‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 23 sur 174 · DES JONCTIONS DES OS · texte numérisé non relu

DES JONCTIONS DES OS

est le plus éloignée. La torsion a lieu, lorsque l’os mu tourne autour de son propre axe, ou autour d’un axe imaginaire, pris dans l’espace, et passant par l’articulation.

On sent aisément que la torsion ne peut avoir lieu qu’aulant que les faces articulaires sont planes ou sphériques, et qu’il n’y a que ces dernières seulement qui puissent permettre les flexions dans tous les sens. Mais pour peu que ces faces soient en portion de cylindres, ou qu’elles soient chacune, en partie convexe et en partie concave, le mouvement de flexion sera borné en un seul sens; l’os demeurera toujours dans le même plan, tant que celui auquel il lient ne sera pas déplacé, et il décrira un secteur de cercle, dont le centre sera dans l’articulation.

L’articulation qui ne permet de flexion que dans un seul sens, se nomme ginglyme; celle qui la permet dans tous les sens énarlhrose ou arthrodie, selon que les faces sont plus ou moins convexes, et qu’elles permettent des flexions plus ou moins complètes.

Lorsqu’un os lient à un auty; par deux extrémités, il est réduit à tourner autour ; c’est une espèce particulière de ginglyme, à laquelle on a donné le nom de rotation.

La tête est attachée au tronc, la mâchoire l’est à la tète, et toutes les parties des extrémités le sont entre elles par ces différentes espèces d’articulations mobiles; mais elles ne le sont pas toujours de la même manière: ainsi, la tête des mammifères s’articule par ginglyme, celle des oiseaux par arthrodie ; le radius de l’homme s’articule par arthrodie avec l’humérus, el par rotation avec le cubitus; dans les rongeurs, les cochons, etc., il tient à l’humérus par ginglyme, et il est immobile sur le cubitus ; il s’y soude même entièrement dans certaines espèces.

Quelques poissons présentent des modes particuliers d’articulations mobiles, dont le squelette de l’homme et des mammifères n’offre point d’exemple.

Le premier, qui pourrait aussi se rapporter au ginglyme, est l’articulation en anneau, dans lequel un os est comme enfilé par une branche, ou du moins par une proéminence cylindrique et presque détachée d’un autre os. Les premières épines des nageoires anales de quelques chétodons , celles des nageoires dorsales des silures et de presque tous les acanthoptérygiens sont attachées ainsi.

Le second est une articulation qui peut devenir immobile, au gré de l’animal. L’os mobile a un petit crochet; l’animal peut, en tordant cet os, faire entrer ce petit crochet dans une fossette île l’os immobile; et en lui faisant faire une légère flexion, il l’y accroche, de manière que l’os ne peut plus être dérangé qu’en reprenant une marche précisément contraire à celle qui l’a mis dans cet

DEUXIÈME LEÇON. — ORGANES DU MOUVEMENT

état, et que tout effort dans un nuire sens est inutile. C'est ainsi que les silures et les épinoches , fixent les premières épines de leurs nageoires pectorales, lorsqu’ils veulent s’en servir pour le combat.

Nous avons déjà parlé plus haut, de l’espèce d’arliculation mobile qui a eu lieu cuire les bords amincis de deux os plats, et qui leur permet de glisser l’un sur l’autre. On trouve dans les oiseaux une autre espèce d'articulation qui permet aussi ce glissement, mais qui a lieu entre des facettes planes. Les arcades palatines du bec supérieur des canards en ont de telles, qui correspondent à d’autres situées à la base du crâne.

Les mollusques n’ont d’articulations qu’à leurs coquilles : celles des coquilles bivalves sc réduisent en {général à des ginglymes plus ou moins composés, selon le nombre plus ou moins grand des dents et des fossettes qui entrent les unes dans les autres : il n’y a ni capsules ni cartilages articulaires : en dehors est un ligament élastique qui force les valves à s’ouvrir lorsque les muscles qui les tiennent ordinairement fermées se relâchent. Les coquilles mullivalves ont leurs pièces attachées ensemble par une membrane cartilagineuse commune, ou bien ces pièces sont toutes attachées immédiatement au corps de l’animal. Dans les chiions, elles se meuvent les unes sur les autres, en faisant glisser leur bord en recouvrement. Dans les anatifes, il n’y a qu’un mouvement commun d’ouverture et de fermeture, qui a lieu par ginglyme, comme celui des bivalves. Les opercules de quelques univalves, notamment des nérilcs, sont aussi arLiculés par ginglyme à la coquille principale.

Les crustacés et les insectes onL un système commun d’articulations, qui tient à la position de leurs parties dures en dehors des muscles. Ces parties dures étant faites en étui, et les muscles remplissant leur milieu, elles ne peuvent pas s’articuler par des surfaces simples et pleines; il ne peut donc point y avoir chez eux d’arthrodies ni d’énarlhrose. Toutes leurs articulations mobiles se réduisent à trois.

Le ginglyme est la seule dans les parties qui ont besoin d’un point d’appui solide, parce que les enveloppes écailleuses des membres, étant tubuleuses, doivent s’appuyer au moins par deux points de leur contour, ce qui détermine nécessairement le ginglyme. Quant aux parties qui n’ont pas besoin d’un appui solide, elles sonL simplement suspendues par des ligaments, ou bien elles s’articulent par emboîtement.

L’cmboitement se fait lorsqu’une partie entre et est emboîtée dans une autre. C’est ainsi que les hanches des insectes sont cm. mitées dans le thorax, et que les anneaux de leur abdomen le sont les uus dans les autres.

Comme la partie qui reçoit et celle qui est reçue sont l’une cl l’autre des segments de sphéroïde, celle-ci peut exécuter le mouvement de torsion : elle peut s’enfoncer plus ou moins, soit également dans tout son contour, soit plus d’un cêlé que de l’autre ; mais elle ne peut point avoir de flexion proprement dite.

Les parties des insectes qui sont articulées en ginglyme, et qui sont principalement les différentes portions de leurs jambes, sont fortement échancrées du cdté où la flexion doit être plus complète; l’intervalle est garni d’une membrane souple, et il n’y a point d’autre ligament. Les tubercules et les fossettes articulaires sont tellement arrangés, qu’on ne peut les luxersansles rompre; des courbures très légères, qui en font des espèces de crochets, produisent cet effet avantageux.

[Parmi les zoophyles, les astéries et les oursins offrent seuls des articulations mobiles; les premières ont des bords et des surfaces contiguës qui permettent aux pièces dont leur charpente se compose un mouvement obscur, et les pointes des derniers s’articulent par arthrodie avec les tubercules qui les supportent. ]

ARTICLE V

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