‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 44 sur 174 · C. Dans les oiseaux · texte numérisé non relu

C. Dans les oiseaux

Lg poitrine des oiseaux avait besoin d’être étendue et de pouvoir se dilater avec force, et il fallait que sa charpente fût très robuste pour résister à la pression de l’air extérieur, lorsque l’oiseau la soulève pour contribuer à se rendre plus léger dans le vol. En conséquence, leurs côtes vraies ou slerno- vertébrales ont leurs deux parties également osseuses et très fortes. Ces deux parties se joignent par une articulation mobile, en sorte qu’elles peuvent faire eusemble un angle plus ouvert, ce qui éloigne le sternum des vertèbres et dilate la poitrine, ou bien un angle plus fermé, ce qui produit l’effet contraire. De plus, la plus grande partie des côles vraies ont à leur portion vertébrale une grande apophyse oblique qui passe sur la côte suivante, renforce ainsi la cage pectorale et fournit d’ailleurs attache à des muscles qui donnent plus de force à ses mouvements.

Ces apophyses sont, dans les jeunes oiseaux, des os séparés qui ne se soudent qu’avec l’âge à la côte, en sorte que la côte a alors trois noyaux.

Ordinairement la première et la dernière des vraies côtes n’a point cette apophyse.

Il y a île plus, dans les oiseaux , et indépendamment des slylets que nous avons vu pouvoir être considérés chez eux comme des côtes cervicales, des côtes en petit nombre attachées aux px-emièi'cs vertèbres dorsales et ceignant les côtés de la poitrine, mais manquant de partie sternale et aussi d’apophyse oblique.

Près des vertèbres, les côtes des oiseaux, aplaties d’avant en arrière, se divisent en deux branches dont l’une exlcrne et plus courte est leur tubercule et s’articule à l’extrémité de l’apophyse

transverse ; l’autre, plus intérieure et plus longue, porte la tête qui s’articule au corps de la même vertèbre près de son bord antérieur. Il n’y a guère que la dernière ou l’avant-dernière qui s’articule sur la jonction de deux corps, comme dans les mammifères.

[ Le nombre des côtes des oiseaux est moins variable que dans les mammifères : il est le plus souvent de 7 et de 8, et ne s’élève que jusqu’à 1 1. La forme varie également très peu : il n’y a guère de différence que pour la force. ]

D. Dans les reptiles.

Nous avons déjà vu que la plus grande variété règne à cet égard dans cette classe. Les sauriens , les crocodiles, les batraciens à queue, ont des côtes et un sternum; les serpents vrais, des côtes et point desLcrnum; les grenouilles, un sternum et point de côtes; enfin les tortues, les côtes soudées entre elles et avec l’épine, et en partie avec le sternum.

Une variété non moins grande règne parmi ceux qui ont un sternum et des côtes, dans la manière dont tel ou tel nombre de côtes ou leur totalité se joignent ou ne se joignent pas à ce sternum.

C’est ce que nous allons d’abord exposer.

Dans le crocodile, après les sept petites côles cervicales en viennent deux paires plus longues, qui ne vonlcependantpas jusqu’au sternum, parce que, à l’endroit où elles pourraient s’y rendre, s’attache le coracoïdien; puis huit ou neuf qui s’y joignent par des cartilages; puis deux qui n’y aboutissent pas; enfin, en dessous du corps se trouvent sept paires qui ne garnissent que l’abdomen, el ne remontent pas jusqu’aux vertèbres. Chacune des côtes qui les composent a cependant deux parties, une plus interne, une plus externe; mais au lieu d’être bout à bout, la première a sa pointe externe obliquement derrière celle de la seconde : ces portions internes sont fort larges dans les dernières côtes.

Les sauriens ordinaires n’ont jamais au cou de côtes engrenées ensemble. Leur allas, leur axis, souvent même une ou deux des vertèbres suivantes, n’en ont pas; ensuite en viennent trois ou quatre s’alongeaut graduellement, mais qui ne vont pas jusqu’au sternum; les suivantes se joignent au sternum par des filets cartilagineux, et varient en nombre de quatre ou cinq jusqu'à six, et même jusqu’à huit. A la pointe du rhomboïde cartilagineux du sternum, sont ordinairement suspendus deux filets cartilagineux qui ne tiennent point à des côles, ce qui n’empêche pas que les vertèbres suivantes n’aient toutes de petites côtes qui ne vont point au sternum. Il n’y a doue proprement point de vertèbres lombaires.

Il n’y en a pas davantage dans les shcltopusicks, les op hisau res et les orvets ; et comme aucuue de

ARTICLE TROISIÈME. — DE LA CAVITÉ DU TRONC

leurs celles ne va au sternum, elles sont toutes simplement vertébrales.

Une disposition remarquable est celle des marbres, des anolis et des caméléons, où après cinq à six côtes qui vont au sternum, toutes les autres s’unissent en dessous parleurs filets cartilagineux, de manière à cercler entièrement l’abdomen.

Une autre plus remarquable encore est celle que nous présentent les dragons : leurs cinq ou six premières fausses côtes, prolongées en ligne droite, sont deux à trois fois plus longues que les vraies côtes et soutiennent une membrane qui forme un parachute, au moyen duquel l’animal saute de branche en branche. Un genre de vipères, les naja, a les côtes antérieures plus larges et plus longues que les autres; elles ont la (acuité de se redresser et de se porter en avant.

Les grenouilles et autres batraciens sans queue n’ont de côte d’aucune sorte, quoique plusieurs aient un sternum très prononcé.

Au contraire, les salamandres et autres batraciensà queue, ont des côtes, mais courtes, et n’enceignant pas à beaucoup près le tronc. Elles s’attachent aux apophyses transverses des vertèbres par deux petits tubercules. Les salamandres, les triions, le ménobranchus et le mênopoma, en ont à toutes leurs vertèbres (l’atlas excepté) jusqu’audelà du bassin, qui lui-même est suspendu à l’une des dernières paires qui est la plus forte de toutes. On en compte ainsi 17, 18 ou 19 paires. Les protées, les amphiuma et les sirènes n’en ont pas tant. J’en trouve 8 dans les sirènes, 6 ou 7 dans les autres.

Les tortues, que nous avons à dessein réservées pour la fin de cet article, ont leur carapace, c’està-dire leur bouclier supérieur, formée par les dilatations de huit côtes ou bandes osseuses, qui se joignent par des sutures dentées les unes avec les autres, et avec les plaques vertébrales qui forment entre elles une série longitudinale dont nous avons déjà parlé. Inférieurement, il naît de chaque côte un pédicule qui est sa tête et qui va s’articuler à la jonction de deux vertèbres. Il y a en outre une première paire, laquelle n’a que ce pédicule et tient d’une part à la jonction de la dernière vertèbre cervicale avec la première dorsale, de l’autre s’appuie en dessous contre la côte de la deuxième paire ou de la première dilatée; la huitième paire dilatée donne attache ou même articulation à la tête des os des îles, qui de plus s articule, par son bord interne, avec les apophyses transversés de deux ou de trois vertèbres sacrées, ou si l’on veut, avec de petites côtes qui tiennent à ccs vertèbres. Le contour de la carapace est formé par des pièces osseuses engrenées ensemble au nombre de onze de chaque côté, ce qui, avec les deux extrêmes de la série longitudinale, (orme un total de vingt- quatre.

Dans les tortues terrestres, les émides, les ché- ] ides adultes, les côtes s’engrènent avec les pièces latérales, sans laisser de vide; mais dans le très jeune âge, le bout externe de la côte est rétréci, et il y a entre elles des intervalles remplis seulement de cartilage. Dans les tortues de mer, ccs villes ne se remplissent jamais entièrement. Dans les trionyx, les onze pièces latérales sont toutes reportées dans la moitié postérieure du bord de la carapace, et ne répondent quaux quatre dernières paires des côtes.

On a considéré ces pièces comme analogues aux portions sternales des côtes : il faut avouer au moins qu’elles ne leur répondent pas pour le nombre, et que, dans les trionyx surtout, elles ne leur correspondent point pour la position. C’est à la troisième ou à la quatrième que commence leur engrenage avec les deux pièces moyennes du sternum; il finit à la huitième : mais dans les tortues de mer celte union n’a pas lieu.

E. Dans les poissons.

Les poissons n’ont pas de poitrine proprement dite; toute la cavité du tronc est occupée chez eux par les viscères de l’abdomen. Cette cavité varie beaucoup en figure et en étendue; elle estcomprimée par les côtés, aplatie horizontalement, ou à peu près arrondie. Son étendue lait une partie plus ou moins considérable de la longueur du corps, selon les espèces. En général, les poissons de l’ordre des abdominaux ont cette cavité plus longue; mais cette règle n’est pas du tout constante. La cavité est bornée en arrière par l’apophyse inférieure de la première vertèbre caudale, qui a souvent un volume très considérable, et presque toujours une forme particulière. Ainsi, dans les plcuronectes, elle est grosse, arrondie en avant, et se termine en bas parune forte épine, etc.

La cavité abdominale est enfermée latéralement par les côtes, lorsqu’elles existent. Les raies, les squales, les syngnathes, les télrodons, les diodons, les cycloplàres, les baudroies, les fistulaires, etc., n’en ont pas. L 'esturgeon, le baliste, l'anguille , l’wranoscope, les plcuronectes, Yanarrhique , les zées, n’en ont que de fort courtes. Les trigles, la loricaire, les cottes, ont leurs côtes à peu près horizontales; elles embrassent presque toute la hauteur de leur cavité dans les perches, les carpes, les brochets, les chélodons, etc. Enfin, clics s’unissent à des pièces que l’on peut considérer comme un sternum dans le zeus corner, les harengs ou dupées, le salmone rhomboïde, etc. L'hippocampe ou petit cheval marin, a des espèces de fausses côtes produites par les tubercules osseux de sa peau, qui entourent son corps comme des ceintures.

Le nombre des côtes et leur grosseur varient aussi beaucoup. Les silures, les carpes, les chéto-

doux, les ont plus grosses à proportion. Dans le genre des harengs, au contraire, elles sont fines comme les cheveux. Beaucoup de poissons les ont fourchues; d’autres les ont doubles, c’est-à-dire que deux côtes partent de la même vertèbre de chaque côté.

ARTICLE IV

DES MUSCr.ES QUI MEUVENT DES DIVERSES PARTIES DU

Page 1