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ARTICLE QUATRIÈME. — TÊTE UES OISEAUX

le crâne déprimé, les rochers peu élevés , le lympanique allongé et distinct du jugal ; de simples rangées de dents, et des ptérygoïdiens touchant en arrière au jugal et au tympanique , et non au sphénoïde. Les principales différences sont dans les proportions des os. Les pariétaux paraissent se prolonger beaucoup plus sur le côté des frontaux. Le jugal s’évase en trompette pour donner la facette articulaire. Les inter-maxillaires ont leur branche dentaire plus longue; leurs deux branches montantes sont si rapprochées, qu’on ne voit entre elles aucuns vestiges d’os du nez; et les vomers, qui donnent une rangée de dents parallèle à celle des inter-maxillaires, ne se touchent que par leur pointe. Derrière la série des dents, ils laissent entre eux un espace membraneux , et plus loin ils sont séparés par le sphénoïde. Les pléiygoïdiens portent aussi quelques dents. ]

ARTICLE IV

OSTÉOLOGrE DE LA TETE DES OISEAUX.

§ 1. Détermination des os de la tête.

La tête des oiseaux est construite sur le plan de celle des lézards, avec cette principale différence que le temporal fait encore partie du crâne, ce qui est déterminé sans doute par la grandeur relative du cerveau.

Nous l’examinerons d’abord dans le poulet.

Chacun sait que la tête osseuse du poulet, ainsi que celle de la plupart desoiseaux, est en forme de poire, le crâne étant élargi et arrondi en arrière, et se rétrécissant en avant pour former le bec qui s’aiguise en pointe; de chaque côté, en avant, est creusé un grand orbite, qui ne laisse entre lui et son correspondant qu’une cloison verticale.

Le demi-cône du bec supérieur a, de chaque côté de sa base en dessus, un grand trou qui est lanarine externe osseuse; en dessous, ce demi-cône a, plus en arriére, deux autres trous oblongs qui sont les narines internes; il se prolonge en arrière en quatre branches osseuses presque dans le même plan, dont les externes sont les arcades zygomatiques, les autres les arcades palatines et ptérygoïdiennes. Les premières vont par dehors, les autres par dedans, joindre le bas d’un os qui s’articule au crâne, porle le bord antérieur de la membrane du tympan, etest par conséquent l’os tympanique. Derrière lui est creusée la cavité du tympan, qui dans les oiseaux est plus vaste et mieux entourée parles os du crâne que celle des reptiles; ajoutez une région basilaire assez plane, un trou occipital presque tout à fait dirigé vers le bas, et garni en

avant d’un tubercule unique pour son articulation avec l’atlas, et vous aurez pris une première idée générale de la tète d’un oiseau. Pour en déterminer les pièces, il faut les examiner une à une, en les comparant toujours avec celles que nous avons déterminées dans les lézards.

Dans un jeune poulet on s’aperçoit d’abord que le demi-cône du bec n’est formé que d’un seul os, dont l’apophyse montante qui s’élève entre les deux narines jusqu’à l’os du Iront est fendue dans une partie de sa longueur, et assez élastique pour laisser au bec quelque mobilité, quoique son articulation ne soit pas proprement une diarthrose. La fissure de cette tige montante se prolonge dans les jeunes sujets jusque vers le bas des narines; mais je ne l’ai jamais vue diviser entièrement l’os en deux parties, comme le dit M. Geoffroy. Un des premiers caractères des oiseaux consisterait donc dans cet énorme développement de l’inter-maxillaire. Il en résulte une réduction correspondante du maxillaire. Si on le cherche à sa place naturelle, c’est-à-dire à la suite des côtés du précédent, ou trouve deux os qui s’engrènent en avant sous la partie postérieure du palais, et donnent en dessus une lame qui forme la partie latérale et postérieure du plancher de la caviLé nasale, et qui se prolonge en arrière par une branche grêle, formant la partie antérieure de l’arcade que nous avons appelée zygomatique.

Lejugal, qui est tout entier en forme débranche grêle, constitue le reste de celle arcade qui se termine à l’articulation de cejugalau bas et en dehors du tympanique. Sur la jonction extérieure de l’inter-maxillaire et du maxillaire s’articule et s’élève un os, qui entoure toute la portion de la circonférence de la narine externe qui n’est pas entourée par l’inter-maxillaire, qui passe même sous l’apophyse montante de ce dernier pour former avec son correspondant le plafond des narines, et dont la partie supérieure repose sur la partie antérieure du frontal. Au bord externe et supérieur de cet os, et à la partie voisine du frontal, s’en attache un autre qui descend pour former le bord antérieur de l’orbite, en laissant un vide entre lui et le précédent, etdont une lame prend uneparlplus ou moins considérable à la paroi antérieure de ce même orbite, et s’articule ordinairement avec une lame de l’elhmoïdc, qui prend aussi part à celte paroi. C’est en dehors de cet os, dans une rainure, ou échancrure, cjui est quelquefois fermée par une bride osseuse, que passent les conduits lacrymaux.

On voit qu’il n’y a ici que trois os pour en représenter quatre; savoir: l’inler-maxillaire , le nasal, le frontal antérieur et le lacrymal. Quel est celui qui manque? Les deux lames qui forment le haut île l’apophyse montaule des inter-maxillaires représentent-elles les nasaux? Alors les deux

HUITIÈME IÆÇON. - ÔSTÉOLOG1E DE IA TÊTE.

os qui entourent les narines en arrière seraient les frontaux antérieurs , et les deux autres les lacrymaux; et nous aurions une structure analogue à celle <lu caméléon. Ou bien ceux qui entourent les narines sont-ils les nasaux? Alors nous rentrerions dans la structure des iguanes et de la plupart des lézards : les os externes et plus voisins de l’orbite seraient presque comme on le voudrait , ou des frontaux antérieurs ou des lacrymaux.

Ce qui pourrait faire croire que c’est le frontal antérieur qui manque, c’est que dans les oiseaux il n’y a point de frontal postérieur et que la paroi antérieure de l’orbite, à l’endroit où le frontal antérieur se trouve ordinairement, est manifestement formée en grande partie par une lame transverse de l’elbmoïde, analogue à sa lame orbitaire ou papiracée dans l’homme (1).

Sur ce troisième os, qui serait alors le lacrymal, s’articule dans certains oiseaux, particulièrement dans ceux de proie diurnes, un sourcilier ou sur-orbitaire qui soutient le bord supérieur de l’orbite , comme nous en avons vu un dans le monitor. Dans d’autres oiseaux , c’est le troisième os lui-même qui se prolonge dans le haut en une apophyse sourcilière.

Le frontal des oiseaux n’est pas douteux. II a sa forme et sa position ordinaire , couvrant les orbites et le chemin du nerf olfactif vers les narines, et s’étendant sur la partie antérieure du cerveau; il occupe un grand espace sur le crâne, à cause delà petitesse des pariétaux. Ceux-ci sont en arrière du frontal, en avant de l’occipital supérieur, et presque toujours en forme de deux rectangles transverses (2). Les temporaux sont au côté externe des pariétaux , s’avançant aussi sous les frontaux, occupant la région de la fosse temporale, donnant attache au muscle crotaphite, et fournissant le bord supérieur de la cavité du tympan. La fosse temporale est en grande partie creusée dans le temporal, et limitée en arrière par une apophyse spéciale, qu’on pourrait regarder comme analogue à la zygomatique , si elle ne restait pas ti ès-éloignée de l’os jugal (3); mais ce qui est très-remarquable et tient sans doute à la grandeur de l’orbite, l’apophyse post-orbitaire n’appartient pointau frontal, mais bien à la grande aile du sphénoïde. Il y a quatre occipitaux comme à l’ordinaire; le supérieur est le plus grand, l’inférieur ou basilaire le plus petit : c’est, à lui qu’appartient la plus grande partie du condyle ou tubercule articulaire unique de la tête. Les occipiLaux

(t) M. Oken l’a remarque, Isis, loc. cit.

(2) M. Geoffroy a voulu y voir des inter-pariétaux, parce qu’il prenait les temporaux pour des pariétaux.

(3) [ 11 y a néanmoins quelques espèces où elle s’eu rapproche beaucoup, comme nous le verrons plus loiu.

forment la partie postérieure du bord de la cavité de la caisse. Tout le reste du bord de la partie fixe de celte cavité est formé par le sphénoïde; car les oiseaux n’ont qu’un sphénoïde très-large faisant la base du crâne entre les deux oreilles, remontant un peu de toute sa partie antérieure, qui est séparée de l’inférieure par un sillon, où s’ouvrent, au milieu, les extrémités antérieures des trompes d’Euslache , et sur les côtés les trous pour les vaisseaux; du milieu de cette partie antérieure s’avance une apophyse comprimée, pointue, qui marche en avant entre les deux arcades palatines, et, portant la lame verticale de l’ethmoïde, forme le bas de la cloison inter-orbitaire (4).

Le bas de la cloison postérieure de chaque orbite, au-dessous et en arrière du plafond que le frontal donne à celle cavité en avant du temporal, et au-dessus de la partie antérieure et montante du sphénoïde, est un os particulier auquel appartient, comme je l’ai dit, l’apophyse post-orbillaire, et qui ne peut cependant être comparé qu’à la grande aile du sphénoïde ; c’est en avant de son bord interne et antérieur que passent l’ophthalmique et les petits nerfs de l’œil, et entre elle et le sphénoïde qu’est le trou pour le reste de la cinquième paire. Quant à la cloison inter-orbitaire, elle est d’abord en grande partie membraneuse, ainsi que la partie du frontal qui rentre pour fournir un plafond à l’orbite; mais il s’y montre promptement une lame osseuse qui s’insère par le bas dans une rainure de l’apophyse pointue du sphénoïde, et s’articule dans le haut entre les parties antérieures des frontaux et des os qui entourent les narines. Dans l'orbite, elle fournit antérieurement de chaque côté une lame transverse qui fait une partie de la cloison entre Torbileet le nez, en s’unissantavec l’osque j’ai appelé lacrymal; enfin, dans quelques oiseaux, elle se prolonge souvent dans le nez pour séparer les deux narines. Le nerf olfactif passe dans un sillon, et souvent dans un canal de chaque côté de son bord supérieur. Il est manifesLc que cette lame verticale est l’ethmoïde; à la longue, la partie qui se montre en dessus, entre les frontauxet les nasaux, est recouverte par ces quatre os et par les lames montantes de l’iuter-maxillaire.

Dans lesjeunes oiseaux il se trouve, comme dans les lézards, un grand espace membraneux à la partie postérieure de la cloison inter-orbitaire et à la partie interne des cloisons postérieures el du plafond des orbites. C’est alors par des trous

(4) M. Geoffroy a cru voir que cette apophyse pointue forme uu os séparé dans la jeune autruche. Il m’a paru qu’il avait été trompé par une rupture accidentelle : l’unité du sphénoïde est encore plus sensible dans les oiseaux que dans les lézards ]

ARTICLE QUATRIÈME

de celle membrane que passent les nerfs optiques, l’opiilbalmique et les petits nerfs de l’œil; mais à mesure que l’ossification fait des progrès, les parties rentrantes du frontal, les grandes ailes du sphénoïde et la lame verticale de l’ethmoïde se rapprochent et finissent par se réunir, de manière à neplus laisser que le passage des nerfs optiques, qui qe fait alors le plus souvent par un trou commun au crâne et aux deux orbites, mais quelquefois aussi par deux trous séparés. Il est bien rare qu’il se montre un point d’ossification spécial qui puisse être considéré comme représentant l’aile orbitaire, ou autrement le sphénoïde antérieur : les canards m’ont seuls montré quelque chose qui pourrait s’y rapporter (1).

Revenons maintenant à la cavité tympanique. Nous avons vu qu’elle a une partie fixe, creusée au bas de chaque côté du crâne et bordée en dessus par le temporal, en arrière par l'occipital latéral, en dessous et en avant par le sphénoïde et un peu par sa grande aile. Le fond de cette cavité est formé par le rocher, qui ne se montre nulle part ailleurs en dehors du crâne.

La fenêtre ovale est, comme dans les reptiles, sur la jonction du rocher et de l’occipital latéral qui contribuent l’un et l’autre à enceindre le vestibule. La fenêtre ronde existe dans les oiseaux, et est tout entière dans l’occipital latéral aussi bien que le vestige du limaçon dans lequel elle donne entrée. Les canaux semi-circulaires s’étendent dans l’occipital supérieur et dans le latéral, et les cavités mastoïdiennes, l’une dans le sphénoïde au-dessus de la trompe d’Eustache, l’autre dans l’occipital latéral, et la troisième ou supérieure entre eet occipital, le temporal et l’occipital supérieur. Mais il y a en outre au bord antérieur de la cavité tympanique un os mobile auquel s’attache tout le bord antérieur du tympan luimême, et qui est connu depuis longtemps sous le nom d’os carré (2). 11 sert à la fois à compléter ce bord, à porter le tympan, et à faciliter les mouvements de la mâchoire supérieure. Son apophyse supérieure s’articule dans une facette creusée en

(i)M.Spix a bien connucepointparticulier.V. Ceplia logenesis.

(a) Ce nom lui a été donné par Hérissant {Mém. de l Acad des sc. 1748). Cet auteur le regarde comme analogue à la' branche montante de la mâchoire inférieure qui serait distincte dans les oiseaux; mais il est clair, par ce que nous disons dans le texte, que cette analogie est fausse.

(3) M. Geoffroy a voulu voir dans l’os carré la réunion de l’os tympanique et du styloïde. C’est bien réellement l’analogue du premier; mais il ne m’a jamais semblé offrir aucune trace du second.

(4) Acad, des sc., 1748. La raison d’Hérissant est qu il lui trouve dans le pélican quelque ressemblance

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