‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 161 sur 174 · DO I · texte numérisé non relu

DO I

longue 6uturo ovale entre les pariétaux.] La suture entre l’inter- pariétal et l’occipital est en avant île la crête occipitale. Les côtés inférieurs J Je cette crête appartiennent aux rochers. La fa- > cette glénoïde est plus large que longue, son bord i externe seulement appartient au jugal ; son bord il postérieur est tout à fait libre; elle est plus coni cave qu’à la marmotte. L,a caisse est tout, entière t formée par l’os tympaniquc ; entre les deux caisi ses, la région basilaire est creusée tellement que ■| l’os y est en partie membraneux, même dans des i sujets assez âgés.

Il y a deux tubercules mastoïdes voisins l’un de 1 l’autre, et appartenant l’un au rocher, l’autre à i l’occipital. Le rocher s’unit de très-bonne heure à j la caisse; une apophyse pointue du temporal s’ini sinue entre eux derrière le méat auditif externe.

Le sphénoïde postérieur touche un peu dans la j tempe au frontal. Le sphénoïde antérieur y re- I monte aussi très-haut ; et dans les adultes, lorsque ■j les mâchelières sont descendues, et que les maxili laires ne sont plus boursouflés, il a en dessous une < partie comprimée par laquelle il s’unit aux maxil- ; laires et aux palatins, et qui forme entre le fond ! des deux orbites une cloison simple, percée même 1 de plusieurs trous.

Dans les oryctères , les sutures supérieures du j crâne sont à peu près comme au castor ; seulement dans la grande espèce les temporaux sont plus larges en avant, et y entament le frontal en avant du pariétal. [L’inter-pariétal est de forme ovale.] Il y a au temporal, derrière l’arcade, une forte échancrure qui n’est pas fermée par le rocher. [Maiscetos remplit, au contraire, une autre échan- ! erure profonde qui se trouve au bord externe de i l’occipital. L’apophyse para-mastoïde est élargie en une lame saillante.]

Le sphénoïde antérieur qui paraît peu dans l’orbite forme aussi en dessous une lame simple, mais qui n’est pas percée. [Le sphénoïde postérieur ne remonte pas dans la tempe, mais un grand prolongement du frontal descend s’unir à lui au niveau dû bord~de la facette glénoïde. Il envoie aussi une apophyse s’articuler à la fois au palatin et au maxillaire.]

Dans l 'ondatra et les rats d’eau , les pariétaux sont comme enclavés en forme de disque au milieu deiJHemporaux. Le temporal a même une partie saillante que l’on prendrait pour l’apophyse postorbitaire du frontal : cette dernière, en effet, n’existe pas. [ Les frontaux soudés entre eux bien avant les pariétaux sont fort réduits par l’extension du temporal et l’étroitesse de l’espace inter-orbitaire.] L’inter-pariétal reste longtemps distinct ; il est lort grand [ et est engagé entre les deux pariétaux, les deux temporaux et l’occipital. ]

Le sphénoïde postérieur s’unit dans la tempe, où il remonte bien plus que dans l’oryclère, au

temporal et au frontal. Le pariétal est bien loin de l’atteindre. [La caisse est saillante et s’appuie en arrière sur une apophyse para-mastoïde bien marquée. Sa suture avec le rocher reste longtemps visible. La partie occipitale du rocher ne forme point de tubercule, mais elle échancrc profondément l’occipital.

Dans les rats proprement dits , les frontaux, qui restent plus longtemps séparés, se distinguent des pariétaux par une ligne droite transversale. Leur inter-pariétal est un rectangle transverse [qui n’atteint pas aux temporaux. Le sphénoïde postérieur ne monte pas dans la tempe plus haut que l’antérieur; il s’y unit au frontal, mais reste fort loin du pariétal.

Dans les gerbilles , la suture fronlo-pariélale est en arc de cercle. L’inter-pariétal est grand transversalement; sa suture avec les pariétaux est presque droite, et il est embrassé en arrière et sur les côtés par l’occipital. Le temporal sur les côtés du crâne est très-réduit; en avant, il touche au frontal au bout de la suture fronto-pariétale ; en arrière, il continue la suture qui, descendant de l’angle de l’inter-pariétal, marque l’union du pariétal avec l’occipital. Celui-ci, fortement échancré par le rocher devenu vésiculeux , sépare ce dernier os de l’inter-pariétal par une sorte de languette quadrilatère. Dans l’orbite, les connexions des os sont comme aux rats. Les caisses sont extrêmement vésiculeuses et proéminentes; elles bornent en arrière la facette glénoïde qui est en sillon enfoncé. De petites apophyses paramastoïdes s’appliquent contre elles.]

Dans les hamsters, l’inler-pariétal n’est qu’un petit triangle. [Le temporal s’agrandit aux dépens du pariétal ; il s’étend en arrière jusqu’à l’occipital. Les ailes orbitaire et temporale des sphénoïdes se comportent dans l’orbite comme dans les rats : ils n’ont point en dehors des condyles d’apophyse para-mastoïde.

On peut en dire autant des loirs et lérols. Mais leur inter-pariétal est allongé transversalement, et à sou angle externe viennent aboutir et se toucher l’occipital, le pariétal et le temporal; de plus, le sphénoïde postérieur ne vient toucher au maxillaire que par sa pointe. Une petite languette du palatin les sépare en bas.] Ces animaux ont l’arcade moins abaissée et plus large que les hamsters. Leurs caisses sont beaucoup plus grandes, bien arrondies, et touchées par les apophyses ptérygoïdes internes.

Dans le spalax , l’occipital est flanqué par les rochers et les temporaux pour former la face occipitale, mais la suture occipitale est comme à l’ordinaire en avant de la crête, ce qui rapetisse beaucoup les pariétaux. Cette disposition est corrélative à la force des muscles relevcurs de la tête. Les pariétaux échancrent en pointe le fron-.

I al. Les crêtes temporales se rapprochent tout de suite en une seule crête sagittale, et les arcades sont fort saillantes en dehors, ce qui se rapporte à la grosseur des crotapbytcs. 11 n’y a point d’inter-pariétal. Les caisses sont médiocrement bombées.

[Dans le rliizomys de Sumatra, c’est au contraire le frontal qui s’avance en pointe entre les pariétaux, et de plus les temporaux remontant très-haut sur le crâne viennent s’appliquer contre le frontal, en avant de la pointe des pariétaux : on n’y voit pas d’inter-pariétal. Le rocher paraît à la face occipitale. Une apophyse du temporal, qui contribue à la crête occipitale, est engagée entre ce rocher et le tube auditif externe. La caisse est haute et bien arrondie, et séparée du rocher en arrière par une branche de l’occipital, terminée en un tubercule para-mastoïdien.]

Dans les gerboises et dans l 'alactaga, les lignes de séparation des frontaux et des pariétaux forment une croix parfaite. L’inter-pariétal est grand et rhomboïdal. [Dans le second genre, cet os est séparé du temporal par une languette assez large de l’occipital , qui vient s’unir au pariétal comme dans la gerbille. Le rocher occupe un grand espace à l’occiput. Mais dans les gerboises, le grand développement de l’oreille a apporté dans cette partie postérieure du crâne des changements importants. Toute la partie postérieure du temporal est réduite à un filet osseux, mince, appliqué sur la grande vésicule de la caisse et du rocher, et qui contourne le trou auditif. Une autre languette étroite se détache du sommet de l’occipital et vient à angle droit s’unir à ce filet du temporal ; il en résulte un petit espace triangulaire entre le pariétal, l’occipilal et le temporal, où paraît, à la partie supérieure du crâne, cette grande masse vésiculeuse qui en occupe déjà une partie de la base et de la face postérieure. L’apophyse para-masloïde est un petit tubercule appuyé contre la caisse; laquelle borne la facette glénoïde en arrière.

Dans les liélamijs ou gerboises du Cap, on trouve dans la région de l’oreille une disposition analogue à celle du gerboa.] Les rochers remontent à la face supérieure du crâne et y occupent un grand espace entre les temporaux eL l’inter-pariétal , en sorte que les temporaux n’envoient en arrière qu’une languette étroite, qui n’atteint pas l’occipital [et ne se contourne pas comme dans la gerboise. L’absence de toute languette de l’occipital fait aussi que cette portion supérieure du rocher n’est pas partagée en deux comme dans la gerboise. La caisse d’ailleurs est bien moins développée ; auprès d’elle se trouve une apophyse para-masloïde bien marquée. L’inter-pariétal, qui est triangulaire, touche aux pariétaux, aux rochers et à l’occipital. Les lignes de séparation des frontaux et des pariétaux forment une croix. Les premiers sont de

beaucoup plus grands que les seconds. Le sphénoïdeantérieur est percé au fondde l’orbite. L’aile temporale ne remonte pas plus haut que l’orbitaire et reste bien loin du pariétal.]

Dans les écliimys, la ligne qui sépare les frontaux des pariétaux est droite. L’inlcr-pariétal se . soude de bonne heure. Une chose très-particulière aux écliimys , c’est que l’occipital, en descendant latéralement vers l’oreille, se bifurque de manière à enclaver la partie montante de la caisse et du rocher, et à former à lui seul les deux tubercules mastoïdes dont le postérieur lui appartient seul ordinairement.

[Le sphénoïde antérieur donne une aile orbitaire assez allongée ; mais le postérieur est presque exclu de la tempe et de l’orbite, par la longueur de la suture temporo- frontale dans cette région. On ne le voit guère qu’à la base du crâne.] La facette glénoïde est en sillon tout à fait libre en arrière.

[Dans le capromys, la bifurcation de l’occipital a également lieu , mais ses deux branches se rejoignent plus bas, de manière qu’il ne reste qu’un trou médiocreoù se voit le rocher. L’aile orbitaire du sphénoïde est aussi moins apparente.]

Dans le porc-épic commun, les frontaux sont fort élargis en avant entre les lacrymaux. Les jeunes sujets ont un grand inter-pariétal demiovale; mais cet os, les pariétaux et les frontaux s’unissent promptement en une seule pièce; ils s’unissent même assez vite avec les deux os du nez, de sorte que ces sept os n’en font qu’un , et s’unissent même aux temporaux et à l’occipital, bien avant que les os de la face se soudent. Le rocher ne se montre presque point en arrière; il forme seulement un petit tubercule enchâssé entre deux pointes de l’occipital, [dont l’inférieure est, comme nous l’avons déjà dit , l’analogue de l'apophyse mastoïde du temporal, et forme en dehors des condyles une large apophyse para-mastoïde.]- Le sphénoïde postérieur .ne monte pas dans l’orbite et ne dépasse pas la hauteur de l’antérieur; celui-ci parait aussi fort peu.

Dans Vurson, les frontaux, les pariétaux, l’iuterpariétal qui est très-grand et divisé en deux daus les jeunes sujets, les temporaux, l’occipital eL le sphénoïde, sont réunis en une seule pièce, que les rochers et les caisses, et les autres os de la’facc sont encore distincts. [Le rocher échancre un peu l’occipital, mais sans que celui-ci se bifurque; il ne donne qu’une apophyse para - mastoïde médiocre.

Dans le coendou, les pariétaux s’avancent par une pointe arrondie entre les frontaux; leursuture entre eux, et avec l’inter-pariétal et l’occipital, est effacée. La caisse est très-renflée. Le rocher paraît à peine à l’occiput.

Dans le couia, les sutures, entre les pariétaux

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

et les frontaux, forment une croix parfaite. L’inter-pariétal s’unit de bonne heure; mais clans les jeunes, il est très-grand et composé de deux pièces. Les pariétaux y ont aussi de fortes bosses pariétales. Dans l’adulte, les apophyses zygomatiques du temporal se redressent à leur point en un fort crochet que contourne en dessous le jugal. Le sphénoïde postérieur ne paraît pas dans l’orbite. Le rocher se voit à l’occiput, entre les apophyses mastoïdes qu’il sépare et qui sont toutes deux de l'occipital, mais de longueur bien inégale; la plus externe est pointue; l’inférieure et interne est beaucoup plus considérable, dirigée en bas et en dehors, comprimée, pointue et recourbée.]

Dans Vagouti, les frontauxet nasaux restent distincts, que déjà les pariétaux et l’inter-pariélal sont unis en une seule pièce. Cet inter-pariétal est grand et demi-circulaire dans les jeunes sujets. [L’aile orbitaire du sphénoïde paraît largement dansl’orbite, où elle s’articule en arrière avec le temporal. Dans les genres précédents, c’était au contraire l’union du sphénoïde postérieur avec le frontal qui s’interposait entre le temporal et l’aile orbitaire.] Les caisses sont régulièrement bombées. Le rocher ne parait point à l’occiput, mais seulement un peu derrière la caisse, au-dessus de l’apophyse para-masloïde qui est médiocre. L’occipital avance en dessus, au-devant de la crête du même nom, laquelle, par conséquent, lui appartient tout entière.

Dans le paca, [les frontaux sont très-allongés. La suture avec les pariétaux est transversale.] Le temporal se porte en arrière jusqu’à la crête occipitale, et descend derrière la caisse sur la base de l’apophyse mastoïde dont la pointe appartient à l’occipital. [Les connexions des sphénoïdes dans l’orbite sont comme dans l’agouti] ; mais les caisses sont moins saillantes, et les crochets des ailes ptérygoïdes n’y touchent pas. Dans les fœtus et les très-jeunes sujets, il y a deux pariétaux et deux inter-pariétaux; mais ces quatre os s’unissent de bonne heure en une seule pièce. Les caisses, plus bombées et plus grandes à proportion, sont encore touchées par les crochets ptérygoïdes.

Dans les cochons d’Inde , les pariétaux et l’inter-pariélal , qui est grand et demi-ovale, s’unissent de bonne heure en une seule pièce. L’occipilal dépasse la crête dans toute sa partie supérieure ; mais les côtés sont au temporal. Le rocher, qui s’unit de très- bonne heure à la caisse, paraît dans l’occiput par une languette étroite. Les caisses sont très- bombées; mais les apophyses ptérygoïdes n’y touchent pas, parce que l’espace déchiré antérieur, qui est très-grand, les en sépare. Le maxillaire s’articule en arrière, avec le sphénoïde postérieur, par-dessus le palalin, qui ne pénètre point dans la tempe ni dans l’orbite. Le temporal vient, de sa pointe, toucher presque à cette arti-

culation, [de manière qu’on ne voit en dehors qu’une sorte de rondelle du sphénoïde entre le temporal et le maxillaire.] Il arrive aussi de là que le sphénoïde postérieur n’a point d’aile temporale, et n’atteint ni au frontal, ni au pariétal ; [ce que nous avons déjà remarqué dans plusieurs genres précédents.

Dans les kérodons, les frontaux restent séparés quand les pariétaux et l’inter-pariétal sont unis. La suture fronto-pariétalc est transverse. Le bord supérieur de l’occipital se reploie à angle droit en avant comme dans les lièvres, et s’articule sur le côté du crâne avec le temporal; il se termine latéralement par une longue apophyse para-mastoïde grêle et verticale. Le temporal donne en arrière une lame ou apophyse qui descend plus ou moins, selon les espèces, entre la caisse et le rocher. Celui-ci ne paraît pas à l’occiput , mais sur le côté de la tête, au-dessus et en arrière du trou auditif. Les connexions des os dans l’orbite ne sont pas moins remarquables que dans le cochon d’Inde. Le temporal s’est également développé aux dépens du sphénoïde postérieur; mais c’est lui qui vient toucher de sa pointe l’extrémité de l’os maxillaire, et le sphénoïde, qui marche parallèlement au temporal en dedans , s’approche seulement du maxillaire dont il est séparé par l’interposition d’une languette du palatin. Le temporal s’unit d’ailleurs dans l’orbite comme dans les précédents, à l’aile orbitaire.’ Mais de plus on voit ici reparaître une petite portion de l’ethmoïde entre cette aile orbitaire, le frontal, le lacrymal et le maxillaire. ]

Dans le cahiai , [la partie postérieure du crâne et de l’os occipital, et la région inférieure de la tempe, ont de la ressemblance avec celle du kérodon de Patagonie.] L’apophyse para-mastoïde est excessivement longue. Les caisses sont peu volumineuses. Le rocher ne parait nullement dans l’ociput. Les pariétaux s’unissent de bonne heure en une seule pièce avec l’in ter-pariétal ; [ils partagent, par une pointe plus aiguë qu’en aucun des genres précédents, la portion crânienne du temporal en deux branches.] Les frontaux s’unissent aussi d’assez bonne heure entre eux.

[Dans la viscache , la portion écailleuse du temporal est aussi fort échancrée par une poiule du pariétal. La branche postérieure de cette bifurcation, étroite à son origine, va en s’élargissant jusqu’à Ja crête occipitale. L’inter-pariétal et les pariétaux sont unis en une seule pièce. Les frontaux sont distincts, et la suture coronale est transverse. L’apophyse zygomatique du temporal se dirige presque horizontalement en dehors, et cet os demeure fort éloigné du maxillaire ; mais c’est le sphénoïde postérieur qui vient toucher à ce dernier os, en dehors cl u palatin, comme dans le cochon d’Inde , avec cette différence, toutefois,

que le temporal le laisse libre en dehors. Le rocher occupe une grande partie de la (ace occipitale, mais par une surface aplatie; il donne aussi un tubercule mastoïdien h lu base de l’apophyse para-mastoïdc, qui a de la ressemblance avec celle du couia, et qui, se dirigeant d'abord fortement en dehors et en arrière, se recourbe ensuite brusquement en dedans et en avant.

Dans les chinchilla, les connexions des frontaux et des pariétaux, celles du sphénoïde avec le maxillaire el avec le temporal, sonL les mômes que dans la viscache ; mais le grand développement de l’oreille amène des différences à la région postérieure de la tête. D’abord l’apophyse paramastoïde, qui est bien marquée, est appliquée contre les caisses et ne fait pas de saillie en bas. Le rocher n’est point plat à la face occipitale, mais extrêmement renflé ; et ce renflement vient en outre percer la paroi supérieure du crâne sous la forme de deux grandes vésicules, bornées en avant par les pariétaux, en dedans par une lame commune à ceux-ci et à l’occipital, en arrière par une languette transverse de l’occipital, longue et étroite, appliquée conlre le rocher, et en dehors par une autre languette mince el pointue qui termine le temporal en arrière, et vient, au-dessus du trou auditif, s’unir à celle de l’occipital. Nous avons déjà vu d^ns le gerboa une disposition analogue.]

e. Edentés.

Dans l’anau, les frontaux s’unissent promptement; ils contiennent de grands sinus dans les adultes. Les pariétaux s’unissent également de bonne heure, et la suture qui les sépare des frontaux est transversale; ils contiennent aussi des sinus. L’os occipital s’avance par un angle saillant obtus, eu avant de la crête qui est forL émoussée, et il n’y a point d’inter-pariétal (1); mais un jeune individu a un os wormien entre les frontaux et les pariétaux. Les frontaux et les pariétaux occupent à peu près la même étendue. Le corps des sphénoïdes antérieur et postérieur se voient bien à la base du crâne. Ces deux os occupent peu de place dans le fond de l’orbite. L’aile orbitaire de l’antérieur s’y voit à peine, et l’aile temporale du postérieur n’atteint pas au pariétal; le frontal s’unit au-dessus d’eux au temporal. Ce dernier est assez grand , et contient dans la base de l’apophyse zygomatique une cellule qui communique avec la caisse; celle-ci est longtemps réduite à un simple anneau ou cadre du tympan. [La facette glénoïde est descendue dans un plan inférieur à

(i) [V. Cuvier, liech. sur les oss.foss., t. Y, première partie, p. 87.]

la caisse, et elle est par conséquent sans arête en arrière. Elle est d’ailleurs en arc de cercle, à concavité antérieure.] On voit une partie du rocher de chaque côté entre la caisse et le basilaire. " [L’occipital donne en arrière du tympan un tubercule mastoïdien irrégulier plutôt qu’une apophyse.] Tous ces os se soudenL complètement avec l’âge, au point que Ton ne voit presque plus de suture, même à la face.

Dans l’aï, l’apophyse post-orbitaire du frontal est très -peu marquée. [La portion de l’occipital, qui s’engage en avant entre les pariétaux, est beaucoup plus large et moins pointue; elle ne. forme pas non plus d’inter-pariétal.] Il y a des cellules dans le temporal , et de très-bonne heure. La caisse est aussi de bonne heure ossifiée dans toute sa convexité, mais elle laisse toujours une partie du rocher entre elle et le basilaire. Sa saillie limite en arrière la facette glénoïde qui est allongée d’arrière en avant. Il n’y point, ou à peu près point d’apophyse mastoïde. Les sinus frontaux sont grands, mais le sphénoïdal est moindre que dans l’unau. [Le sphénoïde s’unit dans la tempe à une longue pointe descendante du pariétal.] Les os se soudent aussi très-complètement avec l’âge.

Dans l’aï à collier, il n’y a point d’apophysepost-orbitaire. Entre les frontaux et les pariétaux, se voit dans mon échantillon un os wormien rhomboïdal assez considérable. [La portion de l’occipital , qui s’engage en avant de la crête entre les pariétaux , esL triangulaire comme dans l’unau, mais elle est plus large.] Le sphénoïde postérieur occupe dans le fond de l’orbite et dans la tempe un espace beaucoup plus considérable que dans les autres espèces. Le temporal est peu élevé sur le côté du crâne. La caisse s’ossiGe de très-bonne heure.

Dans les lalous en général, les frontaux forment un angle en avant pour joindre les os du nez; les côlés de cet angle s’articulentsur un grand espace avec les maxillaires. La suturepostérieuredes trontaux est transverse et presque rectiligne. Celle des pariétaux avec l’occipital lui est parallèle, et à peu près contiguë à la crête occipitale. [Les pariétaux sont presque carrés.] Je 11e trouve pas d’inter -pariétal. Le temporal et les deux sphénoïdes touchent au frontal dans la tempe et l’orbite. La suture temporo-frontale est surtout considérable, et tient le pariétal très - éloigné du sphénoïde.

Dans Vcticoubcrl, les caisses s’ossifient de bonne heure, et s’unissent promptement au reste du temporal. Le rocher occupe assez de place de chaque côté de l’occiput, qui est plus large que haut. C’est au rocher qu’appartient l’apophyse mastoïde qui est fort petite.

Dans le cabassou , les frontaux sont bombés encore plus qu’à l’cncoubert,[maisils uedesccndcnt

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

pas en pointe entre les os ilu nez comme dans ce i » dernier.]

Dans les tatous cachicames (1), le rocher ne dé- : passe pas la crête de l’occipital, et celui-ci est plus haut que large. L’ossification de leur caisse se réi duit presque pendant toute leur vie à la partie annu- ; Iaire.

Dans le tatou géant, l’apophj'sc post-orbitaire J du frontal se réduit h une légère convexité irrégu- ! Hère. Le temporal forme, avec le rocher en ari rière de l’articulation delà mâchoire, une forte 1 tubérosité que l’on prendrait pour l’apophyse ri mastoïde, et l’occipital donne aussi en dehors de ) son condyle une petite apophyse para-mastoï- ! dienne.

[La facette glénoïde est fort variée. Dans le

■ tatou à sept bandes, elle est plate et sans arête i d’aucune part; elle est plus limitée en dedans et ri en arrière dans le cabassou; dans le tatou géant ,

elle est en forme de sillon longitudinal, enfoncé,

■ et fermé en arrière par la grande saillie de l’apophyse mastoïde ; dans Vcncoubert elle est plus aplatie , et s’enfonce fortement entre l’origine de l’apophyse zygomatique du temporal et le conduit auditif.]

Dans Vorijctérope, le frontal donne une apophyse post-orbitaire assez pointue. La suLure des frontaux avec les os du nez fait un angle en arrière.

[ Celle avec les pariétaux est légèrement festonnée.

! Les pariétaux s’unissent promptement ensemble, et je ne sais s’il y a un inter-pariétal. L’occipital s’avance un peu en avant de la crête. [Les deux ! sphénoïdes montent aussihautl’un quePaulre dans i la tempe et l’orbite. Le postérieur touche, de sa pointe seulement, au frontal, et par un espace médiocre au pariétal ; en dessous, il se soude de bonne heure au basilaire. Le temporal donne une longue apophyse zygomatique grêle et droite.] La facette glénoïde est légèrement concave et oblique; elle n’est pas plus longue que large, [etseulement limitée en dedans par une arête que forment le temporal et le sphénoïde.] La caisse osseuse n’est qu’un anneau interrompu vers le haut. Sa concavité s’étend dans une cellule du temporal ; le sphénoïde y contribue aussi un peu. Le rocher se montre en arrière dans le bas delà crête occipitale. L’apophyse paramastoïde est très-petite, et le trou occipital trèslarge. On ne voit rien de l’ethmoïde dans l’orbite.

Dans les pangolins, [les frontaux sont profondément échancrés par les os du nez.] La suture fronto-pariétale est à peine anguleuse en arrière, mais l’occipitale forme un angle en avant très-sensible entre les bords postérieurs des pariétaux. Je n’ai pas vu d’inter-pariélal. Le sphénoïde anté-

(1) [V. Cuvier, Règne animal, t. I, p. 227.]

(2) [M. Cuvier dit, dans ses Ossements fossiles, t. Y, première partie, p. 99, que le sphénoïde contribue en

rieur, dans la tempe, est loin d’atteindre le pariétal. Le frontal s’articule avec lui et le temporal. Le sphénoïde postérieur n’atteint pas même au frontal; il se termine vis-à-vis la naissance de l’apophyse zygomatique du temporal (2). [La facette glénoïde, petite et ovale, est isolée de toute part, séparée par un enfoncement et de la caisse en arrière, et de l’aile ptérygoïde en dedans, et elle occupe l’angle postérieur de l’apophyse zygomatique du temporal.] La caisse 11c doit s’ossifier que fort tard ; je ne l’ai jamais vue qu’en anneau vésiculeux. On voit beaucoup du rocher en arrière d’elle, mais à la face inférieure de la tête seulement. Au-dessus de cette partie, le temporal est gonflé, et contient une grande cellule qui communique avec la caisse, percé au-dessus des osselets. Ce que la tête du phalagin offre de très-singulier, c’est qu’à la place où devrait être l’os lacrymal, il y a une grande pièce ovale, mais sans aucun trou, que je crois appartenir à l’ethmoïde. 11 11’y a nulle part de trou lacrymal.

Dans le taniandua, les deux pièces du frontal se soudent de bonne heure. La suture fronto-pariétale et l’occipitale ou lambdoïde forment l’une et l’autre un angle obtus : la première en arrière, l’autre en avant; celle-ci est forte en avant de la crête. 11 n’y a point d’inter-pariétal. L’aile temporale du sphénoïde postérieur, quoiqu’elle remonte très-peu dans la tempe et l’orbite, s’articule largement avec le pariétal , parce que ce dernier descend fort bas en avant du temporal. Le sphénoïde antérieur s’articule avec le frontal et se montre peu dans l’orbite. La caisse est médiocrement bombée et se soude de bonne heure avec le reste du temporal. [Celui-ci n’a, pour toute apophyse zygomatique, qu’une petite pointe à peine saillante. Il n’y a pas d’apophyse ni mastoïde, ni para-mastoïde. ]

Dans le tamanoir, les frontaux qui s’unissent de bonne heure donnent en avant une pointe entre les os du nez. Les maxillaires s’unissent ensuite à eux jusqu’aux lacrymaux. Les pariétaux s’unissent aussi de bonne heure ensemble et ne font qu’un os. La suture occipitale forme un angle eu avant, et est bien en avant de la crête du même nom qui appartient en entier à l’os occipital , et ne forme point de lame saillante jusqu’au tubercule para-masloïde. 11 se montre à peine en cet endroit quelque chose du rocher derrière la caisse. Le temporal est peu étendu et surtout peu haut. Son apophyse zygomatique n’est qu’un tubercule. La facette glénoïde estlouL à fait plane. Les deux sphénoïdes présentent peu de différences.

Dans la fourmilier didactgle, la largeur du crâne

cet endroit à la facette glénoïde qui est enfoncée air-devant de la caisse; mais son échantillon était sans doufe mutilé.]

HUITIÈME LEÇON. — OSTÉOI.OGIE DE I.A TÊTE.

tient principalement aux pariétaux. [Les frontaux ont des arcades sourcilières bien marquées.] Les connexions des os sont assez semblables aux précédents. Le sphénoïde antérieur étend beaucoup plus ses ailes orbitaires [qui touchent au pariétal, ainsi que les ailes temporales du sphénoïde postérieur.]

f. Pachydermes.

Dans l 'éléphant, la face antérieure cle la tête au-dessus du nez, est formée parles frontaux et les pariétaux ; elle est concave dans l 'éléphant des In des j convexe et plus courte dans l 'éléphant d’Afrique. Les frontaux s’élèvent peu, en sorte qu’ils forment un bandeau transversal étroit, en forme d’arc de cercle, descendant des deux côtés du nez jusqu’aux lacrymaux. La suture qui dans l’orbite sépare les frontaux des lacrymaux et des maxillaires est presque horizontale. Elle remonte ensuite dans la tempe pour les séparer du temporal, et, reprenant transversalement sous le pariétal, elle leur donne ainsi, sous le côté de la tête, une partie bien plus large que celle qu’ils ont en avant. Le temporal s’élève fort haut, et forme presque toute la partie latérale de la crête occipitale. Il prend de chaque. côlé environ un sixième de la face du même nom. Il donne en dessous de la base de l’arcade, en dehors des ailes ptérygoïdes, une facette glénoïde transversale, convexe d’arrière en avant, courbée en arc concave dans sa dimension transverse, et qui se trouve répondre presque au milieu de la hauteur de la têle. La caisse est plate et située presque verticalement.

L’occipital supérieur s’avance au-dessus de la crête, en sorte qu’il paraît à la face antérieure du crâne; c’est à lui qu’appartient le grand enfoncement dont nous avons parlé. Cet occipital supérieur, les pariétaux, les frontaux et la partie supérieure des temporaux, s’unissent de très-bonne heure pour former une seule calotte recouvrant tout le dessus de la tête. Cette soudure se fait avant même que les occipitaux latéraux soient unis à l’occipital supérieur. Je n’ai point vu d’inter-pariétal. Le basilaire va en montant. La suture qui sépare les deux occipitaux latéraux du supérieur, et qui demeure longtemps visible, est horizontale; celle qui les sépare du basilaire s’efface bien plus tôt. L’apophyse para-mastoïde est presque nulle, placée à l’arrière de la tête,. à la hauteur du trou auditif et du condyle occipital, mais plus près du condyle. Ce qui paraît du sphénoïde antérieur entre les deux palatins est fort petit, et une très-petite portion de cet os, ou l’aile orbitaire, est cachée dans l’orbite, derrière la crête sphéno-frontale. [Quant au sphénoïde postérieur, il donne une longue lame repliée en demi-cornet, qui enveloppe l’extrémité postérieure du maxil-

laire et s’unit dans l’orbite à une crête du frontal; cette lame, qui tient lieu d’aile ptérygoïde externe et d’aile temporale, sera décrite avec les os de la face.]

Dans VhippQpotame , les sutures des frontaux et des pariétaux forment une croix dans les jeunes sujets. L’occipital supérieur avance en angle obtus entre les pariétaux. Il n’y a point d’inter-pariétal.

Le sphénoïde postérieur monte dans l’orbite à peu près autant que le palatin et vient toucher à une pointe du pariétal. L’antérieur y occupe une place au-dessus. Tous deux sont en partie cachés par une crête descendante, qui'conlinue sur le pariétal et sur le temporal dans la tempe celle que le frontal a donnée sur l’orbite.

Ce qu’on voit de l’os tympanique en dessous est une boursouflure irrégulièrement anguleuse, et contient une cellule qui communique par un petit trou avec la véritable caisse, laquelle est fort petite. La suture de l’apophyse zygomatique du temporal avec le jugal est presque rectiligne. Le temporal lui-même s’étend un peu dans l’occiput; mais l’apophyse analogue de la mastoïde, qui est courte et aiguë, et un tubercule mousse qui est au-dessus d’elle, appartiennent à l’occipital.

Dans le fœtus, on voit un peu du rocher entre le temporal eL l’occipital latéral.

Dans le cochon, les frontaux descendent au-devant de l’orbite de plus du quart de la longueur du museau avant de rencontrer les naseaux. [Us touchent ainsi un peu aux maxillaires.] Ils s’unissent de bonne heure ensemble ; les deux pariétaux encore beaucoup plus. Il n’y a pas d’interpariétal.

L’apophyse zygomatique du temporal, [après avoir touché à celle du maxillaire, à la face interne de l’arcade], remonte un peu et s’élève en pointe en arrière au-dessus du méat auditif. Le temporal lui-même s’élève assez haut dans la tempe, où sa suture pariétale est courbe vers le bas. Il prend une partie de l’occiput de chaque côté, et sa suture vient au-devant de la base de l’apophyse para-mastoïde, qui est très-longue et très-pointue. La caisse est un tubercule très-saillant, pointu même, au-devant de cette apophyse; [dans quelques-uns, comme le habiroussa , c’est un long ovoïde comprimé.] Elle reçoit un méat auditif très-long et très-étroit , qui commence très-haut , derrière la base postérieure de l’arcade. Sa cavité est fort petite, et son volume apparent n’est qu’une substance osseuse celluleuse. La caisse est ossifiée de bonne heure dans sa partie convexe; elle me paraît appartenir au temporal : elle ne s’en sépare pas même dans le fœtus, mais le rocher s’en distingue longtemps. Celui-ci ne parait point en dehors.

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

Dans la tempe, le sphénoïde postérieur est presque réduit à la face antérieure des apophyses ptérygoïdes externes. Il s’y articule avec le temporal, ne touche le frontal que de sa pointe, et n’atteint. point le pariétal. L’antérieur y occupe plus d’espace, et cependant il permet au frontal de descendre au-devant de lui jusqu’au palatin, de se recourber même pour entrer dans la voûte du canal sous-orbitaire, entre le maxillaire et le palatin.

Le pécari a les caisses arrondies et celluleuses, médiocrement saillantes ; ses apophyses paramastoïdes très-courtes et dirigées en arrière ; sa facette glénoïde est très -différente de celle du cochon, et cernée en avant et en arrière comme dans certains carnassiers. [Elle est aussi dans un plan inférieur à celui des caisses , tandis que les autres ont la facette glénoïde bien au-dessus du plan de terminaison des caisses.

Dans les phacocliœrcs , les caisses sont petites, terminées en pointe quelquefois très-aiguë, mais leurs apophyses para-mastoïdes sont au moins aussi longues qu’aux cochons proprement dits. La forme étrange de leur crâne fait que l’apophyse post-orbitaire du frontal est plus rapprochée de la pointe que donne le temporal à la base de l’arcade, que de l’apophyse post-orbitaire du

j“SaI- ]

Le frontal n’a presque point de saillie post-orbitaire dans le rhinocéros unicorne des Indes et dans celui de Java; mais dans le bicorne du Cap et dans celui de Sumatra , il en a une immédiatement derrière le lacrymal. La jonction des frontaux avec les pariétaux se fait par une suture transverse : cet endroit est le plus enfoncé dans le bicorne; mais, dans l’unicorne, la partie plus enfoncée est sur le devant des frontaux. La suture occipitale est en avant de la crête du même nom, et je trouve dans mon bicorne du Cap un petit inter-pariétal triangulaire. La suture écailleuse ou la limite du pariétal et du temporal est parallèle à la direction de la face antérieure de la pyramide du crâne. La partie moyenne ou le corps du sphénoïde est étroite et se porte beaucoup plus en arrière que ses ailes ptérygoïdes. [ L’aile orbitaire occupe dans l’orbite un assez grand espace horizontal, la temporale ne remonte pas jusqu’au pariétal. ] La facette glénoïde est transverse, un peu convexe , point limitée en arrière , si ce n’est du côté interne par une grande et grosse apophyse du temporal placée au-dessous du trou auditif, et qui est beaucoup plus saillante que le tubercule placé derrière ce trou, et même que l’apophyse para-mastoïde. Plus de la moitié de l’arcade zygomatique en arrière appartient au temporal, [ lequel s’avance sur le bord supérieur et interne du jugal jusqu’au maxillaire avec lequel il s’articule. ] Le rocher est enfoncé, petit et très-

irrégulier; il est surmonté en dehors par deux énormes apophyses , l’une qui limite en arrière la facette glénoïde à laquelle elle contribue , l’autre qui est l’apophyse para-mastoïde, et qui adhère à la précédente par une grosse tubérosité située à sa base dans les deux unicornes , mais qui en demeure séparée dans les deux bicornes; entre ces deux apophyses , mais un peu plus en dedans, est une autre apophyse courte, dont le bout est creux et reçoit l’os slyloïde.

Le daman a deux frontaux et deux pariétaux. La suture fronto-pariétale forme un angle obtus saillant en arrière [dans le daman de Syrie, mais dans le daman du Cap cette suture est en arc concave en avant. Dans tous les deux ], l’apophyse post-orbitaire supérieure, qui est fort marquée, n’appartient pas au frontal , mais au pariétal. Les sutures tcmporo-pariétales sont presque rectilignes, et montent obliquement en arrière, où elles rencontrent un inter-pariétal assez grand et en demi-cercle dans les jeunes sujets, et qui diminue avec l’âge et devient triangulaire. L’occipital s’élève dans son milieu au-dessus de la crête, n’atteignant que l’intcr-pariélal et presque pas les pariétaux. Les temporaux donnent les côtés de la crête occipitale, [mais ils abandonnent l’occipital au moment où celui-ci forme l’apophyse para-mastoïde , qui est forte et saillante derrière les caisses. Ils donnent en avant du conduit auditif une tubérosité assez saillante. ] La facette glénoïde est plane, étroite, transversale ; un bon tiers en appartient au jugal. On ne voit rien du rocher en dehors. L’aile temporale du sphénoïde postérieur, sans s’élever beaucoup dans la tempe , y touche largement au pariétal; l’antérieur y touche aussi, [ainsi qu’au frontal et au palaLin.] Le basilaire et le sphénoïde sont carénés en dessous.

Dans les tapirs , les frontaux se réunissent de bonne heure en un seul os; ils descendent largement dans l’orbite et dans la tempe, s’y articulent avec la lacrymal, le palatin, les deux sphénoïdes et le temporal. [En avant, ils s’avancent en pointe entre les os du nez, et en descendant sur les côtés au-dessus des orbites ils forment la partie la plus externe du sillon pour les muscles de la trompe.] Les pariétauxs’unissent aussi de très-bonne heure en un seul os; ils sont carrés, fort grands, occupent une grande partie de la crête sagittale. La suture pariéto- temporale est basse et presque rectiligne. [Dans le tapir d’Amérique, elle remonte beaucoup plus obliquement que dans celui dciS'wmalra. Le temporal donne eu arrière une longue apophyse mastoïde, qui s’unit à celle de l’occipital sans descendre autant que cette derrière. A la racine de l’arcade, il donne une lame très-saillante en arrière de la facette glénoïde. Son apophyse zygomatique est très-longue, ctdépasse, à la face

interne de l’arcade , la pointe de l’apophyse malairc il ti maxillaire, sans toutefois y toucher, dans le tapir d’Amérique, mais en s’y articulant dans les deux autres espèces. ] L’occipital supérieur, qui reste longtemps distinct des deux latéraux, avance fort au delà de la crête occipitale, et celle-ci y forme de chaque côté une pointe. Le rocher parait un peu en avant de la crête, entre le temporal eL l’occipital qui s’unissent au-dessus et au-dessous de lui. [L’os de la caisse ne paraît jamais bien se souder avec les os voisins, et tombe aisément. L’aile orbitaire est assez grande. La temporale est. médiocre.] Ni l’une ni l’autre ne va jusqu’au pariétal.

[Dans le cheval, les frontaux restent distincts plus longtemps que les pariétaux ; ils sont fort larges entre les orbites, et s’avancent en pointe entre les pariétaux. Ceux-ci donnent sur les côtés ducrâneunepointequiéchancrc très-profondément la portion écailleuse du temporal. L’apophyse zygomatique de ces os a, à sa base, une partie saillante en dessus et en arrière, comme dans le cochon Elle constitue l’arcade tout entière, en s’articulant avec l’apophyse post-orbitaire du frontal qui est très-longue; elle va même sous l’orbite au cercle duquel elle contribue, et s’y prolonge derrière le jugal de manière à s’articuler avec le maxillaire, comme dans le cochon et deux espèces de tapirs.] La suture occipitale est fort en avant de la crête du même nom. Néanmoins, il y a encore en avant d’elle un inter-pariétal de figure quadrangulaire que certains liypotomistes ont appelé os carré, et qui se soude de bonne heure en une seule pièce avec les deux pariétaux. Cet inter-pariétal est assez souvent luimême divisé en deux pièces dans le poulain naissant; il est beaucoup trop étroit pour atteindre les temporaux.

Le sphénoïdeantérieur paraît fort peu dans l’orbite. Le postérieur y monte presque aussi haut que le temporal, sans toucher toutefois au pariétal. En dessous, il se prolonge carrément assez en arrière de la région ptérygoïdienne. La facette glénoïde est sous le milieu de l’arcade, convexe, et elle a un tubercule derrière son extrémité interne , mais moindre qu’au rhinocéros. Le méat auditif est derrière ce tubercule et au même niveau. Il reste encore distinct du temporal, lorsqu’il est déjà entièrement soudé à la caisse et au rocher. La caisse est peu saillante et très-irrégulière. Le rocher paraît sur le côté de l’occiput en avant de la base de l’apophyse para-mastoïde qui est longue et pointue , quoique moins qu’au cochon,

g. Ruminants,

Dans le lama, [la suture fronto-pariétale remonte beaucoup entre les pariétaux. Les frontaux,

longtemps distincts, touchent aux maxillaires par une apophyse carrée qui descend entre l’os du nez et le lacrymal.] Les pariétaux s’unissent de bonne heure en un seul os bien plus long que large, et dont la suture postérieure reste cependant au-devant de la crête occipitale ; [ils descendent très-bas dans la tempe, à la rencontre du sphénoïde. L’occipital offre en arrière une arête très-saillante. Le rocher l’échancre un peu sur les côtés; il fournit une apophyse para-mastoïde lalcilorrne , large à sa base , et qui intercepte avec le condyle une sorte de fosse profonde. L’aile orbitaire du sphénoïde occupe un assez grand espace dans l’orbite ; elle échancre en hautle frontal, mais ne touche qu’à celui-ci , au palaLin et au sphénoïde postérieur. L’aile temporale a une proéminence descendante; elle est fort petite, et touche de sa pointe au pariétal et au frontal. La suture écailleuse du temporal est arrondie et remonte sur les côtés du crâne ; son apophyse zygomatique est longue, et s’avance en pointe jusqu’au-dessous de l’union du frontal avec le jugal. Elle forme presque à elle seule toute l’arcade. ] Les caisses sont comprimées , mais très-saillantes.

Les chameaux proprement dits ont la crête occipitale encore plus marquée que les lamas, et la suture occipito-temporale fort en avant de celte crête. [Le pariétal descend bien dans la tempe jusqu’à l’aile temporale, mais le frontal en reste très-éloigné; et il s’unit au maxillaire par une suture transversale bien plus étendue que dans le lama. La tubérosité résultant de l’union de la caisse et de l’apophyse para-mastoïde forme en arrière et en dedans de la facette glénoïde , en s’unissant encore à l’apophyse post-gléuoïde du temporal, une haute paroi qui la limite et l’enveloppe pour ainsi dire.]

Dans les chevrotains , [ le frontal touche au maxillaire par une apophyse comme dans le lama.] Le disque pariétal est aussi large en avant qu’il est long. [La suture écailleuse est droite et horizontale. L’apophyse zygomatique du temporal est fort longue, et descend derrière le jugal pour venir s’articuler avec l’apophyse malaire du maxillaire.] Le sphénoïde antérieur est très - considérable; et ce qui est très-remarquable, la partie audessus du palatin est simple et ne forme qu’une seule cloison verticale entre les deux orbites, dans le milieu de laquelle il y a même un espace non ossifié. Il résulte aussi de là qu’on voit au travers des deux trous optiques , lesquels ne sont séparés que par cette lame. Ce sphénoïde antérieurforme presque toute la cloison postérieure de l’orbite, tant il entame sur le frontal dans cette partie. [De plus, entre ce sphénoïde , le frontal et le palatin, on voit une petite lame carrée qui parait appartenir à l’cthinoïde. Le sphénoïde postérieur touche à la pointe du pariétal. Les caisses

ARTICLE DEUXIÈME

l sont très-bombées et celluleuses. En dehors et à la racine de celle-ci est une lacette glénoïde plane, et sans lame descendante du temporal en arrière.

Dans la girafe , les frontaux sont déjà soudés entre eux et avec les pariétaux, cjuc les trois noyaux osseux de cette région, qui constituent la pyramide et les cornes, forment encore des os distincts qui s’appliquent sur le frontal. Celui de la ligne médiane a cela de particulier , que non-seulement il offre l’exemple unique d’un os impair à cheval sur une suture (1), mais que de plus il s’avance deson extrémité antérieure jusque sur le sommet des os du nez. L’union du frontal avec le maxillaire est assez peu étendue comme dans le chevrotain. Le pariétal envoie une longue pointe dans la tempe. La suture écailleuse du temporal est droite et oblique. Son apophyse zygomatique diffère de celle des lamas , en ce que la lame horizontale qui la forme à son origine se relève en se repliant, et vient s’unir au jugal par une suture oblique et assez courte. La facette glénoïde plate et à peu près ovale est bornée en arrière et en dedans par les parois que lui forment le rocher et l’apophyse para-mastoïde. Le rocher, qui donnela plus grande partie de la crête occipitale latérale, paraît à l’occiput. Les caisses sont peu saillantes et terminées en pointe en avant. Le sphénoïde antérieur est uni au frontal dans l’orbite de très-bonne heure. L’aile temporale touche au pariétal et peutêtre au frontal , mais les limites de l’aile orbitaire ne sont plus distinctes.

Dans les cerfs, il est digne de remarque que toutes les sutures qui avoisinent la base des bois, telles que la seconde moitié de la suture frontale, la suture fronto -pariétale, l’occipito -pariétale , forment des engrenures excessivementmultipliées, parce que le poids de ces organes , ou les chocs auxquels ces parties sont exposées, exigeaient que les os y f ussent plus solidement unis. Les frontaux sont très-grands. Les pariétaux, unis entre eux, peu étendus d’avant en arrière, s’avancent entre les noyaux des bois , et surtout les contournent en dehors par une languette qui vient dans la tempe s’unir aux deux sphénoïdes. La suture occipitale est en avant de la crête. Cet os donne en arrière des caisses une apophyse para-mastoïde fort saillante et un peu recourbée en dedans. Le temporal a une portion écailleuse assez étendue et une apophyse zygomatique élargie en lame à sa base, et donne une petite crête descendante derrière la facette glénoïde. Le rocher forme une partie de la crête occipitale et paraîL un peu à l’occiput. Le sphénoïde postérieur, uni au basilaire bien avant de l’être à l’antérieur, a une aile

(i) [Cuvier, Anal, des travaux de V Acad, des sciences, ann. 1827.]

TÊTE DES MAMMIFÈRES

temporale extrêmement courte , et qui touche cependant à la pointe du pariétal. L’aile orbitaire du sphénoïde s’étend dans l’orbite par deux longues branches : l’une, qui remonte en échancrant le frontal et touchant dans ce trajet à la pointe du pariétal; l’autre, étroite, qui s’avance horizontalement entre le frontal et le palatin, et vient jusqu’au bord supérieur du trou analogue du sphéno - palatin toucher de sa pointe 1 aile du vomer qui , dans les écris, vient jusqu à ce boid, et que nous verrons , dans le mouton , s’étendre même un peu dans l’orbite.

Les gazelles diffèrent des cerfs en ce que la suture fronto-pariétale est transverse et en arrière des noyaux osseux. La caisse, volumineuse, demeure assez longtemps distincte du rocher et celui-ci du temporal; le vomer paraît un peu davantage audessus du trou sphéno-palatin.]

Dans le mouton, [les sutures du crâne donnent lieu à la même remarque que dans les cerfs.] Les frontaux s’élargissent de chaque côté pour donner une voûte à l’orbite dont le rebord est circulaire et saillant. Le pariétal forme une large ceinture qui traverse sur le crâne, et se porte obliquement en avant dans la tempe, jusqu’à l’orbite. Dans les très-jeunes sujets, il est divisé en deux et fortement échancré eu arrière par un inter -pariétal demi-circulaire, qui est lui-même d’abord partagé en deux longitudinalement; les quatre os n’en font promptement qu’un seul.

La suture occipitale est en avant de la crête; celle-ci se continue sur les temporaux, et ce qui parait du rocher est tout à lait à la face occipitale. L’apophyse para-mastoïde est longue et pointue. En avant d’elle est la caisse, bombée, comprimée, et terminée en avant par une pointe aigue et saillante. Entre elle, l’apophyse et le condyle, est un enfoncement. Il y en a un autre entre le méat et la facette glénoïde. Celle-ci est large et plane; elle a en arrière un petit rebord saillant.

Le sphénoïde antérieur parait beaucoup dans l’orbite, s’étendant eu dessus dans une échancrure du frontal, après avoir largement touché au pariétal, et se portant en avant au-dessus du palatin jusqu’à celte portion de vomer que nous avons indiquée et qui est ici parfaitement distincte. Le sphénoïde postérieur s’élève dans la tempe jusqu’à toucher un peu au pariétal. En arrière, il se soude de très-bonne heure avec le basilaire, beaucoup plus tôt qu’avec le sphénoïde antérieur.

Dans la chèvre et le chamois, le pariétal forme une ceinture plus large à proportion que dans le mouton, parce que le bord postérieur du frontal recule moins. Dans la première, les deux interpariétaux s'unissent chacun au pariétal de son côté de très-bonne heure, et bien avant que les deux pariétaux se soudent ensemble. Une chose remarquable encore, c’est que l’os ptérygoïdicn, à l’en-

droit où il bouche dans le fond do l’orbite l’intervulle qui resterait sans lui entre le sphénoïde postérieur et le palatin, se soude avec le sphénoïde antérieur plus tôt qu’avec les autres os. Le sphénoïde antérieur lui-même se soude avec le frontal plus tôt qu’avec le sphénoïde postérieur.

[Dans quelques antilopes ( Vont . scoparia , l’ant. margons, l’an/. sylvatica, l’an/, grisea ), entre la facette glénoïde et le méat auditif, la racine de l’apophyse zygomatique du temporal est percée d’un trou, et sa portion écailleuse reste longtemps divisée en deux par une fissure qui part de ce trou et monte s’unir avec la suture temporo-puriétale.]

Dans les bœufs , l’occipital supérieur et les pariétaux s’unissent si vite en un seul os que le veau presque naissant les a déjà en cet état ; mais dans des fœtus peu avancés, on retrouve les deux pariétaux et les deux inter-pariétaux. La suture occipitale reste fort au-dessous de la crête du même nom, ce qui est le contraire des autres ruminants. Le frontal va même jusqu’à cette crête, ce qui forme le principal caractère de la physionomie du bœuf. [Le pariétal s’avance en une languette étroite et plus horizontale que dans le cerf, audessous du "noyau de la corne, jusqu’auprès de l’aile temporale, mais sans y toucher , non plus qu’à l’aile orbitaire.] On aperçoit au bord supérieur du trou analogue au sphéno-palatin une parcelle seulement du vomer [à laquelle touche également le sphénoïde antérieur.] Les caisses se terminent en longues pointes aiguës, et entre elles l’os basilaire a, de moitié avec le corps du sphénoïde, deux fortes proéminences qui se voient aussi dans les chevrotains. L’aile temporale du sphénoïde postérieur, qui dans les genres précédents n’avait qu’une crête un peu saillante, a ici une proéminence forte et aiguë. [La facette glénoïde est plate et transverse, et de la large tubérosité que forment derrière elle le rocher et le temporal se détache une apophyse para-mastoïde qui y était appliquée, et qui est large, contournée à sa base, et dirigée en dedans et en arrière.]

h. Cétacés.

Dans le lamantin, les frontaux envoient chacun une branche qui marche au côté de l’ouverture nasale, s’y unissant obliquement à l’inlcr-maxillaire, et donnant en dehors une apophyse postorbitaire obtuse. L’apophyse zygomatique du temporal est énormément épaisse et haute; le reste de l’os est médiocre. 11 contribue à former les côtés de la crête occipitale, et laisse entre lui et les occipitaux supérieur cl latéral un vide où parait le rocher. Il n’y a dans l’adulte qu’un seul pariétal impair [fortement échancré en avant par la pointe des frontaux], et qui entre largement dans la tempe. Dans le fœtus, il y en a deux complète-

ment séparés par un double inter-pariétal; mais ces quatre os se soudent promptement, non-seulement entre eux, mais, ce qui est plus singulier, avec l’occipital supérieur, avant même que les trois autres parties de l’occipital soient unies. Il n’y a qu’un vestige d’apophyse para-mastoïde.

Les ailes temporales du sphénoïde restent longtemps distinctes; [elles s’unissent dans la tempe à la fois au frontal et au pariétal. ] Le sphénoïde antérieur ne s’y montre que par une languette ' étroite, bien plus courte que celle du palatin. Il n’atteint pas au pariétal, [mais son aile orbitaire est séparée de l’aile temporale par une large pointe du frontal.] Entre le temporal, l’occipital latéral, le basilaire et le sphénoïde antérieur, est un énorme espace rond dans lequel l’oreille osseuse est enchâssée, et non pas simplement suspendue. Les corps du basilaire et des deux sphénoïdes se soudent entre eux et avec la lame cribleuse de l’ethmoïde bien avant que le basilaire ne s’unisse aux occipitaux latéraux.

Dans le dugong, tout le crâne, et particulièrement les os du front, se trouvent pluscourts à proportion que dans le lamatin, à cause de l’énorme développement des inter-maxillaires. [Us ne s’avancent pas en pointe dans le pariétal. ] Leurs branches, qui viennent formerle dessus de l’orbite, sont plus minces et plus rugueuses. L’apophyse zygomatique du temporal est plus mince et plus comprimée. Les connexions des os du crâne sont les mêmes. On observe cette même union préma- A, turée des quatre parties du pariétal avec l’occipital supérieur ; mais à la face inférieure le basilaire s’unit avec les occipitaux latéraux plus tôt qu’avec le sphénoïde postérieur. Le cadre du tympan est aussi plus étroit et plus mince , mais l’os de l’oreille est disposé à peu près de même et enchâssé entre les mêmes os.

Dans les cétacés souffleurs, en général, les sutures qui subsistent après la première jeunesse sont toutes écailleuses.

Dans les dauphins, toute la portion postérieure du crâne, si grande et si bombée, est formée par l’occipital, par l’inter-pariétal et par les pariétaux, qui s’unissent tous de très-bonne heure en une seule pièce; les pariétaux descendent de chaque côté dans la tempe, entre le temporal et le frontal, et ils y atteignent au sphénoïde postérieur. En avant et en dessus, ces pariétaux se terminent derrière la crête occipitale , et les maxillaires s’en rapprochant beaucoup de leur côté, ce qui paraît du frontal à l’extérieur ne représente qu’un bandeau fort étroit, qui traverse sur la tête de droite à gauche, et parait se dilater à chaque extrémité pour former le plafond de chaque orbite; mais quand on a enlevé ce maxillaire qui double en dessus ce plafond et presque toute la face antérieure du crâne, on yoitque le frontal est

ARTICLE DEUXIÈME

fn réalité beaucoup plus large cju’il ne parait à l’extérieur. [Un des os du crâne, dont depuis l’homme et les singes nous n’avons plus retrouvé la trace en dehors que dans quelques cas exceptionnels, l’elhmoïde, reparaît ici, non plus dans l’orbite, mais à la paroi postérieure des fosses nasales, qui sont, comme nous l’avons dit, fort rapprochées du crâne; sa lame cribleuse, mais qui n’a guère que trois ou quatre trous, en forme la face postérieure et verticale, surmontée par les os du nez, qui sont réduits à deux tubercules.]

L’apophyse zygomatique du temporal s’unit à l'apophyse post-orbitaire du frontal, pour limiter l’orbite en arrière; d’où il arrive que toute l’arcade zygomatique proprement dite appartient au temporal. Ce dernier os est un peu étendu dans la tempe, et setermineàla crête temporale, en sorte qu’il ne parait point dans l’occiput. [En dessous, il donne en dedans de la facette glénoïde une lame transverse , mince, plus ou moins isolée, selon les espèces, et qui complète en avant la voûte où est enchâssé l’os de l’oreille. Souvent, et notamment dans le dauphin du Gange , la racine de l’apophyse zygomatique, en arrière de la facette glénoïde, est creusée d’un sinus profond.] En dessous du crâne l’occipital latéral et le basilaire produisent îles lames saillantes qui, s’unissant à la continuation de l’aile ptérygoïdienne et à une lame du temporal, composent une sorte de voûte sous laquelle sont suspendus, par des ligaments, le rocher et la caisse, qui se soudent ou s’engrènent promptement en une seule pièce. C’est le bord postérieur de cette espèce de voûte qui tient lieu de touteapophyse mastoïde. Le pariétal, après avoir passé derrière le temporal, vient prendre part à cette voûte. Le temporal lui-même se trouve donc presque étranger à la composition du crâne, ne servant qu’à boucher quelques petits trous restés au pariétal. C’est un commencement de la séparation qu’il éprouve dans les classes inférieures. Les condyles occipitaux sont grands, mais peu saillants. Le trou, dirigé tout à fait dans l’alignement de la tête, est presque circulaire. Dans le fond de l’orbite, on voit les deux sphénoïdes placés comme à l’ordinaire, le postérieur touchant au temporal , au pariétal et au frontal [par une aile qui est presque entièrement horizontale] ; le sphénoïde antérieur louche au postérieur , au frontal et au ptérygoïdien ; le sphénoïde postérieur se soude au basilaire beaucoup plus tôt qu’au sphénoïde antérieur : je l’y trouve même soudé dans certains fœtus avant tous les autres os.

Dans le dauphin du Gange , la suture de l’occiput avec les temporaux et avec les pariétaux suit la crête occipito-temporale. L’occipital s’avance dans l’espace rectangulaire que forment sur le sommet du crâne les crêtes temporales, pour

TÊTE DES MAMMIFÈRES. 311

s’articuler en avant avec le frontal. Une autre particularité de cette tête , c’est la grandeur de son apophyse zygomatique du temporal, qui est proportionnée à la grandeur de la tempe. Les crêtes du basilaire et des occipitaux latéraux qui bordent au côté interne la voûte sous laquelle est l’oreille sont très-épaisses et hérissées de petites pointes osseuses. Le rocher n’est pas simplement suspendu, il est enchâssé à demeure entre le temporal et les parties voisines de l’occipital.

[Le delphinorhynquo microptère offre ceci de tout particulier qu’outre les différents os que nous venons de décrire dans les dauphins, on rencontre à la base du crâne, enchâssé entre les crêtes de l’occipital et du temporal, un os particulier, arrondi, et qui forme l’extrémité de la tubérosité mastoïdienne. On ne peut guère considérer cet os que comme un démembrement du tempoi’al, et comme l’analogue de l’os mastoïdien.]

Les connexions des os sont dans le narval comme dans les dauphins.

Dans Vhypéroodon, les connexions des os du crâne sont à peu près les mêmes que dans les dauphins. L’apophyse zygomatique du temporal est épaisse. Les pariétaux ne se montrent que trèspeu dans la fosse temporale, qui elle-même est peu étendue en hauteur.

Dans le cachalot , le frontal, après avoir montré entre les maxillaires une partie irrégulière et assez considérable, marche derrière eux, et, se portant de côté, vient former, comme dans les dauphins, la partie principale du plafond de l’orbite; son apophyse post-orbitaire ne joint pas tout à fait l’apophyse zygomatique du temporal, en sorte que le bord de l’orbite est ouvert à cet endroit. Le pariétal paraît un peu dans la fosse temporale, entre le temporal et le frontal. La partie écailleuse du temporal est peu étendue. Sa partie zygomatique est en forme de cône gros et court, et forme seule l’arcade, comme dans les dauphins. L’occipital est vertical et forme toute la face postérieure de la muraille demi-circulaire qui cerne la tête en arrière. Le trou occipital est à peu près au tiers inférieur de sa hauteur. Le bord inférieur de l’occipital se divise de chaque côté par une échancrure en deux lobes, dont l’externe représente l’apophyse mastoïde.

La région en arrière des narines, dans le dessous de la tête, esL fort raccourcie en comparaison de celle qui leur est antérieure, et dont l’énorme museau fait la plus grande partie. Il résulte de là que le basilaire et le sphénoïde postérieur sont fort courts ; que le sphénoïde antérieur, comme dans les dauphins à museau large, ne se montre en dessous que dans une échancrure du vomer, et parait fort peu vers la tempe, entre le palatin, le ptérygoïdien et l’aile temporale du sphénoïde postérieur. [Celle-ci occupe un assez grand espace en

dehors du ptérygoïdien, entre cet os et le temporal qui double le sphénoïde en dessus.]

Dans les rorquals, le maxillaire ne recouvre le frontal que par une apophyse élroile des deux côtés des os du nez. Toute la partie de l’os qui s’écarte pour former le dessus de l’orbite se voiL à nu, mais les pariétaux viennent la recouvrir dans le haut de la fosse temporale, [ne laissant entre eux et l’apophyse du maxillaire qu’une étroite languette du frontal.] Tout à fait en dehors, le frontal touche d’une part au maxillaire, de l’autre au temporal parses apophyses anté et post-orbitaires, etforme à lui seul le plafond de l’orbite. [Dans les baleines proprement dites , cette portion transverse et externe du frontal est plus étroite; et les apophyses du maxillaire et du pariétal, ne se dépassant pas mutuellement, ne la recouvrent pas dans une aussi grande étendue, et laissent voir plus largement la continuité de l’os.] L’occipital s’avance entre les pariétaux, formant une surface plane et même un peu concave, et il recouvre le milieu du frontal jusque près des os du nez, de sorte qu’à la base du nez le frontal ne se montre presque pas à l’extérieur.

Cet occipital est plus convexe de toute sa partie supérieure dans les baleines propres, moins oblique et de forme demi-ovale. Sur son milieu, dans les rorquals, est une arête longitudinale légèrement saillante. Dans ceux-ci, toute l’arcade zygomatique proprement dite, qui est fort grosse, appartient au temporal : sa facette glénoïde est presque verticale et regarde en avant. Dans les baleines le temporal demeure trausverse, et sa partie zygomatique ne se recourbe pas en avant. La facette glénoïde est aussi beaucoup moins verticale que dans le rorqual.

Lesos de l’oreille situés au fond d’un grand sinus sont fort petits à proportion, et de forme ovale et également convexe dans leur face inférieure. [Le rocher s’engage par une pointe étroite et longue que l’on distingue à l’extérieur, entre le temporal et l’occipital.] La région basilaire est courte et creusée en canal : en avant du basilaire et entre les ptérygoïdiens, on voit le corps du sphénoïde postérieur.

i. Monotrèmes.

[Dans les écliidnês, les deux frontaux paraissent sous la forme d’un bandeau assez étroit entre les os du nez et le pariétal. Ils descendent sur le côté des os du nez pour former ensuite la plus grande partie de la paroi de l’orbite. Le pariétal, qui est unique, semble à l’extérieur constituer presque toute la calotte du crâne; il recouvre en avant une bonne partie des frontaux par une longue suture écailleuse, de sorte que le frontal contribue à la boite du crâne beaucoup plus qu’il ne le parait à

l’extérieur : dans l’orbite, le, frontal est séparé du maxillaire par une longue pointe du palatin. On voit bien les quatre parties de l’occipital. Il n’y a point de vestige d’inter-pariétal, et la place que cet os occupe d’ordinaire est ici la portion la plus solidement ossifiée de toute la paroi du crâne. Le bord supérieur du trou occipital offre une petite échancrure arrondie. Latéralement, en dedans de celte large portion de l’os que nous regardons comme le jugal et qui s’épanouit sur le côté de la tête, le Ironlal vient s’unir à un os considérable, qui occupe tout le côté du crâne, entre le pariétal en haut et les trois divisions de l’occipital en bas et en arrière. Yu par l’intérieur du crâne, il y donne le rocher, qui est grand, et dont il n’est séparé par aucune suture : cet os nous parait être le véritable temporal, qui n’aurait pour toule apophyse zygomatique qu’un très-petit tubercule près de la facette glénoïde. Le corps du sphénoïde est recouvert par le plancher des narines. L’aile temporale reste longtemps en grande partie membraneuse : l’aile orbitaire parait être située comme à l’ordinaire dans l’orbite, derrière l’union du frontal et du palatin, mais il est difficile de tracer ses limites dans notre échantillon, et de décider s’il n’y aurait pas au-dessus de cet os, entre lui et le frontal, une partie du bord de cette espèce de gâteau que forme l’ethmoïde dans le crâne, et qui viendrait se montrer à l’extérieur.]

Les apophyses ptérygoïdes contribuent à former la cavité de la caisse. Les os tympaniques étaient tombés dans mes échantillons. Cependant on voit derrière les ptérygoïdiens un demi-canal dirigé transversalement, qui parait être la trompe d’Eustache.

Dans l’ ornithorynque, les cavités des caisses sont très-petites, et comme cachées sous une apophyse masloïde en forme de petite crête. [D’ailleurs nos têtes ne laissent voir aucune des sutures des os du crâne. ]

§ 5. Des os de la face cl de leurs connexions.

A. Dans V homme.

Nous avons déjà vu que la face est toute cette partie de la tête située sous la partie antérieure du crâne; sa forme est principalement déterminée par les os de la mâchoire supérieure ou maxillaires ( sus-maxillaires), et c’est par eux que nous allons en commencer la description.

Lorsque les os maxillaires sont réunis, leur base commune représente une parabole. Une suture , qui va d’avant en arrière, divise cette base en deux demi-paraboles. Le corps des os s’élève d’abord sur cette base, en gardant la même courbure ; mais il ne tarde pas à s’élargir sur les côtés cl à s’aplatir par devant. Sa partie supérieure,

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

dont une portion sert de plancher à l’orbite, est plane, presque triangulaire et inclinée en devant et eu dehors. Les bords internes des laces supérieures des deux os ne se touchent pas comme ceux de leur base; ils sont au contraire très-écarlés l’un de l’autre par la fosse nasale. L’angle externe de la lace supérieure dechaquc os maxillaire est encore plus incliné en dehors que le reste : ce qui donne à l’élargissement latéral de ces os une forme pointue. C’est sur celte proéminence externe, appelée apophyse malaire, qu’est articulé l’os de la pommette (os jugal), l’un de ceux par lesquels la lace se joint au crâne.

De l’angle interne et antérieur de cette même face orbitaire de l’os maxillaire, ainsi que du bord antérieur du corps de l’os, s’élève une autre apophyse, appelée montante ou nasale, qui forme le bord interne de l’orbite, et va s’articuler avec une apophyse correspondante de l’os frontal. Entre les apophyses nasales des deux os maxillaires sont placés les deux os du nez, os carrés ou nasaux, qui forment une espèce de chapiteau au-dessus de l’entrée des fosses nasales : voilà l’un des points par lesquels la face s’attache au crâne.

Entre ces planchers des orbites fournis par les os maxillaires est situé l’os elhmoïde. Nous avons déjà vu, à l’article du crâne, que sa lame criblée ferme le frontal entre les deux voûtes des orbites. De chaque bord latéral de cette lame en descend une autre, mince, plane et presque verticale, qui va joindre le bord interne de la face supérieure de l’os maxillaire du même côté, et forme ainsi la paroi interne de l’orbite. On a autrefois donné à cette lame Je nom d’os planum. Entre elle et l’apophyse nasale du maxillaire reste un petit espace fermé par un os mince, appelé unguis ou lacrymal (1).

Par ce que nous venons de dire de l’ethmoïde, on voit qu’il forme le plafond de la fosse nasale. Ce plafond est très-irrégulier. Nous traiterons de ses différentes lames et sinus en parlant de l’odorat. Remarquons seulement ici une lame verticale qui règne longitudinalement le long de sa partie moyenne, et qui, se continuant avec l’os vomer , au moyen d’un cartilage, partage en deux portions presque égales la cavité des narines.

Le sphénoïde contribue à terminer en arrière la cavité des narines, par le moyen de deux apophyses qui descendent presque verticalement de chaque côté de son corps entre les trous ovale et rond : on les appelle apophyses ptérygoïdes ; elles

(i) [Le lacrymal 11e forme pas toujours un os unique. Dans un assez grand nombre de cas, M. Rousseau I a trouvé partage en deux parties inégales, même chez des sujets déjà vieux. La plus grande contribue à former la paroi interne de l’orbite; la seconde, beaucoup plus petite, est située en bas et en dehors de la précé-

sont, divisées en arrière par une fosse en deux lames nommées ailes internes et externes, et qui servent à donner attache à quelques muscles.

Entre le bord antérieur de celte apophyse et le bord postérieur île l’os maxillaire supérieur, du même côté, est situé l’os du palais ou palatin, petit os composé de deux lames ou parties principales ; une inférieure horizontale, qui se continue avec la voûte du palais et en fait le bord postérieur; l’autre qui monte contre la paroi interne de la fosse nasale, en doublant l’os maxillaire jusqu’à venir s’articuler dans le fond de l’orbite au corps du sphénoïde et à l’os ethmoïde.

On voit à présent comment se fait la jonction moyenne de la face avec le crâne par le frontal, l’elhmoïde et le sphénoïde. Il nous reste à voir comment se fait sa jonction latérale. Pour cet effet, nous n’avons qu’à décrire l’os de la pommette ou l’os jugal.

Il est attaché, comme nous l’avons vu, sur l’apophyse malaire. Sa face externe présente quatre bords. Premièrement, celui par lequel il s’attache à celte apophyse, et qui forme une suture oblique sur le devant de la face et sous l’œil ; secondement , celui par lequel il achève avec le frontal et le maxillaire de compléter le cadre antérieur de l’orbite. Il se joint dans cette partie au frontal par une apophyse montante , qui correspond à l’apophyse orbitaire interne de ce dernier os. Derrière cette apophyse est une lame qui se porte un peu en dedans et en arrière pour s’unir à une autre que l’os temporal envoie en avant, et forme avec elle une espèee d’anse de chaque côté de la tète, appelée zygoma , arcade zygomatique ou jugule.

[Au bord inférieur du jugal, nous avons trouvé sur deux sujets un os particulier, allongé et aplati, étendu tout le long du bord inférieur du jugal, et s’articulant en avant avec l’extrémité très-saillante de l’apophyse malaire du maxillaire, et en arrière avec l’apophyse zygomatique du temporal, laquelle se trouve ainsi présenter deux sutures, l’une verticale avec le jugal proprement dit, l’autre horizontale avec ce second jugal, et faisant un angle presque droit avec la précédente. Dans les sujets où nous l’avons rencontré, la forme de ce nouvel os, ses connexions avec les os voisins, sa proportion avec l’os malairc proprement dit, étaient les mêmes; et comme nous avons trouvé , ainsi que nous le dirons plus loin , dans certaines espèces de singes une subdivision

dente, sur le plancher de l’orbite; sa face apparente n’a pas plus de deux millimètres d’étendue, mais elle s’enfonce sous l’arête verticale de la première portion, et contribue à former le canal lacrymal. (AT Description d’un nouvel os de la face chez l’homme, par M. E. Rôtisseau, Ann. des se. nat., i Soi). ) ]

parfaitement semblable, nous sommes portés h la considérer autrement que comme une disposition purement accidentelle (1).]

L’apophyse zygomatique do l’os temporal forme h elle seule prés des deux tiers de l’nrcade jugale. C’est sous sa base qu’est creusée la fossette glénoïde qui sert à l’articulation de la mâchoire inférieure.

Nous n’allons dire qu’un mot de celle-ci pour compléter la description des os qui composent la face, nous réservant de la décrire plus en détail en traitant de la mastication. Sa courbure est à peu près la même que celle du bord alvéolaire de l’os sus-maxillaire. Sa surface se continue dons les hommes blancs avec celle de la mâchoire supérieure ; mais, dans les nègres, ces deux surfaces font par devant un angle de 70. Scs parties latérales se prolongent plus en arrière et s’élèvent vers l’arcade zygomatique. Cette branche montante est 5 peu près carrée; son bord supérieur est fortement, échancré : l’angle postérieur est le condyle qui sert à l’articulation; l’antérieur, aplati et pointu, nommé apophyse .coronoïde , donne attache aux muscles qui servent à la mastication.

Les os de la face ne se subdivisent pas dans le fœtus autrement que dans l’adulte, si ce n’est la mâchoire inférieure qui est partagée dans son milieu. Mais lemaxillaire supérieur, qui est toujours divisé en deux dans les animaux, ne l’est point dans le fœtus humain. On n’y voit, comme dans l’adulte, qu’une légère fissure partant de chaque cOtéde l’os incisif, mais ne s’étendant pas jusqu’au bord du palais; une autre fissure, qui disparait dans l’adulte, se rend du bord inférieur et antérieur du canal lacrymal au trou sous-orbitaire, et encore une autre au trou sous-orbitaire supérieur; mais aucune ne divise l’os.

B. Dans les Mammifères.

a. Quadrumanes.

C’est principalement de la forme et de l’étendue des os maxillaires que dépendent celles de la face.

La face des singes ne diffère pas au reste de celle de l’homme par la manière dont elle est

(i) [Nous notons avec soiu ces subdivisions de certains'os de la tête de l’homme, parce que plusieurs travaux modernes sur l’ostéologie comparée de la tête leur donuent de l'importance, et qu’elles permettent de rechercher quelques analogies nouvelles avec la disposition des os des mêmes régions dans certaines classes d’animaux. Par exemple, cette division du jugal en deux parties, l’une que l’on pourrait appeler jugal supérieur ou orbital, l’autre jugal inférieur ou jugal proprement

attachée au crâne, ni par les os dont elle est composée. La grande différence de sa forme provient de ce que les os du palais et les os maxillaires sont plus allongés, à proportion de leur hauteur, et de ce (pie leur partie antérieure, au lieu d’être presque verticale, est plus ou moins inclinée en avant.

Ce qui est le plus remarquable dans le-détail des os de Voranrj, c’est la séparation de l’os maxillaire et de l’intcr-maxillaire par une sulure qui prend au trou incisif du palais, passe entre l’incir sive externe et la canine, et remonte jusqu’assez près de l’os du nez. Cette suture , dont on ne voit même dans le fœtus humain que le commencement inférieur, mais qui est presque générale dans les quadrupèdes , est encore complète dans mon individu. L’os nasal est unique et fort petit ; il ne fait point de saillie , et reste sur le même plan avec la partie voisine des maxillaires.

Dans l 'orang-outang donné par M. Wallich, la suture transverse du palais n’est pas droite, mais fait une pointe en avant.

Si la suture inter-maxillaire a existé dans notre chimpansé , elle disparait très-promptement , car mon individu ne l’a plus, quoiqu’il n’ait pas achevé de changer de dents. Il n’a, comme l’orang-outang, qu’un os du nez. [Un autre individu plus jeune en a deux, mais il n’a pas non plus de suture inter-maxillaire visible à l’extérieur; à la face palatine on en voit encore des traces.]

Dans les gibbons , la suture inter-maxillaire ne monte que jusqu’au quart supérieur de l’ouverture nasale, et non pas, comme dans les autres singes, jusqu’au milieu des os du nez. Ceux-ci sont aussi distincts et aussi forts à proportion que dans l’homme.

Toutes les espèces de guenons , les macaques , conservent longtemps la suture inter-maxillaire, et elle monte constamment jusqu’au milieu de la hauteur des os du nez; mais celle qui sépare les os du nez eux-mêmes disparait promptement ; la sulure palatine est toujours à peu près rectiligne.

11 est des macaques, comme le maimon (S. nemeslrina), où l’os propre du nez ne remonte pas plus haut que les sutures inter-maxillaires, et où les deux maxillaires marchent au-dessus, l’un à côté de l’autre, jusqu’au frontal. [Dans d’autres cas, les deux branches montantes des maxillaires

dit , cette division, disons-nous, expliquerait dans les mammifères autres que l’homme et les singes l'absence de paroi orbitaire externe avec la présence du jugal ; il semble que dans ce cas c’est le jugal inferieur qui persiste, et le supérieur ou l 'orbital qui disparait. D’un autre côté, quand on examine la tête de plusieurs reptiles, on est frappé d’une certaine analogie entre ces deux parties de l’os jugal et les deux os que M. Cuvier a nommés dans les reptiles jugal et frontal postérieur .]

ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES

se rapprochent de meme, mais l’os du nez dépasse de beaucoup la suture inter-maxillaire.

Nous avons retrouvé dans une tète de callilricho la même division du jugal que nous avons décrite dans l’homme. Les rapports de ses deux parties entre elles et avec les os voisins sont les mêmes; seulement la pièce inférieure s’étend beaucoup plus obliquement en arrière, au-dessous de l’apophyse zygomatique du temporal , et prend plus de ressemblance avec le jugal des carnassiers.]

Les maxillaires supérieursdes cynocéphales sont très-développés; leurs joues forment une éminence longitudinale de chaque côté du nez. [L’os propre du nez est fort allongé.]

Parmi les semnopilhèqucs , le nasique , malgré l’énorme proéminence des cartilages de son nez , a, dans l’état adulte, le nasal simple et plat; mais lcstWa tnaura a les nasaux doubles et très-courts, en sorte que l’ouverture nasale remonte assez avant entre les orbites; la suture inter-maxillaire va toucher au frontal. [Les autres espèces de semnopithèques ont aussi le plus souvent les os du nez séparés. On voit fréquemment dans ce genre, et surtout dans le doue , une petite parcelle du cornet inférieur , qui se montre dans l’orbite entre le lacrymal et le maxillaire, et qui parait aussi dans le canal nasal.]

Dans les singes du nouveau continent , les os du nez restenl toujours distincts; ils sont larges dans les alouattes. La suture inter-maxillaire remonte, comme dans les guenons, jusqu’au côLé des nasaux, dans les sapajous, dans 1 e lagothrix, dans les alouatles : au contraire, dans les atàles , le lagolhrix excepté, et dans le saïmiri, celte suture ne remonte que jusqu’au côté de la fosse nasale. [ La suture palatine est le plus souvent parabolique. Dans ces divers genres, les apophyses ptérygoïdes ne se portent pas plus loin en arrière que dans l’homme, mais certaines espèces ont les internes fort réduites. Dans les aloualles en particulier, les apophyses ptérygoïdes interne et externe sont extrêmement rapprochées l’une de l’autre, ce qui produit l’étroitesse de leur fosse plérygoïde : l’externe est dirigée en bas et en dehors, l’interne en arrière.

Deux têtes d'aloualtcs adultes, et une autre plus jeune, nous ont montré de chaque côté cette même division du jugal, en tout semblable à ce que nous avons déjà décrit dans l’homme et dans le callilriche.]

Les ouistitis ont les os du nez distincts, et touchant les inter-maxillaires.

Dans les lémuriens , le jugal n’a point, comme nous l’avons dit, celte aile qui dans tous les singes précédents s’unit à une crête île la grande aile du sphénoïde.

Dans le loris grêle, le museau forme sous les deux énormes orbites un petit cône, dont les

inter-maxillaires, placés dans un plan vertical, font la pointe avec le bout des os du nez, qui sont au contraire presque horizontaux et allongés. Le museau saille en avant des incisives, derrière lesquelles les trous incisifs sont immédiatement, en sorte que les inter-maxillaires n’entrent presque point dans la composition du palais.

[Le loris paresseux, les galagos, présentent les mêmes dispositions , seulement le bout du museau est sur le plan des incisives. ]

Dans tous ces genres , les palatins avancent par une suture parabolique jusqu’au tiers postérieur du palais. Les lacrymaux s’avancent un peu sur la joue.

Dans les makis proprement dits, la suture intermaxillaire parallèle au bord des narines n’atteint pas le quart inférieur du nasal : elle ne prend pas un septième de la longueur du dessous du palais, mais la suture palatine, qui est parabolique, en prend un tiers. Les os lacrymaux sortent en partie de l’orbite, et couvrent un peu du haut de la joue. Les apophyses ptérygoïdes externes donnent de leur bord postérieur une production qui va s’unir à la caisse en laissant un trou voisin de l’issue du trou ovale, ce qui a lieu dans les guenons et non dans les sapajous.

Dans le tarsier, le museau est plus court qu’aux loris, parce qu’il n’avance pas plus que les incisives. [L’ouverture des narines est échancrée audessous des nasaux, et les inter-maxillaires sont proportionnellement plus grands, à cause du volume des incisives. Une partie du lacrymal occupe la joue.] Les apophyses ptérygoïdes externes se joignent au côté externe des caisses.

b. Carnassiers.

La face des carnassiers se distingue de celle des précédents, à l’exception des lumériens, et surtout des makis : premièrement , parce que les apophyses montantes des os maxillaires sont beaucoup plus larges , ce qui repousse les orbites sur les côtés; secondement, parce que leur face orbitaire ne forme point le plancher de l’orbite, mais sa paroi antérieure; troisièmement, parce que l’orbite n’est fermé ni par derrière ni par dessous, et qu’il communique librement avec la fosse temporale : quatrièmement, parce que les os palatins sont très-allongés, et forment une partie considérable de la paroi interne de l’orbite à laquelle l’os elhmoïdc ne contribue pas. Le museau varie aussi par ses degrés d’allongement.

Dans les chauves-souris proprement dites, les os inter-maxillaires varient encore plus que les formes des museaux. Dans les phyllostomcs, les glossopha ges , les noclilions, les molosses, les nyclinomcs, le rhinopomes, ils sont entiers, entourent les côtés de la fosse nasale, et interceptent comme à l’or-

dinaire deux Irons incisifs. Dans les rhinolophoa el les nyoières , ils forment deux petites lames oblongucs , écliancrées en arrière pour les trous incisifs , et suspendues par leur branche postérieure interne à l’os maxillaire, vers le palais.

Dnnslcs vespertilions , ils forment de chaque côté un appendice de l’os maxillaire, qui ne rejoint pas son correspondant il la ligne médiane, en sorte que le museau est échancré par le devant du palais comme à l’ouverture nasale, ou que les narines et le trou incisif ne font qu’une seule et même ouverlurcdans le squelette. Les inégadermes n’ayant aucunes incisives n’onL rien d’ossifié, et toute leur réfjion inter-maxillaire est cartilagineuse. Il n’y a jamais de chaque côté qu’une seule crête ptérygoïde qui se termine entre les apophyses glénoïdes. [Dans le plus grand nombre des chauves-souris, ces croies restent éloignées de la caisse; clans la nodule , le resp. murinus , elles en sont très-rapprochées. La forme du palatin varie avec celle de la région postérieure du palais que nous avons décrite au § 2. ]

Dans les roussettes , il y a deux nasaux, deux inter-maxillaires, dont le bord externe est parallèle à l’ouverture des narines, et qui prennent peu d’espace au palais. Le palatin, au contraire, y en prend deux cinquièmes, et s’étend bien au delà de la dernière molaire : il forme tout le côté inférieur de l’orbite au-dessous du frontal. Le lacrymal s’étend sur la joue, et c’est dans cette partie qu’il est percé de son canal, comme dans les makis. Le maxillaire a une longue apophyse malaire qui va presque toucher l’apophyse zygomatique du temporal; c’est sous ces deux apophyses qu’adhère un jugal étroit, comme dans le hérisson. Les apophyses ptérygoïdes internes, qui forment longtemps des os distincts, sont peu saillantes, et se portent jusque vers la caisse sans y atteindre. Les externes sont beaucoup plus courtes et dirigées un peu en dehors, ce qui est l’inverse des-singes et des makis, et annonce leur disparition dans les carnassiers.

Dans le galéopithèque , l’os jugal fait plus du quart du cercle de l’orbite vers le bas, et le lacrymal en fait un cinquième en avant. Cet os occupe un assez grand espace sur la joue et un plus grand dans l’orbite, où se trouve son canal. Il reste une petite parcelle à peine perceptible d’os planutn dans l’orbite, au point de rencontre du frontal, du maxillaire et du lacrymal. Les os incisifs sont très -larges et remontent jusqu’au milieu des os du nez; mais en dessous ils sont étroits et ne prennent pas un sixième de la longueur du palais. Les palatins le sont encore plus et n’en prennent pas uùhuitième. Les crêtes ptérygoïdes sont fourchues seulement à leur pointe, et se raccourcissent ensuite beaucoup pour atteindre la pointe de la caisse.

Dans h; hérisson, les os du liez sont longs et

étroits ; une pointe des frontaux descend jusqu’au tiers de leur bord externe ; les inter-maxillaires montent jusqu’au milieu, [et leur pointe va quelquefois toucherla pointe des frontaux.] En dessous, leur suture serre de près les incisives ; les lacrymaux s’unissent de si bonne heureaux maxillaires, qu’il est difficile d’en marquer les limites. Les maxillaires ont une grande apophyse zygomatique, ainsi que les temporaux, qui se joignent à eux en , dedans, et le jugal n’occupe qu’un tiers de l’arcade en dehors. Les palatins s’avancent dans le palais, jusque vis-à-vis l’anté-pénultiôme molaire, el chacun d’eux a dans cette partie un long espace membraneux, puis une arête transversc en avant du bord postérieur des narines : ils ne montent presque pas dans l’orbite, mais ils forment en arrière deux crêtes ptérygoïdes bien marquées, que le sphénoïde postérieur prolonge l’une et l’autre pour compléter la fosse plérygoïdienne. Ce dernier a son apophyse ptérygoïde interne terminée parun crochet aigu, qui se soude de très-bonne heure au corps de l’os.

Dans les tonrecs adultes, il n’y a qu’un os nasal, où l’on voit seulement vers le bas une échancrure et un commencement de suture. Les inter-maxillaires atteignent presque de leurs pointes celles que les frontaux envoient des deux côtes du nasal.

Le lacrymal est oblong, avancé sur la joue, et inséré dans une échancrure du maxillaire. L’apophyse zygomatique de celui-ci est une lame courte recourbée en dehors, et je ne trouve aucun os jugal; je n’en ai pas même trouvé de vestige dans des individus disséqués pour le chercher, en sorte qu’il n’y a point d’arcades, ce qui est d’autant plus singulier que le masséler de ces animaux est énorme. Il s’insère par un seul tendon à ce tubercule zygomatique du maxillaire. Les palatins s’élèvent peu dans la tempe. En dessous ils s’étendent par une pointe jusque vers la seconde molaire. [Ils contribuent à former les longues ailes ptérygoïdes.

Dans le desman , la suture inter-maxillaire suit le bord des narines; l’os est trapézoïde et prend le quart du museau. Les os du nez se soudenl de bonne heure.

Les eladohates ont les inter-maxillaires grands; leur suture descend verticalement presque au milieu de l’espace, entre les narines et l’orbite : les os du nez s’élargissent dans le haut, où ils forment avec les frontaux une suture convexe; le lacrymal est allongé de haut en bas, et en partie sur la joue; le jugal s’avance sur l’apophyse du maxillaire pour joindre le lacrymal; il a une apophyse post-orbitaire grêle, et de longueur à peu près égale à celle du frontal à laquelle elle s’unil.

Du rendement quq forment en avant de la caisse le temporal et le sphénoïde se détachent les ailes ptérygoïdes, comme deux petites lamelles sait-

ARTICLE DEUXIÈME

lantes; aussi la fosse ptérygoïde est-elle plus large que profonde.

Les musaraignes manquent de jugal comme le lenrec, mais l’apophyse zygomatique du maxillaire est moins saillante. Du reste, les os clc la face sont tous réunis de si bonne heure dans les musaraignes , les taupes et les genres suivants, qu’on ne peut en tracer les limites; la plupart ont au bout du museau, au bord de l’ouverture des narines, un petitrcnQcmcnt; clans le scalope même; il y a une petite saillie échancrée au-dessus de l’ouverture des narines; et dans la chrysochlore , c’est de chaque côté de celte ouverture que l’inter-maxillaire s’écarte et fait saillie en dehors pour présenter une base plus large à l’attache des cartilages du nez.]

Dans le due;», les deux os du nez, bien distincts, remontent jusque entre les orbites, où ils échancrent les frontaux par une pointe aigue. Les intermaxillaires prennent à peu près au milieu de la longueur des nasaux ; leur suturé marche presque parallèle au bord des narines, passe en avant de la canine, et traverse le palais vis-à-vis le milieu de cette dent. La suture fronto-maxillaire commence au côté de la pointe des nasaux, va en demicercle jusque vers le tiers antérieur du bord de l’orbite, où elle rencontre le lacrymal, qui est presque entièrement dans l’orbite. La face malaire du maxillaire n’est pas saillante, en sorte que l’apophyse zygomatique commence avec le jugal. [Cet os, qui s’articule avec le maxillaire et le lacrymal en avant, ne forme guère qu’une tige étroite, comprimée, plus ou moins recourbée, et s’unit en arrière au temporal par une surface longue, plate, et taillée en biseau.] En dessous le palatin s’étend paraboliquement dans le palais sur un peu plus du tiers de sa longueur ; il prend moitié de la crête ptérygoïde, et occupe un grand espace dans l’orbite, s’articulant avec les sphénoïdes antérieur et postérieur, le frontal et le lacrymal, et faisant disparaître l’os planum, qui est entièrement caché par le palatin et par le frontal. L’autre moitié de la crête ptérygoïde est formée à la face interne et en partie à l’externe, par un os particulier qui représente l’apophyse ptérygoïde interne de l’homme. L’apophyse externe est-réduite à un léger tubercule terminant une lame du sphénoïde postérieur qui embrasse ou double en cet endroit l’os plérygoïdien. Les apophyses ptérygoïdes sont simples, hautes et un peu crochues à leur extrémité, et ne s’étendent pas jusqu’à la caisse. La lame horizontale des os palatins se prolonge en arrière, de façon que la portion du tube nasal située derrière les dents tait plus du quart de tout le palais dans les adultes.

Dans Yours, les inter-maxillaires montent jusqu’aufrontal : le lacrymal est plus petit; [la suture

TÊTE DES MAMMIFÈRES. 317

jugo - temporale moins longue. ] Le tubercule plérygoïdien externe est plus en avant que dans le chien, tout près de la suture avec le palatin , laquelle quelquefois même passe par son milieu.

[Dans les ratons , les benturongs , les coatis , les inter-maxillaires viennent de leur pointe toucher la pointe des frontaux , de façon que le nasal ne touche pas au maxillaire, ou n’y touche que par un très-petil point. Les sutures inter-maxillaires se réunissent à l’angle postérieur des trous incisifs. L’apophyse malaire des maxillaires est bien marquée , et elle supporte un os jugal , qui vient tout le long de son bord supérieur rejoindre le lacrymal , et concourt même , dans le raton , à former le trou sous-orbitaire. Dans celui-ci également, le maxillaire s’articule avec le frontal, en arrière du lacrymal, qu’il sépare ainsi du palatin. L’espace que le palatin occupe dans l’orbite est moins considérable qu’au chien et à l’ours, mais le tube qu’il fournit aux arrière-narines est plus long qu’à ce dernier. Le coati a sur le rebord de l’orbite un tubercule ou crochet dépendant du lacrymal. Dans ces divers genres, le ptérygoïdien, qui s’unit de bonne heure au sphénoïde, termine la crête ptérygoïdienne par un crochet.

Dans le kinkajou , les pointes du frontal sont courtes, mais l’inter-maxillaire remonte jusqu’à lui, et sépare totalement le nasal du maxillaire. Le jugal contribue aussi au trou sous-orbitaire, comme dans le raton.]'

Dans les civettes et zibelhs , dans les geneltcs et le paradoxure, la rencontre du lacrymal avec le maxillaire et le palatin est plus reculée que dans les précédents, et il y a en cet endroit un espace membraneux assez petit. [Les inter-maxillaires et les frontaux se rapprochent par des pointes aiguës ; le palatin se prolonge peu en tube en arrière des dents ; dans 1 c paradoxure, son aile pté— rygoïde se bifurque pour contribuer à la fosse ptérygoïde. ]

Dans les mangoustes , les apophyses post-orbitaires du lrontal et du jugal sont longues et pointues; [il n’y a pas d’espace membraneux au lacrymal. Cet os a aussi un crochet au bord de 1 orbite; crochet qui existe également dans la genette .]

Dans les blaireaux , les grisons, les martes, les inter-maxillaires montent peu et sont loin d’atteindre les frontaux. Ils ont , comme l’ours et le raton, le plafond du palais très-prolongé en arrière des dents. [ Le blaireau a un fort tubercule au lacrymal, lequel s’articule, comme dans le chien , avec le frontal , le maxillaire , le palatin et le jugal, tandis que dans le glouton , le taira eL le ratel , il ne s’articule qu’avec les Irois premiers; le jugal ne s’avance pas jusqu'à lui. Dans le putois, au contraire, il touche au frontal, au maxillaire et au jugal, et non au palatin, parce

que le frontal et le maxillaire s’unissent derrière lui, comme dans le raton et dans l’hyène. Sous ce rapport, et pour l’ensemble des os de la face, les loutres ressemblent au putois : mais leur palais se prolonge moins en tube en arrière. ] Dans tous ces animaux on trouve l’apophyse ptérygoïde interne soudée dès la première jeunesse.

Dans les chats , le jugal est large , comprimé, et surmonté d’une forte apophyse post-orbitaire. Les sutures inter-maxillaires ne vont, comme dans les chiens, qu’à moitié des os du nez. L’os lacrymal a un petit crochet au bord de l’orbite ; tout, le reste de l’os, qui est grand à proportion, est en dedans, et le trou y est percé. [Cependant le même chut de Java j dont l’orbite est complètement fermé, a le lacrymal petit, et le trou y est intercepté entre cet os, le maxillaire et le frontal.] On voiL dans l’orbite une parcelle d’os planum au point de jonction du frontal, du lacrymal et du palatin, comme dans le galéopilhèque. Quelquefois elle ne touche pas le palatin. [ D’autres fois il y en a deux parcelles; l’une en avant, entre le lacrymal et le frontal; l’autre plus en arrière, entre le frontal et le palatin; c’est ce que nous observons dans Un cougouar , et peut-être dans le guépard; d’autres fois enfin il n’y a pas d’os planum du tout, comme dans le tigre, et dans le chat de Java.] Les ailes ptérygoïdes sonL à peu près les mêmes que dans le chien; toutefois l’apophyse interne se soude de suite après la naissance.

Dans l 'hyène, l’apophyse post-orbitaire du jugal saille plus que dans le chien, moins que dans le chat; [mais la suture de l’os avec le temporal est bien plus courte que dans l’un et l’autre. ] L’inter-maxillaire atteint le frontal vers le milieu de la longueur des nasaux. Le maxillaire s’avance entre le lacrymal et le palatin , de manière à toucher au frontal en cet endroit. Près de là, sur sa jonction au lacrymal, reste un très-petit espace membraneux. Ce lacrymal est tout entier dans l’orbite, ainsi que son trou. Il touche un peu en dehors au jugal. Les apophyses ptérygoïdes internes se soudent dès le premier âge ; les externes se réduisent à un petit tubercule.

Dans le phoque commun , et dans le phoca leptonyx, les inter-maxillaires finissent près des os du nez sans même les atteindre. En dessous, leur suture traverse vis-à-vis les canines. [Dans le phoque à crête , ces os demeurent plus éloignés des nasaux, tandis que dans le phoca hispida ils les touchent par un petit espace, et dans le phoque à ventre blanc par un espace plus grand , ce qui rapproche celui-ci des otaries. Mais dans le phoque à trompe les inter-maxillaires n’onL pas de branche montante, et, ce qui est surtout remarquable, on y voit à l’extrémité antérieure des os du nez, d’ailleurs très-courts, la lame verticale de l’ethmoïde qui vient se montrer à l’extérieur cl

s’épanouir en une petite surface rhomboïlale. C’est le seul exemple que nous en trouvions dans les mammifères ; mais on rencontrera cette disposition fréquemftient dans les poissons. Dans tous ces sous-genres de phoques, les os du nez s’enfoncent entre les frontaux par une pointe aiguë. Les maxillaires ont au-dessous du trou sous-orbitaire, à la base de leur apophyse zygomatique, une losse ovale et profonde. Cette fosse manque dans le phoque à ventre blanc et dans le le p tony x, nouveau caractère qu’ils ont de commun avec les otaries. Le maxillaire a aussi dans plusieurs un tubercule saillant sur le bord de l’orbite. Le jugal s’unit au maxillaire par une suture longue et oblique, et qui est un peu en S dans le phoque moine. Dans le leptonyx , la branche qu’il envoie au-dessous de l’apophyse du temporal est notablement droite et longue.]

Dans le phoque commun, les palatins ne dépassent pas en avant la dernière molaire; leur suture y est carrée. [Dans le phoque à crête , la suture palatine est un peu en arrière de la dernière molaire; elle l’est plus encore dans le phoque à trompe et dans le phoque moine; mais dans le leptonyx comme dans les otaries elle s’avance jusqu’à la pénultième molaire.] La partie du palatin dans l’orbite est médiocre. Je n’ai pu découvrir ni os ni trou lacrymal. L’espace membraneux, à la jonction du maxillaire, du palatin et du frontal, est grand et situé fort en arrière. C’est peuLêlre là que devrait se trouver le lacrymal. Les apophyses ptérygoïdes du palatin sont aussi fort en arrière, se glissant sur celles du sphénoïde, qui se soudent très-vile au corps de l’os. Ellesont un tubercule à leur bord antérieur, à l’endroit où elles touchent le bord des narines postérieures. [Dans le phoque à trompe , l’apophyse ptérygoïde interne termine la crête par une apophyse recourbée et très-longue qui n’existe pas dans le leptonyx.

Dans les otaries, les inter-maxillaires remontent jusqu’au milieu des os du nez, et ceux-ci, au lieu de pénétrer entre les frontaux, s’écartent, au contraire , pour loger une pointe de ces os. Les maxillaires n’ont pas de fosse à la base de leur apophyse jugale; maison y voit le tubercule du bord de l’orbite. Le jugal se bifurque en avant pour loger l’apophyse zygomatique du maxillaire. La suture palalo-maxillaire est parabolique, et s’avance jusqu’à la pénultième molaire. Ce qui en parait dans l’orbite est très-diminué par l’espace membraneux de celte partie , qui dans ce genre est bien plus considérable que dans les autres phoques. L’apophyse ptérygoïde interne se termine par un long crochet. Dans l 'otarie à crinière , qn trouve même une apophyse ptérygoïde externe.

Dans le morse , les inter-maxillaires saisis entre les deux renflements des maxillaires m’ont paru

ARTICLE DEUXIÈME

dans de jeunes individus divisés en deux parties, l’une entourant les Lords des narines , l’autre formant les alvéoles. Ceux-ci contiennent deux incisives, dont les intermédiaires très-petites, et les externes placées à la base interne des alvéoles des canines. La suture incisive dans le palais est d’ailleurs comme à l’ordinaire. Les deux os du nez forment, ensemble un carré presque parfait. Il ne se trouve aucun os ni trou lacrymal ; le frontal et le maxillaire forment ensemble une proéminence à l’endroit où il devrait être. Le palatin tient peu de place dans l’orbite. Il ne commence au palais que beaucoup en arrière de la dernière molaire, en sortequele bord postérieurdesnarinesinternes est très-reculé. L’aile ptérygoïde est en forme de crochet et se sépare du sphénoïde.

c. Marsupiaux.

Dans les sarigues, les os du nez s’élargissent dans le haut , de manière à atteindre de chaque côté les lacrymaux ; puis ils forment une pointe entre les frontaux. Les inter-maxillaires ne montent à guère plus du tiers de la longueur des nasaux ; en dessous , leur suture traverse entre les canines. Le lacrymal est assez considérable dans l’orbite, et s’étend un peu sur la joue. L’os maxillaire forme une apophyse obtuse sous la base de l’arcade, mais peu considérable. [Il ne s’articule dans l’orbite qu’avec le palatin et le lacrymal.] L’os jugal s’étend dans l’arcade jusqu’à la facette glénoïde, dont il fait le bord externe et antérieur ; [il donne un petit tubercule post-orbitaire fort avant de s’unir avec l'apophyse zygomatique du temporal, qu’il embrasse par deux branches, et en avant il joint le lacrymal. Le palatin est fort irrégulier dans la grande fosse orbito-temporale. Il y est enchâssé entre l’os ptérygoïdien et le sphénoïde postérieur; il touche par un petit point le sphénoïde antérieur, puis le frontal, le lacrymal et le maxillaire.] En dessous , les deux palatins s’avancent jusque vis-à-vis l’antépénultième molaire , et ont deux grands espaces qui restent longtemps membraneux. L’antérieur, qui est le plus long, s’étend dans la partie palatine du maxillaire. De chaque côté en arrière des molaires , ils forment avec le maxillaire une crête qui est percée d’un trou commun aux deux os. Les ailes plérygoïdes sont simples, formées par le palatin et le sphénoïde, et doublées d’une pièce ptérygoïdienne interne, distincte, en forme de Z, terminée en crochet très-mince , mais plus étendue que celle du chien.

Dans le thylacine , les os du nez s’élargissent moins dans le haut, et restent éloignés des lacrymaux. Le jugal s’étend , comme dans les sarigues, jusqu’à la facette glénoïde; mais il donne, comme dans le chien, son apophyse post-orbitaire à son

tète DES MAMMIFÈRES. 31r»

point d’union avec l’apophyse zygomatique du temporal. [En avant, il touche au lacrymal, et contribue à former le trou sous-orbitaire, ce don, nous avons déjà vu des exemples dans le raton et le kinkajou. Les palatins occupent dans l’orbite' un grand espace quadrilatère, et font la plus grande partie de l’aile ptérygoïde. Le ptérygoïde reste distinct .

Dans les pérantiles, les os du nez sont longs, droits, et fort peu élargis en haut, où ils s’engagent en angle aigu entre les frontaux; ils demeurent très en avant des lacrymaux, dont les sépare une longue suture fronlo-maxillaire. Les intermaxillaires remontent jusqu’à plus de moitié de leur longueur et occupent d’ailleurs un assez grand espace dans le museau. Le lacrymal est en partie sur la joue; le jugal, semblable pour sa partie postérieure à ce qu’il est dans le thylacine, se partage en avant en deux branches qui embrassent l’apophyse jugale du maxillaire. Lu branche supérieure toucheau lacrymal. Cetteapophyse du maxillaire présente une dépression ovoïde, audessus de laquelle la joue est sensiblement renflée et arrondie. Le palatin parait assez semblable à ce qu’il est dans le sarigue.

Dans les dasy ures , les os du nez s’élargissent dans le haut, mais moins qu’aux sarigues, et restent éloignés des lacrymaux; la suture intermaxillaire atteint à plus de moitié deleur longueur: le reste des formes et des connexions des os est semblable à ce qu’offre le thylacine, excepté toutefois que le jugal ne contribue en rien au trou sous-orbitaire.

Dans le dasyure oursin, les os du nez sont également éloignés des lacrymaux : ces derniers os sont grands, occupent un grand espace dans l’orbite et s’avancent sur la joue; sur le bord de l’orbite, au-dessus des trous lacrymaux, ils donnent un tubercule mousse. Le palatin, largement échancré dans le palais par un espace membraneux, s’étend horizontalement dans l’orbite en s’unissantsuccessivement et d’avant en arrière au lacrymal, au frontal, à l’aile orbitaire du sphénoïde et à son aile temporale. L’apophyse ptérygoïde interne, soudée avec le corps de l’os, forme une arête peu saillante. Il n’y a pas d’apophyse externe.]

Dans les plialangers, la suture inter-maxillaire monte presque verticalement un peu au-dessus du milieu des nasaux. En dessous, elle traverse entre les deux canines; les os du nez s’élargissent dans le haut eL touchent les lacrymaux ; ceux-ci avancent peu sur la Joue. [Le maxillaire occupe dans l’orbite un espace plus grand que dans le dasyure, et surtout que dans les péramèles, ce qui y diminue la portion palatine; les connexions de celle-ci y sont toutefois les mêmes. Le jugal est comme au dasyure; seulement sa partie orbitaire est un peu

plus concave, et forme eu Uns, avec l’apophyse malairc du maxillaire, une pclitu apophyse pointue séparée par une voûte de l’arcade dentaire.] Les apophyses ptérygoïdes internes sontplus larges qu’aux sarigues, et se touchent l’une l’autre sous le corps du sphénoïde antérieur, que l’on ne voiL pas à la face inférieure. Il commence à se montrer un vestige d’apophyse ptérygoïde externe en forme de crête.

Dans le phalangor volant, le lacrymal descend davantage dans l’orbite et avance un peu plus sur la joue, sans cependant toucher au nasal; [et il n’y a pas d’apophyse jugo-màxillaire à la racine antérieure de l’arcade zygomatique. ] Les apophyses ptérygoïdes internes ne se touchent pas toujours.

Dans le poloroo, l’inter-maxillairc tient autant de place sur la joue que le maxillaire; le lacrymal s’y avance aussi, sans cependant que le nasal l’y atteigne. [Le maxillaire donne un petit tubercule à la base de l’arcade. Le jù'gal s’articule largement avec le bord antérieur du lacrymal, S’avançant ainsi sur la joue plus que ce dernier os. Au bas de l’orbite, les connexions des os sont différentes de ce que nous venons de les voir. Le palatin, après avoir complété, comme dansl’homme, mais par un point très-petit, le fond de la fosse ptérygoïde, disparaît sur les côtés de l’aile ptérygoïdienne, où l’on voit le maxillaire s’unir directement au sphénoïde postérieur ; puis le palatin réparait plus au fond de l’orbite, entre le maxillaire, le frontal et le sphénoïde antérieur, séparé du lacrymal par l’union des deux premiers. Nous retrouverons dans beaucoup de rongeurs cette uniondu sphénoïde postérieur avec le maxillaire.] Les apophyses ptérygoïdes internes ne se louchent pas, et les externes sont très-marquées.

Dans le kanguroo géant, il y a une longue apophyse du maxillaire à la base de l’arcade. Les suturesinter-maxillairesremontcntau tiers inférieur des os du nez : en dessous, quoique fort en arrière des incisives, elles ne prennent pas le quart de la longueur du palais. Les nasaux s’élargissent dans le haut, mais beaucoup moins qu’aux sarigues et aux phalangers, et les lacrymaux, qui sont d’ailleurs beaucoup plus petits , n’y louchent poinl : ils ne touchent pas non plus aux palatins , et les maxillaires s’avancent entre eux pour s’unir aux frontaux dans l’orbite. [ Le jugal louche en bas au lacrymal, mais ne remonte pas au-devant de lui.] Les palatins en dessous s’avancent jusqu’audevant de la pénultième molaire, où ils se terminent carrément, et ils se compétent au fond de l’orbite comme nous venons de le décrire dans le potoroo. En arrière, ils pénètrent, comme dans l’homme, entre l’apophyse ptérygoïde interne et l’externe , qui reparaît, bien plus développée que dans le phalangcr et dans le kanguroo rat. L’in-

terne reste distincte aussi longtemps que dans le chien. Toutes deux sont plus hautes que longues, comme dans l’homme, et l’extrémité palatine de l’interne se bifurque en deux angles.

[Le koala a les os du nez très-larges, surtout | en arrière; leur largeur réunie est au moins égale ! à leur longueur ; cependant ils ne touchent pas aux lacrymaux. Leur suture avec le frontal est un peu dentelée à son milieu : la suture inter- , I maxillaire monte obliquement jusqu’au frontal, de façon qu’il y a là un point commun d’où rayonnent les quatre sutures qui séparent entre eux l’os du nez, le frontal, l’inter-maxillairc et le | maxillaire : celui-ci donne une forte apophyse jugale. Le lacrymal s’étend un peu sur la joue, et le jugal , dont nous n’avons que la racine antérieure, s’unit à lui. Le palatin remonte obliquement en avant dans l’orbite, sans arriver jusqu’au lacrymal, et en séparant dans tout ce trajet les sphénoïdes du maxillaire. L’os ptérygoïdieri double en dedans l’arête ptérygoïdienne du sphénoïde. 11 est très-mince , s’unit à celui du côté opposé sur la ligne médiane et sur le corps du sphénoïde antérieur, et il paraît un peu au bas de la fosse ] orbilo-temporale , dans un intervalle que laissent entre eux le sphénoïde postérieur, l’antérieur et le palatin. ]

Dans le phascolomc , la suture inter-maxillaire remonte presque jusqu’au frontal. En dessous, elle ne prend qu’un quart de la longueur du palais. Les os du nez s’élargissent dans le haut, de manière à loucher presque les lacrymaux. Le jugal, évidé en dessus pour l’orbite, donne son apophyse post - orbitaire un peu avant de rencontrer le temporal ; il se prolonge en dessous , et contribue à la formation de l’énorme facette glénoïde dont nous avons parlé. La suture jugale avance sur la joue, de sorte que le maxillaire ne se glisse que parun prolongement étroit jusqu’au frontal, entre l’inter-maxillaire, le jugal et le lacrymal. Celui-ci est médiocre , pointu en arrière , et pourvu d’un tubercule très-saillant. Le palatin avance dans le palais jusqu’en avant de la pénultième molaire. Dans la tempe et dans l’orbite, il s’étend comme un ruban étroit et irrégulier qui va toucher à la pointe du lacrymal. Les apophyses ptérygoïdes internes sont grandes et séparées du sphénoïde; elles ne se touchent point en dessous. Les externes sont desarêles courtes, qui interceptent cependant une fosse bien marquée.

d. Rongeurs.

Les os inter-maxillaires des rongeurs, qui sont immenses , à cause de la grandeur de leurs dents incisives , repoussent leurs os maxillaires fort en arrière : ces derniers forment une grande partie de la paroi interne de l’orbite, dans laquelle les

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

os du palais n’occupent qu’un petit espace. [Quelquefois même ils n’y paraissent pas du tout. ] La paroi antérieure est formée par une apophyse de l’os maxillaire qui s’avance pour contribuer à la formation de l’arcade zygomatique; en sorte que l’os de la pommette se trouve suspendu dans le milieu de l’arcade entre l’apophyse du maxillaire et celle du temporal (1). 11 ne se joint point au frontal ni au sphénoïde. L’allongement des os du nez fait aussi que l’ouverture en est placée tout à fait à l’extrémité du museau.

Dans Yayo-ctye, les os du nez sont courts et larges. Les inter-maxillaires remontent le long de leurs côtés [par une large branche qui occupe une partie du museau, comme dans les autres rongeurs,] et ils s’articulent au frontal par une espace assez large; ils touchent aussi au lacrymal qui avance sur la joue, et dont le canal, ouvert entre lui, le maxillaire et le jugal, est hors de l’orbite. [L’apophyse jugale du maxillaire naît vis-à-vis de la deuxième molaire,] et le jugal commence dès la base antérieure de l’arcade. Il s’articule avec le lacrymal en dedans et en dehors de l’orbite, est fort large, et donne une très-grande apophyse post-orbitaire qui s’unit à celle du frontal. Le palatin avance peu dans le palais. Il finit entre les dernières dents par une ligne transverse. La partie palatine des ailes ptérygoïdes est simple. Leur partie sphénoïdale se divise en deux lames, dont l’externe se prolonge jusqu’à la caisse à laquelle elle s’articule, ainsi qu’au bord interne de la facette glénoïde. Dans la tempe, le palatin reste derrière le bord postérieur du maxillaire entre lui et les deux sphénoïdes , ne louchant au frontal que par sa pointe.

Dans les lièvres, [l’inter-maxillaire a, outre sa portion palatine qui est grande, une longue apophyse montante qui s’engage d’abord entre le maxillaire et les os du nez, puis entre ceux-ci et une apophyse du frontal, pour toucher à ce dernier.] Toute la partie du maxillaire qui forme la joue est criblée dans l’adulte de trous qui la font ressembler à une sorte de dentelle. Le lacrymal est assez grand dans l’orbite. En dehors, il fait saillir un crochet obtus sous lequel est le trou lacrymal, dans le bord même de l’orbite. La partie zygomatique du maxillaire est courte. Son bord inférieur iorme une crête un peu saillante en dehors, [et présente une surface aplatie, où vient s’insérer l’une des portions du muscle masséter. C’est cette même partie que nous allons voir dans d’autres rongeurs s’arrondir en une voûte plus ou moins oblique, et dans d’autres se transformer en un vaste anneau.] L’union du maxillaire avec le jugal s'efface si vile, qu’à moins d’examiner de

(i) [Les détails qui suivent montreront que le rôle du jugal n’est pas toujours aussi simple.]

très-jeunes sujets on serait tente de croire qu’il n’y a pas de jugal. Cet os est arqué vers le bas, et dépasse par une apophyse la partie zygomatique du temporal. Outre le plancher dont il couvre les racines des dents, le maxillaire a une lame étroite, qui remonte dans l’orbite jusqu’au frontal, entre le lacrymal cjui en est cependant séparé par un espace membraneux, cl le sphénoïde antérieur. Le vomer parait à la partie postérieure de la cloison qui sépare les trous incisifs. Le palatin occupe sous le sphénoïde antérieur dans l’orbite un espace; beaucoup plus grand que dans les autres rongeurs. En dessous, il s’étend jusqu’à la troisième molaire, et est profondément échancré jusqu’à la quatrième. Scs ailes ptérygoïdes s’unissent bien à la partie impaire ou au corps du sphénoïde antérieur, mais elles sont séparées de celui du postérieur par un espace membraneux de chaque côté. Ce sphénoïde postérieur a de chaque côté deux ailes ptérygoïdes, contiguës l’une et l’autre à celles du palatin. Les internes se terminent en pointe grêle ou par un stylet. Je n’ai pu les voir séparées du reste de l’os.

Dans les layomys, la base de l’arcade donne une apophyse dirigée vers le bas, et le jugal, après avoir dépassé l’apophyse zygomatique du temporal, se prolonge directement en arrière en une très-longue pointe.

Dans la marmotte , les deux nasaux font le milieu de la voûLe supérieure du museau. A leurs côtés, les apophyses montantes des inter-maxillaires, plus larges qu’aux lièvres, vont s’articuler avec le frontal, dont la limite en avant est transversale et seulement un peu festonnée. La face externe du maxillaire est concave sous une crête qui continue en avant celle de l’arcade jusqu’à la suture inter-maxillaire. A partir de cet endroit, cette suture descend verticalement pour embrasser le palais; elle en prend un peu moins du tiers. L’os jugal prend dès la base antérieure de l’arcade, où il s’articule avec le lacrymal aussi bien qu’avec le maxillaire , et se joint à l’apophyse zygomatique du temporal par une suture horizontale qui occupe la seconde moitié de l’arcade, en sorte qu’il va jusqu’à la facette glénoïde et lui sert de bord externe. Le lacrymal est médiocrement étendu dans l’orbite, et presque pas au dehors. [Le petit crochet de cet endroit lui appart.ienl, du moins dans Varctomys monax ; le jugal donne au même endroit un tubercule plus marqué dans la marmotte ordinaire.] Outre son canal, qui est tout à fait dans l’orbite , il y a un petil espace non ossifié entre lui et le maxillaire, trèsprès de 1 ouverture postérieure du canal sous-orbitaire. [Le grand espace qu’occupe le maxillaire dans 1 orbite lient le lacrymal très-éloignc du palatin, avec lequel il s’articule si largement dans les carnassiers.] Le palatin occupe un ciu-

quièmc du palais en arrière. Après avoir fait la racine des ailes ptérygoïdes, il se prolonge entre elles deux jusqu’à peu près moitié de leur longueur; de côté il remonte dans la tempe jusque sous le trou optique, el s’y élargit en arrière jusque dans le trou sphdno-orbi taire; en avant, jusqu’au trou analogue du sphéno-palalin. Celle limite répond au-dessus de la dernière molaire, mais esL tout à fait en arrière de la largeur de l’orbite ; en sorte que le palatin s’étend beaucoup moins dans l’orbite qu’aux carnassiers. L’apophyse ptérygoïde interne ne se détache pas du sphénoïde, et se termine en arrière par un long crochet. L’externe est très-visible, quoique peu saillante; elle couvre le canal vidien, el vient toucher de sa pointe l’extrémité du maxillaire.

Dans l'écureuil, le crochet lacrymal appartient à l’os de ce nom ; [mais il est doublé par un crochet semblable du jugal.] Il n’y a pas d’espace membraneux entre ce lacrymal et le maxillaire. Les productions du palatin dans les ailes plérygoïdes sont plus courtes. [Du reste les rapports des os sont fort semblables à ceux de la marmotte. ]

Dans le castor , l’apophyse post-orbitaire du jugal est grande et obtuse, et toute cette partie de l’os trcs-large. Il occupe la plus grande partie de l’arcade. Les deux nasaux sont plus larges dans leur milieu : les inter-maxillaires et les maxillaires viennent toucher les frontaux. Les lacrymaux sont petits, surtout par leur partie hors de l’orbite, à laquelle viennent toucher les jugaux. [La partie voûtée du maxillaire est fort étendue, et bien circonscrite dans les adultes, en dehors par la crête qui continue le bord inférieur de l’arcade, et en dedans par une autre crête qui naît près du trou sous-orbitaire et remonte sur la joue à la rencontre de la première.] Le palatin prend dans le palais un espace triangulaire jusque vis-à-vis la seconde molaire. Il se termine en arrière entre les deux ailes plérygoïdcs. L’apophyse ptérygoïde externe est médiocre en longueur, presque rectangulaire, et est percée à sa base du canal vidien. Elle s’articule largement avec la partie postérieure du maxillaire, de manière à exclure le palatin de l’orbite et de la tempe. L’apophyse ptérygoïde interne est en forme de crochet, dont la pointe vient toucher celle de la caisse.

Dans les oryctères, le jugal commence au quart seulement de l’arcade, et demeure par conséquent très-éloigné du lacrymal. Les os du nez ne font guère que moitié de la largeur du museau. Le maxillaire y occupe bien moins d’espace; [c’est l’inter-maxillaire qui le forme presque en entier. Ceux-ci remontent sur le front plus haut que les os du nez, ce qui esl le contraire du castor. La concavité du maxillaire sous la base de l’arcadc est réduite à une petite dépression ovale: mais son

apophyse zygomatique est très-longue. C’est cet os et le frontal auquel il s’unit par une longue suture qui constituent à peu près seuls les parois osseuses de l’orbite.] Je ne puis voir de suture lacrymale, quoique le canal de ce nom soit trèsvisible. [Les palatins qui naissent par une pointe aigue entre les arcades dentaires s’élargissent en arrière deccllcs-ci; leurarticulationavec le maxillaire y est interrompue en un point par celle de l’aile ptérygoïde du sphénoïde avec le même os, mais il n’est pas recouvert entièrement par celleci en dehors, comme dans le castor. ] L’apophyse ptérygoïde externe n’a ni crête ni angle saillant. L’interne est comme au castor.

Dans l'ondatra et les rats d’eau, [les os du nez, pointus à leur sommet, s’élargissent en une sorte de ventre à leur extrémité. Les inter-maxillaires prennent moins du museau que les précédents: la voûte oblique à la racine de l’arcade existe, mais elle est isolée de la joue en haut parle prolongement vertical du trou sous-orbitaire. L’apophyse malaire du maxillaire se prolonge au-dessous du jugal, presque jusqu’à celle du temporal, de sorte que ce jugal n’est libre à son bord inférieur que dans un espace fort petit.] Il est loin de remonter jusqu’au lacrymal. Celui-ci ne parait point hors de l’orbite ; il est caché dans le canal sous-orbitaire. [Le palatin pénètre dans le palais jusqu’à la première molaire. ] Il ne paraît pas dans l’orbite ni dans la tempe; le maxillaire s’y unit aux deux sphénoïdes et au frontal jusqu’au lacrymal. Les deux ailes plérygoïdes sont très-prononcées et égales; les internes vont s’articuler aux caisses. Les externes y atteignent aussi, [et par leur bord antérieur elles s’unissent avec le maxillaire. Cette union est peut-être plus étendue encore que dans le castor, et ne laisse rien voir du palatin en dehors.

Dans les rats proprement dits, les os du nez vont aussi en s’élargissant ou en se renflant par le bout, suivant les espèces ; les inter-maxillaires s’unissent au frontal par une suture à dentelures extrêmement fines et nombreuses ; ils ne forment guère que la moitié du museau, en y comprenant la voûte de la racine de l’arcade, qui est ici dirigée beaucoup plus en dehors, et séparée du reste de la joue par un profond sillon. En avant de ce sillon, le maxillaire est creusé en forme de poche. Son apophyse zygomatique est très-longue; l’os jugal court et grêle; le lacrymal est tout entier dans l’orbite : on ne voit de lui, au point de réunion du frontal et du maxillaire sur le bord de l’orbite, qu’un crochet saillant en dedans de ce bord. Le palatin fait la moitié de l’espace entre les trous incisifs et le bord postérieur du palais, et scs ailes plérygoïdes se prolongent aussi beaucoup entre celles du sphénoïde; mais l’aile ptérygoïde externe de ce dernier le recouvre entière-

ARTICLE DEUXIÈME

ment en dehors, pour venir rejoindre le maxillaire comme dans l’ondatra. Cependant il se montre au plancher de l’orbite dans une échancrure du maxillaire.] Les pointes des apophyses ptérygoïdes internes n’arrivent pas jusqu’aux caisses. Il y a entre les deux ailes ptérygoïdes un espace mem- I brancux.

!! [Dans les gerbilles , les os du nez et les intermaxillaires se prolongent en avant un peu au delà des incisives : la suture de l’inler-maxillaireavec le frontal est aussi en dentelures rayonnées : le maxillaire s’élargit en une lame très-mince sur le bord antérieur de l’orbite : et cette lame se continue avec celle que donne eu ce point le lacrymal ; le jugalest très-grêle. Le palatin s’avance dans le palais jusqu’au milieu de la première molaire, en arrière il ne paraît pas dans l’orbite, l’articulation de l’aile ptérygoïde externe du sphénoïde avec le maxillaire le recouvrant en dehors comme dans les précédents. L’apophyse ptérygoïde interne louche à la caisse.

Dans les hamsters, les os de la face sont fort semblables à ceux des rats proprement dits.

Les loirs et les lèrots ont de même que les gerbilles le bout du museau saillant au delà des incisives. L’inter-maxillaire prend une grande partie du museau d’où résulte une branche montante courte : la surface élargie de la racine de l’arcade est dirigée plus en avant. Dans le lêrot, le maxillaire donne au bas du trou sous-orbitaire un petit tubercule saillant qu’on ne voit pas dans le loir. Tous les deux ont un espace membraneux dans chacun de leurs palatins; mais surtout cet os reprend sa place entre le maxillaire et le sphénoïde sur le côté extei-ne de l’aile ptérygoïde; de sorte que le dernier ne touche au maxillaire que par sa pointe à peu près comme dans l’oryctère.]

Dans le spalax, les os du nez se soudent de bonne heure l’un à l’autre sur une partie de leur longueur. Us s’élargissent par en bas, et sont au total plus larges qu’aux oryctères. La branche du maxillaire qui entoure le trou sous-orbitaire est large et mince, [et la suture de cet os avec le frontal sur le front fait un angle presque droit avec la ligue d’unioix du frontal et de l’inter-maxillaire. Le jugal est très-grêle, et ne concourt en rien au cadre de l’anneau sous-orbitaire.] Les apophyses ptérygoïdes externes couvrent presque le trou ovale.

Dans le rhizomys de Sumatra, la suture frontomaxillaire continue la ligne d’union du frontal avec les autres os de la face, et elle est bien plus courte que dans le précédent. Les os du nez sont encore distincts, et les frontaux déjà soudés : ces os du nez sont en ti’iangle. Le lacrymal est tout entier dans l’orbite; le jugal, large, occupe le milieu de l’arcade; le palatin est petit, triangulaire dans le palais; on ne le voit pas dans l’orbite à cause tic l’union de l’aile du sphénoïde avec

TÊTE DES MAMMIFÈRES

le maxillaire, aussi étendue que dans l’ondatra. L’apophyse ptérygoïde interne se prolonge en un long ci’ochet.

Dans les gerboises proprement dites et dans l 'alaclaga, le jugal remonte à angle droil le long du bord postérieur du grand anneau pré-orbitaire jusqu’au lacrymal auquel il s’unit. Dans le gerboa , celte partie est élargie en lame; c’est une simple lige dans l 'alaclaga. Le maxillaire prend, au-dessus du trou sous-orbitaire, la forme d’un grand anneau que l’on pourrait prendre pour un orbite. Le lacrymal forme, au sommet de cet anneau, un cochet dilaté. Les os du nez couvrent tout le museau en dessus et se replient un peu chacun en tube à leur extrémité. La branche montante des inter-maxillaires est fort rétrécie à son origine entre le nasal et le maxillaire, puis elle s’épanouil à sa terminaison près du frontal , avec lequel elle s’unit à la hauteur des os du nez par une suture finement dentelée.

Dans le pœphagomys , le jugal est large; il donne une apophyse post-orbitaire et ne remonte pas le long de l’anneau pré-orbitaire. La face de cet animal offre une singularité remarquable. Un tube cylindrique , courbé en arc, et-qui loge l’incisive, traverse le grand anneau, et vient s’appliquer au bas de l’orbite contre l’arcade dentaire. Dans ce genre, comme dans les précédents, le maxillaire touche au sphénoïde.

Dans Vhélamys, le jugal, plus large, remonte à un peu plus de moitié de l’anneau. Le reste est complété par le lacrymal et même par le frontal.] Le lacrymal ne fait point de crochet. Après s’être montré en dehors sur l’anneau, il occupe un assez grand espace dans l’orbite; mais l’entrée du canal est cachée dans la voûle de l’arc sous-orbitaire. Les os du nez sont singulièrement robustes. [La branche montante de l’inter-maxillaire est, au contraire, très-étroite, même à son union avec le frontal. L’anneau pré-orbitaire est très-grand, et l’apophyse malaire du maxillaire naît tout proche de la suture inter-maxillaire, à quelques lignes en arrière des incisives. Le palatin s’interpose, dans l’aile ptérygoïde , sous la forme d’une véritable rondelle, entre le sphénoïde et le maxillaire.]

Dans les échimys} le jugal est très-long et assez large. Le lacrymal est petit et a un petit crochet. [Le maxillaire donne en dessous , en avant des malaires, une petite fossette et une apophyse malaire à bord large et aplati. L’arc osseux de l’anneau pré-orbitaire est simple , et non doublé en arrière par une apophyse montante du jugal, comme dans les gerboises, ou par cette apophyse montante et le lacrymal, comme dans l’hélamys et la viscache. Le palatin est fort échancré en arrière ; mais il remonte dans l’orbite , et paraît dans l’aile ptérygoïde entre le sphénoïde et le

maxillaire.] Les ailes ptérygoïdes externes ne traversent pas sous le trou ovale.

[Le capramys ressemble beaucoup au précédent; mais il a le jugal plus large et presque rhomboïdal, et le sphénoïde postérieur vient toucher le maxillaire au-dessus de l’union de cet os avec la portion plérygoïdienne du palatin.

Dans le porc - épis commun, les os du nez sont grands et larges, et leur suture avec le frontal remonte beaucoup plus haut que celle des intermaxillaires. Ceux-ci ont une branche montante bien moins étroite que les précédents. Le maxillaire oflre un anneau pré-orbitaire plus large que haut, et dont l’arc inférieur et horizontal est beaucoup plus grêle que le vertical ou postérieur.] Les lacrymaux ont une petite portion en dehors de l’orbite avec un petit crochet , et une autre portion en dedans assez petite aussi. Le jugal est médiocre, plus large en avant qu’en arrière. Le palatin est fort échancré, etn’avance dans l’orbite que par une languette pointue; [mais il sépare complètement le sphénoïde du maxillaire.] Les apophyses ptérygoïdes internes se terminent en forme de crochet , dont la pointe vient s’articuler avec celle de la caisse. Les externes ne forment qu’une barre transverse dans la composition de laquelle le palatin entre pour quelque chose.

Dans le coendou, les os du nez sont courts et aplatis à leur partie antérieure, [remarquablement larges et remontant très-haut. L’anneau pré-orbitaire est plus haut que large. L’apophyse ptérygoïde interne louche à la caisse.

Dans Vurson , l’anneau est plus grand que dans les précédents ; ses deux arcs sont d’égale force; les os du nez courts, d’un tiers moins larges que ceux du coendou, et plats. Dans les deux genres, le lacrymal paraît uni de fort bonne heure avec le maxillaire et le frontal. La suture inter-maxillaire est droite et presque verticale.

Dans le coûta, les os du nez sont larges, allongés ; ils ne remontent pas plus haut que les intermaxillaires. La suture de ceux-ci, avec les maxillaires, est en arc très-arrondi, concave en arrière. Le maxillaire a le bord inférieur de son apophyse malaire très-aplati. L’anneau pré-orbitaire est grand. Le palatin touche bien au maxillaire en arrière; mais au-dessus cl e lui le sphénoïde vient aussi s’y joindre , comme dans l’oryctère et d’autres genres. ]

Dans l 'agouti , le lacrymal , qui est plus grand que dans les genres voisins, contribue à entourer le trou sous-orbitaire dans le haut, en sorte que l’anneau formé autour de ce trou par le maxillaire n’est pas complet; [nous en trouverons encore quelques exemples plus loin. Ce lacrymal descend fort près du jugal sans le toucher. Ce dernier os est assez petit. L’anneau pré-orbitaire est plus

large que haut; et il y a en dedans de lui, sur la joue, au-dessus de la naissance de l’apophyse malaire, un long sinus ovale où aboutit en avant et en arrière un canal arrondi. ] En dessous , le palatin s’avance en pointe jusque vis-à-vis la première molaire. [ Il pénètre dans l’orbite par une languette qui sépare le sphénoïde du maxillaire.] Les ailes ptérygoïdes internes touchent aux caisses par un large crochet. Les externes forment une lame à laquelle le palatin contribue. Il y a un espace membraneux de chaque côté, sur la base de la jonction du palatin et de l’aile ptérygoïde interne.

Dans le paca, la partie maxillaire de l’arcade recèle en dessous un énorme sinus, qui est beaucoup moins profond dans les très-jeunes sujets que dans les adultes. [Ce renflement, qui remplit une partie de l’anneau pré-orbitaire, donne à celui-ci une forme très-allongée transversalement; et c’est vers l’angle interne qu’est creusé un assez long sillon ou demi-canal , qui est véritablement sous-orbitaire. Le lacrymal n’entre que dans le bord postérieur de sa voûte. Le jugal est beaucoup plus haut que large.] Le palatin avance en dessous jusqu’à la première molaire. Dans l’orbite, il est presque caché par la saillie du maxillaire, [mais il s’interpose entre celui-ci et le sphénoïde, au bord postérieur de l’arcade dentaire. ]

Dans les cochons d’Inde, le lacrymal esL grand, mais il ne forme pas tout à fait la racine supérieure de l’anneau pré-orbitaire, et le maxillaire ne s’y interrompt point. Cet anneau est de beaucoup plus large que haut. On y remarque à la fois et le sillon du paca et la fosse de l’agouti ; mais celle-ci est située plus haut, et comme dans les rats. [La branche montante du maxillaire est longue et étroite. Les os du nez sont plus larges en avant qu’en arrière. ] Le jugal commence seulement vers le milieu de l’arcade. Le palatin, qui en haut ne pénètre ni dans l’orbite ni dans la tempe, ne va en dessous que jusqu’à l’intervalle de la secondeet delà troisième molaire. [Le sphénoïde toucheau-dessus de lui au maxillaire, mais seulement par son extrême pointe, le temporal arrivant très-près de cette articulation, comme nous l’avons dit aux os du crâne.

Dans les kérodons, une petite pointe du frontal s’engage en haut entre les os du nez et les intermaxillaires, dont la brauche montante est trèslongue, et, de plus, fort étroite à son origine dans l’espèce du Brésil. Dans cc dernier, l’anneau pré-orbitaire est en ovale allongé transversalement, mais entièrement dans le maxillaire, comme au cochon d’Inde; tandis que dans le kârodon de Patagonie le lacrymal forme presque à lui seul tout l’arc vertical de cet anneau. Aussi cet os estil fort grand. En arrière, le maxillaire vient toucher de sa pointe une longue pointe du temporal

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

j C11 Jehors «lu palatin ; mais celui-ci s’engage entre le sphénoïde et le maxillaire, et remonte dans le fonil de l’orbite, d’abord entre le maxillaire et l’aile orbitaire du sphénoïde , puis entre le frontal j et le maxillaire, et vient enfin s’articuler avec le lacrymal. Dans le palais il est très-profondément a échancré.]

Dans le cabiai , le jugal est encore plus court qu’au cochon d’Inde. [Le lacrymal se montre largement à la racine de l’arc vertical de l’anneau pré-orbitaire, mais il ne contribue pas à former celui-ci. Les os du nez sont très-grands, rectangulaires. La branche montante de l’inter -maxillaire, au contraire, est extrêmement étroite, et ne touche que par sa pointe à une pointe du frontal. L’arc inférieur horizontal de l’anneau est large et aplati, avec une petite fossette à sa base. De même que dans les kérodons , le maxillaire s’articule en arrière avec le temporal, près de la facette glénoïde et en dehors du palatin; mais ce qui distingue le cabiai de ceux-ci , c’est que cette articulation est bien plus étendue, et qu’on ne voit pas en dedans la longue apophyse ptérygoïde et la portion du palatin que nous avons décrite. ] L’aile ptérygoïde externe se trouve effacée. Les apophyses ptérygoïdes internes se terminent par une lame arrondie , qui est bien éloignée de pouvoir toucher aux caisses. [Le palatin avance dans le palais jusqu’à la troisième molaire , et s’interpose en arrière entre le maxillaire et le sphénoïde.

Dans la viscache et le chinchilla, les os du nez sont ovalaires, allongés; les branches montantes des inter-maxillaires, très-étroites à leur origine, s’élargissent près du frontal comme dans les gerboises. Le maxillaire forme en entier dans Lous les deux l’anneau pré-orbitaire, mais dans la viscache l’arc vertical est doublé en arrière comme dans l’hélamys, par une branche montante du jugal, parle lacrymal et par une pointe du frontal. On voit aussi en dedans et en bas de l’anneau un profond sillon presque complètement séparé de celui-ci par une lame verticale comme dans l’alactaga. Dans le chinchilla, le jugal ne remonte pas jusqu’au lacrymal, et on ne voit en dedaus de l’anneau qu’un sillon très-superficiel , et sans lame verticale de séparation. Dans les deux espèces, le palatin est très-profondément échancré ; il s’articule avec le maxillaire , excepté en dehors où une pointe du sphénoïde postérieur vient toucher ce dernier; puis, à cause de l’absence de oute la paroi externe de la fosse ptérygoïde , on

(i) [M. Meckel, après l'avoir observé au Muséum de êaris, l’a trouvé également sur les têtes de sa collection, et il le regarde comme représentant la branche montante de l’os inter-maxillaire; mais il y a plusieurs raisons de douter de cette détermination. Plusieurs animaux

voit le palatin occuper dans le fond de l’orbite un espace assez grand, entre l’aile orbitaire et le maxillaire; mais cependant il ne remonte pas, comme dans le kérodon, entre celui-ci et le frontal pour aller joindre le lacrymal. L’apophyse ptérygoïde interne s’unit largement 5 la caisse.]

e. Edentés.

La face des paresseux est très -courte supérieurement à proportion du crâne; les os maxillaires s’étendent à la face interne des orbites.

Dans l’ unau, les os propres du nez forment une surface presque aussi large que longue, [mais de plus il y a entre eux à leur extrémité antérieure un petit os en losange, libre par deux de scs côtés, et pour lequel ils offrent chacun une échancrure. Cet os que l’on pourrait appeler un internasal demeure longtemps distinct. Il existe dans le plus grand nombre de nos tètes. Dans celles ,où la suture a disparu en dessus, on en voit encore les traces en dessous (1) ]. Les maxillaires sont renflés en avant pour l’alvéole de la canine. De petits inter-maxillaires sans dents n’ont que les deux branches horizontales, et ne remontent point sur les côtés du nez : ils se soudent promptement aux maxillaires. Le lacrymal est petit , sur le bord même de l’orbite. Le jugal y touche par le haut de sa base. [Il touche aussi par un tout petit point au frontal en cet endroit, ce que nous n’avions poinL encore vu, et après s’être courbé pour former le rebord inférieur de l’orbite, il se continue en bas en une large apophyse triangulaire. Il se termine en haut et en arrière par une autre apophyse plus mince, et pointue, qui n’atteint pas jusqu’au temporal.] Les palatins ne s’avancent guère qu’entre les deux dents pénultièmes. Ils occupent peu de place dans le fond de l’orbite, ils forment à peu près un tiers de l’aile ptérygoïde , [où ils sont creusés d’un grand sinus, qui communique par un large trou avec les sinus Sphénoïdaux.] Le reste de l’aile est formé d’une apophyse articulée longtemps sur le sphénoïde, et qui va presque atteindre la caisse. Cette apophyse, ou ce ptérvgoïdien, est renflée, et contient intérieurement des cellules qui coramuniquentavec lessinussphénoïdaux, et par eux avec les arrière-narines.

Dans l’aï, les os du nez sont encore plus courts à proportion de leur largeur : les maxillaires ne se renflent pas, attendu que les canines demeurent toujours plus petites que les molaires : les

manquent de la branche montante, et n’ont pas cet internasal ; et surtout lorsque cette branche montante existe, ce n’est jamais entre les os du nez qu’elle va se placer, mais en dehors do ceux-ci, entre le nasal et le maxillaire.]

inter- maxillaires ont leur brunchc antérieure plus petite , et ne se soudent pas même quand tous les autres os le sont : ils tombcnL aisément dans les squelettes. [L’os lacrymal est petit et fortement embrassé en bas par le jugal, qui s’articule ensuite avec le frontal derrière lui.] Le jugal se porte en arrière plus loin qu’il ne faudrait pour atteindre à l’apopbyse zygomatique du temporal; mais il se dirige plus bas qu’elle et ne la touche pas. Les apophyses ptérygoïdes sont plus saillantes, plus minces que dans l’unau, et ne contiennent point de cellules.

Dans l’aï à collier, les os du nez remontent en pointe entre les frontaux. Le palatin n’occupe qu’une languette étroite dans le fond de l’orbite, et ne contribue que très-peu aux ailes ptérygoïdes. Les apophyses ptérygoïdes, ou les os ptérygoïdes, contiennent des cellules qui communiquent avec la région intermédiaire par un large trou , d’où un large sillon marche le long de leur face interne pour aller gagner un Irou du palatin qui aboutit lui-même dans le sinus du sphénoïde antérieur.

Dans les édentés à long museau, la face est de forme conique; les os maxillaires ne s’étendent point jusqu’aux orbites. L’os lacrymal, étant trèsgrand, les en sépare, et l’os palatin, qui est trèslong, forme seul le bas de la paroi interne de cette fosse.

Dans les tatous, en général , il y a dans les cartilages des narines deux petits arcs osseux qui occupent le bord externe de ces cavités et aidenL à soutenir le boutoir, lorsque l’animal creuse , comme les os en forme de tubercule qui sont dans les phacochæres. Les os du nez avancent au delà du bord des inter-maxillaires , de sorte que ceuxci montent plus ou mois obliquement eu avant. Le jugal s’unit au temporal ; le palatin n’atteint pas le frontal. En dessous, les palaLins prolongent la voûte du palais plus ou moins en arrière. Les apophyses ptérygoïdes internes , les seules qui existent, sont minces, et distinctes du corps du sphénoïde.

Dans l 'encoubert, l’inter-maxillaire , prenant plus d’espace sur les côtés du museau que dans les autres espèces, s’unit au maxillaire par une suLure verticale. [Celui-ci donne une très-longue apophyse malaire. Le jugal est court et presque droit.] Le palatin a son bord postérieur échancré. 11 monte dans l’orbite jusqu’au sphénoïde antérieur; le maxillaire s’y étend aussi jusqu’au frontal. Le lacrymal est petit, placé sur la base antérieure de l’arcade , entre le frontal et le maxillaire (1), et se soude si vile au frontal que sa suture disparait bien avant toutes les autres. Les

(i) [C’est par erreur que dans les Ossements fossiles, t. V, première partie, p. i2î, il est dit que cet os est

apophyses ptérygoïdes sont verticales et terminées en crochet.

Dans le cabassou, la suture inter-maxillaire est oblique et l’inter-maxillaire peu étendu, comme dans le reste du genre. Loin qu’une pointe du frontal avance entre les bases des os du nez, ceux-ci échancrent le frontal en demi-cercle. Le palatin n’est point écliancré, il occupe plus d’espace en arrière [et moins dans l’orbite. L’apophyse malaire du maxillaire est très -courte, et le jugal s’unit au lacrymal, qui est grand.] L’apophyse ptérygoïde est très-petite, en forme de crochet, et promptement soudée avec le corps du sphénoïde.

Les tatous cachicames ont un lacrymal encore plus grand que le précédent, qui occupe sur la joue un espace triangulaire et auquel vient toucher un jugal comprimé et élevé qui se joint à l’apophyse du temporal par une suture presque verticale. Leurs palatins s’engagent par leur bord postérieur entre les deux os ptérygoïdes; et par une de ces exceptions qui viennent toujours détruire les règles en apparence les mieux constatées, leur os maxillaire finit en arrière après avoir donné la base de l’arcade, et l’ethmoïde occupe dans le fond de l’orbite un grand espace qui est ordinairement occupé par le palatin. Les apophyses ptérygoïdes sont pliées de manière que la partie contiguë aux palatins est dans le même plan que ceux-ci , et que le corps de l’apophyse est aplati contre le sphénoïde.

Dans le tatou géant, le lacrymal est fort grand, aussi longtemps distinct que les autres os, et descend assez bas dans l’orbite. [11 s’articule avec le jugal qui est en arc de cercle, et qui s’unit à l’apophyse du temporal par une suture horizontale.] Le palatin occupe dans le palais un espace égal à celui du maxillaire, il est coupé carrément en arrière. Les apophyses ptérygoïdes sont verticales et en crochets.

Dans l 'oryclérope, les inter-maxillaires, quoique sans dents, sont assez grands : ils montent par une suture verticale au cinquième inférieur des os du nez; ceux-ci avancent bien moins que le bord des inter-maxillaires, et sont échancrés dans le bas. Ils s’élargissent beaucoup dans le haut, mais sans atteindre les lacrymaux, parce que les frontaux descendent fort en avant des orbites. Le lacrymal occupe assez de place sur la joue; le jugal est large à sa base, où il termine la joue et s’articule largement avec le lacrymal. Son union avec l’apophyse du temporal se fait au milieu de l’arcade. Les palatins occupent en arrière un espace carré, qui fait à peu près le quart de la voûte palatine, et va jusque vis-à-vis l’auté-pénultième mo-

placé entre le frontal, le maxillaire et le jugal. La Ggurc montre combien le jugal en est éloigne.]

ARTICLE DEUXIÈME

i laire. Le bord postérieur du palais est voisin des , dernières molaires, et renflé en bourrelet comme , dans le sarigue. Le palatin forme encore longi temps une simple crête verticale avant de joindre r, l’apophyse ptérygoïde, qui elle-même est aussi en crête verticale et a sa pointe en crochet. Elle reste longtemps un os distinct. Dans l’orbite, le palatin va atteindre le lacrymal au bord du canal sous-orbitaire. Sa suture avec le frontal, qui est très-longue, et avec les deux sphénoïdes, descend ensuite obliquement. [L’os ptérygoïdien se montre un peu au bas de la fosse orbito-temporale entre le palatin et les ailes des deux sphénoïdes.]

Dans les pangolins, les os du nez sont échancrés à leur bord inférieur, et entrent par le haut dans une échancrure commune des os du front. L’articulation de ceux-ci avec les maxillaires descend obliquement jusqu’à l’orbite, et se continue dans la même direction avec le palatin. L’os maxillaire n’entre pas dans l’orbite, il finit au moment où il donne son apophyse zygomatique qui est courte et pointue; le palatin garnit même un peu la base de cette apophyse. Il n’y pas d’osjugal, et les deux apophyses zygomaliques ne se joignent que par un ligament. 11 n’y a pas non plus d’os lacrymal, ou s’il y en a un, il est extrêmement petit et caché dans le trou de cenom . Les inter-maxillaires sont assez étroits, et montent obliquement jusqu’à moitié de la hauteur des os du nez. Il n’y a pas de dents, mais le maxillaire et le palatin sont renflés le long de leurs côtés, en sorte que le milieu du palais forme un long demi-canal. Les palatins finissent obliquement vis-à-vis la facette glénoïde, et sont continués de là par une aile ptérygoïde du sphénoïde, terminée en un long crochet en dedans du côté interne de la caisse. Il n’y a point d’apophyse ptérygoïde externe; l’interne ne se sépare pas du sphénoïde.

Dans le tamandua, les os inter-maxillaires sont très-minces; leur suture est verticale, et à une ligne du bout du museau. Les os propres du nez sont fort étroits; le frontal s’avance un peu pour les atteindre entre les maxillaires. Ceux-ci finissent à la base de l’arcade, à laquelle ils ne donnent qu’une très-courte apophyse zygomatique qui porte un os jugal, mais trop court pour qu’il atteigne l’apophyse zygomatique du temporal. L’angle de l’orbite est occupé par un grand os lacrymal anguleux, percé de deux trous. Ce que cette tête a de plus extraordinaire, c’est que les palatins se rejoignent l’un à l’autre en dessous sur toute leur longueur, et que leur bord postérieur s’unit en arrière aux apophyses ptérygoïdes internes, lesquelles s’unissent aussi l’une à l’autre en dessous, et continuent ainsi le tube osseux des narines, comme nous l’avons dit. Le palatin s’articule dans la tempe et l’orbite avec le lacrymal et le frontal, par une longue suture hori-

TÊTE DES MAMMIFÈRES

zontale, et avec les deux sphénoïdes. La partie des apophyses plérygoïdcs qui est contiguë à la caisse est renflée, et contient une cellule arrondie et fort grande qui communique avec la caisse par une grande ouverture. En avant de cette cellule, il y en a de chaque côté une autre très grande, commune à l’aile ptérygoïde et au palatin, où elle s’étend jusqu’à son rétrécissement, et qui communique avec le tube des narines par un trou percé au bord antérieur de l’aile.

La prolongation presque monstrueuse du museau du tamanoir est due aux os du nez et aux maxillaires qui forment ensemble un long tube presque cylindrique; les inter-maxillaires sont fort petits. Le lacrymal de chaque côté est grand, et du double plus long que haut, ce qui n’est pas dans le tamandua.Le maxillaire finit sous le devant de ce lacrymal, et est percé à cet endroit, près de son bord, d’un canal sous-orbitaire court. Un petit os jugal s’unit, près de ce canal au maxillaire et au lacrymal. Le palatin occupe dans le palais environ le quart de la longueur du museau. Il se prolonge ensuite en arrière des lacrymaux en continuant le tube des narines, qui est terminé ensuite, comme dans le tamandua, par desapophyses ptérygoïdes qui se rejoignent en dessous. Elles contiennent aussi chacune une cellule globuleuse en communication avec la caisse, mais elles n’ont pas celle qui est au-devant dans le tamandua.

Dans le fourmilier didactyle , l’étroitesse et la brièveté du museau rapprochent les lacrymaux des os du nez. Il y a un petit jugal. Les palatins ne se referment en dessous que sur deux tiers de leur longueur, et là finit le tube osseux des narines. Les apophyses ptérygoïdes ne se renferment pas en dessous , et ne se montrent même que comme deux longues arêtes parallèles et peu saillantes.

f. Pachydermes.

La face de Yélêplinnt a les plus grands rapporls avec celle des rongeurs. La grandeur des os intermaxillaires , la position des maxillaires, celle de l’os de la pommette et ses connexions sont les mêmes. Seulement, la hauteur des alvéoles des défenses a repoussé le nez vers le haut, et en a raccourci les os; ce qui change tout à fait la physionomie de cette tête. Les deux énormes alvéoles des défenses restent séparées par un espace enfoncé; les os du nez, plus larges que longs, forment en commun , au - dessus de l’ouverture des narines, une protubérance mamillaire. Une voûte arrondie sépare les alvéoles des défenses de ceux des molaires. Les os inter- maxillaires remontent de chaque côté du nez jusqu’au côté de la racine du nasal, et ayant, eux-mêmes en dehors la partie descendante des frontaux qui vient border l’orbite en

avant. Le maxillaire s’élève en pointe de manière à toucher aussi un peu cette partie du frontal. La suture qui sépare l’inter-maxillaire du maxillaire descend obliquement le lonpj du côté externe de l’alvcole, tourne ensuite son bord postérieur, et remonte dans l’épaisseur du trou incisif, en sorte que ce trou appartient aux deux os, et que l’on ne voit que du maxillaire à la face postérieure de l’alvéole de la défense, et dans toute cette voûte qui le sépare des molaires. Cependant la défense même est tout entière dans l’inter-maxillaire. Le lacrymal est plus bas que les narines, petit, long; et étroit; dirigé horizontalement entre le frontal et le maxillaire, au bord interne de l’orbite, et il ne touche pas à l’inter-maxillaire ni au jugal. Celui-ci ne commence que vers le bord externe de l’orbite. 11 s’unit ensuite par une longue suture presque horizontale sous l’apophyse zygomatique du temporal, allant aussi en arrière qu’elle, en sorte qu’il règne jusque sous l’oreille. Le palatin avance jusqu’au milieu de l’espace occupé par les molaires; l’échancrure palatine en prend un cinquième. Les ailes ptérygoïdes au lieu de s’étendre en longueur montent presque verticalement , de sorte qu’immédiatement derrière les molaires le palatin est comme enveloppé parla partie plérygoïdienne du sphénoïde qui se contourne en surface conique de manière à embrasser une partie du maxillaire. Elle remonte ainsi obliquement en avant pour se continuer avec la crête du frontal qui sépare l’orbite de la tempe. Il arrive de là que le palatin ne peut se montrer ni dans la tempe, ni dans l’orbite , et qu’il reste excessivement éloigné du lacrymal. Dans les arrière-narines, il monte comme à l’ordinaire, mais par une languette fort étroite. La pointe de cette portion de cône renversé qui tient lieu d’aile sphénoïdale est occupée par une lame qui reste longtemps séparée, et qui est l’apophyse ptérygoïde interne. La partie supérieure ou la base de ce cône est complétée en arrière , au côté interne de la facette glénoïde, par la caisse.

Dans l'hippopotame, les os du nez sont droits, très-allongés, d’abord étroits; ils s’élargissent beaucoup à leur extrémité supérieure , et sont embrassés au-dessous de cet élargissement par les lacrymaux. Les inter-maxillaires remontent obliquement jusqu’au quart de la longueur des nasaux. En dessous, leur suture rentre en angle aigu entre les canines jusqu’au quart de la longueur du palais : ils ne se touchent pas jusqu’au bord des narines , mais il y a là une forte échancrure entre eux. [Ils se renflent en avant en une énorme tubérosité d’où sortent deux incisives; et le maxillaire de son côté se prolonge en avant et en dehors en une longue cl forte apophyse qui contienl la canine. [Il ne forme point de plancher sous l’orbite. Le lacrymal est singulier; sur la joue il

forme une languette oblique plus large vers le bas; la partie étroite contourne le bord de l’orbite où elle a une échancrure, elle forme en dedans de celte cavité une autre languette qui se continué fort avant en passant sur l’ouverture postérieure du canal sous-orbitaire, où elle se termine par un sinus renflé et à cloisons minces. [Le rétrécissement du lacrymal sur le bord de l’orbite est quelquefois porté si loin que le jugal se rap- < 1 proche en ce point du frontal presque de manière à le loucher.] Le jugal avance beaucoup sur la joue, plus bas même que le lacrymal au côté duquel il s’articule. Le palais et les mâchelières se continuent jusque vis-à-vis le milieu de l’arcade j zygomatique. Le palatin y entre par un angle aigu, qui occupe le quart de la longueur jusque j vis-à-vis l’anté-pénultième molaire. Ses proion- ( gements ptérygoïdes font la plus grande partie de l’aile de ce nom, dont la base seulement est formée par le sphénoïde, et dont la pointe est prolongée par une petite apophyseinterne distincte du corps de l’os. Le palatin sépare le sphénoïde du maxillaire, remonte dans l’orbite et s’y porte en avant par une petite languette jusqu’au lacrymal.

Dans les cochons, les nasaux occupent le dessus du museau; ils sont droits, leur base est un peu élargie ; l’autre extrémité s’avance en pointe au-dessus de l’ouverture inasale. Les inter-maxillaires remontent un peu obliquement jusqu’au tiers supérieur de la longueur des nasaux. Dans le bahiroussa, ils vont jusqu’aux trois quarts. Le lacrymal occupe sur la joue un assez grand espace rhoraboïdal. Dans l’orbite même , il descend jusqu’au bord supérieur de la voûte du canal sousorbitaire. 11 y a au bas delà face orbitaire de cet os un creux profond et. sans issue dont j’ignore l’usage. Lejugal s’articuleà toute la largeur du lacrymal ; il est élevé, et après avoir donné l’apophyse post- orbitaire, sa suture avec le temporal descend d’abord et devient ensuite horizontale; [en dedans, une partie de sa surface est recouverte par l’union de l’apophyse zygomatique du temporal avec celle du maxillaire.] Le palais se prolonge un peu derrière la naissance des arcades ; le palatin ne s’y avance que jusqu’au devant de la dernière molaire. 11 se prolonge un peu de chaque côté où il se termine eu forme de tubercule entre les deux ailes ptérygoïdes. Il remonte dans l’orbite, n’y montrant qu'une languette peu large, qui s’enfonce en avant dans la paroi interne du canal sous-orbitaire. Les apophyses ptérygoïdes internes sont distinctes du corps de l’os, hautes et étroites, et terminées eu crochet. Les externes les égalent au moins, font comme toujours corps avec l’os, et se terminent aussi en cochet.

Dans le sanglier à masque, il y a une grosse apophyse élevée au-dessus de l’alvéole de la canine, et remontant obliquement de manière à laisser un

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

canal entre elle et le maxillaire. Elle se termine par un gros tubercule raboteux, et l’os du nez a vis-à-vis un tubercule semblable. C’est à ces deux proéminences qu’adhère le gros mamelon qui donne à cet animal une figure si hideuse. [ Cel te apophyse est déjà assez prononcée dans le sanglier ! commun.

Dans le babiroussa , les alvéoles des canines se recourbent et viennent s’appliquer aux côtés du museau, dont elles sont séparées par un sillon, de manière que ces dents sont dirigées directement en haut.

Dans le pécari , le bord inférieur de l’arcade se continue en une crête qui vient au-dessus et audevant du trou sous-orbitaire aboutir aux côtés du museau. L’alvéoledela canine forme une saillie médiocre, mais elle offre en avant une sorte de petite fossette verticale où vient s’appuyer la canine inférieure. L’apophyse ptérygoïde n’est point terminée en crochet. ]

Les alvéoles des énormes canines des phacochœres forment une saillie conique de chaque côté du museau , lequel est terminé par deux petits os particuliers qui unissent les extrémités des nasaux à celles des inter- maxillaires. [Les lacrymaux, très-allongés , occupent le grand espace qu’il y a entre l’orbite et le sommet des os du nez. Audessous d’eux sont desjugaux très-élevés, trèsobliques en dehors, auxquels est dû l’élargissement de la tête en arrière, et qui ne donnent sous l’apophyse zygomatique du temporal qu’une branche très-courte. ]

Dans les rhinocéros , les os maxillaires se continuent en avant en une apophyse saillante parallèle aux os du nez et forment au-dessous de ceux-ci le plancher des narines. Ils s’avancentsous l’orbite et y donnent un long plancher; [mais leur continuité avec la joue est interrompue par une languette du jugal, qui vient loucher le lacrymal en formant le rebord même de l’orbite. ] Les inter-maxillaires sont très-petits, portés à l’extrémité de l’apophyse antérieure des maxillaires; ils n’ont ni apophyse montante, ni apophyse palatine. Dans Vunicorne des Indes} à leur bord supérieur, est une petite apophyse en lame carrée qui s’élève vers le plafond formé par les os du nez. Ceux-ci sont d’une grosseur et d’une épaisseur dont il n’y a nul exemple dans les autres mammifères; ils forment une voûte qui surplombe sur les os incisifs et qui porte la corne. Lorsqu’il y a deux cornes, celle de derrière est supportée par l’os frontal. Leur face supérieure est grenue dans les adultes , et surtout dans Vunicorne des Indes et le bicorne du Cap. Ils s’unissent aux frontaux par une suture transverse qui va d’un lacrymal à l’autre. Leur suture avec le maxillaire part du même point où la précédente rencontre le lacrymal; elle s’clface de bonne heure. Le la-

crymal avance plus sur la joue dans l’orbite ; il a au bord de cette cavité un crochet, derrière lequel est le trou. Le jugal prend sur les joues où il s’articule avec le lacrymal ; il ne va pas jusqu’à moitié de l’arcade. Le palatin s’avance dans le palais jusque vis-à-vis la quatrième molaire, [par une suture qui est en pointe dans le bicorne du Cap et carrée dans les autres; il remonte dans la fosse lemporo-orbitaire par une languette fort étroite qui sépare le sphénoïde du maxillaire , et se porte ensuite en avant jusqu’au lacrymal.] Les apophyses ptérygoïdes sont courtes dans le sens longitudinal, mais très-hautes dans le vertical , simples et seulement un peu fourchues. Le crochet interne est formé par une petite apophyse ptérygoïde distincte de l’os. Le voiner n’est ossifié que dans sa partie la plus reculée; il n’en reste rien dans les quatre cinquièmes de sa longueur, même dans le rhinocéros parfaitement adulte; cette remarque est essentielle pour la comparaison des rhinocéros vivants avec les fossiles.

Dans le daman , les os du nez sont larges, surtout à leur base, et transversalement convexes; ils se terminent vis-à-vis l’angle des orbites , où ils touchent aux lacrymaux par un point. Les inter-maxillaires , presque carrés sur le côté, remontent au milieu de la longueur des os du nez seulement. Leur suture ne prend pas beaucoup du palais, [mais elle se prolonge en angle aigu eu arrière des trous incisifs. L’os maxillaire passe sous l’orbite, de manière à en former le plancher. ] Le lacrymal est petit, placé dans l’angle même de l’orbite où il donne une pointe saillante; il s’étend peu au dedans de celte cavité. Le jugal commence près du lacrymal sans le toucher, et semble extérieurement constituer presque toute l’arcade. Son apophyse post-orbitaire est fort marquée. Les palatins vont presque vis-à-vis de la quatrième molaire, prenant environ le tiers du palais. Leur échancrure, en arrière, s’avance jusque vis-à-vis de la pénultième molaire. Audessus de l’aile ptérygoïde, le maxillaire, en touchant au sphénoïde, cache le palatin qui réparait dans l’orbite , et s’y avance horizontalement en une languette peu large, mais très-longue , entre l’aile orbitaire, le frontal et le maxillaire, jusque près du canal sous-orbitaire. [Les apophyses ptérygoïdes du sphénoïde sont complétées en bas par les palatins; elles lorment une lame verticale et placée transversalement, qui vient au-dessus du palatin s’appliquer contre l’extrémité postérieuredu maxillaire, mais sans s’y unir par une suture.] Les ailes externes , qui appartiennent au palatin, sont épaisses et courtes, el terminées par un gros crochet; les internes demeurent très-longtemps des os distincts, larges et minces, et terminés aussi en crochets.

Dans le tapir , les os du nez sont courts, poin-

lus, larges à leur base par où ils s’articulent aux frontaux, s’articulant aussi aux maxillaires par une apophyse descendante, mais libres cisaillants au-dessus de l’ouverture des narines, [et produisant assez exactement par leur réunion la figure d’un as de cœur ou de pique. Dans le tapir d} Amérique, les côtés en sont plus droits; dans celui des Andes, la pointe en est beaucoup plus allongée et les ailes plus petites; dans celui de Sumatra, la pointe est au contraire plus courte, et les ailes plus ouvertes et plus arrondies.] Les intermaxillaires sont soudés de très-bonne heure en un seul os. Ce n’est que dans un tapir naissant, et encore sans aucune dent sortie, que nous avons trouvé la suture qui sépare les inter-maxillaires l’un de l’autre. Leur suture, en dessous, est transverse et en avant des canines: [celle avec les maxillaires est courte et oblique.] Les maxillaires forment un plancher sous l’orbite, [et cette partie de l’os est séparée de celle de la joue, comme dans le rhinocéros, par l’union du jugal avec le lacrymal. Ces os ont aussi une longue apophyse montante qui contribue à former, entre le frontal et le nasal, le fond du sillon au-dessus de l’orbite.] Le lacrymal avance peu sur la joue et médiocrement dans l’orbite ; [il donne un fort crochet sur le bord de cette cavité.] Le jugal touche au lacrymal et n’avance pas plus que lui sur la joue. Sa suture avec le temporal est oblique, mais courte. Les palatins pénètrent jusque derrière la troisième molaire, où ils sont coupés carrément. Dans l’orbite , ils forment une longue et étroite languette horizontale , qui se porte en avant le long du bord postérieur du maxillaire jusque dans le canal sous-orbitaire, au-dessous du frontal et du lacrymal. Leur prolongement plérygoïde est peu considérable. [ L’apophyse plérygoïde externe du sphénoïde est appliquée en dehors du prolongement plérygoïde du palatin, très-près du maxillaire dont la sépare une étroite languette de ce palatin.] L’apophyse interne, qui est assez longtemps un os détaché, est collée sur la face interne des deux prolongements donl je viens de parler, et ferme un large trou qui resterait sans elle entre leurs bases. [Il en résulte que l’os plérygoïdien paraît au bas de l’orbite , dans un espace triangulaire, entre l’aile ptérygoïde cxlerne, l’aile orbitaire , le maxillaire et le palatin. Nous avons trouvé des rongeurs dans lesquels on voyait aussi dans l’orbite le plérygoïdien. Cela tenait chez eux à l’absence de paroi externe de la fosse ptérygoïde ; chez le tapir , cela lient à ce que cette fosse n’existe pas. De plus, les deux os plérygoïdiens s’unissent l’un à l’autre sur la ligne médiane, en arrière du vomer, dans le tapir do Sumatra, du moins.]

Dans le cheval , les apophyses montantes des inter-maxillaires sont fort obliques, et vont re-

joindre les nasaux au tiers environ de leur longueur. En dessous, ils font rentrer leurs apophyses palatines entre les maxillaires jusque vis-à-vis la première molaire, et ne laissent cependant que deux trous ou plutôt deux fentes incisives moitié moins longues que ces apophyses. Les extrémités pointues des os du nez ne s’avancent pas jusqu’audessus du milieu des inter-maxillaires. Dans le haut, les os du nez s’élargissent presque jusqu’aux angles des orbites; ils y rencontrent le haut des lacrymaux qui descendent beaucoup sur la joue et entrent à peu près autant dans l’orbite. Le jugal avance sur la joue autant que le lacrymal et se termine sous le milieu de l’orbite, en sorte qu’il ne va pas jusqu’à l’arcade promprement dite. [Il forme sur le côté de la joue, par son union avec le maxillaire , une grosse arête carrée qui se continue avec le bord inférieur de l’arcade. ] Le palatin , profondément échancré, est fort étroit et ne dépasse pas la pénultième molaire; [il ne forme guère qu’une sorte de bordure autour de la fosse méso-ptérygoïdienne], mais il compose plus des dejix tiers des ailes ptérygoïdes- Dans le bas de l’orbite, il monte entre le maxillaire d’une part et les deux sphénoïdesde l’autre, jusqu’au frontal; il ne touche pas au lacrymal. L’apophyse plérygoïde externe du sphénoïde double le palatin en dehors et le dépasse; mais l’apophyse plérygoïde interne est non-seulement distincte du sphénoïde; elle forme une languette longue et étroite qui, après avoir couvert la suture latérale du sphénoïde antérieur et du postérieur, s’étend obliquement sur le milieu de la partie ptérygoïde du palatin, et va former un crochet sur le côté de la grande échancrure palatine.

g. Rtuninants.

La face des ruminants a beaucoup de rapport avec celle du cochon. Les os inter-maxillaires sont plus prolongés en avant; ils ne portent de dents que dans le chameau. Les os maxillaires forment sous l’orbite un plancher peu étendu. L’os lacrymal s’étend fort avant sur la joue, où il est percé de différentes manières, surtout dans les cerfs. L’apophyse posL-orbitaire de l’os de la pommette s’unit par une suture à une apophyse pareille du frontal, et complète ainsi le cadre de l’orbite; mais comme elle ne touche point au sphénoïde, il reste par derrière une vaste communication entre l’orbite et la fosse temporale.

Dans le lama, [les inter-maxillaires obliques, allongés, forment deux lames verticales qui s’aplatissent à leur extrémité en forme de bec de canard.] Les os du nez sont courts; leur bout est échancré; leur base s’élargit beaucoup. Le lacrymal avance peu sur la joue; il laisse entre son angle antérieur et l’angle supérieur externe de la

ARTICLE DEUXIÈME

i: base du nasal un espace vide; il est. assez considé-

rable et s’arrête au-dessus du trou sous-orbitaire interne. [Le jugal, qui s’articule avec lui, forme sur la joue avec le maxillaire une suture qui suit exactement la courbure du bord libre de l’orbite; il s’articule par une apophyse courte et large à l’apophyse post-orbitaire du frontal, et en envoie une plus longue et plus grêle, sous l’apophyse zygomatique du temporal, formant avec celui-ci une suture courbe en sens inverse de la précédente. Le maxillaire est libre en arrière, où il déborde le palatin, pour former l’échancrure latérale du palais dont nous avons parlé. Il ne donne à l’orbite qu’un plancher peu étendu. Les palatins s’avancent en angle dans le palais jusqu’au milieu de l’anté-pénultièrae molaire. Ils forment presque en entier l’aile ptérygoïde, occupent au bas de l’orbite une large surface carrée, s’y avancent horizontalement entre l’aile orbitaire, le lrontal et le maxillaire, et viennent toucher au lacrymal en dedans du trou sous-orbitaire interne. L’apophyse ptérygoïde interne demeure distincte ; elle est immédiatement appliquée contre l’externe, à la ligne d’union de cette dernière avec le palatin, et paraît un peu au bas de l’orbite au-dessous du trou optique, bouchant en cet endroit un intervalle qu’y laisse l’écartement des deux os.]

Dans les chameaux proprement dits, les os du nez sont beaucoup moins larges à leur base, et il y a un très-grand espace par où le frontal louche au maxillaire, entre le petit endroit membraneux qui est à leur angle, et l’os lacrymal qui est extrêmement petit sur la joue. Dans l’orbite, il ne va pas même jusqu’au bord du trou sous-orbitaire interne. Il y a, comme dans le lama, un petit espace membraneux entre le lacrymal, le frontal et le palatin, qui avance jusque-là par une petite languette. [Lejugal avance aussi beaucoup moins sur la joue que dans le lama. Du reste, les détails sont les mêmes que dans ce dernier. Mais, audessus du trou analogue du sphéno-palatin, le palatin et le frontal laissent entre eux un petit espace triangulaire qui est rempli par le vomer, lequel paraît ainsi au fond del’orbite.] L’apophyse ptérygoïde interne n’existc que vers la pointe de l’aile; elle ne remonte pas jusqu’au corps du sphénoïde; et il n’y a point de vide entre l’aile ptérygoïde externe de celui-ci et celle du palatin.

[Dans la girafe , les inter-maxillaires sont trèsallongés; ils s’aplatissent au bout du museau, où ils laissent entre eux un petit espace libre; leurs deux apophyses horizontales s’unissent, forment les bords internes de deux grandes fentes incisives, et enfin s’engagent par une pointe aiguë entre les maxillaires, jusqu’à une petite distance des molaires. Les os du nez sont longs, ils s’avancent un peu en pointe au-dessus de l’ouverture nasale, s’élargissent entre les orbites et remontent ensuite

TÈTE DES MAMMIFÈRES. 331

sur le front : leur pointe s’engage au - dessous du noyau osseux de la pyramide médiane. Le lacrymal occupe une large surface sur la joue, sans toucher au nasal , et sans laisser d’espace libre en cet endroit; il donne un tubercule pointu sur le bord de l’orbite , puis il s’enfonce dans cette cavité , entre le frontal et le jugal , en lui fournissant un large plancher, et en prenant dans cette région une forme et des dimensions dont nous n’avons pas encore d’exemple. En effet, il s’y renfle en une énorme vésicule à parois lisses et minces, couverte en dehors par le jugal et le maxillaire, mais libre en dedans, et qui s’engage comme un coin entre le maxillaire cLle palatin. Elle est reçue à sa partie inférieure dans une espèce de coque que lui fournil le maxillaire , et elle contribue avec celuici à former une grosse tubérosité sur-molaire. Le jugal , qui est fort étendu sur la joue , et donne à l’orbite un rebord très-large, n’envoie en arrière qu’une apophyse courte et grêle pour celle du temporal. Les maxillaires donnent en avant deux longues pointes qui s’engagent entre les branches des inter-maxillaires. Les palatins s’avancent par une suture à peu près carrée, jusqu’au milieu de l’anté-pénultièrae molaire; ils ne recouvrent pas le maxillaire en arrière , et remontent à la face interne de la vésicule du lacrymal; leur portion ptérygoïdienne est grande et carrée , mais le développement du lacrymal fait qu’ils ne paraissent pas dans l’orbite proprement dit, quoiqu’ils fassent une bonne partie de la fosse sphéno-temporale. Par la même raison, on ne voit pas dans l’orbite la portion du vomer au-dessus du trou analogue du sphéno-palatin; toutes ces parties ne peuvent être aperçues que par le dessous de la tête. L’apophyse ptérygoïde externe descend trèspeu et vient s’unir à l’extrémité de l’aile ptérygoïdienne du palatin, en laissant entre elle et ce dernier un espace vide. Il en résulte que l’os plérygoïdien, qui est très-allongé, non -seulement paraît au bas de l’orbite dans cet intervalle vide , mais se montre dans presque toute la longueur de la face externe de l’aile ptérygoïde dont il forme tout le bord libre ; il se termine par un crochet long et grêle. Les apophyses plérygoïdcs, en s’unissant avec le vomer au-dessous du corps du sphénoïde, enveloppent celui-ci comme d’une gaine qui ne le touche pas et y interceptent une sorte de canal large et déprimé.]

Dans les chevrolains , [la branche de l’inter maxillaire s’élargit beaucoup à mesure qu’elle monte, de sorte que son bord antérieur se trouve tout à fait vertical.] Le lacrymal est fort grand sur la joue ; il ne touche cependant pas aux nasaux, et il n’y a pas d’espace membraneux à cùlé de ceux-ci. La suture des os du nez avec le frontal est plus ou moins dentelée. Dans l’orbite , le lacrymal ne couvre point le maxillaire , mais il entoure une

partie du trou sous-orbitaire interne. [Le jugal, longuement articulé avec le maxillaire, donne une grande apophyse post-orbitaire et une apophyse plus petite pour l’arcade. Les maxillaires contribuent au plancher de l’orbite, et forment h eux seuls la proéminence sur-molaire. Le pulutin occupe un grand espace dans l’orbite, où il louche en avant au maxillaire, au lacrymal, au frontal e t au sphénoïde antérieur.] 11 n’y a au-dessus du trou sphéno -palatin qu’une petite parcelle du vomer. L’apophyse ptérygoïde interne se montre dans l’orbite , comme au lama.

Dans les cerfs , l’espace membraneux de la joue est fort grand , et empêche l’union du frontal avec le maxillaire. Le lacrymal est très -concave poulie larmier, [et très-allongé sur la joue , mais 11e louche point au nasal, séparé qu’il en est par l’espace membraneux. Dans l'orbite, il acquiert un volume considérable, y forme le plancher, s’y renfle en vésicule, et y descend entre le maxillaire et le palatin, comme dans la girafe, mais sans y prendre les mêmes dimensions. Le palatin occupe également un grand espace carré dans l’orbite, au-dessous du sphénoïde.] L’apophyse ptérygoïde externe du sphénoïde est petite et horizontale , et laisse au-dessus de son union avec le palatin un intervalle assez grand, bouché par l’os plérygoïdien qui est distinct. L 'élan diffère des autres cerfs, principalement par l’excessive brièveté des os du nez et la longueur des intermaxillaires.

Dans le mouton, les inter-maxillaires sont trèsobliques : les maxillaires se rétrécissent un peu en avant des premières dents, comme dans tous les genres précédents. La suture inter-maxillaire atteint le tiers des os du nez; les lacrymaux descendent sur la joue par une languette longue et étroite de chaque côté du frontal , et jusqu’au quart supérieur du nasal; ils présentent une légère dépression. Lesjugaux ne descendent pas tout à fait si bas, et occupent un espace beaucoup plus grand sur la joue, où ils se distinguent des maxillaires par une sulure anguleuse. En arrière, le maxillaire sc porte sous le jugal , de manière à laisser un grand enfoncement entre l’alvéole de la dernière molaire et la partie voisine du palatin. Le lacrymal descend sur cette partie du maxillaire, et la couvre comme d’une voûte qui devient ainsi le plancher d’une partie de l’orbite, [mais il ne prend pas ici le développement que nous lui avons vu dans la girafe et même dans les cerfs. ] Le palatin remonte à la face interne de l’enfoncement dont nous avons parlé, jusqu’à cette portion ordinaire du lacrymal avec laquelle il s’articule. Le reste de la portion orbitaire du palatin est carré, et séparé en partie de cette portion antérieure montante par un grand trou analogue du sphénopalatin, et au-dessus de ce Irou par une petite

partie appartenant aux ailes latérales du vomer, qui fait le boni supérieur de ce trou. La partie du palatin qui entre dans la composition du palais prend à peine un sixième de la surface. Les parties plerygoïdes du palatin sont assez considérables; elles sont complétées en arrière par celles du sphénoïde, qui laisseraient entre les bases des unes des autres un vide assez grand s’il n’était bouché par l’os plérygoïdien.

Dans la chèvre, les pointes des os du nez sont moins saillantes, les inter-maxillaires plus obliques; la partie des lacrymaux qui entre sur la joue est plus largé, moins longue, sans dépression, et laisse un espace non ossifié entre elle, le nasal et le frontal. Dans l’orbite, on ne voit au-dessus du trou analogue au sphéno -palatin qu’une petite parcelle du vomer.

[Quand la dépression du lacrymal existe dans les antilopes, elle peut être ou superficielle, comme dans le mouton, ou aussi profonde que dans les cerls; et de même l’intervalle membraneux de cette région, quand il existe, peut ressembler à celui des cerfs ou à celui de la chèvre; il peut aussi être très-petit. Du reste, les antilopes présentent sous ce rapport trois formes principales ; ou bien il y a à la fois, comme dans les cerfs, intervalle et dépressoin (tels sont le steinbock du Cap, le grisbock, les gazelles) ; ou bien , comme dans les moulons, il n’y a pas d’intervalle et il y a une dépression (tels sont le tchicarra, le caama, le bubale, le koba, le cambing-outan, l’ antilope des Indes, le gnou) ; ou bien enfin, comme dans les chèvres, il y a un intervalle et pas de dépression (tels sont le canna, le nil-gau, le reobock , Vatgazol, le chamois. )

[ Dans les bœufs, les os du nez font aussi saillie au-dessus del’ouverture des fosses nasales. Le jugal, comme dans tous les autres genres, s’articule largement sur la joue au lacrymal. Ce dernier touche par une assez grande étendue au nasal et ne laisse point d’espace vide entre cet os et lui; daus l’orbite il est également très-renflé au-dessus du maxillaire qu’il recouvre et dans lequel il semble pour ainsi dire s’enfoncer. Ce grand développement du lacrymal, joint à la brièveté de l’apophyse du jugal, fait que l’extrémité de l’apophyse zygomatique du temporal se trouve très-rapprochée du premier de ces os. Le palatin, le plérygoïdien et le vomer se comportent d’ailleurs comme dans le mouton, mais la grande saillie delà proéminence sur-molaire fait qu’on n’aperçoit guère la parcelle de ce dernier que par le dessous du crâne. ]

h. Cétacés.

Dans le lamantin, il 11’y a que de très-petits os propres du nez, séparés l’un de l’autre et enchâssés de chaque côté dans une échancrure du frontal.

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

Les os inter-maxillaires ne portent point de dents dans l’adulte, et n’en ont que dans les premiers jours de la vie; cependant ils sont très-étendus en longueur; ils remontent le long du bord des narines jusqu’au-dessus de la région de l’œil. En dessous ils prennent à peu près le quart du palais, et entourent un large trou incisif qui est unique, parce qu’ils n’ont pas d’apophyse interne. La saillie de l’orbite fait que la distance entre le bord inférieur externe de la partie zygomatique de l’os maxillaire et les dents est plus grande que la largeur du palais. Le jugal s’étend dans toute la moitié inférieure de l’orbite, sur l’apophyse orbitaire du maxillaire, et borde ainsi tout le plancher de l’orbite en avant. Un très-petit lacrymal sans aucun trou est enchâssé dans l’angle antérieur, entre le frontal, le jugal, le maxillaire, et même l’inter-maxillaire. La partie dentaire du maxillaire se trouve plus en dedans que l’orbite, en sorte que la partie intérieure du plancher de cette cavité est formée par une avance plane du maxillaire qui n’a pas d’autre objet. Le corps des ailes plérygoïdes est presque en entier sphénoïdal, etne se sépare pas du sphénoïde postérieur même dans le fœtus. Les palatins s'avancent en pointe étroite et obtuse jusque vis-à-vis la troisième molaire, et prennent ainsi à peu près le quart du palais. Ils contribuent à la formation des deux grosses ailes plérygoïdes et se montrent dans la tempe par une languette étroite entre le maxillaire d’une part, le sphénoïde antérieur et le frontal de l’autre; mais leur continuité est en partie cachée par la portion dentaire du maxillaire qui se porte en arrière jusqu’à l’aile du sphénoïde à laquelle elle louche sans s’y articuler. [ Dans un lamantin, cl’ Amérique plus jeune que celui du Sénégal , et dans la tête d’un fœtus, le palatin nous offre une suture qui partage l’os vers la racine de sa portion ptérygoïdienne en deux parties bien distinctes : l’unepalatine etorbitaire, l’autre ptérygoïdienne. Celle-ci complète, comme dans l’homme, l’aile plérygoïde vers sa pointe, en s’engageant entre les deux apophyses du sphénoïde. La tête d’un jeune dugong nous a offert une disposition tout à fait semblable. C’est la première fois que nous trouvons dans les mammifères une telle division du palatin (1), et toutefois on 11e saurait la méconnaître, car on retrouve en totalité et les relations et jusqu’à la forme de cet os dans un grandnombre d’autres mammifères. Ce démembrement du palatin ne peut êLrc regardé comme l’analogue du ptérygoïdien, car dans aucun cas on ne voit le ptérygoidien s’unir au palatin en demeurant distinct du sphénoïde, ce qui aurait lieu dans le cas actuel: quand le ptérygoïdien cesse de former un

(1) [Celte observation acquerrait de l’importance, si l’on pouvait retrouver dans cette partie ptérygoïdienne

os à part, c’est en se soudant au corps du sphénoïde, mais même alors il reste séparé du palatin.]

Dans le dugong , les os inter-maxillaires ont pris un développement énorme; ils sont renflés et allongés pour loger les défenses; la portion du maxillaire qui sert de plancher à l’orbite est plus étroite que dans le lamantin. Il y a un os lacrymal dans l’angle antérieur, plus considérable, mais également sans trou [et qui forme comme un demi -anneau autour de la branche nasale des inter-maxillaires.] L’os jugal, en se contournant pour former le bord anlérieur et intérieur de l’orbite, est plus comprimé et descend davantage. [Le maxillaire ne s’enfonce pas, comme dans le -lamatin, sous une sorte de voûte que lui fournit l’aile ptérygoïde, mais il s’unit à cette aile par l’intermédiaire du palatin, dont la continuité est partout visible à l’extérieur. Dans un jeune fœtus de dugong, nous avons trouvé, comme nous venons de le dire , le palatin parLagé en deux portions distinctes par une suture.]

Dans les cétacés souffleurs}~ies os maxillaires et inter-maxillaires sont prolongés en une espèce de bec qu’ils divisent en quatre bandes parallèles, dontles os inter-maxillaires forment les deux moyennes, et les maxillaires les deux externes. Ceux-ci seulement portent des dents dans les espèces qui en ont.

Dans les dauphins en général, les os du nez sont deux tubercules arrondis, enchâssés danS deux fosses du milieu du frontal, et au-devanl desquels les narines s’enfoncent verticalement. Les maxillaires, après avoir formé le long museau, arrivés au voisinage des orbites, s’élargissent, couvrent d’une lame dilatée le plafond que le frontal donne à ces cavités et toute la face antérieure du frontal, excepté ce petit bandeau qu’ils laissent paraître le long de la crête occipitale. Us viennent ainsi loucher aux os du nez. [Les deux inter-maxillaires, dans quelques espèces, comme le roslratus , touchent également aux os du nez, et même produisent eu avanL de ceux-ci deux grosses tubérosités qui surmontent les narines, comme dans le delphinorhyngue ;] ils forment le bord externe et anLérieur de l’ouverture nasale, cl descendent sur et entre les deux maxillaires, jusqu’à la pointe du museau, où ils se remontrent même en dessous; mais les maxillaires s’y montrent un peu entre eux, dans le haut, près des narines. Cependant, ce 11’est pas le frontal qui forme en entier la face inférieure du plafond de l’orbite. Outre le maxillaire qui complète le fond ou le bord interne de ce plafond, la partie antérieure en est laite par un os plat et irrégulier, recouvert en dessus comme le frontal pur le maxillaire. Cet

du palatin l’analogue de cet os particulier, que M. Cuvier u nommé dans les reptiles l’o# transverse.]

os, qui est le jugal, lionne île son angle antérieur une a])0|>liyse grêle et longue, qui se dirige en arrière et va s’articuler à l’apophyse zygomatique du temporal. Je ne trouve ni os ni trou lacrymal; [on n’en voit pas même sur îles fœtus. Mais dans le delphinorhy tique nnjcroptèrc, cet os plat qu’on voit à la partie antérieure de l’orbite est partagé en deux parties par une suture transversale ; l’une antérieure, plus petite, donne la longue apophyse qui limite l’orbiLe en bas, c’est le jugal; l’autre portion postérieure est, selon toute apparence, le lacrymal, dont elle occupe la place ordinaire, entre le frontal, le maxillaire cl le jugal. ]

La forme et lu composition des bords des arrièrenarines est très-particulière. Les parois souvent doubles qui en entourent l’ouverture sont composées des palatins et des apophyses ptérygoïdes internes. [Celles-ci, qui restent toujours distinctes, ont pris un développement considérable, puisqu’elles remontent jusqu’au plafond de l’orbite, s’unissent avec le maxillaire, en même temps qu’elles touchent en arrière aux crêtes du basilaire, et lorment la plus grande partie de l’entonnoir des arrière-narines. Ces apophyses ptérygoïdes, reployées sur elles-mêmes après avoir formé par une de leurs courbures une partie de la paroi inférieure et externe, dont le reste appartient au palatin, forment en totalité la paroi interne; elles se continuent ensuite sur le sphénoïde antérieur, pour s’articuler au vomer et compléter ainsi cet entourage de l’arrière-narine, d’où il résulte que le bord tout entier de l’arrière-narine, sauf le vomer, appartient, comme dans les fourmiliers, au ptérygoïdien. Ce que le dauphin a de particulier, c’est le grand sinus intercepté entre les deux parois de ce bord. Dans le delphinorhy tique, comme nous l’avons dit, la paroi externe de ce sinus manque entièrement. Elle est plus ou moins incomplète dans d’autres espèces, comme le D. delphis , et le duhius. Le vomer se montre dans le palais dans la plupart des espèces : ou l’y voit à deux endroits dans le tursio ; on 11e l’y trouve pas dans le grisous, le grampus ou épaulard, le globiceps, le béluga, le dauphin du Gange.

Dans ce dernier dauphin, la forme et les connexions des os sont assez particulières. ] Son museau est très-long et très-comprimé par les côtés. Les inter-maxillaires en occupent la partie supérieure, cl les maxillaires l’inférieure. Les premiers remontent jusqu’aux côlés, et même jusqu’au-dessus des narines qui, dans celte espèce, sont plus longues que larges. Les maxillaires , après avoir recouvert comme dans les autres dauphins les frontaux jusqu’aux crêtes temporales, produisent chacun une grande paroi osseuse, qui se redresse et forme une grande voûte sur' le dessus de l’appareil éjaculateur des narines. A cet effet, l’une de ccs productions osseuses se rapproche de l’au-

tre , et paraît même la toucher sur les deux tiers antérieurs; mais en arrière, elles s’écartent pour laisser passage à l’évent. En dessous , ces parois osseuses offrent plusieurs cavités, ou une espèce de réseau formé par des branches osseuses trèsmultipliées. Dans l’animal frais , la plus grande partie de l’espace qu’elles couvrent est remplie d’une substance fibreuse. L’orbite étant très-petit, la tige de l’os jugal qui le borne en dessous est beaucoup plus courte que dans les aulrcs dauphins; elle est large et comprimée. En dessous, les palatins, sous la forme d’une lame mince, occupent en longueur un beaucoup plus grand espace, et vont jusqu’à s’articuler en arrière avec les temporaux. [Ils semblent aussi recouvrir les ptérygoïdiens et former en totalité la paroi externe du sinus, dont le ptérygoïdien ne formerait ici que la paroi interne, tandis que dans beaucoup d’autres espèces cet os se reploie de dedans en dehors pour former une bonne part de cette paroi externe. Le sinus du bord des arrière-narines est d’ailleurs fort étroit, et de plus, les palatins ne se touchant pas sur la ligne médiane, il reste en ce point entre eux et les maxillaires d’autressinus étroits , allongés, coupés de brides osseuses , et qui communiquent avec le réseau osseux de la face inférieure des crêtes des maxillaires.]

Dans le narval, la partie du museau , et surtout des inter-maxillaires , est plus élargie que dans les dauphins; les inter -maxillaires remontent jusque tout près des os du nez. L’échancrure qui sépare cette partie élargie du museau est petite, et le dessus de l’orbite peu saillant. Les os du nez sont fort, petits, et la narine gauche plus petite que l’autre. Comme dans le béluga , les ptérygoïdiens forment des pointes au bord postérieur des arrière-narines.

Dans Yhypéroodon , les maxillaires, pointus en avant, élargis vers la base du museau, élèvent de chacun de leurs bords latéraux une grande crête verticale , arrondie dans le haut, descendant obliquement en avant et plus rapidement en arrière, où elle retombe à peu près an-dessus de l’apophyse post-orbitaire. Plus en arrière encore, ce maxillaire , continuant de couvrir le frontal, remonte verticalement avec lui et avec l’occipital, pour former sur le derrière de la tète une crête occipitale transverse très-élevée et très-épaisse, d’où résultent sur la tète de cet animal les trois grandes crêtes dont nous avons parlé. Les intermaxillaires, placés comme à l’ordinaire entre les maxillaires, remontentavec eux jusqu’aux narines, et, passant à côté d’elles, s’élèvent au-dessus, en sorte qu’ils prennent aussi part à la formation de la crête postérieure élevée sur l’occiput. Les deux os du nez fort inégaux , ainsi que les narines, sont placés à la face antérieure de cette crête occipitale et s’élèvent jusqu’à son sommet. Le vomer

ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES

sc montre à deux endroits de la face inférieure du museau , entre les ptérygoïdiens et les palatins, et entre les maxillaires et les inter-maxillaires. Les ptérygoïdiens occupent une très-grande longueur aux arrière-narines, et diminuent beaucoup la part qu’y prennent en avant d’eux les palatins.

L’immense museau du cachalot , malgré sa prodigieuse étendue, n’est formé, comme celui du dauphin, que des maxillaires sur les côtés , des inter-maxillaires vers la ligne mitoyenne eL du vomer sur cette ligne. Les inter-maxillaires dépassent les autres os pour former la pointe antérieure; ils remontent des deux côtés des narines et des os du nez, et se redressent pour prendre quelque part à la composition de cette espèce de mur qui s’élève perpendiculairement et circulairement sur le derrière de la tête; mais celui du côté droit s’y porte bien plus haut que celui du côté gauche. Le vomer se montre entre eux sur une assez grande largeur, surtout dans le haut ; il y est creusé sur toute la longueur d’un demi-canal. Les os du nez sont fort inégaux; tous deux remontent entre les inter-maxillaires, contre le pied du mur demi-circulaire de la tête; mais ils n’y remontent qu’au niveau de l’intermaxillaire gauche. Le nasal du côté droit est nonseulement plus large que l’autre, il descend aussi plus bas entre les deux narines, s’articulant sur la racine du vomer, et donnant de cette partie une crête irrégulière qui se couche un peu obliquement sur la narine gauche. Les maxillaires ne se joignent pas l’un à l’autre au-devant du mur demi-circulaire, et ils y laissent voir une partie irrégulière et assez considérable du frontal. Le maxillaire forme l’angle antérieur de l’orbite, audevant duquel le bord de ce maxillaire a une échancrure profonde. Le bord inférieur de l’orbite est formé par un jugal gros et cylindrique, dont la partie antérieure sc dilate en une lame oblongue qui ferme en partie l’orbite en avant, tapisse en dessous une grande portion de sa voûte, et va toucher en arrière les pointes des deux sphénoïdes. [Il n’y a pas de lacrymal.] Les ptérygoïdiens s’étendent presque jusqu’au bord postérieur du basilaire.

Dans les rorquals, les os du nez courts, mais échancrés ou festonnés en avant, et non pas en forme de tubercules, forment le bord supérieur de l’ouverture des narines. Les immenses maxillaires sont disposés en dessous en forme d’une carène aux deux côtés de laquelle s’attachent les fanons. Le vomer se montre en dessous entre eux dans presque toute la ligne moyenne de la carène. En dessus, les deux inter-maxillaires, placés parallèlement entre les deux maxillaires, laissent entre eux un espace vide qui se continue dans le haut ou plutôt eu arrière avec l’ouverture des narines.

Les maxillaires ne recouvrent point le frontal, si

ce n’est par une apophyse étroite des deux côtés des os du nez ; [ puis ils donnent une lame latérale transversc qui borde en avant la portion sus-orbitaire du frontal et se porte ensuite au-dessous de lui, se trouvant ainsi, par rapport au frontal, dans une position inverse de celle qu’elle observait dans les dauphins.] A l’angle antérieur de l’orbite, le maxillaire s’articule avec l’extrémité antérieure et élargie du jugal. Mais ce qui est très-remarquable, c’est qu’il se trouve à cet endroit, entre le frontal et le maxillaire , et pour ainsi dire dans leur articulation même, un os particulier en forme de lame, occupant à peu près la moitié de la longueur de cette suture , et qui ne peut être que l’analogue du lacrymal. Le jugal est courbé en portion de cercle, et forme le bord inférieur de l’orbite en se rendant de l’apophyse zygomatique du maxillaire qui aboutit à l’angle antérieur de l’orbite, jusqu’à celle du temporal qui aboutit à l’angle postérieur; il ne se dilate point de son extrémité antérieure. Les palatins prolongent en dessous la carène des maxillaires.

Il résulte de la compression latérale du museau, dans les baleines proprement dites , que les intermaxillaires ne sont pas horizontalement entre , mais verticalement sur les maxillaires; le plan supérieur de ces derniers est lui-même presque vertical, si ce n’est dans la branche latérale qui borde en avant le frontal pour se rendre avec lui sur l’orbite. Ils ont une profonde échancrure à leur bord inférieur et postérieur près des palatins. Les os du nez sont rhomboïdaux et non pas triangulaires comme aux rorquals. Les os ptérygoïdiens forment à chaque angle des narines postérieures une tubérosité ; ils ont peu d’étendue en longueur, restent fort éloignés l’un de l’autre, et n’entourent les narines que par le côté externe et un peu en dessus et en dessous, mais sans y former un double rebord comme dans les dauphins; [ils forment avec des crêtes du temporal et du basilaire une grande anfractuosité qui règne en avant et autour de l’os de l’oreille. ]

i. Monotràmcs,

Dans les êchidnés , chacun des os inter- maxillaires a en dessous une longue branche grêle , qui s’insère dans une fissure correspondante du maxillaire. Ils se louchent par leur bord antérieur à l’extrémité du museau, laissant entre eux un trèsgrand trou incisif. En dessus, ils sont, beaucoup plus larges, entourent l’ouverture des narines, qui n’est ainsi enveloppée que par ces deux os seulement, et. se touchent au-dessus pendant un assez long espace , jusqu’à ce qu’ils rencontrent les os du nez, lesquels recouvrent le museau jusqu’entre les orbites. Les côtés de ce même museau et sa

face inférieure sont formés par les maxillaires, lesquels donnent une apophyse zygomatique grêle, qui occupe le dessous île l’arcade jusque sous la tempe. Latéralement ils finissent à l’orbite. En dessous ils se prolongent de chaque côté en pointe jusqu’à l’extrémité postérieure de l’orbite. Les palatins pénètrent entre eux dans le palais jusque vis-à-vis la naissance des arcades. Une échancrure aigue sépare les palatins en arrière. [Ceux-ci rampent dans le bas de l’orbite entre le maxillaire et le frontal , jusqu’à un trou qui occupe la place du lacrymal. 11 n’y a pas de vestige de cet os. ] Le plan des palatins est continué en dessous par une apophyse ptérygoïde aplatie , qui ici est horizontale; cette apophyse contribue à former la cavité de la caisse. [ Sur les côtés du crâne est un os qui s’y épanouit en lame pour s'appliquer contre le frontal et le temporal en recouvrant les attaches du crotaphyte. Cet os se prolonge en avant en une lige grêle et pointue qui s’unit à une tige semblable du maxillaire ; il donne en arrière une petite surface plane qui sert de facette glénoïde, et il s’y articule avec un petit tubercule île la portion mastoïdienne du temporal (1). ]

Dans l'ornithorhynqve , sous la base antérieure des arcades , le maxillaire forme un aplatissement presque horizontal auquel adhèrent les molaires. Je ne vois dans mes échantillons que deux sutures nettes : celle qui distingue les os en crochets, et celle qui sépare les maxillaires du palatin. La position des dents et le trajet du canal sous-orbitaire donnent bien le maxillaire; les os en crochets qui s’y enchâssent en avant semblent les os inter-maxillaires ; il y a entre eux, suspendu dans le milieu des cartilages du bec supérieur, un petit os, qui a un plan supérieur divisé en deux par un sillon, un plan inférieur échancré de chaque côté comme un violon, et un plan vertical réunissant les deux autres. C’est dans son voisinage que sont percées les narines : on peut croire qu’il représente les nasaux et la partie palatine des intermaxillaires.

§ 6. Des trous et des fentes du crâne et de la face.

A. Dans l’homme.

Il ne nous reste qu’à faire une revue des trous et des fentes, soit du crâne, soit de la face. Considérons-les d’abord par l’intérieur du crâne.

De chaque côté du grand trou occipital, au-

(t) [M. Cuvier, qui n’a décrit que des têtes d’adultes, et qui n’avait pu voir que cette lame osseuse forme un os séparé, la considérait comme produite par le temporal, et il indiquait, comme représentant le jugal, un très-petit filet, entre les deux apophyses qui forment l'arcade ( Oss . f'oss., t. V, première partie, p. i45) ; mais

dessus de chaque condyle , est un petit canal se portant de dedans en dehors et un peu en avantc’est le trou condylien antérieur qui donne passage au nerf grand hypoglosse ou de la 9° paire.

Un peu plus en dehors et en arrière, on voit dans le crâne un autre petit trou qui laisse passer une veine ; c’est le trou condylien postérieur.

Plus en dehors est un grand trou intercepté entre le bord postérieur du rocher et l’occipital ; , c’est 1 c trou jugulaire ou déchiré postérieur , par lequel sort presque tout le sarig de l’intérieur du crâne , se rendant des différents sinus dans les veines jugulaires.

A la face postérieure du rocher, un peu au-dessus du trou déchiré, est un enfoncement conique appelé trou auditif interne , dirigé en dehors, qui pénètre dans l’intérieur du rocher, et s’y termine par deux trous, dont l’inférieur transmet le nerf acoustique dans le labyrinthe, et l’autre sert d’entrée à un canal qui se termine entre les apophyses mastoïde et styloïde par un petit trou dit stylo-mastoïdien. Ce canal loge le nerf facial.

Il y a encore dans la fosse cérébelleuse deux petits trous pour des vaisseaux sanguins : l’un, le mastoïdien, part de la gouttière du sinus latéral, et va obliquement en arrière s’ouvrir dans la suture occipitale , près de l’apophyse mastoïde; l’autre, dit aqueduc de Cotunni , est placé vers la crête du rocher, au-dessus et en dehors du conduit auditif interne. 11 laisse passer quelques petits rameaux veineux.

Dans la fosse moyenne, on remarque d’abord le trou déchiré antérieur, situé entre la pointe antérieure du rocher et l’angle postérieur de la selle, et dont les bords sont interceptés par le temporal, le sphénoïde et l’occipital. Il est fermé, dans l’état frais, par une substance cartilagineuse; mais à sou côté externe est un autre trou par lequel l’artère carotide entre dans le crâne, cL qui n’est que l’issue supérieure d’un canal tortueux dont l’entrée est à la face inférieure du rocher, immédiatement en avant du trou déchiré postérieur. Ce canal se nomme carotidien, et transmet, outre l’artère, le nerf grand sympathique. A cette même face inférieure du rocher, en avant de l’entrée du canal carotidien, se voit l’issue d’un autre canal qui communique avec la caisse de l’oreille, et qui fait la partie osseuse de la trompe d’Eustaclic, ou conduit guttural de l’oreille.

Dans l’os sphénoïde, un peu en avant du rocher, est un grand Irou appelé ovale, qui a en effet celte

nous ne trouvons pas ce filet sur notre jeune tète, et nous serions portés à regarder cet os plat comme un jugal, s’il ne se montrait à l’intérieurdu crâne, eutrelc frontal, la partie du temporal d’où naît le rocher, et la grande aile; cette circonstance pourrait en effet le faire considérer comme une des portions du temporal.]

ARTICLE DEUXIÈME

figure ; il répond au dehors à la base de l’apophyse ptérygoïde interne, et transmet la 3° branche de la 5° paire de nerfs appelée maxillaire inférieur.

Un peu en arrière et en dessous de ce trou ovale, est un petit trou nommé épineux, parce qu’il répond au dehors près de l’épine de la grande aile du sphénoïde. Il donne passage à une artère.

En avant du trou ovale, au pied du côté de la selle, est le trou rond qui se dirige en avant, et répond en dehors à l’intervalle qui sépare les extrémités postérieures de la fente sphéno-orbitaire, de la fente sphéno-maxillaire et de la fente sphénopalatine; il transmet la seconde branche de la 5e paire ou le maxillaire supérieur.

Sous le rebord aigu qui sépare la fosse antérieure de la fosse moyenne, est une fente large qui part de l’angle antérieur de la selle, et se porte obliquement en dehors et en avant entre l’aile orbitaire du sphénoïde et sa grande. aile; elle donne dans le fond de l’orbite entre son plafond et sa cloison latérale, et y transmet la première branche de la 5e paire ou ophlhalmique de Willis, et les 3e, 4° et 6e paires entières. On la nomme fente orbitaire supérieure ou sphéno-orbitaire .

Le trou optique s’ouvre dans le crâne, un peu audessus du bord antérieur de la selle et en dedans des apophyses clinoïdes antérieures. Il se porte obliquement en dehors dans l’orbite, où il arrive un peu en dedans et en dessus de l’extrémité postérieure de la fente sphéno-orbitaire pour y transmettre le nerf optique et l’artère centrale delà rétine.

Les trous nombreux de la lame criblée de l’ethmoide ( il y en a environ 40) occupent le creux du milieu de la face antérieure, et donnent issue au nerf olfactif pour se rendre dans le nez. Au-devant de la crête elhmoïdale, dans son union avec l’os frontal, on voit un petit trou qui donne passage à une petite veine. On l’a nommé le trou aveugle ou fronto-ethmoïdal.

Nous venons de voir que la fosse orbitaire communique avec l’intérieur du crâne par \e trou optique et par la fente sphéno-orbitaire. Au-dessous de celle-ci, au bas de la cloison latérale de l’orbite, est la fente sphéno-maxillaire par laquelle il communique avec la fosse temporale; elle est interceptée entre la face orbitaire de la grande aile du sphénoïde et la face orbitaire du maxillaire. C’est par celle fente que la deuxième branche des nerfs de la 5° paire, arrivée par le trou rond, descend dans la fosse temporale.

L’orbite communique avec la fosse nasale par un oudeux petits trous nommés orbitaires internes, placés tantôt dans le frontal, tantôtdans la suture avec l’os planum, qui livrent passage au nerf nasal, rameau de la branche ophlhalmique de la 5« paire; et par le canal lacrymal creusé le long du bord ou de l’angle interne, partie dans

TÊTE DES MAMMIFERES. 537

l’apophyse montante de l’os maxillaire, et partie dans l’os lacrymal. Il descend presque verticalement dans le nez.

En la considérant du côté de la fosse temporale, on voit que la fente sphéno-maxillaire se prolonge, en se recourbant vers le bas, entre le corps de l’os maxillaire et l’apophyse ptérygoïde du sphénoïde. Le fond de cette branche, occupé par une partie du palatin, lui a valu le nom de fente spliénopa latine. Dans le fond de l’angle qu’elle forme avec la fente sphéno-maxillaire, est le trou sphénopalatin, formé par une échancrure de la partie de l’os palatin qui s’articule avec le corps du sphénoïde; ce trou donne dans le nez vers l’arrière du plafond de la narine.

Au fond de ce même angle, en arrière du trou sphéno-palatin et sous le trou rond , commence un petit canal creusé directement d’avant en arrière dans la base de l’apophyse ptérygoïde du sphénoïde, et s’ouvrant en arrière tout près du trou déchiré antérieur et en dedans du trou ovale. C’est le canal vidien ou plérygoïdien qui donne passage au nerf vidien, rameau du maxillaire supérieur.

Au bout inférieur de la fente sphéno -palatine, commence un autre petit conduit, le canal ptéry gopalatin , creusé dans le palatin, et descendant verticalement pour s’ouvrir , vers l’angle postérieur du palais , par un trou nommé gustatif ou palatin postérieur. Il y en a deux ou trois autres plus petits.

La voûte du palais présente dans sa suture moyenne, immédiatement derrière les dents incisives, un trou impair nommé incisif, donnant naissance à deux canaux qui percent la voûte des narines. C’est l’orifice de l’organe de Jacobson et un passage pour des filets du maxillaire supérieur.

Sur le devant de la face, sous l’orbite, est le trou sous-orbitaire qui serl d’issue à un canal creusé dans l’os maxillaire sous le plancher de l’orbite , s’ouvrant en arrière et eu dedans au milieu du bord inférieur delà fente sphéno-maxillaire. C’est parce canal que passent les derniers rameaux du maxillaire supérieur, se rendant à la joue et à la lèvre.

On remarque aussi un trou beaucoup plus petit au-dessus de l’orbite, qui n’est quelquefois qu’une échancrure, et qu’on nomme trou sourcilier , par lequel passe la branche frontale du nerf ophthalmique.

B. Dans les mammifères.

a. Quadrumanes.

Dans l’oro/iÿ, le trou déchiré antérieur est fer thé; le trou épineux n’existe pas, ou sc cache

dans le trou ovale. La fente spliéno-maxillaire est plus petite que dans l'homme , mais le trou ovale encore entièrement dans le sphénoïde, bien que très-près du rocher. Le canal plérygo-pnlnlin et le trou sphéno-palatin sont places comme dans l’homme. On voit trois ou quatre trous sous-orbitaires et aidant de jugaux. Le trou incisif est trèspetit et simple.

Dans le chimpanai , la fente sphéno-orbitairc est courte et large ; le trou déchiré antérieur et l’épineux manquent également, mais les I rons sousorbitaires et jugaux sont comme dans l’homme. [Le canal sous-orbitaire ne forme qu’un sillon ouvert jusqu’à deux lignes du bord de l’orbite. Il n’y a pas de trou condyloïdien postérieur.

Dans les gibbons , les guenons , les macaques , les semnopilhèques et les cynocéphales , le trou sousorbilaire s’ouvre également dans l’orbite, trèsprès de son bord.] La fente sphéno-orbitairc est singulièrement courte. La fente spliéno-maxillaire est aussi très-courte, mais le trou sphéno-palatin est plus long que dans l’homme , et doit se nommer elhmo-palatin , car c’est l’elhmoïde qui le forme en dessus. L’apophyse ptérygoïde est percéeprès du rocher d’un trou qui se trouve voisin du trou ovale. Il n’existe pas de canal ptérygoïdien ou vidien. Le canal ptérygo-palatin est placé comme dans l’homme. Il y a toujours plusieurs trous sousorbitaires. Le trou incisif forme deux grandes ouvertures. Les fentes sphéno-orbitaires des cynocéphales se raccourcissent au point de n’êlre plus que de simples trous. [Dans le mandrill adulte, la fente spliéno-maxillaire est étroite et allongée : les trous sous-orbitaires s’ouvrent sur les énormes saillies du maxillaire. Dans les semnopilhèques, la fente sphéno' maxillaire est fort large, et laisse voir le trou rond au fond de l’orbite. Le cimepaye, en particulier, nous offre un canal ptérygo-palatin énorme, et dont l’embouchure se voit en dedans de la fenle spbéno-maxillaire.]

Dans les sapajous, les fentesorbilaire et sphénoïdale sont larges et courtes, comme de simples trous. Je n’y trouve pas de canal vidien. Les trous ptérygo-palatin et analogue du sphéno-palatin sont comme dans les guenons. [La racine de l’arcade zygomatique est percée, derrière la facette glénoïde, d’un trou qu’on peuL appeler trou glénoïdien .]

Dans les alèles , le lagothrix , les aloualtes , les trous sous-orbitaires sont petits, mais il y en a un très-grand dans le jugal. [On rencontre un assez grand nombre de tète (Yalouattes où les fentes spliéno-maxillaire eL sphéno-palatine sont réduites à un ou deux petits trous qui forment la seule communication de l’orbileavec la fosse sphénotemporale.] Les Irous analogues du ptérygo-palatin et du sphéno-palatin sont entièrement dans le palatin, comme aux carnassiers.

Dans les sahis et le saïmiri, les trous sous-orbitaires et jugaux sont petits ou médiocres.

[Dans tous ces singes, le trou ovale est en entier dans le sphénoïde, et l’apophyse ptérygoïde ne s’étendant pas jusqu’au rocher, on ne retrouve plus ici le trou qu’ont présenté en ce point quelques-uns des genres précédents.

Dans les ouistitis, le trou optique et la fente sphéno-orbitaire sont très-rapprochés , et la fente spliéno-maxillaire est très-allongée.]

Dans les makis proprement dits , deux trous sous-orbitaires se montrent, l’un au-dessus de l’autre , de chaque côté , vers le tiers du museau ; [quelquefois ils se rapprochent et se confondent en un seul.] Le jugal a un grand trou à la base de son apophyse post-orbitaire. Les trous orbitaires antérieurs sont percés dans le frontal. Le trou ptérygo-palatin est assez grand; il est entre le palatin et le maxillaire, comme dans l’homme; mais un autre trou de même fonction, un peu plus petit, et que l’on aperçoit en bas de l’orbite, en avant de l’ouverture du précédent, est tout entier dans le palatin, aussi bien que l’analogue du trou sphéno-palatin, [qu’il faut chercher' directement au-dessus du précédent, et qui est recouvert par une sorte de crête que lui fournit en ce point le palatin.] Derrière la racine de l’arcade zygomatique, devant le bord du méat auditif, est un trou glénoïdien, comme dans les sapajous , mais plus grand. [L 'avahi , les loris et le tarsier ont aussi ce trou. Il est petit dans les premiers, grand dans le troisième.] La fente orbitaire est un simple trou, au-dessous duquel est le trou rond ; le trou ovale est mince, étroit et très en arrière sur le flanc du rocher. [ Les.apophyses ptérygoïdes sont percées d’un trou, comme dans les guenons, à l’endroit où elles louchent la caisse, et près du trou ovale.]

Dans le loris grêle, le loris paresseux, les galagos , le tarsier , le trou lacrymal est un peu sur la joue ; le trou sous-orbitaire est petit et sur le côté; [son canal s’ouvre dans l’orbite, en avant et en dehors du trou analogue du sphéno-palatin, qui est petit, et placé plus en dedans de l’orbite à égale distance de l’embouchure du canal sousorbitaire et du trou ptérygo-palatin. Celui-ci est petit.] Les trous jugaux sont à peine perceptibles; la fenle orbitaire est un trou rond comme le trou optique. Le trou rond est fort en arrière sur la même ligne transverse et en dehors du trou ovale, qui est intercepté entre le sphénoïde et le rocher. [Dans Y avahi, le trou rond parait confondu avec le sphéno-orbitaire.]

b. Carnassiers.

Dans les chauves-souris proprement dites, le trou rond se joint le plus souvent au trou sphéno-

ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES

orbitaire pour former une seule ouverture ronde; [mais dans plusieurs genres, les noclilions , les rhinolophes , les rhinopomes , les taphiens , le t rou optique en est lui-même si rapproché, qu’il semble se confondre avec les précédents en une longue fente sphéno-orbitairc. Le trou ovale en est toujours distinct.] Le trou glénoïdien, derrière l’arcade zygomatique, est considérable, [et dans toutes les chauves-souris il parait se continuer avec un long canal qui remonte verticalement dans les parois du crâne pour venir s’ouvrir par un ou plusieurs trous , sur le côté , cl plus ou moins près de la crête sagittale. ] Le trou lacrymal s’ouvre en dedans de l’orbite. Le trou sous-orbitaire est ordinairement près du bord de cette cavité, excepté dans le vampire et les glossophages , où il est au milieu de la joue.

Dans les roussettes , il y a un grand trou surorbitaire à la racine de l’apophyse post-orbitaire du frontal. Le trou-sous-orbitaire est près du bord antérieur de l’orbite, sous le lacrymal, et est grand et court. Le trou rond se confond avec le trou ou fente sphéno-orbitaire en une seule ouverture ovale; mais le trou ovale est bien distinct et percé tout entier dans le sphénoïde. Je ne trouve pas de canal vidien. [Il y a un trou glénoïdien. Il y a aussi plusieurs conduits pariétaux comme dans les chauves-souris.] Les trous palatins sont au bord antérieur de l’os, vers le milieu du palais. Les trous incisifs sont confondus, attendu que l’intermaxillaire n’a point son apophyse inférieure ossifiée.

Dans le galéopothèque, le trou lacrymal est dans l’orbite. Le trou sur-orbitaire est grand à proportion , mais le sous-orbitaire est petit, quelquefois double, au-dessus de la deuxième molaire. Le trou ovale est intercepté entre le sphénoïde et le icmporal. 11 n’y a point de trou derrière l’arcade zygomatique, [ ni de canal dans les parois du crâne. L’analogue du sphéno-palatin parait être une fente allongée et étroite, en bas et eu dedans de l’orbite, entre le maxillaire et le palatin.]

Dans le hérisson, les trous incisifs sont petits et ronds. Le trou sous-orbitaire est médiocre, simple, au-dessus de la quatrième molaire; son ouverture postérieure est assez grande. Le trou lacrymal est tout au bord de l’orbite, mais hors de la cavité, et protégé en avant par une petite crête : il y a trois trous assez grands répondant a l’orbitaire antérieur, percés tan L dans le frontal qu’entre celui-ci et le sphénoïde. Le trou optique est trèspetit, élevé au-dessus du sphéno-orbitaire, qui ne sesépare du rond que par une très-mince traverse; l’ovale est assez grand, et en entier dans le sphénoïde. La petitesse de l’espace occupé par le palatin, dans le fond de l’orbite, fait que le sphénopalatin et le ptérygo-palatin sont très-près du sphéno-orbitaire et du rond: ils semblent en

quelque sorte les continuer; les uns et les autres sont cachés derrière des avances des os. [La base de l’arcade est percée d’un trou glénoïdien qui vient s’ouvrir sur le côté du crâne et dans le temporal. ]

Dans le tenrec il n’y a pas au palais de fente membraneuse-. Le trou sous-orbitaire est grand cl son canal court; le lacrymal ouvert sur la joue. Le trou sphéno-palatin est percé dans le sphénoïde antérieur et est fort grand ;. une arête en part qui va en arrière contourner en remontant le trou rond cl le trou sphéno-orbitaire, lesquels n’en font qu’un seul, [et cacher l’ouverture des trous optique et orbitaire antérieur.] Il y a un trou vidien bien marqué. Le trou optique est extrêmement petit; mais le trou orbitaire est trèsgrand. Le trou ovale est considérable, placé en arrière du vidien.

[Dans les eladohates, le jugal est percé, à la base de l’apophyse post-orbitaire, d’un large trou comme les makis. Le trou lacrymal est très-bas, sur le bord même de l’orbite; les trous optiques sont grands et très-rapprochcs l’un de l’autre. La fente sphéno-orbitaire est distincte du trou rond; et le trou ovale, extrêmement étroit, est situé tout au-devant de la caisse. On ne voit pas de trou vidien.

Le desinan a le trou sous-orbitaire très-grand, et ayant au-dessus de lui un petit trou lacrymal. Les trous sphéno-orbitaire, rond et ptérygo-palatin sont sensiblement comme dans le hérisson. Il a, ainsi que les musaraignes, les condylures, les taupes, les scalopcs, un trou vidien.

La taupe a des trous optiques distincts, percés comme toujours dans le sphénoïde antérieur et sur la crête qui sépare le crible ethmoïdal des fosses cérébrales moyennes; ils viennent s’ouvrir dans l’orbite , un peu au-dessus et en arrière du trou commun au sphéno-orbitaire et au rond; on y passe facilement un cheveu. Le trou ovale est considérable.

Dans le scalope, le trou ovale est ramené sur le côté , au bas de la fosse temporale, par le gonflement vésiculcux de l’apophyse ptérygoïde. Plus en avant et sur la même ligne, on voit successivement le trou rond, le sphéno-orbitaire, distinct du précédent, l’optique, et en avant de celui-ci le trou orbitaire antérieur. A côlé, et un peu en arrière du trou ovale , est le trou carotidien.

La chrysochlore a le trou optique au-dessus des trous sphéno-orbitairc et rond réunis; cl le trou ovale n’est séparé îles précédents que par une lamelle osseuse qui se détache du tubercule vésiculeux de la tempe pour venir rejoindre le corps du sphénoïde.]

Dans le chien, les deux trous incisifs sont oblongs , assez grands et bien séparés. Le lacry-

mal est. entièrement dans l’os de ce nom et dans l’orbite, mais près de son bord antérieur. Le sousorbitaire est une fonte verticale courte et large, assez près du bord de la mftehoire, au-dessus de la molaire qui précède Tant é- pénultième; il donne dans l’orbite par un canal qui s’ouvre dans un angle profond derrière la racine antérieure de l’arcade zygomatique , et aux bords duquel le lacrymal et le palatin contribuent. Dans ce bord même, du côté du palatin, est un trou particulier qui donne dans le nez , à peu près vis-à-vis le milieu des cornets supérieurs : c’est le reste d’un espace membraneux qu’on voit dans les jeunes , et il est toujours fermé ainsi. Le palatin a luimême, un peu en arrière de ce trou sous-orbitaire postérieur, deux trous rapprochés, dont le premier, analogue du trou sphéno-palatin , conduit dans le nez; le second , qui est l’analogue du canal ptérygo-palatin , donne dans le palais par deux trous. Il y a de plus, derrière la dernière mâchelière , une échancrure commune au maxillaire et au palatin, qui tient en partie lieu de canal ptérygo-palatin. Le trou optique, le trou sphéno-orbitaire qui n’est guère moins rond et seulement un peu plus grand, et le trou rond, sont à la suite et près l’un de l’autre dans le fond de l’orbite, sur une ligne montant obliquement on avant. Le trou ovale est plus en arrière, en dedans de la facette glénoïde; un canal vidien, court et gros , va du trou rond au bord interne du trou ovale ; celui-ci , ainsi que le rond , est entièrement percé dans le sphénoïde postérieur ; l’optique est dans l’antérieur ; le sphéno-orbitaire sur la ligne de séparation. L’orifice de la trompe d’Eustache est à la pointe du rocher; derrière le trou ovale et un peu plus en dedans, à la même pointe, est le trou carotidien, dont le canal est beaucoup plus en avant, plus droit et plus court que dans l’homme; et de là commence un canal qui va en arrière rejoindre le trou déchiré postérieur ; celui-ci est beaucoup plus en arrière des précédents que dans l’homme, à cause de la grandeur de la caisse vésiculeuse que les sépare : c’est une ouverture transverse. Le trou stylomastoïdien est derrière le méat auditif externe, en dehors de la caisse, avant l’apophyse para-mastoïde. Le trou condyloïdien est au droit de cette apophyse et plus en avant que le condyle. En avant du méat auditif externe et à la racine de l’arcade zygomatique, est le trou glénoïdien , ouverture d’un canal veineux assez large, auquel ne répond dans l’homme qu’un très- petit trou, et qui aboutit au sinus de la base de la tente.

[Dans les ours, comparés au précédent, les trous incisifs sont fort écartés en arrière, et entre eux existe un petit trou ovalaire que nous retrouverons plus ou moins marqué dans les genres suivants. Le trou sous-orbitaire est beaucoup moins

en avant sur la joue; le plérygo-palatin, compris entre le maxillaire el le palatin , est étroit, tandis que l’analogue du sphéno-palatin est gros et arrondi.] Le trou orbitaire antérieur, l’optique, le sphéno orbitaire et le rond sont sur une ligne obliquement montante, protégée en dessus et en arrière par une crête de l’aile temporale du sphénoïde postérieur.

[ Dans le coati, le trou sous-orbitaire est comme dans l’ours, et le trou ovalaire entre les incisifs est grand; il est au contraire assez petit dans le raton : dans celui-ci et dans le benturong , le trou sous-orbitaire est grand, arrondi, et percé sous le bord même de l’orbite. Dans ces trois genres les trous du fond de l’orbite sont plus rapprochés l’un de l’autre et sur une ligne bien moins oblique que dans l’ours. Le beniurong a un canal vidien; mais on n’en voit pas au coati ni au raton. Le canal qui, dans le chien, part du même point que le carotidien, et vient aboutir en passant sous la caisse, au trou déchiré postérieur, vient s’ouvrir dans ces trois genres à la face postérieure et interne de la caisse, plus ou moins près du trou déchiré postérieur, dont il est distinct.

Dans le kinkajou, le trou lacrymal est très-bas dans l’orbite, et il n’y a pas de canal vidien.

Dans les civettes , les zibeths, les genettes et les paracloxures, le trou sous-orbitaire est près du bord de l’orbite, mais moins que dans le raton. Les trous optique, sphéno-orbitaire et rond sont comme dans les précédents; il y a un canal vidien très-grand, excepté dans la genetle. Le trou ovale est moins rapproché du carotidien dans le sibelh. Dans tous, le trou analogue du sphéno-palatin est beaucoup plus grand que l’analogue du ptérygopalatin situé au-dessous de lui : cela est surtout notable dans lagenette. Le trou déchiré postérieur est réduit à un trou arrondi. Le trou glénoïdien est fort petit, s’il existe. Les mangoustes ont aussi un canal vidien. Dans la mangouste de Java, le trou ovale est très-éloigné de celui-ci et touche presque à la caisse. Le trou condyloïdien antérieur, fort rapproché du trou déchiré, s’ouvre quelquefois dans celui-ci, comme dans le paracloxurc. Le blaireau a un trou sous-orbitaire trèsgrand ; les jmoas, les martes, l’ont moindre, quelquefois double. Tous ces animaux manquent de canal vidien, comme le raton. Dans les mouffettes, 1 es putois, le petit canal percé sous la caisse laisse voir ses ouvertures antérieure et postérieure distinctes.]

Les loutres ont encore le trou sous-orbitaire plus large que dans le blaireau, et presque autant que dans certains rongeurs; le trou lacrymal est au-dessusdu sous-orbitaire inférieur. Le trou rond se confond extérieurement avec le trou sphénoorbitaire, mais intérieurement il en est séparé assez longtemps par une lame osseuse. Le canal

AlllTCLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES.

veineux, au lieu d’être un peu en dehors du trou auditif, comme dans le chien, est un peu en dedans, de même que dans les précédents.

Dans les chats, le trou sous-orbitaire est médiocre, il est tout près de l’os jugal, et conséquemment le canal sous-orbitaire est très-court. Les trous sphéno et ptérygo- palatins sont dans le palatin; [le premier beaucoup plus grand que le second.] Les trous optique, sphéno -orbitaire, rond, ovale, sont comme dans le chien. Je ne trouve pas de canal vidien entre ces deux derniers. Le trou glénoïdien derrière l’arcade zygomatique ne se trouve pas. [Le trou condyloïdien s’ouvre plus ou moins profondément dans le déchiré postérieur.]

Dans l'hyène, le trou lacrymal est dans l’orbite; le sous-orbitaire est comme dans le chien, mais moins avancé sur la joue; le sphéno et le ptérygopalatin sont plus grands que dans le chien , mais commedanscclui-ci de grandeur à peu près égale. Le ptérygo-palalin est double. Le trou optique, le spbéno-orbitaire , le rond, le vidien et l’ovale diffèrent peu du chien. J’ai un individu où il y a un canal vidien d’un côté et pas de l’autre. [Le trou condyloïdien s’ouvre dans le déchiré postérieur, de telle façon qu’on ne le voit pas à l’exlérieur.]

Dans le phoque commun, le trou sous-orbitaire est encore grand, quoique moindre que dans la loutre, et son canal est très-court. L’analogue du sphéno-palatin est très-grand, [ quelquefois double. Le ptérygo- palatin est plus petit et au-dessous du précédent.] Le trou rond se confondaveclafente sphéno-orbitaire. Je ne vois de canal vidien qu’au trou en dedans du bord antérieur de l’apophyse ptérygoïde du sphénoïde. Le trou ovale est petit et tout près de la caisse. Le canal carotidien s’unit au trou jugulaire, et donne en dedans du crâne un canal recourbé , logé dans la paroi interne inférieure de la caisse, et qui s’ouvre d’une part à sa face interne et postérieure par un trou rond, et d’une autre part en avant, à la pointe de la caisse par une lente étroite qui occupe la place où est le trou carotidien dans le chien. Le trou jugulaire est très-grand , ainsi cpie le condyloïdien. Extérieurement , la caisse a un enfoncement au milieu duquel est percé le trou stylo-mastoïdien.

[Danslep/ioçMcàcré/eetdans 1 ephoque à trompe, le trou ovale est rejeté plus en dehors par le développement des caisses. Dans le dernier, le trou carotidien ne se distingue pas du trou jugulaire; il iaut en dire autant du phoca leptonyx , où le trou déchiré postérieur est petit. Le trou analogue du vidien, dans le phoque commun , ne se retrouve pas dans les autres genres, excepté dans le phoque à ventre blanc, où ce n’est plus un trou , mais une grande ouverture qui fait communiquer le fond de l’orbite avec la fosse méso-ptérygoïde.

Dans les otaries, le trou analogue du sphénopalatin parait se confondre avec la grande ouverture membraneuse de l’orbite. Elles ont un véritable et. grand trou vidien en avant du trou ovale. Le trou carotidien s’ouvre, comme dansleschiens, à la pointe de la caisse, et le trou de la (ace postérieure et interne de la caisse débouche presque dans le trou déchiré postérieur.]

Dans le morse, le trou sous-orbitaire est grand et. son canal très-court. Le palatin est percé dans l’orbite d’un énorme trou qui tient lieu de sphénopalatin. Le trou optique, le sphéno-orbitaire et le rond qui lui est uni , sont cachés dans un sillon profond du sphénoïde. L’orifice postérieur du canal vidien et le trou ovale sont percés dans un enfoncement entre la facelle glénoïdc, l’aile plérygoïde et la caisse.

c. Marsupiaux.

Dans les sarigues, le trou sous-orbitaire est audessus de la deuxième molaire, de grandeur médiocre , et donne naissance à un canal assez long. Il ya tantôt deux trous lacrymaux, tantôt un seul sur le bord de l’orbite. Dans la partie orbitaire du palatin, est un trou analogue du sphéno-palatin. Le trou commun au maxillaire et au palatin, dans l’aile qu’ils forment ensemble , tient lieu du ptérygo-palatin et de l’échancrure qui, dans le chien, remplit une partie de ses fonctions. Le trou optique est confondu dans le trou sphéno-orbitaire; mais le trou rond en est fort distinct , placé plus en arrière, ainsi que le trou ovale qui est assez éloigné du rond et tout près de la base antérieure de la caisse; [il parait même se confondrcquelquefois avecle déchiré antérieur.] Le trou carotidien esten dedans de l’ovale et plus petit; mais il y a de plus, en avant, deux trous particuliers dont le postérieur, ou plus petit, pénètre dans le crâne à côté de la loge de la glande pituitaire, et dont l’antérieur, qui est plus grand, donne dans un canal qui communique avec celui de l’autre côté, en perçant entre les deux lames de l’os. [Il y a encore dans le temporal, derrière la racine de l’arcade zygomatique, deux trous glénoïdiens : l’un tout près de la base de l’apophyse post-glénoïdienne, l’autre plus en dehors et en arrière; ils communiquent ensemble par un canal sous l’arcade, et viennent tous deux s’ouvrir dans le crâne entre le temporal et le rocher.

Dans le thylacine, le trou sous-orbitaire est au-1 dessus de l’anlé-pénultièmc molaire; ce qui rend son canal très-court. Il y a un trou lacrymal sur la joue et un autre dans l’orbite. L’analogue du sphéno-palatin est grand, ovale, entre le palatin et le maxillaire. On ne voit, pour faire l’ofiiee du plérygo-palatin , qu’une fente en arrière des molaires et formée par une pointe saillante du pa-

ÎTUITIÈME LEÇON. — OSTÉOLOGÏE I)E LA TÈTE.

latin.il y a un trou orbitaire interne assez grand. Le reste des trous est fort semblable à ce rj u i se voit dans les sarigues , et l’on peut en dire autant du dasyure oursin.

Dans les péramèlos , le trou sous-orbitaire est loin de l’arcade, au-dessus de la quatrième molaire. Le trou lacrymal est tout près de l’union de cet os avec le jugal. L’analogue du ptérygo-palatin est, comme dans le sarigue, et le sphéno-palatin est immédiatement au-dessus et tout dans le palatin.

Il y a peu de différence dans les clasijures. Le trou ovale y est reporté tout à fait en dedans de la caisse à cause du grand développement de celleci, et il se trouve très-voisin d’une des paires de trous qu’on pourrait appeler sphénoïdiens ; car ici, comme dans les genres précédents, ils sont percés dans le sphénoïde.]

Dans les phalangers et dans le phalanger volant le trou sous-orbitaire est plus reculé que dans les sarigues et les péramèles; son canal est plus court. Le trou analogue du sphéno-palalin se trouve sur la suture du palatin et du maxillaire ; le ptérygopalalin également , mais plus en arrière et plus en bas. Les trous optiques, qui déjà dans le sarigue se confondaient l’un avec l’autre , dans le phalanger, où ils sont plus grands , ouvrent par leur réunion une communication entre les deux orbites, par-dessus le corps du sphénoïde et derrière sa partie qui répond aux petites ailes orbitaires. Le trou sphéno-orbitaire ne se distingue de l’optique que par une petite lame incomplète; mais le trou rond est fort distinct, ainsi que l’ovale qui en est plus éloigné à proportion que dans le sarigue. Les deux trous particuliers à celte famille, le long de la buse postérieure de l’apophyse plérygoïde interne, se retrouvent ici, mais fort petits. Le carotidien est en revanche fort grand, ainsi que le jugulaire. [Les deux trous glénoïdiens sont fort éloignés l’un de l’autre; l’un est au fond de la cavité glénoïde, et l’autre reporté très-haut au bout de la gouttière que forme le temporal sur le côté du crâne.

Dans le potoroo , les trous sont à peu près comme dans les dasyurcs; mais le trou glénoïdien supérieur est remarquablement plus grand que dans les précédents. ]

De la hauteur des apophyses plérygoïdes interne et externe, et de la hauteur correspondante du palatin et du maxillaire, il résulte dans le kanguroo plusieurs rapports avec l’homme; savoir : que le trou rond est caché dans un enfoncemenl ou on ne l’aperçoit qu’avec peine dans un crâne entier, et que le trou ptérygo-palatin est un véritable canal assez long. Quant aux trous analogues au spliéno- palatin , il y en a trois, tous éloignés du rond, dont deux dans le palatin , et un entre lui et le maxillaire. Le sous-orbitaire est sur la

première molaire et médiocre; son canal s'ouvre dans l’orbite au-dessusde la quatrième. Il y a deux trous lacrymaux, un petit, supérieur, et un grand.

Je ne vois pas de canal vidien. La trompe se trouve presque entièrement formée par le sphénoïde. Le carotidien et le jugulaire sont fort rapprochés, l’un en avant, l’autre en arrière d’une arête qui s’unit h l’apophyse para-mastoïde.[Les trous sphénoïdiens existent également. i

Le koala a le trou sous-orbitaire tout près du bord de l’orbite et très-haut sur la joue. Les trous analogues des spliéno et plérygo-palatins sont très-éloignés l’un de l’autre. Le premier est en avant, près de l’ouverture postérieure du canal sous-orbitaire; l’autre est réduit à une étroite fente entre le palatin et le maxillaire. Les trous optique, sphéno-orbitaire et rond, sont tout près l’un de l’autre. Au-dessous du rond, on voit un ou plusieurs trous qui se prolongent en un long canal à travers la base de l’aile plérygoïdienne et de la caisse, et viennent s’ouvrir non loin du trou jugulaire. Le trou ovale est en arrière du trou rond, au milieu de l’aile temporale du sphénoïde. Enfin, à l’endroit où cet os se rende en une grande caisse, il y a deux trous très-proches l’un de l’autre, et qui nous semblent être les analogues des trous sphénoïdiens qui , ici , forment deux longs canaux, à cause de la hauteur de l’aile ptérygoïde. ]

Dans le phascolome , le Irou sous-orbitaire est au-dessus de la première molaire. Le lacrymal a deux fort petits trous l’un au-dessus de l’autre, en arrière de son crochet. On voit à peine les Irous analogues au sphéno-palalin. Le ptérygo-palatin forme un petit canal court à l’angle postérieur externe du palais. Les optiques sont confondus et petits. Le rond se distingue par une barre complète du sphéno-orbitaire. L’ovale est presque entièrement dans le temporal. [Il y a quatre ou cinq trous percés dans le temporal sur les côtés du crâne, et un dans l’enfoncement qui est derrière la facette glénoïde. Les trous sphénoïdiens existent. La paire la plus antérieure est percée au fond de la fosse ptérygoïde.]

d. Rongeurs.

Dans Vaye-aye, le canal lacrymal est hors de l’orbite. Le trou sous-orbitaire est fort petit; les trous incisifs sont ronds, médiocres, immédiatement derrière les incisives. Le trou orbitaire antérieur, qui est grand , est commun au sphénoïde antérieur et au frontal. L’analogue du sphénopâlatin est tout entier dans le palatin; le ptérygopalatin n’est qu’un trou en arrière de la dernière molaire , dans le palatin. Le trou optique est médiocre. Près de lui est le rond , qui se confond avec le sphéno-orbitaire. L’ovale est distinct [et

ARTICLE DEUXIÈME

plus en arrière, près de la suture du sphénoïde avec le temporal.] Je ne vois pas de canal vidien. Le carotidien est petit, le jugulaire médiocre.

Dans les lièvres , les trous incisifs sont énormes en longueur. Le trou sous-orbitaire est lort petit, et donne du côté de l’orbite dans une fissure étendue en travers , et dont le lacrymal forme en partie la voûte supérieure. Les deux trous optiques sont réunis en un seul. Le trou rond se confond avec le spliéno-orbilaire. Le canal vidien n’est qu’un trou dans l’aile ptérygoïde externe, [ et que l’on distingue dans l’orbite tout près et en dehors des précédents.] Le trou ovale est commun entre le sphénoïde et le rocher. [Un petit trou, percé dans la caisse, sur les côtés de la surface basilaire, paraît seul représenter le trou jugulaire.] Le méat auditif, dans l’adulte, est ossifié sur un long espace et saillant; [à la base et en arrière de ce méat se montre le trou stylo-mastoïdien. ]

Dans la marmotte , les trous incisifs sont étroits et médiocrement longs. Le trou sous-orbitaire est petit, percé non loin du palais et de la suture intermaxillaire; son bord se réfléchit en une sorte de crête; [le trou lacrymal est dans l’orbite.] L’optique est grand; le sphéno-orbitaire et le rond sont au-dessous et en arrière cachés par une avance de l’aile temporale; le premier, comme toujours, est entre les deux sphénoïdes ; le second, séparé de lui par une mince traverse. Le canal vidien est gros , percé dans la base de l’aile ptérygoïde externe, et son ouverture est divisée en deux par un filet osseux : c’est dans ce canal que s’ouvre le trou ovale qui est tout entier dans le sphénoïde. Le trou analogue du sphéno- palatin est percé' entre le palatin et le maxillaire à leur point d’union avec le frontal. Le canal analogue du ptérygo-palatin postérieur est un simple trou, et quelquefois une simple échancrure commune au palatin et au maxillaire; mais il y a un véritable canal antérieur ; -rcédansle palatin et très-étroit. Les trous carolidiens et jugulaires sont, petits. On voit dans le temporal un trou au travers duquel paraît le rocher, et qui prendra de l’extension dans plusieurs genres suivants.

Dans les écureuils , [les trous sont, pour la plupart, assez semblables à ceux de la marmotte.] L’analogue du sphéno - palatin est très-grand; le trou rond se confond avec le sphéno-orbitaire; l’ovale reste fort distinct. [Mais dans l’épaisseur de l’aile ptérygoïde du sphénoïde, outre le gros canal vidien qui est à sa base, existe un autre canal plus étroit qui semble en être une branche, et qui s’ouvre en dehors du trou commun au sphéno-orbitaire et au rond, La même chose se voit dans la marmotte. De plus, les deux canaux vidiens communiquent l’un avec l’autre à leur embouchure postérieure par un canal transversal

TÊTE DES MAMMIFÈRES. 543

percé dans l’épaisseur du corps du sphénoïde.] Dans le castor, le trou sous-orbitaire est trèspetit et voisin de la suture inter-maxillaire; il a aussi une petite crête en dehors : les trous incisifs s’arrêtent à la suture inter-maxillaire. A la base de l’apophyse ptérygoïde externe est percé un trèsgros canal vidien dans lequel donne un grand trou, qui me parait tenir lieu de l’ovale, du rond et du sphéno-orbitaire. Le trou analogue du sphéno-palatin est médiocre et près de la suture du maxillaire et du frontal, mais dans le premier.

■ Deux trous représentent le ptérygo-palatin : l’un dans le maxillaire, sous le trou optique; il s’ouvre au milieu du palais; l’autre, bien plus en arrière, sur la suture du maxillaire et du sphénoïde postérieur, dans ce gros canal que j’ai appelé vidien. Il s’ouvre au bout de l’arcade dentaire. [Le trou déchiré antérieur est grand, le postérieur médiocre. Le trou condyloïdien est grand; le méat auditif forme un tube bien plus long que dans le lièvre : le trou du temporal est assez peLit, et n’est pas constant. ]

Dans les oryclères , le trou sous-orbitaire es’t petit, près du bord de l’orbite, et son canal trèscourt. Les trous incisifs sont presque en entier dans le maxillaire. [Le trou optique est très-petit. Le canal vidien communique dans le crâne par une grande fente qui représente aussi le trou sphéno-orbitaire et le rond; mais le trou ovale est distinct, plus en dehors. L’aile ptérygoïde offre aussi les mêmes trous que dans l’écureuil et la marmotte.]

Dans l’ ondatra et les rais d’eau , [nous voyons pour la première fois cette forme du trou sousorbitaire que nous avons comparée à une virgule.] Ce trou, assez grand, vertical, est. précédé d’une concavité particulière creusée dans la joue. Les trous incisifs entament les maxillaires jusque visà-vis ta première molaire. 11 y a un très-grand trou au temporal derrière l’arcade, lequel est en partie seulement fermé par le rocher. [Le reste à peu près comme dans l’oryctère. ]

Dans les rais proprement dits, le trou sous-orbitaire s’agrandit, et surtout s’élargit de sa partie supérieure. [Il est également précédé d’une poche creusée dans le maxillaire. ] 11 n’y a pas de trou à leurtemporal. Les trous optiques sonlplus grands; les trous ou fentes sphéuo-orbilaires sont énormes; mais le trou ovale est plus petit qu’aux rats d’eau. Le canal vidien est court et étroit. [Le canal de communication d’une fosse ptérygoïde à l’autre, à travers le corps du sphénoïde, est très-distinct.

Les gerbilles ont aussi le trou sous-orbitaire eu virgule, mais peu large à son sommet : outre les trous incisifs qui sont grands, il y a deux fentes longitudinales dans le palais, qui s’ouvrent dans le fond de l’orbite où elles représentent le trou ptérygo-palatin. L’analogue du sphéno-palatin

est percé à l’cxtrémilé antérieure «le cette l'ente. Les trous spliéno-orbitnire et rond sont réunis, l’ovale est distinct. L’étendue de la caisse réduit à rien les trous déchirés.

Les hamsters ont les trous du crâne, à fort peu de chose près, comme dans les rats.]

Dans les loirs et làrots , le trou sous-orbitaire est plus petit; leurs trous incisifs ne sont qu’à moitié dans les maxillaires. Le trou ovale est distinct, et le plus en dehors : le déchiré antérieur est grand.

Dans le spalax , le trou sous-orbitaire est grand et arrondi, en sorte qu’on serait tenté de le prendre pour un petit orbite. L’optique est presque imperceptible.

[Dans le rhizomys do Sumatra, le trou sousorbitaire est médiocre et situé très-haut près du frontal.

Mais c’est surtout dans les gerboises que se présente, dans de grandes dimensions, cette ouverture que nous nommons Vanneau préorbitaire , et qui se confond dans beaucoup de genres avec le trou sous-orbitaire , mais qu’il faut cependant en distinguer, car dans 1 e gerboa le trou sous-ortaire existe au-dessous de cet anneau , et dans Valactaga il en est aussi presque entièrement séparé par une petite lame verticale. Le trou ovale paraît se confondre en partie avec le trou déchiré, ayant un peu au-devant de lui le canal vidien. Il y a dans Valactaga un trou au temporal, au-dessus du méat auditif.

Dans les hélamys , le trou sous-orbitaire et l’anneau ne font qu’un. Les trous incisifs entament à peine les maxillaires; le trou lacrymal est percé sous la racine de l’arc vertical de l’anneau préorbitaire; le trou optique est grand. Audessous des sphéno-orbitaire et rond réunis , s’ouvre un trou qui vient aboutir dans le crâne sur le milieu du basilaire. Le trou ovale paraît se confondre avec le déchiré antérieur qui est très-grand.

Dans les échymis , le trou avale est distinct; au-devant de lui , dans l’épaisseur de l’aile ptërygoïde externe, est un petit canal qui représente le vidien. A la base de l’aile ptérygoïde interne en est un autre qui traverse obliquement le corps du sphénoïde. Le fond de la fosse ptérygoïde se confond avec le trou commun au sphéno-orbitaire et au rond. La même chose a lieu dans le capromys, excepté que le trou à la base cle l’aile ptérygoïde interne n’existe pas, et que le trou déchiré antérieur est plus grand.]

Dans le porc-épic commun, les trous incisifs sont fort petits, et dans l’inter-maxillairc, le trou analogue du spliéno- palatin est fort gros et au milieu du maxillaire; de plus, cet os a un trou particulier à la racine inférieure interne de l’anneau sous-orbitaire. [Le trou optique est fort enfoncé;

le rond est confondu avec le sphéno-orbitaire , et l’ovale avec le déchiré antérieur : le déchiré postérieur est fort petit. Il y a dans* l’aile ptérygoïde externe deux canaux, l’un inférieur, s’ouvrant en arrière 5 la racine de celte aile; un autre supérieur, et s’ouvrant près du temporal. C’est le premier qui paraît être l’analogue du canal vidien.]

Dans Vurson , la grandeur extrême du trou analogue au sphéno-palatin le rapproche de l’écureuil. [Il a, comme les précédents, le trou et le canal sous-orbitaire confondus avec l’anneau. Fort loin en arrière du trou optique, sont les trous sphéno-orbitaire et rond réunis, et qui ne sont séparés que par une mince languette osseuse, de l’ovale et du déchiré antérieur aussi réunis.

Dans le coendou , les détails sont les mêmes : le trou déchiré antérieur est seulement plus petit.

Dans le couia, les trous sont disposés comme dans l’urson ; seulement le trou lacrymal est plus grand. ]

Dans Vagouti, les trous incisifs sont deux petites fentes obliques entièrement dans l’os inter-maxillaire. Le trou particulier du maxillaire sur la racine inférieure de l’anneau sous-orbitaire est une fosse assez grande à laquelle le lacrymal contribue, et dont le fond antérieur donne naissance à un petit canal qui va dans le nez. Le canal lacrymal, tout entier dans l’os de ce nom. donne dans cette fosse , et s’y ouvre dans son fond postérieur. Le trou optique est grand, ainsi que le sphénoorbitaire qui comprend le rond. L’ovale reste distinct du déchiré antérieur. Celui-ci eslassezgrand, mais le postérieur est très-petit. [Le trou analogue du sphéno-palatin est petit, et dans le maxillaire , près du lacrymal.]

Dans le paca, les trous incisifs sont très-petits, dans l’inter-maxillaire , et cachés dans les côtés d’une fosse formée par les bords internes des sinus sous-maxillaires. [ Au bas de l’anneau préorbitaire est un long sillon qui représente le canal sous-orbitaire. ] Il n’y a qu’un trou analogue au sphéno-palatin. Le trou ovale s’unit au déchiré antérieur, mais il laisse en avant un petit trou particulier, sans doute pour un des filets du nerf.

Dans les cochons d’Inde , les trous incisifs sont médiocres, et communs aux inter-maxillaires et aux maxillaires. [Le canal demi- ouvert au bas de l’anneau pré-orbitaire existe comme au paca , et de plus il est borné en dehors par une petite arête verticale. La fosse sur la joue est très-profonde. Le trou analogue au sphéno-palatin est commun au lacrymal, au frontal et au maxillaire. Il est fort près, et en dedans du canal lacrymal. Celui-ci aboutit, comme dans l’agouti, dans la fosse du maxillaire. Le trou déchiré antérieur est énorme , et comprend l’ovale. Le postérieur est fort étroit.] Le temporal n’a point de trou ni d’échancrure pour montrer le rocher.

ARTICLE DEUXIÈME

[ Dans 1rs kérodons, il n’y a pas de demi-canal disl inet de l’anneau. Le Irou déchiré antérieur est petit j cependant il comprend aussi I ovale. Les sphéno-orbitairc et rond sont réunis.

Dans le cabiai , l’anneau pré-orbitaire est trèsgrand et sans sillon ni canal. Le trou optique est proportionnellement très-petit. L ovale se confond très-probablement avec le déchiré antérieur, qui est grand et arrondi. Le postérieures! nu contraire très-allongé.

Dans la viscache, outre le grand anneau préorbitaire, il y a un canal sous-orbitaire, presque fermé par une forte lame verticale, comme dans l’alactaga. Il y a aussi une fossette dans le maxillaire. peu étendue mais profonde ; il y a une longue fente horizontale entre le frontal et le maxillaire, au fond de laquelle est sans doute le trou analogue au sphéno- palatin. Le ptérygo- palatin s ouvre dans le palatin , tout près du maxillaire. Le trou optique est grand. Les trous sphéno -orbitaire et rond paraissent n’êtrc séparés que par une étroite languette du sphénoïde des trous ovale et. déchiré antérieur. Le déchiré postérieur est allongé.

Dans le chinchilla, il n’y a pas de canal sousorbitaire distinct de l’anneau. ]

e. Edenlcs.

Dans l'unau, les trous incisifs sont petits et ronds; le trou lacrymal est percé sur le bord de l’orbite. Sous la base du jugal est percé un trèscourt canal sous-orbitaire. Le trou optique, le sphéno-orbilaire et le rond sont distincts et. trèsprès l’un de l’autre. Au-devant et un peu au-dessous d’eux, dans le palatin, est l’analogue du sphéno-palatin; [et au-dessous de celui-ci l’analogue du ptérygo-palatin.] L’ovale est à la base externe de l’apophyse plérygoïde. [11 n’y a pas de trou déchiré antérieur ; le postérieur est irrégulièrement circonscrit entre le basilaire et le rocher; à la base de l’arcade zygomatique du temporal est le trou qui conduit dans les cellules de cet os.

Les trous sont disposés de même dans les aïs, si ce n’est que le renflement de la caisse réduit à un simple trou arrondi le déchiré postérieur, et ne laisse pas voir le trou de communication dans les cellules du temporal. Nous avons parlé des deux trous qui sont à la face interne de l’aile ptérygoïde.]

Dans les tatous en général, les trous incisifs sont petits, entièrement dans l’os du même nom. Les trous sous-orbitaires sont également peu larges, et leur canal est de longueur médiocre. Le trou lacrymal est sur le bord de l’orbite en dehors ; le trou optique, le sphéno -orbitaire, le rond el l’ovale sont tous distincts.

Dans Vcncouhert , le canal sous-orbitaire est

TÊTE DES MAMMIFÈRES. 545

creusé dans la base même de l’arcade. Il y a dans le haut de l’orbite deux forts trous orbitaires supérieurs, et dans le bas, entre le palatin et le maxillaire, un gros trou tenant lieu du sphéno-palatin et du ptérygo-palatin. Le trou sphéno-orbilaire est près de l’optique; puis, plus en arrière, sont le rond et l’ovale très-rapprochés l’un de l’autre. Le trou carotidien, petit, se voit à la pointe de la caisse, et en dehors entre cet os et le rocher, un trou stylo-mastoïdien considérable; le trou déchiré postérieur est réduit à une fente ovale. Il y a sur les côtés du crâne el à la face occipitale des trous nombreux destinés à des vaisseaux.

Dans le cabassou, les trous sphéno et ptérygopalatins sont distincts et percés l’un dans le palatin , l’autre dans le maxillaire.

Dans les tatous cachicames, le canal sous-orbitaire est creusé plus bas que la base de l’arcade; le trou analogue au sphéno-palatin est creusé dans ce canal même entre l’elhmoïde et le maxillaire, et le trou analogue au plérygo-palatin est un peu plus en arrière et au-dessous, aussi dans l’ethmoïde, et près de la fin du maxillaire. [Le trou rond est grand et très-près des trous optique et sphéno-orbilaire; l’ovale est médiocre et assez voisin du rond. Il y a de grands trous déchirés antérieur et postérieur qui se confondent en contournant le rocher.]

Dans le tatou géant , le trou sous-orbitaire est à peu près au milieu du maxillaire sur la joue, et le canal orbitaire assez long. [L’aualogue du ptérygo-palatiu est près de son embouchure dans l’orbite; le sphéno-palatin est plus en arrière, et termine un long sillon qui lui est commun avec le sphéno-orbilaire, lequel est île beaucoup plus grand que l’optique. Le rond est rejeté plus en arrière et près de l’ovale.

Dans Voryctérope, les os maxillaires sontereusés au palais d’un canal longitudinal large et peu profond, qui parait loger quelque organe aboutissant aux trous incisifs. Ceux-ci sont assez grands et fort séparés. Le trou lacrymal est en avant du bord de l’orbite. Le sous-orbitaire est entre le lacrymal et l’anté-pénultième molaire, de grandeur médiocre. Un grand trou, à chaque angle du bord postérieur du palatin, remplit l’oflicc du canal ptérygo-palatin. 11 y a au frontal, sous l’apophyse post-orbitaire, un grand trou qui pénètre dans les sinus lrontaux. Le trou orbitaire antérieur est grand, et placé eutre le frontal et le sphénoïde antérieur. Le Irou optique est médiocre. Le sphénoorbitairc, auquel le rond s'unit, est un peu plus grand que l’optique; l’ovale est distinct et entièrement dans le sphénoïde.

Dans les pangolins, le trou lacrymal est percé dans l’angle de l’orbite en dedans, entre le frontal et le palatin : il est aussi gros que le trou sousorbitaire est petit : le canal de ce dernier est

HUITIÈME LEÇON. — ostéologie de la tète.

ôéG

court. Il y n dans la pnlnlin deux trous répondant au sphéno et nu plérygo-palatin. L’orbitaire antérieur est entre le frontal et le sphénoïde antérieur. Le trou optique est au-dessous et médioerc; le sphéno-orbitairc, rond et grand, embrasse aussi le rond ; l’ovale est distinct, entièrement dans le sphénoïde. Le trou condyloïdien estgrand, mais le déchiré postérieur et le carotidien sont petits. [Tout à fait à la base de l’arcade est un petit trou, qui conduit sans doute dans les cellules du temporal. ]

L e phatagin n’a point de trou lacrymal.

Dans le tamandua, le canal sous-orbitaire est assez long, mais étroit. Dans le rétrécissement du palatin sont deux trous répondant, au sphéno et au ptérygo-palatin. Entre le temporal et l’occipital est un {grand trou jugulaire. Le condyloïdien, le stylo-mastoïdien, n’ont rien de particulier.

Dans le tamanoir, les divers trous présentent peu de différence, si ce n’est que le trou rond est distinct du sphéno-orbitaire.

Dans 1 e fourmilier didactxjle, le trou optique est plus grand que le sphéno-orbitaire. Le trou rond est distinct, situé au-dessous du précédent, et extrêmement petit.

f. Pachydermes.

Dans l’ éléphant, le trou incisif, fort large en bas et en arrière, se rétrécit en un long canal qui monte entre les inter- maxillaires et les maxillaires, jusqu’au plancher des narines. 11 n’y a point de trou lacrymal. Le trou sous-orbitaire est assez large et forme un canal très-court dans la base antérieure de l’arcade. Le trou optique qui est petit, le trou sous-orbitaire qui comprend aussi le rond et est assez grand , sont aussi cachés dans l’enfoncement derrière la crête sphéno- frontale dont nous avons parlé. Il y a à la base de l’aile du sphénoïde un grand trou vidien. L’ovale se confond avec le carotidien. L’analogue du sphéno-palatin est dans le large et court canal sous-orbitaire. Celui du plérygo-palatin est caché auprès du sphénoorbitaire. La hauteur des molaires fait qu’il donne naissance à un très-long canal. Le condyloïdien me parait se confondre avec le jugulaire. Le trou auditif est au-dessus de la base postérieure de l’arcade.

Dans l'hippopotame , le trou sous-orbitaire est de chaque côté à la partie la plus étroite du museau, au-dessus de la troisième molaire. Il y a dans l’orbite deux trous orbitaires supérieurs : un trou analogue du sphéno et du plérygo-palatin, un trou optique petit, un trou sphéno-orbitaire qui embrasse aussi le rond. Le trou ovale s’uniL avec les déchirés antérieur et postérieur, de manière à entourer plus des deux tiers de l’os lympanique d’une ceinture vide. Le trou condyloïdien est

assez proche. Le trou auditif exlcrne est petit, près du bord supérieur de la racine postérieure de l’arcade. Il donne naissance à un long méat caché dans l’épaisseur de l’os.

[Tous les animaux du genre cochon, les sangliers, les pécaris, les hahiroussas, les phacochœrcs, ont un caractère commun : c’est l’existence, h la partie antérieure du front, entre les orbites, de deux trous qui se continuent en avant en deux sillons assez marqués. Ceux-ci sc rapprochent à angle plus ou moins aigu , selon les espèces.] Il y a, excepté dans les pécaris , deux trous lacrymaux qui sont percés, le supérieur au bord même, l’autre un peu en avant du bord de l’orbite. Le trou sous-orbitaire est assez grand. Son canal s’ouvre largement dans l’orbite, à sa place ordinaire. A la voûte supérieure de l’orbite , est un trou surorbitaire qui conduit au trou percé sur le front. Le trou orbitaire antérieur est près de la suture avec le sphénoïde antérieur. Les trous analogues au sphéno et au ptérygo-palalin sont dans le canal sous-orbitaire. Le dernier donne dans le palais , vis-à-vis la pénultième molaire. Le trou optique elle trou sphéno-orbitaire, qui comprend aussi le rond , sont rapprochés comme à l’ordinaire et assez grands. L’ovale en est séparé par toute l’apophyse plérygoïde externe. Il est commun au sphénoïde et au temporal , et n’est séparé que par une petite arête osseuse d’un grand trou carotidien qui répond en partie au côté interne delà caisse. Sous la jonction du sphénoïde antérieur au postérieur est [dans le sanglier ordinaire et dans celui de Madagascar ] un double canal qui donne dans l’épaisseur duvomer, [et qui n’existe ni dans le babiroussa, ni dans les pécaris, ni dans les phacochœrcs. Il n’y a pas de trou vidien.] Le trou déchiré postérieur, le stylo-mastoïdien et le condyloïdien, sont fort rapprochés près de l’apophyse mastoïde. [ Dans tous, excepté le pécari , le dernier est assez éloigné du condyle.] Dans les rhinocéros, le trou incisif est graud et pour au moins moitié dans les maxillaires. [Le trou lacrymal s’ouvre en dedans ou sur le bord de l’orbite. Son ouverture est fréquemment partagée pqrune traverse osseuse, de sorte que ce trou parait double.] Le canal sous-orbitaire est long et étroit ; il s'ouvre en avant au-dessus de la première molaire, en arrière au-dessus de la cinquième. Le trou analogue du sphéno-palatin s’ouvre tout, auprès dans le palatin ; [il est beaucoup plus grand dans les deux bicornes que dans les deux unicornes. L’analogue du ptérygo-paiatin est. un peu plus en arrière [dans les unicornes , presque au-dessous dans les bicornes], sur l’union du palatin et du maxillaire. Le trou orbitaire antérieur est petit ; l’optique l’est aussi beaucoup; mais le sphéno-orbitaire , qui comprend aussi le rond et qui est caché derrière une crête de l’os »

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

est grand. Il y a un trou vidien à la base de l’aile. Le trou ovale se confond avec le déchiré antérieur. Le condyloïdien est petit. Le trou auditif ! s’enfonce horizontalement derrière la base posté-, rieure de l’arcade.

Dans le daman, les trous incisifs , ronds et bien écartés, sont presque entièrement de l’os intermaxillaire. Le trou lacrymal est en dedans, entre l’os de ce nom et le maxillaire. Le trou sous-orbitaire est médiocre, ainsi que son canal; mais ce canal se continue en arrière en un sillon profond creusé entre la paroi interne et le plancher de l’orbite , et se terminant en arrière par un trou oldong, intercepté entre le palatin, l’os plérygoïde , les corps des deux sphénoïdes, et qui donne du fond del’orbile dans les arrière-narines. Le trou optique et le sphéno-orbitairc, qui comprend le rond , sont assez grands , presque égaux fet très-rapprocliés l’un de l’autre.] Il y a un trou vidien percé d’arrière en avant dans la base de l’aile. Le trou ovale, dans l’adulte, est toul entier dans le sphénoïde. Le trou analogue au ptérygopalatin est dans un sillon, entre le maxillaire et le palatin, près du canal sous-orbitaire. Le trou déchiré antérieur est irrégulier et assez grand, comprenant aussi le carotidien. Le postérieur est petit. Le condyloïdien médiocre.

Dans le tapir, la plus grande partie des trous incisifs , qui sont considérables et réunis en un seul dans le squelette, est dans le maxillaire. Les trous lacrymaux sont sur le bord même de l’orbite, séparés par un crochet, [et le plus souvent doubles, comme dans les rhinocéros. Dans le tapir des .Andes , le trou lacrymal est très-grand et dans l’orbite même.] Le trou sous-orbitaire est à peu de distance en avant de la suture du lacrymal avec le maxillaire. Son canal est court , eL le lacrymal forme une partie du bord supérieur de son oritice orbitaire. [Dans une tête de tapir de Sumatra, il y a deux trous sous-orbitaires d’un côté et trois de l’autre.] Le trou analogue au sphéno-palatin est dans le milieu de la languette orbitaire du palatin; l’analogue du ptérygo-palatin est audessous de lui , sur la suture du palatin avec le maxillaire. Le trou optique est petit, sur la suture du frontal et du sphénoïde. Fort en arrière de celui-ci, sont les trous spliéno-orbitaire et rond , séparés l’un de l’autre par une lame mince. Il y a un canal vidien assez large. Le trou ovale se confond avec les déchirés antérieur et postérieur qui sont très-grands, en sorte qu’une grande partie du rocher est séparée du sphénoïde et du basilaire par un vide. [U y a sur la crête occipitale, entre le temporal elle rocher, un trou qui remonte s ouvrir dans le crâne.] Le trou condyloïdien est médiocre.

Dans le cheval, le trou lacrymal esL derrière le bord de 1 orbite, qui a dans cet endroit une échan-

crure. Le trou sous-orbitaire est petit , voisin de l’os du nez el au-dessus de la troisième molaire. Son canal est fort long. Le trou analogue au sphénopalatin est percé élans son ouverture postérieure et dans le palatin. Le trou analogue au ptérygopalatin y est aussi au-dessous du précédent , sur la suture du palatin et du maxillaire, et son canal s’ouvre -dans le palais au droit de la pénultième molaire. Le trou orbitaire antérieur est sur la suture du frontal eL du sphénoïde antérieur. Derrière lui, cachés par une crête du sphénoïde postérieur et fort rapprochés, sont l’optique et le sphéno-orbitaire , dont le rond n’est séparé que par une traverse mince. Il y a un canal vidien en dehors de la base de l’aile plérygoïde. Le trou ovale se confond avec le déchiré antérieur, et le vide se continue le long du bord interne de la caisse jusqu’au déchiré postérieur. Le condyloïdien est médiocre. Il y a plusieurs trous pour des vaisseaux sur le crâne, vers les confins communs du pariétal, du temporal et de l’occipital. Le frontal est percé d’un trou et même de deux à la base de son apophyse post-orbitaire.

g. Ruminants.

[Dans les lamas el les chameaux proprement dits , les trous incisifs sont plus petits qu’aux autres ruminants. Le trou sous-orbiLaire est audessus de la seconde molaire, au bas de la joue. L’ouverture orbitaire de ce canal est grande; elle a au-dessus d’elle un trou lacrymal intercepté entre l’os de ce nom et le maxillaire ; au-dessus est un second trou, tout entier dans le lacrymal. Il y a plusieurs trous sur le front : les deux principaux sont près de la ligne médiane dans le chameau; ces trous en sont éloignés , et disposés sur deux lignes régulières dans le lama. Le trou optique est médiocre. Le rond est réuni au spliénoorbitaire, et en arrière du précédent. L’ovale est proche de la caisse. L’analogue du sphéno-palatin est grand : au-dessous de lui est le ptérygo-palatin, plus petit, et qui s’ouvre au palais par plusieurs trous.

Le lama a , dans l’angle rentrant que forment la caisse et l’apophyse para-masloïde , un enfoncement assez grand pour le ligament de l’os slyloïdien ; plus en haut est le trou stylo-mastoïdien. A la racine de l’apophyse zygomatique du temporal et dans la gouttière qu’elle forme, est un trou qui communique d’une part avec le fond de la facette glénoïde, el d’autre part avec les sinus du temporal. Il y en a un autre à l’occiput, entre l’occipital et le rocher. Dans le chameau, le trou du temporal est sur le cdlé , tout près el eu avant du trou auditif.

Dans la girafe , les trous incisifs sont très-grands cl très-ccartés l’un de l’autre. L’ouverture auto-

ricurc du canal sous-orbilaire est ovale, placée très-bas sur la joue , au-dessus et pour ainsi dire à la racine de la première molaire. Son ouverture postérieure est. liante et étroite. Un peu au-dessus est l'analogue du ptérygo-palatin , qui est petit et s’ouvre au palais dans la suture palalo-maxillaire ; le spbéno-palatin est au contraire tris-grand, et caché par la grosse proéminence sur-molaire. Il y a deux trous lacrymaux, l’antérieur très-grand. Le trou optique est petit. Le sphéno-orbitaire comprend le rond ; l’ovale est. grand. En avant du méat auditif est un trou qui conduit et dans les sinus temporaux, comme dans le chameau, et dans la gouttière de la racine de l’arcade , comme au lama. Le trou condyloïdicn est très-grand. Il y a plusieurs trous sur le front, qui communiquent avec les trous sus-orbitaires.

Dans les chevrotcrins , le trou lacrymal est en dedans de l’orbite près du bord ; le spbéno-palatin est grand; le ptérygo-palalin petit et s’ouvrant dans le palatin; l’optique est uni à celui du côté opposé; le sphéno-orbitaire, uni au rond, est grand : il y a un trou glénoïdien.

Dans les cerfs , le trou au-dessus de l’orbite est grand, et quelquefois double ou triple. Il y a deux trous lacrymaux sur le bord de l’orbite. Le trou sous-orbitaire est au-dessus de la première molaire, et le canal très-long. Au-dessus de son ouverture orbitaire est le trou spbéno-palatin , qui est très-grand, et au-dessous l’analogue du ptérygopalatin qui est beaucoup moindre. Le trou optique est médiocre ; le sphéno-orbitaire , uni au rond , est très-grand; le trou ovale est en dedans de la facetteglénoïde. Le trou veineux ou glénoïdien prend quelquefois une grandeur considérable. Les trous déchirés sont étroits et enfoncés, et il y a quelquefois ( comme dans le cerf commun , le daim) deux trous condyloïdiens.

Les différences sont peu considérables dans le mouton ; seulement, le trou lacrymal est grand et en dedans de l’orbite. Le trou carotidien est caché entre la caisse et le basilaire; le jugulaire est fort petit, mais le condyloïdien est grand. Il y a un grand trou sus-orbitaire au plafond de l’orbite, et un orbitaire antérieur petit vers le bas de la partie orbitaire du frontal. Quelquefois il y a deux trous sus-orbitaires, et qui communiquent plus ou moins directement avec ceux qui s’ouvrent de chaque côté sur le front,]

Dans les gazelles, il y a des différences assez marquées selon les espèces. Le guib a deux trous lacrymaux comme le cerf, et sur le bord même de l’orbite ; le gnou a deux trous lacrymaux, mais en dedans du bord ; le kevel, la gazelle commune, la Corinne, le koba, Yorcas, le bubale, le caama, ont un trou lacrymal simple et en dedans du bord.

Dans les bœufs, [le trou lacrymal est sur le bord de l’orbite]; le trou analogue au sphéno-palatiu

est énorme, et caché dans renfoncement derrière la proéminence orbitaire ou sur-molaire de l’os maxillaire. [Les autres trous sont sensiblement comme dans le mouton, mais le trou sus-orbitaire est plus en arrière, et surtout s’ouvre sur le front au niveau de la partie la plus reculée de l’orbite et quelquefois même tout à fait au-dessus de cette partie.]

h. Cétacés.

Dans le lamantin et dans le dugong, le trou sousorbitaire est très-large, et, se trouvant plus reculé que le bord de l’orbite, il ne peut donner lieu à aucun canal. Le trou analogue au sphéno-palatin est grand et tout, entier dans le palatin. L’op- ■ tique est petit et en forme de canal. Le sphénoorbitaire, qui comprend aussi le rond, est assez grand et de forme ovale. Le trou ovale est une j échancrure du bord du sphénoïde postérieur complétée par la caisse. Le condyloïdien est très-petit et en forme d’échancrure tle l’occipital latéral.

Dans les dauphins, le dérangement presque absolu de tous les os a beaucoup changé la direction des trous. Au lieu de trou incisif, il y a un long canal qui règne entre les deux maxillaires, depuis le bout du museau jusqu’aux narines, près desquelles il se bifurque. 11 faut chercher le trou sous-orbitaire au plafond de l’orbite, où il représente une cavité ouverte, en dessous de laquelle partent dans diverses directions des canaux qui vont s’ouvrir à la face supérieure des maxillaires et des inter- maxillaires , non pas au-dessous, mais en dessus et vis-à-vis de l’orbite. Tout à fait dans un creux, en arrière des précédents, en avant de l’orbite, entre le maxillaire, le frontal et une pointe du palatin, est un trou plus ou moins grand, selon les espèces, qui monte dans la narine, s’y ouvre dans son angle externe, et qui représente le spbéno-palatin. Je ne vois, pour répondre au ptérygo-palalin, qu’un petit trou sur la jonction du palatin au maxillaire, dans le palais, lequel donne dans le sinus placé de chaque côté des narines postérieures. Le trou optique est médiocre, et comme à l’ordinaire dans le sphénoïde antérieur. [Cet os le reçoit à sa sortie du crâne dans une sorte de sillon qu’il lui fournit au moyen d’une arête, et le conduit jusqu’au fond de l’orbite. A l’extrémité même de ce sillon, et sur une arête saillante que fournit là le frontal, est un petit trou orbitaire interne communiquant directement dans le crâne. ] Le trou sphéno-orbitaire, entre les deux sphénoïdes, fait aussi l’ofiice du trou rond ; [il n’est séparé de l’optique que par une lame mince.] Il y a ensuite un trou ovale dans le sphénoïde postérieur, et quelquefois, plus intérieurement dans le même os, un trou pour un vaisseau. Une ouverture, entre le

ARTICLE TROISIÈME. — TÊTE DES REPTILES

temporal, l’occipilal latéral, lo basilaire et le sphénoïde postérieur, laisse passer les nerfs de l’oreille pour se rendre au rocher. En avant d’elle et fort près, est le trou carotidien [percé au pied de la paroi qui ferme latéralement la base du crâne.] Dans le basilaire et au sommetd’une échancrure qu’offre en arrière le bord de cette voûte île l’oreille dont nous avons parlé, s’ouvre le trou condyloïdien, fort petit.

Dans le cachalot, a la face supérieure du maxillaire et vis-à-vis l’échancrure de son bord au-devant de l’orbite, est le grand trou qui lient, lieu du sous-orbitaire, mais qu’ici l’on devrait appeler sur-orbitaire. [On trouve à sa place accoutumée le canal du nerf optique. L’état de notre tête ne permet pas de voir les trous sphéno-orbitaire et rond. Quant au trou ovale, c’est sans doute lui que l’on voit vers le milieu de la base de la paroi verticale ptérygoïdienne, entre l’os ptérygoïdien et l’aile temporale du sphénoïde.

Dans le rorqual , une grande ouverture du crâne est commune au trou optique, au sphéno-orbitaire et au rond. Le premier se continue en un long canal ouvert en entonnoir au fond de l’orbite, tandis que les deux autres se présentent à l’extérieur sous la forme d’un trou assez petit, communiquant par une fente très-étroite avec le canal optique, et qui s’ouvre à la pointe antérieure du ptérygoïdien. Le trou ovale est probablement celui que l’on voit à la pointe externe du plérygoidien, entre cet os et le temporal, et à la partie la plus saillante de ce grand sinus qui règne autour de l’oreille. Les trous déchirés antérieur et postérieur communiquent ensemble , en isolant le rocher par tout son bord interne. Le trou condyloïdien forme un demi-canal qui se confond aussi en partie avec le trou déchiré.]

i. Monotrèmes.

Dans Véchidné, on voit au bord antérieur de l’orbite un trou lacrymal, et au-dessous un petit trou qui est l’orifice postérieur d’un long canal sous-orbitaire. En avant, ce canal est subdivisé en plusieurs très-petits trous, dont l’un ne s’ouvre que tout auprès de l’inter- maxillaire. En arrière de l’orbite, près du bord de l’arrière-palais, est le trou qui répond au sphéno-palatin et au ptérygopa latin; il communique en dessous avec un petit trou du palatin dirige en arrière. Un peu plus loin, séparés par une légère cloison osseuse, sont, le trou optique et le sphéno-orbitaire qui comprend aussi le rond. Encore un peu plus loin est l’ovale qui, ici, est très-allongé.

Vomithorhynque a, dans l’angle antérieur de l’orbite, un très-petit trou lacrymal et un grand sous-orbitaire. Celui-cidonnc naissance à un canal qui s’ouvre en avant du petit crochet que nous

avons indiqué sur le côté du museau; il y est divisé en deux par le cartilage latéral du bec. 11 vient en outre de ce canal un trou qui s’ouvre dans le palais sous le précédent, et un autre qui, après avoir formé un long canal, s’ouvic au côté de l’os inter- maxillaire et par conséquent dans le bord du bec osseux. Entre le premier de ces trois trous sous-orbitaires antérieurs et l’orbite, un peu plus vers le haut, est un trou qui communique avec un trou de l’orbite percé au-devant île l’optique, [et de là ces deux trous réunis s’ouvrent dans le crâne aucôLé des trous du crible.] Le premier doit répondre au sus-orbitaire de l’homme, et je crois le second l’analogue de l’orbitaire antérieur. Le trou unique, analogucau sphénoet au ptéry'go-palalin, est percé dans le bas de l’orbite, un peu en arrière cl u canal sous-orbitaire; il donne aussitôt dans le canal nasal et dans le palais près de la première molaire. Le trou optique est fort grand. Le sphénoorbitaire , qui l’égale, embrasse aussi le rond. L’ovale est fort grand et distinct. Entre les deux trous ovales sont deux espaces membraneux. 11 y a en arrière deux très-grands trous à la place des condyloïdiens ; mais je suppose qu’ils comprennent aussi les jugulaires. La base postérieure de l’arcade zygomatique, au-dessus delà facette glénoïde, est percée d’un trou qui communique de la tempe à l’occiput.

ARTICLE III

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