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ARTICLE SIXIÈME. — REMARQUES SUR LE SQUELETTE

désavantages est en partie corrigé par ce qu’on appelle les tètes des os.

Leurs extrémités articulaires sont ordinairement renflées, en sorte que les tendons des muscles, se courbant autour de cette convexité pour s’insérer au-dessous, font avec le corps ou le levier un angle plus ouvert que si ces tètes n’existaient pas; ce qui rend l’obliquité de l’insertion moindre et moins variable.

Quant à la proximité du point d’appui, elle était nécessaire pour ne point rendre les membres monstrueusement gros dans l’état de flexion, mais surtout pour pouvoir produire une flexion prompte et complète; car la fibre musculaire ne pouvant perdre qu’une fraction déterminée de sa longueur dans la contraction, si le muscle s’était inséré loin de l’articulation, l’os mobile ne se serait rapproché de l’autre que d’une petite quantité angulaire; au lieu qu’en s’insérant très près du sommet de l’angle, un petit raccourcissement produit un rapprochement considérable. C’est aux dépens de la force musculaire que cet effet a lieu : aussi ces sortes de muscles exercent-ils un pouvoir qui surpasse l’imagination.

Nous trouvons cependant, en anatomie comparée, des exemples de muscles qui s’insèrent très loin du point d’appui. Les oiseaux en ont un qui s’étend du haut de l’épaule à l’extrémité de l’avant-bras la plus voisine du poignet; mais c’est que tout l’angle formé par le bras et l’avant-bras, est rempli chez eux par une membrane destinée à augmenter la surface de l’aile.

C’est aussi le peu de raccourcissement de la fibre musculaire qui a exigé que les os courts, qui doivent être entièrement fléchis, le soient par des muscles attachés à des os éloignés. Les vertèbres et les phalanges des doigts sont dans ce cas. Des muscles qui se seraient étendus de l’un à l’autre de ces os seulement, n’auraient pu leur imprimer des inflexions suffisantes : ceux des phalanges auraient, de plus, beaucoup trop grossi les doigts. Ces sortes de muscles avaient besoin que leurs tendons fussent fixés sur tous les os sur lesquels ils passent, sans quoi, lorsque ces os se fléchissent de manière à former un arc, les muscles et leurs tendons restés en ligne droite en auraient formé comme la corde; de là les ligaments annulaires, les gaines et les perforations. Ce dernier moyen, qui n’a lieu que pour les fléchisseurs des doigts, des mains et des pieds de l’homme, des quadrupèdes et des reptiles, et pour ceux des pieds seulement des oiseaux, consiste en ce que les muscles qui doivent aller plus loin, sont placés plus près des os, et que leurs tendons perforent ceux des muscles qui s’insèrent plus près, et qui sont placés sur les premiers. II n’y a qu’une seule perforation lorsqu’il n’y a que trois phalanges; les oiseaux qui ont un doigt à quatre, et un à cinq

phalanges, y ont deux perforations, et par conséquent trois muscles, un perforé, un perforant et un perforé-perloraut.

Dans les reptiles cependant, où l’on rencontre également quatre et cinq phalanges, il n’y a pas deperforé-perforant; le perforé se partage en deux parties, pour les 2« et 5° phalanges, et une languette du perforant, se rend à la 4 °.

Les vertèbres qui doivent exercer de grands mouvements, comme celles du cou des oiseaux, et celles de la queue des quadrupèdes, ont aussi des muscles très éloignés ; mais leurs longs et minces tendons sont renfermés dans des gaines, dont ils ne sortent que vis-à-vis du point où chacun d’eux doit s’insérer.

ARTICLE VI

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