‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 69 sur 174 · C. Dans les oiseaux · texte numérisé non relu

C. Dans les oiseaux

Les oiseaux ont trois muscles pectoraux, tous attachés à leur énorme sternum et agissant sur la tète de l’humérus.

1". Le grand , qui, h lui seul pèse plus que tous les autres muscles de l’oiseau pris ensemble, s’attache à la fourchette, à la grande crête du sternum et aux dernières côtes; il s’insère à la ligne âpre très saillante de leur humérus. C’est par son moyen que les oiseaux donnent les violents coups d’ailes nécessaires pour le vol.

2». Le moyen (Vicq-d’Azyr) placé dans l’angle que fait le corps du sternum avec sa crête et dans l’intervalle de la fourchette et de l’os coracoïde. Son tendon passe dans le trou formé par l’union de la fourchette, de l’os coracoïde et de l’omoplate, comme sur une poulie, et s’attache au-dessus de la tête de l’humérus qu’il relève. C’est au moyen de cette disposition de poulie, que la nature a pu placer ainsi un releveur à la face inférieure du tronc et abaisser d’autant le centre de gravité, sans quoi l’oiseau aurait été exposé à culbuter dans l’air.

5° Le petit (Vicq-d’Azyr), attaché à l’angle latéral du sternum et à la base de l’os coracoïde, se porte sous la tête de l’humérus et rapproche cet os du corps.

Un petit muscle attaché à la face interne du haut de l’os coracoïde, qui s’insère à la tubérosité interne de la tête de l’humérus, et. accompagne le tendon du biceps, est évidemment le coraco-brachial : il rapproche le bras du tronc.

Le grand dorsal des oiseaux est formé de deux parties. L’antérieure va directement s’insérer à la face postérieure du milieu de la ligne âpre; la postérieure va en montant obliquement s’insérer sous la tête de l’os. L’une et l’autre sont très minces.

Quoiqu’ils n’aient point d’épine à leur omoplate, ou y voit des muscles analogues aux sur et sousépineux et au grand rond.

Leur deltoïde peut se distinguer en deux parties, une claviculaire et une scapulaire. Cette dernière n’est attachée que vers le cou de l’omoplate. Leur insertion s’étend fort bas sur l’humérus.

[ Dans les oiseaux de proie, les deux parties du grand dorsal se louchent par leurs bords; mais dans plusieurs autres oiseaux, les perroquets, Y autruche de l’ancien continent, les deux portions sont très séparées, et à leur attache à l’humérus elles se croisent et font entre elles un angle presque droit. Dans les casoars qui n’ont que des rudiments d’ailes, les muscles y sont extraordinairement petits. Les pectoraux, par exemple, ne recouvrent tout ou plus que la huitième partie delà surface du sternum, dont la moitié est occupée par une pclotte de graisse. ]

QUATRIEME LEÇON. — DU MEMBRE PECTORAL

D. Dans les reptiles.

f L’omoplalo des crocodiles et des sauriens étant plus large que celle des oiseaux, et dans une situation plus rapprochée de celle îles mammifères, on y retrouve les mêmes muscles que chez ces derniers animaux. Le pectoral n’est point divisé en plusieurs plans ; il forme un grand muscle qui s’étend de la pointe du sternum aux dernières côtes sternales, et dont la forme est à peu près celle d’un éven Lail . Les autres muscles ne présentent pas de grandes différences, non plus que dans les sauriens. ]

Si les tortues ont moins de muscles de l’épaule, elles en ont peut-être plus qui s’insèrent au bras.

[ Pour bien concevoir les muscles de l’épaule et du bras des tortues, il faut se rappeler que le corps de leur omoplate est en forme de stylet, que l’acromion et le coracoïde sont singulièrement prolongés, et que cette omoplate tout entière avec l’humérus ont fait un quart de conversion, de sorte que l’apophyse coracoïde, au lieu d’être antérieure, comme dans les mammifères, est interne, et que l’acromion, au lieu d’être externe, est antérieur. Cette disposition est au reste plus ou moins celle de tous les ovipares.

L’analogue du grand pectoral est composé de deux portions superficielles, dont l’une s’attache à une arête de la partie antérieure du plastron, et va s’insérer à la petite tubérosité de l’os du bras; l’autre est beaucoup plus étendue : elle s’attache à une grande partie de la face interne du plastron, et s’insère aussi par un tendon aplati à la petite tubérosité de l’humérus; mais elle se continue par une aponévrose qui se répand en éventail sur la lace inférieure du bras et même de l’avant-bras; elle unit son tendon à la précédente.

L’analogue du deltoïde s’attache à l’extrémité de l’acromion et va s’insérer à la lace externe de la petite tubérosité de l’humérus, en unissant son tendon à celui du sous-épineux.

Le grand dorsal s’attache sur la partie latérale de la carapace jusqu’à l’articulation de la seconde côte, et se dirige presque verticalement vers l’humérus, en unissant son tendon à celui du grand rond, pour se fixer à une empreinte située à la base de la tubérosité interne.

Le sur-épineux vient de la face postérieure de l’épine et va se porter à la tubérosité externe. Dans le6 tortues de mer, il reçoit une vaste portion qui vient du bord antéx-ieur et de la face supérieure de l’extrémité du coracoïdien.

Le sous-épineux nait du bord postérieur de l’épine et va unir son tendon à celui du deltoïde. Dans les tortues de mer, il se prolonge sur toute la face postérieure de l’acromion et se fixe un peu plus haut que le deltoïde.

Le sous-scapulaire est le muscle le plus fort du

bras; il naît de toute la face postérieure de l’omoplate et des trois quarts de la face supérieure du coracoïdien, et va s’attacher largement à toute la face antérieure de la tubérosité interne; sa partie coracoïdiennc décrit près d’un quart de cercle pour arriver à son aLlachc; elle doit être un puissant rotateur du bras, en même temps que sa portion scapulaire le porte en avant.

Le grand rond vient du bord postérieur de l’omoplate et unit son tendon à celui du grand dorsal.

Dans les tortues de mer, il y a un petit rond qui vient delà partie antérieure de ce même bord postérieur de l’omoplate et va s’attacher auprès du deltoïde.

Le coraco-hrachial a deux portions comme dans quelques mammifères : une plus grande, qui s’insère largement à la face inférieure de l’os coracoïdien, et une autre plus petite qui nait entre le précédent et le biceps; toutes deux vont se fixer auprès du sous-scapulaire, à la tubérosité interne de l’humérus.

On voit par cet exposé que les muscles du bras de la tortue sont fort semblables à ceux des mammifères; seulement leurs diverses portions sont plus écartées, à cause du grand prolongement de l’acromion et du coracoïdien.]

Le muscle grand pectoral de la grenouille est formé de deux et quelquefois de trois portions placées l’une au-devant de l’autre. Elles produisent autant de tendons qui s’insèrent sur les bords de la gouttière humérale.

Le grand dorsal vient de la partie moyenne du dos, où il est mince. Il devient plus épais et s’adjoint au sous-épineux, réuni quelquefois lui-même au sur-épineux, pour former un tendon fortqui s’insère à l’humérus vers son tiers supérieur interne.

Le sous-scapulaire s’insère à l’humérus vers son tiers supérieur à la face interne.'

Le coraco-bracliial a deux et même trois portions; la plus voisine de l’omoplate, qui est la plus forte, doit servir de puissant rotateur du bras.

Le deltoïde est ici formé de trois portions. Une grêle, qui est la plus longue, vient de la partie antérieure cl u sternum et de la clavicule. La seconde s’attache sur l’union de la clavicule avec l’omoplate, à la face interne, se contourne sur l’os audessus de l’articulation et se fixe à l’extrémité scapulaire de l’os du bras. La troisième portion de ce deltoïde vient de l’omoplate; elle se joint à la première en passant sur le tendon du biceps; et s’insère enfin en partie à la ligne âpre, et en partie au bas de l’humérus.

Il n’y a ni petit ni grand rond.

Cette conformation est presque la même dans les salamandres ; seulement le deltoïde et le coracohrachial y sont divisés en moins de portions que dans les grenouilles.

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