‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 51 sur 174 · II. Muscles de la tête · texte numérisé non relu

II. Muscles de la tête

A. Dans l’homme.

Les muscles qui meuvent la tête de l’homme, en agissant immédiatement sur elle, viennent, les uns des vertèbres, les autres de l’épaule; quelques-uns peuvent remuer aussi la tête en agissant sur le larynx ou sur l’os hyoïde, qui eux-mêmes tiennent à la tête ou au moins à la mâchoire par d’autres muscles; mais nous ne traiterons point ici de ces muscles d’une action médiate , dont nous renvoyons l’histoire aux articles des deux organes auxquels ils s’attachent particulièrement. C’est aussi à l’histoire des muscles de l’épaule que nous renvoyons ceux qui, venant de cette partie et se rendant à la tête, le trapèze et le sterno-mastoïdien, sont aussi bien des muscles de l’une que de l’autre.

Il ne s’agira donc ici que de compléter l’histoire des muscles de l’épine, en décrivant les muscles qui partent des diverses vertèbres pour se rendre à la tête.

Les plus profonds viennent de l’atlas, les intermédiaires de l’axis , les plus voisins de la surface des autres vertèbres cervicales.

Ceux qui viennent de l’atlas sont :

1° Le petit droit postérieur ( atloïdo-occipitien ), qui de l’apophyse épineuse de la première vertèbre se termine au milieu du bord postérieur du trou occipital. Il ment la tète sur l’atlas et porte l’occiput directement en arrière.

2° Le petit droit antérieur ( trachélo-sous-occipitien), qui s’attache à la portion antérieure de l’atlas et s insère à l’apophyse basilaire. Il produit le mouvement contraire du précédent et ramène la face en devant et en bas.

5» Le petit droit latéral (atloïdo-mastoïdien), dont l’attache la plus fixe est sur l’apophyse transverse de l’atlas, et l’insertion à la base interne de l’apophyse mastoïde du même côté. 11 fléchit un peu la tête de côté en la portant vers l’épaule.

4° Le petit oblique, ou oblique supérieur (atloïdopost-mastoïdien ) , qui va de la même apophyse, en montant en dedans, vers le bord postérieur du grand trou, du côté de l’apophyse mastoïde. Ce muscle produit une petite rotation de la tête sur l’atlas, en même temps qu’il la fléchit en arrière.

Deux muscles seulement viennent de la seconde vertèbre :

L’un, appelé le grand droit postérieur ( axoïdooccipiticn ) , s’attache à l’apophyse épineuse de l’axis, et s’insère à l’occipital en recouvrant le petit droit postérieur, aux usages duquel il participe, opérant cependant un mouvement en arrière beaucoup plus marqué.

L’autre a été nommé le grand oblique ou oblique inférieur (axoïde-atloïdien). Il va de la même apophyse épineuse, en se portant en dehors vers l’apophyse trausverse de l’atlas, où il s’insère, de sorte que c’est plutôt un muscle de l’épine que de la tête. Il fait tourner l’atlas sur l’axis, ce qui produit le mouvemenL latéral de la première vertèbre que suit la tête.

Il y a cinq muscles de la tête qui viennent des autres vertèbres cervicales :

1° Le grand complexus ( trachélo -occipitien ) tient par des digitations aux apophyses Iransverses des quatre dernières vertèbres cervicales et des trois premières dorsales. 11 se porte sur le derrière du cou, et va s’insérer à l’occiput au-dessus de tous les précédents. Ce muscle est manitestement un extenseur ou fléchisseur puissant de la tête en arrière ; il est intimement uni par son bord postérieur avec un autre appelé le digastrique.

2° Le digastrique du cou ( dorso-occipilien), qui vient également, par des digitations des apophyses transverses des cinq vertèbres du dos, depuis la deuxième jusqu’à la sixième, et de l’apophyse épineuse de la première, s’insère à l’occiput sur le précédent : il a le même usage. Sou milieu est étroit et tendineux, ce qui lui a l'ait donner le nom de digastrique.

o° Le petit complexus ( trachélo -mastoïdien ) , placé en dehors du grand complexus, vient par des digitations des apophyses transverses des six dernières cervicales et des trois premières dorsales, et se porte, en montant le long du cou, à l’apophyse mastoïde. Il reçoit près de son insertion une longue digitation du muscle appelé le long dorsal. Il fléchit la tête en arrière en la faisant tourner un peu sur son axe, lorsqu’il agit sans celui du côté opposé; lorsqu’ils se contractent ensemble, ils maintiennent la tête droite : leur action est opposée à celle du sterno-masloïdien.

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC

Ces trois muscles sont recouverts par :

•1° Le splénius do la tète (cervico-mastoïdien), qui vient îles apophyses épineuses (les deux premières vertèbres dorsales eL des cinq dernières cervicales, et s’insère à l’arcade occipitale près de l’apophyse mastoïde : son usage diffère peu de celui du petit complexus. Il a une portion externe qui vient de la troisième et de la quatrième vertèbre dorsale et qui se porte aux apophyses transverscs des deux premières cervicales; son emploi est réservé au cou : ou l’a appelée splénius du cou (dorso-lrachélien).

5° Enfin, I e grand droit antérieur (I rachélo-sousoccipilicn), qui est étendu sur toute la longueur des vertèbres cervicales en devant, depuis la sixième jusqu’à la deuxième, et s’insère au basilaire. C’est un fléchisseur de la tête en avant.

B. Dans les mammifères.

Les petits muscles delà tète existent dans les mammifères comme dans l’homme, et y ont les mêmes attaches; seulement ils sont d’autant plus grands que les deux premières vertèbres le sont elles-mêmes. Ainsi, excepté dans les singes et les cétacés, le grand oblique et le grand droit postérieur sont généralement fort considérables.

En général, le digastrique du cou n’est point divisé en deux ventres par un tendon intermédiaire. Dans les carnivores, il a des inscriptions tendineuses, transversales, et il est couché sur le grand complexus, dont il est fort distinct, cnsorle que ces animaux semblent avoir trois complexus, d’autant plus que les vrais complexus offrent souvent aussi des inscriptions tendineuses ; mais dans le cheval et dans quelques ruminants, le digastrique est entièrement uni.au grand complexus par le haut.

Le splénius s’attache au ligament cervical dans tous les animaux qui ont ce ligament très élevé au-dessus des vertèbres. Il y est toujours plus considérable cjue dans l’bomme. Ce muscle n’a point de portion qui s’attache aux apophyses transverses cervicales dans les carnivores; celles de ses fibres qui vont 5 l’apophyse masloïde s’y insèrent par un tendon grêle qui leur est commun avec le petit complexus, lequel ne reçoit de languettes que de la troisième vertèbre cervicale et des deux premières dorsales. Quant au splénius, il fournit communément trois languettes aux apophyses transverses des trois vertèbres cervicales qui suivent l’allas; quelquefois même, celle portion se sépare et forme un splénius du cou. Le tendon de la première languette lui est commun avec celui du grand transversaire du cou. Si le splénius existe dans le chameau, il est si faible qu’il échappe souvent à la dissection.

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