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DES OS DE L'AVANT-BRAS

L’avant-bras, comme nous l’avons dit, est composé de deux os qui s’articulent par ginglyme avec l’humérus, et dont l’un, le radius ou os du rayon, est antérieur et porte en grande partie la main, et l’autre, le cubitus ou os du coude, est postérieur, et sert principalement d’arrêt à l’articulation de l’humérus , et quelquefois d’axe au radius : ce second os porte également une partie de la main.

A. Dans l’homme.

L’os du coude, plus gros vers l’humérus, a une cavité semi-circulaire, dite sygmoïcle, qui reçoit la poulie de l’humérus sur laquelle elle est comme moulée. Son bord postérieur est formé par l 'olccrâne; l’antérieur, plus saillant, par l’apophyse coronoïde.

Le plan dans lequel se fait le mouvement est dans l’axe du cubitus, et non dans celui de l’humérus, à cause de l’obliquité de la poulie; en sorte que dans la flexion, l’extrémité inférieure du cubitus est rapprochée du corps.

Cette extrémité est moins grosse que l’autre ; elle a une petite tête à face plate, à bord externe rond et saillant, à bord interne présentant une apophyse styloïde.

L’os du rayon a une tête ronde, à face articulaire légèrement cave, répondant à l’apophyse externe, ou petite tête de l’humérus, et pouvant s’y mouvoir comme le cubitus sur la poulie. Mais celte tète peut encore tourner sur son centre : cela est facilité par une fossette articulaire du bord externe de l’apophyse coronoïde du cubitus sur laquelle appuie le bord cylindrique de la tête du radius. La tête inférieure, qui est beaucoup plus large, surtout en dehors, a une facette semblable qui appuie sur le bord externe de la tête inférieure du cubitus; et comme le bord opposé de celte tête inférieure du radius est plus éloigné de l’axe de mouvement, lorsque la tète supérieure tourne sur son centre, ce bord décrit un cercle autour de la petite tète du cubitus, et entraîne avec lui la main, qui tourne alors sur l’os semi-lunaire, lequel pose sur cette petite tête du cubitus, comme une porte sur son gond.

De là les mouvements de supination, lorsque le radius fait le bord externe de l’avant-bras et que la paume de la main est tournée en avant, et de pronalion, lorsque le radius fait le bord interne de l’avant-bras, et que la paume de la main regarde en arrière.

Les ligaments qui unissent à l’humérus et entre

eux les os de l’avant-bras, sont de plusieurs sortes : il y a d’abord autant de capsules articulaires que de facettes correspondantes; ensuite il y a, sur les côtés du coude, deux ligaments. L’un vient du condylc externe, et se porte à l’apophyse coronoïde; et l’autre, venant de l’épitrochlée, se fixe au ligament capsulaire du rayon. Quant aux deux os de l’uvant-bras, ils sont maintenus en situation par le ligament inter-osseux, qui du bord cubital du rayon se porte au bord radial du cubitus, et par un pclil ligament oblique, qui du petit tubercule de l’olécrânc se porte obliquement à la tubérosité du radius.

B. Dans les mammifères.

Dans les singes, les os sont arrangés de même, excepté que, dans quelques-uns, comme les magots, les guenons, le cynocéphale, les mandrills, l’apophyse coronoïde du cubitus est plus étroite et sa facette radiale est plus profonde. Dans les sapajous, en général, on remarque un trou dont la ligne saillante interne de l’humérus est percée. Leur cubitus est plus comprimé.

L’articulation de l’avant-bras des pédimancs ressemble à celle des sapajous.

Les chauves- souris et le galéopilhèque n’ont point de cubitus, ou au moins n’en ont qu’un rudiment, qui a la forme d’un filet grêle, placé au-dessous du radius, qui demeure distinct jusque vers le quart inférieur. Il résulte de là, que ces animaux n’ont point les mouvements de pronation et de supination.

Dans les carnivores, l’olécrànc est comprimé et prolongé plus en arrière que dans l’homme. La poulie n’est plus concave en avant, parce que la facette radiale, en grandissant avec la tête du radius, a trop entamé l’apophyse coronoïde.

Dans les chiens, la tête du radius a une cavité pour la petite tête de l’humérus, et une saillie pour le sillon qui la sépare de la partie antérieure de la poulie. La rotation du radius devient par là obscure. Le bord postérieur de l’échancrure sigmoïde entre dans le trou dont le fond de la cavité postérieure de l’humérus est percée. La saillie de la ligne âpre extérieure est plus considérable. L’interne a un trou comme dans les sapajous.

Malgré la brièveté de ces os dans le phoque, leur articulation est la même.

Il en est de même dans quelques rongeurs , comme le paca, Yagouli, le castor (ce dernier a la ligne âpre externe très saillante); dans d’autres, comme le cabiai, le lièvre, le rat, l’apophyse coronoïde du cubitus est presque effacée; et on ne voit que le radius à la partie antérieure de l’articulation. Sa tète forme un ginglyme aussi serré que dans les ruminants, ayant une cavité pour la

petite tête (le l’humérus, et une saillie pour la portion antérieure de la poulie.

La marmotte, le porc-épic, etc., tiennent une espèce de milieu par la petitesse de leur apophyse coronoïde : il n’y a point de trou à la lifjne âpre interne de l’humérus dans le dernier de ces animaux.

La gerboise a ses apophyses comme les singes.

[Dans les didclphes, l’articulation permet très bien le mouvement de rotation, 4a tête du radius étant presque aussi ronde que celle des singes.

Dans les kanguroos et les phascolomcs, la tête inférieure de l’humérus se rapproche de celle des fouisseurs; elle est très large, et son élargissement finit subitement et se termine par une pointe dirigée en haut. Le cubitus et le radius des lianguroos sont grêles, et d’un tiers plus longs que l'humérus ; le mouvement de rotation a également lieu.

L'hélamys a la tête supérieure de son radius aussi ronde que celle de l'homme; viennent ensuite le porc-épic, Vurson, Vaye-ayc, la marmotte , le castor, dans lesquels elle devient de plus en plus oblongue.

Dans les paresseux, l’articulation de l’humérus est en portion de poulie pour le cubitus et en portion de sphère pour le radius; aussi la tête supérieure de ce dernier os est tout à fait ronde ; il n’y a presque point d’olécrâne.

Dans les fourmiliers, l’olécrâne, élargi à son bord interne par un angle saillant, est au contraire très fort; mais la tête du radius est comme celle des paresseux, presque aussi ronde que dans Y homme et clans les singes, en sorte qu’il doit pouvoir tourner complètement. 11 n’en est pas de même dans les tatous et les pangolins : leur articulation s’y fait en ginglyme. C’est peut-être dans les tatous que l’olécrâne est le plus saillant.

Dans les monolrèmes, la conformation de l’olécrâne a beaucoup de rapport avec celle de la chrysochlore. La tète supérieure du radius de l’ornithorinque permet le mouvement de pronation, mais non celui de supination; une saillie qu’elle porte extérieurement vient s’appuyer sur le cubitus et empêche tout mouvement dans ce sens. On retrouve encore celte saillie dans Véchidné, mais moins prononcée : elle s’articule d’ailleurs par une facette avec le cubitus.]

Les pachydermes (comme le rhinocéros, le cochon, le tapir) ont le radius entièrement antérieur, et le cubitus postérieur; ils font ensemble un seul mouvement de ginglyme dans une poulie. La petite tête de l’humérus est tout à fait effacée par en bas; le radius est au bord interne, et le cubitus au bord externe de l’avant-bras. Quoique ces os soient distincts, il n’y a plus du tout de rotation possible.

Dans Yéléphant, la partie antérieure de la cavité sigmoïde, ou l’apophyse coronoïde, se partage en

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