‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 50 sur 174 · II · texte numérisé non relu

II

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC

lin tendon mince an bord postérieur du tiers supérieur d’une des côtes.

On pourrait même compter deux sacro-lombaires; car sa partie externe, celle qui envoie des tendons aux côtes, se sépare de l’interne, celle qui reçoit des tendons du long dorsal, et ces deux portions ne sont unies que par des tendons qui passent de Tune à l’autre.

Sous l’épineux du dos se trouve l 'Épineux transversaire, et sous celui-ci Yinter-épineux.

A la l'ace intérieure des vertèbres on trouve un muscle tout à fait semblable au long du cou, et que l’on pourrait nommer épineux transversaire inférieur, puisqu’il s’étend de l’apophyse épineuse inférieure d’une vertèbre, à l’apophyse transverse des deuxième et troisième vertèbres suivantes.

Ces six muscles existent depuis le bout de la queue jusqu’à la tête; leurs derniers faisceaux, ceux qui s’insèrent à la tête, sont seulement un peu autrement, disposés , mais ne méritent point pour cela d’être considérés comme d’autres muscles. Le sacro-lombaire en outre, dès qu’il est arrivé à la queue, s’insère aux apophyses trausverses des vertèbres caudales; à mesure que la queue diminue, ces muscles se confondent, mais on en retrouve toujours des vestiges.

Comme dans les sauriens, ces muscles diffèrent dans les serpents par le plus ou moins de division des faisceaux et par la longueur plus ou moins grande des tendons, selon le degré de flexibilité de leur épine.

Dans le serpent à sonnettes, les tendons sont encore longs, mais moins que dans les couleuvres; le long dorsal ne fournit point de tendon à l’épineux du dos, mais seulement à son aponévrose. Mais cet épineux reçoit en revanche un tendon de chaque apophyse transverse, de sorte que ce muscle est ici épineux transversaire. Le long dorsal et le sacro-lombaire ne sont point divisés en deux parties.

Dans les loas et les pythons, les tendons sont très courts ou même n’existent pas du tout; le long dorsal ne fournit de languettes qu’au sacrolombaire; son aponévrose seule se réunit à celle de l’épineux du dos.

Dans Yamphisbène, l’épineux du dos existe seul; il est très épais et naît de toute la surface supérieure de la vertèbre, cL s’insère par des fibres extrêmement grêles et d’une longueur moyenne au rudiment d’apophyse épineuse. Le muscle externe à celui-ci et que l’on pourrait prendre pour le long dorsal, puisqu’il naît des apophyses articulaires, va s’insérer à la ligne latérale de la peau.

Dans l'orvet et Yophisaurc, l’épineux du dos et le long dorsal sont étroits, et Je sacro-lombaire est si large qu’il embrasse la moitié supérieure de la côte.

Les batraciens sans queue ont l’épine courte et

peu flexible; il n’y a qu’un muscle assez épais, plus large à la partie moyenne qu’à ses extrémités. Dans une grande grenouille il’ Amérique (ranu tigrina, Daud.), ce muscle s’étend de la tubérosité externe de l’occipital jusqu’aux deux tiers antérieurs de l’os coccygien, auquel il s’insère par une aponévrose qui se termine en pointe. En partant de l’os coccygien, il passe par-dessus l’os sacrum sans s’y attacher, et va donner des languettes aux apophyses transverses îles vertèbres, trois à huit, et aux apophyses épineuses des vertèbres, une à trois, ainsi qu’à la tubérosité externe de l’occipital. Par celte disposition, le bord interne de celte portion occipitale laisse un espace triangulaire entre elle et les vertèbres, qui est occupé par des faisceaux un peu distincts du muscle précédent, et qu’on pourrait regarder comme un splénius. A sa partie moyenne ce muscle présente des intersections tendineuses, concaves en avant et convexes en arrière, comme celles des poissons.

A l’extrémité de l’épine on trouve un sacro-coccygien, muscle triangulaire qui s’étend de tout le bord postérieur du sacrum au bord externe de l’os coccygien. Extérieurement à ce muscle, on trouve Viléo-coccygicn , qui s’étend du tiers antérieur de l’os des îles, au tiers postérieur de l’os coccygien. Ce muscle est composé de deux plans superposés, réunis dans leur partie moyenne. Ils peuvent relever, abaisser, ou porter de côté l’os coccygien, mais faiblement, cet os étant peu mobile sur le sacrum.

Dans le pipa, les apophyses transverses étant très larges, le muscle dorsal l’est aussi : il présente un plus grand nombre d’intersections tendineuses que la grenouille. Les muscles coccygiens existent encore, quoique l’os coccygien soit soudé au sacrum.

Dans les batraciens à queue, les salamandres, les p ratées, les sirènes, il n’y a plus qu’un muscle dorsal, coupé par autant d’intersections tendineuses qu’il y a de vertèbres. ]

E. Dans les poissons.

Les muscles de l’épine des poissons sont très différents de ceux des autres animaux à sang rouge. Leur si tuai ion et leur action sont considérablement changées. Dans la plupart des autres vertébrés, ces muscles sont situés au-devant ou en arrière des vertèbres; dans les poissons au contraire, ils sont placés latéralement. De cette différence de position dépend celle du mouvement produit. Chez les premiers, la colonne vertébrale se fléchit principalement en avant ou se redresse en arrière; son mouvement latéral, excepté dans les serpents, est moins sensible; ce mouvement est le seul que la hauteur des apophyses épineuses permette à l’épine des poissons.

ARTICLE QUATRIÈME. — MUSCLES QUI MEUVENT LE TRONC, ETC

Les fibres charnues qui déterminent le mouvement de la colonne vertébrale sont tellement entrelacées, qu’on peut les considérer comme ne faisant qu’un seul muscle qui représente les trois faisceaux du sacro-spinal, et qui s’étendent depuis la queue jusqu’à la tête, et depuis le sommet des inter-épineux jusqu’aux cèles.

Il s’insère au crâne, aux os de l’humérus et quelquefois même à la partie de l’humérus qui est audessus de la nageoire pectorale; il est divisé par des lames aponévrotiques, en nombre égal à celui des vertèbres. Ces lames aponévrotiques sont disposées plus ou moins obliquement et courbées de manière à faire un angle ou un are plus ou moins convexe, dont la convexité est dirigéeen avant. On peut diviser le muscle, dans le sens de sa longueur, en trois bandes. Si ou entame la couche superficielle, qui peut être considérée comme un peaucier, on trouve que la bande supérieure se sépare aisément de la moyenne ; [ elle s’insère en arrière au sommet des apophyses épineuses par des fibres tendineuses très denses, et en avant sa partie profonde donne des tendons au sommet des apophyses épineuses. C’est sous ce muscle, ou plutôt entre ce muscle et son congénère que sont logées les apophyses inter-épineuses. C’est cette bande que l’on doit considérer comme l 'épineux du dos.

La bande inférieure à celle-ci ne peut que représenter le long dorsal , mais un long dorsal qui se continue comme dansles serpents, vu l’absence de bassin, jusqu’au bout de la queue, et qui par conséquent remplit aussi les fonctions de lombo-suscaudien. Il s’attache à une grande partie des apophyses épineuses et à la moitié supérieure du corps de la vertèbre et à toute la surface de la membrane inter- épineuse. C’est celle portion qui s’insère principalement aux os de l’épaule.

La troisième portion, qui se distingue moins de la deuxième que celle-ci de la première, peul être considérée comme le sacro - lombaire à sa partie antérieure, et comme le lombo-sous-caudien à sa partie postérieure. Elle comprend tout l’espace qui règne entre la moitié inférieure du corps des vertèbres et les côtes accessoires. Il est séparé extérieurement des muscles de l’abdomen par un sillon qui loge un vaisseau particulier, et qui est situé sous la ligne latérale. Ce muscle s’insère en pat lie aux os de l’épaule et en partie aux os du bras, et peut à peine se distinguer des muscles des côtes.

Ces muscles se terminent par des languettes aponévrotiques qui s’insèrent à la base des rayons de la nageoire caudale. L’épineux du dos donne aussi quelquefois des languettes musculaires aux layons de la nageoire. Leur usage est évident : chacun d’eux fléchit, de son côté, tout ou partie du corps du poisson; cl c’est par l’action alterna-

tive des muscles des deux côtés, que s’exécute principalement l’action de nager, ou la progression propre au poisson.]

Les oslracions dont tout le corps, à l’exception des nageoires et des membres, est renfermé sous un test dont la solidité approche de celle de l’os, ont des muscles latéraux un peu différents. On les retrouve sous les parois de la peau. Ils ont à peu près le même volume, mais ils ne s’attachent qu’à la tête età la queue. Les attaches sur les vertèbres du corps auraient été inutiles, puisqu’il n’y a que la partie de la queue située hors du coffre qui puisse se mouvoir. La texture de ces muscles latéraux est aussi beaucoup plus simple : leurs fibres sont presque toutes longitudinales.

Comme les côtes et les muscles manquent, ces parties sont remplacées par une aponévrose de couleur argentée brillante, qui forme les parois de l’abdomen et double la face interne du test.

La queue de ce genre de poissons a une paire de muscles particulière qui parait accessoire du latéral. Leur forme est pyramidale ; ils sont situés à la face abdominale ou inférieure du corps, depuis environ sa partie moyenne jusqu’à la partie de la queue qui est au-dehors du lest. Ils s’attachent à la face interne de la paroi ventrale du coffre, et se terminent par de petits tendons au-dessous et sur les côtés des trois dernières vertèbres de la queue, qu’ilsdoiveutabaisser un peuen la portantdecôté.

Dans l’intervalle que laissent entre eux lesdeux muscles épineux du dos, on trouve, du côté de la carène dorsale, des muscles grêles et longs, dont le nombre varie suivanL l’existence ou le nombre des nageoires dorsales. On les a nommés les muscles du dos.

Il n’y en a qu’une paire dans ceux qui n’ont point de nageoires dorsales, comme quelques espèces de gymnotes. Us viennent de la nuque et se terminent à la nageoire de la queue : ils sont formés de petits ventres charnus très courts, avec de longues intersections tendineuses.

Dans les poissons qui n’ont qu’uneseule nageoire dorsale, comme les loches, la carpe, la tanche, clc., il y a deux paires de ces muscles : la première est située dans l’intervalle de la nuque à la nageoire, et la seconde, dans celui de cette nageoire dorsale à celle de la queue. Cependant, dans ceux où la nageoire commence à la nuque, comme dans la perche, il n’y en a qu’une paire.

Quand il y a deux nageoires du dos, comme dans le muge, les zees, etc., on trouve trois paires de muscles : une, entre la nuque et la première nageoire ; une seconde entre les deux nageoires du dos; et la troisième entre la seconde nageoire du dos et celle de la queue.

Tous ces muscles s’attachent aux premiers rayons de chacune des nageoires, et les meuvent en les relevant ou les développant.

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC

[La description (aile plus liant des muscles de l’épine des poissons, prise de la perche, convient a la plupart des poissons osseux; mais on conçoit qu’il y en ait quelques-uns à qui elle ne convienne qu’en partie. Ainsi, les poissons qui n’ont point de côtes doivent présenter quelques variations; ceux qui ont l’épine longue et de courtes apophyses épineuses, comme les anguilles, ont des muscles plus distincts, et qui se rapprochent davantage de ceux des serpents.]

Nous terminerons cet article des muscles de l’épine des poissons, par l’exposition de ceux de la raie.

Ces muscles se rapprochent beaucoup de la forme de ceux que nous avons reconnus dans la queue des reptiles.

[On y trouve les trois grands muscles, à savoir l’épineux du dos, le long dorsal et le sacro-lombaire. Le premier et le dernier régnent sur toute l’épine, et le second sur le dos et une partie de la queue. Il y a en outre un muscle inférieur propre à la queue.

Ces muscles sont renfermés dans une forte aponévrosc générale, et séparés l’un de l’autre par des cloisons aponévro tiques, auxquelles leurs fibres s’insèrent. Si Ton fait une coupe transversale du dos d’un de ces animaux, on aperçoit d’une manière très distincte ces trois faisceaux. Il serait même possible d’enlever les fibres, sans déchirer l’aponévrose; on aurait alors trois tubes parallèles plus ou moins prismatiques.

L 'épineux du dos a les mêmes attaches que celui des reptiles et des mammifères, mais comme il doit mouvoir principalement la queue, ce sont les tendons d’origine qui sont les plus longs et ceux d’insertion les plus courts. Ces tendons d’origine naissent du milieu du bord supérieur de l’apophyse épineuse; après être remontés dans une gaine, plus ou moins loin selon qu’ils appartiennent à la queue ou au dos, ils se portent en dehors et se prolongent dans l’intérieur du muscle; là ils reçoivent sur leurs deux côtés des fibres disposées en barbes déplumés; celles de ces fibres qui sont externes vont s’insérer à la cloison aponévrotique qui sépare ce muscle du long dorsal ; les autres se réunissent en un faisceau qui donne naissance quelquefois à de nouveaux tendons. Ces faisceaux et tendons vont s’insérer chacun au bord postérieur d’une apophyse épineuse. Les cinq à six tendons d’origine qui précèdent le bassin, et tous ceux du dos, jusqu’à l’épaule, reçoivent chacun, avant de s’enfoncer dans la masse du muscle, un tendon accessoire qui semble naitre de l’aponévrose, mais qui vient réellement du long dorsal et qui s’unit intimement au premier tendon, sous un angle d’autant plus aigu que le dos est plus étroit; ces tendons passent nécessairement pour s’enfoncer dans le muscle sous ceux qui les précèdent, de

sorte qu’ils sont à la fois perforants et perforés. Le dernier tendon d’origine de cette masse naît immédiatement derrière l’épaule; il se prolonge en avant vers la tête, en continuant toujours à donner des fibres d’insertion tout le long de l’épine jusqu’auprès de la tête où il se termine.

Le long dorsal commence au tiers antérieur de la queue, nait de toute la surface des aponévroses qui le séparent de l’épineux du dos et du sacrolombaire, et se divise en deux ordres de tendons comme dans les couleuvres; les uns, remontant, traversent la première aponévrose cl vont s’unir, comme nous venons de le dire, au tendon de l’épineux du dos; les autres, descendant, vont se porter sur le sacro-lombaire. Parvenu à l’épaule, il n’y a plus que deux tendons, qui, au lieu de monter et de descendre, régnent parallèlement sur toute la longueur des vertèbres du cou, et vont se fixer à la partie postérieure de la tête, qu’ils relèvent.

Le sacro-lombaire règne tout le long de l’épine : il forme le muscle latéral de la queue; ses faisceaux naissent des fibres charnues de l’aponévrose qui sépare ce muscle de l’épineux du dos et ensuite du long dorsal, et se porte obliquement en avant pour s’insérer à sa propre aponévrose externe, à laquelle viennent s’attacher les muscles de l’abdomen, lorsqu’il a franchi le bassin.

Dès que le long dorsal est né, il donne, comme nous l’avons dit, des tendons d’origine au sacrolombaire; ces tendons s’enfoncent dans le muscle et forment, avec les fibres qu’il reçoit, les faisceaux dont il se compose. Une partie de ce muscle externe s’attache à l’os de l’épaule ; la partie interne passe sous cet os, et va se fixer à l’apophyse transverse de la grande vertèbre cervicale.

Le muscle fléchisseur de la queue nait de la face inférieure de l’aponévrose des muscles précédents et de la face interne de l’os du bassin, c’est évidemment le sacro-coccygien inférieur; ses tendons, d’autant plus longs qu’ils approchent plusdubout de la queue, se bifurquent avant leur insertion, et chacun d’eux laisse passer dans sa bifurcation celui de la vertèbre suivante, de sorte qu’ils se servent mutuellement de gaine et qu’ils sont tous, excepté le dernier, perforés et perforants; la partie interne du tendon s’attache à l’apophyse épineuse inférieure ou à la ligne médiane de chaque vertèbre, la partie externe à l’aponévrose générale des muscles. Sur ce muscle, près de la naissance de la queue, est un gros faisceau musculaire qui lui est intimement uni, et qui se rend du bassin aux apophyses épineuses inférieures des premières vertèbres caudales, généralement très longues; il devrait, si on pouvait le séparer, être regardé comme un ischio-coccygicn.

Cette succession non interrompue d’une même

ARTICLE QUATRIÈME. — MUSCLES QUI MEUVENT LE TRONC, ETC

série de muscles, depuis la queue jusqu’à la tête, que nous venons de voir dans l’épine des poissons, de plusieurs reptiles, et même en partie dans celle des cétacés, montre bien que cette épine est une; que sa moitié postérieure n’est pas la répétition de sa moitié antérieure, et qu’une nécessité d’organisation seule a voulu que l’action des muscles de la colonne vertébrale des mammifères fut dirigée en sens contraire à ses deux extrémités. Pour résister à cette action, les apophyses épineuses du dos sont inclinées en arrière, et celles de la queue et des lombes en avant, de sorte que, considérée sous ce rapport seulement, la proposition que nous combattons parait être vraie; mais il y a d’autres apophyses, les articulaires, qui ne changent nullement de position; c’est toujours la postérieure d’une vertèbre qui repose sur l’antérieure de l’autre, et l’on ne voit pas pourquoi on donne plus d’importance à une simple différence d’inclinaison d’une apophyse, qu’à la constance de position d’une autre. ]

Page 1