ARTICLE DEUXIÈME. — 1)E LA SUUSTANCE DES OS
volonté. Colle différence de l'irritabilité, môme do celle qui est volontaire, il’avoc la sensibilité proprement dite, esL encore mieux prouvée par les expériences d’Arncmann, dans lesquelles un nerf coupé et réuni a recouvré, au bout de quelque temps, la première de ces facultés, et non l’autre. Les nerfs cl leurs fonctions ne dépendent de l’intelligence qu’aulant qu’ils tiennent à l’arbre général des nerfs : mais ils paraissent pouvoir exercer par leur propre substance la partie purement physique de ces fonctions; et si elles dépendent d’un fluide, ce fluide doit pouvoir naître de tous les points de la substance médullaire. C’est l’opinion de Reil, et elle s’appuie sur des expériences déjà anciennes deStenon et d’autres, dans lesquelles la ligature d’une artère paralyse les muscles auxquels elle se rend.
Tout ce que nous venons de dires’applique également aux diverses classes d’animaux. Toutes sont irritables, et toutes celles où il y a des nerfs et des muscles distincts sont sujettes au galvanisme. M. de Uumboldt en a même tiré un moyen ingénieux de distinguer dans les plus petits animaux les nerfs d’avec les artères, ou d’autres parties, en se servant d’une aiguille d’or et d’une d’argent qu’on applique l’une aux muscles, l’autre aux file ts dont on veut reconnaître la nature, et qu’on fait se toucher par leur autre extrémité. Si c’est un nerf, des contractions doivent s’en suivre.
Une fois qu’on a reconnu que le concours du nerl est nécessaire pour produire la contraction de la fibre, et que de son cùté la fibre charnue est seule susceptible de subir cet cfTet de la part du nerf, il resterait à savoir comment, par quel agent, par quel intermède, le nerf produit cet effet sur elle. Ce qui tait la principale difficulté de cette question, est la force prodigieuse avec laquelle les muscles se contractent, et la grandeur des poids qu’ils peuvent soulever dans l’état de vie, tandis qu’immédiatement après la mort ils sont déchirés par des poids infiniment moindres. Cela porte à croire qu’au moment de l’action, non seulement la fibre se plisse, non seulement les pai ticules qui la composent tendent à se rapprocher dans le sens de sa longueur, mais encore que leur cohésion, ou la ténacité de la fibre, devient à 1 instant même beaucoup plus grande, sans quoi sa tendance à se raccourcir n’empêcherait pas sa rupture. Or, en supposant même, ce qui paraît au moins difficile, qu’on puisse imaginer des textures défibrés telles que l’accession d’un fluide ou d’une vapeur puisse lui donner celle tendance au plissement ou au raccourcissement, il faudra toujours convenir qu’il n’y a qu’un changement subit dans leur composition chimique, qui puisse en augmenter aussi vite et aussi fortement la cohésion. Nous avons déjà des exemples de la prodigieuse force avec laquelle les molécules des corps tendent à
prendre une nouvelle situation, pour peu que leur mélange chimique soit changé; et le plus connu de tous est celui que fournit l’eau qui se glace. La perte d’un peu de calorique dispose ses molécules à se solidifier en aiguilles; et elles le font avec tant de force qu’elles font éclater les vases les plus solides. La fibre vivante et contractée n’est donc plus, absolument parlant, le même corps, n’a plus le -même mélange chimique que la fibre lâche, et ce sont les diverses causes irritantes qui opèrent sur elle ce changement par le moyen du nerf. Estce en perdant et en abandonnant au nerf quelqu’un de ses éléments, ou bien est-ce en recevant du nerf quelque élément nouveau, que la fibre change ainsi sa composition ? car on ne peut choisir qu’entre ces deux partis. Quel est d’ailleurs cet élément qui passe de l’un à l’autre ? existait-il tout formé dans l’un des deux, et est-il simplement transmis à l’autre? ou bien se forme-t-il à l’instant de l’irritation par composition? ou enfin se développc-t-il par décomposition? Voilà les questions dont il faut s’occuper : les nouvelles expériences galvaniques et celles que l’on a désignées plus anciennement sous le nom impropre de magnétiques , jointes aux découvertes de la chimie moderne, et suivies avec la délicatesse et la précision qu’on met aujourd’hui dans la physique, nouspermellenl d’en espérer la solution. Mais pour engager les hommes à se livrer à ees recherches, il ne faut pas les habituer à rapporter chaque effet particulier à une force propre et occulte.
ARTICLE II