‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 19 sur 174 · DE LA SUBSTANCE DES OS · texte numérisé non relu

DE LA SUBSTANCE DES OS

Les animaux vertébrés ont seuls de véritables os, dont l’organisation et la manière de croitre sont toutes différentes de celles des parties dures qui en tiennent lieu dans les autres animaux; il faut donc eu traiter séparément.

La substance des os , abstraction faite de la moelle et des autres corps étrangers dont on ne peut la débarrasser complètement, donne à l’analyse une quantité variable de gelée animale ou gélatine, dissoluble dans l’eau bouillante, se prenant en gelée par le refroidissement , altérable par le feu et la putréfaction, et d’une matière terreuse, dissoluble dans les acides, que l’on a reconnue être une combinaison de chaux et d’acide phospliorique, ou un phosphate de chaux.

La quantité du phosphate de chaux augmente avec l’âge dans les os : la gélatine, au contraire, s’y trouve d’autant plus abondante que l’on se rapproche davantage de l’époque de la naissance; et dans les premiers temps de la gestation, les os

DEUXIÈME LEÇON. — ORGANES DU MOUVEMENT

«lu fœtus ne sont que do simples cartilages, ou de la gélatine plus ou moins durcie; car le cartilage se résout presque entièrement en gélatine pur l’action de l’eau bouillante. Dans les très jeunes embryons, il n’y a pas même de vrai cartilage, mais une substance qui a toute l’upparencc cl même la demi-fluidité de la gélatine ordinaire, mais qui est déjà figurée et enveloppée par la membrane qui doit par la suite devenir le périoste. Dans ce premier état, les os plats ont l’air de simples membranes; ceux des os qui doivent 6e mouvoir les uns sur les autres ont déjà des articulations visibles, quoique le périoste passe de l’un à l’autre et les enveloppe tous dans une gaine commune : mais ceux qui ne seront distingués que par des sutures, ceux du crâne, par exemple, forment un tout continu, où rien n’annonce que ces sutures existeront un jour.

C’est dans cette base gélatineuse ou cartilagineuse, et dont la forme est déjà en grande partie déterminée, que se dépose, par degrés, le phosphate de chaux qui doit donner aux os leur opacité et leur consistance : mais il ne s’y dépose pas uniformément; encore moins s’y mêle-t-il de manière à former avec elle un tout homogène.

Il s’y développe des grains qui, dans les vertébrés inférieurs, les poissons cartilagineux, se distribuent assez uniformément dans la masse; qui, dans certaines parties du corps, comme le rocher des mammifères, la caisse de la baleine, s’accumulent et se condensent par degrés, au point de prendre la consistance d’un marbre homogène, mais qui presque toujours forment des lames cellulaires, ou s’alignent en filets et comme en fibres, qui, se multipliant et s’étendant en tous sens, finissent par donner à l’os la consistance qu’il doit avoir.

La surface ou l’écorce, si l’on peut s’exprimer ainsi, paraît plus généralement formée de fibres serrées et rapprochées plus ou moins régulièrement, c’est-à-dire divergentes en rayons dans les os plats, et parallèles dans les os longs. Mais M. Scarpa a fait voir que leur élendue et leur parallélisme ne sont qu’apparents et que ce sont plutùt des fibres qui, s’unissant d’espace en espace, interceptent des mailles alongées; au total, il en résulte un véritable réseau qui s’épaissit par l’accession de filets nouveaux et prend aussi quelque chose de lamelleux.

Pendant que la surface des os arrive, par cette accumulation successive de phosphate calcaire, à une consistance plus ou moins grande, leur intérieur reçoit aussi des lames et des fibres de cette même substance, mais qui s’y rapprochent ordinairement beaucoup moins : les lames y sont jetées, pour ainsi dire, au hasard, comme les lames molles le sont dans le tissu cellulaire ordinaire; en sorte que leur ensemble représente une vérita-

ble ccllulosité durcie par l’accession do la matière terreuse. A mesure que ce tissu spongieux prend de la consistance, la substance gélatineuse qui remplissait d’abord toute la solidité de l’os, semble disparaître et se concentrer dans les parties vraiment ossifiées. Il se forme par là des vides qui viennent à être occupés graduellement par une matière grasse, appelée suc moelleux. Les choses restent toujours ainsi dans les os plats, où cette partie spongieuse et imbibée de moelle, comprise entre deux surfaces compactes, est nommée diploé. Mais dans les os longs, il se forme au milieu du corps de l’os un vide plus considérable, qui s’étend successivement vers les extrémités, en faisant disparaître la substance spongieuse; de façon qu’à la fin l’os forme un véritable tube dont les extrémités seulement sont remplies par une spongiosité osseuse, et dont toute la partie moyenne est occupée par une espèce de cylindre d’une qioelle renfermée dans une membrane très fine, et pourvue de vaisseaux et de nerfs abondants, qui y pénètrent par les trous de la substance compacte de l’os.

Les fibres des os, soit divergentes, soit parallèles, naissent de certains centres que Ton nomme points d’ossification.

Chaque os long en a ordinairement trois : un vers son milieu, qui l’entoure comme un anneau et dont les filets d’abord réticulés prennent plus généralement une direction parallèle à Taxe; et un principal à chaque extrémité, accompagné quelquefois de plusieurs plus petits : même lorsque les trois pièces osseuses qui résultent de l’extension successive de ces trois centres d’ossification, sont parvenues à se toucher, elles demeurent quelque temps sans se souder, et il y a entre elles une couche purement gélatineuse, que l’eau bouillante ou la macération peuvent détruire. Ces extrémités portent, tant qu’elles sont ainsi distinctes, le nom d'épiphyses , par opposition avec le corps de l’os, qui porte celui de diapliyse; mais il y a des animaux, notamment parmi les reptiles, où cette division des os longs en trois parties n’a pas lieu.

Dans les os plats, les centres d’ossiGcation représentent, pour ainsi dire, des soleils dont les rayons sont les filets osseux que leur blancheur opaque fait ressortir à l’œil, sur le fond demitransparent du cartilage dans lequel elles se développent. Dans les os ronds, les centres ressemblent à des grains ou à des noyaux. Dans les os très anguleux, ils ont des dispositions et des formes très variées.

Lorsque les filets d’un centre sont parvenus à toucher de toutes parts ceux des centres voisins, les os ne sont plus séparés que par des sutures, qui peuvent s’effacer plus ou moins promptement.

On a coutume de regarder comme des os sim-

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