‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 48 sur 174 · C. Dans les oiseaux · texte numérisé non relu

C. Dans les oiseaux

La partie dorsale de l’épine des oiseaux étant peumobile, scs muscles sont peu développés; ceux delà queue sont aussi de peu d’étendue; mais

ceux du cou prennent une complication proportionnée au nombre età la variété des mouvements que celle partie de l’épine doit exécuter.

Il faut se souvenir que le cou des oiseaux est, par les dispositions de scs articulations et de ses ligaments, ployé comme un S, la partie inférieure concave en arrière et la supérieure concave en avant : de sorte que le même muscle qui, par ses languettes supérieures, redresse la partie qui porte la tête, courbe la partie voisine du thorax, et réciproquement. Ce n’est que par l’action combinée des différentes languettes des muscles antagonistes qu’il peut se rapprocher de la ligne droite, ou se ployer encore davantage et tout-àfait en Z.

Malgré la multiplicité et la délicatesse de leurs languettes cervicales, et le petit nombre des dorsales et des costales, les muscles de l’épine des oiseaux ne laissent pas que d’admettre une comparaison assez sensible avec une partie de ceux des quadrupèdes.

Tout contre les os se trouve, dans la région dorsale, un véritable multifidus spinœ, et dans la région cervicale de chaque côté, une suite à'interiransversaires qui se portent directement d’un de ces bourrelets qui remplacent les apophyses transverses au bourrelet suivant; leur nombre égale celui des intervalles de vertèbres; ils se laissent souvent diviser en trois ou quatre ventres plusou moins parallèles entre eux.

Le long antérieur du cou nait dans l’intérieur delà poitrine, de ces crêtes verticales qu’y portent les corps des vertèbres ; il monte tout le long du devant du cou, continuant d’attacher inférieurement ses fibres à toutes les vertèbres du cou, dont souvent les inférieures lui présentent aussi des crêtes, donnant obliquement à chacune d’elles une languette tendineuse monlanLe; ces languettes s’insèrent au tubercule inférieur de l’apophyse transverse età l’os styloïde qui la termine quand il y en a. Ce muscle se réunitsurla ligne moyenne à celui du côté opposé, en formant le canal dans lequel passe l’artère vertébrale.

On comprend que les deux longs du cou portent le cou en avant et redressent à cet effet sa partie inférieure, et que les inter-transversaires le courbent sur le côté.

Dans la région dorsale, il y a un sacro-lombaire , mais qui n’inscre ses languettes montantes qu’à deux ou trois côtes, n’allant pas jusqu’à la première; plus intérieurement, un long dorsal qui insère aussi les siennes à quelques côtes, et va, lui, jusqu’à la première; plus en dedans encore, un grand transversaire qui, venant d’aussi loin en arrière que le long dorsal et le sacro-lombaire, s’étend sur presque toute la hauteur du cou; mais sa partie cervicale est divisée en faisceaux de languettes fiucs, distribuées de sorte qu’à chaque

ARTICLE QUATRIÈME

tubercule des apophyses articulaires inférieures s’insèrent des languettes qui ont pris leur origine au moins de deux, souvent de trois, des apophyses articulaires supérieures des vertèbres placées au dessous; d’où il résulte aussi que chaque vertèbre donne l’attache inférieure à deux ou trois de ces languettes qui vont s’insérer plus haut à des vertèbres différentes.

Lorsque tous ces petits rubans musculaires sont disséqués et écartés, ils présentent un lacis très singulier.

Un long muscle, composé de même d’une multitude de rubans, nait par des languettes tendineuses sur les apophyses épineuses des quatre ou cinq premières vertèbres du dos et des deux ou trois dernières du cou; il monte tout le long de la nuque, en dedans de celui que nous venons de regarder comme composant le grand transversaire, et donne des languettes d’insertion à un certain nombre de vertèbres de la partie du cou qui est concave en arrière. Ces languettes se fixent aux mêmes points que celles du grand transversaire, c’est-à-dire aux apophyses articulaires inférieures des vertèbres. Son avant-dernière languette passant sur plusieurs vcrLèbres, sans s’y insérer, monte jusqu’à celle où recommence l’inflexion du cou en avant; sa dernière, qui est très longue et tendineuse dans son milieu, et forme ainsi un muscle digastrique , va s’insérer à l’occiput et représente à quelques égards le digastrique de la tête. Quant au reste du muscle, on doit remarquer que par ses tendons d’origine il a de l’analogie avec V épineux du dos ou avec le splénius; par scs languettes d’insertion, il en aurait davantage avec le splénius du cou, mais le splénius est tou jours plus en dehors que le grand transversaire et le complexus, et le muscle dont il s’agit est plus en dedans : on pourrait l’appeler demi-épineux du cou, puisqu’il n’a que ses tendons inférieurs attachés aux apophyses épineuses : mais on en donnerait une idée fausse, car sa direction du dedans au dehors en montant est l’inverse de celle du demi-épineux des mammifères; pour ne rien préjuger je l’appelle le long postérieur du cou. Plus en dedans encore, il y a de nouveau une succession de languettes, disposées par faisceaux comme celles du grand transversaire, c’est-à-direque deux ou trois, partant de deux ou trois vertèbres inférieures, mais de leurs apophyses épineuses ou des tubercules qui en tiennent lieu, se réunissent pour s’insérer à une vertèbre supérieure, et ainsi de suite. Leur insertion se fait aux mêmes points que les languettes du muscle précédent, c’cst-àdirc aux apophyses articulaires inférieures. L’avant-dernière languette de ce dernier, est accompagnée, surtout au point où elle s’insère, de quatre, cinq ou davantage de celles dont nous par-

Ions maintenant; j’appellerai ces faisceaux les accessoires du long postérieur du cou. Cet appareil musculaire a pour objet de tirer les vertèbres vers l’arrière; ainsi son action redresse la partie supérieure du cou , qui se courbe naturellement en avant; mais elle courbe davantage la partie moyenne qui se fléchit en arrière. On ne peut donc considérer ni les faisceaux inférieurs du grand transversaire, ni les languettes inférieures du long postérieur du cou, comme étant absolument des extenseurs du cou ; c’est pourquoi j’ai préféré le nom de long postérieur du cou à celui de long extenseur, que quelques auteurs donnent à ce grand et principal muscle de la nuque.

Ces muscles antérieurs, latéraux et postérieurs du cou se retrouvent dans tous les oiseaux, mais avec des variétés qui dépendent de la longueur de ce cou, et du nombre et des proportions des vertèbres qui le composent dans chaque espèce. Ainsi, dansl’autruchc,qui a dix-huit vertèbres cervicales, le long postérieur du cou nait par quatre languettes tendineuses sur les apophyses épineuses des deux dernières vertèbres dorsales et des deux dernières cervicales; ces languettes donnent autant de faisceaux charnus aux quatre vertèbres inférieures du cou, et se subdivisent ensuite de manière à fournir dix longs rubans terminés par autant de filets tendineux qui s’insèrent aux apophyses articulaires inférieures des dix vertèbres supérieures; le dernier qui est le digastrique va à l’occiput. Avant son insertion, chacun de ces filets reçoit des rubans charnus venant des apophyses épineuses de quelques-unes des vertèbres intérieures à celle où il s’insère et tout le long de la partie du cou inférieure à la dixième vertèbre; le grand transversaire a pour chaque apophyse articulaire inférieure deux languettes, une venue de la vertèbre immédiatement au-dessous, et l’autre de la suivante; les inter-transversaires et le long antérieur du cou y sont comme d’ordinaire.

Dans le casoar, le long postérieur du cou est plus simple : né d’une grande partie du dos il donne des languettes charnues à toutes les vcrLèbres jusqu’à la sixième; sa dixième languette va s’insérer à l’axis par un long tendon qui reçoit des faisceaux accessoires des cinq ou six vertèbres suivantes; la onzième est le digastrique. Les faisceaux du grand transversaire sont peu divisés.

C’est là le type le plus commun, sauf les nombres de languettes. Je le retrouve dans le nandou ou autruche d’Amérique, dans Voutarde, qui ont chacune dix languclLes au long postérieur, sans compter le digastrique; dans l'aigle, la buse, le perroquet, la corneille, où je n’en trouve que six ou sept. Les faisceaux accessoires varient aussi pour le nombre des rubans propres à chacun; mais cela est de peu d’importance.

Dans le héron et peut-être dans tout le grand

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