C. Histoire particulière des os
[On peut partager les os de la tête en quatre classes ; les os constants, en totalité ou en partie, dans toutes les têtes de vertébrés; les os qui, existant dans l’homme , ne sont pas constants dans toutes les têtes; les os qui, n’existant pas dans l’homme, se rencontrent dans d’autres mammifères et dans plusieurs des autres classes ; les os particuliers à certaines classes.]
1° Os constants.
a. L’occipital.
[Il unit le crâne à la colonne vertébrale, enveloppe la partie postérieure de l’encéphale et donne passage à la moelle épinière. Il se partage dans l'homme et dans les mammifères en quatre pièces , le basilaire , les occipitaux latéraux et
lien au doute qui reste sur ce point, et si l’on adopte une détermination autre que la nôtre, il est facile de voir quelle transposition il eu résulterait dans notre résumé.]
ARTICLE SIXIÈME. — RÉSUMÉ
l’occipital supérieur , qui sc réunissent de bonne heure. Il y a cependant des animaux ( les marsupiaux, quelques pachydermes , quelques cétacés), où les occipitaux latéraux demeurent longtemps séparés des deux autres pièces.
Dans les oiseaux , les occipitaux se soudent de très-bonne heure.
Dans les reptiles, le nombre des occipitaux varie de six à deux : dans les tortues, à ceux que nous avons déjà nommés s’ajoutent deux occipitaux externes; dans les sauriens et les ophidiens, il n’y a que les quatre occipitaux ordinaires; dans les batraciens, le basilaire et le supérieur disparaissent, et il ne reste plus que les deux occipitaux latéraux.
Dans les poissons, l’occipital se compose de cinq pièces; le basilaire, les deux occipitaux latéraux des sauriens, et les deux occipitaux externes des tortues. La place de l’occipital supérieur est occupée par l’inter-pariétal.]
b. Le pariétal.
[Il recouvre la partie supérieure de l’encéphale, et quelquefois en enveloppe les côtés. L’union cfes deux pièces dont il se compose est très-variable dans les mammifères; tantôt elle a lieu après celle des frontaux {['homme) , tantôt avant (les rongeurs).
Dans les oiseaux, elle se fait aussi de très-bonne heure.
Il en est de même dans les serpents. Elle est fort variable dans les autres genres de reptiles.
Dans les poissons, elles sont le plus souvent toujours distinctes et séparées l’une de l’autre dans toute leur longueur par l’inter-pariétal. Dans les silures, elles s’unissent de très-bonne heure en un seul os avec cet inter-pariétal.]
c. Le frontal.
[Il recouvre la partie antérieure de l’encéphale, et concourt à former une partie plus ou moins considérable de l’orbite. Dans ['homme , dans les mammifères et dans les oiseaux, le frontal se compose de deux pièces, tantôt promptement soudées ensemble; tantôt, au contraire, toujours distinctes.
Dans les reptiles et les poissons, les apophyses anté-orbilairc et post-orbitaire s’en détachent pour former des os séparés, les frontaux antérieur et postérieur.]
a. Frontal antérieur.
[Les deux os de ce nom sont toujours à l’angle antérieur de l’orbite, tantôt unis l’un à l’autre sur la ligne médiane, tantôt sépares par les frontaux
principaux, tantôt aussi touchant en arrière aux frontaux postérieurs. Dans les tortues, ils terminent le museau et recouvrent les narines, de façon à pouvoir être pris pour des nasaux ; d’autres fois ils font aussi l’oflice de lacrymal. Dans les poissons, ils sont tantôt réunis sur la ligne médiane, et sont alors percés chacun pour le passage du nerf olfactif ; tantôt ils sont séparés par un espace libre, par lequel sortent alors ces deux nerfs.]
p. Frontal postérieur .
[11 occupe le plus ordinairement mais non toujours l’angle postérieur de l’orbite. Il est un peu moins constant dans les reptiles que l’antérieur, ou du moins il reste cartilagineux dans quelques serpents; dans d’autres reptiles (les anguis et plusieurs genres de sauriens), il est au contraire partagé en deux pièces.]
d. Le sphénoïde.
' [Placé au centre des os du crâne, il supporte par son corps la partie centrale moyenne de l’encéphale, et de ses ailes temporales et orbitaires il en soutient les lobes moyens et en partie les antérieurs. Les pièces nombreuses entre lesquelles il se subdivise dans le fœtus de l’homme se soudent promptement en un seul os d’une forme compliquée; mais dans les autres mammifères, on le trouve divisé en plusieurs pièces, et en suivant scs transformations jusqu’à la fin des vertébrés, on y reconnaît : un sphénoïde postérieur; un sphénoïde antérieur ; deux ailes temporales ; deux ailes orbitaires; deux pièces ptérygoïdiennes, ou deux ptérygoïdiens (1).]
oc. Sphénoïde postérieur.
[C’est la plus constante de toutes les pièces du sphénoïde ; on la retrouve à la base du crâne, jusque dans les reptiles et dans les poissons les plus incomplets : elle acquiert dans cette dernière classe de grandes dimensions, et s’y trouve même quelquefois couverte de dents.]
p. Sphénoïde antérieur.
[Dans les mammifères, dans les oiseaux, dans les reptiles, cette pièce ne fait qu’un avec les ailes orbitaires, et ne s’en distingue pas : les poissons sont les seuls, comme nous l’avons dit, où il y ait à la fois un sphénoïde antérieur et dos ailes orbi-
(i) [ Il faudrait y en ajouter deux autres, si l’on regardait le transversc comme l’analogue de l’apophyse ptérjgoïde externe.]
taircsbicn distinctes. Chez ces animaux, ce sphénoïde est quelquefois fort petit, d’autres fois assez grand (les carpes) ; il supporte alors la partie antérieure de l’encéphale. Il peut aussi être lui-même partagé en deux pièces ( les harengs , les aloses , les butirins ).]
y. Aile orbitaire.
[Cette pièce, que M. Geoffroy nomme os ingrassial , forme, à proprement parler, avec celle du edté opposé, le sphénoïde antérieur des mammifères ; elles y occupent la même place que dans l’homme, et donnent toujours passage au nerf optique. Quelquefois ces ailes sc confondent en une simple lame verticale qui sépare les deux orbites, et peut demeurer même en partie membraneuse en laissant communiquer les deux cavités (le saïmiri, les clievrotains , etc.). CeLLe disposition des ailes orbitaires, exceptionnelle dans les mammifères, est conslanle dans les oiseaux. Dans les reptiles , l’aile orbitaire n’existe pas toujours : on ne la voit pas dans les tortues ; elle se confond dans les crocodiles avec la grande aile temporale; elle ne se montre qu’à l’état d’un cartilage semé de quelques grains osseux dans les autres sauriens ; elle manque dans les grenouilles , et reparaît au contraire très-distinctement dans les salamandres. Enfin, dans les poissons , elle soutient la partie antérieure de l’encéphale en avant des grandes ailes , et de l’enfoncement pour la glande pituitaire. Quelquefois les deux ailes sont réunies en un seul os médian (le thon).]
S. Grande aile , ou aile temporale.
[Ces deux pièces sont plus constantes que les précédentes , et s’unissent de bonne heure au sphénoïde postérieur dans les mammifères : leur position est constante, mais l’extrême variabilité de leur forme et de leurs proportions avec les os voisins fait beaucoup varier leurs connexions secondaires. Elles sont constantes aussi dans les oiseaux. Dans les reptiles , elles le sont moins. On les voit à peine dans les tortues ; les crocodiles en ont une considérable, et qui fait aussi l’office de l’orbitaire : il n’y en a pas dans les autres sauriens, ni dans les serpents, ni dans les batraciens. Dans les poissons, au contraire, elle existe aussi manifeste que dans les oiseaux , et. toujours distincte , non-seulement de l’aile orbitaire , mais du corps du sphénoïde.]
c. Pténjgoïdien.
[Les deux os de ce nom sont des dépendances du sphénoïde, qu’on trouve souvent séparées dans les mammifères, mais qui n’ont véritablement tout
leur développement que dans les ovipares. Dans les mammifères, ce sont de simples apophyses accolées sur le corps du sphénoïde, auquel elles se soudent à des époques inégales, suivant les genres, et dont quelquefois elles demeurent toujours distinctes. Il n’y a que les fourmiliers où ces os acquièrent une véritable importance, en s’unissant l’un à l’autre sur la ligne médiane pour continuer le tube des arrière-narines. Dans les crocodiles, ils ressemblent beaucoup à ce qu’ils sont dans les fourmiliers ; mais dans les autres ovipares ils se détachent davantage du crâne, et servent à composer une chaîne d’os qui lie les pièces de la face à celles qui descendent du crâne à sa partie postérieure. Dans ceux où la face est mobile (les oiseaux, les serpents) , ils contribuent à ce mouvement par leurs différents points d’attache, et par la manière dont ils s’arc-boutent contre le sphénoïde , ainsi que nous l’avons expliqué. Dans les poissons , ils sont plus séparés du crâne que dans les ovipares précédents, et se trouvent portés à la partie antérieure de l’appareil ptérygotympanique à la suite des palatins, qu’ils accompagnent en général dans les déplacements assez considérables que subissent ces os.
Les ptérygoïdiens portent des dents dans les serpents, dans les iguanes, et dans quelques poissons. ]
e. Le temporal.
[C’est dans l’homme un os de bonne heure unique , qui entre dans les parois du crâne , et renferme l’organe de l’ouïe. Mais dans le fœtus il est divisé en quatre pièces , l’écailleuse ou zygomatique, la tympanique, le rocher, la partie mastoïdienne , qui recouvre le rocher en arrière de l'écailleuse et du tympanique.]
a. Temporal écailleux ou temporal proprement dit.
[Cette pièce contribue à la formation de la cavité du crâne dans les mammifères et les oiseaux ; mais dans quelques animaux, et nommément dans les ruminants, elle montre déjà une certaine disposition à sortir du crâne, en sc collant en dehors du pariétal; ce que l’on appelle suture écailleuse est même un premier indice de la destination de cet os à glisser sur les autres à mesure que la cavité cérébrale se rapetisse. Cette porLion écailleuse perd beaucoup de son étendue et de son importance dans les reptiles. Elle manque dans les serpents. Dans les tortues , dans les sauriens, elle contribue simplement à former l’arcade zygomatique. Dans les poissons, elle est suspendue au crâne, et forme une des pièces principales de l’arcade palatine ou plérygo-temporale.]
ARTICLE SIXIÈME. — RÉSUMÉ
WJ
f. Tympanique ou caisse,
[Dans les fœtus de mammifères, elle n’a (l’abord d’ossifié que le eadre du tympan, et elle se développe successivement de manière h former le plus souventune caisse et un méat auditif. Quelquefois, cependant, la caisse étant formée par le sphénoïde (plusieurs marsupiaux ), ce tympanique demeure un petit noyau osseux placé à l’ouverture de cette cavité. Dans d’autres (les cétacés), le tympanique, après s’étre soudé au rocher, reste séparé des os du crâne, et est seulement comme suspendu sous une voûte que ceux-ci lui forment.
Dans les ovipares, cet os s’isole davantage encore du crâne, et prend le plus souventune mobilité très-grande. Dans les oiseaux , il a été longtemps connu sous le nom d’os carré. Il donne attache à la membrane du tympan, et fournit par son extrémité inférieure les facettes articulaires pour la mâchoire inférieure.
Parmi les reptiles , les uns, tels que la plupart des sauriens , les serpents, ont un tympanique fort analogue à celui des oiseaux. Dans d’autres, les tortues , les crocodiles , cet os donne les mêmes attaches et la même articulation, mais il est dépourvu de toute mobilité. Enfin dans certains batraciens(\e proteus, le menobraitchus), cet os n’est plus qu’un petit filet grêle, collé sur le crâne, et qui ne donne même plus la facette à la mâchoire inférieure, celte fonction y appartenant au jugal. Dans les poissons, l’analogue du tympanique, destitué également de ses doubles fonctions d’os de l’oreille et d’os articulaire, n’est plus qu’une lame mince de l’arcade ptérygo-lemporale.]
y. Rocher.
[Il occupe toujours une position intérieure , et de manière à recevoir immédiatement le nerf acoustique. Il contient l’oreille interne dans les •mammifères , et s’y montre un peu à l’extérieur, soit à la face inférieure du crâne, soit à la face occipitale , dont il occupe une partie plus ou moins grande. Dans les ovipares, il ne suffit pas à contenir le labyrinthe; mais il est toujours solidement engrené au crâne, et quelquefois paraît très-peu à l’extérieur. Dans les oiseaux, il se montre seulement au fond de la cavité tympanique. Dans les crocodiles , il est enveloppé par la caisse, de manière h ne laisser voir qu’une parcelle extrêmement petite. Dans les tortues , il se montre un peu davantage au fond de la fosse temporale; dans les autres saurïens*et dans les batraciens , il se découvre largement au dehors, et s’unit souvent de très-bonne heure aux occipitaux. Dans les poissons, il est tantôt très-apparent, et tantôt il n’existe pas du tout.]
S Mastoïdien.
[ La partie mastoïdienne du temporal recouvre le rocher en arrière de l’écailleuse et du tympanique dans les mammifères, et elle s’y soude de si bonne heure qu’on ne la trouve séparée que dans de très-jeunes fœtus.
Dans les ovipares, ce mastoïdien forme un os souvent considérable. Dans les oiseaux, il n’existe pas comme pièce distincte, mais dans les tortues et dans les crocodiles, il occupe l’angle postérieur et latéral du crâne, concourt aux cavités de l’oreille, et étend ses connexions souvent jusqu’au frontal postérieur. Dans les autres sauriens et dans les serpents, son importance diminue. 11 concourt simplement avec le pariétal à fournir un pédicule pour le tympanique. 11 manque complètement dans les batraciens. On le retrouve dans les poissons osseux entre le pariétal et le frontal postérieur, et il se lie souvent chez eux (l’une manière solide avec le sur-scapulaire.]
2«. Os qui , existant dans l’homme , ne sont pas constants dans les autres vertébrés.
[Peut-être 1 ’etlimoïde et surtout le maxillaire , que nous plaçons dans cette section , pourraientils être maintenus dans la première; car il est vraisemblable qu’il y en a , dans toutes les têtes, au moins quelque vestige cartilagineux ; mais il est certain qu’à l’état osseux ils n’existent pas toujours. ]
f. L’elhmoïde.
[Il donne passage, dans l’homme et dans les mammifères, aux filets du nerf olfactif par sa portion cribleuse ; il sépare par ses lames orbitaires la cavité nasale de celle de l’orbite; il contribue essentiellement, par ses anfractuosités et ses cornets, à l’organe de l’odorat. Une ou plusieurs de ces parties de l’elhmoïde peuvent disparaître ou rester à l’état de simple membrane, mais elles ne se partagent pas en os séparés, et ne se disséminent pas comme certaines parties du sphénoïde et du temporal.
L’cthmoïde, qui se montre largement dans l’orbite de l'homme cl des singes, est enveloppé par le frontal et les ailes du sphénoïde dans le reste des mammifères , et ne se montre dans l’orbite que par exception (quelques carnassiers , un rongeur , etc.). Nous avons dit que dans un phoque la lame verticale vient se montrer au bout du museau , en avant des os du nez : du reste, ses anfractuosités sont en général très-considérables , comme nous le dirons à l’article de l'odorat.
Dans les oiseaux, la portion orbitaire de I’cthmoïde sd montre et vient former souvent une par-
lie considérable de la paroi antérieure de l’orbite et de sa cloison inter-orbitaire.
Dans les tortues , une partie des fonctions île l’ethmoïde est remplie parles frontaux antérieurs, et les restes de cet os, s’ils existent, demeurent toujours à l’état de simples membranes. Dans les crocodiles , on le retrouve avec sa lame cribleuse, scs ailes latérales, sa lame verticale, ses cornets, mais en grande partie à l’état cartilagineux'. On n’en voit pas de trace osseuse dans les sauriens et dans les ophidiens ; mais dans certains batraciens (les greno ailles) ,il reparaît à sa place accoutumée, en avant du crâne, donnant passage au nerf olfactif, et appuie en haut au frontal, et en bas au sphénoïde ; mais il a une forme toute particulière, et nous l’avons décrit sous le nom d’os en ceinture. On ne le retrouve pas dans les autres batraciens.
Dans les poissons, l’elhmoïde devenu très-apparent est reporté au bout du museau , au-devant des frontaux, au-dessus du vomer, et formant avec celui-ci la cloison des narines : il représente chez ces animaux la portion ou la lame verticale de l’ethmoïde des mammifères. Il y a des poissons, le lépisoslâe , le brochet , où cet os est partagé en deux parties.]
g. Le maxillaire.
[Il existe à l’état osseux dans presque toutes les têtes de vertébrés, à l’exception de quelques reptiles inférieurs et de plusieurs poissons cartilagineux.
Dans les mammifères , il est grand, solidement uni au crâne elle plus souvent arméde fortesdenls.
Dans les oiseaux, les maxillaires sont réduits à une petitesse qu’on né soupçonnerait pas au premier abord. Ils sont situés sur les bords des grands inter-maxillaires, et jouissent d’une certaine mobilité comme le reste de la face. Ils sont enveloppés par l’étui corné du bec.
Dans tous les reptiles jusqu’à la sirène on le retrouve, tantôt dépourvu de dents, comme dans les tortues et les crapauds, tantôt armé de dents plus ou moitjs aiguës , comme dans les crocodiles , les serpents, les sauriens, les autres batraciens. Dans les serpents venimeux, le maxillaire est médiocre, et ne porte que les crochets venimeux. Il est aussi, chez ces animaux, doué d’une grande mobilité. Dans la sirène, dans le protée, dans le menobranchus, il n’y a du maxillaire qu’un petit vestige cartilagineux.
Dans les poissons , le maxillaire, doué aussi le plus souvent d’une .grande mobilité ,- n’est que rarement armé de dents ; il se partage quelquefois en plusieurs pièces; il n’est plus qu’une petite tige dans les silures, et une petite lame demi-osseuse dans quelques squales ; enfin, il ne se montre plus même à cet état dans d’autres cartilagineux.]
h. Le j u gai.
[C’est un os beaucoup plus simple qu’aucun des précédents. Il est un des moyens d’union du crâne a la lace. Il est loin d’être constant. Il manque dans certains mammifères. Il existe dans les oiseaux, où il est quelquefois partagé en deux. On le trouve aussi à peu près à sa place accoutumée dans les tortues, dans les crocodiles, dans les sauriens .• il manque dans les serpents.
Dans les batraciens, et surtout dans les derniers genres de cet ordre, il abandonne le maxillaire pour n’être suspendu qu’à l’arrière du crâne aux pièces qui représentent le temporal, et il y donne une partie et même la totalité de l’articulation pour la mâchoire inférieure.
Dans les poissons , il remplit la même fonction, au bord inférieur de l’arcade ptérygo-tympanique dont il fait partie.]
i. Le nasal.
[Les os du nez existent dans tous les mammifères, où ils varient par la rapidité de leur réunion en un seul os. Ils y sont toujours situés entre les branches des inter - maxillaires, quand celles-ci les atteignent.
Dans les oiseaux, on peut, ainsi que nous l’avons dit, considérer comme représentant le nasal l’os situé en dehors des inter-maxillaires à la racine du bec; dans ce cas, le nasal existerait dans tous les oiseaux; mais peut-être aussi cette situation tout exceptionnelle du nasal, en dehors de l’intermaxillaire, au lieu d’être sur la ligne médiane, serait-elle une raison d’adopter plutôt pour l’os dont il s’agit la dénomination de frontal antérieur; et dans ce cas les oiseaux n’auraient pas de nasal. Cet os manque aussi absolument dans les tortues; on le retrouve, et avec les mêmes connexions que dans les mammifères, dans les crocodiles et dans les autressa/trie/is, dans les ophidiens, et même (mais souvent en vestiges) dans les batraciens. Il existe aussi daus les poissons, où il s'articule quelquefois solidement avec l’elhmoïde et les frontaux, mais où le plus souvent il est suspendu par des ligaments au-dessus de la cavilé nasale.]
k. Le lacrymal.
[Il contribue à séparer l’orbite de la cavité du nez. Il manque dans certains mammifères (les phoques, la plupart des cétacés ; nous avons décrit l’énorme dévcloppement'qu’il prend au contraire dans certains autres (la girafe , les cerfs, etc.). Il existe aussi dans les oiseaux , et y forme souvent la plus grande partie du cadre inférieur de l’orbilc. Dans les reptiles , son existence est variable.
ARTICLE SIXIÈME. — RÉSUMÉ
On le trouve «Ions les crocodiles. Il manque dans les tortues, les serpents, les batraciens. Il manque aussi dans les poissons, à moins qu’on ne prenne pour son analogue le premier sous-orbitaire.]
l. Le palatin.
[C’est un os assez compliqué et constant dans les mammifères, et qui se simplifie dans les ovipares. Les cétacés herbivores sont les seuls où on le rencontre partagé en deux pièces par une suture. Il existe dans les oiseaux, où, par la manière dont il est articulé, il contribue aux mouvements du bec supérieur. On le retrouve encore dans presque tous les reptiles (excepté dans le pipa, les salamandres, etc.) : il est souvent armé de dents, comme dans les serpents. Dans les poissons , le palatin forme la pièce la plus antérieure de l’arcade palatino-temporalc; il est fort mobile clans le plus grand nombre, et souvent il est aussi armé de dents ; mais dans les cartilagineux ( squales et raies), il acquiert une importance considérable, formant une grande pièce, hérissée de dents nombreuses, qui constitue à elle seule toute la mâchoire supérieure , et qui donne attache en arrière à la mâchoire inférieure.]
m. Le vomer.
[Il existe dans tous les mammifères , sous la forme d’une lame entre les deux narines ; mais il parait très-peu et par exception au dehors. Dans les oiseaux, il est quelquefois composé de deux pièces longitudinales. Dans les reptiles, il se montre plus ou moins à la face palatine : on i’y voit beaucoup dans les tortues, un peu dans les caïmans. Il parait également dans les sauriens, et est double dans les serpents eL dans les batraciens, où il porte souvent une rangée de dents. Dans les poissons, le vomer est toujours très-apparent au dehors, en dessous et à l’extrémité antérieure du crâne, et il est souvent hérissé de dents nombreuses.]
3°. Os qui , n’ existant pas dans l’homme, se rencontrent dans les mammifères et dans les a utres classes.
n. L’inter-pariélal.
11 existe dans certains mammifères un os parli-
(1) Anat. del cavallo, p. 18 et 5q, fig. 8, 2.
(2) 1>age 5g, pl. 2, fig. ii.
(3) Jéna, 1800, p. i5, Cg. 6, 8.
(4) Tom. II, p. a4.
(5) Geoffr. Ann. mus. t. X, 249 et 342.
((’>) Je ne m’arrête pas a l’objection de M. Ulrich , que cet os ne sépare pas les pariétaux ( de sensu et signij.
cuber, occupant la place que tient dans les autres l’angle lambdoïde de l’occipital, et intercalé entre cet os elles deux pariétaux. Cet os, déjà indiqué en 1599 dans le cheval , par ltuini (1), avait été assez négligé par les anatomistes.
Il parait que M. de Goethe , le célèbre poète , csL celui qui en a fait le premier l’objet de son attention, dans des notes communiquées en manuscrit à MM. Loder et Sœmmering; M. Merrem a décrit et représenté celui de la souris, dans ses . Mémoires de zoologie (2) , et M. N. Meyer lui a imposé le nom d’os transversum , dans son Prodromns ana tomes murium (3), où il le représente aussi d’après la souris.
M. Meckela donné des indications sur ceux de quelques rongeurs et de quelques marsupiaux, dans ses matériaux pour l'Anatomie comparée , auxquelles il ajoute ceux de quelques ruminants, dans une note de sa traduction de mes Leçons d’ Anatomie comparée (4).
Lorsque je commençais à m’en occuper dans le cours de mes recherches , je lui donnai le nom de pariétal impair, et c’est ainsi que je l'indique depuis longtemps dans mes cours et dans le cabinet que je dirige ; mais comme il est double dans les fœtus de certaines espèces, M. Geoffroy a mieux aimé l’appeler inter -pariétal (5). J’adopte cette dénomination (6). C’est le même os dont M. Gothelf Fischer a fait dans les rongeurs l’objet d’un programme particulier , avec figures. De osse epactali sive Golkiano (7).
11. s’agit d’abord de savoir s’il existe dans l’homme. La plupart des auteurs ont cru en retrouver l’analogue dans les os vormiens j mais ces petites pièces, placées accidentellement, sans régularité et sans symétrie constantes, ne peuvent être le type d’un os aussi régulier et d’une figure aussi fixe dans les espèces qui le possèdent. A la vérité, on trouve quelquefois un os vormien et même deux à la pointe lambdoïde, mais tout aussi irréguliers que les autres (8). Il en naît d’ailleurs également dans des sutures très-différentes de la lambdoïdienne. J’en ai vu, par exemple, plusieurs foi$ à la pointe des ailes temporales du sphénoïde ; je possède un crâne où il s’en trouve un au point de réunion des pariétaux et du frontal, quatre fois plus grand que ceux qu’a représentés Vandceveren, Obs. acad :, pl. 7 ; d’ailleurs, dans les animaux, la présence de l’inter-pariélal n’exclut pas toujours celle des os vormiens.
oss. capitis, p. 8). Il sépare leur partie postérieure, et dans lu suite il les uuit; mais il les unit parce qu’il est entre eux.
(7) Moscou, 18 n. lit-fol.
(8) P oyez surtout les exemples décrits par Vaudœveren. Obs. acad., p. 187 et 188.
HUITIEME LEÇON. — OSTÉOLOGIIi DE LA TÊTE.
On en trouverait la trace avec un peu plus d’apparence dans les divisions observées dans l’occipital supérieur des fœtus humains pendant les premières semaines de la conception. On rie voit d’abord que la partie inférieure de cet occipital supérieur étendue en travers cl divisée verticalement en deux parties latérales. Il paraît ensuite deux autres pièces qui doivent en former la partie supérieure ; les deux premières sont soudées avant les deux autres, enfin le tout se réunit en uncsculc pièce, où l’on ne voit de reste delà division que trois fissures; l’une vers l’endroit qui s’aiguisera pour devenir l’angle lambdoïde; les deux au très aux endroits où finit de chaque côté la suture lambdoïde. Ces trois fissures, si elles étaient prolongées, se réuniraient à peu près où est l’épine occipitale (1). Mais dans l’homme, toutes ces parties sont soudées avant que le fœtus ait trois mois de conception. Un fœtus de trois mois a déjà son occipital supérieur d’une seule pièce; de plus, tant que la direction des fibres est sensible dans les os du crâne , on voit que celles de l’occipital partent d’un seul centre qui est à l’endroit de l’épine. On est donc disposé à croire que les séparations que l’on obtient à des époques si reculées dépendent du peu d’adhérence que les fibres ont contractée, plutôt que de la multiplicité des centres d’ossification. Enfin, ce qui semble exclure toute idée d’analogie, c’est que dans tous les animaux qui la possèdent, sans aucune exception, l’interpariétal s’unit de bonne heure avec les pariétaux pour former avec eux un os impair longtemps avant que cet os s’unisse à l’occipital (2). Il ne tronque d’ailleurs pas toujours la pointe de l’occipital ; dans le cheval, par exemple, cette pointe entre dans une échancrux-e de l’inter-pariétal ; dans le lièvre, elle avance entre deux très-petits inter-pariétaux.
Il s’en faut de beaucoup que cet os soit particulier aux rongeurs et aux ruminants; ainsi le rapport indiqué par M. Meckel, dans la note déjà citée, entre les dents de ces animaux et celles des fœtus humains, rapport en lui-même fort douteux, ne serait nullement renforcé par cette circonstance.
L’inter-pariétal n’existe pas plus dans les singes que dans l’homme , bien qu’ils aient quelquefois comme lui des os vormiensà l’une ou à l’autre extrémité de la suture sagittale. Il n’y en a pas
( i) V. Meckel, Matériaux poui' l’aixatomie comparée, i, 2e cahier, p. 36 et suiv. J’ai vérifié ce que j’avance dans le texte, mais je n’ai pu reconnaître d’une manière constante les pièces latérales que M. Meckel a encore trouvées à l’occipital supérieur du fœtus de i4 a i6 semaiues de conception. V. aussi Kerkring. Üstcol. Jcetuum, pl. 36, fig. 2. Cette figure représente bicu le résultat de mes observations.
non plus dans les makis. J’en trouve un trèsgrand, rond et simple, dans la jeune roussette, et un encore plus grand et double dans le nnclilion; j’ai cru en apercevoir des traces dans d’autres chauves-souris. Le galéopilhèque jeune a un grand inter-pariétal allant transversalement d’un temporal à l’autre derrière les deux pariétaux, comme dans les souris, et un petit en avant de la suture sagittale. Les deux pariétaux, et les deux interpariétaux s’unissent promptement en un seul os. 11 n’y en a point dans la taupe, ni dans les muscaraignes, ni dans le scalope , ni dans les desinans , ni dans les tenrecs , ni dans le hérisson (il est vrai que je n’ai pas observé ce dernier très-jeune). Il n’y en a ni dans les chiens , ni dans les ours, ni dans les ratons , ni dans les grisons , ni dans les blaireaux . ni dans les coatis , ni dans les martes, ni dans les mouffettes , ni dans les loutres , ni dans les genettes, ni dans les cicettes , ni dans les mangoustes , ni dans les hyènes. Le genre des chats se distingue des autres carnivores par un petit interpariétal triangulaire qui se soude bientôt aux deux pariétaux, en sorte que la suture sagittale disparait promptement en arrière. Je n’en trouve pas dans les phoques. Il n’y en a point dans les sarigues proprement dits ou d’Amérique; mais l’occipital supérieur, qui se porte bien eu avant de la crête, pourrait avoir fait illusion à des observateurs peu attentifs (5). Je n’en trouve pas non plus dans les dasyures.
Les péramèles en ont un en forme de chevron élargi aux deux bouts , et qui est comme une épiphyse de la crête occipitale. Les phalangers l’ont assez grand et triangulaire, ou demi-circulaire, allant souvent d’un temporal à l’autre. lie phalanger nain l’a en rectangle comme le rat et la souris. Dans les kanguroos , il est petit et en forme de chevron. Il n’atteint pas les temporaux. Je ne le retrouve pas dans le kanguroo-rat. Le phascolome l’a petit, et s’unissant de bonne heure aux pariétaux qui ne conservent ainsi pendant quelque temps de suture qu’en avant.
Cette propriété de l’intei'-pariélal de faire réunir de bonne heure les pariétaux en un seul os entre eux et avec lui-même , se remarque surtout dans les rongeurs , les ruminants et les solipèdes. Tous ces animaux ont l’inter-pariétal et souvent ils l’ont double, et dans tous, il n’y a bientôt qu’une pièce entre les frontaux et l’occipital. Cepiiu-
(2) M. Wiedemann dit à la vérité qu’il se soude plus ou moins vite à l’occipital, Arch. de zool., t. I, p. 5o; mais c’est une erreur. M. Wiedemann dit lui-même le contraire de celui du cheval dans une note sur sa trad. d’Harwood , p. 1 o.
(3) C’est ainsi que j’explique ce que M. Meckel dit de celui des didelphes sans distinctions. Trad. de mes leçons d’anat. comp., II, p. a5.
ARTICLE SIXIÈME. — RÉSUMÉ
liant celte réunion prompte îles pariétaux se fait aussi sans cette circonstance, par exemple, clans l'oryclérope , dans les cochons , etc. Je dis que les rongeurs ont généralement l’inler-pariétal, mais c’est dans leur jeunesse ; il y disparaît par son union avec les pariétaux; on aurait peine à le voir dans des marmottes , des lièvres , etc., d’âge moyen (1). Les porcs-épics l’ont, et mémo grand, quoiqu’on le leur ait contesté (2). L’urso» jeune l’a non-seulement, très-grand, mais double. Je le trouve double aussi dans de jeunes castors , dans des fœtus de pacas et d’autres sous-genres. L'ayoaye l’a comme les rongeurs ordinaires; c’est dans les rats, les rats d’eau , etc., qu’il est le plus grand. Je remarque dans plusieurs espèces qu’il diminue de grandeur avant de disparaître par sa soudure avec les pariétaux. Le spalax d’Orient est le seul rongeur où je n’aie pu voir de trace d’inter-pariétal, mais on le découvrirait peut-être dans le fœtus. Le lièvre proprement dit, où il disparaît extrêmement vite, l’a cependant, à l’état de fœtus, divisé en deux pièces très-petites. Je ne le trouve dans aucun édenté, bien que M. Wiedemann l’ait attribué aux paresseux, mais â tort. Cependant je ne voudrais pas répondre qu’il n’existât clans le jeune âge de Yoryctérope. Parmi les pachydermes, l’inter-pariétal manque à l’éléphant, à l'hippopotame, au cochon. Il existe clans le daman , le rhinocéros et le cheval; clans ce dernier , il est d’abord double. L’analogie me le fait admettre dans le tapir ; mais je n’ai observé que des individus où il avait disparu.
On peut regarder comme certain que tous les ruminants ont, à une certaine époque , urr' interpariétal double, échancrant en demi-cercle le bord postérieur des pariétaux; mais clans plusieurs espèces, telles que le chameau et le taureau, il disparait avant la naissance. Dans toutes il disparaît de bonne heure après, et dans plusieurs chaque moitié de l’inter-pariétal s’unit au pariétal de son côté , avant que les quatre os n’en fassent qu’un seul. Je trouve aussi un inter-pariétal dans tous les fœtus de cétacés; mais il parait que, dans ces animaux, il s'efface de bonne heure.
[L’inter-pariétal n’existe pas dans les oiseaux , ni dans les reptiles. L’absence de cet os clans ces deux classes serait peut-être une raison pour le regarder comme manquant également aux poissons, et, dans ce cas, l’os auquel nous avons donné ce nom serait l’occipital supérieur, auquel il ressemble souvent beaucoup. Mais il faut considérer que, le plus souvent aussi, cet os sépare entièrement les pariétaux l’un de l’autre, et qu’il s’avance même entre les frontaux; et qu’il
(1) C’est mal à propos que M. Meckel dit qu’il subsiste toute la vie dans les rongeurs. Loc cit., p. 24 et 25.
(2) C’est ce qu’a fait M. Meckel, Loc. cit. p. 25.
y a même des poissons où il a tout à fait abandonné les occipitaux , et se trouve en aVant entre les frontaux et les pariétaux ; enfin qu’il y a toute une famille (les silures) où il s’unit de très-bonne heure en une seule pièce avec les pariétaux.]
o. L’intar-maxillairo.
[On a vu que cet os ne se distingue du maxillaire dans l'homme que par une petite fissure, mais qu’il n’en est jamais entièrement séparé. 11 l’est au contraire presque toujours dans le plus grand nombre des vertébrés, et il y prend dans certaines classes une importance plus grande que celle du maxillaire lui-même. On le trouve dans tous les mammifères, sauf peut-être quelques chauves-souris, et il porte, quand il y en a, les dents incisives : il est double dans toute cette classe. Dans les oiseaux, il acquiert un développement considérable aux dépens du maxillaire, puisqu’il fait la plus grande partie de l’os du bec. Il s’articule d’ailleurs au front d’une manière particulière, que nous avons indiquée. Dans les reptiles , où il est moins développé, il reprend sa place accoutumée au bout du museau, tantôt armé, tantôt dépourvu de dents ; il est souvent simple, et souvent aussi il existe seul, le maxillaire ayant disparu. Dans les poissons cartilagineux, il suit le sort du maxillaire; mais dans les osseux, il prend une plus grande importance , puisqu’il y forme souvent presque tout enLier le bord du museau, qu’il y est doué d’un mouvement indépendant, et qu’il y est communément le seul des deux os qui soit armé de dents.]
4° Os spéciaux ou particuliers à certaines classes ou même à certains genres.
[Dans les mammifères. — On ne trouve guère , appartenant à cette catégorie, que l’os du groin des sangliers, et l’os inter-nasal de l’unau, dont nous avons parlé page 525.
Dans les oiseaux. — Il y a : le sourcilier , des oiseaux de proie diurnes. On peut aussi ranger dans celte classe l’os de. la nuque du cormoran , qui s’arlicule par ginglyme sur un tubercule de l’occipital.
Dans les reptiles et dans les poissons. — Il y a :
1 os transverse , et le sourcilier. Le premier est un os important, qui unit en général l’arcade palatinoptérygoïdienne aux côtés du crâne ou du museau, cl qu’on peut aussi regarder comme l’analogue soit de l’apophyse ptérygoidc externe du sphénoïde, soit d’une portion du palatin. Cet os manque dans les tortues et dans les batraciens , mais il existe dans les autres sauriens , dans les ophidiens, et dans les poissons , où il entre dans la composition de l’appareil palatin et ptérygo-tyin-
panique. Le sourcilier se rencontre dans des saurions, dans des serpents et dans des poissons.
Dans les rèptiles seulement. — On trouve l’os columolle de la plupart des sauriens , que nous avons décrit à l’article de ces animaux , et qui manque dans les crocodiles, dans les caméléons , et dans tous les autres reptiles.
Dans les poissons seulement. — On trouve, appartenant à cette catégorie : les os sous-orbitaires, que nous avons décrits ci-dessus, pape 397 ; les os sur-temporaux, que nous avons décrits à la môme pape; les os operculaircs , que nous avons décrits page 399; le symplectique , pièce de l’appareil ptérygotympanique, et qui se trouve décrit à la page 598. ]
§ 2. Généralités sur l’ensemble de la tôle.
A. Le crâne est-il une vertèbre ou un composé de trois ou quatre vertèbres ?
La base du crâne est constamment formée dans l’embryon de deux os impairs placés à la suite l’un de l’autre, savoir, en commençant par l’arrière : le basilaire et le corps du sphénoïde postérieur. Chacun de ces os en a sur ses côtés deux autres qu’on pourrait appeler scs ailes.
Celles du basilaire sont les os condyloïdicns ; ils présentent chacun le coudyle pour l’articulation avec l’atlas, et remontent pour entourer la moelle et se toucher l’un l’autre au-dessus d’elle. L’analogie de ces trois pièces , le basilaire et les dçux condyloïdicns, avec les trois pièces de l’atlas, son corps et les deux moitiés de sa partie annulaire, est très -sensible. Le basilaire et le corps de l’atlas servent également à supporter la moelle épinière; les condyloïdiens et les deux moitiés de l’anneau de l’atlas à la couvrir. Les condyles sont représentés par les facettes articulaires, au moyen desquelles l’allas s’unit à l’axis. Le trou condylien, qui laisse passer les nerfs de la neuvième paire, a quelque rapport avec le trou de l’atlas qui laisse passerle premier nerf cervical, et la première courbure de l’artère vertébrale. On a aussi trouvé quelque rapport entre l’apophyse mastoïde qui , dans la plupart des animaux, appartient à l’occipital, et l’apophyse transverse de l’atlas et des autres vertèbres; sur quoi il faut remarquer que ces rapports sont moindres dans l’homme à certains égards que dans les quadrupèdes, puisque l’atlas n’y a ordinairement qu’une échancrure pour le passage de l’artère et que l’apophyse mastoïde y appartient entièrement ait rocher.
Ces ressemblances étaient naturelles à attendre dans la partie de la tête placée à l’extrémité de la colonne vertébrale, et dont les fonctions sont eu effet analogues à celles des vertèbres, puisqu’elle laisse passer comme elles le grand tronc médul-
laire. Ainsi, il est très-vrai que le basilaire et les deux condyloïdiens formenl ensemble un anneau adhérent à la tète qu’il supporte, et ressemblant en général aux autres pièces de la colonne vertébrale. On pourrait même comparer l’occipital supérieur aux apophyses épineuses qui, dans certains animaux, naissent par des points d’ossification particuliers , et restent quelque temps distincts du reste de la vertèbre; cependant il y aurait déjà ici une grande différence de structure et de fonction.
Mais de ce que la tétes’articuleàl’épinepardes pièces qui ressemblent h celles qui forment l’épine elle-même, ce n’est pas une raison de dire que la tête tout entière peut être considérée comme une vertèbre développée. Aucune des autres parties de la tête ne pourrait se trouver même en vestige ou en germe dans aucune vertèbre.
En avant du basilaire se trouve le corps du sphénoïde postérieur, aux côtés duquel adhèrent les deux ailes temporales ou grandes ailes. On a aussi cherché à représenter ces trois pièces comme formant une vertèbre avec les deux pariétaux (1).
Il reste en effet encore quelque analogie , mais beaucoup plus faible, tandis que les différences deviennent plus fortes. Le corps du sphénoïde a bien l’air d’une répétition du basilaire, mais ayant une autre fonction, il prend aussi une autre forme, surtout en dessus, au moyen des apophyses clinoïdes postérieures ; et dans les premiers temps du fœtus il n’est pas composé d’un seul noyau , mais de deux, qui ont longtemps entre eux de simples cartilages (2). Ses ailes diffèrent beaucoup plus encore et des deux condyliens, et des deux pièces qui forment la partie annulaire des vertèbres. A la vérité, le trou ovale n’est quelquefois qu’une échancrure ; mais le plus souvent il est entouré d’os , et par conséquent un vrai trou. Il en est de même du trou rond toutes les fois qu’il est distinct du sphéno-orbitaire ; or les vertèbres proprement dites ne laissent passer les nerfs que par les intervalles qui existent entre elles et les autres vertèbres, et non par des trous particuliers. Dans tous les cas, ou ne pourrait regarder cette vertèbre comme annulaire, ni supposer que les pariétaux en forment le complément; d’une part, ce serait une composition différente de celle des autres vertèbres, puisque l’anneau serait formé de cinq pièces et même de six , en complanl l’inter- * pariétal; de l’autre, il arrive dans plusieurs animaux que les ailes temporales du sphénoïde n’atteignent pas au pariétal , parce que le temporal va loucher au-dessus d’elles , soit au frontal, soit au sphénoïde antérieur. Ainsi les pariétaux sont
(i) O ken.
(a) Voy. Kerkring, Osteog. Jœtiuim., pl. 34, f‘g- 3 et 4-
ARTICLE SIXIÈME. — RÉSUMÉ
des pièces indépendantes du sphénoïde postérieur, des pièces particulières qui ont une destination particulière, celle de servir de bouclier h la partie moyenne et postérieure des hémisphères, tout comme les grandes ailes ont celle de servit de support aux lobes moyens dans lesquels ces hémisphères se terminent vers le bas.
Les apophyses ptérygoïdes externes qui, dans tous les mammifères où elles existent, font partie des grandes ailes, ne pourraient , dans le système qui fait une vertèbre du sphénoïde, être comparées qu’aux apophyses transverses ; mais ici les restes d’analogie que présentaient encore les apophyses mastoïdes, quand elles sont dans 1 occipital, échappent entièrement. Il n’y a nul rapport entre les muscles qui s’attachent aux apophyses ptérygoïdes, et ceux qui unissent entre elles les diverses parties de l’épine. Quant aux apophyses ptérygoïdes internes , ce sont fort souvent des os séparés qui appartiennent à la face et non pas au crâne; toutefois, il est des animaux où ces apophyses ne se distinguent, à aucune époque, du corps de l’os.
En avant du sphénoïde postérieur est le sphénoïde antérieur qui porte la commissure des nerfs optiques et leur fournit à chacun un trou pour sortir du orâne : entre lui et le sphénoïde postérieur est toujours une fente ou un trou commun aux deux os, le sphéno-orbitaire, par lequel passent les nerfs de la 5e , de la 4e et de la 6e paire, la première branche de la 5e, et très- souvent la 2e, quand le trou rond se confond avec lui. L’on a voulu aussi considérer le sphénoïde antérieur comme une vertèbre dont les frontaux compléteraient la partie annulaire, et où la position du trou
(1) Voyez Kerkring, Osteogen. feetuum. , pi. 35, fig. 2.
(2) Les rapports de la cavité du crâne avec celle de l’épine ont été indiqués en passant par P. Frank, devertebralis columnœ in morbis dignitate oratio academica. Pavie, 1791, in-8°.
M. Kielmeyer, dont les idées ingénieuses, toujours communiquées verbalement malgré les prières de scs amis, et le plus souvent exagérées par scs élèves, ont donné lieu à la plupart des spéculations dont se compose en Allemagne la philosophie de la nature, a souvent annoncé que dans une vertèbre on pourrait reconnaître comme une tête eutière.
M. Burdiu, Cours d’études médicales , Paris, t8o3, t. r, p. 16, a considéré la vertèbre comme le fondement et l’arcbetype de tout le squelette, et la tête, comme la plus élevée des vertèbres.
M. Autenrieth a regardé la tête comme le polo oppose au bassin et comme une répétition de l’abdomen et du thorax.
M. Oken, Programme sur la signification des os du crâne, Jcna, 1807, a établi que le crâne se compose
sphéno-orbitaire entre les deux sphénoïdes répondrait assez aux trous inter-vertébraux ordinaires. Mais la composition du sphénoïde antérieur luimême est toute différente de celle des deux os, dont nous avons parlé avant lui , et de celle d’aucune vertèbre. Il n’est jamais, dans les mammifères, formé de trois pièces, mais seulement de deux ; ce sont proprement des anneaux osseux pour les nerfs optiques , qui par suite du temps se rapprochent et se soudent entre eux; la suture est toujours au milieu, et tant que l’ossificaticn n’est pas complète, il n’y a entre les deux anneaux que du cartilage, dans lequel il ne se forme pas de troisième noyau (1).
Ce que j’ai dit des pariétaux s’applique aux frontaux considérés comme complément du sphénoïde antérieur; leur fonction est relative à toute autre chose, h la protection des lobes antérieurs du cerveau et à l’enchâssement de l’elhmoïde; et quoique le sphénoïde antérieur n’en soit jamais séparé dans les mammifères comme le postérieur l’est souvent des pariétaux, il l’est presque toujours dans les autres classes , en sorte qu’alors l’anneau vertébral serait aussi interrompu (2).
B. Résumé sur le plus ou moins de fixité de la face dans les vertébrés à poumons.
Dans tous les mammifères terrestres, sans exception, toutes les parties de ltvface, c’est-à-dire les nasaux, les inter-maxillaires, les maxillaires supérieurs, le voraer, les palatins, les ptérygoïdiens, les caisses, sont attachés au crâne par des sutures fixes, et ne peuvent êLre mus ni par des muscles , ni par une action extérieure. Dans les cétacés , la
essentiellement de trois vertèbres , à laquelle il faut en ajouter une quatrième qui est le vomer.
M. Duméril, dans un mémoire lu à l’Institut en 1808 ,
(Magaz. encyclop. 1808, t. 3, p. 125), a montré les rapports de l’articulation de la tête sur l'atlas avec l’articulation des vertèbres entre elles, et ceux des muscles propres à la tête avec les muscles qui unissent entre elles les parties de l’épine; il en conclut que la tête peut être considérée comme une vertèbre.
[M. de Blainville partage le crâne en quatre vertèbres, qu’il rattache à l’organisation du cerveau et qu’il considère comme affectées chacune à l’exercice d’un sens. La 'vertèbre gustative se compose du basilaire et des occipitaux; la 'vertèbre acoustique du sphénoïde postérieur et des pariétaux ; la ■vertèbre optique du sphénoïde antérieur et des frontaux; la -vertèbre olfactive du vomer, de l’ethmoïde et des nasaux.
Plusieurs auteurs allemands, et M. Geoffroy, ont aussi publié de nombreux travaux sur la division du crâne en vertèbres. M. Cuvier en a déjà donné, dans le ior vol. de VIfisl. nat. des poissons , un extrait détaillé et auquel il a joint des remarques et des observations. ]
caisse unie nu rocher forme une pièce détachée du crâne, et suspendue sous une voûte formée par les os voisins. Cette pièce ne s’unit même jamais au temporal écailleux, auquel la caisse et le rocher se soudent d’assez bonne heure dans les autres mammifères. Les crocodiles et les tortues présentent la même fixité dans toutes les parties delà face; leur caisse est enchâssée entre les autres os, comme toutes les pièces dans lesquelles se démembre le temporal ; leurs palatins et leurs ptérygoïdiens sont fixés autant que dans aucun mammifère. Dans les lézards et les orvets, la fixité a lieu pour les maxillaires , les ptérygoïdiens et tout l’appareil de la mâchoire supérieure, bien que les ptérygoïdiens ne soient pas, comme dans les crocodiles et les tortues, enchâssés et inhérents à la masse du crâne; les caisses seulement n’étant retenues, dans le haut au temporal, au mastoïdien et à l’occipital latéral, et dans le bas du côté interne à l’extrémité du ptérygoïdien, que par des articulations plates et des ligaments lâches, seraient susceptibles de quelque mobilité, mais qui n’influerait point sur celle de la face. Les serpents doubles marcheurs ou à face fixe ne diffèrent point des lézards à cet égard. La cécilie a même toutes les parties de la face plus complètement fixées entre elles et avec le crâne qu’aucun autre vertébré. Dans les batraciens , le tympanique, bien que grêle, est encore mieux fixé que celui des lézards parla manière dont il s’articule avec le ptérygoïdien, et dans les grenouilles avec le jugal. La syrène, à la vérité, manque de ces deux os; mais son tympanique est engrené avec les os du crâne par une suture dentée, en sorte qu’il n’a point de mobilité propre; le reste de la face , les inter-maxillaires , et palatins , est entièment fixe.
Dans les oiseaux, le plus ou moins de mobilité dépend de la manière dont les inter-maxillaires et nasaux se joignent avec le frontal. Toute la partie postérieure et inférieure du bec s’appuie
extérieurement par les os maxillaires supérieurs et les jugaux, et intérieurement par les palatius et les ptérygoïdiens sur l’os tympanique, qui luimême s'articule d’une manière parfaitement mobile dans une fossette à laquelle prennent part le temporal, le sphénoïde, la grande aile et le ro, cher. Ainsi, quand l’articulation des nasaux et de l’intcr-maxillaire avec le frontal est un ginglyme, , comme dans le perroquet, la mobilité de haut en bas est parfaite. Elle l’est moins quand il n’y a que l’élasticité dcslames articulaires qui s’y prête, comme dans les gallinacés. Il n’y a jamais de mouvement latéral.
Dans les serpents proprement dits non venimeux, la longueur des mastoïdiens et leur mobilité sont extrêmes, ainsi que celle des tympaniques; lesmaxillaircs ctles palatins et ptérygoïdiens ne s’articulent que par un point d’une manière lâche aux frontaux antérieurs; les ptérygoïdiens glissent comme dans les oiseaux contre une facette du corps du sphénoïde, en sorte qu’il y a dans toutes les parties de la mâchoire et du palais , l’inter-maxillaire impair excepté : 1» un mouvement horizontal d’arrière en avant, et d’avant en arrière; 2° un mouvement horizontal de droite à gauche, qui écarte ou rapproche les extrémités antérieures des maxillaires; 5° un mouvement de bascule de haut en bas, plus libre que celui des oiseaux. Les frontaux antérieurs, les nasaux, les vomers restent fixes.
Ces mouvements, et surtout celui de bascule, sont beaucoup plus marqués dans les serpents venimeux ; toutes les parties de la mâchoire peuvent s’y écarter en divers sens et d’une manière très-frappante. C’est ainsi que l’on est conduit au double mouvement qui a lieu dans les poissons : balancement de dehors en dedans, et de dedans en dehors pour l’arcade palatine, ptérygoïdienuc et tympanique, et mouvement de bascule et de protraction pour les inter-maxillaires et les maxillaires.