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ARTICLE QUATRIÈME. — UES JONCTIONS DES OS

assez cassantes; leur forme est tantôt celle d’une feuille, tantôt celle d’une lame d’épée. Leur connexion avec les parties molles est la môme que celle de l’os de la sèche.

On trouve aussi une petite plaque, demi-cornée, demi-friable, dans l’épaisseur du lobe charnu qui recouvre les branchies de l’aplysic, et même il y en a une encore plus petite dans le manteau de la limace; mais tous ces corps, quclqu’élrange que ceci puisse paraître, ne sont que des coquilles internes plates et plus ou moins calcaires.

Les parties solides des animaux articulés sont d’une autre nature; elles ne sont plus une produc-

Ition de la peau, comme les coquilles, les ongles, les cornes creuses, mais un endurcissement, un encroûtement de celte peau, comme on en voit des exemples dans les tatous et les crocodiles. Aussi, les espèces à test calcaire qui n’ont point acquis leur entier accroissement, sont-elles obligées, au moment de la croissance, de se débarrasser de cette enveloppe dure, qui ne permettrait point leur développement. C’est ce qu’on remarque chez les crustacés. A l'époque de la mue, leur enveloppe se fend et se détache; mais il s’en trouve à point nommé une autre dessous, qui se formait pendant que l’autre perdait sa connexion avec le corps, et mourait , pour ainsi dire. Cette enveloppe est d’abord molle, sensible et même pourvue de vaisseaux ; mais une quantité de molécules calcaires, amassées auparavant dans l’estomac, ne tardent pas à y être portées, à la durcir, à en obstruer les porcs et les vaisseaux, à la rendre, en un mot, loutesemblableàcellequ’ellearemplacée.

Les insectes ne prennent leur dureté complète que lorsqu’ils ont acquis leur dernière forme, et qu’ils ne doivent plus changer de peau; mais toutes les peaux qu’ils ont rejetées auparavant, quoique plusmolles, étaient mortes, et déjà remplacées par d’autres qui s’étaient développées dessous lorsqu’elles sont tombées.

Quelques animaux invertébrés ont aussi des parties dures dans leur intérieur ; mais elles ne sont point articulées de manière à servir de base à des membres mobiles, et leur tissu difTère aussi considérablement des os ordinaires. Les plus remarquables de ces sortes de parties dures sont les dents de l’estomac des écrevisses, dont nous renvoyons la description, ainsi que celle des dents ordinaires, à l’article où nous traiterons de la digestion.

Les parties solides des zoophytes varient considérablement; elles sont lanlôtà l’extérieur, comme dans une partie des échinodermes et les polypiers à tuyaux, tantôt à l’intérieur, comme dans les polypes à cellules et les polypiers corticaux.

Dans les astéries ou étoiles de mer, elles constituent une sorte de charpente composée d’un disque central entoure de cinq branches plus ou

moins alongécs et formées de pièces plus ou moins nombreuses articulées entre elles. Ces branches sont simples ou bifurquées cl fournissent de très bons caractères zoologiques.

Dans les oursins, c’est une enveloppe plus ou moins sphérique, calcaire, solide et souvent très dure, composée de nombreuses pièces articulées par suture dentée, percée d’une foule de petits trous qui laissent passer des pieds membraneux et garnis de tubercules, sur lesquels jouent librement des pointes d’une substance analogue à celle de la coquille.

Ces parties osseuses, recouvertes par un épiderme et par un tissu muqueux, peuvent être considérées comme la partie dcrmoïquedela peau ossifiée.

[On n’a point suffisamment examiné comment se fait l’accroissement dans ces parties de l’étoile de mer et des oursins. Dans les oursins, il s’accomplit probablement à de certaines époques par les bords des pièces articulées, mais alors les parties anciennes doivent subir un ramollissement qui leur permette de s’étendre et de prendre la nouvelle courbe que nécessite la plus grande longueur de leurs diamètres. On a des exemples de ce ramollissement dans les portions profondes et internes des parties solides des crustacés, qui, à l’époque de la mue des parties externes, perdent leur solidité et se trouvent dans les conditions nécessaires pour un plus grand développement. Il n’est guère possible de comprendre autrement l’accroissement de toutesles parties solides qui constituent l’enveloppe des échinodermes. ]

Enfin, les polypes à polypiers ont les parties dures, tantôt cornées, tantôt calcaires, tantôt spongieuses, mais qui croissent par simple juxtaposition, ou tout au plus par développements successifs de plusieurs couches, comme les coquilles. Il en est dans lesquels ce développement se fait à l’extérieur et où la substance sensible enveloppe les couches anciennes par des couches nouvelles qu’elle recouvre elle-même. Tels sont tous les lit/iophytes et les cératophytes.

Dans d’autres, les partiesqui ont une fois atteint leur dureté n’augmentent plus en grosseur; mais il se lorme seulement de nouvelles pousses, ou même de nouvelles branches à leurs extrémités. Tels sont tous les zoophytes articulés. Toutes ccs productions contiennent un mélange de matière calcaire et de gélatine animale, comme les os et les coquilles.

ARTICLE IV

nES JONCTIONS T)ES OS, ET DE LEURS MOUVEMENTS.

On sait que les os Se divisent, d’après leurs formes, en os longs, en os plats et en os dont

DEUXIÈME LEÇON. — ORGANES DU MOUVEMENT

tonies les dimensions sont à peu près égales.

On connaît les noms imposes à leurs éminences, à leurs creux, à leurs échancrures, et ceux qui désignent l’état de leurs surfaces; toutes ces choses sont de simple description et auraient pu s’exprimer sans un si grand appareil de termes techniques.

Nous ne nous arrêterons qu’à ce qui concerne leurs articulations, parce que ce sont elles qui déterminent les mouvements dont les os sont susceptibles, et qu’elles ont une très grande influence dans l’économie des divers animaux.

Il y a de ces articulations qui ne permettent aucun mouvement; d’autres laissent exécuter un mouvement obscur et très borné; d’autres enfin sont disposées de manière que les os qui les composent se meuvent l’un sur l’autre librement, soit dans un seul, soit dans plusieurs sens.

Non seulement les os correspondants ne sont pas toujours articulés de la même manière dans tous les animaux, mais encore il y en a qui, ne se touchant même pas dans la plupart, s’articulent ou s’engrènent les uns avec les autres dans quelques espèces : il y a même des animaux dans lesquels on observe des espèces d’articulations particulières qui n’existent point dans les autres.

On nomme suture une sorte d’articulation sans mouvement, ou de synarlhrose , qui a lieu lorsque deux os plats se touchent par leurs bords, sans intermédiaire : elle est dentée , lorsque ces bords ont des dents qui engrènent les unes dans les autres; harmonique lorsqu’ils se touchent simplement; et écailleuse , lorsque le bord aminci de l’un recouvre celui de l’autre. Les os du crâne et de la face de l’homme présentent les exemples de ces diverses sortes de sutures : ce sont même presque les seuls qui soient unis de cette façon dans le corps humain; mais on en trouve d’autres exemples dans les animaux. Les côtes de la tortue sont extrêmement élargies, et s’engrènent entre elles et avec les vertèbres du dos pour former le test. Ces sutures en ont même imposé à plusieurs naturalistes qui ont pris des tests fossiles de tortue pour des fragments de crânes humains.

Les pièces du sternum des tortues de terre et des émydes, ou plutôt de leur plastron, sont aussi unies entre elles par des sutures dentées. Il en est de même de plusieurs des os qui forment l’épaule cl le bras des poissons, c’est-à-dire, la ceinture osseuse à laquelle sont al tachées leurs nageoires pectorales. L’union inférieure et mitoyenne est une suture dentée très parfaite dans les silures, et dans quelques autres genres aplatis horizontalement par devant. Nous venons de dire que les pièces des parties solides des oursins sont également articulées par cette sorte de suture; elles offrent même ici une régularité dans les dentelures qui ne se rencontre par ailleurs.

Les unions des os de la tête des mammifères sont à peu près semblables à ce qu’on observe dans celles de l’homme, cl les unes et les autres disparaissent avec l’âge par les progrès de l’ossification. Les os de la tête des oiseaux et des poissons s’unissent presque tous par des sutures harmoniques et écailleuses, et chez les oiseaux ils se soudent ensemble avec plus de promptitude que chez les quadrupèdes.

On remarque dansles parties latérales de la face des poissons, et dans les couvercles de leurs branchies, une espèce particulière d’articulation qui ressemble à la suture écailleuse, en ce qu’elle consiste dans le recouvrement des bords amincis de deux os plats, mais qui en difTère, parce qu’elle permet un mouvement plus ou moins étendu, par lequel ces os peuvent se plier ou glisser l’un sur l’autre.

La gonipliosc est une seconde espèce d’articulation sans mouvement, dans laquelle un os entre comme un pivot dans une fosse d’un autre os, où il est contenu comme un arbre l’est dans la terre par sa racine. Les dents en sont le seul exemple dans l’homme et dans les quadrupèdes. Le poisson scie en offre un second dans les crochets qui sont enfoncés aux deux côtés de son long museau, et qui lui ont donné le nom qu’il porte.

En revanche, ses véritables dents, non plus que celles des raies et des squales, ne sont point attachées ainsi, mais tiennent seulement à la „urface des os maxillaires; tandis que dans d’autres poissons, elles sont entièrement soudées aux os des mâchoires.

Nous devons rapporter ici une troisième espèce d’articulation immobile, dont l’homme n'ofTre point d’exemple. C’est celle où un os, ou autre partie dure reçue dans une cavité, reçoit lui-même dans une cavité de sa base une éminence du fond de celle dans laquelle il est reçu. Les ongles des chats et de plusieurs autres quadrupèdes à fortes griffes, s’unissent ainsi avec les dernières phalanges des doigts. Les défenses du morse sont de même enfilées par un pivot qui tient à la base de leur alvéole.

Les articulations qui ne permettent qu’un demimouvement, ou les amphiartroses, sont telles, non par la figure des parties osseuses qui les constituent, mais par des substances cartilagineuses ou ligamenteuses, placées entre les os qui forment les articulations et qui s’y unissent étroitement. Les os du bassin sont tellement liés par ces sortes de cartilages intermédiaires, que leur mouvement est presque nul, à moins d’efforts considérables.

Les corps des vertèbres ont beaucoup plus de jeu les uns sur les autres, parce que la substance qui les unit est plus épaisse et plus flexible. Leur union se fait dans les quadrupèdes et les poissons, de la même manière que dans l’homme : mais,

ARTICLE QUATRIÈME

dans le cou des oiseaux et dans toute l’étendue de l’épine des serpents, leur articulation est. entièrement mobile; elle se fait par des facettes que lien ne joint ensemble, et qui 11e sont retenues que par une capsule ligamenteuse, comme celle de nos os du bras et du pied : de là vient en partie leur grande mobilité.

On pourrait encore rapporter aux articulations demi-mobiles celles du carpe et du tarse, qui, quoique pourvus de facettes articulaires, libres et lisses, sont tellement serrés dans les ligaments environnants, qu’ils ne se meuvent les uns sur les autres qu’avec beaucoup de peine, et dans un espace très petit. Mais la disposition de leurs facettes donne un caractère plus important, qui doit faire ranger ces articulations dans la troisième classe ; celle des articulations libres , ou cliarthroses.

En elTet, dans les jonctions des deux classes précédentes, les bords ou les faces des os qui forment l’union, ou se touchent immédiatement, ou sont collées l’une à l’autre par une substance qui s’attache elle-même à toute l’étendue de ces laces ou de ces bords; le périoste se continue d’un os à l’autre, et s’attache plus intimement encore à l’endroit de l’union qu’à tout le reste de leur superficie.

Au contraire, dans les articulations mobiles dont nous allons parler, les faces des os qui se regardent, sont libres et distinctes ; elles sont enduites chacune d’un cartilage lisse et poli; il y a quelquefois des cartilages libres, appelés interarticulaires.

Les deux os sont attachés par une continuation du périoste, qui ne revêt point les cartilages articulaires, mais qui passe d’un os à l’autre, et forme ainsi une espèce de capsule dans laquelle les faces articulaires sont renfermées, de manière que rien ne peut sortir de leur intervalle ni y entrer; l’intérieur en est tapissé par une membrane, que des organes sécrétoires adhérents à ses parois remplissent d’une humeur propre à faciliter les mouvements. Il y a souvent encore d’autres ligaments, soit en dedans, soit en dehors de la capsule, qui la fortifient, ou qui bornent le mouvement des os, plus que la capsule seule ne l’aurait pu faire.

C’est du nombre et de la raideur de ces ligaments, et encore plus de la forme des creux et des éminences, des laces articulaires des os, que dépendent l’étendue et la direction des mouvements.

Un os qui s’articule avec un autre par une de ses extrémités, ne peut se mouvoir sur lui que de deux manières : par flexion ou par torsion. La flexion a lieu lorsque l’os mu rapproche de l’os Sur lequel il se meut celle de ses extrémités qui est opposée à l’articulation; car c’esL lorsque les deux os sont en ligne droite, que cette extrémité

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