‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 40 sur 174 · STERNUM · texte numérisé non relu

STERNUM

La ca^e formée par les côtes, la portion de l’épine à laquelle elles sont attachées et le sternum où elles aboutissent, est diversement constituée «elon les orftanes qu’elle est destinée à contenir. Dans les mammifères, les côtes et le sternum appartiennent principalement à la poitrine, cavité qui renferme le cœur et les poumons et laisse pasfier l’œsophafte; cette cage diffère en mobilité^ selon celle que doit avoir le corps entier de l’animal.

Dans l’homme, elle a la forme d’un cône aplati dont la base est en bas et le sommet tronqué en liaut : sa dilatation se fait en relevant ses côtes ; son sternum est plat et a peu de mobilité.

Du Sternum.

Le sternum est un os ou un assemblafte d’os situé à l’opposite de l’épine et auquel s’attachent les côtes par leur extrémité ventrale; souvent aussi le sternum donne appui à des os de l’épaule, la clavicule ou le coracoidien, ou tous les deux.

Il y a des animaux, comme les ftrenouilles, qui ont un sternum sans côtes et servant à l’attache des os de l’épaule seulement; il y en a, comme les serpents, qui ont des côtes sans sternum; il y en a, comme beaucoup de mammifères, où le sternum ne donne point d’altache à l’épaule, mais seulement aux côtes, etc.

Quelques-uns ont regardé le sternum comme une répétition imparfaite de l’épine , apparemment parce que dans les mammifères il se compose d’une suite d’os placés à la Ole les uns des autres; mais cette idée ne leurserait pas venue s’ils l’eussent considéré dans les autres classes, où ses pièces sont autrement disposées et sans aucune ressemblance avec les vertèbres.

D’autres ont cru y reconnaître un nombre normal de pièces ( neuf), qui seraient seulement arranftées dans des ordres différents; mais cetLe idée n’est pas soutenable; le nombre des pièces varie depuis un jusqu’à douze, et même en comptant les épiphyses, comme on le fait d’ordinaire clans ces spéculations sur l’unité de composition, il y en aurait jusqu’à vingt-sept dans le tamanoir. On en trouverait même davantage si l’on prenait pour un sternum, ce qui, comme nous le Verrons, en tient lieu dans les poissons.

D’autres enfin ont pensé que les os du sternum devaient être, au moins dans le principe de l’ossi-

fication, disposés par paires; mais le fait ne permet pas à beaucoup près d’admettre cette règle comme générale.

Quoique dans l’homme les noyaux osseux du sternum soient souvent disposés, en partie et irrégulièrement, sur deux rangs, dans la plupart des quadrupèdes ils forment une série très régulière d’os impairs, que je n’ai pu voir divisés en deux, même dans les plus jeunes fœtus. Le second os du sternum des monotrèmes et ceux des cétacés sont seuls naturellement divisés en deux et le demeurent long-temps. Dans les gallinacés, qui ont cinq pièces disposées en quinconce, et les tortues, qui en ont neuf, l’impaire est aussi toujours simple, même dès qu’elle commence à se montrer dans les plus jeunes embryons. Je ne vois guère que les oiseaux non gallinacés qui montrent cette disposition par paires. Us n’ont en effet le plus souvent à leur sternum que deux pièces, et encore s’en montre-t-il quelquefois une troisième entre elles.

A. Dans les mammifères.

Le sternum de l’homme adulte ne paraît que comme un seul os aplati, alongé; son extrémité supérieure élargie donne à chacun de scs angles une articulation à une clavicule; à ses côtés se joignent les cartilages des sept vraies côtes : son extrémité postérieure après quelque élargissement se prolonge au delà, se rétrécit et se termine par une pointe nommée cartilage xyphoïde ou ensiforme, parce qu’elle s’ossifie rarement.

Il y a beaucoup d’irrégularité dans les éléments osseux dont se forme le sternum humain. Dans l’embryon, ce n’est qu’une lame cartilagineuse dont les cartilages des côtes ne semblent que des découpures. Il s’y rencontre des grains osseux très variables pour l’ordre et le nombre, quelquefois trois ou quatre à la file, d’autres fois jusqu’à douze très inégaux, très irrégulièrement distribués. Dans les enfants, on y voit encore des traces de cette irrégularité; j’en ai un où après (leux grandes pièces qui se suivent, il en vient quatre placées deux à deux, mais avec un peu d’alternance. La septième fait la pointe.

En général, cependant, le sternum finit par ne contenir que cinq pièces à la suite les unes des autres, lesquelles se soudent successivement, la supérieure demeurant la dernière distincte; avec le xyphoïde on y compte alors trois os. Il y a souvent un trou vers le tiers postérieur.

Le sternum est enveloppé par dehors et par dedans d’une toile ligamenteuse solide. Le xyphoïde est retenu en outre par un fort ligament qui, de sa face externe, se porte obliquement vers le cartilage de la dernière vraie côte.

Dans les mammifères onguiculés dont le tronc

ARTICLE TROISIÈME. — DE LA CAVITÉ DU TRONC

est en général plus flexible que celui (le l’homme, le sternum a toujours un os entre deux paires de côtes, de manière que chaque paire s’articule entre deux os du sternum, et il y a de plus un os en avant, et un eu arrière; ces os sont généralement simples, et je les ai trouvés tels, meme dans de jeunes embryons.

Quelquefois, cependant, on voit aussi une partie divisée en deux, mais irrégulièrement; c’est ce que j’ai vu dans un fœtus d’ours.

Le sternum du pongo et de l’orang est large. Dans tous les autres quadrumanes il est étroit et de sept à huit pièces.

Les chauve-souris et les taupes, qui ont un égal besoin, quoique pour des buts différents, de muscles pectoraux vigoureux, ont h leur sternum une crête saillante qui lui donne un léger rapport avec celui des oiseaux. Le premier os des chauvesouris est toujours élargi latéralement pour donner attache à leurs grandes clavicules.

Dans les roussettes, le premier et le second os ont des crêtes verticales; celle du premier a même deux pointes saillantes et comprimées; le second os porte quatre côtes.

Dans les phyllostomes et les noctilions, il n’y a qu’une pointe et au premier os seulement.

Lesvesperlilions n’ont qu’unecrêle peu élevée.

Dans la taupe, c’est le premier os qui est très grand et comprimé en soc de charrue. A son extrémité antérieure pointue s’articulent les deux grosses et courtes clavicules; plus en arrière la première côte y a également sa jonction : à la seconde pièce, s’articule la seconde côte; il y a ensuite trois pièces étroites de forme ordinaire dont la troisième porte deux paires de côtes; puis une très petite avec encore une paire, et le xyphoïde, qui est étroit et alongé.

Dans la chrysochlore, cette première pièce, également comprimée, mais moins haute, porte à sa moitié antérieure en dessus deux petites ailes qui la rendent concave et auxquelles s’articulent les deux premières côtes, qui sont extrêmement larges : les clavicules longues et grêles s’attachent à sa pointe antérieure; il y a ensuite sept pièces oblongues et un xyphoïde alongé terminé par une dilatation cartilagineuse semi-lünaire.

Dans les carnassiers, toutes les pièces sont à peu près cylindriques; elles sont généralement au nombre de huit ; mais on n’en trouve que six dans les marsupiaux.

Les rongeurs en ont six ou sept, et chez ceux qui portent une clavicule, la première pièce est plus large que les autres.

Dans les paresseux, le premier os du sternum est triangulaire; sa pointe se dirige en avant, pour porter les clavicules; ses angles portent les premières côtes; il est suivi de huit ou dix petits donL les derniers, courts et ronds, se placent assez

irrégulièrement; il n’y a pas de prolongation xyphoïdienne.

Les fourmiliers, les pangolins, les cryctéropes et les tatous, ont le premier os très large, anguleux ; dans le tamanoir il est échancré en avant. Dans le tatou il est octogone, et à ses angles antérieures se voient deux petites apophyses où s’attache le ligament des clavicules; viennent ensuite des nombres de petits os variables selon ceux des vraies côtes, huit ou neuf dans les fourmiliers, cinq ou six dans les oryctéropes et les tatous, et toujours suivis d’un os xyphoïde plus ou moins alongé.

[Dans le tamanoir et le tamandua, les pièces moyennes offrent ccci de particulier qu’elles ont, pour ainsi dire, deux corps superposés, l’un supérieur plus large et ressemblant presque au corps d’une vertèbre, d’autant mieux que dans le jeune âge, à chacune de ses extrémités se trouve une plaque épiphysaire; l’autre inférieur plus petit, à surface inférieure quadrangulaire, et pouvant, s’il était percé, représenter l’apophyse épineuse, pour ceux qui voient dans le sternum une épine ventrale opposée à l’épine dorsale. Chacun de ces corps donne de chaque côté une facette antérieure et une postérieure, pour l’attache de la côte sternale qui offre deux têtes articulaires, comme la côte dorsale. Le xyphoïde du pangolin est remarquablement long et divisé longitudinalement. Celui du phatagin se bifurque à son extrémité et se termine par deux filets cartilagineux qui se prolongent jusqu’auprès du bassin.]

Dans les monotrèmes, le premier os a la forme d’un T dont les deux branches vont s’appuyer à une apophyse du bord de l’omoplate; les clavicules se collent le long de sa traverse en avant et s’y soudent avec l’âge, en sorte que j’ai pris pendant quelque temps ce premier os lui-même pour une clavicule analogue à la fourchette des oiseaux; mais c’est au contraire à l’os unique et également en T ou en flèche du sternum des lézards qu’il faut le comparer; le deuxième os est très large et divisélongiludinalement en deux pendant lejeune âge, puis il en vient trois ou quatre impairs, et enfin un xyphoïde pointu. Le premier et le second os ont cela de particulier qu’il s’y articule des pièces appartenantes à la partie coracoïdienne de l’épaule, comme nous le verrons plus tard.

Toutes ces dispositions montrent une tendance à se rapprocher de ce qui s’observe dans les sauriens.

[Le sternum des pachydermes est en général comprimé antérieurement et déprimé postérieurement; et la première pièce est fort avancée audelà de la première côte et tranchante comme le brechet du sternum des oiseaux, tandis que la dernière est large et aplatie. Les pièces intermédiaires tendent plus ou moins à se rapprocher de la forme des deux pièces extrêmes.

Celui (les ruminants esl également aplati en arrière; mais la première pièce est cylindrique et ne dépasse pas la première côte, et la dernière se termine plus ou moins en pointe. Dans les chameaux, la partie postérieure du sternum est extrêmement épaisse et large; elle présente une base étendue à la callosité de la poitrine.

Ce sont les cétacés qui ont le sternum le plus court. Il est ordinairement, chez les dauphins, de quatre pièces et chez les baleines d’une seule; mais ces pièces sont larges et conservent souvent les traces d’une division latérale, surtout la première, qui a presque toujours un angle antérieur extrêmement saillant. Celte division se remarque également sur la deuxième et la troisième pièce du dauphin du Gange. ]

B. Dans les oiseaux.

Le sternum des oiseaux est extraordinairement grand et large, comme il convenait qu’il lût pour donner attache aux musclesqu’exige le vol. Il protège en dessous non seulement le thorax, mais une grande partie de l’abdomen. Sa forme approche plus ou moins de celle d’un bouclier rectangulaire; il a peu d’épaisseur, sa face interne ou supérieure est concave, l’externe convexe, et dans presque tous, celle-ci porte sur la ligne moyenne une crête élevée, plus haute en avant, s’abaissant graduellement en arrière, comparable à une quille de navire , mais bien plus saillante et qui ne manque qu’à des oiseaux qui 11e volent point du tout comme \'aulruche, le touyou et le casoar. Près du bord antérieur est de chaque côté une rainure un peu oblique qui reçoit l’extrémité postérieure des coracoïdiens, et entre deux une petite apophyse plus ou moins saillante dite épi-sternale; plus en dehors, ce bord forme avec le bord latéral un angle saillant plus ou moins aigu : le bord postérieur plus mince a le plus souvent des trous ou des échancrures remplis seulement par des membranes; les oiseaux qui volent très bien, ou qui planent très long-temps, les aigles, les martinets, les colibris, les oiseaux de tempête, sont presque les seuls qui l’aient tout entier.

A la moitié antérieure des bords latéraux du sternum s’articulent les côtes sternales, c’est-àdire, les os qui dans les oiseaux tiennent lieu de cartilage aux côtes vraies.

Vers l’angle antérieur externe, eu dehors et en arrière de l’articulation claviculaire, la surface du sternum a une région légèrement enfoncée pour le muscle coracoïdien, et il en part une ligne légèrement saillante qui va obliquement vers l’arrière de la quille et cerne l’attache du muscle dit moyen pectoral.

Une chose singulière et qui renverserait à elle seule la prétendue loi de l’unité île composition,

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