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ARTICLE CINQUIÈME. — DES TENDONS ET DES MUSCLES

employé h des mouvements violents. Les oiseaux pesants, et qui marchent beaucoup, ont les tendons de leurs jambes ossifiés de très bonne heure. Il en est de même des gerboises et des autres quadrupèdes qui sautent toujours sur les jambes de derrière.

Les tendons des crustacés et des insectes, dans les muscles des cuisses et des jambes sont d’une nature différente de celle des tendons des animaux à sang rouge; ils sont durs, élastiques et sans fibres apparentes : les fibres charnues les enveloppent et s’insèrent à leur surface. Souvent le tendon s’articule lui-même avec l’étui écailleux qu’il doit mouvoir, commè un os pourrait s’articuler avec un autre; il est joint à cet étui par un ligament membraneux. C’est ce qu’on peut voir surtout dans les grandes pattes des écrevisses.

Les mollusques n’ont point de tendons apparents à leurs muscles, ce qui provient sans doute de ce que la couleur est la même dans la partie tendineuse et dans la partie charnue; car quant à la nature chimique, il est certain que la macération et la coclion détachent nettement les muscles des parties dures; ce qui ne peut avoir lieu que par la dissolution de leur moyen d’union. Ce moyen n’est donc pas de la fibrine comme le reste du muscle, puisqu’il serait alors indissoluble.

Il est probable que les fibres musculaires élémentaires exercent toutes une force égale au moment où elles se contractent : mais la manière dont elles sont disposées dans chaque muscle, et celle dont le muscle lui-même l’est par rapport à l’os ou à la partie quelconque qu’il doit mouvoir, donnent à celle force un emploi plus ou moins avantageux. On ne peut donc pas estimer l’action d’un muscle par sa masse seule, ou par la quantité des fibres qui le composent; il faut encore considérer ces deux autres circonstances : la composition du muscle, et son insertion.

Les muscles se divisent en simples et en composés. Les simples sont ceux dont toutes les fibres ont une disposition semblable : les plus ordinaires sont les muscles ventrus; leurs fibres sont presque parallèles, et forment un faisceau alongé, dont le contour est arrondi; leur partie charnue est plus ou moins rcnllée dans le milieu, qui se nomme le ventre, et elle s’amincit vers les deux extrémités, où elle se termine dans l^o tendons. Une autre espèce est celledcs muscles plats à fibres parallèles : ils forment des espèces de membranes charnues, qui, au lieu de se terminer dans des tendons amincis, finissent par des aponévroses ou des membranes tendineuses. Ces deux espèces peuvent avoir et ont quelquefois des tendons ou des aponévroses dans leur milieu ou dans d’autres points de leur étendue. On voit que dans l’une et

dans l’autre, l’action totale est égale à la somme de toutes les actions particulières des fibres; et que s’il y a du désavantage, il vient de l’insertion générale, non de la composition.

Il n’en est pas de même, dans deux autres espèces de muscles simples, les rayonnés et les penniformes.

Les muscles rayonnés sont ceux dont les fibres sont disposées comme les rayons d’un cercle, et viennent d’une base plus ou moins étendue, se réunir à un tendon mince, en s’inclinant plus ou moins les unes vers les autres.

Les penniformes sont ceux dont les fibres sont disposées en deux rangées, qui s’unissent dans une ligne moyenne en faisant deux à deux des angles plus ou moins ouverts, à peu près comme les barbes d’une plume. Le tendon est la continuation de cette ligne moyenne.

Il est facile de voir que, dans ces deux sortes de muscles, la force totale, ou la résultante, est moindre que la somme totale des forces composantes, et qu’elle égale seulement la somme diagonale des parallélogrammes, que l’on formerait en prenant deux à deux les fibres qui font angle ensemble.

Le muscle composé est celui qui consiste dans l’assemblage de plusieurs muscles qui s’unissent en un tendon commun. Ces muscles composants peuvent être semblables; mais on en voit quelquefois de très différents, des rayonnés, de ventrus, etc., se réunir pour former un muscle composé. L’action particulière de chacun d’eux peut s’estimer d’après les observations précédentes : on calcule ensuite leur action totale selon leur plus ou moins d’inclinaison.

Il y a enfin des muscles qui n’ont qu’un seul ventre et des tendons divisés; et d’autres qui ont plusieurs parLies charnues, et plusieurs tendons< entrelacés ensemble de diverses manières. Celle dernière espèce peut se nommer muscles compliqués.

De ces diverses dispositions résultent les forces absolues des muscles ; leur insertion détermine leur effet réel. On peut rapporter à huit les différentes espèces d’insertions musculaires.

Les muscles peuvent être destinés à comprimer les parties molles contenues dans une cavité quelconque ; alors ils enveloppent cette cavité dans divers sens, comme des membranes ou des rubans. Telle est la disposition des muscles de notre abdomen et de notre diaphragme; telle est celle tles muscles des limaces, et des autres mollusques et vers nus, qui peuvent se contracter en tous sens. Lorsque ces sortes de muscles agissent simultanément, c’est pour faire sortir quelque matière du corps, comme des œufs, des excréments, etc.; mais d’ordinaire ils agissent alternativement, et alors leur- effet est d’augmenter un des diamètres

DEUXIÈME LEÇON. — ORGANES DU MOUVEMENT

île la cavilé qu’ils entourent en diminuant l’autre. C’est ainsi qu’à chaque inspiration , l’abdomen grossit en se raccourcissant; et que le contraire arrive à chaque expiration. C’est ainsi que les limaces, les sangsues, etc., s’alongent et se raccourcissent en faisant agir, dans le premier cas, leurs muscles transverses ou annulaires, et dans le second, leurs muscles longitudinaux.

C’est aussi de cette manière qu’agissent les muscles qui doivent alonger ou raccourcir, relâcher ou raidir quelque partie molle du corps, comme la langue de l’homme et des quadrupèdes, les cornes du limaçon.

Le cœur, les intestins, les artères ont aussi des muscles de cette espèce.

D’autres muscles sont destinés à ouvrir ou à fermer quelque ouverture molle : alors les uns l’entourent comme des anneaux, on les nomme sphincters; les autres s’insèrent d’une manière plus ou moins directe aux bords de l’ouverture.

Lorsqu’ils sont étendus uniformément autour, elle conserve sa figure, et se dilate ou se resserre uniformément. La paupière du poisson lune, l’anus du limaçon, en sont des exemples.

Lorsque ces muscles ont des directions différentes et forment divers angles avec les bords qu’ils doivent écarter, la forme de l’ouverture est fort variable ; telles sont les lèvres de l’homme : aucun animal n’approche de lui pour la mobilité de cette partie ; aussi aucun d’eux n’a-t-il une physionomie aussi expressive.

Un troisième emploi des muscles est d’étendre ou de replier comme un rideau une membrane qui doit couvrir quelque parLie, telle que les paupières de l’homme, des quadrupèdes et des oiseaux. Lorsque ces muscles sont dans l’épaisseur même de la membrane, leur disposition est pareille à celle dont nous avons parlé tout-à-l’heure ; mais lorsqu’ils sont placés en dehors, il y a des dispositions de poulies assez compliquées. Nous les exposerons en parlant de l’œil des oiseaux.

Un quatrième emploi des muscles peut être celui de faire tourner ou rouler une masse globuleuse, libre et appuyée de toutes parts, comme l’œil dans l’orbite, ou la bouche du limaçon dans sa tête. Ils entourent alors cette partie comme des portions de cerceau, et elle se tourne du côLé du muscle qui se contracte le plus.

Ces quatre modes d’action reviennent, au fond, tous, à celui des sphincters ou des muscles circulaires : ce sont toujours des portions de ceinture ou des ceintures entières, qui se rétrécissent ou se serrent sur les parties qu’elles ceignent.

Les suivants, dans lesquels les muscles agissent sur des os ou d’autres parties dures, peuvent être comparés à l’action des cordes au moyen desquelles on tire quelque objet résistant. La partie tirée peut l’être également dans toutes scs parties,

de manière qu’elle demeure toujours parallèle à elle-même.

Tel est le mouvement par lequel nous élevons ou abaissons notre os hyoïde et notre larynx. Les fibres musculaires peuvent y être considérées comme des cordes qui tirent dans le sens même dans lequel le mouvement doit se faire, ce qui est leur emploi le plus avantageux : c’est ce que nous voyons dans les muscles slerno-hyoïdien et géniohyoïdien : ou si elles divergent, elles sont en égale quantité des deux côtés, et la résultante du muscle est employée de la manière la plus avantageuse; c’est ce que nous voyons dans le mylo-hyotdien, le scapulo-hyoïdien.

Mais lorsque l’os tiré est articulé en un point quelconque, il ne peut plus être tiré en masse, et il doit être considéré comme un levier dont le point d’appui est dans l’arLiculation.

Lorsque l’articulation est entre les deux extrémités, et que les muscles sont placés à l’uned’elles, l’os forme un levier du premier genre. Nous en avons un exemple dans la mandibule des écrevisses. Les muscles qui s’attachent à Tolécrâne et au talon, nous en fournissent aussi. Le plus remarquable est le tibia des oiseaux nommés grèbes et castagneux, qui porte une longue apophyse élevée au-dessus du genou, et qui lui tient lieu de rotule.

Mais le cas le plus ordinaire est celui où l’articulation est à une des extrémités de l’os; alors la position la plus favorable pour le muscle, c’est de venir d’un autre os parallèle à celui qu’ildoit mouvoir, ou ne faisant avec lui qu’un angle fort petit : tel est le cas des muscles inter-costaux, des interépineux, et inter- transversaires, et de ceux qui rapprochent certains os disposés en éventail, comme ceux des membranes qui couvrent les branchies des poissons, ou ceux des ailes du dragon volant; encore ces muscles ont- ils presque toujours une obliquité qui n’était point nécessitée par la position de leurs attaches, et qui en diminue considérablement la puissance.

Les muscles qui ferment la bouche de l’homme et le bec des oiseaux, peuvent aussi être comparés aux précédents par leur position avantageuse relativement à leur peu d’obliquité; mais ils s’insèrent beaucoup plus près qu’eux du point d’appui, ce qui leur ôLe beaucoup de force.

Le dernier mode d’insertion des muscles, et celui qui est le plus ordinaire de tous, est lorsqu’un muscle attaché à un os s’insère à un autre qui, s’articulant médiatement ou immédiatement avec le premier, peut être étendu de manière à former avec lui une ligne droite, et peut se fléchir sur lui jusqu’à former un angle souvent très petit. Ce mode est le plus désavantageux de tous à cause de l’obliquité extrême de l'insertion, lorsque l’os est mobile dans l’état d’extension, et à cause de sa proximité du point d’appui. Le premier de ccs

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