloïde, l’occipital ne présente dans la plupart des sujets que de petites éminences rugueuses; mais nous avous trouvé en ce point, sur un sujet, une longue et forte apophyse, droite, conique, appartenant à l’occipital , et qui semblerait être l’analogue de celle qui, née du même os, prend dans certains genres de mammifères un si grand développement, et tient lieu de l’apophyse mastoïde proprement dite, quoique souvent aussi ces deux apophyses existent simultanément. Nous la désignerons, comme nous l’avous dit, et pour éviter toute circonlocution, sous le nom d’apophyse para-m as toi de. ]
ARTICLE DEUXIÈME
Partout où il ne touche point le sphénoïde il s’articule avec les temporaux et avec les pariétaux.
Le temporal, os compliqué, remplit l’espace entre I la grande aile du sphénoïde et le côté de l’bccilj pital. Sa partie latérale ou écailleuse est mince,
I large et arrondie; elle donne une apophyse pour former avec une autre apophyse du jugal l’arcade ■j zygomatique. A sa partie postérieure, vers le bas, | est l’apophyse mastoïde; entre deux, le trou auditif externe, et, vers la base du crâne, le rocher qui s’avance derrière la grande aile du sphénoïde jusqu’à l’os basilaire.
Toute la partie de la voûte du crâne qui reste à garnir l’est par les deux pariétaux , grands os carrés, articulés entre eux par une suture longitudinale, dite sagittale; 'avec l’occipital, par une suture en forme d’angle dite lambdoïde ; avec le frontal, par la grande suture frontale; avec le temporal, par une suture dite écailleuse , et enfin avec la pointe de la grande aile du sphénoïde.
On voit donc que la boîte, qui constitue le crâne , est formée de trois ceintures fort inégales en largeur, étroites vei's la base , et dilatées vers le haut en une grande convexité. La première est formée par le frontal et l’ethmoïde. La deuxième, par le sphénoïde, les temporaux et les pariétaux. La troisième, par l’occipital.
Les fosses de l’intérieur ne répondent pas exactement aux divisions des os; l’antérieure, ou la frontale, embrasse des parties du frontal de l’ethmoïde et du sphénoïde; les fosses moyennes en ont du sphénoïde, des pariétaux, des temporaux et un peu du frontal; la fosse postérieure, de l’occipital , des temporaux et quelques parcelles des pariétaux.
La division des os que nous venons de décrire est celle de l’adulte , de l’âge de vingt ans , par exemple; plusieurs de ces sutures s’effacent plus ou moins vite dans la vieillesse. On voit des crânes qui n’en ont plus du tout à leur convexité ; mais dans la première enfance les divisions sont plus nombreuses; et elles le sont davantage dans le fœtus à mesure qu’on remonte vers l’époque de la conception.
Dans le fœtus à terme, l’occipital est divisé en quatre parties: une grande et mince, qui garnit l’occiput en arrière, deux latérales, qui entourent les côtés du trou occipital et forment une grande partie des condyles ; une antérieure dite basilaire, qui forme le devant du trou occipital et le dessous de la base du crâne.
Le temporal est divisé en deux parties : une grande et mince, dite écailleuse, qui donne l’apophyse zygomatique , cL à laquelle adhère le petit cadre osseux sur lequel est étendue la membrane du tympan, le reste du canal auditif externe et des parois delà caisse n’étant point ossifié ; dune autre épaisse, dite le rocher, contenant les organes
tête des mammifères.
internes de l’ouïe, formant au dedans du crâne la crête qui sépare la fosse moyenne de la postérieure, et à laquelle appartient la région de 1 apôphyse mastoïde.
Dans les très-jeunes fœtus, l’ossification de la partie pétreuse commence par plusieurs points , dont un répond à la portion mastoïdienne, deux autres aux deux canaux semi-circulaires voisins.
Le sphénoïde est l’os qui se divise le plus dans le fœtus. Le fœtus à terme ne l’a divisé qu’en trois parties : le corps auquel tiennent déjà les petites ailes, et les deux grandes ailes dont les apophyses ptérygoïdes sont des appartenances. Quelquefois les deux petites ailes sont distinctes l’une de l’autre et du corps de l’os.
Dans les fœtus plus jeunes, le corps lui-même est divisé en deux parties latérales.
Dans de plus jeunes encore, il y a une pièce libre à la base de chaque grande aile, et les apophyses ptérygoïdes sont des points d’ossification séparés.
Les pariétaux ne se divisent à aucune époque, et ne sont formés chacun que par un seul centre d’ossification.
Le frontal est divisé dans le fœtus en deux os par une suture longitudinale qui est une continuation de la suture sagittale, et qui subsiste pendant l’enfance, et même dans certains individus pendant toute la vie.
La lame cribleuse de l’ethmoïde n’est point ossifiée , même dans le fœtus à terme ; et ses parties latérales ni le vorner ne lui étant unis , il y a à sa place trois os différents.
B. Dans les mammifères.
Les principales différences qu’offrent les os des crânes des mammifères consistent dans le nombre des os qui les constituent, dans les connexions de ces os, enfin dans la forme particulière que chacun d’eux affecte.
a. Quadrumanes.
Les quadrumanes ont tous les huit os du crâne de l’homme, mais souvent le sphénoïde est divisé en deux parties, dont l’une forme les ailes orbitaires et les apophyses clinoïdes antérieures , et l’autre les ailes temporales, les apophyses clinoïdes postérieures et la fosse basilaire.
Dans Vorang-outang , les sutures frontale et sagittale ont des dentelures comme dans l’homme, bien qu’un peu moins compliquées; l’occipitale en a moins. La suture écailleuse est plus rectiligne quedans l’homme. Les pariétaux ne diffèrent de ceux île l’homme que parce que leur bord temporal est presque droit; ceux des autres singes sont plus étroits, et deviennent plus obliquanglcs
HUITIÈME LEÇON. — OSTÉOLOGIE I)E Lâ TÊTE.
à mesure que le crâne s’aplatit. Le temporal est plus long, par rapport à sa hauteur, parce que l’occipital est plus plat et le sphénoïde plus étroit. [Il n’y a pas d’apophyse styloïde, et cette apophyse ne se retrouvera plus dans aucune télé. ] L’apophyse mastoïdeest presque effacée; le rocher est plus saillant, le canal carotidien plus petit. Derrière l’articulation de la mâchoire inférieure, et en avant du méat auditif, est une lame verticale transverse qui empêche le recul de la mâchoire inférieure , et qu’on trouvera ensuite dans les quadrumanes , les carnassiers et beaucoup d’autres. Le sphénoïde, en général plus étroit, n’a point d’épine.
Dans le chimpansé, la grande aile du sphénoïde n’atteint ni le frontal, ni le pariétal, parce que le temporal touche au jugal au-dessus d’elle. Les sutures frontale, pariétale, et occipitale, sont moins profondément dentelées que dans l’homme. [L’écailleuse est également rectiligne (1). ]
Dans les gibbons , les sutures sont peu dentelées, et la frontale se termine en arrière en une pointe quelquefois très-aiguë. [Le sphénoïde s’unit dans la fosse temporale au frontal et au pariétal, comme dans l’homme et l’orang. Dans les jeunes individus, une suture qui descend du bord supérieur du temporal vers la caisse, derrière le conduit auditif, semble indiquer la ligne d’union de la portion écailleuse avec cette portion mastoïdienne du rocher qui se montre au dehors , et demeure séparée du reste du temporal dans beaucoup de mammifères.]
Dans les guenons , les macaques , les cynocéphales , les semnopithèques, les sutures supérieures du crâne ne sont point dentelées , si ce n’est la frontale qui l’est quelquefois un peu sur les côtés : celle-ci est plutôt en demi-ovale qu’en demi-cercle. Dans quelques espèces, elle fait même la poinLe en arrière. Il y a des variétés pour les connexions de la grande aile du sphénoïde dans la fosse temporale ; cependant il est plus général que le sphénoïde n’atteigne point le pariétal.
Dans les sapajous , les a télés , les sais, les sakis, le saïmiri et les ouistitis, le frontal se prolonge en une longue pointe el le sphénoïde reste trèsloin du frontal dans la fosse temporale ; [ il en est séparé le plus souvent par l’union du pariétal avec lejugal, quelquefois par celle du jugal avec le temporal. Dans les alouattes cependant il louche encore et le frontal et le pariétal.] La suture écailleuse estplacée plus bas que dans les genres précédents.
Dans les alouattes, le rocher, ou plutôt la caisse, a en dessous, derrière le trou ovale, une forte
(t) [M. Owen, mcm. cit., dit avoir trouvé un iuterpariétal sur quelques individus. Ceux du Muséum n’en ont pas.]
apophyse pointue. [La lame transversale située en avant du trou auditif prend, dans les alouattes, les sajous , les sakis , le saïmiri , les ouistitis , un développement très-considérable. L ecallilhrix ou 8ajouin à masque manque tout à fait de cette apophyse.]
Dans les loris grêle et paresseux , et dans les galagos , les deux frontaux restent séparés aussi longtemps que les autres os. [Le sphénoïde touche dans la tempe au frontal et au pariétal.] La largeur de l’apophyse post-orbitaire du jugal laisse peu de longueur à l’arcade zygomatique. Le trou auditif est plus relevé qu’aux sapajous, plus large qu’aux singes. La caisse est vésiculeuse, peu bombée. Il n’y a point d’apophyse mastoïde, si ce n’est une légère proéminence immédiatement derrière eL à la hauteur du trou auditif; le trou occipital est plus en arrière que dans les sapajous, mais pas plus oblique.
[Daus l'avahi, non-seulement la caisse est trèsbombée et très-vésiculeusc, mais la partie du temporal au-dessus du trou auditif est aussi renflée en une vésicule. En arrière de la caisse, l’occipital donne une petite pointe, indice de la forte apophyse qu’offrenten ce point d’autres animaux. La facette glénoïde est non-seulement fermée en arrière complètement par l’apophyse dont nous avons parlé dans les singes , et qui ici s’unit à la caisse , mais aussi en dehors par une lame descendante de l’apophyse zygomatique du temporal, de façon que le condyle de la mâchoire se trouve engrené très-solidement.]
Dans les makis proprement dits , la suture frontale fait en arrière un angle droit; les frontaux restent partagés, ils s’unissent directement en avant et en bas avec le palatin dans l’orbite, où l’ethmoïde ne paraît pas. La grande aile du sphénoïde touche au frontal et au pariétal aussi bien qu’au temporal. L’apophyse post-orbitairedujugal s’unit à celle du frontal, mais non à celle du sphénoïde. Les caisses, fort écartées l’une de l’autre, sont bombées et vésiculeuses ; la région mastoïdienne du temporal est moindre que dans les singes , et il n’y a aucune apophyse mastoïde. Derrière la racine de l’arcade zygomatique se trouve, comme dans tous les singes, l’apophyse qui retient la mâchoire inférieure. [ La facette glénoïde qui est au-devant est toute plate.]
La lame cribleuse de l’ethmoïde dans tous les makis, dans les loris et les galagos, vient toucher, comme dans l’homme, au sphénoïde antérieur, tandis que dans les singes elle en reste éloignée en arrière par le rapprochement des deux côtés du frontal. L’ethmoïde tout entier est enveloppé par le frontal et par le palatin, en sorte qu’il n’en parait rien dans l’orbite, ou, en d’autres termes, qu’il n’y a pas d’os planum, ce qui continue dans les carnassiers et les autres mammifères, [à un
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
Irès-pelit nombre d’exceptions près ; mais il existe encore dans les autres lémuriens.]
Dans les tarsiers, les caisses vésiculcuses, étant Tort (J rail des, sc touchent sous l’os basilaire et réduisent à peu de chose la région ptérygoïdienne. [Le seul individu que nous ayons est déjà trop adulte pour que nous puissions parler des sutures et de la counexion des os.]
b. Carnassiers.
Les deux pariétaux se soudent de très-bonne heure dans les chéiroptères , de manière à ne lormer qu'une seule pièce : il en est à peu près de même dans tous les autres carnassiers, qui ont de plus presque toujours l’os frontal partagé en deux pièces, au moyen d’une suture médiane. Les frontaux des carnassiers, et en général de tous les mammifères qui suivent jusqu’aux cétacés, forment une surface irrégulière de prisme ou de cylindre, à laquelle on peut considérer trois faces principales; une supérieure, qui touche par devant au museau et par derrière au reste du crâne, et deux latérales, qui descendent chacune dans la fosse orbitaire et temporale de chaque côté, [où elles trouvent, suivant les familles, des connexions différentes.]
Dans les roussettes , il n’y a qu’un frontal, même dans le fœtus prêt à naître ; il enveloppe tout à l’ait l’ethmoïde qui ne parait point dans l’orbite. Ses apophyses post - orbitaires sont longues et pointues, mais ne vont pas jusqu’au jugal,qui luimême n’a aucune partie saillante derrière l’orbite. Les jeunes individus ont deux pariétaux, un inter-pariétal, et les divisions ordinaires de l’occipital et des temporaux. La crête qui limite la face occipitale se termine de chaque côté par une proéminence derrière le trou de l’oreille. Il y a en outre à l’occipital, entre l’oreille et le condyle, cette apophyse pointue qui remplace dans la plupart des animaux l’apophyse mastoïde de l’homme [et que nous appelons para-masloïdc.] C’est ici qu’elle commence. La facette glénoïde est plate et l’apophyse située derrière peu saillante. Le sphénoïde conserve longtemps, comme dans tous les carnassiers, la séparation de ses parties antérieure et postérieure, et de ses apophyses ptérygoïdes internes. L’aile orbitaire du sphénoïde antérieur monte beaucoup plus haut que la grande aile; celle-ci ne touche que le temporal et le pariétal, sans aller à beaucoup près jusqu’au frontal.
Dans les chauves-souris proprement dites, la caisse est en segment de sphère, facile à détacher jusqu’à la vieillesse; une partie du rocher, montrant le limaçon par son contour extérieur, sc voit à l’extérieur derrière la caisse, et ce rocher luimême se détache aisément. Derrière lui, et au lieu d’apophyse mastoïde, est une large facette con-
cave interceptée entre une proéminence derrière le tympan, et une autre en dehors du condyle de l’occipital. Le trou occipital est grand; la facette glénoïde, plate, est munie en arrière d’une lame saillante.
Dans le seul fœtus que j’ai observé, celui d’un noctilion, je trouve deux frontaux, deux pariétaux, deux inter-pariétaux, et le reste comme dans les carnassiers ordinaires; c’est-à-dire un sphénoïde antérieur distinct du postérieur, des apophyses ptérygoïdes internes distinctes, etc.
Dans le galeopithèque , le frontal est longtemps double. Le très-jeune montre deux pariétaux, qui ont même un inter-pariétal particulier en avant, distinct de l’inter-pariétal ordinaire qu’ils ont en arrière; mais ces quatre os n’en forment qu’un seul avant même que toutes les dents soiçnt changées. Le sphénoïde touche au pariétal, au frontal et au temporal dans la tempe. Il y a un sinus sphénoïdal de chaque côté, mais point de sinus frontaux. La caisse est petite. La facette glénoïde est grande, et sa lame saillante postérieure revient horizontalement en avant pour fermer davantage le gond de l’articulation maxillaire. La crête occipitale se termine de chaque côté par un gonflement du temporal distinct de la caisse, mais ne formant point une vraie apophyse mastoïde. L’occipital ne présente rien non plus qui remplace cette apophyse.
Dans le hérisson , il y a deux frontaux, deux pariétaux, formant chacun un angle saillant dans le frontal; l’occipital s’étend entre les pariétaux en avant de l’arête occipitale par une sorte de demicercle , qui n’est pas un inter-pariétal; le sphénoïde antérieur touche dans la tempe au frontal et au maxillaire; le postérieur atteint à peine le frontal de la pointe de son aile temporale, et touche au pariétal et au temporal. Ce même sphénoïde produit à la suite de ses ailes ptérygoïdes internes deux autres grandes ailes qui servent à compléter les caisses ou plutôt à les former avec les rochers, car il n’y a d’ailleurs qu’un cadre du tympan, fort large à la vérité. La partie du rocher qui parait à la face occipitale s’échancre parle bas pour contribuer un peu à l’apophyse saillante derrière la facette glénoïde, et un peu à l’apophyse mastoïde qui se termine par un tubercule de l’occipital.
Dans les tenrecs , le frontal n’a aucune apophyse ni en avant, ni en arrière de l’orbite. La crête occipitale est formée par les temporaux et l’occipital, donlla saillie est en partie doublée en avant par une lame des pariétaux; elle descend jusqu’à l’articulation de la mâchoire inférieure, où le temporal donne un petit tubercule pour toute apophyse zygomatique. Le tubercule mastoïdien de l’occipital est écarté de celui du temporal comme dans le hérisson. 11 n’y a point d’inter-pariétal.
Plus loin que le canal des arrière-narines et que les ailes plérygoïdes, lesphénoïde postérieur donne encore une aile saillante pour retenir la caisse comme dans le hérisson; mais cette aile fait un angle aigu avec une autre qui est le bord postérieur de la facette glénoïde , et appartient en grande partie au temporal. [Cette lame se termine par un tubercule qui semble être le vesligc de la seconde articulation qu’offrent vers ce point les musaraignes.
Le sphénoïde postérieur s’avance dans la tempe par deux ailes, l’une inférieure, l’autre supérieure, embrassant dans leur concavité le sphénoïde antérieur eL le palatin; il touche par son aile temporale au pariétal et au frontal : le sphénoïde antérieur ne louche qu’au frontal et au palatin.
Dans Jes musaraignes , le desman, les cladobates, la taupe, le condyhiro et le scalope, l’occipital s’avance beaucoup sur le vcrlcx, en échancrant fortement les pariétaux dans les trois premiers. Cette partie avancée ne parait pas être un interpariétal.
Dans les cladobates, la partie du temporal et du sphénoïde en avant de la caisse est fortement bombée, de sorte que l’orbite est bien distinct de la tempe.
Dans les musaraignes , la facette glénoïde du temporal est remontée très-haut, et il y a au-dessous d’elle, au bout et en dehors de l’apophyse ptérygoïde, une lame dépendante soit du sphénoïde , soit du temporal , et qui offre une seconde facette articulaire dirigée en haut et en avant pour une apophyse interne de la branche montante de la mâchoire inférieure, de sorte que celle-ci s’arlicule à la supérieure par deux facettes articulaires séparées. Au milieu de cet élargissement post-ptérygoïdien s’ouvre le trou ovale. Ou peut croire que c’est la lame ordinaire, située derrière la facette glénoïde, qui ici se sera rapprochée de la surface basilaire en s’écartant de la facette glénoïde proprement dite.
La chrysochlore a la caisse très-vésiculeuse et communiquant avec le renflement delà fosse temporale que nous avons décrit. La facette glénoïde, très-petite et très-enfoncée, se détache comme une sorte d’apophyse de la partie inférieure et latérale de ce renflement. ]
Dans le chien , [les frontaux restent séparés comme les pariétaux ; ils s’avancent en pointe, chacun de leur côté, entre le nasal et le maxillaire. ] La suture du frontal dans l’orbite, après être flescendue derrière le lacrymal, marchehorizontalement sur le palatin et l’aile orbitaire du sphénoïde antérieur; ensuite elle remonte obliquement devant l’aile temporale du sphénoïde postérieur , d’où elle coupe le crâne transversalement devant les pariétaux. La suture inférieure de ceux-ci marche aussi presque horizontalement
sur le sphénoïde postérieur et le temporal jusqu’à la crête occipitale; celle qui les sépare de l’occiput suit presque les hords de la crête, mais arrivée à la sagittale elle remonte en avant, de telle sorte que l’occipital forme presque moitié de cette dernière crête par une apophyse qui avance entre les deux pariétaux , sans y former ni y rencontrer aucun inter-pariétal.
Le temporal occupe , par la partie postérieure du rocher, l’angle inférieur externe de la face occipitale. Son apophyse zygomatique forme près de moitié de l’arcade, et se distingue de celle du jugal par une suture montant obliquement d’arrière en avant. La caisse , vésiculaire , bombée , a derrière elle une apophyse comprimée plus ou moins longue et crochue, née de l’occipital, etaudevant est l’apophyse descendante qui arrête la mâchoire inférieure en arrière.
Le sphénoïde postérieur se soude de bonne heure au basilaire; son aile temporale, assez étroite, remonte dans la tempe jusqu’à moitié de la hauteur de la tête, entre le temporal et le frontal, et louche au pariétal par son extrémité.
Le corps du sphénoïde antérieur s’articule au postérieur entre les deux apophyses ptérygoïdes internes; son aile orbitaire se porte horizontalement en avant, entre le frontal et l’aile ptérygoïde dupalatin, etesl tronquée par la partieantérieure et montante du palatin; elle embrasseainsi la lame cribleuse del’elhmoïde avec laquelle elle se soude de bonne heure.
Dans le chien naissant, l’occipital est divisé en quatre, comme dans l’enfant. Le cadre du tympan est un os distinct, qui s’unit par degrés au rocher moyennant l’ossiflcation successive de la capsule qui forme la caisse. Les grandes ailes du sphénoïde se laissent séparer de son corps.
[Dans l’examen des autres têtes de carnassiers, nous n’exposerons plus que les différences importantes et caractéristiques dans les connexions des os, sans répéter ce qui sera semblable ou trèsapprochant de ce qui vient d’être décrit dans le chien.]
Dans l’ours, [l’aile orbitaire avance moins dans l’orbite, et ne dépasse le trou optique que de quelques lignes.] Les caisses aplaties et petites ont en arrière l’apophyse de l’occipital réduite h un fort tubercule, et largement unie avec une véritable apophyse mastoïde saillante en dehors, terminée par une épiphyse, et toute du temporal.
[Dans les ratons, les bonlurongs, les coatis , l’occipital échancre peu les pariétaux ; on ne voit à la base du crâne que peu ou point du sphénoïde antérieur. Les caisses sont grandes, saillantes et bombées; l’apophyse mastoïde du temporal est séparée de celle de l’occipital, dans le raton, par une large échancrure. Dans le coati, la dernière n’est guère qu’un tubercule; dans les benturongs,
ARTICLE DEUXIÈME
J aillant que notre jeune tète permet d’en juger, J e’est l’inverse.
Dans le kinkajou, la partie écailleuse du temj poral est très-petite en proportion des pariétaux. i| On ne voit point d’inter-pariétal. 11 n’y a pas d’a- J pophyse mastoïde du temporal, et l’occipital n’a >1 qu’un tubercule peu saillant.
Dans le sibeth et dans les mangoustes, les frAni taux s’avancent en segment de cercle entre les pa- ( riétaux,] le sphénoïde antérieur s’avance très-peu I dans l’orbite; l’apophyse para-mastoïde prend une j forme large et concave, où s’enchâsse le derrière | de la caisse. [Elle dépasse la caisse dans le zibeth et le paradoxuro, tandis que dans la mangouste et
Ila genetle, au contraire, celle-ci est plus saillante. Dans la genetle et le paradoxal e, l’aile orbitaire du sphénoïde antérieur est étroite et s’étend fort en avant entre le frontal et le palatin.
Les blaireaux, les grisons ci le taira, ont la caisse médiocrement saillante ; elle l’est davantage dans le putois et dans la fouine, elle l’est très-peu dans les mouffettes. Dans la plupart de ces genres, il y a plutôt un tubercule qu’une apophyse à l’occipital ; et l’apophyse mastoïde, qui est forte dans les blaireaux et dans les gloutons, en est séparée comme dans le raton. Leur suture fronto- pariétale est transversale, et leur sphénoïde antérieur assez avancé dans l’orbite. Dans nos mouffettes, presque toutes les sutures sont effacées, que le sphénoïde postérieur est encore entièrement distinct du basilaire. ]
Dans les loutres, les deux frontaux s’avancent en pointe entre les pariétaux : elles ont les caisses moins bombées; un tubercule mastoïde et un tubercule occipital ou para-mastoïdien, tous deux peu saillants.
[Le prolèle n’offre de particulier que l’énorme développement de ses caisses et la disposition de sa suture frontale , qui, à l’opposé de ce qui se voit dans la loutre, forme un angle en avant, les pariétaux s’avançant un peu en pointe entre les frontaux.]
Dans les chats , [on voit bien à la base du crâne le corps du sphénoïde antérieur;] cet os s’avance dans l’orbite comme dans le chien. Le sphénoïde postérieur va de même dans la tempe jusqu’au pariétal. [Le temporal remonte un peu plus sur le crâne que dans les petits genres précédents. Les caisses sont plus rondes et plus bombées, et éloignées de la lame verticale posl-glénoïdienne du temporal; mais elles sont embrassées en arrière par des tubercules du temporal et de l’occipital peu saillants.] Cependant le tubercule mastoïdien du temporal est plus fort que celui de l’occipital.
Les jeunes chats ont un inter-pariétal triangulaire, qui se soude avec l’âge aux pariétaux, cl non pas à l’occipital.
Dans l 'hyène , les principales connexions des os
tête des MAMMIFÈRES. 2 07
sont comme dans le chien, [excepté que le frontal s’unit un peu dans l’orbite avec le maxillaire, entre le lacrymal et le palatin.] La caisse est assez saillante et irrégulièrement bombée; [la lame post-glénoïdienne du temporal n’y touche pas, et l’apophyse para-mastoïde est longue, appliquée contre la caisse , et se terminant par un tubercule mousse dirigé en avant.]
Dans le phoque commun , [les frontaux échancrent un peu sur le vertex les pariétaux par une portion carrée dont les angles pénètrent plus avant que le reste. Cette disposition est surtout remarquable dans le phoque à trompe.] Le frontal n’a point en avant cet élargissement en triangle qui forme son apophyse post-orbitaire; mais celle de l’arcade est très-marquée, et le jugal et le temporal y contribuent également, ce dont nous n’avions pas encore d’exemple. [Dans l’orbite, entre le palatin, le frontal et l’aile orbitaire du sphénoïde, est une petite lame qui parait être une dépendance de l’un de ces trois os; elle est séparée du maxillaire par un grand espace membraneux. ]
Le corps du sphénoïde antérieur se voit bien à la base du crâne. Son aile orbitaire est médiocre, l’aile temporale du sphénoïde postérieur est petite et surtout étroite. Elle touche au frontal et au pariétal. Les pariétaux se soudent de très-bonne heure à l’occipital ; et la languette par laquelle ils viennent loucher l’aile du sphénoïde est étroite. Les os du crâne sont minces. Il n’y a point de sinus frontaux.
[Dans le phoque à trompe , l’aile temporale existe à peine, et elle ne touche point au frontal , l’aile orbitaire et le pariétal s'unissant au-dessus d’elle. On voit dans l’orbite, entre le palatin et les sphénoïdes, une surface ovale, qui parait dépendre du voraer. L’apophyse zygomatique du temporal se recourbe en haut bien plus fortement qu’au phoque commun , pour former la moitié de l’apophyse post-orbitaire; il en résulte entre cet os et le jugal une longue suture parabolique. Dans le phoca crislata , cette suture est en 2.
Dans le Ph. leplonyx, les connexions des os paraissent être sensiblement les mêmes; mais l’apophyse zygomatique du temporal est droite et non recourbée, et elle contribue à l’apophyse postorbitaire plutôt par son renflement que par une véritable apophyse. La suture temporo - jugale forme deux angles droits.
Tous ces phoques ont des caisses volumineuses, bombées, débordant plus ou moins en dedans la lame, d’ailleurs médiocrement saillante, qui borne en arrière la facette glénoïde; il n’y a pas d’apcrphysc mastoïde, mais seulement un tubercule paramastoïdien.
Sous le rapport de la forme de son arcade, comme sous quelques autres, le Ph. leplonyx fait.
OSTÉOI.OGIE DE LA TÊTE.
le passngd des phoques aux otaries, Celles-ci ont en efTel l’apophyse zygomatique du temporal plus droite que relevée, mais de plus ne contribuant pas à l’apophyse post-orbitaire, qui appartient tout entière au jugal. La suture est longue et oblique comme dans le chien. La surface carrée des frontaux, qui s’avance entre les pariétaux, est beaucoup plus large qu’aux phoques; on voit dans l’orbite, entre le frontal et, le sphénoïde, séparé du palatin par l’espace membraneux qui est trèsgrand, une lame carrée, qui ne paraît point dépendre de l’ethmoïde, mais être un démembrement, soit du sphénoïde, soit du frontal.
Les caisses sont plus anguleuses qu’aux autres phoques, moins bombées , et il saille de chaque côté, à l’angle externe de l’occiput et en dehors de la caisse, une espèce de crête mastoïdienne descendant très-bas, et produite par le temporal et l’occipital.]
Dans le morse , il n’y a point d’apophyse postorbitaire au frontal. L’apophyse post-orbitaire de l’arcade appartient entièrement au jugal. La crête occipitale appartient aux pariétaux. L’apophyse mastoïcle, qui est très-grosse, est tout entière du temporal, lequel occupe une grande partie de la face occipitale. La caisse est plate et irrégulière. La région basilaire remonte un peu vers le trou occipital, et a une arête longitudinale dans son milieu.
c. Marsupiaux,
Dans les sarigues, [les frontaux se prolongent pour former le premier tiers de la crête sagittale;] ils se soudent de bonne heure, ainsi que les pariétaux. Ceux-ci s’étendent peu en arrière. La crête occipitale appartient, dans toute sa partie supérieure, à l’occipital supérieur, et par ses côtés aux temporaux. Le premier s’avance beaucoup au delà de la crête formant un angle entre les pariétaux. [L’apophyse para-mastoïde est médiocre, droite et pointue.] Le sphénoïde postérieur donne en dedans et près de la lame glénoïdienne du temporal une petite aile concave qui, avec le cadre du tympan resté mobile, forme toute la caisse. Comme dans le hérisson, la trompe d’Eustache passe par une échancrure de celte aile et du rocher. Ce sphénoïde postérieur entre pour quelque chose dans le bord interne de la facette glénoïde. 11 est très-long dans la tempe, [où il touche largement au temporal, au pariétal et au frontal. Le sphénoïde antérieur paraît, au contraire, très-peu clans l’orbite, le frontal descendant très-bas entre lui et le palatin.
Le thylacine a des pariétaux petits, qui n’entrent pas dans la crête occipilale, et ils sont déjà unis entre eux eL avec l’occipital supérieur, que celui-ci est encore parfaitement distinct des deux
occipitaifx latéraux. Il n’y a pas d’intcr-pariétal. L’apophyse para-mastoïde est pointue, mais ne descend pas beaucoup plus bas que les condyles occipitaux. Le sphénoïde postérieur est encore très-étendu, quoique moins qu’aux sarigues; il contribue un peu à la facette glénoïde, et il donne pour la caisse, non pas seulement une aile concave, mais une vésicule complète, qui est fermée près du rocher par un petit os tympanique mobile eL de forme irrégulière. La caisse, au total, est petite et peu saillante. Dans la tempe, ce sphénoïde ne touche pas au pariétal, dont il est séparé par l’union du temporal et du frontal. Le sphénoïde antérieur parait aussi très-peu dans l’orbite, où le frontal et le palatin occupent un grand espace. ]
La crête occipitale des pâramèles est fourchue et formée par deux inter-pariétaux distincts. [Les frontaux sont encore séparés et l’occipital supérieur distinct des latéraux, que déjà les deux pariélaux sont soudés; ceux-ci touchent aux frontaux par une suture à convexité antérieure, et ils envoient enarrière une longue apophysedescendante qui échancre le temporal. Le rocher contribue beaucoup à la face occipitale. Le sphénoïde postérieur forme aussi de son aile concave la plus grande partie de la caisse, qui est saillante et bombée ; il ne touche pas au pariétal.]
Dans le dasyure ordinaire, les sutures transverscs des frontaux et des pariétaux sont moins anguleuses qu’aux sarigues etaux péramèles. L’interpariétal, fort petit, est situé dans la crête même de l’occiput. [Les apophyses para-mastoïdes sont moins saillantes que les caisses.] La lame que le sphénoïde postérieur fournit à la caisse se renfle en une grande vessie à parois minces et solides; en sorte que presque toute la cavité d’une énorme caisse appartient au sphénoïde. [Celui-ci remonte très-haut dans la tempe pour s’articuler avec le pariétal, et s’étend en arrière jusqu’à la racine de l’arcade zygomatique à laquelle il contribue. Le sphénoïde antérieur paraît à peine au fond de l’orbite.
Dans le dasyure oursin, les frontaux sont séparés, échancrés en avant par les os du nez; ils sont très-larges entre les orbites, descendent très-bas dans cette cavité et se rétrécissent derrière elle. Les pariétaux forment un seul os plus long que large, descendant peu dans la fosse temporale, où cependant ils touchent largement à l’aile temporale du sphénoïde. Il n’y a pas d’inter-pariétal, et la suture occipitale est un peu en avant de la crête et de l’épine du même nom, sur le sommcL de la tête. Comme dans le thylacine et le sarigue, l’occipital supérieur est distinct des occipitaux latéraux; mais ceux-ci sont déjà unis avec le basilaire. La portion écailleuse du temporal forme avec le rocher la moitié inférieure de la crête oc-
ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES
(,ii| cipitale; elle donne une très-forte apophyse zygof0 matique et une forte lame descendante derrière la facette glénoïde. Le rocher contribue à la face oc- , jj| cipitale, et il paraît aussi à la base du crâne entre le basilaire et la caisse. Celle-ci est formée en presque totalité par un énorme renflement vésiculeux du sphénoïde postérieur. Outre son développement dans cette région, le sphénoïde postérieur conserve aussi dans la fosse temporale l’extension qu’on lui trouve dans cette famille ; il s’étend sous le temporal jusqu’au bord interne de la facette glénoïde, eL après avoir bordé cet os à la racine de l’apophyse zygomatique, il remonte le long de la portion écailleuse, louche au pafi riétal et au frontal, embrasse en arrière l’aile orbitaire, et au-dessous de celle-ci s’unit à la portion du palatin et h sa portion ptérygoïdicnne. ;1 L’aile orbitaire est fort petite; on n’en aperçoit qu’une portion irrégulièrement quadrilatère, entre l’aile temporale, le frontal et le palatin.]
Dans le phalanger, [les pariétaux et les frontaux ont des sutures longtemps apparentes. Les premiers reçoivent sur la ligne médiane une pointe des frontaux.] L’inter -pariétal 11e descend pas à la face occipitale. L’apophyse zygomatique du temporal est plus longue à proportion que dans le sarigue. Le sphénoïde touche dans la tempe au pariétal. Ses lames tympaniques sont plus grandes qu’aux sarigues , moins boursouflées qu’aux dasyures, mais forment complètement la caisse comme dans ceux-ci, en se joignant à l’os tympanique et à l’apophyse pai-a-mastoïde , dont la base antérieure est toute formée par le sphénoïde. [L’os tympanique lui-même est plus grand à proportion que dans le thylacine.] La partie postérieure de la caisse, l’os du tympan et la région du temporal située derrière et au-dessus du trou externe de l’oreille , sont renflés [et forment une masse irrégulière saillante. ] Le rocher ne parait nulle part à l’extérieur du crâne.
Dans 1 e phalanger volant, les lames tympaniques du sphénoïde sont aussi minces et aussi boursouflées qu’aux dasyures. L’inter-pariétal est plus large. La partie inférieure du crâne, en arrière des narines , est plus courte à proportion de sa largeur; ce qui donne quelques légères différences de position.
Dans le phalanger volant nain ou à queue en plume, l’inter-pariétal touche de chaque côté aux temporaux, derrière les pariétaux.
Dans le potoroo, [il y a un inter-pariétal petit et triangulaire. Sur un autre individu , où toutes les sutures sont encore bien marquées , il n’y en a point. Les pariétaux sont largement échancrés en arc de cercle pour recevoir les frontaux. Ceux-ci ont une légère apophyse post-orbitaire, et ils s avancent entre les maxillaires, pour se joindre aux os du nez , suivant une courbe dirigée en
sens inverse de la précédente.] La base de l’arcade est creusée de cellules; mais le boursouflement cellulaire du temporal derrière l’oreille est moindre qu’au phalanger, et l’os tympanique 11’y participe pas. [La facette glénoïde est bornée en arrière par une petite apophyse pointue et non par une lame. Le rocher forme une partie de la face occipitale.] L’apophyse mastoïde est un simple tubercule de l’occipital. Le renflement tympanique du sphénoïde est médiocre ; son aile temporale 11e va pas jusqu’au pariétal. Le sphénoïde antérieur 11e se voit à la base du crâne que par un tout petit point , parce qu’il est caché par les palatins qui se rejoignent à sa face inférieure.
Dans le kanguroo géant, la longueur de l’apophyse para- mastoïde est un caractère frappant. Au verlex, les frontaux pénètrent en pointe entre les pariétaux. Comme au phalanger, l’in ter-pariétal n’est qu’un petit chevron placé en avant du haut de la crête occipitale; [cet os, dans le kanguroo élégant, est en segment, de cercle.] Dans la tempe, le sphénoïde postérieur touche largement de son aile temporale au frontal et au pariétal; il suit en descendant en dedans de la facette glénoïde et de la caisse sans aider à les former, mais il va faire une partie de l’apophyse para-mastoïde , comme dans les phalangers. Tout le corps et la pointe de celte apophyse appartiennent à l’occipital; mais la caisse et le rocher aident, avec le sphénoïde, à compléter sa base à l’extérieur. [Dans le K. élégant, le sphénoïde contribue davantage à la caisse. Le phénoïde antérieur se voil à peine à la base du crâne et au fond de l’orbite dans le K. géant. Dans le K. élégant , il remonte un peu davantage audessus du trou de communication des deux orbites.
Dans le koala, les frontaux et les pariétaux sont doubles; la suture qui les sépare est transversale. Le temporal présente à la racine de l’arcade une tubérosité conique et creusée d’une cavité, et qui représente sans doute la lame descendante poslglénoïdieune. L’occipital donne aussi une apophyse para-mastoïde très-longue, et qui cependant ne descend pas plus bas que l’énorme caisse que produit le sphénoïde postérieur. Celui-ci est, en outre, comme les précédents, fort étendu dans la tempe, où il touche au pariétal. En avant, il s’unit à l’aile ptérygoïdienne du palatin pour lormer la paroi de la longue gouttière de la base du crâne. Le sphénoïde antérieur occupe dans l’orbile un espace plus considérable que dans les précédents. ]
Dansle phascolomo , la suture des frontaux avec les os du nez lorme un segment de cercle [ en sens contraire de ce qui se voit dansle potoroo,] et leur suture avec les pariétaux une ligne encore plus courbe. L’inter-pariétal est fort petit et ne descend pas à l’occiput. [ Le temporal donne une
facette glénoïde qui forme une sorte de rebord mousse, étroit, limité en arrière par un enfoncement au lieu de l’être par une lame saillante, et se terminc-en dehors par un petit disque aplati qui appartient au jugal.] C’est le temporal qui forme ici la paroi antérieure de la caisse et non pas le sphénoïde ; le bas de cette cavité est en grande partie membraneux. Le tubercule paramasloïde de l’occipital est séparé par le rocher d’un autre tubercule à peu près semblable du temporal [ qui représente la véritable apophyse mastoïde. L’aile temporale du sphénoïde est moindre que nous ne l’avons encore vue dans la plupart des précédents, et ne touche pas au pariétal.] Le sphénoïde antérieur est fort petit et fort peu apparent dans l’orbite.
d. Rongeurs .
Dans Yaye-aye, la ligne de jonction du frontal et îles pariétaux est demi-circulaire. La figure des pariétaux ressemble beaucoup à celle de l’homme, il y a un grancl'inter-pariétal triangulaire : [la portion écailleuse du temporal est peu étendue. ] Son apophyse zygomatique donne un tubercule à l’endroit où elle rencontre le jugal. La caisse est promptement unie au temporal et bombée; [ elle limite en dedans une grande facette glénoïde entièrement plate , que rien ne borne en arrière ni en dehors.] Il n’y a point d’apophyse mastoïde [ ni para-mastoïde; un sillon assez profond sépare les condyles occipitaux de la caisse. ] Le sphénoïde antérieur occupe dans le fond de l’orbite un assez grand espace. [L’aile temporale est aussi considérable dans l’orbite, et ces deux ailes touchent l’une et Pautreau pariétal. L’union du sphénoïde postérieur avec l’antérieur se fait plus tard que celle avec le basilaire. ]
Dans les lièvres } le frontal a une crête sus-orbitaire fortement échancrée en avant et en arrière. Il s’avance de chaque côté par une longue pointe entre la pointe montante de l’inter-maxillaire et la parLie du maxillaire qui forme la joue. Les pariétaux restent quelque temps distincts l’un de l’autre et de l’inter-pariétal : celui-ci est petit et en ellipse transverse dans le lapin. Dans le lièvre, on ne peut le voir que tout à fait dans le premier âge , et il est composé de deux petites pièces que sépare un petit angle saillant de l’occipital.
Le rocher de chaque côté occupe un grand espace triangulaire dans la face occipitale. L’apophyse mastoïde est entièrement de l’occipital, mais le rocher en donne une autre parallèle par laquelle il enchâsse la caisse en dehors ; il s’y unit peu promptement. Celle-ci est assez bombée, mais est loin de toucher aux apophyses ptérygoïdes. On voit un peu de rocher au-dessus du méat auditif dans une échancrure du temporal, qui en-
voie d’ailleurs une apophyse couvrant en partie ce rocher jusque derrière le méat.
Le sphénoïde antérieur est très -remarquable parce que les deux trous optiques sont réunis en un seul en avant duquel le sphénoïde ne forme qu’une seule lame verticale, premier indice de ce qu’on verra dans les oiseaux. Il est percé là , de part en part , d’un trou qui s’unit au trou optique commun. En avant, il se bifurque de nouveau pour s’étendre beaucoup plus qu’à l’ordinaire dans le fond de l’orbite, sous le frontal, jusqu’à la languette du maxillaire qui remonte en ce point.
Les ailes temporales du sphénoïde postérieur ne montent pas beaucoup, et n’atteignent point le frontal dont elles sont séparées par le sphénoïde antérieur et par le temporal, encore moins le pariétal, qui ne descend pas dans la tempe.
Dans Ta marmotte, les frontaux et les pariétaux se réunissent en une seule pièce de très-bonne heure et bien avant les autres os. Je n’ai pu voir même l’inter-pariélal dans deffort jeunes marmottes. [ Les frontaux qui sont échancrés par les deux os du nez échancrent eux-mêmes fortement les pariétaux; ceux-ci sont étroits, et leurs sutures avec le temporal sont remarquablement droites et parallèles. ] La suture occipitale est un peu en avant de la crête du même nom, et lui demeure presque parallèle. Un tiers de chaque côté de celte crête appartient à l’os du rocher, qui prend un peu sur la face occipitale du crâne. Il a en dehors et en arrière de la caisse un tubercule mastoïdien, et un peu en arrière l’occipital en produit un autre qui est l’apophyse para-mastoïde. Les caisses sont rondes et très-bombées; elles s’appartiennent en entier à elles-mêmes , et se soudent de très -bonne heure à l’os du rocher. Dans la tempe , le sphénoïde postérieur monte très-haut , et cependant il ne touche qu’au temporal et au frontal. Le pariétal ne descend pas jusque-là. [L’aile orbitaire occupe au fond de l’orbite un espace fort médiocre. ]
Dans l 'écureuil, la ligne de séparation des frontaux et des pariétaux ne s’efface guère moins vite que dans les marmottes, et Tinler-pariétal se confond aussi de très-bonne heure avec les pariétaux ; mais dans les très-jeunes sujets on le voit bien marqué, de forme demi-circulaire. U y a même uu point d’ossification particulier au milieu déjà croix que font ensemble les frontaux et les pariétaux. [Ceux-ci sont plus larges et plus bombés. Du reste, les connexions des os sont les mêmes. ] La facette glénoïde est plus creuse qu’à la marmotte.
Dans le castor, les frontaux s'unissent d’assez bonne heure ensemble ; les pariétaux s’unissent entre eux et avec les frontaux avant même que l’inter- pariétal soit entièrement confondu avec eux. L’inlcr-pariétal est triangulaire : il est double dans les jeunes sujets. [ Les frontaux forment une
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